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Temps de lecture estimé : 21 mn
16/12/24
Présentation:  Une journaliste rencontre des femmes qui lui racontent un moment, un jour, une vie !
Résumé:  L’histoire de deux êtres qui se rencontrent à l’aveugle. Un rendez-vous « internet » banal de nos jours !
Critères:  #chronique #confession #totalsexe #internet fh rousseurs inconnu hotel telnet caresses fellation cunnilingu 69 pénétratio
Auteur : Jane Does      Envoi mini-message

Collection : Rêves de Femmes
Le feu sacré

En retard ! Elle est en retard, la jeune femme avec qui j’ai pris rendez-vous suite à un courrier qu’elle m’a écrit. Josiane qui, en plus de sa lettre, a joint également une photographie, est une très belle rousse aux yeux verts. Ma missive fait suite à un appel à témoin dans un article diffusé à ma demande dans le magazine pour lequel je travaille : « Rêves de femme ». Et je voudrais faire une série d’entretien avec des femmes qui ont toutes vécu un moment intense. Que celui-ci ait duré une nuit, huit jours ou toute une vie, je suis là pour les écouter, remettre en mots également tout ce qu’elles gardent comme souvenirs, bons ou mauvais du reste, de cet instant. Josiane a librement fait acte de candidature pour témoigner… d’un moment fort de sa vie de femme.


En ce début d’après-midi ensoleillé, j’attends donc patiemment sa venue au bar de l’angle de la rue qu’elle m’a indiqué dans son courrier. Le barman me guette du coin de l’œil et, lorsqu’il s’approche, je commande un café. Il se hâte de me préparer mon petit noir et mes regards se tournent donc vers cette artère visiblement très animée de la proche banlieue de Clermont-Ferrand. Aubière… un nom qui sonne bien à mon oreille. Et au coin de la rue, descendant du tram, une silhouette qui ne passe pas inaperçue. La chevelure enflammée de celle qui se dirige à grands pas vers le lieu de notre rencard. Apparemment, c’est une habituée du troquet, le barman lui jetant un rapide salut souriant.


La fille marque un temps d’arrêt dès la porte franchie et ses yeux s’appesantissent sur moi qui garde également le regard braqué sur sa silhouette. Elle hésite, fait un signe de la main auquel je réponds par une risette, et le feu follet avance dans ma direction.


  • — Bonjour… Vous êtes Elisabeth Marchand ?
  • — Oui ! Bonjour. Je suppose que de votre côté vous êtes Josiane Arnaud ?
  • — C’est bien moi, oui ! Je suis inratable n’est-ce pas. Ma crinière est comme un phare pour les autres.
  • — Disons que vous êtes… remarquable.
  • — Un peu trop sans doute ! Mais ça m’embête de changer de couleur de cheveux…
  • — Elle est naturelle la vôtre ?
  • — Oh oui, bien entendu. Bizarre aussi n’est-ce pas ? Parce que mes parents devaient être aussi roux que ça !
  • — Devaient ?
  • — Ben… je ne les connais pas ! Née sous X à la maternité, j’ai grandi chez les sœurs… à l’internat de la rue Notre-Dame. Enfin, bref… pas forcément que des bons souvenirs. Entre les bondieuseries et les mots peu amènes, j’en ai soupé de la religion. La fraternité, l’amour de son prochain, juste du vent pour ces femmes frustrées qui se réfugient finalement sous une robe de religieuses. Elles m’en ont fait baver de cette incandescence chevelue, vous n’avez pas idée.
  • — … ! Vous avez pourtant l’air rayonnante !
  • — Ça forge le caractère ce genre d’endroit… enfin, je suppose que vous n’êtes pas là pour m’entendre me plaindre des frangines ou de la lâcheté humaine qui fait que des mères abandonnent une erreur de jeunesse dans des orphelinats !
  • — Ça fait sans doute partie de vous, et ma foi, si ça peut vous aider à me narrer votre histoire, pas de souci pour vous laisser vous épancher un peu.
  • — Non ! Ça va aller…
  • — Avant tout, puis-je mettre en route mon enregistreur ? Il me permet de garder vos impressions et vos mots pour retranscrire tout ce que vous allez me livrer à cœur ouvert.
  • — Oh ! faite, je vous en prie ! Mais avant tout cela, vous en voyez beaucoup des femmes qui… vous livrent quelques secrets ?
  • — Je suis un peu tenue par le secret professionnel… mais sachez que vous n’êtes pas la seule à avoir des choses à relater.
  • — Je comprends ! Je peux commander un verre ?
  • — Oui, oui, bien sûr !

La jeune femme – je lui donne entre trente et trente-cinq ans – fait signe à celui qui nous lorgne de son zinc. Puis elle s’écrie.


  • — Jacky ! Comme d’habitude…

Enfin, se tournant vers moi, elle renchérit plus simplement :


  • — Ici, c’est un peu mon quartier général. J’y viens de temps en temps, lorsque j’ai le moral dans les chaussettes, c’est-à-dire tous les trois jours.

Elle pouffe de rire et « Jacky » donc, rapplique avec un demi sans faux col.


  • — Voilà, miss Josiane est servie ! Tu pètes la forme, on dirait.
  • — Ouais… ne t’inquiète pas pour moi Jacquou… un jour je pleure, un jour je ris… tu me connais mieux que personne.
  • — C’est justement pour cela que je me fais du souci ma belle.
  • — Faut pas… Allez, va servir tes piliers de comptoir… le vieux Léon a soif…

Elle lui fait un clin d’œil et le gaillard s’en retourne d’où il arrive en traînant des pieds.


  • — Alors ? Comment ça va se dérouler notre affaire, Élisabeth ?
  • — Le plus simplement du monde ! Vous me racontez votre histoire et je vous écoute, si j’ai besoin de renseignements complémentaires, je vous pose des questions, et, après cela, je mettrai en forme votre monologue ou notre conversation. Nos lecteurs ne connaîtront ni votre nom ni votre ville, sauf si vous désirez le contraire.
  • — Parfait ! Ça me convient.
  • — Encore un mot, avant que nous débutions… le texte de mon article vous sera soumis pour approbation et vous pourrez faire rectifier ce qui ne vous paraîtra pas conforme à vos déclarations.
  • — Oh ! Je vous fais entièrement confiance… Élisabeth…
  • — Alors… c’est quand vous voulez, Josiane… j’appuie sur le bouton « on » de mon enregistreur et voilà… c’est parti !



— xXx — 



Du coup, je ne sais plus trop quoi dire. Ça m’indispose ces bidules qui gardent une trace de nous, enfin de notre voix. Je suis Josiane et suis très grande. Un mètre soixante-dix-neuf, et pour couronner l’ensemble, mes tifs sont roux. Ce qui fait que, pour passer inaperçue, c’est mission impossible. À croire que les gens ne remarquent que moi dans la foule. Et cerise sur le gâteau, je suis assez expressive, mais ne faut-il pas toute sorte de gens pour faire un monde ? Ce que j’ai à raconter, bien d’autres l’ont sans doute vécu avant moi. Je dis ça, je ne dis rien. C’est arrivé l’automne dernier et, pour tout dire, j’en frémis toujours, des mois plus tard.


Tout a commencé en tchatchant sur un site de rencontre. C’est vrai que je n’ai pas franchement besoin de ce genre de plan pour faire des rencontres, mais je voulais essayer et une de mes amies m’avait conseillé celui sur lequel je naviguais depuis quelques minutes. Un type s’est donc présenté, virtuellement bien entendu. Là, le baratin habituel, vous savez, les questions bateaux du style : « Comment t’es ? », « Tu portes quoi sur toi ? ». Ces trucs un peu zarbi que les mecs sans imagination pondent aux nanas qui leur répondent. Pas vraiment transcendant comme dialogue, mais celui-là se montre un zeste plus insistant et je joue le jeu.


Arrive donc le moment où le zigoto derrière son écran ne se contente plus d’une description poussée. Non, lui veut du concret, du réel et ça passe forcément par l’échange d’une photo. Je reconnais que j’hésite longuement, mais il a un bagout phénoménal et, après un quart d’heure de forcing, il arrive à me faire céder. Il me transmet dans un premier temps donc son image et, par pure politesse, je lui rends la pareille. Un « waouh » est sa laconique réponse avant qu’il ne revienne à l’attaque. Et j’ai de nouveau droit à un rentre-dedans des plus redoutables. Un peu ma faute, à cause bien sûr de mon image. Le rouge semble lui monter au ciboulot.


Enfin, bref, une longue litanie de messages, je sens vraiment qu’il n’a qu’un seul but, me filer un rencart. Je ne suis pas non plus une oie blanche et je ne vais pas dire que je crache sur le sexe. Souvent, par contre, c’est de visu que je choisis mes partenaires et pas sur catalogue internet. Mes atermoiements sont palpables et le gus ne lâche rien. Un chien qui a déniché un os à ronger ! J’ai beau me poser mille questions, avoir un peu la frousse, je cède du terrain et, petit à petit, il m’embarque dans son délire. Il me parle d’hôtel, d’une rencontre à l’aveugle, d’une nuit de sexe débridé sans que nous ne nous voyions.


J’ai un peu de mal à suivre, alors il s’efforce de m’expliquer. Il est prêt à payer une chambre dans un de ces hôtels anonymes, où une simple carte bleue délivre un code pour ouvrir les portes. Il s’engage aussi à me transmettre une copie par SMS du ticket comportant le sésame. Je ne peux pas dire que je suis fan de son plan, mais il réussit tout de même à me chauffer suffisamment pour que je réfléchisse à sa proposition. Sent-il la faille en moi ? Vraisemblablement, parce qu’il revient à la charge, me vantant les mérites d’une telle situation et… l’idiote du village, pourtant pas blonde que je suis, finit par lui dire… oui ! C’est à partir de cet instant que ma tête cesse de fonctionner « normalement ».


En roue libre, je suis exactement dans cet état lorsque je me dirige vers l’hôtel où l’autre m’attend. Pourquoi est-ce que je m’y rends ? Là, ça tient de la folie pure parce que je sais que c’est une énorme connerie, mais rien ne me fait changer d’avis. Je déraille, me traite de cinglée, et pourtant, je fonce tête baissée dans un plan aussi débile que dément. Je n’ai qu’une vague hésitation devant le digicode qui m’ouvre les portes d’un hall d’entrée aussi désert qu’impersonnel. Ensuite ? Les marches moquettées d’un escalier qui mène à l’étage d’un cube silencieux. Dans une pénombre relative, striée par-ci par-là par les lueurs des lampes des issues de secours, je déchiffre péniblement le numéro des chambres.


Et me voilà devant celui qui est inscrit sur l’écran de mon téléphone. La cent treize ! Nouveau digicode dont mon index droit enfonce les touches. Une lumière verte et un déclic m’indiquent que le pêne vient de libérer l’ouverture. Bien entendu que mon cœur cogne fort dans ma poitrine, mais je sais, je sens que, malgré le fait que je fais une erreur monumentale, je vais aller jusqu’au bout de celle-ci. Ma paume se fait aider de mon épaule pour pousser le panneau que le groom retient. Cette fois, je suis dans la piaule. Aussi sombre qu’une mine de charbon, et pas un bruit ne me permet de déceler seulement une présence humaine dans la chambre. Un second pas, alors que ma main glisse contre un mur et contre ma jambe gauche, la perception d’un objet. Il s’agit en fait du lit et je m’en assure au toucher.


Là ? Je me pose une seconde et récapitule les désirs de mon inconnu. Ah oui ! Me dévêtir entièrement, puis m’allonger sur la couche, rester ainsi sur le dos, sans bouger et attendre. Là encore, rien ne m’oblige à faire cela, j’ai toute latitude à me remettre sur mes pieds pour filer. Mais non ! La gourde va aller au bout de son destin. Mes escarpins quittent mes petons, puis c’est au tour de ma jupe de longer mes gambettes alors que je soulève celles-ci pour en faciliter le départ. Pour mon pull, c’est d’une simplicité enfantine. Reste mes sous-vêtements, et pourquoi est-ce que, tout en éprouvant un certain malaise, je les retire pourtant sans vraiment sourciller ?


Le drap n’est pas ce que je peux appeler fait d’une matière agréable. Non ! Plutôt rugueux même, à force d’être lavé et relavé. Je frissonne à la simple idée que celui-ci doit en avoir connu des tas de corps qui, tel le mien, se sont retrouvés nus sur lui. Bizarre tout de même de songer à cela, alors que je me recouche sur ce lit dont je ne sais rien. Dans le silence et l’obscurité la plus totale de ce cube de béton, mon cerveau me crée des images. D’abord floues et déformées, avant qu’elles ne s’affinent et que le film qui se déroule dans ma caboche ne se hasarde à pencher vers de la pornographie pure. Une pute, c’est exactement ce qui ressort de mon imagination, oui, je me comporte là exactement comme une « fille de joie ».


Le plus étrange de cette séquence démentielle, ce sont les réactions de mon corps. Oui, je reconnais que cette situation affolante me met le feu au ventre. Je suis certaine que je mouille d’abondance alors que je suis étalée là, telle une pièce de viande qui attend d’être tripotée. Tout tourne dans mon cerveau, et un bruit sec me surprend en pleine rêverie, qui me fait dresser tous les pores de la peau. La serrure ! C’est bien la libération du pêne qui provoque cette montée soudaine d’une adrénaline euphorisante en moi. Mon souffle instinctivement se bloque dans mes poumons. Un raclement contre le mur, et j’ai la certitude que je ne suis plus seule dans cette piaule, mais pas un son n’accrédite cette thèse.


D’autres bruits plus indistincts, je tente de deviner ce qui se passe à moins de deux mètres de moi. Mais j’ai beau me creuser la cervelle, les images me ramènent à cette folie qu’il est trop tard pour réparer. Le pieu se creuse un peu sous la masse d’un second corps dont je ne sais rien. Quelque chose vient heurter mon flanc, c’est chaud, c’est très doux. Ça va ! Une main qui s’assure de ma nudité et de la position que j’occupe ? Peut-être ! Le contact est bouillant et, cette fois, ce qui me frôle me remonte délicatement le long du corps, pour finir aux abords de mon épaule, la dépassant en direction de mon cou. Mon visage, la main anonyme est à la recherche de ma bouille ? Je ne peux pas dire que ce petit manège me laisse indifférente. Je respire plus fort.


La caresse à l’aveugle qui vient dépeindre à celui qui me touche les traits de mon minois, ma seule pensée idiote, je l’avoue, c’est de me demander… comment il me trouve ? L’inspection se poursuit, lente, exaspérante, et il tient sa parole. Aucune brusquerie, pas d’affolement, seulement une découverte lente et pour moi très… frémissante. Mes joues, les ailes de mon nez, tout est passé en revue si j’ose dire, dans un silence que seule ma respiration perturbe par instant. La mienne ou la sienne ? Après tout, il lui faut également respirer. Question sans réponse, évidemment, et les voyageurs qui me dévisagent flirtent désormais avec le lobe de mon oreille. Ils sont au moins deux à le prendre en étau pour le pincer très doucettement. Mince ! Je suis très sensible à ce genre de tripotage et, sans le savoir, mon inconnu ouvre davantage les vannes de mon émoi.


C’est fait si délicieusement que tout mon corps sursaute à ce moment très câlin. La patte enfin repart en expédition, sur mon menton, délaissant pour un temps le lieu que le mec sait maintenant très érogène. La main sans quitter ma peau suit le contour de mes lèvres, me chatouillant au passage, pour mieux refaire le chemin à l’envers. Un index ou un majeur, quelle importance vraiment, presse légèrement au centre de ces deux ourlets clos. Je saisis ! L’inconnu me demande muettement d’entrouvrir les lippes. Je fais sans réfléchir plus que ça, ce qu’invisiblement il attend de moi. Oui… les phalanges anonymes sont dans mon palais. Elles jouent avec ma langue, s’enrobant de ma salive. Là aussi, elles ne s’enfoncent que très légèrement dans mon gosier.


Un repli stratégique que je ne pige pas, mais je comprends vite. Le gars est juste venu enduire son doigt de ma salive, pour glisser tel un escargot humide vers ma poitrine. Mon sein est très vite la cible de ses jeux de vilain. Le téton que le gaillard effleure enfle plus encore qu’il ne l’est déjà. La pince, celle du lobe de mon esgourde, oui, elle reprend du service et la tenaille se referme sur le bourgeon gonflé de sang. Pas de douleur assurément, mais bien un soupir plus violent et une sorte d’enivrement total de ma petite personne. J’ai chaud, je transpire et mon ventre suinte. La seconde proéminence de mon buste est explorée elle aussi, avant que cette fois le bras n’entraîne dans sa dérive la paume tout entière. Le but ? La plage plate qui va de ma poitrine à mon nombril.


Lui est également un sujet d’étude pour la louche câline. Je n’ai pas d’autre contact avec le bonhomme que son bras et sa main. Il met un temps infini à caresser mon ventre, venant parfois aux abords du buisson ensanglanté qui protège en quelque sorte l’accès à mon sexe. Puis, enfin, ça y est. Un lutin s’enroule dans les poils, se frayant un chemin très délicatement vers ce qu’ils cachent. Un long sursaut de tout mon ventre, un soupir aussi que ma gorge ne sait plus retenir, et mes cuisses perçoivent la présence de la fureteuse mimine qui semble surprise par le manque d’espace entre les deux jumelles. Alors ? La paume longe l’extérieur de la guibolle dans un mouvement très bouillant. Elle se coule quasiment jusqu’au genou, et reprend son ascension, mais cette fois sur la face interne de la jambe.


Réflexe naturel de ma part, je gigote sous les chatouillis et… par voie de conséquence, écarte bien involontairement le compas. Le gars vient de gagner la première manche et la permission tacite d’avoir accès à mon berlingot. Oui ! Il est désormais au niveau de la fente qui bâille sans doute et lève le doute sur ce qu’elle pouvait encore garder. Il navigue maintenant sur les grandes lèvres, qu’il s’empresse de lisser sans chercher à me pénétrer. Il se sert de ce que je mets à sa disposition, mais le fait en toute intelligence, sans rien brusquer. Pris par l’excitation de l’instant si spécial, il bouge l’ensemble de son corps. Cette fois, il colle à ma peau une partie de la sienne. Et force m’est de constater qu’il est aussi à poil. La frénésie du jeu me donne le tournis. Plus rien ne va arrêter ce qui me paraît inéluctable.


Il sait ce qu’il veut, et j’en suis bien consciente. Si je suis là, c’est bien pour la même chose que lui. Nous en avons longuement discuté lors de nos échanges et je ne peux pas dire que je suis surprise. Pourtant c’est bien le cas. Pas de refus de mon corps, seulement un abandon plus important de toute forme de fierté. Je me sens sa chose, je veux être à lui et… je ne connais même pas réellement les traits de son visage. Lui ne s’embarrasse pas vraiment de tels états d’âme. Son bras se met en quête d’un des miens. Lorsqu’il l’attrape du bout de ces doigts, qui l’instant d’avant me frôlaient la chatte, il attire mon poignet vers le centre de lui. Pas de résistance, et ma menotte vient heurter… exactement ce que je m’attendais à découvrir là. Une érection monumentale qui, sous ma patte, me prouve que je ne le laisse pas indifférent.



— xXx — 




  • — Il est possible de faire une petite pause, Élisabeth ?
  • — Oui… oui, bien sûr.
  • — J’en ai besoin, je vous l’assure.
  • — Je comprends… je coupe mon appareil.
  • — Merci… mon récit n’est pas trop barbant ? J’ai l’impression que je le revis, un peu comme si j’y retournais vraiment.
  • — Je pense que je vais avoir un peu de peine à retranscrire toutes les émotions qui transparaissent dans votre voix. Vous avez une manière de vivre la chose qui me donne la chair de poule.
  • — À ce point-là ? C’est vrai que c’était… très hot ! J’appelle Jacky, nous buvons un verre et je reprends mon histoire ! Pardon pour cette interruption, mais le fait de me remémorer tout cela… ça me remue les tripes, vous savez.
  • — Je l’ai deviné à l’instant même où vous avez fermé les yeux. Oui… j’ai senti que vous reveniez à ces instants apparemment très chauds.
  • — Oui ! Bouillants et sublimes… mais…

Josiane lève la main et le serveur accourt. Il n’y a pas foule dans son troquet.


  • — Ah ! Jacky… notre sauveur ! Un autre demi pour moi et pour madame, ce qu’elle veut.
  • — D’accord ? Un café et un demi.
  • — Non, s’il vous plaît… pas de café… apportez-moi quelque chose de plus corsé… un cognac, par exemple.
  • — C’est parti ! Un demi et un cognac pour ces dames…

Il tourne les talons et je peux voir que le regard de Josiane suit le mouvement du bonhomme qui regagne son bar. Un instant, je me demande si… entre le bistroquet et la jolie rousse… il n’y a pas une autre histoire. Je chasse cette idée, mais, quelque part, je songe que je suis dans le vrai… Il ne met guère de temps à nous apporter nos boissons et la jeune femme trempe ses lèvres dans la mousse onctueuse, en aspire une grande gorgée, puis me scrute avec un sourire et du blanc sur le pourtour de la bouche.


  • — Ça fait du bien… nous nous y recollons ? Vous voulez bien rallumer votre bidule ?
  • — Oui… vous avez raison, il faut faire ressurgir les souvenirs à chaud…
  • — C’est le cas de le dire, Élisabeth… c’était très… caliente.
  • — Voilà, je suis prête !



— xXx — 



Je viens de resserrer les doigts sur sa queue. Il a de son côté un long soubresaut. La trique est vibrante, vivante et je la manipule doucement. Je ne la vois pas, bien sûr, mais ce qui est entre mes doigts à de belles proportions, c’est certain. Je branle un peu… et il me calme d’un geste en avançant son visage qui vient se coller au mien. L’heure de vérité ? Je ne refuse pas ce qui ne peut qu’être plus intime encore. Et sa bouche se presse contre la mienne. Un vrai baiser… je réalise que, depuis je ne sais pas combien de temps, il me tripote sans avoir cherché un contrôle plus… mâle et que cette pelle qui s’annonce va être plus personnelle. Pas plus de réactions quand ses lèvres déverrouillent ma bouche. Je suis délicieusement surprise. Ce type a des arguments absolument convaincants.


Il se frotte à mon flanc, ce qui a pour conséquences de me faire lâcher son vit. S’en suit toute une ribambelle de baisers trop tendres, trop attentionnés, lesquels viennent perturber mon système nerveux déjà mis à rude épreuve. Mais je ne refuse rien, je le laisse m’embrasser goulûment, j’y réponds même avec une égale frénésie. Et le second acte débute donc par des bécots répétés. À bout de souffle, je sens qu’il déplace une fois de plus son corps. Sa bouche glisse vers ma poitrine et… ce sont ses lèvres gourmandes qui aspirent à tour de rôle mes tétons qui n’ont rien perdu de leur superbe. Une séquence curieuse qui rajoute de l’émoi à mon émotion. Je me liquéfie véritablement et il ne peut que s’en rendre compte. Puisque, de toute évidence, sa patte est de retour au niveau de mon sexe trempé.


Cette fois, il me caresse au sens strict du mot et me masturbe avec une lenteur exaspérante tout en suçotant mes fraises mammaires. Je râle littéralement et me tords sous les câlins terriblement ciblés qu’il me prodigue avec une régularité de métronome. Un doigt investit enfin ma chatte et ses va-et-vient me rendent folle de désirs. Mais le mec ne se préoccupe guère de mes gestes désordonnés, il continue de me branler en cadence et d’étirer mes bourgeons de sa bouche. Combien de temps dure ce supplice exquis ? Pas la moindre idée de l’heure, ni même de l’espace qui nous entoure et mon cerveau a bien d’autres chats à fouetter en cet instant. La couche se creuse, signe que mon partenaire inconnu change de posture. Et il se positionne tête-bêche avant de faire pivoter l’ensemble de mon corps d’un quart de tour.


Tant et si bien que ma bouche est placée idéalement pour que son sexe raide comme un piquet se love contre mon visage. Il est donc évident que la sienne de bouille est en place pour inspecter les bas-fonds de mon anatomie. Et d’un bras solide, il me fait écarter la cuisse qui fatalement se trouve sur sa sœur. Son museau peut ainsi venir fourrager dans mes petites affaires. Et là, un baiser de feu est entrepris avec une délicatesse dont je lui sais gré. En revanche, il ondule du bassin et sa queue qui se colle à mes joues me rapporte des fragrances inouïes. Oui ! Je perçois les odeurs très épicées de son envie. Je suppose, sans en être absolument certaine, que de son côté, bien plus bas… lui aussi renifle le parfum de mes sécrétions que mon vagin se charge de lui rapporter. L’idée, les odeurs et tout le toutim, bref, cette perception inédite et à l’aveugle d’une partie de cul si bien engagée me rend comme folle.


Tout me remonte par bouffées délirantes au cerveau. Et c’est bien moi toute seule qui, désormais, empoigne le manche de l’individu. Plus question de le branler pour cette main qui le guide vers… ma bouche. Il se raidit dès lors que ma langue fait un premier passage prolongé sur le gland que je veux imaginer rose et lisse. Pour la texture, j’en suis sûre, pour la couleur, c’est autre chose. En tout cas, je lui pompe le nœud avec une gourmandise qui le fait gémir. Il en oublie sa léchotte et se laisse faire, tout bêtement. Pour ce qu’il advient ensuite, je dois dire que j’ai perdu un peu le fil. C’est plus traditionnel, encore que, puisque nous sommes dans le noir et que pas un mot n’est échangé, tout est hors norme. Nous faisons l’amour avec une fougue et une tendresse que je n’ai jamais connu.


Ce type est un vrai crampon, un champion aussi. Il tient la distance et sait se montrer très résistant. Mais de mon côté, je ne laisse pas ma part au chat, je l’avoue. Je le suce, le lèche, fais aussi des tas de trucs innommables, dont je n’ai pourtant aucune honte aujourd’hui. L’ambiance, les conditions exceptionnelles dans lesquelles se sont déroulées nos frasques nocturnes me préservent de quelques remords ou regrets. Dix fois sur le métier, nous avons remis notre ouvrage et c’est toujours avec la même intensité que j’ai joui à chaque coït. Infatigable bonhomme qui m’a emporté dans des extases inoubliables, mais, de son côté, il ne s’est jamais plaint non plus du traitement de faveur dont je l’ai gratifié. Jamais de ma vie je n’avais mis autant d’ardeur à tailler une pipe à un type. Ce n’est que repu et las de tant d’assauts si bien exécutés, que le type vidé s’est éloigné de moi.


Au petit matin, le lit soulagé d’un poids, j’ai su qu’il était debout. Il s’est refringué dans le noir, enfin, j’imagine qu’il ne s’est pas rhabillé en dehors de la chambre. Je n’ai pas entendu la porte s’entrouvrir et le bonhomme déguerpir. Il faut dire aussi que mon cerveau avait engrangé suffisamment d’adrénaline pour que je reste sur un petit nuage. Je suis restée couchée sur le plumard, dont les draps froissés gardaient les traces sûrement très nettes de nos ébats houleux. Puis, machinalement, ma main a cherché un interrupteur. Une lumière trop vive a inondé la pièce, tristounette en vérité. Mes fringues au sol n’attendaient que mon corps. Une douche rapide, puisque la cabine se tenait à deux pas et je suis rentrée chez moi… voilà tout !


C’est mon témoignage sur une nuit qui me laisse toujours aujourd’hui dubitative. Je n’ai jamais repris contact par internet avec mon amant anonyme, parce que je songe que, si je le faisais, la seconde entrevue ne serait plus tout à fait aussi spontanée. Et je tiens vraiment à garder intactes toutes les sensations de cette folie… je dois aussi avouer que cette « expérience bizarre » me hante encore tous les soirs. Bien sûr, je me suis livrée à bien des jeux depuis cette fameuse nocturne, mais aucun d’eux n’a eu la saveur et la douceur de ceux auxquels je me suis prêtée avec cet inconnu. Un goût indéfinissable d’interdit et de transgression de tous mes tabous. Je ne renouvellerai plus jamais ce genre de fantaisie, mais… ça demeure ancré en moi comme le plus fabuleux plan cul de mon existence…


En revanche, et pour mettre en garde les personnes qui vont lire ce que je viens de raconter… il y a eu tout de même un bémol à cette affaire… Le bonhomme n’a pas utilisé de capotes et… il ne m’est pas venu à l’esprit une seule seconde durant cette soirée que j’encourais plus de risques de maladies que de méchanceté de la part de ce type… alors si d’aventure vous qui allez peut-être lire mon récit… n’oubliez pas de vous protéger. Pour moi, tout s’est bien terminé… mais les IST courent toujours de par le monde et… aucun plaisir ne vaut que l’on se contamine pour lui…



— xXx — 



Ma main vient appuyer sur le bouton « off » de mon enregistreur. Josiane me scrute du regard. Elle semble attendre un commentaire de ma part. Mais je tiens à demeurer neutre et simple auditrice de ses mots. Pas question pour moi d’émettre un quelconque jugement, c’est une règle immuable. Écouter, enregistrer pour remettre au propre tout ce qu’elle vient de me narrer avec une force et une sincérité méritoire, de sa nuit d’amour. Je baisse les yeux, et range mon matériel. C’est elle qui fait le premier pas et m’interpelle.


  • — Vous pensez, Élisabeth, que vous allez pouvoir en tirer quelque chose ?
  • — Oui ! Vous savez être très persuasive… et bien sûr que, d’ici quelques jours, mon article sera soumis à votre approbation. Puis, si le besoin de corriger quoi que ce soit se fait sentir, c’est ensemble que nous le rectifierons. Mais c’est poignant, vous savez… et nos lectrices vont se délecter de votre sortie, je vous l’assure.
  • — Mais vous, Élisabeth… je peux avoir votre avis ?
  • — Mon avis ? Je ne peux rien vous dire, Josiane, je dois rester un peu en dehors de tout ceci…
  • — Mais… vous ne pouvez pas me dire si ça vous a fait quelque chose de m’écouter ?

Je la regarde une fois de plus ! Elle est merveilleusement belle avec sa crinière sanguine. C’est Jacky, le barman qui vient récupérer nos verres vides sur notre table qui me sauve d’une question… embarrassante… Je hausse juste les épaules, et détourne mon visage. Mais au fond de moi, je suis toute remuée… Cette histoire, je n’aurais jamais eu le cran de la vivre… assurément. En revanche… elle m’a donné la fringale !