| n° 22797 | Fiche technique | 7621 caractères | 7621 1314 Temps de lecture estimé : 6 mn |
05/12/24 |
Résumé: Tout est dans le titre | ||||
Critères: #épistolaire #merveilleux fh délire | ||||
| Auteur : Laetitia Envoi mini-message | ||||
| Projet de groupe : Noëlies |
Cher Père Noël,
Vous devez certainement être très surpris de recevoir une lettre de ma part. Eh oui, la dernière que je vous ai envoyée, c’était il y a bien longtemps. À l’époque, j’avais sept ans. Aujourd’hui, je dépasse allègrement les trente ans. On a voulu me faire croire que vous n’existiez pas. Ridicule ! J’ai joué le jeu. J’ai fait semblant de le croire et de faire comme si je vous avais oublié, mais jamais je n’ai adhéré à ces thèses absurdes. Les convenances, tous les préceptes moraux imposés par la société, comme le fait d’être adulte, d’être responsable, ce genre de sornettes, ont toujours glissé sur moi.
Aujourd’hui, j’ai décidé de balayer et de faire fi de ces principes, et je me lance, je vous écris à nouveau. Au diable la bien-pensance et le conformisme. Marre des béni-oui-oui.
Abordons tout de suite le sujet qui pourrait fâcher. Est-ce que j’ai été sage ? Non, bien entendu. Mais mes fautes sont-elles vraiment des fautes, dans la mesure où j’ai pris et j’ai donné du plaisir en les faisant ? On pourrait en débattre, certes, mais allons directement au but, à savoir ma liste de Noël.
Et après tout, nous sommes bien à ce moment de l’année, où il nous est permis de rêver. Je n’ai donc pas été toujours sage, mais je n’ai nullement l’intention de me racheter.
Le cadeau que je sollicite, vous allez le voir, est… disons… spécial.
Par où commencer ? Eh bien voilà, Père Noël, j’ai grandi, j’ai changé depuis la dernière fois. Et non, je n’ai plus envie de dînette, de patins à roulettes ou de maison de Barbie. Mes goûts ont évolué. Mes besoins aussi.
Mais oublions ces hésitations, assez tergiversé, je mets les pieds dans le plat. Je pense que vous allez me comprendre.
Donc, Père Noël, cette année, près du sapin, je veux… un homme, un mec, un marlou quoi.
Alors oui, j’en ai déjà eu quelques-uns cette année déjà. Bon, pas tant que ça, quelques-uns tout de même. Mais ce n’était pas pareil ! Et puis, entre nous, certains n’étaient pas terribles.
Là, celui que je veux devra être parfait à mes yeux. Une friandise, en quelque sorte, un bonbon. Un peu comme une pâtisserie avec beaucoup de crème Chantilly. Vous voyez le genre ? C’est un peu l’idée.
Mais une confiserie qui ne sera pas avalée à la va-vite. Non, j’en veux une à découvrir, goûter, consommer doucement, mais sans modération, en prenant son temps pour la déguster.
Il devra aussi disparaître après la nuit de Noël, une fois que je l’aurais savouré.
Car c’est bel et bien un cadeau éphémère que je souhaite.
Je joins à cette lettre quelques photos pour que vous vous fassiez une idée de ce que je recherche et vous orienter vers ce que vous voudrez bien m’apporter.
Voilà pour l’aspect extérieur. Pour l’intérieur, on s’en fout. Peu m’importe, en fait, puisqu’il ne sera plus là le 25 au matin. Enfin, si vous pouviez éviter de m’en amener un qui zozoterait…
Doux ou pimenté ? Doux, non, j’aime bien d’habitude, mais là, c’est Noël. C’est une occasion particulière, puisque c’est pour une nuit et une seule (qui voudrait s’encombrer d’une figure de mode pour plus d’une nuit ?).
Sortons des sentiers battus. Pimenté donc. Piquant. Je veux quelque chose d’osé, qui va me bousculer, me faire sortir de ma zone de confort, illuminer mes sens, tous mes sens. J’y reviendrais plus loin sur les sens.
Je veux un amant dévergondé. Je veux que mes fantasmes deviennent réalité, et pourquoi pas découvrir d’autres horizons auxquels je n’aurais pas pensé, même dans mes rêves les plus indécents. Je veux que mon cadeau instille en moi des envies nouvelles, voire des plaisirs interdits, mais que je vais tout de même m’autoriser.
Et tout ça, le temps d’une nuit de volupté, mais aussi de débauche intense.
Oui, Père Noël, j’ai envie de me vautrer dans le stupre.
J’ai envie qu’on aiguise mes désirs, qu’on ouvre complètement la ronde des sens, rien que pour moi.
J’ai envie, non besoin, de caresses inédites, d’un arc-en-ciel de sensations.
J’ai envie qu’on injecte dans ma vie sensuelle (et sexuelle), pour une nuit, de nouveaux défis enflammés à relever.
J’ai envie de flirter avec tous les interdits, puis de les dépasser allègrement.
Qu’on me fasse ouvrir les portes vers un paradis inconnu, quoi… pour résumer.
Je parlais de tous les sens en émoi plus haut. Alors, oui, l’occasion sera trop belle de les éveiller. Noël, n’est-ce pas la magie ?
L’odorat, bien souvent délaissé dans de telles circonstances. Se concentrer sur de subtiles fragrances boisées qui magnifient un torse. Mais aussi se repaître et s’attarder sur de virils effluves corporels sucrés ou épicés le long d’un corps. Plus délicates autour d’un cou, et bien sûr animales et iodées sur des parties plus intimes.
Le toucher, le bout des doigts se promenant sur le contour des muscles saillants, sur le grain d’une peau prise de frissons. Il n’y a pas que les doigts, bien sûr. Les lèvres aussi aiment s’aventurer aux mêmes endroits pour ressentir le frisson sous un baiser. La pointe de la langue apprécie de s’égarer sur un cou, un téton, l’intérieur d’une cuisse. Toute notre peau, enfin, adore se frotter et profiter de la chaleur d’une autre peau.
L’ouïe, on peut bien entendu évoquer une musique mise en sourdine en arrière-plan. Mais ce n’est pas le sujet. Elle va juste donner un certain relief à l’ensemble. Non, je parle des sons propres au rapprochement des corps. Les respirations lentes, plus profondes, puis rapides sous l’effet des différentes caresses pratiquées. Ronronnements, soupirs, gémissements suivant la localisation exacte de ces caresses, le cou, un téton durci, l’entrejambe… Le tout deviendra guttural lorsque, par exemple, des lèvres se focaliseront sur ces parties intimes. Et enfin explosifs, les cris quand la jouissance viendra. N’oublions pas les quelques mots suggestifs et appréciations diverses lâchés sous la tension du moment.
Le goût, étroitement lié au toucher pour le coup. Des lèvres et une langue aimant se laisser aller à la gourmandise et se repaître d’une autre bouche, d’une autre langue. Le goût du baiser peut avoir diverses saveurs. Le goût d’un fruit rouge à maturité que goberaient mes lèvres ou vivifiant, tel un parfum de mer, ou tannique tel un bon vin, voire encore métallique, au détour d’une morsure (légère, je ne suis pas une sauvage…).
La vue, enfin, ça semble évident, dit comme ça. Mais oublions la gravure de mode, la perfection et focalisons-nous sur la vision d’un corps rendu avide de désir et de plaisir parcouru de frissons après ce que je lui aurais fait subir juste avant avec l’odorat, le toucher, l’ouïe, le goût, mes yeux dans les siens. Puis l’obliger à me regarder lorsque je le chevaucherai, jusqu’à ce que je perde pied, moi-même emportée dans un maelström puissant de désir…
Mais je m’emporte, Père Noël. Bon, je me calme. Revenons au concret et au pragmatique.
Il y aura bien sûr quelques préalables et donc quelques petits présents secondaires adjoints au cadeau principal. Dessous sexy, bandeau, jouets coquins, masques, plumeau, menottes, lubrifiant poivré, huiles de massage, goût chocolat, pourquoi pas, c’est Noël, tout de même, et puis tout le monde connaît les vertus aphrodisiaques du chocolat.
Pour lui, nu, ça sera suffisant. Peut-être juste un ruban rouge autour de la… du…, enfin, vous voyez… Je ne vais pas vous faire un dessin, tout de même ! Si ?
Enfin, un truc pour faire un peu fête. Que j’ai quelque chose à déballer !
Alors, oui, je me doute, ça ne va pas être facile de dégoter un tel cadeau. Mais vous êtes le Père Noël, quand même. Vous ne m’avez jamais déçue par le passé. Je sais que vous allez encore remplir avec brio cette nouvelle mission pour moi.
J’ai foi en vous, Père Noël.
Je vous embrasse.