| n° 23034 | Fiche technique | 7217 caractères | 7217 1324 Temps de lecture estimé : 6 mn |
04/05/25 |
| Présentation: On ne devrait pas discuter avec un verre de marc dans le nez. | ||||
Résumé: Un artisan sur un chantier, demande un seau à la femme de son client. | ||||
Critères: #humour #érotisme #travail fh | ||||
| Auteur : plume Envoi mini-message | ||||
Je ressors de la maison. Finalement, on s’est arrangé pour les travaux. Faut que j’appelle le magasin pour qu’il livre une rallonge de gaine de 50. Gérard va prendre du retard pour monter le tube, mais c’était prévisible avec ce chantier mal goupillé.
J’aurais pas dû prendre un marc au resto tout à l’heure. Je risque pas l’accident, mais je vois bien, moi qui suis plutôt réservé d’habitude, qu’à ma façon de parler tout à l’heure avec le client que je frise le taux limite.
Je descends les marches. Devant moi, il y a la maîtresse de maison qui fignole ses plantations de printemps. En tee-shirt et en short un peu fatigués.
Je l’ai déjà croisée, car ce n’est pas la première fois que je viens sur ce chantier qui n’en finit plus. Mais le donneur d’ordre, c’est le mari, un peu casse-couille, un peu je change tout le temps d’avis, finalement la clim, faut la mettre là et, ah bah, non plutôt là…
Donc la petite dame, je ne lui parle pas trop, mais quand je la vois, c’est ma petite joie : quand j’arrive, voir ses jolies formes et ses taches de rousseur me rend zen avant de discuter avec le conjoint, et quand je pars, croiser son regard me réconcilie avec le genre humain.
Je me fais peut-être des illusions, mais j’ai l’impression qu’elle s’est rendu compte qu’elle me fait plus d’effet qu’un verre de Perrier menthe : à chaque croisement de regards, son sourire me fait passer en mode pleins phares.
En temps normal, je reste raisonnable : flirter avec les femmes des clients c’est pas bon pour l’artisanat : dans le pire des cas on se prend des coups, dans le meilleur on doit accorder une ristourne. Mais là, je suis passé directement en sortant du resto, un routier qui te fait un coq au vin à se damner. Et qui t’offre, à l’ancienne, le digestif pour faire passer tout ça : un marc de Bourgogne cuvée spéciale.
Le marc de Bourgogne, c’est un peu sournois. Ça tape pas tout de suite, mais quand tu penses qu’il t’a juste aidé à digérer, il se rappelle à toi pour te faire faire des trucs que tu vas regretter.
Et tu te retrouves, en haut du perron, à mater une jolie rousse accroupie dans ses semis.
Elle se redresse, elle a dû sentir ma présence. Par la porte ouverte, on entend son mari qui discute avec Gérard. Face à moi, même dans son tee-shirt trop large, son short trop ample, ses gants de jardinage, son plantoir à la main, j’ai l’impression de voir un Botticelli.
Elle me regarde, je la fixe. Puis je ne sais pourquoi, enfin si le marc de Bourgogne, je me rapproche et lui demande :
C’est idiot, j’en n’ai nul besoin, vu que je suis censé retourner au bureau, mais je n’ai pas trouvé mieux. Elle me dit :
J’ai pas pris de risque : un sabre laser, elle aurait dit non, mais un seau ? C’est assez courant dans une maison avec jardin.
Je la suis, on passe le coin de la façade. Il y a une pile de bois. De quoi alimenter trois quatre cheminées tout l’hiver. À côté, parmi un bric-à-brac de maison en travaux, un superbe seau métallique.
Ben oui ça me va, vu que la seule utilité, c’est de la voir plus longtemps.
Maintenant on est derrière la maison. On entend toujours la voix du mari qui cause avec Gérard, mais ce n’est plus compréhensible. On arrive devant l’autre seau.
C’est vrai qu’il est plus beau que le premier : un rouge flashy avec des étoiles pailletées, on se demande pourquoi les paillettes.
Dommage, il y a des galets dedans. Ma guide se penche pour le vider. Son short se tend sur ses formes. Poli, je m’accroupis aussi. Mon short aussi se colle à mon anatomie. Là, ça commence à se voir un peu quand même.
Je bégaie deux trois trucs pas clairs, me relève, elle de même.
On se retrouve face à face, moi l’air faraud, elle le sourire aux lèvres, une mèche en travers du front qu’elle écarte de sa main.
Je deviens comme le seau, tout rouge avec des paillettes dans les yeux…
Le temps prend son temps, mais faudrait pas abuser. Le marc me donne le courage de risquer de prendre, à défaut d’un seau, un râteau.
J’enjambe le récipient, elle se recule et s’appuie contre la paroi. Elle a toujours son sourire aux lèvres, mais aussi son plantoir à la main.
C’est assez risqué si j’ai mal évalué la situation.
J’appuie mes lèvres sur les siennes. Elles ont goût de fraise. Naturel ou consécutif à un baume, on s’en fout, j’adore. Elles semblent apprécier le goût cassis des miennes car elles s’entrouvrent pour un baiser torridement fruité.
Mes mains, foutu marc, se glissent sous son tee-shirt. Mon nez s’enfouit dans son cou, elle sent super bon, un parfum citronné mêlé de transpiration toute fraîche.
Mes doigts se sont humidifiés au contact de ses aisselles et viennent se sécher sur la dentelle de son soutien-gorge. Et c’est tout doux tout ça.
On se frotte l’un contre l’autre : finalement vive la Bourgogne et son marc !
Je descends mes mains sur son short. Elles passent la barrière un peu molle de la ceinture et se faufilent dans sa culotte. J’empoigne ses fesses et la plaque contre moi, tandis que je retrouve sa bouche. Je sens sa main droite qui se faufile entre nous et glisse sous ma chemise.
La toile du gant me gratte un peu.
Bizarrement, de sa main gauche, elle tient toujours le plantoir. On va finir par se blesser.
Mes mains à moi ont fait le tour de la ceinture et se retrouvent à titiller le petit nœud de ses dentelles puis s’aventurent plus bas dans une douce vallée raisonnablement velue et moins raisonnablement humide.
Le toucher, foutu marc, ne me suffit plus, j’ai des envies d’images. Alors je m’assois sur le seau, et tire sur les côtés du short. Je confirme : face à mon visage, je vois bien le petit nœud mauve de sa culotte.
La dentelle a pris un coup de chaud et semble transpirer d’une liqueur blanchâtre.
J’ai envie de la comparer au marc. J’écarte le tissu et tète de la langue. C’est pas comme le cassis, mais c’est autrement plus goûtu… et puis la patronne n’hésite pas à remettre sa tournée… alors on s’en remet encore et encore… même si c’est pas évident car là, contrairement aux habitudes, ce n’est pas le buveur qui chambille 1, mais le charmant verre (à pied) qui oscille et vient chercher ma bouche.
La situation est plutôt inconfortable : j’ai le cul sur des galets, mon visage vissé entre ses jambes qui ne peuvent s’écarter car retenues aux chevilles par le short. Et faut rajouter le stress avec le mari qui cause de l’autre côté du mur. C’est sûrement un chasseur : il y a un flingot au dessus du buffet du salon. Mais que voulez-vous, j’ai jamais pu résister à une petite goutte après un repas…
Je ne vous raconterai pas la fin de la séance, il faut savoir rester gentleman. Je peux juste vous dire que le fusil est resté accroché et que je n’ai pas fait de ristourne.
Le plantoir qu’elle avait en main ?
Ah oui : elle a fini par le lâcher. Et on a même trouvé une utilité à son manche arrondi…
En rentrant au bureau, j’ai eu Gérard au téléphone : le mari est content de notre travail et il envisage l’installation d’une piscine. Je vais devoir repasser pour les mesures, mais j’irai le matin… ou peut-être après le repas, j’hésite encore…
PS : N’oubliez pas : L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
1. ↑ chambiller : chanceler (patois bourguignon)