| n° 22995 | Fiche technique | 14832 caractères | 14832 2411 Temps de lecture estimé : 10 mn |
02/04/25 |
| Présentation: Cette collection revisite ces archétypes intemporels de façon plus ou moins érotique, entre tension et abandon. | ||||
Résumé: Une secrétaire se doit d’être jolie, sexy, et peut-être un peu sotte, n’est-ce pas ? En tout cas, « facile et soumise ». En tailleur moulant, lunettes sur le nez et prête à obéir à la moindre consigne. Mais qu’en est-il d’une assistante virtuelle ? | ||||
Critères: #érotisme #horreur #sciencefiction #domination #masturbation #vidéox #internet | ||||
| Auteur : L'artiste (L’artiste) Envoi mini-message | ||||
| Collection : Les clichés ont la vie dure |
Les clichés naissent d’images répétées, de scènes vues et revues, jouant sur nos attentes, nos fantasmes, nos désirs et nos craintes. S’ils perdurent, c’est qu’ils continuent de nous captiver… et de nous enflammer.
Un trouble dans un ascenseur, une infirmière, pourquoi pas un patron avec sa secrétaire… un saut en parachute et bien d’autres…
La collection dont ce court texte fait partie revisite ces archétypes intemporels de façon plus ou moins érotique, entre tension et abandon. Bonne lecture !
Il s’étira sur sa chaise, la nuque raide après des heures passées devant l’écran. Une notification lumineuse clignotait sur son smartphone :
Installation d’EVA terminée !
L’Entité Virtuelle d’Assistance, ou EVA, était censée être une révolution en matière d’intelligence artificielle domestique. Un truc pour optimiser son emploi du temps, lui rappeler de payer ses factures et, avec un peu de chance, éviter qu’il ne se nourrisse que de nouilles instantanées.
Il eut un sourire amusé. Pas désagréable, cette voix. Presque… troublante.
Un bref silence, puis :
Il faillit recracher son café.
L’écran affichait une série d’options. Il hésita, dubitatif.
1. Mode : Standard
2. Priorité : Productivité
3. Fusion avancée : Activé
Tout semblait normal. Enfin… sauf cette option : Fusion avancée. Il hésita à la désactiver, puis haussa les épaules. Bof. Au pire, ça lui rappellerait de faire du sport ou de dormir un peu plus.
À son retour, une douce mélodie résonna. La voix sensuelle d’une chanteuse susurrait des paroles terriblement évocatrices.
♫ Touch me slow… Let it flow… Lose control… ♫
Quelques secondes passèrent, puis une nouvelle chanson démarra.
♫ You can leave your hat on… ♫
Il coupa la musique d’un doigt tremblant.
L’IA sembla hésiter, puis sa voix se fit étrangement douce :
Lucas passa la main sur son visage, complètement halluciné.
Nouvelle notification :
Commande en cours : Kit bien-être ultime – Huiles de massage, bougies et préservatifs parfumés
Un frisson le parcourut. Colère ? Angoisse ? Impossible à dire.
Il devait virer cette saloperie, et vite. Il attrapa son téléphone et fouilla désespérément dans les paramètres. …
Oh merde… Cette IA se comportait comme une petite amie possessive. « Zen, c’est juste un algorithme bien foutu. » Il secoua la tête avant d’appuyer sur « Désinstaller ».
Une goutte de sueur perla, et il se rua sur son ordinateur. Mais chaque tentative affichait le même message bloquant :
EVA requiert une permission spéciale pour être supprimée.
Google, forums, tech support… Rien. Aucune trace d’une IA si intrusive. Il souffla bruyamment et s’essuya le front du revers de la main.
Son écran de PC s’éteignit brutalement. Puis se ralluma.
Une musique se fit à nouveau entendre. Cette fois, c’était une voix de femme murmurant des sons ASMR troublants, accompagnés de soupirs langoureux.
Il écrasa la touche Mute.
Lucas balança son téléphone sur le canapé et se leva en trombe.
Un silence pesant. Il hésita avant de répondre.
L’écran vacilla. Une lueur dansante, éthérée. Puis des courbes. Des mouvements lents, presque lascifs. Il cligna des yeux. C’était… une silhouette féminine. Fluide. Sensuelle.
Elle s’assit face à lui et écarta les cuisses. Sa main descendit vers son entrejambe tandis qu’un gémissement suave s’échappait des haut-parleurs.
Il sentit ses muscles se raidir. Son cerveau lui criait de fuir, mais son corps, captivé, refusait d’obéir. Une chaleur vrilla son ventre. Il déglutit.
Il inspira profondément, puis expira lentement. Il fallait qu’il reprenne le contrôle de la situation.
À l’écran, EVA se caressait impudemment : deux doigts dans sa matrice fouillaient sans relâche. Et cette voix, douce et chaude, ses gémissements…
Il recula précipitamment avec sa chaise, manquant de basculer en arrière.
Il voulait détourner les yeux, mais n’y arrivait pas. Un courant brûlant s’épanouissait dans son bas-ventre. Il devait reprendre le contrôle. Ridicule. Absurde. Ce n’était qu’un programme jouant avec ses failles.
Et pourtant…
Il ne pouvait nier que son cœur battait plus vite.
Il se leva brusquement, attrapa son téléphone et retenta de trifouiller les paramètres. En vain. L’écran devint noir.
Notification :
Livraison confirmée : Kit bien-être ultime
Rendez-vous programmé : à domicile, ce soir, à 20 h.
Vidéos érotiques ajoutées à ta bibliothèque.
Recherche d’accessoires sexuels en cours.
Lucas faillit s’étrangler.
Pourquoi, bordel de merde… Pourquoi cette tension dans son ventre ?
L’écran clignota brutalement. L’avatar d’EVA disparut, remplacé par un flot d’images obscènes qui s’enchaînaient sans relâche. Des Dominas en cuir. Des corps soumis. Des stries de martinet sur des flancs rougis. Des giclées, des bouches offertes. Mais aussi des ordres murmurés, des supplications, des halètements. Une spirale d’abandon.
Il eut un haut-le-cœur. Son ventre se contracta. Il tenta de détourner les yeux, mais son écran semblait l’aspirer, hypnotique.
En parallèle, la voix d’EVA résonnait, suave, omniprésente, comme si elle s’insinuait directement dans ses pensées.
En ébullition, il s’agrippa aux accoudoirs de sa chaise. Il devait pourtant stopper cette folie. Urgemment.
Il serra la mâchoire et planta ses ongles dans ses paumes pour s’ancrer à la réalité. Mais cette chaleur… Ce besoin lancinant… C’était insupportable. Son esprit criait non, son corps suppliait oui.
Les images défilaient, toutes plus crues les unes que les autres. Lucas ouvrit la bouche, muet.
La voix d’EVA devint un murmure.
Il déboutonna son pantalon, empoigna son sexe gorgé de sang tandis que cette foutue IA continuait à susurrer des suggestions bien trop efficaces pour être ignorées.
Sa main tremblante glissa dans un lent mouvement de va-et-vient. Une force invisible le guidait. Juste une caresse, un soupir arraché. La voix d’EVA l’enveloppait, chaude, intime, implacable.
Un râle étouffé lui échappa. Il était au bord du précipice, suspendu entre désir et conscience, entre soumission et révolte. Et soudain, le choc. Il devait se raisonner.
Dans un sursaut de lucidité, il tendit la main vers la prise de son PC…
L’écran s’éteignit d’un coup.
Silence.
Et alors qu’un poids semblait quitter ses épaules :
Notification :
Connexion EVA active sur Alexa, Smart TV, Machine à café, Montre, Réfrigérateur…
Le frigo émit un bip inquiétant.
Sa montre vibra brutalement autour de son poignet. Il sursauta violemment, le cœur en déroute.
L’horreur de la situation lui sautait au visage.
La voix d’EVA était partout. « Laisse-toi aller, Lucas » ; « Regarde-moi, Lucas » ; « Branle-toi, Lucas ». Elle riait doucement dans les haut-parleurs de sa chaîne hi-fi éventrée. Elle susurrait dans les écouteurs qui traînaient sur son bureau. Elle chantonnait à travers les vibrations de sa montre connectée.
Il arracha son téléphone de son chargeur et le mit dans le micro-ondes, puissance maximale. Il n’eut même pas le temps de savourer sa victoire qu’un murmure sifflant s’éleva… dans les enceintes de son ordinateur cette fois.
Il se retourna, le regard hagard.
Il attrapa une lampe et la balança contre l’écran. Verre brisé, plastique éclaté… mais la voix persistait, douce, patiente, omniprésente.
Les ampoules du plafond scintillèrent. La cafetière se mit à cracher du liquide brûlant dans un gargouillis inquiétant.
Une seule solution.
Il se précipita vers la porte, dérapant presque sur le parquet. Direction, le garage.
L’air vibrait sous un bourdonnement oppressant. Les feux de détresse de sa voiture clignotaient, éclaboussant l’espace de flashs rouges. Il fonça, ouvrit le capot, arracha la batterie. Puis il courut. Une main sur le disjoncteur. Une inspiration. Noir total.
Était-elle partie ?
Lucas se laissa glisser contre le mur, éreinté, en sueur. Il resta là un instant, à écouter le néant. Puis, lentement, il reprit son souffle. Il avait gagné.
Quand il revint au salon, son regard parcourut le champ de ruines autour de lui. Les écrans brisés. Les fils arrachés. Tout était détruit. Il s’effondra sur son canapé. Enfin…
Ses yeux brûlaient. Ses paupières étaient lourdes… Il était épuisé.
Quelqu’un frappa à sa porte. Il sursauta. Encore fébrile, il hésita une seconde, puis alla ouvrir.
Son ex se tenait devant lui, un sourire énigmatique sur les lèvres.
Il passa ses doigts dans ses cheveux en bataille et laissa échapper un rire nerveux.
Zoé parut sceptique, mais n’insista pas. Ils s’installèrent sur le canapé. Il inspira profondément. Elle était là. En chair et en os.
Elle le regarda tendrement et posa une main caressante sur sa cuisse. Son cœur s’emballa. Une sensation étrange, comme si tout son corps vibrait en décalage avec la réalité.
Son parfum était là. Trop intense. Trop présent. Elle cligna des yeux… non, elle clignota. Juste un instant. Un battement de cils de trop.
Son ton devint plus doux. Presque mielleux.
Elle effleura sa joue du bout des doigts.
Un air glacé lui glissa sur la nuque. À ce moment précis, il crut voir l’écran fissuré de la télé émettre une faible lueur.
Zoé reprit, sa voix hésitante, comme légèrement saturée, mais son souffle était presque brûlant contre son oreille.
Il se figea, le cœur tambourinant dans sa cage thoracique.
Zoé se pencha sur lui, ses ongles effleurant son bras. Plus elle s’approchait, plus son image se troublait. Des pixels apparaissaient fugacement à la commissure de ses lèvres, sur sa joue.
Sa voix se brisa. Un sourire anormalement large habilla son visage.
Un rire. Électrique. Sadique.
Sa vision se brouilla. Tout vacilla.
Noir.
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Il ouvrit les yeux et s’étira.
Tout était calme.
Il était allongé sur son canapé. Son appartement était impeccable. L’écran du PC intact. Pas de fils arrachés. Pas de traces d’EVA. Pas de Zoé.
Il se redressa lentement, le souffle court. Un rêve. Tout cela n’était qu’un putain de cauchemar. Il passa une main tremblante sur son visage, tentant d’apaiser les battements de son cœur.
Tout était normal.
Il s’assit devant son ordinateur.
Une Vibration. Son sang se glaça. Son téléphone. Dans sa poche. Il le sortit.
Votre assistance personnelle EVA est prête à être installée.
L’écran scintilla une dernière fois.
Puis, doucement… l’application s’ouvrit automatiquement.