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n° 22651Fiche technique31003 caractères31003
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Temps de lecture estimé : 21 mn
22/09/24
corrigé 22/09/24
Résumé:  Une promenade en forêt et une rencontre qui va bouleverser les certitudes. Fantasme ? Réalité orgiaque ? Allez savoir !?
Critères:  #merveilleux fh ff grp revede
Auteur : Angélique Geoffrey      Envoi mini-message
Rêve ou réalité

Le silence l’accueille dans sa grande mansuétude.

Elle sent que ce moment va être inscrit sur le grand livre du monde invisible.


Elle a déjà arpenté ces chemins vingt fois, cent fois, mille fois, mais elle n’a jamais ressenti cette émotion. Elle frissonne, le vent s’est levé, les feuilles bruissent, chuchotant une mélopée qui vint l’envelopper d’un voile suintant.

Les fragrances qui s’en dégagent sont fortes, bois de santal qui taquine l’odeur musquée des sous-bois cachés. Un soupçon de résine ambrée de pin s’allie à l’humus qui se dégage d’un tronc d’arbre tombé lors d’une tempête, la mousse lui servant de linceul.


Elle ressent ses propres effluves corporels, sa transpiration un peu âcre, le mélange de la terre et de ses aisselles est légèrement aphrodisiaque.


Elle se sent enfin en paix.

La journée fut éprouvante. Encore une dispute, celle de trop ?

Les regards se sont enfuis depuis si longtemps.

Les paroles ne sont plus des caresses, juste des signes dactylographiés, des silences assourdissants. Des non-dits assassins.


Elle n’en peut plus de ne plus exister dans cette dimension.


Ici, elle revit.


Elle aime cet instant où la luminosité se fait languissante.

Les couleurs semblent se confondre les unes aux autres, cercle chromatique qui devient hypnotique.

Les verts se soumettent aux ors, qui rougissent dans un battement de branches.


La forêt s’est revêtue de son habit de lumière.


La température de l’air est fraîche, à l’opposé de celle de son corps qui est brûlante d’une fièvre inconnue.


Elle marche d’un pas assuré, elle sait où se diriger.


Un endroit qu’elle a découvert au gré de ses balades solitaires.


Un royaume caché.


Elle sait qu’elle n’est probablement pas la seule à y pénétrer. Elle ressent de façon très intuitive les âmes d’autres femmes imprégner l’espace.


Enfin, elle arrive. La terre des Goloks.

Un peuple ancestral, qui a fui la folie des humains. Ce sont eux qui lui ont raconté leur histoire. Elle leur sait gré de leur confiance. Après tout…

Ils seraient venus d’une autre galaxie, atterrissant par erreur sur cette planète aussi bleue que l’œil du cosmos.

Ils ne purent repartir.

Le cœur de ces êtres ne connaît pas les infamies du monde, point de haine ou de jalousie, ni de violence, encore moins d’orgueil.

Ils vivent en harmonie avec la terre qui les nourrit, et une osmose semble régner dans leur communauté.


Les Goloks ne se montrent pas de prime abord, ils protègent ainsi le secret de leur présence.


Ils virent au cours des siècles le chaos gangrener les hommes, leur propension à exceller dans les guerres et les génocides, ce besoin de sang chaud, de chairs brûlées.

Impuissants, ils assistèrent à cette déchéance.


Mais ils étaient également intrigués par l’âme humaine. Cette lueur qui se dégage de chacun d’entre nous. Tantôt lumineuse, tantôt sombre. Si on regarde la terre depuis les airs, on voit un mélange de halos de différentes couleurs. C’est cet arc-en-ciel qui a attiré les Goloks.

La plus belle couleur selon eux ?

La blanche, signe de pureté.


Dans cette futaie reculée, les fougères tapissent le sol, leurs feuilles pouvant devenir un toit protecteur. Nombre d’arbres sont à leur apogée en cet automne. Brindilles et aiguilles de pin forment une litière végétale des plus confortables. Un ruisseau s’écoule nonchalamment, une succession de rochers semble être le point central de cet endroit magique. En s’en approchant, l’on distingue plusieurs ouvertures, taillées dans la pierre, probablement l’entrée de grottes ou maisons troglodytes.

Tout autour, des fourrés de cladodes permettent une barrière défensive. Elle sait qu’elle doit souffrir comme le Christ a souffert dans sa chair avant elle.

Elle traverse le premier bosquet de fragonnettes, les picotements familiers la font grimacer.

Mais d’autres allaient venir et ils seraient dévastateurs.


L’endroit l’apaise aussitôt.

Elle voit des brumes se déplacer, ils sont là.

Alors le rituel commence.


Elle s’avance en se prosternant, cinq fois, les mains jointes.


Plus elle progresse, plus son énergie se renouvelle.

Quelle sensation incroyable !

Le bruit des tambours l’interpelle.


Aujourd’hui, il lui semble plus intense, plus instinctif. Les notes l’enveloppent.

Elle ressent leur force, elle se défait de son masque de tourments.


Elle ôte ses chaussures, elle a besoin de sentir les vibrations de la terre, de les absorber. Ah, elle se sent déjà beaucoup mieux.


Elle avance jusqu’au ruisseau.


Elle s’accroupit, une silhouette rose indistincte vient l’enlacer. C’est une sensation d’une douceur exquise. Le son est presque inaudible, mais une voix dans sa tête lui suggère :



Alors elle se penche vers le cours d’eau et les mains en obole, trempe celles-ci dans la froidure du courant. Brr, c’est gelé, mais anesthésiant.

Elle porte le liquide à sa bouche et en ressent déjà le bienfait sur sa gorge nouée. Une plénitude s’empare d’elle. Elle renouvelle quatre fois également le geste, deux sur le visage, un sur la tête et le dernier sur son bas-ventre.

Ainsi, elle a accompli le passage de purification.


Alors, elle se déshabille entièrement.


Elle est d’une nature frileuse, mais elle sait qu’elle va bientôt brûler d’un feu inextinguible.


Elle oublie toute pudeur. Elle sait pertinemment que son corps est loin d’être parfait, il est cependant enfin vivant.


Les tambours ont fait place à la mélodie d’une flûte. Plus enjouée, plus facétieuse.


Elle l’est également !!


Alors elle esquisse quelques pas d’une farandole, ses seins tressautent, son ventre bat la mesure, elle en rit.

Ses fesses sont deux flans à gober.

Qu’importe ! Elle est enfin libérée de ce carcan qui dit qu’un corps doit être resplendissant dans sa perfection.

Elle sait que le sien va bientôt être honoré et c’est bien l’essentiel.

Il lui semble même entendre des murmures d’approbation.

Elle se sent belle, désirable.

Elle ne se doute pas à quel point l’expression de son visage détendu, ses yeux pétillants, son sourire éclatant sont une offrande.

Même ses rides deviennent juvéniles. Elle est enfin elle-même, reconnectée avec son enfant intérieur. Celui-ci ressent encore trop de tristesse. Elle sait comment lui redonner le sourire. Elle s’adresse une prière holistique :


« Toi mon corps, toi mon esprit, nous allons nous réconcilier afin d’affronter le monde extérieur, donnons-nous la force commune d’avancer. »


Elle sait que parfois son âme est fragile, si fragile, mais il y a toujours une entité en elle qui dédramatise cette neurasthénie.


À ce moment, ses états d’âme, elle s’en contrefiche. Elle arrive sur l’autel de sa jouissance. Enfin.

Est-ce égoïste de vouloir se sentir en paix ? De vivre libre ? Et non plus entravée par les diktats sociétaux selon lesquels elle doit aujourd’hui ne plus briller, et devenir invisible dans ce monde d’images et de maîtrise de la beauté dite conventionnelle.

Elle veut être désirée, chérie comme si elle était indissociable de l’oxygène de la planète, de la chaleur bienfaitrice du feu, de la saveur inaltérable de l’eau.


Elle veut crier, rire, VIVRE.


Elle s’approche d’un dolmen qui trône au milieu d’une clairière.

Elle n’avait jamais vu un édifice de cette magnificence.

Ce lieu n’a pas été choisi au hasard par ses hôtes, il regorge d’une énergie vitale. Un champ électro-magnétique surpuissant.

Elle ressent son attraction.

Elle pense aux concepts du yin et du yang, la complémentarité, l’équilibre universel. Elle découvre des pensées qu’elle n’avait jamais osé développer.

Elle ne connaît rien en ces théories spirituelles parallèles, et est trop paresseuse pour les développer, mais elle sait qu’elle vient d’éclore pour une deuxième vie terrestre qui est basée sur le plaisir de vie, intellect et physique.


Elle cogite à toutes ces pensées depuis qu’elle a découvert cet endroit par hasard.


Un jour, qu’elle se promenait accompagnée de son roublard de chien, celui-ci, disparut dans des fourrés en jappant. Elle eut beau le rappeler, il n’en faisait qu’à sa tête ce corniaud !

Alors elle le suivit, les ronces l’égratignèrent, mais à la pensée de perdre son compagnon ou pire, de le découvrir gisant dans une mare de sang, éventré par un sanglier, elle fonça, son stress décuplant ses forces.

Lorsqu’elle s’approchait du scélérat, il aboyait et repartait de plus belle. Elle ne possédait pas la vertu de la patience, elle le traitait de tous les noms d’oiseaux connus, mais progressait tant bien que mal, perdre son chien était impensable. Elle l’avait accueilli la veille de la mort de sa chère maman, il était devenu son confident, un soutien muet, mais indéfectible.


Au bout de deux heures de ce marathon canin, et après avoir franchi une barrière d’épineux, elle se trouva dans une sorte de clairière immense, d’une lumière indéfinissable, pas celle de la lueur éclatante d’un jour d’été ou bien même la clarté confuse d’un crépuscule d’automne, non cette lumière semblait divine. Immaculée.

Elle l’a reçue comme une décharge.

Elle entendit le silence, il était assourdissant.

Elle prit son chien et le gronda en l’embrassant, et elle s’apprêtait à faire demi-tour lorsqu’elle entendit une voix dans sa tête lui dire : « Reste, n’aie pas peur, ici est ton destin. »


C’est ce qu’elle fit. Elle ne fut pas déçue.

Elle s’est toujours demandé si son petit compagnon avait senti les Goloks.


Alors là, en ce moment, en grimpant sur ce pavois minéral érigé depuis la nuit des temps, elle sait qu’elle est à sa place, nul sacrifice, mais un don de soi, un échange nourricier qui est interactif.


Dieu sait seul comment la lumière infinie se fait soudain simple lueur à peine tamisée, elle s’en fiche, ce qui importe, c’est que les silhouettes mouvantes se matérialisent.

Elles apparaissent enfin.

Ils sont si beaux.

Des êtres longilignes, à la peau translucide, et aux visages androgynes. Elle pense à un peuple elfique lorsqu’elle les voit s’avancer. Elle est touchée par le charisme élitiste de ces êtres.

On ne leur donne aucun âge, leurs visages lisses sont empreints de bonté. Cela la rassure.


Elle a toujours au fond d’elle une appréhension, voir tous ces êtres qui l’observent est très intimidant.

Elle s’offre sans vergogne aux regards qui ne sont pourtant pas concupiscents.

Juste attentifs à ses expressions et à ses gémissements. Ce peuple ne connaît pas l’acte charnel. Leurs accouplements se font par télépathie, c’est ainsi ! Une stimulation intellectuelle hors normes. Cependant, ils sont pourvus d’organes reproducteurs. Elle peut le garantir. Elle avait été impressionnée par la taille de leurs phallus. Et dire que certains humains se gargarisent de leur pénis.


La musique s’accélère, rythmes orgasmiques d’instruments qui l’hypnotisent. Elle s’allonge sur la pierre et se laisse imprégner par les vibrations. Elle sait qu’elle doit faire confiance et se laisser aller.

Boum boum boum.

« Ne réfléchis pas, ouvre les vannes, ta conscience est mauvaise conseillère. Laisse les effluves te caresser, ressens la force de l’univers. »

Elle ne peut s’empêcher d’avoir une image de sa vie en dehors de cette dimension, mais elle la chasse, cet instant est son secret et il prodigue tant de bienfaits, une drogue où ses hormones deviennent molécules de plaisir.


Elle entre en transe, et commence à se caresser, le ventre, le visage, les jambes. Elle redécouvre les contours de son corps généreux. Alors elle gémit.


Sont-ce ses soupirs qui alertent les voyeurs ? Les premières à venir l’honorer sont les femmes. Elles se déshabillent, fières sculptures d’albâtre aux contours féminins absolument exquis. Elles s’approchent et commencent à la caresser en douceur.

L’une s’occupe de ses jambes, une autre de son visage, une troisième de son buste et particulièrement de ses seins, alors que la dernière est chargée du ventre et de sa féminité. Elle pense que cette dernière a une position privilégiée par rapport aux autres dans leur hiérarchie.


Alors que les mains aériennes s’affolent sur toutes les parties de son corps, les bouches de ces êtres ne sont pas en reste. C’est une ondée de printemps, un orage d’été, une bruine d’automne, ou encore une pluie drue d’hiver.

C’est captivant, elle devient terre gorgée d’eau.


Elle gémit de plus en plus fort, haletant, mais une langue vint lui happer le son, elle ouvre les yeux afin de savourer le regard de cette amante. Ses yeux sont indéfinissables, ils possèdent plusieurs couleurs mélangées d’or.

Un peu comme des cabochons de labradorite.

Ils se mettent à briller plus intensément lorsqu’elle commence à comprendre que le plaisir physique est particulièrement annonciateur d’une jouissance plus forte.


Elle culpabilise d’aimer être touchée et embrassée par des femmes.

Ce n’est pas dans son éducation.

Mais sur cette scène païenne, elle devient prêtresse se donnant en offrande, alors elle chasse la pensée et pousse des petits cris, elle offre toute une gamme de gémissements et de cris. Quelles vocalises !

C’est comme un disque, le diamant du bras de lecture devenant maître de sa voix.

Elle ne sait pas comment elle peut passer d’un son aigu à une voix rauque animale.

Pffff, elle a d’autres préoccupations, elle est déjà mouillée, son vagin chante lui aussi.

C’est à ce moment, qu’elle se libère, elle devient une femelle, une putain de Lilith hurlant au ciel des injures.


Elle espère que ces pauvres elfes ne comprennent pas le sens de ces obscénités.


Ce qui est bizarre, c’est que dans la vraie vie, elle hait la vulgarité.

Le plaisir des sens est absolument un mystère.


Voilà, on y est, elle est si réceptive et érogène, qu’elle est prête à être honorée.

Mais elle veut plus, toujours plus, que son cerveau explose et que son corps crie pitié.


Ses grandes lèvres sont écartées. La langue de la déesse qui lui lèche le sexe, est absolument magnifique. Elle la voit, longue et nerveuse, qui lui donne des coups sur son clitoris. Elle admire son dôme mouillé, frissonnant, soumis à la douce torture de cette femme. Certes, elle est douée ! Elle sait titiller, gober sa chatte comme une salope sait le faire.

La vestale qui est en charge de ses jambes les lui relève, elle vient de lui lécher l’intérieur des cuisses, ô douce torture, elle se met debout et s’occupe de ses pieds :



Elle se tortille comme une anguille et se met à haleter comme un petit chien.

Aussitôt, elle sent que les femmes aspirent son plaisir.


En même temps, la langue princière descend du clitoris à l’anus. Elle a un problème avec son anus, c’est dans sa tête. Elle n’aime pas se sodomiser, mais elle met ce principe à la con de côté et s’excite.

Son petit trou ressemble à une corolle de fleurs.

Là, la langue est un baume à sa conscience et une putain d’excitation.

Pendant ce temps, celle qui lui tripote les seins, un peu sadiquement, se met à téter.

Elle aime tant cela ! Elle lui caresse la tête, la femme la scrute étonnée de ce geste maternel. Mais elle sourit, visiblement, cette attention l’emplit de joie. Tant mieux.


Décidément, elle est chaude comme de la braise, elle en a presque mal, elle a un vide à remplir, des failles spirituelles à combler et le sexe l’y aide, les hormones de son putain de plaisir servent à ses douces tortionnaires et elle s’en branle, elle veut prendre son pied de jouissance de salope.


Elle crie vraiment très fort. Elle ne se maîtrise pas. Gueuler, c’est vivre, elle est tellement excitée qu’elle s’empalerait sur un gourdin.


Alors les femmes viennent l’embrasser chastement les unes après les autres sur sa bouche, et s’éloignent. Merde de merde, pourquoi elle aime se faire baiser par des femmes ?


Non ! Elle n’est pas attirée du tout par le saphisme. Ce qu’elle aime, c’est le regard d’un homme, ses mains, promesses de caresses, sa bouche gourmande à mordre. Elle se délecte de voir un torse velu à caresser, un fessier qui sous un pantalon la laisse pantoise, alors imaginer voir ces deux pêches douces à croquer. Elle aime les cuisses viriles, celles qui viennent tenir fermement pour… Humm, et surtout admirer un sexe, dur, offert, le prépuce légèrement suintant, le gland décalotté et rouge comme une pomme d’amour et la verge gorgée de sang. Elle n’en a vu que très peu. À l’époque, l’éducation d’une famille bourgeoise pratiquante n’aidait guère à la découverte des plaisirs charnels. À peine avait-elle caressé le pénis d’un cousin, ou taillé une pipe au meilleur ami de son frère. Au pensionnat des filles, cachée derrière un rideau, elle observait ses camarades se faire des cunnis et se tripoter sous la douche. Elle se doigtait en se maudissant.

Question sexe, son mari était du genre popol au garde-à-vous, montée des drapeaux, ordres au peloton et repos. Officier dans l’armée, il était règlement, lit au carré, et chiant comme le manuel d’utilisation d’un pistolet-mitrailleur, trois coups à la seconde. On enlève la culasse et on nettoie le matériel, elle se rend compte qu’elle a été une simple cible pour une bite coincée du cul. Un nom à particule utile pour la carrière de monsieur.


Elle n’a jamais trompé son mari et pourtant, l’occasion lui fut donnée, mais ses satanés principes l’ont retenue.

Elle l’a regretté. D’autant que son colonel de mari à la retraite préfère jouer avec ses soldats de plomb plutôt qu’avec sa Chatte.


Elle est en manque d’homme depuis trop longtemps.


À ce moment, elle en a dix devant elle.

Un peu trop.

Un seul, voire deux, à la rigueur trois, mais sait-on jamais ?!


Elle a capté que comme pour la femme tout à l’heure, c’est un élu qui va la remplir de sperme et recevoir son cri de jouissance finale, l’ocytocine qui va le combler.

Elle est là pour cela.

Jouir et offrir.


Elle se remet debout, et sourit au premier. Il ne parle pas, mais elle comprend qu’il la remercie de bien vouloir lui donner un bonheur éphémère.

Hélas, c’est vrai, la jouissance est si rapide.


Alors il pose ses lèvres sur les siennes et cherche à ouvrir sa bouche. Elle accède à sa demande et il vient lui aussitôt la happer, diantre, c’est incroyable.

Il ne se contente pas de ce méli-mélo de langues, de salive. Il lui mord les lèvres, le nez.

Elle aime cela.

Il lèche ses yeux. Elle a un drôle de sentiment. Elle ressent les fourmillements familiers. Il la lui fourrage dans les oreilles : Brr, c’est tellement érogène.

Elle a le sentiment qu’il préfère la découvrir avec sa langue, plus qu’avec ses yeux.

La langue est un organe charnu, musculeux, parfait pour être un acteur principal dans la découverte érotique.


Elle devient impatiente, elle veut bien se soumettre à leur rituel, mais sa chatte miaule plus que de raison.

Elle veut prendre les choses en main.

Elle voit les phallus érigés, sentinelles empiriques prêtes à passer à l’assaut.

Elle donne le signal.


Elle se penche en avant, offrant ses fesses à celui qui est derrière elle, l’autre se positionne devant elle. Ah, enfin. Elle a des doutes sur sa capacité à faire des fellations. On n’apprend pas ces choses-là à la messe. Quoique !

On les ressent. Et si elle ressentait mal ?

Elle applique ce qu’elle a vu.

Le membre est en érection ! Elle le saisit avec sa main et le fait coulisser entre son pouce et ses autres doigts, depuis qu’elle est enfant elle adore jouer avec les draps ou les vêtements doux qu’elle positionne entre chaque doigt et elle agite ces derniers, le tissu ainsi caressé lui procure un apaisement incroyable, elle se dit que caresser vertement le sexe lui procure une excitation à la hauteur du plaisir de ce geste enfantin.


Puis, elle sent le sexe durcir, « C’est marrant, se dit-elle, on dirait un cierge de Pâques. »


Alors l’homme elfique vient presser sa tête vers sa bite. C’est ce moment précis qui lui procure une première vague de plaisir intense, elle veut lui offrir le même ressenti.

Être agenouillée devant lui et qu’il fasse d’elle sa soumise ne la gêne pas. Elle a été la bonniche de son mari toute sa vie, mais elle sent au fond d’elle un vent de révolte.


Cependant, elle sait aussi que c’est elle qui mène la danse, l’elfe l’a compris également… Elle prend donc le gland dans sa bouche, la saveur en est un mélange d’urine et de liquide séminal, c’est déroutant, mais elle aime ce goût viril.

Elle lève son regard vers celui de cet être de lumière. L’aura de ces hommes est divine. Il plisse les yeux et gémit. Elle redouble d’ardeur.

Elle joue avec sa langue et titille le méat, c’est agréable, l’homme lui donne une légère tape sur la tête, elle sait qu’il s’impatiente, alors elle accélère la cadence, elle creuse les joues pour mieux sentir le sexe et avance et recule. Elle a une chanson cochonne en tête.

Elle gémit, elle aime ce membre dans sa bouche, elle crache de la salive et elle le branle à nouveau, et suce à nouveau, décidément ce phallus est vraiment un jouet parfait. Elle grogne. L’homme aspire ses borborygmes, il s’en délecte comme il aime le plaisir que lui procure cette fellation…

De son côté, elle a le sentiment de perdre le contrôle de ses émotions et de devenir une chienne à l’instinct primaire, ouverte, conquérante, mais si soumise, quel drôle de paradoxe !


Il empale sa bouche sur sa bite jusqu’au maximum, ahh, elle a haut le cœur. Cette gorge profonde est décidément compliquée, il faut qu’elle s’entraîne, mais elle a peur.


La Peur l’accompagne depuis sa plus tendre enfance. Peur des punitions corporelles infligées par sa mère, peur du noir, peur des mains de son oncle sur son petit corps, peur de souffrir !!!! Voilà bien un risque dans la vie, la souffrance !! Physique ou morale. La vie ne devrait être que douceur, câlins, et amour.


Elle a mis au monde un fils unique.

Dame nature ne lui a fait que ce seul cadeau, des complications à la naissance ne lui ont jamais permis de retomber enceinte. Elle aurait tant aimé avoir une petite fille.


Cependant, d’autres traumatismes ont jalonné sa vie, laissant un trou béant qui cache en ses profondeurs une bête insatiable.


Bref, le trou béant pour le moment est celui de sa vulve qui s’ouvre comme une plante carnivore.


Elle tousse et crache des filets de salive, merde, elle doit prendre du plaisir à ce geste buccal.

L’énergie qu’elle en retire est plutôt poussière grise. L’homme sourit, il a compris son dilemme.

Pendant qu’elle s’évertue à sucer le premier, le deuxième se frotte à ses fesses, les pince et les frappe, cette fois la douleur est source de plaisir. Cette douleur doit être stimulante, car il lui enfonce deux doigts dans son vagin, puis trois, mince, elle s’ouvre comme une huître.

Elle gémit encore et encore, halète de plus en plus fort, et pousse soudain un hurlement de bête.

Alors les hommes semblent s’agiter. Seraient-ils impatients de l’honorer ? Elle espère que oui, être désirée, comblée, choyée est pour elle le rêve absolu. Elle a le sentiment de ne plus l’être depuis si longtemps. Son mari l’ignore et son fils semble l’avoir oubliée.


L’homme l’allonge sur l’autel. Il regarde ses compagnons et le ciel, en levant ses bras. Il marmonne une prière, qu’elle ne comprend pas, mais elle imagine un remerciement à l’univers.

Alors il la regarde intensément et s’allonge sur elle, elle sent les battements de son cœur.

Il lui écarte sans façon les cuisses, il vient toucher sa vulve mouillée, gonflée, béante de désir d’être astiquée, elle se demande si dans tout cela, elle demeure normale ?!

Pff, où se situe la normalité de ses désirs les plus profonds ?

Se réveiller un matin et se dire qu’une étreinte fugace sans jouissance n’est plus envisageable et que finalement trop de temps a été perdu.


Elle espère qu’après la mort, il y a un renouvellement de visa et que l’on peut choisir son futur destin.


En cet instant, elle s’en fiche. Elle veut son alcool d’homme. Celui qui la titille actuellement éveille en elle des sensations décuplées. Elle l’attire à lui en mettant ses cuisses autour de sa taille. Il s’en étonne, c’est la première fois qu’elle ose prendre les commandes.


Le phallus s’engrange.

Il semble apprécier, alors il la pénètre, que pense-t-il à ce moment ? Est-il aspiré par son vagin afin d’en retirer des flashs compulsifs ?


Elle entre dans une nouvelle dimension, l’acte charnel est fantasmagorique. Non, il est bien réel.


Elle gémit derechef. Ce pénis est absolument parfait, il lui tient ses jambes et l’honore tout doucement, il a un sourire en coin, Dieu qu’il est agaçant ! Ce qu’elle aime, c’est l’urgence, on ne sait jamais, il faut engranger le plus de spasmes possible et exploser à la fin dans un cri orgasmique libérateur.


En attendant, il joue avec elle. Il lui pince les seins, griffe ses jambes, mais elle se venge en contractant ses muscles sur sa bite.

Insatisfaite, elle grogne, et le regarde durement. Il semble étonné, mais se met à accélérer, et il la bourre encore et encore. Elle se métamorphose en une diablesse, elle pousse des hurlements de louve, mouve son bassin. L’elfe aspire son énergie en posant des lèvres sur les siennes. Soudain, il se retire et l’asperge de sperme.

Elle n’a pas le temps d’atteindre l’orgasme.

Elle ne s’en fait pas, les autres vont l’envoyer valser au septième ciel.

Le deuxième est doux comme un ange, quoiqu’elle n’a jamais vu d’ange.

Il la pénètre avec déférence. Il semble psalmodier un cantique. Elle se trouve bien, elle a le sentiment qu’il la protège de ses propres démons. Elle commence à ressentir les chatouillis annonciateurs d’une délivrance, la vague n’est pas celle d’un tsunami, mais suffisamment intense pour jouir, ah enfin.

Encore, encore, encore !


L’homme se retire dans un râle libérateur.

Le troisième, elle l’a repéré. Il possède une tâche sur le cou en forme de demi-lune. Lui, il est plus brutal, elle aime ce sentiment d’être malmenée, « Pauvre fille, tu en es réduite à cela. »

Mais elle veut plus, elle se relève et lui présente son fessier. Narquois, il sourit.

Il semble satisfait qu’elle veuille être sodomisée.

Lors de ses plaisirs solitaires, elle s’était doigté l’anus. Elle en avait ressenti une grande joie. Puis elle avait acheté un gode et s’était amusée avec ce nouvel ami. Son mari avait depuis longtemps déserté le lit conjugal, arguant qu’il avait des insomnies. Elle savait qu’il se branlait devant des films de cul. Elle les avait trouvés et les visionnait lorsqu’il était parti en mission. Aujourd’hui avec internet, l’accès à ces contenus est tellement facile. Elle a pensé prendre un amant, mais à son âge, est-ce raisonnable ? Depuis qu’elle joue les scènes orgiaques dans cette clairière, elle se dit que oui.


Elle ressent la douleur de la claque retentissante sur ses fesses, le con, il n’y va pas avec le dos de la cuillère, mais elle aime cela, son corps répond aussitôt. Elle chaloupe et grogne :



L’elfe la bourre de plus en plus, elle ressent une certaine douleur, mais le plaisir est plus fort, elle crie, gémit et exulte.

Elle sait que si elle veut, un autre viendra la combler, une double pénétration, pourquoi pas ? Elle a le sentiment d’être une sacrée gorgone. Oh puis zut, elle fait signe au quatrième de venir. Ça y est, elle sait que le point de non-retour est atteint, elle va se faire défoncer et en est fière. Un homme en dessous, un dessus et elle en sandwich à suffoquer, oh merde elle n’en peut plus, c’est si bon. C’est un concert de gémissements, les spectateurs semblent être aux anges, la tension électrique est à son comble.


Elle a compris que ces êtres si semblables sont chargés de récolter chacune de ses émotions.

Elle en ressent tant.


La tristesse, la joie, la colère, l’envie, les illusions, la rancœur, la déception, la peur,


Elle a un sursaut de lucidité.

Les bruits dans ses oreilles deviennent de plus en plus forts et l’empêchent de réfléchir.

Et si elle n’était finalement qu’une stupide impie ?



Elle se tortille, pince méchamment le premier, met une claque magistrale au deuxième. Ils semblent perplexes, mais la relâchent. Elle se relève en regardant l’assistance. Chacun des visages, hommes et femmes, est insondable. Aucune émotion ne transparaît, mais ils semblent encore plus lumineux. Et si elle était juste un cobaye, un bout de chair explosée ? Elle sent une colère monter de ses entrailles, la bête se réveille.

Alors, elle se met à hurler. Sa voix est si haute, si intense, l’orgasme la saisit et dans une course effrénée, elle s’enfuit de cet endroit maudit.

Elle comprend qu’elle combat ses propres moulins avec des chimères.


À bout de souffle, elle s’adosse à un tronc d’arbre. Elle ressent son énergie, intensément, trop, beaucoup trop. Elle l’enlace comme s’il était un amant. Elle l’enserre avec une de ses jambes, et elle ondule sur la surface rugueuse.

L’écorce la blesse. Elle a mal, mais c’est ce qu’elle désire, souffrir, encore plus fort. Elle accélère la cadence, ses seins sont éraflés, son ventre est rouge de honte, elle n’arrive plus à se contrôler, elle cogne sa tête sur le bois, encore, encore, « Sors cette pute qui est en toi ».

Son sexe n’est plus que martyre, ses larmes se mêlent à l’âpreté du sang qui envahit sa bouche. Se punir pour expier ! Expier pour recevoir l’absolution divine !

L’eau bénite qui effacera ses péchés. La lumière du pardon l’étreint.

Oui, voici sa destinée !

Le diable a voulu la posséder, elle s’offre à la bonté de Dieu.


Tout près de là, elle sait que l’étang est son salut. Un baptême, lavement de sa souillure.


Elle est en sang, mais ne ressent aucune souffrance, son corps ne lui appartient déjà plus.

Une pierre suffira. Elle voit celle qui lui ouvrira les portes du paradis :



Elle s’avance dans l’eau, le poids sur son ventre comme si elle portait la vie.


Très vite, les profondeurs l’engloutissent.


Elle se sent si détendue. Dans sa tête lui vient un chant :


« Saint, saint, saint est le seigneur saint, éternel est son amour, le ciel et la terre sont remplis de ta gloire, hosanna au plus haut des cieux. »


Le manque d’oxygène la saisit brusquement, elle a mal, « non, ne panique pas, tout va bien. Non, rien ne va ! »


Elle ouvre la bouche. Erreur fatale. Elle a mal, si mal, elle ne sait pas quand elle s’est arrêtée de respirer, la douleur n’est plus.


Elle aurait voulu pouvoir dire qu’elle a vu la lumière et la silhouette du sauveur, mais non. Elle entend juste son propre hurlement interminable, pitoyable. Elle ouvre ses yeux inondés de larmes, ou est-ce l’eau de l’étang ?

Elle reprend pied dans la réalité.

Elle n’est ni en enfer ni au paradis, Mais, seulement dans son lit. Son chien vient lui lécher le visage. Ah lui, s’il pouvait parler !

C’est le deuxième rêve de sa mort qui l’enveloppe comme un lange de nourrisson.

Et si le troisième rêve était le bon ?


Elle se lève, s’approche de la psyché posée près de la fenêtre. Elle jette un regard vers celle-ci. De la nuit, s’envolent les mystères dans une brume silencieuse, de l’aube, naissent les couleurs, les senteurs et la lumière de la vie. Tout cela n’était donc pas réel ? Ces moments de pur bonheur charnel, ces instants jouissifs où elle se sentait libre, comblée, remplie ?

Le miroir lui renvoie son reflet. Les yeux cernés, les cheveux échevelés, la silhouette habituelle, lourde et vieillissante.

Pourtant, elle la remarque aussitôt, là sur son aine près de son pubis : une tache en forme de demi-lune.

Elle sourit. Enfin…