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n° 22694Fiche technique20275 caractères20275
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Temps de lecture estimé : 13 mn
18/10/24
Résumé:  Guidée par son amant, elle s’abandonne à un jeu érotique où elle doit tout lui céder. Mais jusqu’où ce jeu la conduira-t-il vraiment ?
Critères:  ffh amour jeu
Auteur : Maryse      Envoi mini-message

Collection : Trouple
Derrière les paupières closes

Avant-propos : On m’a lancé un défi : écrire une histoire « vraiment » érotique ! Mais où se trouve l’érotisme ? Dans la montée progressive des émotions, dans la description détaillée de l’acte, ou dans la transgression des tabous ? Pour explorer cette question, je vous propose trois textes sur un même thème, celui du « trouple », classés par ordre croissant d’intensité érotique… ou du moins, c’est ce que j’ai essayé de faire. Celui-ci est le second récit. Bonne lecture !



Voilà un mois qu’ils étaient ensemble. Une relation amoureuse intense et secrète que personne ne soupçonnait, pas même sa meilleure amie. Dès qu’elle était avec lui, plus rien d’autre qu’eux n’existait, comme s’ils étaient seuls au monde. Lorsque le doute et la culpabilité s’abattaient sur elle, obscurcissant son humeur, il lui suffisait de penser à lui pour que tout se ré-égaye comme par enchantement. Elle avait conscience que sa double existence, partagée entre sa famille et son amour clandestin, reposait sur un équilibre fragile et risqué. Un jour viendrait où elle devrait choisir. Mais pour l’instant, elle refusait d’y penser, souhaitant profiter au maximum de ce sentiment grisant d’exister pleinement, chaque fois qu’elle se trouvait en sa compagnie.


Enfin 17 h ! Elle n’en pouvait plus de guetter la petite horloge qu’affichait son écran. La journée avait été interminable, le temps s’était écoulé avec une lenteur désespérante. Maintenant qu’elle était sur le point de le retrouver, toute l’excitation qu’elle s’était efforcée de contenir déferlait en elle, portant son impatience au paroxysme. Ses doigts fiévreux tremblaient légèrement en éteignant son ordinateur. Elle attrapa vivement sa veste, son foulard et son sac avant de se précipiter dehors, un délicieux et incoercible fourmillement au ventre.


Une fois dans la rue, son cœur déborda de bonheur lorsqu’elle aperçut Pierre nonchalamment adossé à sa voiture. Aussitôt leurs regards se soudèrent et elle frémit, le corps parcouru de frissons. Incapable de se retenir plus longtemps, elle se mit à courir pour aller le rejoindre, oubliant toute prudence sans plus se soucier d’être démasquée.


Dès qu’ils s’enlacèrent, elle se perdit dans le vertige de leur étreinte. Son désir pour Pierre ne cessait de grandir à chacune de leurs rencontres. Avec une lenteur délibérée, celui-ci lui prit le visage entre ses mains, prêt à l’embrasser, et elle frissonna d’anticipation. La passion qu’ils partageaient était si intense qu’elle imprégnait chacun de leurs gestes, chaque souffle : le léger tremblement de leurs corps, leurs bouches prêtes à s’étreindre avec ardeur, leurs regards accrochés s’échangeant mille promesses inavouées. À ce moment, peu lui importait de se donner en spectacle tant elle se consumait d’envie. Son désir, désormais insoutenable, en était presque douloureux et la mettait au supplice.


Mettant fin à sa délicieuse et insupportable attente, Pierre l’embrassa. Pourtant, loin de la passion sauvage qu’elle attendait, il déposa sur ses lèvres un baiser d’une douceur troublante qui l’émut profondément. Son cœur faillit exploser lorsqu’il lui murmura :



Et sans attendre sa réponse, son amant l’étreignit à nouveau, cette fois avec une affolante ardeur. Elle crut défaillir sous le choc et pour ne pas chanceler, elle se blottit plus intimement contre lui en lui entourant le cou de ses deux bras. Le temps sembla s’arrêter. Ce ne fut qu’à bout de souffle qu’ils se séparèrent à regret. Pierre lui chuchota au creux de l’oreille à quel point il avait envie de lui faire l’amour. Puis, sans plus attendre, sa bouche prit possession de la sienne dans une étreinte affamée, la laissant sans souffle et toujours plus avide. Ivre d’excitation, elle rendit baiser pour baiser, redoublant d’audace et de fougue. Mais au lieu de se sentir comblée, son envie ne faisait que croître. Elle voulait plus, bien plus. Elle voulait sentir Pierre en elle, fort, chaud, dur. Et lorsque, quelques instants plus tard, elle se sentit doucement repoussée, elle crut mourir.



Les yeux brûlants, Pierre eut un étrange sourire qu’elle ne lui connaissait pas.



Une fois assise, elle releva le visage et remarqua le regard brillant de son amant sur ses cuisses rondes que sa veste ouverte et sa robe remontée dénudaient. Leurs yeux se croisèrent. La lueur trouble qui enflammait les prunelles qui l’observaient la fit frissonner. Son excitation était telle qu’elle était prête à tout. N’en pouvant plus d’attendre, elle brisa le silence qui devenait trop pesant.



Pierre lui répondit d’un petit sourire mystérieux. Il referma sa portière avant de contourner la voiture pour s’installer au volant. Il démarra sans prononcer un mot et conduisit d’une main sûre, observant la circulation dense de la rue à travers le pare-brise.


Le silence la maintenait dans tous ses états. Pierre lui avait concocté quelque chose de spécial, sûrement d’inédit, mais quoi ? Ce mystère la mettait au supplice et elle tentait vainement de percer les intentions de son amant en l’observant du coin de l’œil, ses doigts tremblotant légèrement sur ses genoux dénudés.


Cela faisait des jours qu’il lui parlait de ce nouveau jeu, une expérience pour elle, pour eux. Elle n’avait jamais été du genre à oser, à lâcher prise, mais avec Pierre, tout lui semblait possible. Il lui donnait l’envie de se laisser aller, de découvrir des sensations inédites. Ce soir, elle était prête à tout. Prête à franchir cette frontière qu’elle s’était toujours imposée et à faire voler en éclats toutes ses inhibitions.


Une pensée inattendue lui traversa l’esprit. Pierre ne s’était jamais caché de son mode de vie libertin, et à plusieurs reprises, il lui avait proposé de rencontrer son épouse pour former un ménage à trois. Elle avait refusé, non pas par dégoût, mais parce qu’elle n’était pas encore prête à le partager. Chaque minute avec lui était précieuse : elle voulait en profiter pleinement, le garder pour elle seule.


Lorsque Pierre se gara devant un immeuble qu’elle ne connaissait pas, son cœur s’emballa. Elle tourna la tête sur la gauche et lança un regard suppliant à son amant. Celui-ci posa un doigt sur sa bouche pour l’empêcher de poser sa question. Le léger contact la fit frissonner, ressentant exagérément la douce chaleur qui irradiait ses lèvres fiévreuses.


Aucun mot ne fut échangé tandis qu’ils sortaient de la voiture. Elle sentait son souffle se raccourcir à mesure qu’ils s’approchaient de l’entrée, sous l’effet de l’adrénaline qui montait en elle. La porte en verre s’ouvrit dans un léger grincement, et la fraîcheur du hall d’immeuble l’enveloppa aussitôt, la couvrant de chair de poule. Ils se dirigèrent vers l’ascenseur, un silence prégnant entre eux, ponctué uniquement par le léger écho de leurs pas sur le carrelage du sol. Elle se surprit à serrer les poings, tentant de dompter le mélange détonnant d’appréhension et d’excitation qui montait en elle.


Lorsque les portes de l’ascenseur se refermèrent sur eux, le monde sembla se réduire à cet espace exigu. Pierre se tenait près d’elle, si près qu’elle sentait sa chaleur irradier jusque dans son corps. Il n’en fallut pas plus pour que, d’un même mouvement, leurs lèvres se joignissent et leurs corps s’épousassent. L’étreinte l’émerveilla et l’affola à la fois : il y avait quelque chose de différent dans la façon dont Pierre l’embrassait, quelque chose de dévorant, d’insatiable, comme si son baiser réclamait bien plus que sa bouche. Comme s’il la voulait elle tout entière, et plus encore. Chaque baiser, chaque caresse échangée renforçait son intuition. Quelque chose d’inattendu allait se produire. Elle ignorait quoi, mais cette incertitude la troublait autant qu’elle l’envoûtait.


Quand l’ascenseur s’arrêta enfin, elle, ils se détachèrent l’un de l’autre et elle ressentit un vide soudain, presque douloureux. Pierre n’avait toujours rien dévoilé, mais son regard, intense et mystérieux, en disait long. À l’instant où les portes s’ouvrirent sur le palier, il attrapa le foulard qu’elle tenait à la main.



Elle perçut immédiatement une tension, une gravité dans l’attitude de son amant, comme si ce moment allait marquer un tournant dans leur relation.


Elle hocha la tête, sur des charbons ardents. Il s’approcha d’elle puis, avec une délicatesse infinie, enroula le foulard autour de ses yeux. L’obscurité soudaine fit battre son cœur plus vite. Elle ne voyait plus rien, mais sentait tout avec une intensité nouvelle : le frôlement des doigts, le souffle sur sa nuque, les bruits qui semblaient devenir plus distincts. Ses autres sens s’éveillaient, comme électrisés.


Il la guida doucement, ses doigts chauds et fermes sur son bras. Chaque pas lui paraissait plus incertain. Plongée dans le noir, le monde autour d’elle lui échappait, bien que ses sens affûtés tentaient de le redéfinir. Son cœur battait à tout rompre, partagé entre peur et excitation. Tout son corps était tendu, vibrant d’anticipation. Elle se laissait faire, s’en remettant totalement à son compagnon.


Il s’arrêta. Un bruit de clé dans une serrure. Elle fut de nouveau tirée en avant. Puis le bruit d’une porte claquant derrière son dos. Elle comprit qu’elle était à l’intérieur d’un appartement inconnu.



Sa poitrine se comprima, expulsant tout l’air de ses poumons tandis qu’elle se demandait, angoissée, où ils se trouvaient. Elle avait envie de crier qu’elle voulait tout arrêter, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Elle sursauta violemment en poussant un petit râle d’effroi lorsque quelque chose l’effleura.



Il se mit à tourner lentement autour d’elle, la frôlant du bout des doigts. Elle ressentait la présence affolante de son amant l’entourer telle une proie qui sentait la présence toute proche d’un prédateur. C’était un jeu, se dit-elle, un jeu de lâcher-prise, de confiance. Il n’y avait rien à craindre, rien à contrôler. Juste à accepter, à s’abandonner. Pourtant, quoiqu’elle essayât pour se rassurer, la boule d’appréhension dans son ventre ne cessait de grandir.


Pierre était là. Elle ne risquait rien. Il resterait toujours à ses côtés à veiller sur elle ! psalmodiait-elle en inspirant profondément pour faire refluer ses doutes. Mais… et si ?


Un frôlement léger sur sa joue la fit tressaillir. Elle se força à sourire, relevant le menton en signe de défi, se persuadant que la partie avait commencé et que Pierre allait tout mettre en œuvre pour tenter de la déstabiliser… Jusqu’à ce que l’un des deux ne tienne plus et craque. Ça ne serait pas elle, se promit-elle.


Les premières caresses étaient douces, presque apaisantes. Tout semblait familier, prévisible. Mais rapidement, son esprit commença à vagabonder. La sensation des doigts sur sa peau devenait insaisissable, flottante, presque déroutante. Était-ce bien lui, ou son esprit lui jouait-il des tours ? L’absence de vue et l’incertitude la faisaient délirer. Elle fixa son attention sur les sons pour s’ancrer dans la réalité : les bruits de pas discrets, la respiration contenue presque inaudible, les légers craquements des lattes du parquet, le bruissement des vêtements. Elle essayait de reconstituer mentalement le trajet de Pierre, d’anticiper ses légers effleurements qui la faisaient sursauter. Mais il restait insaisissable. Il prenait son temps, jouant avec ses nerfs. « Il prend un malin plaisir à me faire languir », pensa-t-elle, en plein tumulte.


Elle tenta de se concentrer à nouveau, mais ses pensées devenaient insidieuses. Puis, ce furent des lèvres. À peine esquissées sur son cou, ses joues, des baisers qu’elle connaissait bien, mais qui, tout à coup, semblaient teintés d’une étrange nouveauté. Elle hésita, son corps se tendit malgré elle.



Elle hocha la tête, même si l’assertion, qui se voulait rassurante, ne l’apaisa pas. Les baisers se firent plus présents, plus intimes, mais à chaque nouvelle caresse, quelque chose changeait. Les lèvres, les doigts devenaient plus subtils, plus délicats. Plus troublants aussi.


L’étrangeté de la situation commençait à éroder sa résistance. Chaque contact devenait plus difficile à identifier, la plongeant dans une tension de plus en plus éprouvante. Elle n’arrivait plus à faire la part du vrai et du faux. C’était comme si son propre corps la trahissait, incapable de reconnaître ce qui, en temps ordinaire, lui aurait semblé évident.


Son cœur manqua un battement lorsqu’elle crut déceler un second souffle. Pierre n’était pas seul dans la pièce ! se dit-elle, désormais convaincue, en se raidissant, tous ses sens aux aguets. Rien ! Elle avait dû se tromper. Privée de vision, plongée dans le noir, n’étant plus maître de rien, son esprit commençait à échafauder des absurdités, à divaguer.


Puis, sans prévenir, elle rit. Un rire bref, nerveux, mais libérateur. « Pourquoi est-ce que je me laisse prendre à ce point ? », pensa-t-elle. Pierre et elle s’aimaient. Ce dernier était là pour elle et ne lui ferait jamais rien qu’elle ne souhaitait vraiment ! Cette certitude la calma. Sa respiration saccadée ralentit, son corps retrouva sa réceptivité. Elle s’abandonna à nouveau à la volupté des attouchements.


Les baisers et les caresses se firent plus longs, plus sensuels. Elle ne cherchait plus à comprendre, juste à ressentir. Elle ne se dérobait plus lorsque des doigts s’immisçaient sous les plis de ses vêtements. Le plaisir insinuant l’envahissait, à la fois intense et équivoque.


Puis, dans la chaleur de ces échanges, le doute revint. Ces lèvres, cette douceur, cette finesse… non, ce n’était pas Pierre. Elle le sentait maintenant avec une certitude déconcertante. Il y avait quelqu’un d’autre. Ce souffle, presque imperceptible contre son cou, ce parfum fleuri, étaient ceux d’une femme. Ses genoux tremblèrent sous l’effet de cette révélation, et cette personne… ne pouvait être que l’épouse de Pierre.


Son cœur battait à tout rompre tandis qu’elle s’interrogeait avec fébrilité : voulait-elle continuer, était-elle prête à franchir cette limite ?


Pendant un instant, le temps s’arrêta. Son esprit en plein dilemme se mit à fonctionner à toute allure : elle était dans l’expectative la plus totale, partagée entre l’envie d’interrompre cette folie et le désir lancinant de goûter ce plaisir interdit, de partager Pierre avec l’épouse légitime.


La réalité devenait floue, indécise, comme si elle flottait indolemment dans un ailleurs nébuleux. Elle pouvait presque sentir la présence féminine avec une précision troublante. C’était elle, cette délicatesse discrète et légère qui l’effleurait, qui l’appelait. L’air semblait vibrer autour d’elles, entre elles. Ce n’était plus seulement un jeu, mais un instant volé à la normalité ! Jamais elle n’aurait cru être capable de vivre quelque chose d’aussi transgressif, d’aussi inattendu. Mais étrangement, elle se sentait plus libre que jamais, comme si ce moment révélait une part d’elle-même qu’elle avait longtemps niée.


C’était comme si cette présence féminine l’avait envahie. Elle n’avait pas besoin de la voir pour en ressentir sa présence dans toutes les cellules qui la constituaient. Les courbes féminines si sensuelles contre son dos, les mains audacieuses sur son ventre, les longues jambes fines emboîtées aux siennes, la caresse des cheveux soyeux sur sa peau, le souffle chaud qui lui balayait la joue, les lèvres satinées contre son oreille, le parfum délicat qui la grisait, le battement de cœur légèrement précipité à l’unisson du sien…


Un baiser, plus appuyé cette fois, sur sa nuque, la fit haleter. Les mains se firent plus aventureuses, effleurant la peau avec une tendresse presque sacrée. Elle ferma les yeux sous le foulard comme si ce simple geste la soustrayait de la réalité. Il n’y avait plus qu’elles deux. Plus de jeu, plus de règles. Juste cette intimité partagée dans le secret de l’obscurité. Elle laissa un soupir s’échapper de ses lèvres, un soupir de consentement qui exprimait tout ce qu’elle éprouvait : l’abandon, la confusion, et ce désir qui la consumait.


Pierre murmura quelque chose, mais elle ne l’entendit pas. Tout son être était tourné vers cette inconnue qui l’envoûtait. Cette présence invisible avait pris possession d’elle, doucement, imperceptiblement et elle s’abandonnait à son emprise. Les doigts d’une légèreté insoutenable papillonnaient autour d’elle, l’affolant de leurs caresses à peine esquissées. Subjuguée, elle suivait par la pensée, le ballet gracieux des mains qui la parcouraient, la découvrait, effleurant encore et encore les courbes de son corps qui frémissait à chaque contact.


Un nouveau jeu s’était établi. L’épouse l’utilisait pour séduire son mari et elle se laissait faire, troublée d’être devenue un objet de désir. L’excitation était palpable. Le souffle court de Pierre lui parvenait aux oreilles. Les mains, les paumes, les doigts virevoltaient sur elle, légers et doux, glissant langoureusement sur sa poitrine, son ventre, ses hanches pour remonter lentement par l’intérieur de ses cuisses, retroussant sa jupe. Le couple faisait l’amour à travers elle. Elle aurait dû se sentir jalouse, dévalorisée, reléguée au rang de jouet sexuel, pourtant elle ne l’était pas, bien au contraire. Elle se sentait pleinement intégrée, complice et partageait complètement leur plaisir. Elle s’offrait sans pudeur aux doigts de plus en plus précis, de plus en plus insistants. Des étincelles de plaisir la transperçaient, la faisaient haleter, gémir.


Tout s’accéléra lorsqu’une main empauma son sein, caressant du pouce sa pointe tendue de désir tandis que l’autre se faufilait au cœur de sa féminité. Ivre de plaisir, elle se cambra, s’offrant sans restriction aux sensations ardentes qui irradiaient partout en elle, l’esprit et le corps en feu. Les caresses accentuaient le déferlement érotique qui se déchaînait en elle, l’emmenant toujours plus loin, toujours plus haut. Elle ne put retenir un long gémissement aigu lorsqu’elle atteignit le paroxysme du plaisir…


Lorsqu’elle reprit pied avec la réalité, hors d’haleine, un silence profond régnait dans la pièce. Pierre était là, si proche qu’elle pouvait percevoir son souffle, mais l’autre… la femme semblait s’être volatilisée. Sa gorge se noua de déception tandis qu’une sensation de vide se creusait en elle. Elle resta là, immobile, incapable de la moindre initiative, les yeux toujours bandés, se demandant presque si elle avait rêvé ou si tout ce qui lui était arrivé était bien réel.


Et puis elle reprit le contrôle de ses émotions, et se retrouva face à ses pensées, ses doutes, et à ce qu’elle avait découvert d’elle-même. Elle aurait pu demander à Pierre de s’expliquer, de briser cet instant de perplexité, mais elle n’en ressentit pas le besoin. Elle avait compris.


D’un geste lent, presque solennel, elle porta les mains à son visage et retira doucement le foulard qui lui obstruait la vue. Ses yeux mirent un moment à s’habituer à la lumière tamisée de la pièce. Pierre et son épouse se tenaient là, en face d’elle, les deux lui souriant, comme s’ils attendaient qu’elle prenne la parole en premier.


Mais elle resta silencieuse tandis que ses pensées s’ordonnaient. Le jeu lui avait permis de franchir une étape dans sa vie amoureuse, ce dont elle ne se serait jamais crue capable. Comme si ce qui venait de se passer avait éveillé quelque chose de nouveau en elle, quelque chose qu’elle n’avait jamais imaginé et qui lui paraissait non seulement à sa portée, mais aussi indispensable.


Alors, d’un pas léger, elle s’approcha d’eux. La femme de Pierre lui ouvrit les bras et elle s’y lova, le cœur léger, prête à embrasser cette nouvelle facette de sa vie.



Elle l’étreignit avec passion tandis que Pierre les enlaçait toutes les deux avec force. Le désir crépitait. Ce n’était que le début. Elle se sentait prête à découvrir jusqu’où cela la mènerait…