| n° 22686 | Fiche technique | 19786 caractères | 19786 3191 Temps de lecture estimé : 13 mn |
14/10/24 |
Résumé: Une femme accomplie, dans la fleur de l’âge, est invitée à franchir une limite. Osera-t-elle céder à la tentation de former un « trouple » ? | ||||
Critères: ffh hotel amour | ||||
| Auteur : Maryse Envoi mini-message | ||||
| Collection : Trouple |
Avant-propos : On m’a lancé un défi : écrire une histoire « vraiment » érotique ! Mais où se trouve l’érotisme ? Dans la montée progressive des émotions, dans la description détaillée de l’acte, ou dans la transgression des tabous ? Pour explorer cette question, je vous propose trois textes sur un même thème, celui du « trouple », classés par ordre croissant d’intensité érotique… ou du moins, c’est ce que j’ai essayé de faire. Celui-ci est le premier récit. Bonne lecture !
Lorsqu’elle arriva devant l’hôtel majestueux, elle s’immobilisa, incapable de faire le tri dans ses émotions. L’oppression sourde qui l’assaillait se fit plus écrasante encore. Ce qui n’aurait dû rester qu’un simple fantasme était sur le point de devenir réalité.
Une part d’elle-même hurlait de faire demi-tour, de rentrer chez elle avant de commettre l’irréparable. Mais l’autre, celle qui grandissait en elle depuis des jours, l’exhortait à avancer, à tout risquer pour échapper à la monotonie qui étouffait son existence et retrouver sa flamme perdue. Jamais elle ne s’était sentie aussi agitée, tiraillée entre l’angoisse et l’excitation. Elle savait qu’en franchissant ce seuil, elle tournerait définitivement le dos à sa vie d’avant, brisant les chaînes qui l’avaient jusque-là entravée. Où cela l’entraînerait-il ? Elle l’ignorait, mais elle se sentait irrésistiblement attirée par cet inconnu qui promettait de réveiller tout ce qu’elle avait trop longtemps ignoré ou nié, et qu’elle ne pouvait désormais plus contenir.
L’idée de tout annuler s’imposa une nouvelle fois à elle. Non, elle ne pouvait plus faire marche arrière ! Si elle ne le faisait pas maintenant, elle le regretterait toute sa vie. Et puis, elle s’était longuement et minutieusement préparée pour paraître à son avantage. Le tissu fluide de sa robe fuchsia épousait ses formes féminines, caressant sa peau à chaque mouvement. Ses sous-vêtements de dentelle noire ajoutaient une touche de sensualité sous la soie. Elle s’était maquillée avec un soin particulier, ses cheveux relevés en un chignon sophistiqué, et son parfum capiteux flottait autour d’elle…
Les hésitations et les atermoiements faisaient rage en elle. En plein désarroi, elle piétinait nerveusement sur le trottoir, les tempes bourdonnantes, le ventre noué, les mains moites. Que risquait-elle, après tout ? D’être déçue ? Eh bien, au moins, serait-elle fixée une bonne fois pour toutes, pensa-t-elle. Si la réalité n’était pas à la hauteur de ses espérances, elle pourrait toujours mettre un terme à cette aventure.
Comme mue par une force inconnue, elle gravit les marches du perron. Après une profonde inspiration, elle se glissa dans la porte à tambour, qui l’entraîna à l’intérieur. Ses yeux s’écarquillèrent devant la magnificence du lieu. Jamais elle n’avait été invitée dans un cadre aussi raffiné.
Le hall était vaste et imposant. Des colonnes majestueuses s’élevaient jusqu’au plafond finement sculpté, et des lustres en cristal diffusaient une lumière douce. L’ambiance, à la fois chaude et feutrée, offrait un havre de tranquillité, vous soustrayant, le temps d’un instant, au tumulte du monde extérieur.
Son regard erra autour d’elle, cherchant le petit salon où elle avait rendez-vous. Des fauteuils en cuir moelleux étaient disposés autour de tables en verre, tandis qu’un tapis épais absorbait le bruit de ses pas, offrant une sensation de confort qui contrastait avec sa fébrilité croissante.
Lorsqu’elle les aperçut, se levant pour l’accueillir, sa respiration se suspendit, l’air lui manqua et une vive chaleur lui monta au visage. Aurélie et Fred étaient encore plus beaux, plus attirants, mieux assortis que jamais. Elle sentait leurs regards converger sur elle, ce qui ne faisait qu’accentuer son trouble. Un long frisson la secoua et tout son corps se mit à la picoter. De peur, d’impatience, d’excitation ? Elle n’aurait pu le dire. Ils restaient là, immobiles, yeux dans les yeux, sans rien dire, comme si le temps s’était suspendu.
Puis une drôle de pensée lui vint à l’esprit : devait-elle leur serrer la main, leur faire la bise ou les embrasser ? Mais elle n’eut pas le temps d’y réfléchir plus longtemps. Aurélie l’arracha de son indétermination en s’adressant à elle, d’une voix chaleureuse :
La question la frappa de plein fouet. Pendant un instant, elle eut l’impression que le sol se mettait à bouger sous ses pieds en menaçant de lui faire perdre l’équilibre. Était-elle ravie de les revoir ? Bien sûr ! Mais désirait-elle vivre cette expérience amoureuse totalement inédite pour elle, jusqu’au bout ? Le voulait-elle vraiment ?
Les mots lui avaient échappé. Cela devait donc être vrai !
Les deux l’observaient, ou plutôt la scrutaient avec attention. Tous les trois savaient que le moment crucial était arrivé. Tout dépendait d’elle, de la décision qu’elle allait prendre ! Elle en mourrait d’envie, mais était-elle vraiment capable de tout risquer et d’assumer les conséquences de son choix ? En proie à l’incertitude, elle ferma les yeux et respira profondément pour essayer de reprendre le contrôle de ses émotions. Elle ne put s’empêcher de penser à quoi pourrait ressembler leur vie de « trouple ». Ce mot, qui au début lui paraissait inconcevable, lui semblait maintenant familier, à sa portée. Aurélie lui avait donné les règles : Vivre tous les trois en harmonie, en équilibre. Chacun devra trouver son compte à part égal des deux autres. Aucune jalousie, aucun jugement, ni mensonge, même par omission. Si quelque chose gênait ou risquait de compromettre la relation, il faudrait en parler franchement et immédiatement. Ne rien laisser s’envenimer. Des recommandations simples et pleines de bon sens qui lui paraissaient accessibles, à sa mesure, malgré le fait qu’elle était mariée et qu’elle avait une famille dont elle devait s’occuper. Tout comme Aurélie et Fred d’ailleurs ! Et si c’était possible pour eux, pourquoi pas pour elle ?
Après de longues et douloureuses tergiversations qui avaient duré plusieurs jours, elle avait fini par accepter de les rejoindre, profitant du fait qu’elle était seule, le temps d’un week-end prolongé…
« Que lui arrivait-il ? Pourquoi cette hésitation soudaine ? N’avait-elle pas passé des jours à mûrir sa décision ? »
Une main se posa délicatement sur son bras. La chaleur du contact la fit frissonner et elle rouvrit les paupières. Elle remarqua immédiatement la tension de ses deux invités, qui semblaient suspendus à ses lèvres en guettant sa réponse. Elle, qui se considérait comme une personne quelconque, n’en revint pas de susciter une telle attention. Aurélie et Fred ne se méprenaient-ils pas sur son compte ? Était-ce bien elle que leurs regards contemplaient avec intensité ? Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas ressenti ce délicieux petit frisson d’excitation que chaque femme éprouve en se sentant admirée.
Une certitude chassa ses doutes : elle avait besoin de mettre fin à son existence routinière et de réveiller la passion en elle pour se sentir vraiment vivante ! Cette escapade amoureuse ne pourrait lui faire que du bien, pensa-t-elle tandis que le poids qui lui comprimait la poitrine disparaissait. Convaincue, elle se laissa guider jusqu’à un fauteuil profond où elle s’assit.
Une fois tous les trois installés, Fred versa le champagne dans les flûtes en cristal, et ils trinquèrent avec effusion. Jamais elle n’aurait cru que passer un moment en compagnie de ce couple avec qui elle allait faire l’amour serait aussi simple, aussi agréable. Leur conversation allait bon train, passant d’un sujet à l’autre avec facilité. Ils plaisantaient et riaient de bon cœur comme l’auraient fait trois amis de longue date. L’ambiance cordiale n’arrivait cependant pas à occulter le désir certes tapi, mais bien là, qui couvait entre eux. Aurélie et Fred, charmants et à l’aise, l’entouraient de toute leur attention. Il n’y avait pas une seconde où elle ne ressentait pas l’effleurement de leurs regards sur son visage, la caresse d’une main sur son bras, la pression d’une hanche contre son bassin et la délicieuse brûlure d’une cuisse contre la sienne. Jamais elle n’avait été aussi bien appréciée, aussi courtisée. En leur présence, elle se sentait vraiment femme, sûre de son pouvoir de séduction et cela la grisait, lui donnait des ailes. Elle ne souhaitait rien d’autre que ce moment de pur bonheur se prolonge indéfiniment…
Lorsque sa flûte vide lui fut retirée des mains, elle sut que le moment qu’elle n’avait fait qu’attendre pendant toute la soirée était enfin arrivé. Elle remarqua, du coin de l’œil, Fred lancer un regard interrogatif à Aurélie qui acquiesça d’un petit hochement de tête. Aussitôt, elle se figea, tous les sens en alerte.
La voix masculine l’emplit tout entière. Affolée, le cœur battant à tout rompre, elle lança à chacun un regard suppliant, mais aucun ne vint à sa rescousse. Les yeux étincelants des deux en disaient long sur leurs intentions. Ils allaient passer à l’acte, c’était inscrit sur leurs visages. N’était-ce pas pour cela qu’ils étaient ensemble ? « Oublie tes préjugés et tes craintes ! », s’encouragea-t-elle. « Cela fait trop longtemps que tu t’interdis de te laisser aller, de vivre tes envies. Il est maintenant temps de laisser la place à la nouvelle Maryse ! Tu ne demandes que ça ! »
Le visage d’Aurélie, qu’elle avait dans son champ de vision, s’illumina. Il en devint encore plus lumineux. Jamais elle n’avait été aussi troublée pourtant elle n’avait pas été encore embrassée, ni caressée !
Elle frissonna en sentant les mains, l’une douce et délicate, l’autre ferme et solide, lui attraper les siennes et la tirer pour l’extirper du fauteuil au fond duquel elle se réfugiait. Elle traversa le hall somptueux comme dans un rêve, les jambes flageolantes, guidée par la tendre pression d’Aurélie et celle rassurante de Fred, accroché à son bras.
Ils s’arrêtèrent devant un ascenseur dont les portes en laiton poli renvoyaient des reflets dorés. Aurélie appuya sur le bouton, et le bruit de l’appel, pourtant discret, la fit tressaillir. Jamais elle ne s’était sentie aussi fébrile. Les portes s’ouvrirent, dévoilant la cabine lambrissée. L’ambiance calme qui s’y dégageait contrastait avec la tension qu’elle ressentait. Elle entra en silence, le cœur battant. Son regard se posa sur le miroir du fond. Son reflet paraissait lointain, presque irréel. Elle se voyait là, entre Aurélie et Fred, comme si ce n’était plus tout à fait elle, comme si elle était extérieure à la scène.
La réalité la rattrapa de plein fouet lorsque les portes se refermèrent derrière elle et que l’ascenseur commença sa douce ascension : elle ne pouvait plus se rétracter. La cabine lui sembla brusquement minuscule. L’air, soudainement trop rare, n’arrivait plus à ses poumons. Dans cet espace confiné, ses doutes revinrent avec une force inattendue. L’appréhension l’assaillit de nouveau.
Son trouble ne passa pas inaperçu. Aurélie, toujours aussi prévenante, se rapprocha un peu plus. Elle posa la main sur son avant-bras, la faisant lentement glisser sur sa peau, en de légers va-et-vient. Fred, quant à lui, pressa sa paume contre le bas de son dos, un geste tendre, mais affirmé et protecteur, pour la rassurer.
Elle hocha la tête, mais son esprit était en ébullition. Elle se demandait ce qu’elle faisait là. Comment avait-elle pu se laisser entraîner dans cette aventure insensée ? Aurélie et Fred paraissaient si sûrs d’eux, si à l’aise. Pour eux, c’était évident, naturel. Pour elle, tout semblait compliqué, contre nature. Elle ne pouvait s’empêcher de penser à sa vie d’avant, à son mari, à sa routine… Sa décision d’être là lui paraissait plus lourde de conséquences que jamais. La tentation de reculer la fit suffoquer.
L’ascenseur s’arrêta, les portes s’ouvrirent sur un couloir feutré, bordé de lumière tamisée. Fred fit un pas en avant, tenant toujours Maryse contre lui. Elle se laissa guider, le cœur serré et la tête bouillonnante de questions. Aurélie, à ses côtés, gardait ce sourire tendre, presque envoûtant.
Ils arrivèrent devant une porte en bois massif. Aurélie sortit une carte de son sac à main et la fit glisser contre la serrure magnétique. Le déclic résonna doucement dans le silence du couloir. La porte de la chambre s’ouvrit et elle resta interdite.
C’était comme un décor de rêve, une vision irréelle qui contrastait violemment avec le tourbillon de doutes qui l’assaillait depuis des heures. Le lit à baldaquin, les rideaux soyeux… Chaque détail semblait murmurer une promesse de confort et de douceur. Pendant une fraction de seconde, ses peurs laissèrent la place à son émerveillement.
Ses yeux se posèrent sur le lit immense qui invitait à venir s’y allonger. Elle frissonna, se demandant si elle était prête à s’élancer, à faire le grand saut.
La voix douce d’Aurélie résonnait à son oreille comme une promesse. Son cœur tressaillit dans sa poitrine lorsqu’elle sentit les doigts fins et doux frôler sa chevelure légèrement bouclée, repoussant avec délicatesse ses longues mèches derrière son oreille. Elle ne résista pas lorsque la paume lui fit pivoter la tête. Aurélie allait l’embrasser ! pensa-t-elle, en contemplant la bouche délicatement ourlée, légèrement entrouverte, qui s’approchait lentement, mais inexorablement d’elle. Le cœur battant à tout rompre, elle se figea, dans l’attente de ce qui allait se passer.
La question résonna dans son esprit comme un coup de tonnerre. Elle s’était préparée à tant de choses, mais maintenant, ce n’étaient plus des idées : elle était face à la réalité et son choix serait irrémédiable. Ses lèvres tremblaient, incapables de répondre. Dans son esprit, mille pensées se bousculaient. Avait-elle vraiment envie de ça ? Et même si c’était le cas, serait-elle à la hauteur ? Saurait-elle satisfaire ses deux amants ? Le temps sembla se suspendre tandis qu’Aurélie et Fred retenaient leurs souffles, attendant sa réponse.
Ce « oui », qui s’était échappé de ses lèvres sans qu’elle n’en ait eu vraiment conscience, la soulagea immédiatement, dissipant le dilemme qui la rongeait depuis trop longtemps. Après tout, que risquait-elle vraiment ? Elle n’était ni la première ni la dernière femme à céder à la tentation, à vivre une aventure défiant les conventions. Et puis, elle devait en avoir le cœur net. Si elle renonçait maintenant, elle savait qu’elle y repenserait toute sa vie, ressassant ce moment manqué qui ne la laisserait jamais en paix.
Elle prit une grande inspiration et osa enfin croiser le regard d’Aurélie. Leurs yeux se rencontrèrent, et dans cette proximité nouvelle, elle sentit une chaleur à la fois familière et troublante l’envahir. Elle comprit que plus rien ne serait comme avant. L’espace entre elles semblait se rétrécir, comme si le simple fait de se regarder était déjà une étreinte.
Et lorsque les lèvres chaudes et satinées se posèrent sur les siennes, elle oublia tout. Des lèvres pleines de promesses, qui lui disaient combien elle était désirée. Un baiser qui provoqua comme un déclic en elle. Qui la faisait sentir plus vivante, plus inspirée que jamais. Qui lui faisait comprendre qu’elle ne devait plus avoir peur de rien, qui l’invitait à explorer cette partie d’elle-même qu’elle avait depuis trop longtemps mise en sommeil. Alors, elle ferma les yeux et s’abandonna à la douceur, à la délicatesse de ce visage qui se pressait contre le sien, à la finesse de la peau chaude et soyeuse, si différente de celle plus rugueuse d’un homme. Tout était si suave, si onctueux, si troublant qu’elle avait l’impression qu’elles se découvraient intimement par leurs bouches soudées. Elle avait une conscience aiguë de la féminité, à la fois ardente et enivrante, d’Aurélie qui l’enlaçait. Elle se sentait envoûtée, incapable de résister à un tel pouvoir de séduction. Personne n’avait provoqué un tel effet sur elle. Elle était comme emplie par l’aura à la fois tendre et subtile de sa partenaire à qui elle se livrait corps et âme…
Et lorsque, à bout de souffle, elles finirent par se détacher l’une de l’autre, ce fut comme une déchirure.
La main de Fred qui se posa sur son épaule lui fit tourner la tête. Leurs yeux se croisèrent et elle ressentit comme un choc. Elle resta figée, presque intimidée, tandis que ce dernier se penchait vers elle, approchant ses lèvres des siennes pour l’étreindre à son tour. Un baiser totalement différent du précédent. Un baiser d’homme, puissant, plein de désir, presque conquérant. La bouche se mit à dévorer la sienne et, une fois de plus, elle se laissa emporter en s’offrant sans retenue à la force qui l’aspirait. La pression des deux corps, l’un féminin, l’autre masculin contre elle l’électrisait. Elle pouvait sentir les battements précipités de leurs cœurs. Son esprit, ses sens, son être tout entier étaient connectés aux leurs. Elle avait l’impression d’avoir fusionné avec eux. Sensation vertigineuse qui échappait à toute explication.
Jamais elle ne s’était sentie désirée avec une telle avidité. Jamais elle ne s’était sentie aussi désinhibée, délivrée de toute attache. Elle avait besoin d’Aurélie et de Fred, comme si eux seuls étaient capables de donner une nouvelle signification à son existence, une réalité à sa propre vie. Elle se gorgeait d’eux et ne souhaitait rien d’autre que de faire partie intégrante de leur couple.
Tandis qu’elle se laissait guider vers le lit, elle comprit que cette soirée et cette nuit allaient changer bien plus que ce qu’elle avait imaginé. Elle allait ouvrir une nouvelle porte, celle d’une vie qu’elle n’avait jamais osé désirer. Et pour la première fois depuis longtemps, l’inconnu ne la terrifiait plus !
Le tourbillon de la volupté l’emporta tandis que des bras l’entouraient, des mains la caressaient, des bouches l’embrassaient. Bientôt, elle fut entièrement nue, frissonnante et haletante. Les doigts délicats d’Aurélie et ceux plus impatients de Fred, les lèvres tantôt douces et sensuelles, tantôt audacieuses et insatiables la portèrent au paroxysme de son désir. Les mots d’amour, sans cesse murmurés à ses oreilles, lui disaient combien elle était belle et désirable, combien ils étaient émerveillés par sa sensualité et par sa réceptivité, qu’ils mourraient d’envie de partager cette expérience avec elle. Ivre de plaisir, elle s’offrait sans fausse pudeur, découvrant de nouveaux horizons insoupçonnés. Jamais elle ne s’était sentie aussi femme. Une femme audacieuse, affranchie, libérée de toute entrave. Une femme enfin libre de disposer de son corps et de profiter pleinement des sensations qu’il lui procurait. Après toutes ces années où elle s’était efforcée d’agir comme les autres l’attendaient d’elle, elle avait gagné le droit de penser à elle et de vivre pleinement. Et maintenant, tout ce qu’elle voulait vraiment, c’était d’être avec ses deux amants et se fondre en eux, avec eux, corps et âme, pour l’éternité…