| n° 22931 | Fiche technique | 11671 caractères | 11671 1957 Temps de lecture estimé : 8 mn |
19/02/25 |
| Présentation: Cette collection revisite ces archétypes intemporels de façon plus ou moins érotique, entre tension et abandon. | ||||
Résumé: Emma reçoit un cadeau peu commun : un saut en parachute. | ||||
Critères: #exercice #humour #érotisme #initiation #volupté #rencontre #occasion #lesbienne #lieudeloisir | ||||
| Auteur : L'artiste (L’artiste) Envoi mini-message | ||||
| Collection : Les clichés ont la vie dure |
Les clichés naissent d’images répétées, de scènes vues et revues, jouant sur nos attentes, nos fantasmes, nos désirs et nos craintes. S’ils perdurent, c’est qu’ils continuent de nous captiver… et de nous enflammer.
Un trouble dans un ascenseur, une infirmière, pourquoi pas un patron avec sa secrétaire… un saut en parachute et bien d’autres…
La collection dont ce court texte fait partie revisite ces archétypes intemporels de façon plus ou moins érotique, entre tension et abandon. Bonne lecture !
Emma serre le bon cadeau que lui ont offert ses amis pour son anniversaire.
Saut en parachute avec instructeur – Une expérience inoubliable !
« Inoubliable, sûrement. Une idée à la con… oui ! Qu’est-ce qui leur a pris de me programmer un truc pareil ? » pense-t-elle en fixant le hangar où elle est censée rencontrer la personne qui lui fera vivre, paraît-il, la plus forte montée d’adrénaline de son existence.
Un type en combinaison traverse la cour, un parachute mal plié sous le bras. Plus loin, un avion décolle dans un vrombissement assourdissant.
Emma ravale sa salive.
« OK. Tout va bien. Juste… sauter en plein vol à 4000 mètres d’altitude. Facile, quoi ! »
Une grande inspiration, et elle pousse la porte.
Trois mecs en combi et une femme penchée sur des harnais se retournent pour la fixer.
La femme se redresse. Une cascade de cheveux bruns, encadrant un visage aux traits délicats. Une silhouette séduisante, un regard perçant, un sourire ravageur.
Emma reste sous le charme quelques secondes, puis hoche la tête, incapable de détourner les yeux pour autant. Elle pensait être prise en charge par un homme, un type bourru qui lui balancerait des blagues viriles pour détendre l’atmosphère.
Un silence.
L’instructrice croise les bras, une étincelle de défi dans le regard.
Un air taquin. Et après un court moment d’hésitation, Julie reprend :
Emma ouvre la bouche, mais rien ne sort. Ses joues sont en feu et elle ne sait plus très bien qui de Julie ou du saut lui provoquera en premier un infarctus.
L’instructrice sourit, et il y a dans ce sourire quelque chose de plus qu’un simple amusement.
L’altimètre bipe.
L’air s’engouffre violemment dans la cabine alors que l’écoutille de largage s’ouvre. Emma sent le stress peser sur son estomac. Sa gorge se noue.
Julie, sanglée contre son dos, perçoit immédiatement son inconfort. Elle se penche légèrement pour lui parler.
Emma blêmit.
Son instructrice fait mine d’y réfléchir une seconde, puis murmure :
Emma inspire profondément, puis baisse les yeux. Grossière erreur.
Julie rit, puis resserre légèrement les sangles des harnais avant de raffermir sa prise autour de la femme dont elle est responsable.
Emma sent tout. Le torse de son instructrice qui épouse son dos. Ses bras qui l’enlacent. Son pubis contre ses fesses. Une chaleur diffuse l’envahit. Elle secoue la tête « C’est pas le moment », et essaie de se concentrer.
Julie hésite. Son regard glisse sur elle, un peu trop lentement.
Emma se fige. Sa respiration est coupée.
Et elles basculent dans le vide.
Le cri d’Emma est immédiatement avalé par le vent. L’air lui lacère le visage. Bras et jambes en croix, elles planent, dans une chute vertigineuse.
Et puis, soudain…
Des bras se referment autour d’elle. Le droit enserre sa taille. Le gauche… L’instinct de l’instructrice, sans doute, pour la stabiliser. Mais… mais sa main est sur son sein. Pas de manière intrusive, pas de façon intentionnelle… Non, mais bien là.
Emma sent un choc électrique la traverser. Son cerveau court-circuite.
« Que… quoi ? »
Elle ne sait même pas si son binôme en a conscience. Elle devrait s’y soustraire, mais chaque mouvement est chaotique.
Et puis, le veut-elle vraiment ?
Là, dans l’intensité du moment, son cœur bat plus fort. De peur ou… ?
Elle se mord la lèvre.
« C’est juste le stress.
Rien d’autre.
Rien… »
Le parachute s’ouvre.
Tout ralentit.
L’air est plus doux. Le silence est assourdissant après le tumulte passé.
Emma prend une profonde inspiration. Et elle réalise. Elle est dans les bras de Julie. Collée. Serrée. Suspendue dans le vide avec elle.
Elle ressent sa respiration contre son cou, son torse contre son dos, ses jambes qui emprisonnent les siennes.
Et puis… Et puis sa main.
Encore là.
Emma frissonne.
Une chaleur infernale monte aux joues d’Emma.
Julie ne termine pas sa phrase. Mais ne bouge pas non plus. Emma ferme les yeux une seconde, submergée par un tourbillon d’émotions.
Ressent-elle la même chose ?
Elle ne sait pas.
Emma inspire à pleins poumons. Elle perçoit le sourire de son instructrice contre son oreille, et elle se sent bien. Trop bien.
Elle ne répond pas tout de suite. Puis, dans un souffle presque inaudible :
Le sang d’Emma se fige.
« Elle vient vraiment de dire ça ? »
C’est un jeu. Une taquinerie. Ou peut-être pas. Elle n’a en fait aucune idée de ce qu’elle pense réellement.
Mais elle espère.
Oui, elle espère tellement.
Les deux femmes touchent enfin terre et exécutent un roulé-boulé approximatif. Le souffle court, les jambes tremblantes, Emma s’attendait à une chute plus brutale, mais au lieu de ça… elle rit.
Un rire nerveux, incontrôlable, un cri d’exaltation qui lui échappe malgré elle.
Elle est vivante.
Elle a survécu.
Emma serre les poings, vibrante d’excitation.
Emma inspire profondément, l’air frais envahit sa poitrine. Chaque cellule de son être est en feu, vivante, avide de ce trop-plein de sensations. Mais alors que l’euphorie retombe, un détail la titille. Elle plisse les yeux.
Leurs regards se croisent, les visages se rapprochent, lentement. Trop lentement. Leurs lèvres ne sont qu’à quelques millimètres.
Julie esquisse une moue candide, feignant l’innocence, sans pour autant bouger d’un pouce.
Un éclat espiègle dans les yeux, Julie sourit, et entreprend finalement de les libérer de leurs entraves.
Emma, toujours allongée, la fixe, troublée et amusée. Une chose est sûre : le saut n’a pas été la seule montée d’adrénaline de sa journée. Puis elle réalise un détail déroutant.
Julie regarde autour d’elle, l’air faussement innocent.
Emma chancelle.
Emma l’observe, dubitative.
Un silence flotte entre elles, suspendu. Puis elle reprend :
Julie s’approche doucement, un sourire aux lèvres.
Emma croise les bras, agacée.
Le regard brûlant, Julie effleure l’épaule de la jeune femme, son pouce frôlant à peine sa clavicule - Emma sent sa respiration ralentir -, puis se penche légèrement, réduisant encore l’espace entre elles avant de répondre, susurrant presque :
Il n’est plus l’heure de tergiverser. Emma attrape son instructrice par le col de sa combinaison, et, sans un mot, l’embrasse.
Un baiser d’abord hésitant, puis plus pressant, plus urgent.
Julie gémit doucement contre ses lèvres. Ses mains se posent sur la taille de sa complice, agrippent la fermeture à glissière de son baudrier.
Elle tire sur les attaches, le harnais échoue mollement dans l’herbe. Emma l’imite, la libérant de son propre équipement. Puis leurs doigts explorent, se faufilent sous les combinaisons, cherchent la chaleur de la peau.
Interrompant soudainement ce doux rapprochement, Julie hésite :
Julie baisse un instant les yeux, puis les relève, emplis de nervosité et de sincérité.
Emma reste sans voix quelques secondes, émue.
Leurs regards s’accrochent à nouveau, et Emma murmure, malicieuse :
Emma la pousse alors en arrière, jusqu’à ce qu’elles s’écroulent sur le tissu amassé au sol.
Et les rires s’estompent. Seuls restent les souffles, les gémissements étouffés, la brûlure du désir qui enfin se libère.