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Temps de lecture estimé : 6 mn
28/10/24
Résumé:  Dans le métro, Romain répond aux avances d’un autre homme.
Critères:  f hh hbi train exhib facial fellation
Auteur : Romain Dufour      Envoi mini-message
MISE EN SCENE A L’OPERA

C’était un trajet banal et solitaire. Je revenais du Palais Garnier où j’avais assisté à une représentation du Sacre du Printemps chorégraphié par Pina Bausch. La sauvagerie de la musique avait enivré le public et les danseurs au point que l’héroïne avait cassé une bretelle de sa robe. Elle avait continué d’interpréter le ballet le sein (gauche) découvert. Ce n’est qu’au moment des vivats qu’elle recouvrit maladroitement sa nudité en tenant le pan de la robe qui tombait. Les applaudissements des vieux messieurs furent particulièrement nourris et mérités…


J’avais encore dans les yeux le souvenir de cet accident miraculeux (quelles étaient les chances en effet de voir se réaliser un tel effeuillage ?) lorsque je me rendis compte d’un contact physique. J’étais donc assis dans le métro et un homme debout près de moi, le regard plongé dans le programme du ballet me frôlait de sa cuisse au rythme des soubresauts du wagon. Que faisait-il à me coller dans ce train presque désert ? La plupart des sièges étaient libres, il pouvait s’asseoir loin de moi ou du moins respecter une bonne distance de sécurité. Et puis, il me semblait bien qu’il ne me frôlait pas seulement de la cuisse ! Je relevais la tête pour voir à qui j’avais affaire : un homme autour de vingt-cinq à trente ans, aux traits fins, la chevelure soignée, un air intelligent.


Il portait des vêtements classiques, mais à la mode, comme on pourrait l’attendre d’un jeune homme féru de ballets. Je le regardai à nouveau, il semblait absorbé dans sa lecture. Rien dans ses gestes ou son apparence ne laissait deviner une quelconque perversion, peut-être après tout qu’il ne se rendait pas compte qu’il me touchait. Je me décalai d’une demi-fesse pour voir sa réaction. Le contact reprit. Pas de doute, cette fois, il agissait délibérément. Je jetai un regard circulaire, un peu plus loin il y avait une très jolie fille, elle-même en train de parcourir le programme. Décidément ! Avait-elle remarqué le manège du frotteur de l’Opéra ? Qu’allait être sa réaction devant le spectacle indécent que donnaient deux hommes dans les transports publics à presque minuit ? Allait-elle pre… Mais je ne rêve pas, il s’est encore rapproché ! Et il ne fait plus semblant, il écrase sans vergogne son sexe contre mon bras. Je veux lui jeter un regard courroucé, mais le livret fait écran entre nous et je ne croise pas ses yeux.


Bien. À présent, pour que vous puissiez comprendre la suite de mon récit, il faut que je parle un peu de moi. Je m’appelle Romain, j’ai trente-deux ans. Sans être ni très grand, ni très musclé, ni très beau, mon physique n’a jamais été un frein à ma vie amoureuse ou sexuelle. Je ne suis pas un séducteur, mais j’ai connu quelques femmes et, je dois le confesser, quelques hommes. Je me suis longtemps cru bisexuel, mais dans les faits je suis presque exclusivement attiré par les femmes. Ma bisexualité relève plus du fantasme, j’aime regarder sur internet des hommes nus ou des vidéos taguées « bi », mais ça ne va pas beaucoup plus loin. Mes petites expériences avec des hommes ne m’ont pas incité à pousser l’exploration de cette facette de ma personnalité plus loin. Si j’avais le choix, je préférerais que ce soit la passagère en face de moi qui me fasse des avances ! Tout ça pour vous expliquer que si je ne suis pas en théorie rebuté par le corps qui m’est offert, en revanche, je n’aime pas le côté rentre-dedans de son approche, même s’il y a toujours quelque chose de flatteur à se faire draguer.


J’hésite à lui répondre. Je regarde autour de moi : personne à part la jolie blonde en face de moi. Je me lance, je suis curieux de voir sa réaction. Sa réaction à elle. Quand elle se rendra compte de ce qui se passe. Je me presse contre lui, contre la bosse de son pantalon. Il ne recule pas, cela ne fait donc aucun doute, son geste était intentionnel et pas le fruit d’une distraction. La passagère est toujours dans sa lecture. J’ose aller plus loin et pose ma main sur son sexe. Je le caresse à travers le tissu.


Le train freine, nous arrivons à une station, je retire précipitamment ma main comme un adolescent dont la mère aurait fait irruption dans la chambre. Les portes s’ouvrent, personne ne monte, elles se referment. Je reprends mes caresses qui ne tardent pas à faire leur effet. Ma voisine ne nous a toujours pas remarqués. Je tente d’aller plus loin et ouvre sa braguette. Je dégage sa queue à moitié raide du boxer. Je le branle doucement et ce qui devait arriver arriva, je croise les yeux de la passagère qui me regarde bouche bée, passant de mon visage au sexe de l’inconnu, au visage de celui-ci. Elle reprend ses esprits et va s’asseoir aussi loin de nous que possible.


Dommage !


Une nouvelle station, une nouvelle pause. Lorsque le train repart, je dégage le programme qui lui a servi à cacher son sexe, pose un baiser sur le prépuce et prends son gland en bouche pour le décalotter. Je le suce. Je ne suis pas certain de bien m’y prendre, voyez-vous, je manque de pratique…


Néanmoins, les mouvements de ses hanches ne semblent pas suivre seulement le roulis du métro, mais le plaisir que mon amant (il faut bien appeler un chat un chat) doit ressentir. Je ne dois pas m’y prendre si mal, car il en vient à mettre sa main derrière ma nuque. Ça fait donc cet effet. Je tâcherai de m’en souvenir pour mes prochaines partenaires. Nous interrompons notre jeu d’adultes lorsque le train entre dans la station suivante.


La sonnerie alertant de la fermeture des portes retentit et quelle ne fut pas ma surprise en voyant revenir la passagère scandalisée qui s’assied exactement à la même place qu’elle occupait auparavant. Va-t-elle nous sermonner ? Mais non, elle nous jette un regard de défi : « allez-vous recommencer à vous donner en spectacle messieurs ? Je vous attends ! ». Le métro reparti, il colle son gland contre mes lèvres alors que je fixe la jeune voyeuse. Sans la quitter des yeux, je reprends ma fellation, satisfait de m’exhiber ainsi.


Au milieu des grincements ferroviaires, je perçois les soupirs de mon partenaire qui deviennent de plus en plus rapprochés. Je reprends mon souffle pendant quelques secondes, laissant la fellation pour la masturbation. Je lance un regard à notre spectatrice qui veut dire : « voulez-vous vous joindre à moi ? ». Sa réponse, je la vois à sa main qui plonge entre ses cuisses et qui frotte sa chatte ; elle préfère rester à l’écart. Spectateur à mon tour, je ne faisais plus attention à mon partenaire lorsque je sentis un liquide frapper mon visage et ce son, caractéristique, de gouttes sur du papier. Il a joui et son sperme a éclaboussé mon visage et souillé mon pantalon et le programme posé sur mes cuisses. J’arrête mon va-et-vient quand je sens qu’il est allé au bout de sa jouissance et récolte une dernière goutte en pressant son gland entre mon pouce et mon index. Soudain, une demi-douzaine de jeunes fêtards font bruyamment irruption dans la rame. Nous descendons tous les trois en éclatant de rire alors que la sonnerie de départ retentit.