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Temps de lecture estimé : 21 mn
23/11/24
Présentation:  Cette fois c’est à la Buttes-aux-Cailles, dans une galerie d’art que le désir pour un homme plus âgé me submerge. Un homme plus âgé, portant des lunettes rouges…
Résumé:  De retour à Paris, je rencontre un homme affable, érudit et très séduisant dans une galerie d’art de la Butte aux-Cailles. Mutuellement séduits, nous décidons de finir la soirée chez lui.
Critères:  hh hplusag hagé hépilé bain fête toilettes collection fellation anulingus 69 préservati hdanus hsodo confession
Auteur : M. Gentil  (Jeune auteur parisien)            Envoi mini-message

Série : Le Petit Suisse

Chapitre 07 / 10
L’homme de la galerie d’art

Résumé des épisodes précédents :

Résumé des épisodes précédents :

Sébastien, jeune parisien amateur d’objets anciens et d’Art, continue ses explorations et ses confessions. Lors d’un vernissage il tombe sous le charme d’un homme plus âgé…




Je vais essayer de livrer un récit honnête, de jeter mes impressions et mes souvenirs comme ils sont venus, sans fioritures ni circonvolutions.


Cette rencontre fût tellement spontanée, tellement soudaine, fraîche et simple, qu’il me semble qu’un récit trop ampoulé la dénaturerait. J’espère en retranscrire la fraîcheur et la véracité. C’est tout.


Novembre 2024 à Paris, bientôt la nuit, escapade dans les rues froides entre Halloween et Noël. Je cours entre la Butte-aux-Cailles et la rue de Seine. Deux galeries annoncent les vernissages de deux artistes contemporains concurrents, mais que j’apprécie. Par contemporains, comprendre simplement qu’ils vivent encore parmi nous.

Enfin, les bons artistes vivent-ils vraiment, ou, entièrement, «parmi nous» ?


Modernes et non pas contemporains par ce que les sculptures de l’un et les peintures de l’autre ont plus à voir avec les «modernes» des années 1950, 1960 - par leurs recherches de textures, d’accidents maîtrisés, parce qu’elles mordent dans Tapiès, Dubuffet, Soutine ou Giacometti - plus que vers les contemporains «conceptuels» façon «scotcheurs de bananes».


Je sors du travail. La nuit tombe. Je cours dans Paris dans mon costume d’enfant sage, manteau en laine, petit pull, pantalon chino. Paraboots aux pieds. Le rouge aux joues, le feu sous la laine, je me rends à la première galerie.


La première exposition, dans une petite galerie de la Butte-aux-Cailles, est un délice. Tout ce que j’attendais : des matières nobles, de la virtuosité. L’artiste est là mais je n’ose le déranger. Je ne m’approche pas non plus du petit buffet où se pressent déjà la petite horde piaillante des pique-assiette habituels des vernissages.


Les sculptures sont en droite ligne avec ce que j’attendais.


Elles rappellent le brutalisme du Pascal Lacroix de «1917», ou celui des sculptures de Serge Benoit, lui aussi trop méconnu. Des courbes et des arêtes nettes, des matériaux nobles et très bien travaillés. Décidément la main du sculpteur est passée partout, a travaillé chacune des courbes, usé et poli chacun des creux, dressé puis adouci bien des empreintes maintenant visibles. Les patines des bronzes et des bois sont superbes. Je sais les sacrifices que font les artistes pour obtenir de tels résultats. Les produits chimiques, dissolvants et essences en tous genres attaquent leurs poumons, leurs systèmes nerveux, creusent leurs corps nus, fragiles, provoquant cancers, maladies terribles, létales, comme celle qui frappa Niki de Saint Phalle.


Le sang monte en moi. Je tremble face aux pensées sensuelles et morbides qui m’assaillent soudain. J’imagine une œuvre érotique et tueuse. Je divague. Éros et Thanatos font bon ménage en moi. Je me vois œuvre.


Je dois aussi confesser que, dès mon arrivée à la galerie, j’ai croisé le regard d’un homme qui n’a pas eu l’air insensible à mon charme de premier de la classe tout entouré de laine.


Je recroise l’homme. Il doit avoir une bonne soixantaine d’années, peut-être soixante-dix. Un charme très citadin, des lunettes à monture ronde, rouge, épaisses, sur le front, des cheveux gris jetés vers l’arrière.


L’homme, séducteur, affable, parle avec un groupe, il est entouré, respecté. J’ai déjà envie de le caresser. J’ai vu son regard me suivre et ses paroles se suspendre quand j’ai saisi la poignée de la porte et pénétré dans la galerie. L’atteindre me semble possible.

Je le trouve beau, imposant. Il parle comme un éditeur. Il semble sûr de lui dans son costume de laine. Son crâne est beau, saillant, partiellement dégarni. Alors que je déambule au milieu des sculptures, j’imagine.


Un grand atelier vide, brut. Il se dresse en sculpteur devant moi. Je suis une sculpture inachevée, lascive et dangereuse, nocive, et son rêve projeté. Lui, me sculpte, m’achève. Je suis son œuvre d’art. Il me trace, me dessine. Il creuse doucement ma matière, il m’attaque, me décharne, mais pour que mieux, petit à petit, je naisse des gestes de ses mains puissantes. Je perds de la matière mais ce n’est que gangue, oripeaux, coquilles qu’il dégage et fait tomber par morceaux, tombant un à un sur le sol de son atelier.

Moi, nu, né enfin, je m’éveille sur mon socle.


Petite sculpture offerte, je tremble. Je le regarde de mes yeux troublés. Petit projet, je m’affirme dans le silence. Mes yeux brûlent. Il a maintenant lavé mon corps blanc. Il a créé une petite tige et un orifice en bas. Il frotte et caresse la tige, petite, son bout est maintenant bien détaché, bien dessiné. Ses doigts, musclés, blessés, s’agitent, saisissent, courent sur la tige, la pointe. Ils l’ont enserrée, aimée, traite, la petite chose. Elle a vidé son jus pour eux, sur eux. Puis ils sont descendus, se sont attardés sur le creux, plus bas, ils ont creusé l’ampoule. Deux doigts y disparaissent maintenant qui le dessinent accueillant. Moi, la petite œuvre, je pleure. J’ai tant de plaisir serrée contre mon maestro.


Sous les lumières de la galerie, je fonds en moi. J’essaye de revenir à la surface, aux sculptures alignées et inertes. La tête enfoncée dans mon écharpe, j’essaie de ne pas trop jeter de coup d’œil vers lui. Mais je le fais quand même, je veux donner ses meilleurs contours à mon rêve. Nos regards se croisent plusieurs fois. Il est toujours pris par son groupe. Je regarde les sculptures. Je ne veux pas le déranger, le gêner. Qui sait au fond ce qu’il cherche ? Les pistes sont un peu brouillées et mes jambes flageolent légèrement. Les sculptures. Revenir aux sculptures. Il ne faut pas que le trouble m’emporte. Mais il le fait. Je tremble déjà.


Je reviens à mon rôle de spectateur averti. Mon enthousiasme doit se voir, car un petit homme en costume bleu, sosie de Jean-Pierre Coffe m’interpelle :



Il m’a pincé le bras. Nouveau sourire appuyé.

J’acquiesce sans m’en rendre complice, il est vrai que je n’avais pas du tout fait attention à ça. Oui, il y a peu de jeunes. Je m’en moque un peu en fait. Justement, je suis au fond assez égoïste en art et ravi de faire partie d’un petit monde de happy few.


Je le laisse parler, il n’est pas désagréable et au fond je suis assez d’accord avec lui, mais je n’ai pas envie de m’investir dans la discussion. Pourquoi me saisit-il autant le bras ? Je me contente de relances polies. Oui, c’est vrai, avec les outils numériques tout le monde se met un peu à créer de la même manière. Particulièrement en dessin, tous les traits, toutes les pattes et toutes les pâtes, se ressemblent en ce XXIème siècle commençant. Ils se moulent tous dans la brush du logiciel ProCreate, oui. Oui, au moins, avec le dessin papier, la peinture, on a des objets à vendre. Parce que pour lui un artiste doit vendre. Et il peut le faire, il y a plein de galeries partout. Oui, selon Monsieur Quasi-Coffe, très années 1980, il faut être courageux. Un artiste doit s’accrocher et doit souffrir. Il est contre l’idée d’un revenu universel pour les créateurs évidemment. Pour lui, les artistes trop subventionnés finissent par s’endormir dans leur confort et par ne plus rien produire d’intéressant. Les «punks subventionnés», comme ils les appellent, finissent par s’épuiser dans les querelles woke ou para-woke et au final disparaissent du champ de la création, vidés.


Bon, arrivé à ce point, j’ai envie de répondre que c’est là un point de vue de grand bourgeois, très « Bernard Tapie ». Non, on ne peut pas bien créer, ni rien créer d’ambitieux, en fait, quand on crève la dalle. Mais je m’abstiens. Je reste coi. Je préfère teinter mon regard d’un soupir légèrement réprobateur qu’il comprend aussitôt. Il reprend :



Son éclat de rire n’a pas le temps de s’achever que mon sculpteur en rêves, « l’homme aux lunettes rouges » l’interrompt enfin, malicieux :



Fabrice est confus, il est vrai qu’il ne m’a pas demandé mon prénom. Il précise donc qu’il ne me connais pas vraiment, mais qu’il était heureux de découvrir un jeune enthousiaste, ici, au milieu des «vieux croutons habituels», c’est son expression. Moi je dévisage l’homme aux lunettes, son visage plein de caractère me plaît encore plus de près. Je crois que je me suis mordu la lèvre, à cet instant et qu’il l’a vu. Il se présente, Serge. Je me présente, moi, Sébastien.


Nous échangeons quelques banalités puis devisons sur la sculpture et la peinture contemporaine, et la littérature, aussi. Comme moi il a trouvé le nouveau Goncourt, Houris, de Kamel Daoud, surchargé malgré «une très bonne idée de base et des pages poignantes». Il poursuit, je l’écoute, s’exhalte :



Ils saluent de loin, il reprend :



Il reste suspendu. Je l’écoute, captivé - qu’il est beau ainsi passionné ! -, raconter l’arrivée d’un ordre moral sévère après 1962, les islamistes déçus, l’amitié avec l’URSS, la chape de plomb, puis les années 1980, la terreur, les élections, l’arrivée du FIS, du GIA, les attentats, la peur. Je pense à Marie-France, première travestie puis transsexuelle franco-algérienne. À l’exil. J’ai lu sa biographie. J’explique que son personnage m’inspire. Je sens qu’il voit où je veux en venir. Je dis que j’aurais aimé connaître les Gazolines, le Fhar. Il me rétorque d’un air songeur que tout n’y a pas été fantastique. Il est toujours resté à la marge des groupes les plus radicaux me dit-il :



Son regard se perd un peu. Je parle de liberté.


Le temps file. Nous circulons d’œuvre en œuvre, plus calmes. Nous décrivons l’un pour l’autre les sculptures, tentons des parallèles, interprétons les œuvres d’un point de vue artistique et psychologique, nous essayons de deviner les gestes et les techniques qui les ont faites émerger. Je crois que mes mots trahissent petit à petit mon état d’âme et mes envies.


Je regarde mon téléphone, 19 heures 30. Je suis là depuis plus d’une heure, maintenant. Je confesse qu’une autre exposition m’intéresse plus au Nord, dans le carré rive gauche. Je sais qu’il est ami avec l’artiste et je m’excuse d’avoir à partir et de me rendre de l’autre côté. Je sais que les deux artistes sont rivaux. Le second, le peintre, a eu maille à partir avec le premier quand il s’est essayé à la sculpture un temps, avec un certain succès, ce qui a déplu. Oui je dois partir. Mais nous pouvons échanger nos numéros de téléphone, peut-être ? Il sourit.



Je me fige, il a deviné. Je lâche un faible « oui » un peu penaud, honteux, gêné. Il rétorque, me soufflant :



J’acquiesce.


Il propose un taxi mais je n’ai pas trop l’âme d’une michetonneuse et je n’ai pas envie non plus de partager une note qui risque d’atteindre au moins les 20 ou 30 euros. Et puis Paris en voiture est un enfer. Le métro ira très bien.


Dans le wagon bondé nos discussions reprennent de plus belles et dans le carré, assis face à face, notre complicité s’épanouit. Surtout, au milieu des gens, malgré eux, j’ai senti que son corps cherchait le mien. Il frôle ma main. Ses genoux cherchent les miens.


La deuxième exposition est très belle mais bien vite expédiée.


Au bout de nos manches lourdes, nos mains se sont plusieurs fois effleurées. Nos regards en disaient de plus en plus long.


Il propose un verre.


Je lui réponds que « je ne sais pas… qu’en fait, j’ai envie de l’embrasser et même plus… que j’irai bien chez moi, chez lui, ou dans un club ou à l’hôtel » … j’ajoute, rouge de honte mais transi de plaisir « on fera comme il veut, tout ce qu’il veut ».

J’ai peur qu’il soit marié, mais à ce stade je m’en fous. Je lui confesse mon rêve du début de soirée. S’il y a verre, alors je veux qu’il soit rapide, tranché-je, car j’ai envie de faire l’amour avec lui. Je veux un endroit intime, là, maintenant, tout de suite. Mes mots sont coupés, syncopés. Mes mains tiennent les siennes, les caressent. Les lampadaires jaunes lèchent les terrasses bondées des brasseries. De fines gouttes d’eau percent et touchent parfois mon visage, cristallines, humidifiant mes lèvres. Il sourit et soupire :



Nouveau trajet en métro, la place de la République, les franges du Marais, un immeuble haussmannien. Nous montons les marches quatre à quatre. Sur un palier je m’arrête et l’embrasse enfin. Son nez puissant. L’odeur de sa peau. Sa barbe de trois jours au goût salé. Sa bouche qui m’engloutit. Odeurs d’homme, franche. Mon cœur palpite. Il a glissé ses mains sous mon t-shirt. Elle remonte le long de mon dos. L’appartement enfin. Dedans, une décoration sobre. Pas vraiment le bazar, non. Dans le métro, j’ai caressé sa main. Heureux. Là, il me tient enfin.


L’appartement est plongé dans le noir, mais les volets et les rideaux sont ouverts. Sur les murs teintés de reflets bleu et ponctués des saillants jaunes tracés par les lumières de la rue, je devine des cadres, quelques objets d’art anciens disposés sur une étagère au creux d’une alcôve peu profonde.


Entré dans l’appartement je cherche ses lèvres épaisses, elles m’enserrent encore. Il embrasse bien, tendrement mais goulûment. Nos lèvres se pincent, nos langues se cherchent puis se caressent. Je passe ma langue sur les gerçures de ses lèvres. J’embrasse son nez si beau, si puissant, si marqué. Son souffle devient plus haletant alors que j’ai glissé mes doigts sous sa ceinture. Je l’entends déglutir légèrement. J’aime ça. Je sens le désir monter en lui. Nos corps poussent l’un contre l’autre. À travers le tissu je touche le renflement de son sexe. Il est plié dans la bosse qu’il dessine derrière sa fermeture éclair. Lentement je passe mes doigts sur le renflement. Je le caresse entre deux doigts. Je tâte. Je flatte.


Mon écharpe tombe au sol mais mon épais manteau reste sur mes épaules, suspendu.

Tout à mes caresses je souffle d’un ton innocent :



Enfin, préciser son paquet. Que j’aime ces moments. Lentement je passe mes doigts fins sur la renflure épaisse. Je presse. J’encercle de mes mains l’objet dessiné de mes désirs. Je soupèse la tige de chair et devine un pénis court mais épais, trapu. Rapidement la bosse s’épaissit. Je place les pulpes de mon pouce et de mon index au contact de sa verge et navigue de haut en bas. De l’autre main, je crée un panier pour soupeser ses couilles. Quel délice. Mes doigts glissent, se promènent en pinces douces et décidées sur sa hampe tassée. Je sens le détail des reliefs. Le gland, la tige charnue comme une saucisse, la base épaisse trahit une épaisseur de poils. « Hmmm » je gémis.


Ça y est. Je baisse l’élastique de son boxer et libère une courte andouillette trapue comme je l’avais devinée. Je la pince toujours doucement et joue avec le long prépuce épais qui renferme le gland charnu de Serge. Toucher la peau de son pénis m’électrise. Je laisse courir mes doigts sur ses poils indisciplinés, les caresse, les brosse de mes doigts.

D’une main douce je commence à le branler délicatement. Il a passé ses mains derrière mon dos. Alors que j’inspecte sa bite, il touche doucement mon cul. Je m’approche, pas sauvage. De l’autre main, je caresse son ventre, plein et entier. Nos pantalons tombent sous nos fesses. Il saisit mon sexe et l’approche du sien. Je le laisse prendre la barre et désormais commander à nos jeux. Il colle alors nos deux membres bleutés et secrets l’un contre-l’autre. Il frotte, puis écrase face à face nos deux glands. Il plaque mon petit gland, enserré contre le sien et disparu dans ses mains contre le sien, plus massif et plus sombre. Mon Dieu comme j’aime ces frottis-frotta. Je siffle, respire fort. C’est si bon.


Je l’embrasse goulûment. Les pans de nos chemises pendent sur nos aines. Nos pulls légèrement relevés entrent parfois en contact ajoutant à notre excitation mutuelle de petites décharges d’électricité statique. Nos respirations s’accélèrent et s’accentuent. Je saisis moi-aussi son sexe. Nos mains s’aident pour cette douce traite mutuelle. Nos sexes, d’abord limaces et limaçons englués ont grossi. Son pénis pousse maintenant contre mon ventre et vient s’échouer dans mon pubis, dans les plus secrets plis de ma chair. J’ai plus de mal à atteindre son fier ventre ou ses cuisses avec ma petite tige. Mon sexe reste plus fin et plus court, mais heureux, je le frotte avec ferveur, cherchant à atteindre le tambour rebondi de son abdomen. Il tient parfois ma taille, me caresse. Au bout d’un moment, je jette mon manteau au sol, retire entièrement chaussures, chaussettes et pantalon et, tombé, à genoux, j’enroule de ma langue humide la pointe ourlée de son sexe.


Ma langue pointe et s’infiltre dans son prépuce au goût salé. Je lèche son méat, la couronne de son gland, balaye, avide, son creux balano-préputial. Le goût est acide, me rappelle le yuzu. J’humecte la petite tente de chair de son prépuce. À l’aide de deux de mes doigts j’achève de décalotter la peau, la ramène en arrière puis lape goulûment la tête de son gland, enfin entièrement dégagé.


Je le tète, je l’enroule de ma langue, puis je l’absorbe. Je suce la grosse tétine qui s’offre à moi. Mes couilles et la queue frotte sur le sol. J’aime. Je me soumets. Je me cambre, hausse et abaisse mon bassin. Petits sautillements légers sur mes pieds pliés pour accompagner et donner plus d’amplitude à ma bouche humide, qui prend de plus en plus loin, avide, la tige dodelinante qui s’offre à elle.


Ça y est. Au bas de mon corps cambré, je sens monter le désir d’être pris, pénétré, rempli. J’ai envie de dire « prise » et « fécondée », « ouverte ». Je sens la métamorphose s’opérer, mon anus se dilate, s’assouplit au rythme de mes mouvements. Je frotte, le frotte, l’appuie avec délice contre mon talon relevé. Mes mouvements plein d’amplitude appellent la saillie. Je me prépare à me faire prendre, baiser, comme une femelle s’offrant à son mâle, comme une biche se rendant à son cerf en rut.

Je veux me donner, ça y est, petite œuvre, coupe pleine et entière, réceptacle offert à la décharge toute électrique et liquide de mon amant. Corps prêt à être secoué, percé. Je veux le sentir en moi la tige dure comme de l’os et le mâle au-dessus. Mon corps s’y prépare. Mon corps est prêt. Chaleur et vertige montent en moi. Les jambes ouatées, je ne suis plus qu’orifices ouverts, suintants, appelant, devant et derrière. Ampoule creuse, ma tête devient lourde et je le suce avec plus d’acuité, de persévérance, empalant toujours plus loin en ma gorge la colonne de chair, l’objet oblong de mon désir. J’avale jusqu’à la nausée, petit soldat à genoux de la gorge profonde. Mon mâle pousse un râle : « Ho comme c’est bon, comme ta tête s’écrase bien ». Je plaque ses mains sur l’arrière de mon crâne. Je veux son aide active à ma soumission. Je souris. Oui j’aime terriblement branler et sucer, mais, désormais, c’est mon petit cul qui l’appelle.


Soudain, son érection décroît légèrement et il s’excuse :



Oh non ! Tu parles. Vertigo. Encore. Pas de pause. Les toilettes, ok, deux minutes. Mais c’est tout. Enfin !

Moi je ne suis plus qu’un tube fiévreux aux entrées multiples. Je veux être rempli, parcouru. Entrer. Sortir. Moi, là, embué, la tête prises dans des tours interminables, je m’imagine déjà assis sur le plan de travail de la cuisine, fesses relevées, pattes blanches écartées ouvertes en équerre à toutes les expériences ! Oui, je le vois, d’une main experte, plutôt enfoncer la bouteille de Chenin fermement en moi, tout en branlant et malmenant ma petite tige de son autre main avide ! Une pause ? Non !


Vaporeux je rétorque :



Il acquiesce d’un « oui » étouffé.



Les toilettes. Nous ne portons plus rien. Deux silhouettes roses et nues dans la nuit. Je tiens sa queue molle mais lourde. Je vise pour lui. Il saisit lui aussi ma queue, la caresse doucement, la branle légèrement alors que le jet chaud s’écoule. Délicieuse intimité. Oh ! Comme c’est bon une fois de plus ! Une fois encore mon ventre appelle. Il a terminé. Je secoue sa queue. Je m’assois maintenant sur le siège. Assis, je l’installe face à moi, j’embrasse son ventre, son sexe et puis mon corps expulse une petite déjection. Je m’excuse, à mon tour :



Il m’indique la baignoire, grande, blanche. Dévisser le pommeau. Sélectionner une eau tiède. Régler le jet. Sentir l’eau tiède remplir mon ventre, me gonfler. Un aller-et-retour aux toilettes avec ces jambes qui ne me portent plus si bien. Expulser. Relaver un peu à l’eau et au savon mes fesses et retourner près de mon amant : frais, prêt.


Je le cherche. Où est-il ? Je l’entends. Il m’attend finalement sur son canapé, un verre à la main :



Il est beau, lui aussi, je trouve, nu. Sa verge est dressée, elle doit faire dans les quinze centimètres. Son gland est gros, imposant. D’une main Serge caresse son sexe nonchalamment. De l’autre, il tient son verre. Il m’en tend un.



Quelques bougies ont été allumées et sur la table basse en verre épais, quelques ouvrages d’art anciens et contemporains grand format. Je remarque un livre sur Mapplethorpe. Mon Dieu comme ma tête me tourne. Le plaisir ne me laisse décidément pas de répit.


Je m’assoie près de lui, bois une petite gorgée pour rendre hommage au vin et l’embrasse de nouveau goulûment. Baiser électrique. Je retrouve la chaleur de son corps. Le silence qui baigne l’appartement n’est troublé que par nos épais bruits de bouche qui semblent résonner au cœur de l’appartement haussmannien. Je voudrais qu’il m’avale. Ses mains courent sur mon corps et les miennes courent sur le sien. J’écarte les cuisses pour qu’il flatte et agite ma queue qu’il est venu trouver. De mon côté, je le branle avec application. J’ai envie d’un 69. Je le lui dis et il me propose d’aller dans la chambre.

Voilà, enfin le matelas. Je le suis, tenant son sexe d’une main et mon verre de l’autre. Le contraste du chaud dans ma main droite et du froid dans ma main gauche me marque. Le lit est large, accueillant, un nid d’amour. Nous nous étendons sur une épaisse couverture enveloppée d’une housse douce et légère, de qualité, qui sent le frais. Je le caresse, l’amène à moi.


Du chevet du lit provient une douce musique, une messe écrite par Mozart pour un chœur d’enfants, chantée avec virtuosité. La mélodie sacrée nous enveloppe et s’envole. Nous baignons dans une ambiance de communion, recueillis, concentrés et amoureux. Je pense à une cathédrale, à des vitraux dont la lumière nous baigneraient alors que nous téterions nos seins. Tout se bouscule en moi alors que j’accueille de nouveau la tête de chair dressée, hostie ronde et chaude, sur ma langue.


Lui aussi s’est penché et lape amoureusement mon petit sexe. Il écarte mes fesses de ses mains. Sa langue glisse sur mes cerises, sur ma fine tige blanche qui se dresse, dure et tendue, sous ses coups de langue précis, ponctué de pincements, de pressions par sa main. Sa langue descend le long de mon périnée et atteint mon anus. Ma fleur plissée palpite. Je halète, alors que sa langue épaisse et dressée me pénètre franchement.


Je me mets sur le dos et relève mon bassin. Jambes ouvertes, repliées, j’offre entièrement mon anus glabre. Il se délecte, me déguste puis risque un, puis deux doigts dans ma corolle qui se dilate naturellement, souple, pour accepter le passage. Avec sa bave, il lubrifie mon trou. Il s’applique. Tourne ses doigts. La pression sur la prostate m’excite au plus au point. Je relève encore plus mon bassin pour m’offrir encore mieux et gémit :



Alors, il saisit une capote sur le meuble de chevet, déchire le petit emballage et glisse cette nouvelle peau sur sa tige, les genoux enfoncés dans le lit. Je savoure chaque instant et mon anus pulse et se dilate dans l’attente. Ma tête me tourne toujours, mon corps tremble légèrement. Je relève le plus possible mon bassin. Je sais que ma saillie est enfin imminente et je murmure avide.



Je m’ouvre. Doucement je sens la peau de son prépuce se tasser puis glisser. C’est son gland ferme qui pénètre en moi en premier. Puis l’ourlet se présente et s’échappe à son tour en moi. Petit à petit tous les éléments de sa colonne raidie s’engouffrent et franchissent l’anneau ferme qui marque mon entrée. Le gland passé, Serge s’immobilise puis saisit ma verge pour la presser. Je gémis de plaisir. Tenant ma verge décalottée entre ses doigts, il reprend son avancée délicate. Bientôt son ventre vient frotter contre mes couilles tassées, à la peau frisée par le plaisir. Il me possède.


Arrivé au fond de moi, ses couilles écrasées entre mes deux globes de chair il me dévisage :



Je m’empresse de répondre, conquis :



Je le regarde droit dans les yeux. Obscène et ravi.

Alors, délicatement, il reprend. Il me lime, me baise doucement, multipliant les va-et-vient de plus en plus profonds, amples et énergiques. Je gémis, je crie, alors qu’il fouille en moi.


Puis il s’avance pour m’embrasser. Son torse velu s’écrase contre moi. Son humeur musquée encore. Je lèche son épaule venue près de moi. Je me tortille légèrement, car son ventre vient trop fortement presser mes testicules échoués sur mon pubis. Je me prends à m’imaginer castré, privé de mes bourses, peut-être sous hormones, une petite poitrine naissant sur mon torse et ne gardant de mâle qu’un petit pénis malléable, écrasable à foison.


Il le sent et se redresse un peu. J’ai la solution, je propose de me tourner, de lui offrir mon cul en entier, rendu, rond et tendu, couché sur le ventre. Il accepte. De nouveau sa queue en moi, ça y est. Il me semble aller cette fois plus loin. Je grogne, gémis franchement maintenant alors qu’il me pilonne. Tous mes organes semblent dérangés, mais c’est si bon d’être ainsi chahuté, possédé. Les chocs se produisent, l’un après l’autre. Mais je tiens bon. Je me cambre et me donne entièrement au fil des chocs :



Dans sa paume, il abrite ma tige. Il la presse, la branle, la trait alors qu’il me laboure. Je me tortille encore pour le sentir le plus au fond possible. Je me cambre, dégage sous mon ventre un passage pour que sa main s’agrippe à ma petite pine. L’excitation monte dans mon membre dont le méat perle maintenant. Je sens qu’il va venir. Il a saisi mes poignets.



Sa queue semble plus raide encore. Les derniers coups de sa hampe sont de bois. Son corps se dresse, bloc de marbre, puis se fane, s’effondre. Il ramollit en moi après avoir tout donné. Je sens les dernières lentes saillies crispées puis il se retire, embrasse mes fesses.

Nous nous allongeons. Blotti contre sa cuisse je me branle, collé, à lui, alors qu’il m’embrasse. Nos langues brûlantes et bruyantes s’entremêlent.


Ma bave coule dans sa bouche, se mêle à la sienne et, comme un écho, mon foutre s’épanche par petites salves heureuses et poisseuses sur sa jambe puissante et hirsute. Je me love contre lui. Je le lèche. Dans la radio, la messe s’est arrêtée. Tout est calme maintenant, partout, au dehors, et au dedans.

Je l’embrasse. Comme si je refusais d’en finir.