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n° 23212Fiche technique22272 caractères22272
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Temps de lecture estimé : 16 mn
24/07/25
Résumé:  Il fait mine de protester : ça va le faire durcir encore plus ! Je lui fais « oui » de la tête. Comme lui un peu plus tôt sur le canapé quand il a approché ses mains de mes pieds. À son tour de se laisser faire.
Critères:  #chronique #initiation #confession #nostalgie fh jeunes
Auteur : AMAL      Envoi mini-message
Petit Ecran

Quand il a posé ses mains sur mes jambes en me suggérant un massage, j’ai d’abord eu un mouvement de recul. Certaines zones sont sensibles, d’autres douloureuses, chatouilleuses… Mais il a retenu doucement mes chevilles, en faisant non de la tête, l’air sûr de lui, comme pour m’imposer de lui faire confiance, que je n’avais rien à craindre.


Je me demande encore s’il cherchait plus à me détendre ou à me soumettre. Nous retrouver, chez ses parents, juste tous les deux pour toute une soirée, ça avait déjà le goût d’un souvenir qui allait rester longtemps.


Je ne me souviens que de bribes. Presque rien du début de soirée, sinon que j’espérais ne pas trahir mon trouble. On avait convenu de regarder deux films – un prétexte. Mes souvenirs ne remontent qu’au moment où il a posé ses mains sur mes pieds, retiré mes chaussettes, pour me les masser. Le mouvement de recul de mes jambes. J’avais tellement envie qu’il me touche, mais pas ici. Je me souviens très nettement les légères pressions de ses doigts qui me faisaient la sensation de petites décharges électriques dans le creux des reins. Était-on encore au premier film, déjà au deuxième ? Pas la moindre idée. J’ai tenté quelques petits « non » sans conviction – aucun doute que si j’avais été plus ferme, il aurait instantanément arrêté. Mais j’étais tellement reconnaissante qu’il initie ce premier contact, que je n’ai pas dû paraître très convaincue moi-même.


Il caressait mes orteils un à un, tout doucement. La sensation me paraissait désagréable, mais réveillait quand même quelque chose entre mes cuisses. Et quand il pressait sur le dessus de mes pieds, mon corps se détendait instantanément. Mais déjà il changeait à nouveau de zone, alternant chaud et froid, tension et relâchement. Le plus déroutant, c’était ses yeux sur l’écran. L’air innocent. Non, pas innocent – c’était plus subtil. L’air de ne pas y voir plus qu’un service rendu. Je retenais discrètement ma respiration, je retenais ma bouche de trahir le désir qui montait… Je n’étais pas censée être tentée, ni par lui ni par ses mains. Je ne m’expliquais même pas pourquoi le désir montait.


Je soupçonne que ce soir-là, ses mains sur mes pieds, l’air absorbé par le film, il a juste choisi de cacher l’effet que ça lui faisait, à lui aussi. J’ai cru à son visage impassible, à cet air de ne rien faire de particulier, les yeux rivés sur l’écran. « Juste un massage ». J’ai cru que le désir qui montait était unilatéral. Mais j’ai savouré (plus que je ne l’ai avoué) absolument chaque seconde.


Il a fini par tourner la tête vers moi, en retenant ma cheville d’une main, pendant qu’il appuyait plus fort les pressions de l’autre sur le dessus de mon pied. J’ai manqué d’air, mais je me suis retenue de fermer les yeux, au risque de me trahir. Ses yeux, sa bouche, ses doigts… J’avais envie de venir m’asseoir sur lui, reprendre le contrôle. Jouer avec ma langue au bord de ses lèvres. Presser doucement pour te sentir durcir entre mes cuisses. Quand il a baissé les yeux sur mon pied qu’il maintenait toujours fermement, je ne sais pas à quoi lui pensait – mais moi à cette seconde, j’avais des flashs de son ventre chaud contre le mien.


J’ai lu du BDSM que – contrairement aux apparences – c’est celui qui se laisse faire qui a le pouvoir. C’est celui qui se laisse faire, qui choisit, tout le long de cette… « interaction », de ne pas utiliser son safe word. Il sait qu’il peut choisir de tout arrêter à n’importe quel moment. Il (se) laisse faire parce qu’il a la certitude que la personne, qu’il autorise à jouer, arrêtera tout à la moindre instruction. C’est lui qui autorise l’autre à aller explorer les limites. Je n’aime toujours pas qu’on me touche les pieds. Mais ce soir-là, j’ai adoré l’autoriser à explorer les miennes. J’étais tétanisée par le plaisir de son emprise.


J’étais convaincue qu’il ne faisait ça que pour jouer. Je n’ai sincèrement pas cru que l’alchimie pouvait être réciproque, et l’intérêt sincère. Juste un jeu de presque-adultes qui découvrent de nouvelles façons de se distraire. Et moi : l’heureuse sujette de ses expérimentations délicieuses.


Tout le long du deuxième film, je me suis fait violence pour rester sage. Je savourais juste en silence cette proximité, la chaleur latente entre mes cuisses, l’envie de sa bouche que j’avais peur de fixer trop longtemps. Et quand le deuxième film s’est terminé, je n’avais aucune envie que la soirée se termine déjà.


Il m’a proposé de monter dans sa chambre. Dieu existe ! Il n’a allumé qu’une petite lampe, pour nous mettre dans une ambiance plus feutrée et s’est allongé sur son lit tout en me parlant. Je ne me souviens pas, je n’écoutais probablement déjà plus. Son corps allongé, une provocation pure et simple. Debout au pied de son lit, j’ai fait taire les doutes dans ma tête, et je suis venue m’asseoir sur lui. Les bras tendus de chaque côté de ton visage, j’ai posé mon entrejambe sur la sienne. La sensation de cette grosseur à travers son jean, tout contre le mien…


Je n’avais pas le droit à ce contact. Je n’avais pas le droit d’être sur lui. Pas le droit d’être dans cette chambre. Pas le droit d’être dans cette maison. Probablement pas celui d’être seule avec lui, ni même dans un lieu public – simplement pour les idées qu’il m’inspirait. J’aurais certainement dû nous donner l’opportunité d’explorer autre chose que des moments interdits. Mais ils étaient peut-être encore meilleurs précisément parce qu’ils étaient interdits. Plus délicieux qu’une nuit de sexe avec lui : une nuit sans.


Assise sur lui, j’ai juste envie d’abdiquer : lui enlever son t-shirt, déboutonner sa ceinture. Je me retiens. Je savoure la sensation entre mes cuisses. Je commence de légers mouvements de bassin à travers le jean. Il fait mine de protester : ça va le faire durcir encore plus ! Je lui fais « oui » de la tête. Comme lui un peu plus tôt sur le canapé quand il a approché ses mains de mes pieds. À son tour de se laisser faire.


Mes cuisses remontent et redescendent, je savoure ce frottement délicieux. Ses yeux fermés, les sourcils froncés, sa bouche s’ouvre plusieurs fois pour protester, mais aucun son ne sort. Malgré le tissu épais, il sent la chaleur, il soupçonne mon corps d’être déjà prêt pour beaucoup plus, c’était probablement déjà le cas sur le canapé. Il caresse fermement mes cuisses, les empoigne chaque fois que l’envie lui monte trop vite. Ses mains remontent jusqu’à mes fesses. Mais il se retient de venir les serrer. Il essaie de garder la tête froide. Ne sait pas exactement où sont mes limites et un geste de trop pourrait me ressaisir et me faire tout arrêter. Alors, il me laisse franchir les limites que je choisis, à mon rythme, en essayant de ne pas nous laisser dépasser. Il faudra tout arrêter si je le décide et il sait que ce moment va arriver. D’ici là il veut savourer tout ce que je nous autorise.


Les yeux fermés, je respire un peu plus fort, chaque fois que son corps presse contre le mien. Les fantasmes s’intensifient. Même assise sur lui, je suis encore très chaste, vu les idées qui me traversent l’esprit. Quand je me penche pour approcher ma bouche de la sienne, sa main remonte dans ma nuque pour effleurer mes lèvres… Les fantasmes deviennent trop violents. Il faut que je me calme.


Je dégage mon cou de sa main, et viens m’allonger à côté de lui, ma tête sur son épaule, une de ses jambes coincées entre les miennes. J’espère nous faire redescendre un petit peu tous les deux. Interrompre le jeu, reprendre nos esprits. Mais son corps sous mes yeux, la tentation est encore bien trop forte. Je glisse ma main sous son t-shirt, son ventre est brûlant. Je descends vers sa ceinture que je défais doucement. Il murmure mon prénom. Veut-il que j’arrête parce qu’il a peur de perdre le contrôle ? Ou bien m’intime-t-il l’ordre de ne surtout pas m’arrêter ? S’il me le demande clairement, j’arrêterais tout. Mais je vois bien que son corps réclame plus.


Ses yeux fermés, la ceinture défaite, j’ouvre son jean en lui murmurant, mesquine :



Il me fait un rapide non de la tête, les sourcils suppliants. Un non qui souffre, mais un non qui savoure. Il ne veut surtout pas que j’arrête. Il ne peut simplement pas l’admettre. Ça va à l’encontre de ses principes. Mais c’est lui qui m’a fait venir chez lui, et dans cette chambre, et sur ce lit. Ses principes, je propose qu’on en fasse comme des miens : qu’on les mette de côté, juste pour ce soir.


Allongée contre lui, je glisse ma main entre son jean et son boxer. Je fais aller et venir mes doigts sur son boxer, j’enfonce ma main plus profondément dans son jean pour aller le caresser un peu plus bas. Il se mord la lèvre.



Il hésite une demi-seconde – ses sourcils se froncent pendant qu’il hoche la tête. Ça lui demande une résistance colossale de ne pas reprendre le contrôle de la situation pour abréger ses souffrances. L’avoir à ma merci est un délice.



Il tourne la tête vers moi comme à contrecœur, mais il en crève d’envie. On se respire, on s’effleure, on se frôle… pas de baiser. Ça, c’est une des limites infranchissables. Tant que l’on ne va pas plus loin, c’est encore acceptable. Mais qu’est-ce que sa bouche me tente !


J’immobilise ma main sur son boxer quelques secondes, comme pour que toute son attention se concentre sur ma bouche. Quand je viens lécher ses lèvres du bout de ma langue, je le sens gonfler sous ma main. Ses fesses qui se contractent. Un frisson dans son dos. C’est son corps qui réclame plus. Sans arrêter ma langue qui joue avec sa bouche, je remonte la main puis la fais glisser cette fois dans son boxer. Il étouffe un soupir de surprise et de plaisir. Il ne savait pas si j’allais m’y autoriser. Mais il appréhende ses réactions, ses cuisses se serrent. Trop tard. À mon tour de donner des ordres :



Il fait mine de protester, mais il a beaucoup trop envie de voir jusqu’où je vais aller.


J’amplifie progressivement les mouvements de ma main, sa respiration s’accélère. Cela lui coûte de l’admettre, mais il ne veut surtout pas que j’arrête. Je sens son plaisir monter, l’envie de venir de plus en plus pressante. Je voudrais l’amener au bord, continuer encore… puis tout arrêter. Par pur plaisir du contrôle.


Il me voit venir, me supplie dans un murmure :



Ma main va et vient, son torse se gonfle. Je le sens fléchir autant que résister. Il se mord la bouche. Toute son attention est concentrée sur mon poignet. Il aimerait plus. Je n’ai pas le droit de l’admettre, mais moi aussi.



Si je continue trop longtemps, il va venir.


J’arrête soudainement et retire ma main. Il prononce mon nom à haute voix, comme pour protester de ce que je viens de lui faire subir. Il m’en veut, je l’ai amené beaucoup trop loin pour arrêter là… Je savoure sa frustration. Il est presque en colère, mais qu’est-ce que c’était bon ! Il peut nier, par ego ou par dépit, je sais que lui aussi il a adoré ça.


Le regard fuyant, je réprime un petit sourire, comme une provocation. Il prend de longues inspirations pour essayer de retrouver son calme. Pas simple. Sa frustration redescend petit à petit. Mais je n’ai pas fini de jouer.


Je lui murmure : « J’ai tellement envie de ta langue ». Il semble sur le point de me demander où, mais approche en silence sa bouche. Je me mords les lèvres, envieuse, et lui fais non de la tête. Ça me coûte, j’espère qu’il le réalise. Ce n’était pas une invitation à venir m’embrasser. Juste un partage d’informations. C’est lui qui m’a mise dans cet état-là. Alors, je veux m’assurer qu’il traverse les mêmes fantasmes et que ça lui coûte autant qu’à moi. C’est trop facile de prétendre avoir des principes quand son corps réagit autant. Il faut assumer. Je compte bien lui raconter toutes les choses qui me passent par la tête… Je glisse à nouveau mes doigts et presse doucement contre son boxer trempé, approche ma bouche de la sienne :



Je me garde bien de préciser quoi.


Je retourne m’asseoir sur lui, me sers de son boxer gonflé pour me faire du bien, gémis doucement. Je pousse encore plus :



Il me déteste de le mettre, lui, dans la position d’être celui qui doit nous interrompre pour respecter MES limites. Personnellement, je n’ai pas forcément l’intention de les franchir, mais quel délice de s’en approcher avec lui, le regarder subir cette frustration avec autant d’intensité que la mienne. Et puisque je vois bien qu’il prend autant de plaisir que moi à ce petit jeu, on va faire durer un peu, peut-être même monter encore d’un cran.


Je me redresse pour m’asseoir sur son bassin – cette fois-ci, dos a lui. Je retire lentement mon t-shirt. Je sens entre mes cuisses que la vision de mon dos presque nu sur lui fait son petit effet. Ses doigts viennent parcourir mon dos – me donnent des frissons –, descendent attraper mes hanches et initier un mouvement commun de son bassin et du mien. Je le soupçonne très tenté de dégrafer mon soutien-gorge – mais il respecte les limites que je nous impose.



Ça sonne presque comme un ordre. Mais c’est l’impatience de son corps qui perd le contrôle. Ça lui a échappé. Il le voulait moins directif, plus dans la suggestion, la proposition, l’invitation… Mais cette stimulation douce et régulière de son entrejambe lui fait perdre pied.


Je m’allonge contre lui, avec juste mon jean, mon soutien-gorge et mes bijoux. Je m’approche de sa bouche comme pour venir la goûter, mais je m’arrête à la distance minimum. Vraiment minimum. Si proche qu’en léchant ma bouche, mes lèvres effleurent la sienne. Sur le point de me dévorer, je le sens respirer très lentement. Comme pour calmer l’intensité de cette proximité. Se concentrer sur le rythme de son souffle pour ne pas se laisser submerger par l’envie de précipiter ses mains dans mes cheveux pour enfin goûter ma langue. Il semble si proche de craquer, mais je le vois adorer ça. Je lui murmure « Je peux seulement l’ouvrir, pas l’enlever. »


Il sourit en fermant les yeux. Je suis décidément très créative dans mes limites. Ouvrir le jean, oui, mais pas le retirer… Pendant une demi-seconde, il envisage de le descendre quand même le long de mes cuisses. Mais je lui ai donné une limite et il adore que je garde le contrôle. « Je peux glisser juste un doigt ? » Je hoche la tête. Il descend sa main le long de mon ventre et vient se pencher au-dessus de moi pour avoir toute liberté dans les mouvements de son poignet et de ses doigts.


Ses doigts, d’ailleurs vite mouillés, frottent mon shorty dans des mouvements amples et doux. Je ferme les yeux et je savoure ses doigts qui me caressent à travers le tissu. Ma respiration s’accélère, comme un encouragement. Mes pieds et mes mains s’agitent de plus en plus. Mes jambes se raidissent. Il alterne les cercles et les lignes. J’adore. Encore, encore ! Il n’en revient pas que je le laisse continuer. Je suis en train de céder. Je vais le laisser me faire jouir sous ses doigts. Je suis incapable de l’arrêter. Je pourrais jouir tellement il fait durer le plaisir.


« Je voudrais tellement que tu puisses enfoncer ton doigt… » – je ne devrais pas. Il me murmure que non, qu’il ne faut pas, que c’est mieux comme ça, alors que ses doigts continuent d’aller et venir sur le tissu trempé. Il fait bien. Je l’aurais arrêté s’il avait pris ça pour une invitation. C’était encore pour le piquer. Une pénétration c’est vraiment une limite indépassable.


Ses doigts continuent leur danse sur mon tanga. Ma respiration s’accélère encore, je commence à gémir à mesure que l’orgasme monte. Je ne veux surtout pas qu’il s’arrête, mais je sais très bien qu’il va me retourner l’ascenseur épidermique que je lui ai fait subir et s’arrêter juste avant. Il faut le déstabiliser, il a tellement de contrôle. « J’ai envie de te sucer » – ses doigts s’immobilisent fermement au moment où je prononce ces mots. C’était un coup bas, il essaie de contenir l’effet sur ton cerveau. Je le sens durcir à nouveau contre ma hanche.


Il sait très bien ce que j’essaie de faire. Il retrouve son calme, et reprend les mouvements de ses doigts sur le tissu. Je recommence à gémir, cette fois-ci de plus en plus fort. Mon corps est tétanisé par le plaisir et l’interdit. Ma respiration s’accélère… « Encore ! » Je suis sur le point de venir, je sens mon corps au bord de l’implosion… Il arrête soudainement et pose tes deux mains à plat sur mes cuisses. Il me murmure :



Je le déteste. Je l’adore. J’étouffe un long gémissement de ce presqu’orgasme au bord duquel il m’a abandonnée. Mmmmmh que c’était dur, mais que c’était bon !


J’ai presque envie de rire tellement son sadisme s’aligne sans état d’âme avec le mien. Chacun notre tour, on s’inflige l’un et l’autre de délicieuses tortures. Il me laisse le contrôle, puis le reprend.


Je m’allonge à côté de lui. Tie-break. J’ai le souffle court, les jambes coupées. Toute cette frustration accumulée. J’ai l’impression d’être dans le même état qu’après deux ou trois orgasmes, la satisfaction et le relâchement en moins. Je lui demande de l’eau. Ces petits jeux me donnent soif. Je roule sur le dos pendant qu’il va nous chercher des verres. Je profite d’être seule pour retrouver un peu mes esprits. Si je reste plus longtemps dans cette chambre, je vais craquer. Il est bientôt minuit. Il faut que je rentre. Mais est-ce que l’opportunité d’un moment seul à seul se représentera ?


Quand il revient s’allonger, je grimpe à nouveau sur lui. Tant que c’est moi qui contrôle, ça va. Je lui murmure :



Je n’en ai pas du tout envie. Je voudrais rester toute la nuit à jouer avec lui. Je le dis parce que j’essaie de m’en convaincre, mais encore plus pour le piquer. Cet orgasme retenu à la dernière minute – quand bien même de bonne guerre – m’a piqué fort ; et en initiant la fin de notre soirée, j’ai l’illusion de reprendre un peu l’ascendant. Mais c’est faux : je nous l’inflige à tous les deux. J’essaie de souffler le froid, mais moi non plus je n’ai pas envie qu’on arrête là. Je voudrais qu’il essaie de me convaincre de rester. Il tente un « Pas encore ». Et au lieu de saisir cette perche, je m’entête.



Pendant tout le trajet du retour, il fixe la lumière des phares sur la route qui défile, je reste silencieuse. J’aimerais que le trajet soit plus long jusque chez mes parents, mais, dans quelques minutes, il va me déposer puis repartir. Cet au revoir va être difficile, je n’aurai jamais le cœur à lui faire une bise, puis simplement descendre, mais qu’est-ce que je peux faire d’autre ? Je voudrais retourner quelques minutes en arrière, revenir sur son lit, finir ce qu’on a commencé.


Quand il coupe le contact pour descendre me « dire au revoir », je savoure qu’il assume de vouloir encore quelques minutes supplémentaires. Je n’aurais jamais osé le lui demander. Il fait le tour et vient se coller à moi. Il dépose un baiser sur ma joue brûlante et, alors qu’il va pour embrasser mon autre joue, ma bouche l’interrompt à mi-chemin. Nos lèvres résolument serrées s’effleurent. On se respire encore un peu. Son odeur m’enivre. Mon nez dans son cou, je glisse mes mains sous son t-shirt. Son ventre doux et chaud. Je serre son bassin contre le mien. Sa joue contre la mienne, je sens ses mains descendre sur mes fesses, les serrer fort. Un gémissement m’échappe.


Décidément beaucoup trop joueuse, je remonte mes deux mains le long de sa nuque, puis dans ses cheveux. J’approche ma bouche au bord de la sienne et lui murmure avec un air grave « la situation a l’air vraiment dure », tout en appuyant le contact de ma cuisse contre son entrejambe gonflé et sensible. Il se mord la lèvre. C’est moi qui suis coincée entre lui et la portière, mais j’ai tout le contrôle sur la situation. Ses mains m’agrippent plus fermement, il murmure mon prénom – savoure en fermant les yeux ces quelques minutes supplémentaires de douce torture. Envie de voir jusqu’où il va tenir.



Il appuie à son tour – je gémis doucement. Ma langue joue avec sa bouche. Lui avec la mienne. J’abuse, mais je ne mens pas. Je donnerais tellement pour pouvoir l’embrasser. À chaque frottement appuyé de sa cuisse entre les miennes, je gémis de plaisir.


Soudain, quelque chose cède. Trop c’est trop. La rue, l’heure, les voisins… plus rien n’existe. Nos corps lâchent. Ses mains se précipitent pour déboutonner mon jean. Oui ! Je ne sais pas où il va, mais je n’ai plus l’intention de l’arrêter. J’en ai bien trop envie. Là. Ici. Maintenant.


Il descend précipitamment la fermeture éclair de mon jean quand je bloque immédiatement son poignet avec ma main et me paralyse : je viens de réaliser que c’était la mauvaise semaine du mois. Tétanisée de culpabilité et de frustration : « Pas cette semaine… ». Il s’interrompt net. Je suis mortifiée. Sans ça, clairement, je ne l’arrêtais plus. C’était le dernier garde-fou que je m’étais conservé. Ma carte Joker pour m’assurer de ne pas franchir les dernières limites.


Il me serre contre lui, sa joue contre mon oreille, mon visage dans son cou. On respire doucement pour se calmer. Il doit se dire que s’il avait eu cette information plus tôt, il n’aurait pas laissé la situation s’intensifier à ce point. Qu’il était peut-être temps que je l’informe de ce – pas si – petit détail. Il aurait raison. J’ai d’autant plus joué à le tenter, que je savais avoir cet ultime filet de sécurité. Mais la vérité c’est que je me suis brûlée tout autant que lui. J’ai envie de sa bouche, de ses doigts, de son…


On reste quelques secondes là, immobiles, frustrés. Dans la rue toujours silencieuse, sous les lumières froides des lampadaires. Une voix m’appelle, ce sont mes parents qui ont entendu le bruit du moteur se couper il y a plusieurs minutes et s’inquiètent de ne pas m’entendre rentrer. Heureusement qu’ils ne peuvent pas nous voir depuis la porte. On prend une grande inspiration tous les deux, on se respire une dernière fois. Il glisse ses mains dans ma nuque, et sa bouche près de mon oreille pour me murmurer un « bonne nuit » très sensuel, un rapide baiser sur ma joue que je lui retourne, puis il me laisse partir.


Je sais que j’ai eu très envie de me retourner. Je ne me souviens pas si je l’ai fait.