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n° 23045Fiche technique11420 caractères11420
2005
Temps de lecture estimé : 9 mn
10/05/25
Présentation:  L’humour, bon ou mauvais, nécessite une certaine culture. En tout cas, pour être bien accueilli. Tout cela pour vous dire que ces quelques pages ne sont pas écrites pour créer une polémique.
Résumé:  En partant du principe que Dieu est bien présent. Dans nos cœurs, nos esprits ou bien où vous voulez, il y a un point qui me chiffonne. Parce que j’ai d’abord douté, puis j’ai patienté, mais aujourd’hui, je suis bien certaine que Dieu ne m’aime pas...
Critères:  #nonérotique humour
Auteur : Juliette G      Envoi mini-message
Mon ange

Culture



Sans véritablement savoir qui pourrait bien lire cet amas de mots, autant clarifier mon état d’esprit du moment.


Loin de moi l’idée de dénigrer mes contemporains mais enfin, pour l’instant, nombre ne me semble pas atteindre les sommets culturels qu’ils tentent parfois d’escalader. Et me semble-t-il, ils sont de moins en moins nombreux à tenter l’escalade.


Quant à moi, si je ne prétends pas avoir vaincu l’Annapurna, j’ai néanmoins bataillé pour profiter de sympathiques randonnées en montagne. Je ne me suis pas attelée à l’Everest mais aux petits sommets basques. Vous voyez, c’est sans prétention de ma part.


Oh, remarquez, batailler est un grand mot.


Une vingtaine d’années plus avant, j’évitais TF1 dans un premier temps. Puis je zappais les amours, qu’ils soient dans les prés ou n’importe où, autres qu’entre mes bras. Enfin, je coupai définitivement le sifflet à mon diffuseur d’images en boucle. La fée technologie m’a pourtant dotée d’un accès à la fibre et aux joies d’Internet. Mon téléviseur est donc un écran parfait pour le Net. Quant à mon tout nouveau décodeur TV, il me sert uniquement d’horloge numérique. Cocasse non ?


Et les nouvelles du monde me direz-vous ? Écouter sans regarder donne une autre image du monde. Cela dit en un jeu de mot primesautier. Ensuite, on fait un tri sévère et on n’écoute plus n’importe quoi, et surtout n’importe qui. Ne perdons tout de même pas de vue, une certaine presse écrite. Dernier bastion et point d’ancrage, pour celles et ceux qui ne désirent pas avaler la bouillie fadasse et prédigérée de nos médias.


L’humour, bon ou mauvais, nécessite une certaine culture. En tout cas, pour être bien accueilli.


Tout cela pour vous dire que ces quelques pages ne sont pas écrites pour créer une polémique.


Les sœurs ennemies



Revenons donc au sujet qui me préoccupe. Un sujet culturel donc.


Les religions de notre bonne vieille France, celles liées à notre chère nation. La catholique ou la protestante.


Si je suis une athée convaincue, pour ma part, il s'agira de parler du catholicisme. je ne peux pas m’empêcher de considérer cette doctrine comme mienne, mes très chers parents m’ayant pourtant baptisée contre mon gré. Et chère mère m’a assez répété, que ce jour pourtant béni, je ne cessais pas de pleurer. Elle aurait dû comprendre non ? J’allais paraît-il, jusqu’à hurler sous les voûtes célestes, quand l’homme de Dieu m’aspergea d’eau. De l’eau bénite certes, mais de l’eau douce. Impensable pour une Bretonne née en Côte Nord du Finistère !


Culture et religion, sœurs ennemies tellement liées, qu’il est impossible de ne pas en retirer quelque chose de positif. Même si ce n’était pas son but, la religion a aidé la culture à prendre son essor de nombreuses manières. La culture entretenant, plus tard, l’image de sa sœur dans le cœur ou l’esprit des gens. Le réfuter serait une grossière erreur.


Athée et fière de l’être, je reste toutefois bien incapable de bannir les bondieuseries de certaines de mes conversations. Parler de religion n’est-il pas faire preuve de culture ? Je crois que si. Les religions passionnent encore ! Preuve en est les terribles excès que l’une d’elles provoque. Mais c’est un autre sujet.


La Bible… Une belle histoire non ? Une histoire vraie pour beaucoup. Et puis maintenant, on en est bien certain, Jésus-Christ a bien été l’acteur principal d’une époque. Une belle histoire bardée d’invraisemblances et d’anecdotes crédibles. Une belle histoire qui fait toujours couler beaucoup d’encre. Alors je ne vais pas refaire cette belle histoire. Encore moins la démonter. Je vais simplement crier à la face du monde mon grand désarroi.


En partant du principe que Dieu est bien présent. Dans nos cœurs, nos esprits ou bien où vous voulez, il y a un point qui me chiffonne. Parce que j’ai d’abord douté, puis j’ai patienté, mais aujourd’hui, je suis bien certaine que Dieu ne m’aime pas. Que nous sommes toutes et tous ses enfants chéris n’est que pure foutaise. Je suis une laissée pour compte.


Pour preuve. Vous comme moi, nous en avons un. Un ange ! Un gardien de nos âmes ! Un ange gardien ! Ce n’est pas moi qui le dit mais la Kabbale. Alors de deux choses l’une… Soit je suis tombée sur un incompétent notoire, ou une feignasse de première force… Soit je suis la seule personne sur cette terre à avoir raté le distributeur.


Chacun son métier et les vaches seront bien gardées dit-on. Hé bien j’ai droit à l’exception qui confirme cette règle. Ou alors mon protecteur n’est pas un professionnel du gardiennage. C’est un intérimaire, ou un angelot de bas étage qui fait ses classes. Et vu mon âge, ce tordu n’est certainement pas un premier de la classe. Peut-être que mon ange personnel ne fait que du bénévolat. En ce cas, rien à dire, sauf que je ne suis pas une grande veinarde.


Non ! Les anges n’existent pas ! Ou alors ce serait la preuve que Dieu est sujet à controverse. Un type qui a créé un monde en sept jours en claquant des doigts, et qui ne serait pas fichu de coller en place un service d’ordre valable ? Non mais quelle misère !


Alors, dans un dernier effort de mansuétude, je vais m’adresser à toi l’ange, si vraiment tu existes. Ce sera un message personnel. Le premier comme le dernier.



Message personnel



Tu sais mon chérubin, j’ai ma petite théorie personnelle sur toi et les légions divines. Vous n’avez pas de sexe ! Tout est dit !


Est-ce pour cela que tes semblables et toi ne nous aimez pas ? J’en suis intimement convaincue.


Seriez-vous jaloux de nos bistouquettes et de nos foufounes ? Seriez-vous des petits frustrés ? Parce que je le comprendrais bien volontiers, même si je ne vous excuserais pas pour autant. Si nos outils sexuels sont parfaitement adaptés au mode de reproduction de notre espèce, le plaisir de jouer avec nos ustensiles est parfois divinement bon. C’est certainement là où ça coince d’ailleurs. Nous, pauvres humains, touchons du doigt au divin ! Enfin du doigt, c’est une image. Nous, descendantes de cette fameuse Ève, qui croqua dans une pomme ou un fruit quelconque, pouvons grimper aux rideaux en hurlant des « Alléluia ». Pas vous ! Ne seriez-vous donc, je le répète, qu’une bande de jaloux frustrés !


Est-ce que je râle parce que je n’ai pas une superbe paire d’ailes collée aux épaules ?


Est-ce que je me plains de ne pas pouvoir voleter de-ci de-là, ou de droite et de gauche, c’est selon, comme tu le fais ?


Ai-je seulement rouspété de ne pas pouvoir apparaître et disparaître à volonté ?


Est-ce que tu m’as entendu me plaindre de ne pas être immortelle ?


D’abord, il te faut savoir que tout n’est pas si rose dans l’humanité. Le sexe est un réel plaisir, mais également une source d’emm… De soucis ! Je ne vais pas te faire un croquis mon angelot.


Sentiments et sexe, trop souvent incompatibles, mènent à des jalousies perverses, à des bagarres de couples, à de véritables drames parfois. Et puis, nous ne passons pas notre vie à nous tripoter non plus. Ce serait trop beau !


Nous avons d’autres chats à fouetter que nous tripatouiller du matin au soir. Des métros à prendre, du ménage à faire, des enfants à élever, du boulot à abattre. Et cela nous prend un temps fou, sans spécialement nous faire plaisir. Parce que même nos chères têtes blondes parfois, se comportent en têtes à claques et crois-moi sur parole, ce n’est pas forcément la liesse tous les jours. Sans compter que nous avons des guerres à mener et la planète à dévaster. Tu crois que ça va se faire tout seul peut-être ?


Enfin quoi ! Si tu ne faisais que le quart de ton boulot tu le saurais ! Sans aller jusqu’à me conseiller ou me protéger, tu aurais pu te contenter de m’observer. Mais non, aux abonnés absents mon protecteur divin.


Qu’est-ce que tu as comme emm… Ennuis toi ? Une crampe aux épaules de temps à autre ?


Des plumes perdues ?


Tu as peur de te faire un lumbago en récupérant ton plumage déchu sous un lit ? Je me suis abstenue d’évoquer un plumard tu le remarqueras.


Tu pétoches qu’un autre Henri rétablisse la poule au pot du Dimanche ? Tu flippes pour tes abattis ?


Souvent je t’imaginais à mes côtés. Une douce lumière m’accompagnant sur le chemin de la vie. Les nuits, je te voyais penché sur mon petit lit d’enfant. Les lueurs de la lune se mêlaient à la blondeur de tes longs cheveux décoiffés. Tes grands yeux bleus lumineux, veillaient sur mon sommeil. Tes immenses ailes immaculées, déployées au-dessus de moi, me protégeaient du monde. Mon garde divin couvant sa protégée avec une attention bienveillante.


Non mais quelle conne je suis !


Tu n’as même pas été fichu de m’empêcher de manger ces saloperies de groseilles qui m’ont filé la diarrhée du siècle quand j’avais douze ans.


Et si tu as réellement passé quelques nuits à m’observer, c’était certainement sur le tard et uniquement dans le but de te rincer l’œil, puisque je dors à poil !


Nom d’un p’tit bonhomme ! Ton ramage ne ressemble décidément pas à ton plumage. Et comme Phénix tu n’as pas la carrure.


Est-ce ma faute si tu n’as pas de sexe ?


Crois bien que, réveillée en pleine nuit et face à ta divine présence, je serais prête à partager ma couette et à t’ouvrir mes bras.


Oh ce n’est pas ce que tu crois goujat ! Ce ne serait pas par égoïsme ou pour négocier ta divine attention. Tu me prends pour qui ?


Une certaine curiosité certes, mais aucunement une tentative de t’amadouer.


Parce que pour ce que j’en sais, vous seriez plutôt mignons, vous autres. D’abord, n’en déplaise à certains, vous êtes des soldats. Et un guerrier se doit d’entretenir plaquette de chocolat et biscotos affutés. Et n’oublions pas les très répandues expressions, un visage d’ange, un air angélique, et des cheveux d’ange. Des images qui font rêvasser les femmes.


Nous pourrions faire quelques passes d’armes pour que tu restes dans une forme physique acceptable. Tu m’enseignerais l’art du glaive et je t’initierais au Kenjutsu. Tu me montrerais ton épée et je te ferais toucher mon katana. Nous pourrions également mêler nos souffles dans des luttes à mains nues interminables. Et angélique ou pas, tu pourrais bien perdre ton souffle avant moi. Ça, c’est pour le côté libido. Je t’expliquerai le mot si tu y tiens.


Mais une femme reste une femme. Une patience d’ange, une douceur d’ange, être aux anges. Ça donne, plus encore, envie de vous connaître, d’en savoir plus sur votre part divine. Alors oui, je serais ravie de partager beaucoup de choses avec toi.


Tu me prendrais dans tes bras et nous planerions des heures au-dessus des côtes bretonnes. Je t’apprendrai à faire du vélo. Tu m’éclairerais sur les mystères de la Genèse. Je te dévoilerais les secrets du CAC 40. Et si tu y tiens vraiment, je serais prête à t’accompagner à la messe du Dimanche. En retour, et j’en suis désolée, nous déjeunerions chez ma chère mère. Ton chef lui aussi a dû porter sa croix alors tu me feras le plaisir de faire cet effort.


Si tu t’intéressais un tant soit peu à ton boulot, qui est de jeter un œil sur nous, sur moi en l’occurrence, tu découvrirais tant de choses.


Tu saurais que tout un tas de petits gadgets sympathiques existent. Il suffirait que tu me plaises assez, que tu sois attentif et protecteur et je pourrais facilement me passer d’un pénis. Qu’il soit angélique ou pas. Tu paierais les piles évidemment.


Maintenant… C’est à toi de décider. Tu peux m’ignorer. Tu peux également te pencher sur moi.


Oseras-tu ?


Auras-tu le courage nécessaire pour prendre la plume et me répondre ?


Oui bon, je ne voulais pas te froisser. Garde tes ailes intactes et envoie-moi un mail.


Juliette