Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 23193Fiche technique12029 caractères12029
1986
Temps de lecture estimé : 8 mn
13/07/25
Résumé:  Tout est vrai, sauf peut-être la stabilité du sommier.
Critères:  #recueil #humour #délire #chronique #érotisme #totalsexe #occasion #couplea3 #groupe #domination #voyeur #fétichisme #travail
Auteur : L'artiste  (L’artiste)      Envoi mini-message

Collection : Les clichés ont la vie dure
Clito, Gode et SAV

Ce texte s’inspire d’une histoire vraie. Tout y est rigoureusement exact. Certains lecteurs penseront que j’ai exagéré. Détrompez-vous. J’ai atténué.


Je dédie cette chronique logistique-érotique à tous les professionnels de l’ombre : livreurs, monteurs de meubles, experts en vis foirées. Que vos journées soient moins traumatisantes que celle-ci, et que vos tournevis ne servent jamais… à autre chose !




Intervention suivante : Léna Maréchal, sommier bruyant, grincement suspect. Rue des Marronniers, numéro 12.


Alban soupira et jeta un œil à sa montre : 18 h 42. Il avait faim, mal aux jambes, et un tournevis cruciforme planté dans la poche arrière. Le rêve !


Il grimpa dans son fourgon, régla l’air sur « tiède ronchon », et prit la route. En temps normal, il s’en serait tenu au strict protocole : diagnostic, resserrage des vis, petit sourire et signature sur la tablette. Vingt minutes max. Mais il allait découvrir qu’il existait des lits plus capricieux que d’autres.


Quand la porte s’ouvrit, il sut immédiatement que la journée serait… différente.


Léna portait une courte robe noire, aussi fluide qu’un mensonge de politicien. Dessous, rien ou presque. Ses cheveux étaient relevés en un chignon flou, ses lèvres peintes couleur cerise enragée, et ses yeux – noisette électrique – le détaillaient déjà avec un sourire qui aurait rendu à l’état liquide un radiateur en fonte.



Il pénétra dans l’appartement. L’odeur était suave, tout était rangé, soigné – sauf la chambre. Là, c’était un champ de bataille. Les draps étaient froissés, les oreillers épars. Le lit, massif, trônait au centre comme un ring de boxe après un KO technique. Léna s’y assit, jambes croisées, et tapota le matelas.



Elle cambra subtilement les reins. Couiiic. Effectivement, le sommier protestait. Alban s’approcha, inspecta les montants, les vis, posa sa mallette au sol.



Léna se pencha vers sa table de nuit et en sortit un bandeau en soie.



Alban resta figé et sentit un souffle, chaud et précis, comme une menace délicieuse.



Elle le poussa doucement sur le matelas.



Alban ne comprenait pas bien comment il s’était retrouvé là, allongé de tout son long, les poignets noués.



Elle jeta un regard appuyé vers l’endroit où le pantalon d’Alban formait une bosse en progression. Il bafouilla quelque chose à propos de « méthodes alternatives de diagnostic », mais Léna ne l’écoutait plus.


Elle déboutonna la ceinture et tira le jean vers le bas d’un geste expert. Une fois Alban nu, sans crier gare, elle s’assit entre ses cuisses et leva les deux pieds. Parfaits : cambrure souple et ongles vernis couleur bordeaux. Elle enveloppa le sexe durci entre ses plantes, et commença un lent va-et-vient.


Alban eut un hoquet de stupeur.



Elle souriait comme une gosse qui aurait piqué la caisse à outils de papa pour jouer au garagiste pervers. Sa dextérité était déconcertante. Et le sommier, fidèle à sa réputation, grinça doucement.



Elle accéléra. Les pieds se firent plus fermes. Alban étouffa des gémissements qu’il aurait préféré garder pour lui. Léna s’en amusa.



Elle s’arrêta net, le laissant pantelant.



Elle se leva, s’étira langoureusement, et fit lentement glisser sa robe jusqu’au sol. Alban écarquilla les yeux. Pas de lingerie. Léna était nue comme l’envie.



Elle détacha le dépanneur et le fit rouler sur le dos. C’est elle qui enfila le préservatif. Et sans perdre une seconde, elle le chevaucha.


Pas de tendresse. Du rythme. Brutal, franc, efficace. À chaque coup de reins, le lit grinçait plus fort, et Alban gémissait comme une sirène d’alarme. Elle lui agrippait les hanches et se pilonnait avec méthode.



Il tentait de suivre, mais la cadence devenait infernale.


Alors, elle s’arrêta.



Elle le regarda droit dans les yeux. Il hésita, déjà à moitié K. O, mais Léna ne demandait pas, elle décidait.


Lubrifiant. Préservatif changé. Elle se positionna devant lui, à quatre pattes, croupe tendue, offerte.


Et il entra. D’un coup sec.


Alban hoqueta, le sommier couina, Léna soupira et s’arc-bouta.



Et elle imprima le rythme. Fort. Rapide. Brutal. Le lit menaçait de se fendre en deux, Alban aussi. Quand elle sentit que ça montait, elle se retira et, d’un seul geste, arracha le préservatif.



Alban n’eut pas le temps de protester. Deux coups de langue, une succion habile, et il explosa.


Elle lécha, nettoya, puis s’étira, satisfaite comme une cliente comblée.



Affalé comme un drap jeté en fin de lessive, Alban était en sueur, essoufflé, les jambes tremblantes. Il n’était plus technicien. Il était victime collatérale d’un orgasme stratégique.


Léna, elle, pétait la forme. Nue, les cheveux ébouriffés, elle pianotait déjà sur son téléphone en souriant.



En deux clics, c’était plié. Puis elle se redressa sur un coude en soupirant doucement.



Elle s’éclipsa vers la salle de bains, ses fesses rebondissant avec l’arrogance d’une victoire incontestable. Alban, lui, restait là. Essoufflé. Le regard rivé au plafond, comme s’il attendait qu’un ange vienne lui annoncer sa reconversion professionnelle.


Un filet de sueur lui chatouilla la tempe.


« Qu’est-ce qui vient de se passer… ? »


Il regarda sa mallette, posée dans un coin comme une relique d’une autre vie. Elle était là, droite comme une ligne de conduite qu’on avait joyeusement enjambée, lubrifiée, et laissée pour morte. Le tournevis dépassait encore. Ça lui arracha un sourire las.


« Ce matin, j’ai refixé la poignée d’un placard chez une retraitée qui m’a offert un thé. Maintenant, je suis dans un porno live, menotté par une fille qui connaît la différence entre un écrou M6 et un orgasme double. »


Il tenta de se lever. Échec. Ses jambes répondirent comme deux spaghettis al dente. Il rampa donc jusqu’au bord du lit pour attraper son pantalon. En se redressant, il jeta un œil à la table de nuit. Un carnet y traînait, couverture noire, un peu élimée.


Curieux, il l’ouvrit.


Des colonnes. Des dates. Des prénoms. Et des annotations très… précises.


• …

• Jean-Paul : angle gauche, bon soutien dorsal, rapide à détendre.

• Cédric : bon grip, manque d’engagement en double pénétration.

• Alban : à compléter. Phase 1 OK. Phase 2 à venir.


Il blêmit.



« Je vais mourir ici », pensa-t-il. « Et mon chef mettra «accident de vis» dans le rapport. »


C’est à ce moment-là qu’un ding dong sonore retentit à l’entrée. Il se redressa d’un coup. Enfin, il bascula du lit comme une tortue.


Depuis la salle de bains, Léna lança joyeusement :



Alban gémit.


*



Les deux techniciens entraient dans l’appartement. L’un blond, l’autre mat de peau, tous deux en uniforme, l’air vaguement circonspect.



Puis ils aperçurent Léna. Les hanches drapées dans une serviette éponge qui ne cachait pas grand-chose. Alban, toujours à poil sur le lit, leur fit un geste d’excuse désespéré.



Maxime haussa un sourcil. Bilal laissa tomber sa boîte à outils.



Trois minutes plus tard, le sommier grinçait à nouveau comme un vieux navire dans la tempête. Mais, alors que Léna s’apprêtait à se faire prendre en sandwich en hurlant des consignes avec la fougue d’un général romain, le courant sauta.


Noir total.



Ils se cherchèrent à tâtons. Une main atterrit sur une fesse, une autre sur un genou. Quelqu’un renversa la bouteille de lubrifiant. Un gémissement de surprise, un doigt glissé au mauvais endroit.



Des éclats de rire, puis la lumière revint d’un coup, crue, blanche, impitoyable comme un projecteur de salle d’interrogatoire dans un commissariat soviétique.


Et là… arrêt sur image.


Une scène digne d’un tableau de Jérôme Bosch sous acide.


Maxime, nu, concentré, une fesse entre les paumes comme s’il s’agissait d’un volant de Formule 1 dans un virage serré. Bilal, visiblement égaré, avait sa main gauche sur un sein et les doigts de la droite dans un pot de lubrifiant avec l’air de se demander s’il n’était pas au mauvais étage. Léna, reine en tenue d’ Ève au centre du lit, arborait une expression ravie, comme une actrice qui vient de réussir sa meilleure prise. Alban, lui, était figé debout, le préservatif pendouillant tel un drapeau de reddition.


Et puis il y eut ce fameux quart de seconde où tout le monde prend conscience du degré d’indécence atteint. Même le sommier, épuisé, semblait murmurer « pardon ».


Puis Maxime brisa le silence :



Alban, lui, déclara :



Léna le fixa. Le silence tomba comme une chape de plâtre.



Puis, alors qu’elle se retournait pour reprendre sa danse avec les deux autres :


Ding dong.



Et la porte s’ouvrit sur une silhouette inattendue. Une femme d’une cinquantaine d’années, tailleur strict, chignon sévère.



Alban manqua de s’étrangler.



Elle s’avança, posa un œil glacial sur le matelas dégoulinant de sueur, puis sur Maxime et Bilal toujours en action, puis sur Léna.



Mais avant que quiconque ne proteste, elle dégrafa son tailleur avec l’élégance d’une strip-teaseuse de gala.




*



Quelques heures (et nombreux orgasmes) plus tard, le lit n’était plus qu’un tas de bois disloqué.


Léna, nue, couverte de foutre, fumait un joint avec Madame Blanchard, désormais surnommée « la Patronne ».


Et puis…


Ding dong.



Un homme en chemise beige, casquette du ministère des fraudes, entra avec un air rigide.



Alban soupira.



Le type griffonna quelque chose sur sa tablette :


Rapport 437-B : environnement de travail… explosif.