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n° 23031Fiche technique8826 caractères8826
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Temps de lecture estimé : 6 mn
03/05/25
Résumé:  Un réveil trouble, une femme envoûtante, un piège qui se referme. Mémoire brisée, désir et danger s’entrelacent… Jusqu’où ira la vérité ?
Critères:  #exercice #psychologie #drame #nonérotique #policier
Auteur : L'artiste  (L’artiste)      Envoi mini-message

Concours : Conspirations et manigances
Mémoire Interdite

Un battement sourd. Régulier. Il inspire profondément… Linge propre. Bois ciré. Et une note plus capiteuse, féminine. Un étau sur sa poitrine.


Il ouvre enfin les yeux. Un clignement. Un autre. Flou. Des ombres mouvantes. Un plafond immaculé. Une chambre qui ne lui dit rien.


Et surtout… une présence. D’abord, une chaleur, puis une respiration. Les draps glissent légèrement, dévoilant une épaule nue et dorée. Le corps reste à moitié dissimulé sous le satin, mais les courbes semblent parfaites, la cambrure est délicieuse. Des cheveux sombres s’étalent sur l’oreiller, le visage est détendu, paisible, malgré un sourire troublant, amusé et satisfait.



La nuit passée, qui elle est, ce qu’il fout ici : tout s’est effacé. Son regard balaie la chambre. Une bouteille de champagne. Deux coupes, l’une d’elles est renversée. Des escarpins. Un talon brisé. Une chemise froissée.


Alors qu’une migraine s’installe, des images floues et des sensations furtives le hantent. Un soupir. Une étreinte. Un corps pressé contre un autre. Une éclaboussure rouge.


Il serre les dents, pris de nausées.


Bordel !


Se redressant d’un bond, il se lève et enfile un pantalon. Sa tête vrille. Un vertige. Violent. Il vacille, manque de retomber sur le matelas.


Elle rit doucement.


Il fixe la femme étendue dans son lit, la gorge sèche, alors que son cœur bat plus vite qu’il ne le voudrait.



Silencieuse, elle s’étire langoureusement. Les draps glissent un peu plus, dévoilant un sein. Ses doigts, caressants, traînent sur son ventre nu.



Il fronce les sourcils.



Ses yeux inspectent à nouveau la chambre, cherchant un indice. Mais rien. Sauf cette odeur entêtante, et cette femme, trop sûre d’elle.


La respiration saccadée, il passe une main nerveuse dans ses cheveux.


De nouvelles ombres dans son esprit. Une pression sur des poignets. Une chaleur oppressante. Des gémissements étouffés. Mais tout se dérobe dès qu’il tente de se concentrer. Ce vide l’effraie.


Puis… Une sensation. Intense. Des ongles traçant des stries écarlates sur un dos. Un murmure. Une nuque offerte à des baisers voraces. Un mélange troublant de vanille et de cendres froides. Une étreinte envoûtante. Un râle… Grave. Arraché. Un mouvement lent. Hypnotique. Un regard possessif… Une lutte. Un piège. Savoureux.


Il s’est débattu. Vraiment ? Ou juste assez pour prolonger cette délicieuse torture ?


Son désir pulse encore, mais il ne sait plus. Ce qui est certain, c’est que ce n’était pas une nuit comme les autres. Ce n’était pas que du sexe. C’était autre chose. Quelque chose de bestial. De viscéral. Un exutoire.


Un malaise s’installe et son ventre se contracte.


Séductrice, elle penche la tête.



Il inspire profondément et lutte pour garder son calme.



Elle se redresse. Il remarque alors de légères égratignures sur ses épaules et le long de son dos.



Sa voix est douce, mais quelque chose ne colle pas. Elle se lève, indécente. Elle est sublime.


Après avoir fait le tour du lit, elle s’avance vers lui, pieds nus sur le tapis. Elle ne cligne presque pas des yeux. Un fauve qui traque. Ethan ne recule pas. Quand elle le rejoint, elle effleure son torse du bout des doigts, puis descend le long de son ventre jusqu’à sa ceinture. Elle s’y attarde, ses doigts jouent avec le cuir usé.



Ses nerfs s’embrasent, il devrait céder. Son corps le pousse à abandonner, mais son cerveau s’accroche à l’incohérence. Caressant son bras, il remonte jusqu’à son épaule, parcourt une griffure. Elle frémit.



Elle embrasse son cou. Son torse. Sa ceinture est débouclée.



Ethan avale sa salive.


Elle impose les règles, le trouble un peu plus à chaque geste.


Une main glisse dans son caleçon. Il se crispe.


Elle attend qu’il flanche, qu’il abandonne cette lutte absurde… Son corps le réclame : la raideur gorgée de sang qu’elle tient maintenant tendrement en atteste.


Mais Ethan serre les dents. Il doit reprendre le contrôle. Il le faut.


Il se libère de son emprise. Intriguée, elle hausse un sourcil. Son expression est une provocation qui lui donne envie de la plaquer contre le mur et de la satisfaire à grands coups de bassin. Mais il tient bon.



Se collant un peu plus à lui, ses hanches nues épousent les siennes. Ethan se penche, lentement, et sa bouche frôle ses lèvres. Juste assez pour lui faire croire qu’elle a gagné.


Puis il recule. D’un pas. Puis deux.


Un long silence.


Mortel.


Qui s’étire, pesant.


Son cœur rate un battement. Un détail incongru. Un reflet furtif sur la moquette. Une lame. Posée. Presque oubliée.


Dans la poche de son pantalon, son téléphone vibre. Quatorze appels manqués. Un mauvais pressentiment.


Un message vocal. Son doigt tremble légèrement lorsqu’il appuie sur lecture.


Ce soir, il ne restera que nous.



Elle s’en amuse.



Quelque chose a changé, elle affiche maintenant un sourire carnassier.



Un silence. Lourd.


Son cerveau est en feu.


Elle s’éloigne et enfile une robe noire – une tenue classe, soignée – puis se retourne.



S’approchant lentement, prête à l’engloutir, elle l’attrape et le tire contre elle.


Une chaleur oppressante, troublante.


Elle l’embrasse. Brutalement. Férocement. Un baiser qui explose dans ses veines comme une déflagration. Sa langue s’enroule à la sienne, exigeante, affamée.


Il trouve la cambrure de ses reins. Elle presse son corps contre le sien dans un contact brûlant.



Il la repousse encore. Plus franchement, cette fois.



Dans la voix féminine, un frisson d’inquiétude. Infime, mais bien présent.


Une brèche. Un coup de poignard. La chair qui se déchire. Rouge. Vive. Une réminiscence, un souvenir brisé. Un souffle s’éteignant. Un autre haletant. Le sien ? Le sien. Il ne voulait pas voir ça, mais le tiroir s’entrouvre.


Il avance.


Elle hésite.



Une pause. Il savoure.



Pour la première fois, elle doute. Une onde glacée lui remonte l’échine.



Elle ouvre la bouche, il pose un doigt sur ses lèvres.


Les sirènes hurlent dehors.



Il la sonde un instant – elle est figée – puis il reprend :



Ses doigts effleurent son cou.



Lucie vacille.


Ethan ne sourit plus.


Tout est clair, à présent. Sa main sur une gorge, un couteau dans l’autre. Une déchirure dans la nuit. Un cri. Fort au début, puis se mourant. Le goût du sang dans sa bouche.


Sa complice patientait dans cette chambre d’hôtel alors que lui supprimait sa femme. Elle pensait le manipuler. L’amener à tuer. Faire fortune. Mais il héritera seul.


Les preuves incriminant Lucie : disséminées partout. Ses traces à lui : effacées.


Une chaleur acide lui monte à la gorge. Tout est là. Sous sa peau, un frisson d’exaltation rampe, discret, insidieux. Il inspire, lentement, savourant l’instant.


Elle recule d’un pas. Juste un. Elle comprend enfin et cherche une issue.



Le souffle de Lucie s’accélère. Son regard s’assombrit.



Son murmure n’a plus rien d’un défi. Le masque brisé, l’assurance s’effondre.


La porte est défoncée avec fracas.


Elle sursaute. Les sirènes transpercent l’air.



Un moment en suspens.



Les uniformes envahissent la pièce, et les agrippent. Ils ne se débattent pas.


Plaqué au sol, Ethan l’observe. Un dernier adieu.


Le verre brisé sur la moquette reflète l’aube naissante. Une vérité tranchante. Irréversible.