| n° 22917 | Fiche technique | 12335 caractères | 12335 2046 Temps de lecture estimé : 9 mn |
09/02/25 |
Résumé: Dernier épisode de la série qui voit les retrouvailles entre Constance de Valangiès et le lieutenant de Pont-Valin | ||||
Critères: #historique #libertinage hh fhh | ||||
| Auteur : Chuck Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : La bête du Gévaudan Chapitre 04 / 04 | FIN de la série |
Résumé des épisodes précédents :
Le lieutenant de Pont-Valin a été missionné en Gévaudan par le roi Louis XV pour traquer et neutraliser une bête qui sème la terreur dans la région. Il fait la connaissance de la jeune comtesse Constance de Valangiès avec qui il se découvre une passion commune pour le libertinage.
Suite du troisième épisode « Pont-Valin »
LA FUITE
Le lieutenant était arrivé au château de Valangiès, il y avait maintenant deux heures, en rentrant discrètement par une porte dérobée, comme le lui avait recommandé la comtesse dans sa dernière lettre. Il n’était pas, en effet, envisageable que le comte apprenne sa présence dans ses murs et il fallait bien entendu redoubler de prudence, ce que comprenait parfaitement le louvetier. Toutefois, en prenant connaissance de ces instructions, il avait enragé intérieurement, lui qui un mois plus tôt avait fait une arrivée triomphale au château.
En faisant route à cheval pour le château, le lieutenant de Pont-Valin avait beaucoup réfléchi à tous les évènements de ces derniers jours et notamment à sa rencontre avec la Bête. Dès le lendemain, avec ses chasseurs, sans leur donner de raisons précises, il avait ratissé toute l’étendue de terres autour de l’endroit où il s’était reposé avec Manon. Rien ! Il avait encore perdu toute une journée dans la traque de cet animal qui semblait se moquer de lui. Une humiliation de plus ! Aussitôt rentré dans son logis, il avait écrit à la comtesse pour accepter son invitation, car il avait besoin de laisser libre cours à ses penchants pour la débauche afin d’oublier ce cauchemar.
Maintenant il était ravi, même s’il n’en faisait pas état, car la comtesse l’avait accueilli chaleureusement ; il en était soulagé, lui qui s’attendait à une pluie de reproches.
Dans les appartements de la jeune femme, un magnifique festin avait été préparé. Installé à une extrémité de la table garnie de mets succulents et de vins fins, l’hédoniste louvetier s’en donnait à cœur joie, ayant déjà dévoré un gros jambonneau et s’attaquant maintenant voracement à une belle poularde. Portant un négligé de soie qui ne cachait rien de son corps magnifique, la comtesse de Valangiès, assise en face de lui, grignotait délicatement en trempant régulièrement ses lèvres dans un verre de vin du pays d’Oc. Tout en mangeant, Pont-Valin admirait une fois de plus son port de tête altier, son teint lumineux et surtout ses yeux de braise étincelants fixés sur lui. Il s’étonnait lui-même de n’être pas venu revoir plus tôt une femme aussi ravissante. Mais il avait bien l’intention de combler ce retard ce soir, décidé de tenir la promesse qui tenait tant à cœur à la jeune femme.
Le louvetier, surpris, eut un peu de mal à faire passer ce qu’il avait en bouche et avala d’un trait le reste de son verre de vin. Il s’essuya la bouche, un peu tendu.
Le lieutenant, maintenant complètement détendu, laissa passer un long moment.
Il leva son verre.
Constance leva également son verre et afficha son plus beau sourire.
Elle éclata de rire.
Pont-Valin vit ses yeux étinceler et comprit ce qu’elle attendait.
La comtesse pouffa de rire.
Pont-Valin, qui avait maintenant terminé son repas, s’aperçut effectivement de l’excitation de la jeune femme qui terminait son troisième verre de vin sans avoir pratiquement rien mangé.
Une fois installée ainsi, la comtesse ne put s’empêcher de caresser le sexe du lieutenant à travers son haut-de-chausse.
Elle agita une petite sonnette et Julien, la tête cernée d’une couronne de lauriers, apparut quasiment nu à l’exception d’un pagne de batiste qui cachait à peine sa virilité. Tel un Apollon ! Elle avait imaginé cette mise en scène à la grecque et Pont-Valin dut reconnaitre que c’était particulièrement réussi.
La comtesse, voyant le louvetier commencer à bander à la vue du nouvel arrivant, s’agenouilla entre ses jambes et l’emboucha.
Le jeune laquais s’approcha près de Pont-Valin qui le manipula dès qu’il fut à portée de main.
Tout à coup, on frappa à la porte de l’appartement. La comtesse fronça les sourcils et s’irrita : elle avait donné des ordres pour n’être dérangée sous aucun prétexte. Elle enfila toutefois son négligé pour entrouvrir la porte et découvrir le visage blême de la dame de compagnie du comte. Pressentant un problème majeur, elle sortit de la pièce pour s’isoler des deux hommes qui s’y trouvaient.
La dame de compagnie expliqua la situation à la jeune comtesse dont le visage se décomposa. Après l’avoir écoutée, elle se reprit quelque peu :
En revenant dans ses appartements après avoir repoussé la porte, elle aperçut furtivement Pont-Valin qui suçait le jeune laquais et qui cessa son entreprise en la voyant.
Pour toute réponse, la jeune femme prit Julien à part et lui murmura quelques mots à l’oreille. Aussitôt, le garçon disparut par la porte où il était apparu quelques minutes plus tôt.
Ce fut au tour de Pont-Valin de perdre pied.
L’humiliation était totale pour le louvetier. Sa mission qui devait être le point d’orgue de sa carrière était un échec dont il aurait du mal à se relever.
Face à la stupeur du libertin, Constance prit la parole.
Cette dernière phrase acheva de convaincre Pont-Valin.
En quelques minutes, les deux libertins se rhabillèrent, prêts pour le départ.
Au moment où ils sortaient de la grande chambre pour passer dans la pièce de service, Marion se jeta en larmes aux pieds de la comtesse.
La comtesse, indécise, interrogea du regard Pont-Valin dont l’œil s’était mis à briller.
On entendit bientôt des coups à l’entrée de l’appartement et les trois personnages se hâtèrent de sortir par une porte dérobée pour rejoindre la calèche que Julien avait préparée.
Le lieutenant de Pont-Valin, serrant précieusement le gros sac en cuir sous son bras, avait retrouvé sa maîtrise et échafaudait déjà mille folies avec ses nouveaux compagnons.
FIN