Un futur proche peu souhaitable. Une suite possible pour un texte que j’ai écrit, celui-ci ayant une fin très/trop ouverte. De ce fait, il est vivement conseillé de lire le texte n°23160 avant. Bonne lecture :)
Mélanie mène la danse
Mélanie, ma nouvelle femme a découvert ce qu’il ne fallait pas découvrir. Pistolet en main, elle me demande des précisions que je lui donne aisément.
La conversation roule sur Henri, elle explique :
- — Eh oui, deux fois, j’ai fait la connerie de faire le point, de notifier sur un petit carnet mes pensées en langue étrangère. Comme j’étais un peu pompette lors de la soirée, j’ai eu le malheur de lui avouer que je connaissais un peu le grec et que c’était pratique pour écrire des choses indiscrètes. Je ne pouvais pas prévoir qu’Henri aurait su lire son contenu. Alors, ce salopard a voulu me faire chanter, « Môssieu » me voulait dans son lit. Donc j’ai fait mine de céder.
Donc Henri avait un coté espion dans l’âme. Encore heureux que je ne consignais rien de personnel dans mes papiers. Je comprends mieux la rapidité avec laquelle Henri a disparu, il a voulu forcer le destin en mettant son nez où il ne fallait pas, et ma femme ne lui a pas pardonné sa tentative de chantage. Ce n’était pas ainsi que je voyais les choses, mais le résultat reste le même. Je pense avoir compris la suite :
- — Et quand il a baissé sa garde, tu l’as envoyé vers un monde meilleur ?
- — C’est exactement ça : il est mort doublement heureux.
- — Épargne-moi certains détails, s’il te plait. Tu as fait comment pour le corps ?
- — Je t’épargnerai certains détails…
- — Hmm… découpé en petits morceaux ? C’est vrai que tu es une bonne cuisinière…
Elle ne répond rien, mais son petit sourire parle pour elle.
J’ai manœuvré pour éliminer Henri de façon indirecte, mais je ne pensais pas que ma femme serait ma complice involontaire. Mon collaborateur commençait à soupçonner mon petit secret. De plus, je savais qu’il convoitait ma femme et ma place dans les deux sens du terme. Ce qu’il a pu découvrir dans les notes de Mélanie lui a fait changer de stratégie. Considérant ma femme comme un maillon faible, il a préféré agir auprès d’elle à l’aide de ce levier pour mieux lui mettre la main dessus, pour m’éliminer plus facilement ensuite, en ayant le beurre, l’argent du beurre et la crémière en prime.
- — Je vois… il a cru que tu étais une faible femme, la leçon lui a coûté cher…
- — Toi aussi, tu as cru que j’étais une faible femme, mais pas de la même façon…
Lors de ma dernière petite soirée, j’ai volontairement augmenté l’agressivité des convives avec une drogue sans goût et sans odeur mise dans le punch. Idem pour le sentiment d’impunité. Tôt ou tard, je savais qu’il allait se passer quelque chose, qu’Henri allait trop en faire, et qu’en face, les gens seraient moins cools…
En effet, Henri était sur le point de découvrir ma vengeance à retardement : mettre en place un virus stérilisateur qui aurait agi dans deux ou trois générations. Et je suis très proche de la réussite…
Je reprends la main
Fébrile, Mélanie est toujours en train de pointer son arme vers moi, ce qui peut être dangereux pour l’intégrité de ma personne, d’autant que ma femme est fort agitée. Restant sagement assis dans mon fauteuil, je lui demande :
- — Tu comptes faire quoi ? Me tuer ? Me laisser vivre ?
- — Si ça ne tenait qu’à moi, je te laisserais vivre, Horatio.
- — Dans ce cas, fais ainsi.
- — Mais si je te tue, je libère le monde.
Je me mets à rire nerveusement :
- — Tu es amusante, Mélanie ! Si les gens savent de quoi il en retourne vraiment, comme je te l’ai déjà dit, ce sera une tuerie, un massacre généralisé, et tu en seras à l’origine. Si toutefois le Parti Unique te laisse faire, ce dont je doute fortement.
- — Tu crois que ta solution est meilleure ?
- — L’actuelle solution fonctionne. Moi, je l’optimise pour que tout le monde soit heureux.
Agitant son arme, elle proteste :
- — Des lobotomisés, oui ! Pas des gens heureux !
- — Je préfère des lobotomisés heureux de vivre que des personnes trop conscientes de la triste réalité, avec des idées morbides.
- — Les gens ont le droit de savoir !
- — Toi, quand tu as su, qu’as-tu ressenti, Mélanie ?
Elle grimace :
- — J’ai… j’ai eu du mal à encaisser… j’étais dégoûtée, presque anéantie…
- — Pourtant tu as un bon équilibre mental, n’est-ce pas ? Supérieur à la moyenne.
Elle me regarde étrangement :
- — Tu veux dire par là que la plupart des personnes risquent de mal réagir en sachant la vérité ?
- — Quand tu as un esprit faible, ou bien tu sombres dans la déprime, ou bien tu te révoltes en cassant tout, ou bien tu deviens fou.
- — Il y aura quand même des gens qui surmonteront le problème.
Toujours assis, je me contente de sourire cyniquement :
- — Comme toi qui te propose de me tuer ?
- — Toi, c’est pas la même chose, t’es mouillé jusqu’au cou dans cette histoire !
- — C’est exact, mais moi, je tente d’améliorer les choses. Maintenant, imagine combien de personnes sombreront s’ils savent. Si tu es prête à assumer des suicides et des meurtres en cascade…
- — T’exagères !
- — Je n’exagère pas, et tu le sais très bien, Mélanie.
Je sais qu’elle le sait, et elle sait que je sais qu’elle le sait. Elle me regarde fixement :
- — En admettant que je ne tire pas, qu’est-ce que je deviens ?
- — On continue comme avant.
- — Qui me dit que tu ne vas pas me droguer à mon insu, ou carrément m’assassiner pendant que je dors ?
- — Qui me dit que tu ne vas pas tenter de me trucider pendant que, moi, je dors ?
Elle affiche un sourire crispé :
- — Un partout, à ce que je comprends.
- — Peut-être même que le PU est déjà au courant. Peut-être qu’il y a des caméras cachées ici dans cette pièce.
Regardant dans tous les sens, elle s’affole :
- — Tu veux rire ?
- — C’est une éventualité.
- — Dans ce cas, pourquoi tu m’as tout raconté ?
- — Je n’ai rien dit d’autre que le PU ne sache déjà.
Elle s’exclame :
- — Parce que tous les membres du PU savent ?
- — Que ceux qui sont tout là-haut. Et encore… je ne suis pas certain que tous savent.
Nerveuse, elle continue d’examiner les murs et le plafond autour d’elle. Toujours assis dans mon fauteuil, j’énumère :
- — Je récapitule : si tu me tues et que la vérité éclate, ce sera la révolution, elle sera vraisemblablement réprimée dans le sang, peut-être pas, mais en tout cas, il y aura des tas de morts. Sans parler des vagues de dépressions et de suicides.
- — Peut-être…
Je continue mon argumentaire :
- — Si tu me tues et que le PU t’intercepte avant, ce sera un coup d’épée dans l’eau, ma méthode ne sera pas finalisée correctement, et le PU aura recours à d’autres pratiques plus ou moins efficaces, mais avec du déchet.
- — Comme tes… opérations ?
- — Ce ne sont pas mes opérations, je ne suis pas un charcutier, mais je peux te garantir que ça ne fonctionne pas à tous les coups, j’en sais hélas quelque chose que j’aurais préféré ne pas savoir.
Sans baisser son arme, tout en me fixant, elle propose :
- — Et si je ne te tue pas ?
- — Si tu ne me tues pas, j’en fais de même pour toi. C’est ta parole pour moi et ma parole pour toi. Je ne vois pas l’intérêt de te supprimer.
- — Et pourquoi ?
- — Parce que tu avais raison tout à l’heure.
Sa physionomie change :
- — Tu veux dire par là que…
- — Je t’ai déjà dit de quoi il retournait. La page est définitivement tournée sur mon ex, et même si je lui mettais la main dessus, il faudrait la reconditionner à nouveau, ce qui serait très risqué.
- — Un peu comme si tu tentes de congeler quelque chose qui a déjà été décongelé ?
- — C’est une bonne analogie… faudra que je la recycle…
Sans lâcher son arme et sans me lâcher des yeux, elle grimace :
- — Bref, je suis ton option par défaut.
- — Non, tu es mon option « tout court ».
- — Je dois te croire ?
- — Tu as dit toi-même que je n’étais pas un mauvais mari.
- — Je ne le renie pas. Mais… comment pouvoir continuer à vivre en couple après ça ?
On avance sur le bon chemin, ce qui est une bonne nouvelle, du moins, pour moi, car j’estime avoir encore beaucoup de belles années à vivre devant moi. J’enchaîne :
- — Nous serons un couple lié par un gros secret.
- — Un secret que je n’aurais pas dû savoir !
- — Ce qui est fait est fait. Pour ta gouverne, il est toujours possible d’effacer un jour ou deux jours de mémoire.
Ma femme s’étonne :
- — Ah bon ? C’est vraiment faisable ?
- — Oui, mais je ne te garantis pas le résultat à 100%…
Baissant un peu son arme, elle hoche la tête, tout en me regardant autrement :
- — Au moins, tu es honnête ! T’aurais pu me dire que c’était efficace à 99% et en profiter pour me reconditionner.
- — C’est vrai, j’aurais pu. Mais, tu vois, j’ai déjà perdu une compagne, je ne tiens pas à en perdre une autre.
- — Tu tiens quand même à moi ? Tu pourrais me remplacer par une femme que tu façonnerais à ta guise, je sais que tu en as la capacité et les moyens.
Je me mets à rire :
- — En effet, ça pourrait être une solution de facilité. Toi aussi, on ne peut pas dire que tu te favorises, tu tends même le bâton pour te faire battre ! Finalement, tu as une certaine confiance en moi.
- — Pourquoi ? Je ne devrais pas ?
Je ne réponds pas, je me contente de la regarder droit dans les yeux.
Réussite
Quelques temps plus tard, me prenant à part lors d’une réception officielle, Carlos de Vita me félicite sincèrement, mais pas sans arrière-pensée :
- — Décidément, j’ai bien fait de miser sur vous. Votre traitement est une franche réussite depuis quelques mois. Il a été décidé en haut lieu de le généraliser, mais je ne vous ai rien dit, OK ?
- — Merci pour votre confiance, Carlos. Y compris la partie « manuel de comportement » ?
- — Bien obligé ! Vous savez très bien que nous avons fait deux groupes de test, dans deux régions différentes, l’un avec le manuel et l’autre, sans. On a vite constaté la différence ! À croire que les gens ne savent pas se comporter avec l’autre !
Verre en main, je me contente de sourire :
- — Ce qui semble évident ne l’est pas toujours.
- — N’empêche que c’est fou comment quelques conseils peuvent faire la différence !
- — Beaucoup d’êtres humains ont besoin d’un manuel. Dans le temps, c’était le rôle des religions et aussi de certains partis politiques.
- — Et maintenant, c’est le rôle du Parti Unique, c’est ça ?
Je pose mon verre sur une table voisine :
- — Je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas, mais le PU devrait éditer un manuel pour expliquer certains choix, certaines orientations. L’être humain n’aime pas trop ne pas savoir. Mais ce savoir n’est pas forcément la stricte vérité !
- — Ha, ha, ha ! Pour un scientifique, vous ne seriez pas mauvais en politicien !
Puis il redevient plus sérieux :
- — Blague à part, Horatio, vous allez faire quoi, maintenant que vous avez trouvé la méthode ultime ?
- — Hmm, pour commencer, prendre un peu de repos avec ma femme, pour recharger mes batteries. Puis en fonction des retours de l’application du nouveau traitement, il faudra vraisemblablement affiner un peu la méthode qui n’est peut-être pas si ultime que ça.
- — Perfectionniste jusqu’au bout, n’est-ce pas ?
- — Autant bien faire les choses. Un autre sujet me tient à cœur : trouver un remède au déséquilibre des naissances. J’ai déjà un peu farfouillé dans ce sens.
Carlos s’étonne franchement :
- — Vous pensez y arriver ? Ça n’a rien à voir avec vos recherches actuelles !
- — Je ne vous apprends rien en vous disant que c’est l’homme qui décide du sexe de l’enfant, avec ses X et ses Y, n’est-ce pas ?
- — Je suis au courant.
Je reste assez évasif, car je ne sais pas exactement dans quelle direction précise et valable il faut que j’aille pour poursuivre ce genre de recherche :
- — Peut-être qu’il y a moyen de modifier quelque chose dans cette direction…
- — Des chercheurs se penchent sur le problème depuis bien des décennies. Ils ont trafiqué les X et les Y, mais à chaque fois, on pense que c’est bien parti, et ça mute dans le mauvais sens !
- — Je ne doute pas qu’ils font tout leur possible. Peut-être faut-il passer par une autre voie, une autre façon de penser.
- — Si vous réussissez, vous serez assurément le scientifique du siècle !!!
Prenant la balle au bond, je plaisante ouvertement :
- — Ah bon, je ne le suis pas déjà ? Je suis déçu !
- — Vous avez un sacré sens de l’humour pour un scientifique. J’imaginais votre profession globalement plus… austère. Ne jamais faire de généralités. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai réussi. J’oubliais mes propres principes.
Je saute du coq à l’âne, comme on dit :
- — En parlant de principes, puis-je vous demander une petite faveur ?
- — Annoncez la couleur, Horatio…
Vérifiant qu’il n’y a pas d’oreille indiscrète, je confie à voix basse ma requête. Une fois que j’en ai fini, mon interlocuteur se met à rire de bon cœur.
Autre avenir
Mélanie et moi sommes arrivés hier soir assez tard sur ce petit atoll perdu au milieu de nulle part. Ce matin, après un copieux petit déjeuner, tandis que nous sommes installés sur une plage de sable très fin, ma femme me demande :
- — Comment t’as réussi à dénicher un coin pareil ? C’est le paradis sur terre ici !
- — Ça aide d’être assez haut placé et d’avoir la bénédiction du Premier Cercle !
- — Je vois ça… On a mis du temps pour arriver jusqu’ici, mais ça en valait la peine !
Je contente de sourire, tout en contemplant le ciel d’azur au-dessus de l’océan. Je n’en avais pas tant demandé à Carlos, mais il a tenu à mettre le paquet. Parce que je le vaux bien, a-t-il répondu en rigolant. Mélanie devient plus sérieuse :
- — Au fait, mon doudou, tu vas vraiment te lancer dans ton histoire afin de trouver un remède au déséquilibre des sexes ?
- — Je t’en ai déjà parlé plus d’une fois, il me semble.
- — Je sais, mais je l’ai appris de façon plus ou moins officielle… Les infos de cette nature circulent très vite ! Tu risques d’être attendu au tournant !
Je regarde à présent l’eau cristalline du lagon :
- — Qui ne tente rien n’a rien. Si je réussis, tant mieux, si je rate, tant pis, il me restera la consolation d’avoir trouvé un remède qui est le moins pire pour nos concitoyens.
- — Oui, je sais que les résultats frôlent la perfection ! Félicitations !
- — Il y a encore malheureusement quelques défauts ci et là. J’attends d’avoir les retours, afin de plancher sur un meilleur ajustement du traitement.
- — Je te reconnais bien là, mon doudou !
Les choses se sont nettement arrangées entre ma femme et moi. Je reconnais avoir un peu aidé à la chose avec mes produits, de façon imperceptible mais efficace. Je commence à savoir bien m’y prendre.
Me redressant à moitié, je propose à ma voisine :
- — On va se baigner ?
- — Bonne idée !
Tout va très bien maintenant avec Mélanie. Notre accord fut de remettre les compteurs à zéro. De plus, le souvenir d’Adeline s’estompe, je sais qu’elle est heureuse, c’est le principal, même si ça me fait mal au cœur de savoir que je n’ai jamais existé pour elle. De ce fait, j’ai préféré investir sur Mélanie, et aux dernières nouvelles, c’est assurément un bon placement.
De retour de l’eau où nous avons batifolé tous les deux, je suis pris d’une envie subite. Comme j’ai appris à ne pas remettre à plus tard ce qui est faisable immédiatement, je me rue sur ma compagne afin de lui exprimer à ma façon tout le bien que je pense d’elle, ce qui la fait glousser puis franchement rire.
Tandis que je suis vautré sur son dos, toujours enfichée entre ses fesses, ayant fait ma petite affaire plusieurs fois avec elle, Mélanie me dit sans détour :
- — Si tu veux avoir un héritier, il va falloir que tu changes de côté, mon doudou !
- — Ah bon ? Tu es décidée ?
- — Oui, je suis décidée, et je sais que je commence à m’approcher dangereusement de la limite d’âge. Je sais que dans dix ans, je pourrais encore avoir des enfants, mais ça risque d’être problématique.
- — Ne te sens pas obligée, ma chérie.
Elle se suspend à mon cou :
- — Je ne me sens pas obligée : j’ai envie que tu sois le père de mon enfant !
- — Hmm, je ne dis pas non… mais la probabilité que ce soit un garçon est très, très élevé !
- — Ça changera quoi ? Ce sera notre enfant dans tous les cas.
Toute nue et encore assez mouillée, elle se frotte lascivement contre moi. Je souris :
- — Tu as de bons arguments, ma chérie…
Dans ce cas, pourquoi perdre du temps ? D’autant que nous sommes actuellement, elle et moi, dans un cadre idyllique ! Et puis, j’adore la façon de faire des enfants, bien que je suis loin de détester l’autre façon de s’oublier dans un corps…
Et même si je viens déjà d’éjaculer plusieurs fois, j’ai encore de la réserve ! Mais avant, il serait bon de prendre une bonne douche, à deux ce serait encore mieux, avant de profiter ignoblement de la literie !
Enlacés, nous nous dirigeons vers notre case qui possède toutes les facilités du monde moderne. Sa tête contre mon épaule, Mélanie me demande :
- — Hmm, tu veux me faire un enfant avec tout le confort ?
- — Exactement, ma chérie ! Et nous recommencerons tant que tu ne seras pas enceinte !
- — Waow ! Tu te prends pour Superman ?
Avec des petites pilules, on peut faire des miracles, à condition de ne pas abuser. C’est une question de posologie.
En parlant de posologie, ce que tout le monde ignore, c’est que mon traitement cache à présent un cheval de Troie qui ne se mettra en place que bien plus tard, quand je serais parti vers un autre monde. J’ai aussi créé l’antidote. Si je ne trouve pas le moyen de revenir à l’équilibre des sexes, la stérilité sera alors le lot de tous les êtres humains.
Non, l’humanité ne mérite pas de vivre sous notre régime actuel, même si je suis un privilégié.