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n° 22811Fiche technique19183 caractères19183
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Temps de lecture estimé : 14 mn
11/12/24
Résumé:  Tout ce que l’on nous cache depuis deux mille ans...
Critères:  #délire #fantastique nonéro
Auteur : Slaanesh      Envoi mini-message

Projet de groupe : Noëlies
La véritable histoire de Noël

La Véritable Histoire de Noël

(et tout ce que l’on nous cache depuis des millénaires…)



ENFIN !!! ENFIN la vérité va éclater ! ENFIN le monde va se défaire de la mystification et des mensonges dont on nous abreuve depuis deux mille ans !

La voici, il suffisait de savoir lire entre les lignes, d’écarter le rideau de fumisteries et de fariboles ; de voir au-delà du voile de demi-vérités et des traditions…

J’ai conscience de ce que ces révélations causeront pour des milliards de gens, mais je ne peux me taire plus longtemps, au diable les conséquences !


Oubliez tout ce que vous avez pu croire sur Noël, oubliez les belles légendes, la magie de Noël et votre âme d’enfant ; la vérité est bien plus hallucinante et troublante. Peut-être ne vous en remettrez-vous jamais si vous lisez ce qui suit.


Une chose est certaine cependant, vous n’êtes pas prêt, pas plus que je ne l’étais lorsque j’ai découvert ce qui suit…


*****


… C’est une douce nuit étoilée, le firmament infini est constellé de milliers de grains de poussière d’or étincelants. La Lune, majestueuse souveraine d’une blancheur de nacre aux rondeurs exquises, trône au milieu de ses sujets célestes ; plus brillante et lumineuse que toutes les étoiles autour d’elle… toutes, sauf une !


Une étoile très particulière, un signe divin censé montrer le chemin vers un trésor à trois voyageurs quelque peu fourbus. Les ayant enfin menés à destination, cette étoile qui les a guidés depuis l’Orient lointain se met soudain à briller d’une intensité incroyable pour leur indiquer la fin du voyage, puis sous leurs yeux ébahis par le miracle, s’éteint doucement ; avant que sa lumière ne disparaisse totalement, pour rendre à la Lune la place prééminente qu’elle lui avait volé le temps d’un instant divin.


Ces voyageurs, venus de très loin donc, d’un Orient situé aux confins du monde connu et du Sud mystérieux et mystique, apportent des cadeaux pour celui dont la naissance a été annoncée par les astres et prophétisée par les cieux. Les voilà enfin arrivés à destination, une petite masure qui ne paie pas de mine, à la sortie d’une ville de province nommée Bethléem, à l’orée du désert de Judée. Une construction sans prétention, toute simple si on la compare au formidable évènement qui s’y déroule en cette nuit particulière… une bergerie d’où résonnent les braiments d’un âne et le meuglement d’un bœuf.


Les trois pèlerins, fourbus et harassés de fatigue, s’arrêtent à quelques encablures du bâtiment pour attacher leurs chameaux au tronc noueux et solide d’un sycomore non loin. Tandis que deux d’entre eux patientent et en profitent pour étancher leur soif, le troisième semble comme chercher quelque chose dans les sacoches de son chameau. Puis dans celles du second, puis, plus fébrilement, dans celles du dernier. Ses deux compères, eux commencent à s’impatienter, et l’un d’eux se rapproche d’un pas ferme afin de savoir ce qui prend autant de temps à leur compagnon de voyage.



Celui qui vient de parler de façon aussi abrupte est un vieillard aux cheveux blanc et portant une longue barbe… Barbe qui fait fureur auprès des concubines de son harem, dans son palais loin à l’Est. Il se poste, les mains sur les hanches, à deux pas derrière son compagnon de voyage toujours occupé à chercher dans les sacoches. Ce dernier se retourne brièvement pour lancer un regard peu amène au vieil homme qui l’a tanceré si vertement. Il est aussi jeune que son compagnon est vieux, et aussi imberbe que l’autre est abondamment fourni en pilosité faciale. Sa peau est légèrement rouge.



Le dénommé Melchior s’attelle aussitôt à prouver au jeune Gaspard qu’il a dû se tromper et que ce qu’il cherche se trouve indubitablement là.

Où pourraient-elles être autrement ?

Le troisième pèlerin, lui, regarde pensif ses comparses fouiller frénétiquement, sortir tout le fatras des sacoches… un affreux doute vient de lui effleurer l’esprit.

Et si…


Devant lui, les tuniques, les rations de voyage, les turbans et autres diadèmes, les vêtements précieux, les papyrus et tablettes d’argiles… toutes leurs affaires sont sens dessus dessous, jetées sans ménagement par Gaspard et Melchior dans leur quête effrénée des précieux cadeaux apportés à celui dont la naissance a été prophétisée par des anges… mais de ce qu’ils cherchent, aucune trace ! Gaspard et Melchior, à présent complètement affolés, se mettent à fouiller à nouveau, en jurant comme des charretiers, dans le tas d’affaires jetées en vrac, au cas où ils les auraient malencontreusement confondues avec autre chose et se traitant mutuellement d’incapables, d’imbéciles, de bachibouzouks et autres joyeusetés


La main sur le menton, sa peau noire se confondant avec l’obscurité nocturne, hormis aux endroits où la lumière de la Lune l’illumine de sa blancheur laiteuse pour lui donner une teinte plus douce et faire briller sa longue barbe, qu’il a plus épaisse que son compagnon Melchior ; le troisième voyageur s’adresse à eux de sa voix de stentor.



Les deux compagnons s’arrêtent un instant de s’invectiver et de mettre le boxon aux pieds du sycomore et des chameaux imperturbables face à tout ce capharnaüm, lançant un regard interrogatif au colosse noir.



Le regard et le ton suspicieux de Melchior font légèrement sourire Balthazar, qui a appris à rester de marbre face au comportement soupçonneux de son compagnon de voyage et à ses sous-entendus…



Les trémolos dans la voix de Gaspard témoignent alors du désarroi du jeune homme, qui ne comprend pas où veut en venir Balthazar. Celui-ci tourne la tête, et regarde Melchior comme pour lui faire prendre conscience d’une vérité fondamentale dont il aurait dû avoir conscience avant, plutôt que de s’énerver sur leur compagnon…

Melchior comprend alors, son visage s’illumine, prit d’une épiphanie.

Il s’exclame :



Puis donne un violent coup de pied dans le sable et se cogne les orteils contre un affleurement rocheux qui s’y trouvait caché. Il se met à sautiller sur un pied en maudissant les anges, les prophéties, les chameaux… et les djinns !


Gaspard commence à sourire de l’infortune de son compagnon avant de prendre un air perplexe en entendant le mot djinn, et regarde Balthazar l’air de dire mais pourquoi les djinns, c’est quoi le rapport avec la choucroute ?



Balthazar attend que le jeune homme en vienne lui aussi à l’inévitable conclusion. Et tandis que le malheureux Melchior finit par s’asseoir par terre et masser ses orteils endoloris par son coup de sang, la compréhension se fait jour également dans l’esprit de Gaspard. Il prend un air outré, avant, lui aussi de s’exclamer :



Balthazar secoue la tête de dépit devant la bêtise de ses comparses… mais aussi la sienne, car pas plus qu’eux, il ne s’est méfié l’autre nuit, quand, éreintés par un nouveau jour de voyage sous une chaleur étouffante, ils étaient arrivés à une oasis, guidés par l’étoile qui leur montre le chemin depuis des semaines…


…Une petite oasis, occupée par un petit campement. Celui d’une femme, une voyageuse arrivée quelques heures plus tôt à ses dires, et qui les attendait. Elle prétend être elle aussi mage, quoi que bien moins royale que les trois nouveaux arrivants. Oui, elle sait qu’ils sont des rois, venus de très loin, et elle connaît leur destination et le but de leur voyage. Les étoiles et le désert les lui ont révélé.


Tout d’abord, très soupçonneux et pensant avoir à faire à une voleuse désirant s’emparer des biens de voyageurs imprudents, ils ne peuvent que se rendre à l’évidence que cette femme ; fort belle au demeurant, aux courbes sensuelles, au regard envoûtant et à la voie enjôleuse sait des choses que personne n’aurait pu savoir ; et ils concluent qu’ils ont bien à faire à une consœur mage.


Balthazar ne se souvient plus très bien de ce qu’il se passe ensuite… L’atmosphère se détend, les quatre voyageurs préparent un repas frugal, se racontent des histoires autour du feu, rient de bon cœur et boivent un peu de vin… mais pas assez pour s’enivrer au point que ni lui, ni Melchior ou Gaspard ne se souvienne exactement de la suite. Comme une brume dans leurs esprits… mais Balthazar se souvient quand même de leurs mains commençant à caresser la peau de cette femme ensorcelante, des lèvres s’emparant des siennes, des corps nus s’enchevêtrant, des soupirs de plaisirs…


Qu’est-ce qu’on lui à mis ! s’étonne encore Balthazar en repensant à cette orgie débridée…


Ils la déboîtent toute la nuit, chacun leur tour, puis à deux et à trois ; lui arrachent des hurlements d’extases et des feulements dignes d’une panthère tandis qu’ils la besognent sans ménagement. À l’aube, ils se réveillent à poil, un peu sonné par cette nuit de sexe, mais aucune trace de leur amante d’une nuit. Ils se redonnent contenance, se lavent et se rhabillent ; et reprennent leur route, l’esprit encore embrumé des plaisirs bestiaux de la nuit… sans qu’aucun d’eux ne pense à vérifier les sacoches !


À présent, Gaspard s’est assis à côté de Melchior, tous les deux massent leurs pauvres pieds martyrisés, victime de leur colère… tout à fait justifiée au demeurant. Balthazar s’assoit auprès d’eux, aussi dépité et dégoûté que ses compagnons de voyage.



Et voilà Melchior reparti pour un soliloque, à se plaindre de tout et de tout le monde…


Gaspard et Balthazar écoutent un moment la diatribe, ô combien virulente et acide, de leur compagnon, dépités.

Le plus jeune finit par relever la tête, regardant les étoiles et demande à ses aînés ce qu’ils vont bien pouvoir faire désormais. Melchior lui répond que c’est une bonne question, tandis que Balthazar reste pensif, la tête baissée, soupirant…

Comprenant qu’en cet instant, ses compagnons ne sont plus en mesure de penser clairement pour trouver une solution à leur épineux problème, le jeune roi mage prend sur lui de les sortir de cette ornière…


Mage… ROI-MAGE… putain de bordel de merde, mais c’est BIEN SUR !


Il se relève d’un bond, faisant sursauter ses compagnons, surpris du regain de vitalité du jeune homme. Il les regarde d’un air goguenard, presque supérieur, avec un petit sourire en coin qui laisse supposer qu’il a peut-être trouvé une solution.

Melchior et Balthazar attendent, le regard levé vers Gaspard, ils sont frappés de stupeur devant la vision céleste qu’ils ont sous leurs yeux ; comme si une lumière d’une blancheur immaculée irradiait de son être, un nimbe brillant auréole la tête de Gaspard… un signe céleste ? Une volonté divine qui lui est accordée ?


Puis le moment de grâce s’étiole et retombe, lorsque le jeune homme curieux de savoir ce que regardent ainsi ses compagnons, tourne légèrement la tête pour regarder derrière son épaule, et révèle la sphère lunaire derrière lui, qui par un curieux hasard, avait à cette distance et sous cet angle, un diamètre légèrement inférieur à celui de la tête du jeune homme ; donnant ainsi à Melchior et Balthazar cette impression de sainteté.


Dépité, les deux vieillards secouent la tête et soupirent…


Mais Gaspard ne s’en laisse pas conter et passe outre la réaction étrange, et un peu flippante il faut bien l’avouer, de ses deux compères d’infortune.



Les deux autres le regardent à nouveau, toujours perplexes, attendant de savoir quelle idée saugrenue aura encore germé dans l’esprit un peu dérangé de Gaspard.



L’énergie et l’enthousiasme soudain du jeune homme laisse craindre le pire à ses compagnons alors que l’instant suivant il était totalement amorphe et au bord de la dépression.



La perplexité des deux vieillards, en entendant ces paroles sibyllines, monte d’un cran, et Balthazar fait un signe discret à Melchior pour signifier que le pauvre garçon à dû prendre une insolation qui lui a tapé sévère sur la cafetière.


Un peu agacé, mais sûr et certain de la validité de son idée, de nouveau débordant d’énergie, Gaspard leur explique son idée, tout en ramassant certaines babioles et objets éparpillés au sol et provenant de leurs affaires.

Plutôt que d’offrir des cadeaux dignes d’un roi, il propose d’offrir des cadeaux dignes d’un mage. Joignant le geste à la parole, il déplie d’un ample mouvement une grande cape faite dans un tissu d’une finesse exquise et diaphane, aux reflets miroitants sous la lumière laiteuse de la Lune.



Puis il tend devant lui une grosse gemme d’un noir profond, faite d’onyx aussi sombre qu’une nuit sans étoiles.



Puis brandissant l’une des baguettes de bois de sureau, utilisées pour faire avancer leurs montures et faites dans un bois noueux, il s’exclame :



Melchior et Balthazar le regardent interloqués, puis se regarde, avant d’éclater de rire, hilares de ce que vient de proposer leur jeune compagnon.



De dépit, Gaspard laisse tomber les trois objets qu’il tenait fièrement, persuadé que son idée était la bonne.



En entendant les cris de l’enfant, en repensant à toutes ces semaines de voyage éprouvant, à la prophétie, à l’étoile divine qui les a guidés tout ce temps pour arriver ici, à ce moment précis qui doit bouleverser à jamais l’histoire du monde et des hommes, le cœur et l’âme de Balthazar ne peuvent se résoudre à l’échec.


Cela ne peut pas se terminer ainsi, pas aussi misérablement…


Près de ses pieds se trouvent les trois objets choisis par Gaspard comme « cadeaux dignes d’un mage » pour le Roi des rois né il y a peu. Il soupire de dépit, puis attrape la baguette de sureau et la tend à Gaspard, les yeux dans les yeux. Celui-ci lui rend son regard d’un air résolu, puis prend la baguette que lui tend son aîné sous le regard perplexe de Melchior qui semble se demander si leur vieux compagnon n’a pas lui aussi pris un pète au casque.


Mais avant qu’il ne puisse dire quoi que soit, Balthazar lui met d’autorité dans la main la cape de tissus chatoyant en disant :



Puis il se baisse une dernière fois pour prendre la pierre noire destinée dans leur mensonge effarant à être une pierre de résurrection pouvant ramener le Roi des rois lui-même à la vie.



Melchior secoue la tête devant la résolution de ses compagnons d’aller au bout de cette farce, puis éclate de rire avant de se décider à les suivre en disant goguenard :



Melchior lui donne une tape fraternelle sur l’épaule et montre du doigt l’endroit précis où l’étoile qui les a guidés pendant des semaines à disparu lors de leur arrivée.



Trois coups sur le bois branlant de la porte de la bergerie, des chuchotements inquiets, des bruits de pas qui s’approchent… ils ne peuvent plus faire machine arrière désormais, leur destin et celui de l’enfant est désormais tracé.


La porte s’ouvre, un homme barbu apparaît…