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Temps de lecture estimé : 41 mn
16/09/24
Résumé:  Siriac convainc Roméo, Flora et Daphné de se rendre avec lui dans une nouvelle salle de sport ; de son côté, Cassandra en parle avec Eloïse et Juliette.
Critères:  fhh ffh fffh couplus copains sport fellation pénétratio double hgode partouze -théâtre humour
Auteur : Gufti Shank  (Shanky G)      Envoi mini-message

Série : Roméo et Juliette - Incartades

Chapitre 02 / 07
Invitations diverses

Roméo et Juliette

Incartades

Acte II




Les personnages principaux :


Juliette – Une somptueuse jeune femme

Cassandra – La meilleure amie de Juliette


Roméo – Un beau jeune homme, l’ex-compagnon de Juliette

Siriac – Le meilleur ami de Roméo, et le compagnon de Cassandra


Eloïse – Une magnifique jeune femme, qui vit avec Juliette


Flora – Une superbe jeune femme, troublante collègue de travail de Roméo avec qui il vit désormais

Daphné – Une belle jeune femme, la sœur de Flora



Les personnages secondaires :


Yannick – Le frère d’Eloïse

Alizée – La compagne de Yannick

Nelly – La mère d’Eloïse et Yannick


Alberto, Magnus, Yul – Des collègues de travail de Flora et Roméo

Mylena, Chris, Javier, Slobodan – Des collègues de travail de Juliette

Akim, Luna – Des collègues de travail d’Eloïse


Fabien – Une connaissance de Daphné

Nadia, Francesco – Un couple


Christian – Le gérant d’une salle de sport

Milia, Lesly, Timothée, Kevin, Tom, Arthur, Bruce, Pietro, David, Moussa, Gregor, Julien, Emilio – Des clients de cette salle de sport


Des jeunes hommes, clients de la salle de sport

Des serveurs et des clients d’un hôtel, de restaurants, d’un bar

Une infirmière

Un vieillard




***




Résumé de l’acte I : Flora et Roméo vivent ensemble depuis un mois et demi et filent le parfait amour ; en particulier, Flora est fidèle à Roméo, et ce concept est nouveau pour elle. La rupture avec Juliette et Eloïse a été difficile pour les deux jeunes femmes, qui en veulent terriblement à Roméo et à Flora, mais elles sont plus proches l’une de l’autre et plus complices que jamais. En revanche, le couple de Cassandra et Siriac semble battre de l’aile : en cachette, ils enchaînent les infidélités, elle avec Eloïse et Juliette, et lui avec Flora, Roméo et Daphné, prétendant l’un à l’autre se retrouver pour des entraînements de sport. Le mensonge devenant trop gros, ils imaginent pouvoir se donner un peu de crédibilité en s’inscrivant réellement à une salle de sport, et en proposant à leurs amants de s’y rendre avec eux tour à tour.






Acte II, scène 1

Samedi 21, 10 h 15

Le salon de Flora et Roméo

(Roméo, Flora)



(Flora, nue, se tient debout appuyée contre un des murs du salon ; derrière elle, Roméo, également nu, la baise sauvagement en la tenant par les hanches.)



Flora (entre deux ahanements) : Oh c’est trop bon ! Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas fait l’amour juste tous les deux !

Roméo (entre deux soupirs) : Hmmm… ouais… enfin… ça fait trois jours…


(Daphné entre, vêtue d’une chemise de nuit.)


Daphné : Tu vois, tu commences à y prendre goût, à la vie de couple…

Roméo (entre deux soupirs) : Hmmmouais, enfin c’est pas encore tout à fait une vie de couple normale, je crois.

Daphné (s’approchant de Roméo) : Parce que tu vas nous faire croire que tu sais ce que c’est qu’une vie de couple normale, toi, peut-être…


(Elle pose une main sur ses fesses et glisse l’autre entre les corps des deux amants pour caresser Roméo.)


Daphné : J’en reviens pas que tu aies encore la pêche après tout ce qu’on a fait depuis hier soir…

Flora (entre deux ahanements) : J’ai mis des aphros dans le curry…

Daphné : De quoi ?

Flora : Des aphrodisiaques.

Daphné : Ah bah c’est ça, cette drôle d’impression d’avoir à la fois le cul en feu et le feu au cul…


(Elle caresse encore un peu les testicules de Roméo. Celui-ci l’embrasse et la caresse à son tour.)


Daphné : Bon, tu me laisses un peu la place ?

Flora (entre deux ahanements) : Non, attends… je sens que… je vais… aaah… bientôt… aaah…

Roméo : Encore ?


(Daphné passe une main entre les cuisses de Flora et l’agite vivement au rythme croissant des déhanchements de la jeune femme. Le bruit d’une sonnette retentit.)


Daphné (amusée) : Ah, tiens… il est pas en retard, Siriac…


(Elle s’éloigne du couple vers la porte d’entrée et jette un regard par le judas, pendant que Flora crie de plus en plus fort. Daphné ouvre la porte. Siriac entre et, interloqué, observe tour à tour Daphné puis Flora, dont les hurlements saccadés témoignent de l’imminence de sa jouissance.)


Daphné (amusée, à Flora) : Bon, ben, finalement, non, garde la place, je crois que je vais me débrouiller autrement…

Siriac : Ouoh putain, mais non, merde ! Vous êtes carrément hallucinants ! J’étais vraiment pas venu pour ça, là…


(Flora se cambre dans un spasme en criant tandis que Roméo continue de la défoncer par à-coups brutaux. Daphné et Siriac observent jouir la jeune femme.)


Flora : Ouaaaah…

Siriac : Très bonne idée d’accueil, ça change un peu… Ça doit être rudement efficace contre les Témoins de Jehovah…

Daphné (suppliante, à Siriac) : Tu ne veux pas t’occuper un peu de moi ? Regarde-les, c’est comme si je n’existais pas…


(Siriac tente visiblement de se retenir de lui sauter dessus. Il tire sur son pantalon.)


Flora (redescendant) : Ne l’écoute pas, elle a joui au moins cinq ou six fois cette nuit…

Daphné : Mais c’est à cause de ton curry !


(Siriac observe curieusement Daphné. Roméo continue ses va-et-vient ; Flora se trémousse plus doucement.)


Siriac (à Flora) : Au fait, je croyais que tu devais pas être là ?

Flora : Non, c’est juste toi qu’es en avance.

Daphné : Oui, il a raison, tu vas être en retard, dépêche-toi. Moi je vais m’occuper des garçons…

Siriac : Non non non, je ne suis pas venu pour ça !


(Daphné s’approche tout contre lui et plaque une main sur son entrejambe.)


Daphné (satisfaite de son appréciation) : Oui, en effet, tu n’en as pas envie, c’est évident…

Siriac (se reculant quelque peu) : Mais… non… c’est juste un réflexe…


(Flora se dégage de l’étreinte de Roméo et se retourne pour l’embrasser.)


Flora : Merci mon amour ! Mais c’est vrai, je vais être en retard. Je file me préparer.


(Elle l’embrasse de nouveau, puis ramasse des vêtements éparpillés sous les yeux béats de Siriac. Roméo reste debout, penaud, le sexe toujours tendu.)


Siriac : Tu vas où ?

Flora : Gynéco.

Siriac (pouffant) : Eh ben il va pas être déçu, celui-là…

Flora : C’est une femme.

Siriac : Oui, enfin, n’importe… Elle va pas être déçue non plus…


(Flora sort en souriant. Daphné regarde Siriac avec insistance, puis elle s’avance vers Roméo et referme une main sur son sexe qu’elle caresse nonchalamment. De l’autre main, elle écarte les bretelles de sa nuisette, qui tombe à ses pieds.)


Siriac (déboutonnant son pantalon) : Oh putain, vous faites chier, merde !


(Il achève de se dévêtir tandis que Daphné s’agenouille aux pieds de Roméo et commence à le sucer.)


Siriac (retirant une chaussette) : Moi j’étais venu pour un truc sérieux, là.

Daphné (retirant ce qu’elle a dans la bouche) : Mais vas-y, on t’écoute.


(Elle reprend sa fellation. Roméo penche la tête en arrière et ferme les yeux.)


Siriac (retirant son autre chaussette) : Comme je vous disais, je crois que Cassandra commence à se douter de quelque chose…


(Daphné glousse ; Roméo sursaute et rouvre les yeux en criant.)


Roméo : Ah mais putain ! Arrête avec ça ! Déjà hier, Flo m’a mordu !

Daphné (la bouche pleine) : Djéjoljée…


(Siriac baisse finalement son pantalon et son caleçon. Il bande à tout rompre.)


Siriac (s’approchant de Daphné) : Mais moi non plus, ça ne me fait pas rire !


(Sans cesser de prodiguer ses caresses à Roméo, la jeune femme se saisit de l’organe que lui présente Siriac et le masturbe un instant. Elle alterne ensuite, suçant tour à tour ses deux partenaires.)


Siriac : Hmmm !

Roméo : J’ai un peu de mal à comprendre… T’es pas vraiment crédible, là, quand même…

Siriac (entre deux soupirs) : Non, mais écoute… hmmm… y a les plans cul, d’accord, mais… hmmm… tu vois, mine de rien, j’aime Cassandra.

Roméo : Pas assez pour être fidèle, apparemment…

Siriac : Ben non mais ce qu’il y a, c’est qu’elle est pas trop portée sur le cul, depuis quelque temps, alors je compense un peu, quoi. Et puis regarde, toi, c’est pareil, ta meuf est même pas encore partie que tu t’en tapes une autre !


(Flora entre, habillée et prête à partir.)


Flora (amusée) : Oui, mais là c’est pas pareil, ça reste en famille…

Siriac : Mais moi c’est pareil, Roméo est comme un frère, pour moi.

Flora : Je suis d’accord, je pense que ta nana ne dirait rien si tu te tapais régulièrement Roméo…


(Un silence. Elle s’éloigne pour sortir.)


Siriac : C’est une idée, ça, remarque. Je pourrais peut-être lui dire ça, pour donner le change…

Flora (rigolant) : Bon, allez, je file, à tout’ !

Roméo : À tout’ ma puce !


(Elle sort.)


Siriac : Non mais tu vois ? Tu te trouves crédible, toi, à l’appeler ma puce pendant que tu te fais sucer par une autre ?


(Daphné se relève mais sans lâcher les sexes des deux garçons. Elle les entraîne à sa suite vers le canapé en les tirant par la queue.)


Roméo : Bon, et donc ?

Siriac : Et donc quoi ?

Roméo : Ben et donc, t’es venu pour me dire quoi, exactement ?


(Daphné guide Roméo puis Siriac qui se laissent choir dans le canapé l’un à côté de l’autre.)


Siriac : Ben… on a discuté un peu, hier, avec Cass, et…


(Daphné monte à genoux sur le canapé puis grimpe à califourchon sur les cuisses de Roméo.)


Siriac : …on s’est dit qu’on pourrait aller ensemble faire du sport…


(Dans un long râle d’extase, Daphné s’empale sur le sexe de Roméo.)


Siriac : …à la nouvelle salle qui a ouvert derrière la gare…

Daphné : Hmmm ! C’est trop bon !

Siriac : …et donc pour donner le change…

Roméo (à Daphné) : Eh ben, t’es trempée, toi, dis donc !


(Daphné se déhanche en gémissant au-dessus de lui.)


Siriac : …on pourrait y aller avec toi.

Daphné : Aaaah !

Roméo : Hmmm !


(Ils baisent un instant à côté de Siriac qui semble pensif et se masturbe machinalement.)


Siriac : Alors, qu’est-ce que tu en penses ?

Roméo (tiré de sa torpeur) : Hein ?

Siriac : Oh putain, tu fais chier, t’as rien écouté ?

Roméo : Euh…


(Daphné se relève et se libère de l’étreinte de Roméo, puis se décale pour enjamber Siriac à côté d’elle, et s’empale ensuite sur lui.)


Siriac : Hmmm ! C’est vrai que tu ruisselles…


(Roméo se lève et vient se placer derrière Daphné.)


Roméo : Tellement trempée qu’à mon avis…


(Il s’approche tout contre la jeune femme ; elle se penche en avant sur Siriac ; on devine Roméo guider son sexe entre leurs deux corps. Daphné et Siriac s’immobilisent.)


Siriac (à Roméo) : Ah ouais, carrément ? Les deux dans la chatte ?


(Un silence.)


Daphné (soudain) : Aaaaahhhhaaaa !


(Les deux garçons se déhanchent pour entrer profondément dans leur partenaire dont la plainte d’extase se poursuit longuement.)


Daphné : Oouooh putain ! C’est trop bon !


(Doucement, ils entament quelques va-et-vient. Daphné crie par à-coups, de plus en plus fort à mesure que ses partenaires accélèrent leur cadence.)


Roméo : Bon, alors, qu’est-ce que tu disais ?

Daphné : Aaaah !

Siriac : Quoi ?

Daphné : Aahaah !

Roméo : Tu disais qu’il fallait que j’aille avec toi ?

Daphné : Aaaaah !

Siriac : Où ça ?

Daphné : Aaaahhaaaa !

Roméo : Quoi ?

Daphné : Aaah !

Siriac : Hein ?

Daphné : Aaahaaa !


(Siriac lève sa main devant le visage de la jeune femme et lui présente ses doigts tendus serrés, qu’elle engloutit d’une bouche avide.)


Siriac : Tiens, suce, tu feras moins de bruit…


(Daphné aspire profondément les doigts de Siriac ; ses cris de gorge déployée se transforment en plaintes plus ou moins étouffées.)


Siriac : Bon, donc, qu’est-ce que tu disais ?

Roméo : Ben je te demandais ce que tu venais de dire…

Siriac : Eh ben, on n’est pas couché…

Daphné : Hmmm ! Mmmhhhmmm !


(Il pousse doucement sa main plus profondément dans la bouche de la jeune femme.)


Siriac (sans cesser de se déhancher et de mimer une pénétration dans la bouche de Daphné) : Alors, je disais qu’on a discuté avec Cass, et que pour donner un peu le change, il faudrait que tu viennes avec nous à la nouvelle salle de sport derrière la gare.

Roméo (sans cesser ses va-et-vient) : Bah, ouais, pourquoi pas, si tu veux.

Siriac : Ok, donc on y va ce soir.

Roméo : Hein ? Ce soir ?

Siriac : Je vais prévenir Cassandra. Tu peux regarder si tu arriverais à attraper mon téléphone dans mon jean, derrière toi, là ?


(Sans lâcher Daphné qui continue de geindre, Roméo se penche en arrière et tend la main.)


Roméo : Non. C’est trop loin. Mais je sais même pas pourquoi j’essaye…


(Il reporte toute son attention sur les fesses de Daphné.)


Siriac : Bon, c’est pas grave, je ferai ça t’t’à l’heure…


(Lui aussi se consacre de nouveau pleinement à sa partenaire, qui gémit de plus en plus.)


Siriac : De toute façon, là, elle risquerait d’entendre Daphné, ce ne serait pas bien.


(Il libère la bouche de la jeune femme, qui, instantanément, crie de nouveau très fort.)






Acte II, scène 2

Samedi 21, 10 h 30

L’appartement de Juliette et Eloïse

(Juliette, Eloïse, Nadia, Francesco)



(Tous quatre sont nus, en pleine action. Francesco, agenouillé sur le canapé, pénètre avec difficulté Eloïse, allongée sur le dos ; assise sur le visage de cette dernière, Nadia se déhanche et se tortille en gémissant ; enfin, agenouillée derrière lui et équipée d’un imposant gode-ceinturon, Juliette sodomise amplement le jeune homme.)



Nadia : Hmmm ! Aaah !

Francesco : Grrr… arrgh…


(La sonnette de l’appartement retentit. Juliette interrompt ses va-et-vient et semble hésiter un moment, puis elle s’extrait de l’arrière-train de Francesco qui pousse en réponse un long et lent vagissement, et s’extrait à son tour d’Eloïse.)


La voix d’Eloïse (caverneuse) : Qu’est-ce qui se passe ?


(Juliette descend du canapé. Nadia se redresse puis se laisse choir en arrière, libérant Eloïse.)


Juliette : Ça a sonné.

Eloïse : Bah oui, j’ai entendu, mais on s’en fout, tu vas pas aller ouvrir comme ça.

Juliette : Ben c’est peut-être important…


(Sous les yeux atterrés des trois jeunes gens déconcertés, Juliette s’éloigne vers la porte d’entrée, sans se départir de son sextoy abondamment lubrifié qui oscille à chacun de ses pas.)


Juliette (fort) : C’est qui ?

La voix de Cassandra : Cassandra !

Juliette (rassurée) : Ah, attends, je t’ouvre.


(Juliette déverrouille la porte. Nadia, sidérée, cherche rapidement un vêtement pour se couvrir. Eloïse soupire. Francesco hésite et regarde tour à tour Nadia, Eloïse, puis sa bite.)


Juliette : Eh bien vas-y, entre !

La voix de Cassandra : Mais ça va pas ! T’es complètement tarée, ma pauvre ! Je veux même pas imaginer ce que tu étais en train de faire, mais c’est n’importe quoi d’ouvrir comme ça ! T’imagines si…

Juliette (l’interrompant) : Bon, entre vite, il fait pas chaud dans le couloir ! Tu m’engueuleras après !

Cassandra (entrant) : Mais t’es cinglée, vraiment ! T’imagines la tronche de tes voisins s’ils te voyaient comme ça ?


(Juliette referme la porte en ricanant.)


Cassandra : Et ça te fait rire, en plus ?


(Juliette l’observe contempler fixement le gode-ceinturon.)


Juliette (amusée) : C’était pour enculer Francesco.

Cassandra (affligée) : Bon, je reviendrai quand vous serez redescendus sur terre…

Eloïse : Eh, c’est elle toute seule, hein ! Moi je t’aurais pas ouvert…


(Cassandra semble réaliser seulement que d’autres personnes sont là. Elle les balaie d’un regard désespéré.)


Juliette : Bon, allez, arrête d’être rabat-joie, et viens t’asseoir, on a presque fini.

Nadia : Euh, c’est-à-dire que…

Francesco (s’amollissant à vue d’œil) : Oui, je ne sais pas si…

Eloïse (à Juliette) : Tu vois, tu n’aurais pas dû ouvrir…


(Juliette soupire.)


Juliette : Bah, de toute façon, vous n’étiez plus vraiment à ce que nous faisions…


(Tous la regardent, interloqués.)


Juliette (détachant son ceinturon) : Ce n’est pas grave, on reprendra tout à l’heure…

Nadia : Euh, je crois que pour moi, ça commence à aller, là…


(Juliette ôte son sextoy et sort vers la salle de bains.)


Cassandra (à Eloïse) : Vous y êtes depuis quand ?

Eloïse (souriant) : Hier soir vers vingt heures.


(Cassandra écarquille les yeux.)


Nadia : Oui enfin pas en continu, quand même… On a dormi un peu.

Francesco (amusé) : Pas beaucoup, cela dit.

La voix de Juliette (depuis la salle de bains) : J’avais mis des aphrodisiaques dans le champagne.

Eloïse : Ah c’était ça le petit goût bizarre ?


(Cassandra lève les yeux au ciel. Juliette rentre.)


Juliette : Ça a plutôt bien marché, jusqu’à ce matin…

Francesco : Ben tu m’étonnes… cinq séances de baise depuis hier soir, ça va…

Nadia (à Juliette) : Tu me donneras le nom de tes aphrodisiaques ?


(Eloïse sourit. Juliette semble chercher quelque chose.)


Juliette : Je ne sais plus ce que j’ai fait de ma culotte…


(Cassandra soupire ; les autres ricanent.)


Cassandra (cynique) : Tu en avais une, au moins, hier soir ?

Nadia (amusée) : Oui, oui, on peut témoigner qu’elle était habillée quand on est arrivés…

Juliette (avisant un tas de vêtements dans un coin de la pièce) : Ah, là-bas !


(Elle s’y dirige.)


Eloïse (se levant du canapé) : Bon, je vais faire du café. Tu en veux un, Cassandra ?

Cassandra : Oui, pourquoi pas.


(Eloïse sort vers la cuisine, toujours nue. Juliette extirpe une culotte et un tee-shirt de la pile et les enfile. Cassandra s’avance jusqu’à un fauteuil, l’examine soigneusement, puis le nettoie d’un revers de manche avant de s’y asseoir. On entend couler une machine à expressos. Nadia se lève, ramasse aussi quelques vêtements et sort vers la salle de bains. Francesco se lève à son tour et se dirige en claudiquant vers les toilettes.)


Juliette (l’apercevant) : Je t’ai fait mal ?

Francesco : Euh… j’sais pas trop… je crois pas, mais… c’est… bizarre… J’ai comme l’impression d’être bloqué à l’intérieur…

Juliette : Bah, c’est juste que t’as pas l’habitude…

La voix de Nadia (de la salle de bains, enjouée) : Je confirme !


(Francesco sort vers les toilettes. Juliette ramasse un vêtement et sort vers la chambre. Eloïse revient avec deux tasses fumantes ; elle va en donner une à Cassandra et se rassoit dans le canapé avec l’autre.)


La voix de Nadia : D’ailleurs, euh… ce gode-ceinturon… vous avez acheté ça où ?

Eloïse : Je ne peux pas te dire, c’était un cadeau. Mais Juliette saura sûrement.

Cassandra : C’est ton fameux cadeau d’anniversaire ? Je me disais bien que je l’avais déjà vu.

La voix de Juliette (de la chambre) : Je vous noterai l’adresse du site. C’est là aussi que j’ai pris les aphrodisiaques.

Cassandra (à Eloïse, à voix basse) : Ça doit faire quand même mal, un engin de cette taille dans le cul, non ?

Eloïse (souriant) : Ben faut pas se le mettre à sec, c’est sûr…


(Un puissant et interminable pet sonore retentit dans tout l’appartement, déclenchant d’abord la stupéfaction puis les rires d’Eloïse et de Cassandra.)


La voix de Francesco (victorieuse) : Ah putain !

Nadia (rentrant à demi rhabillée) : C’était quoi, ça ?

Eloïse (hilare) : C’est ton mec qui a dû soudainement se débloquer de l’intérieur…

Nadia (fort, vers les toilettes) : Ça va ?

La voix de Francesco : Oui, ça y est, ça va mieux, c’est passé…

Juliette (rentrant, habillée) : Tu n’oublieras pas de mettre du désodorisant, hein, Francesco…


(Eloïse et Cassandra rigolent de plus belle. Nadia soupire puis ressort vers la salle de bains.)


Juliette (à Eloïse) : Tu n’as fait que deux cafés ?

Eloïse : Deux autres ne demandent qu’à couler, y a qu’à appuyer dessus.

Juliette : Nadia, je t’en fais un ?

La voix de Nadia : Oui, je veux bien, merci.

La voix de Francesco : Tu peux m’en faire un aussi, s’te plaît, Juliette ?

Juliette (souriant) : Oui, je te dois bien ça…


(Elle sort vers la cuisine. Un silence. On entend de nouveau la machine à expressos. Francesco revient, toujours nu, va ramasser ses vêtements sous les yeux amusés d’Eloïse et de Cassandra, puis ressort vers la salle de bains.)


Eloïse (à Cassandra) : Tu vois, tu as bien fait de venir, finalement…

La voix de Juliette : Même si tu as cassé un super coup…

Cassandra : Je pensais pas vous trouver dans une partouze à dix heures du matin…

Eloïse (à Juliette) : Bah, en même temps, il aurait suffi de ne pas lui ouvrir…

Juliette (revenant avec deux tasses fumantes) : Oh d’t’te façon, vous n’étiez plus vraiment à ce que vous faisiez, ça se sentait…

Eloïse : C’est tes aphrodisiaques, ils sont à durée limitée…


(Juliette dépose les deux tasses, puis sort de nouveau vers la cuisine. Nadia rentre, habillée.)


Nadia : Ben ça a tenu plus de douze heures, quand même… (Elle s’avance jusqu’au milieu du salon.) C’est pour moi, le café ?

Eloïse : Oui, vas-y, prends.


(Nadia se saisit d’une tasse et s’assoit dans le canapé. On entend de nouveau fonctionner la machine à café.)


Eloïse (amusée) : Donc, Cassandra, je te présente Nadia ; et son mec qui nous a parfumé les toilettes, c’est Francesco.

Cassandra : Oui, ça, j’avais cru comprendre… Bon, ben… enchantée…

Nadia (souriant) : Pareil. Et c’est toi qui as appelé hier soir quand on venait d’arriver, c’est ça ?

Cassandra : Euh… oui, sans doute…


(Nadia sourit avec insistance. Cassandra regarde Eloïse sans bien comprendre.)


Eloïse : Juliette avait mis le haut-parleur…

Cassandra (incrédule) : Sérieusement ?

Juliette (revenant avec une dernière tasse de café) : Oui, et ils t’ont entendue dire que tu faisais des plans culs avec nous dans tous les sens et que ton mec commençait à se douter de quelque chose…


(Elle vient déposer un bisou à Cassandra puis s’assoit dans un autre fauteuil.)


Cassandra (atterrée) : Sérieusement…

Juliette : Et il était question d’une nouvelle salle de sport, aussi, non ?

Cassandra : Oui enfin bon là je ne sais pas si je ne vais pas plutôt rompre tout contact avec vous…


(Un nouveau pet bruyant se fait encore entendre, provenant de la salle de bains.)


La voix de Francesco : Eh ben putain ! C’était pas fini…

Nadia (mécontente) : Eh mais t’arrêtes ! C’est dégueu !

Eloïse : Je crois qu’y a pas de désodorisant dans la salle de bains, par contre…

Juliette (fort) : Tu ouvriras bien la fenêtre, hein, Francesco…

La voix de Francesco : Désolé…

Juliette (à Eloïse) : Ça te fait ça, toi, quand je t’encule ?

Eloïse : Eh mais tu vas te calmer cinq minutes, là ?


(Nadia, Cassandra et Juliette sourient.)


Eloïse : Elle a raison, Cassandra, on va t’emmener faire du sport, ça va te défouler un peu…

Juliette (à Cassandra, amusée) : C’est où, alors, que tu veux nous emmener ?

Cassandra : La nouvelle salle qui a ouvert derrière la gare.

Eloïse : Pourquoi là-bas ?

Cassandra : Euh… c’est en terrain neutre, disons… ça pourra donner le change…

Nadia (essayant de comprendre la situation) : L’idée, c’est que tu puisses faire croire à ton mec que vous faites du sport ensemble au lieu de le tromper avec elles, c’est ça ?

Eloïse : C’est ça…

Cassandra (embarrassée) : Oui enfin… tromper, c’est beaucoup dire… c’est pas comme si je me tapais un autre mec, non plus…


(Eloïse ricane. Nadia écarquille les yeux.)


Juliette : Donc pour résumer, il s’agit simplement d’aller faire du sport toutes les trois avec Siriac dans cette nouvelle salle. Et il n’y aura personne d’autre, on est bien d’accord ?

Cassandra : Comment ça ?

Juliette : Personne d’autre de l’entourage de ton mec…

Cassandra : Non, non. Juste nous quatre. Et on fait juste du sport. Pas d’after…

Juliette : Ben d’t’te façon, pas d’after avec ton mec, je suis désolée…

Cassandra : Ça ma va très bien aussi.


(Un silence.)


Eloïse : Et tu veux faire ça quand ?

Cassandra : Ben c’t’aprèm vous disiez que c’était pas possible…

Eloïse : Non, j’ai coiffeur.

Cassandra : …donc demain aprèm ? vers dix-sept heures ? Ça vous irait ?


(Eloïse et Juliette s’interrogent du regard.)


Juliette : Okay.


(Un silence ; toutes les quatre terminent leur café. Francesco revient de la salle de bains.)


Nadia : Eh ben, t’en as mis du temps…

Eloïse : Tu te finissais avec le gode ?

Juliette : Tu as bien aéré ?


(Penaud, Francesco regarde tour à tour les quatre jeunes femmes, finissant par dévisager Cassandra.)


Cassandra : Ah non, moi je n’ai rien à voir avec tout ça, hein… Tu peux bien t’envoyer tous les godes que tu veux ou pedzouiller toute la journée, ça m’est bien égal…


(Tous la regardent avec consternation.)


Cassandra (se levant) : D’ailleurs maintenant que tout ça est calé, je vais vous laisser partouzer tranquillement.

Eloïse, Nadia et Francesco (en même temps) : Euh…

Nadia : Non, non, et puis nous on va y aller aussi, hein Francesco ?


(Le jeune homme acquiesce. Juliette se lève et s’approche de Cassandra, tout contre elle.)


Juliette : Tu vois, ils n’en peuvent plus, alors que moi…


(Elle embrasse Cassandra à pleine bouche.)


Nadia : Il semblerait qu’on n’ait pas tous le même métabolisme d’élimination des aphrodisiaques…

Eloïse : Bah, elle a surtout dû en prendre deux fois plus que nous…

Cassandra (se dégageant quelque peu, gênée) : Mais attends, pas ici devant tout le monde.


(Eloïse, Nadia et Francesco sourient. Juliette l’ignore et passe ses mains sous le tee-shirt de Cassandra.)


Eloïse : Ben surtout, vous faites vite, parce que dans vingt minutes, on vous fout tous dehors.


(Sans cesser de peloter Cassandra, Juliette se retourne vers Eloïse et lui lance des yeux interrogatifs.)


Eloïse : On va manger avec ma famille, t’avais oublié ?

Juliette : Ah oui, c’est vrai. Mais ne t’inquiète pas Cassandra, vingt minutes, ça va le faire.


(Juliette referme ses mains sur les fesses de Cassandra et se frotte à elle avec suggestion.)


Francesco (s’asseyant confortablement) : Bon finalement, on est peut-être pas à vingt minutes près…





Acte II, scène 3

Samedi 21, 13 h 10

Un restaurant

(Juliette, Eloïse, Yannick, Alizée, Nelly, des clients, des serveurs)



(De nombreuses tables du restaurant sont occupées. Des serveurs vont et viennent. Juliette, Eloïse, Nelly, Yannick puis Alizée de l’autre côté de Juliette, sont installés autour d’une table ronde. Derrière Eloïse, une serveuse note leurs commandes.)



La serveuse (refermant son calepin) : C’est noté, merci. Je vous apporte les boissons dans un instant.


(Elle s’éloigne.)


Eloïse : Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas retrouvés au restau tous ensemble.

Nelly : Oui, ça me fait plaisir, je suis contente de vous avoir tous les deux ici.


(Elle enserre et embrasse Eloïse, puis Yannick.)


Nelly (regardant tour à tour Alizée et Juliette) : Et je suis contente que vous soyez là aussi.


(Juliette et Alizée sourient gentiment.)


Yannick (regardant discrètement la poitrine de Juliette) : Oui, c’est sympa qu’on ait tous pu venir.

Alizée (l’apercevant, à voix basse) : Eh, tu veux que je t’aide ?


(Juliette, les ayant remarqués, sourit et se cambre exagérément en appuyant ses coudes sur la table.)


Juliette : Merci pour l’invitation, en tout cas. C’est un bel endroit.


(Alizée regarde à son tour la poitrine de Juliette plus ou moins discrètement.)


Eloïse (l’ayant remarquée, souriant) : Eh, tu veux que je t’aide ?

Alizée (rougissant) : Euh… désolée…

Eloïse (à Alizée) : Non, c’était pas pour toi…


(Elle regarde intensément Juliette. Celle-ci sourit de plus belle.)


Alizée (gênée) : Euh, bon, je vais aller me laver les mains avant le repas.


(Elle recule sa chaise et se lève, puis s’éloigne. Juliette la contemple de haut en bas avec concupiscence.)


Eloïse (à Juliette) : Mais c’est fini, oui ! C’est tes médocs d’hier soir qui font encore effet ?

Juliette (souriant et reculant sa chaise) : Bon, moi aussi je vais aller me laver les mains.

Eloïse : C’est mort ! Tu restes là, t’iras après.


(Nelly et Yannick regardent Eloïse sans comprendre.)


Juliette (toujours souriant) : Mais enfin qu’est-ce que tu vas t’imaginer…

Eloïse (à Juliette, à voix basse) : Prends-moi pour une conne… Tu iras quand la petite fleur sera revenue…


(Juliette se penche vers Eloïse et lui dépose un bisou sous les regards perplexes de Nelly et Yannick.)


Juliette : Je t’aime, ma puce ! (À voix basse) : C’est pas une petite fleur, c’est un coup de vent…


(Eloïse sourit et lui rend son baiser.)


Eloïse : Moi aussi. Mais ça n’empêche que tu iras te laver les mains dans quelques minutes…

Nelly (hésitante) : Bon, alors, Eloïse ? Comment vas-tu ? Et toi, Juliette ? Comment allez-vous toutes les deux ?


(Eloïse et Juliette se regardent un instant.)


Eloïse : Ça va, maintenant ; bien mieux ; grâce à Juliette, surtout.

Juliette (sincère) : Ça va mieux, maintenant, oui ; on s’est soutenues toutes les deux.


(Eloïse passe tendrement sa main vers la nuque de Juliette.)


Juliette : Et on se reconstruit doucement.


(Yannick détaille Juliette et son anatomie avec plus ou moins de retenue.)


Nelly (à Eloïse) : Tu retravailles, alors ? C’est très bien, ça !

Eloïse : Oui… enfin, très bien, c’est sans doute l’excès : le job que je fais n’est pas très épanouissant, mais…

Nelly : Ce qui est épanouissant, c’est de travailler, simplement, non ?

Eloïse (indécise) : Si, si…

Juliette (positive) : Enfin, en tout cas, ça se passe bien dans ton boulot.

Eloïse : Oui, c’est vrai, c’est déjà bien.


(Alizée revient ; Juliette l’observe se rasseoir ; Yannick observe Juliette ; Alizée observe Yannick ; Eloïse soupire.)


Juliette (effrontée) : Bon, ça y est, je peux y aller ?


(Eloïse l’ignore ; Juliette se lève et s’éloigne sous les regards appuyés de Yannick et Alizée.)


Nelly : Bon, donc tu me promets que ça va, Eloïse ?

Eloïse (sincère) : Oui, oui, ça va vraiment mieux. Ça a été dur un moment, mais le boulot, Juliette, les copains copines… ça change les esprits. Et puis on va sans doute déménager, changer de cadre, ça nous fera du bien aussi.

Yannick (reculant sa chaise) : Bon, comme j’ai déjà entendu tout ça, je vais aussi aller me laver les mains avant le repas.

Eloïse : Non, c’est mort ! Tu restes là ! T’iras dans cinq minutes.


(Alizée sourit avec satisfaction. Yannick semble un instant indécis, mais finit par sourire et ravancer sa chaise.)


Nelly : Et vous déménageriez où ?

Eloïse : On resterait en ville de toute façon, Juliette aime bien son boulot, on a nos habitudes, et plusieurs amis.

Yannick : D’un autre côté, changer ses habitudes, ça peut être bien.


(Eloïse et Alizée le regardent avec étonnement.)


Yannick : Non, il n’y a pas de sous-entendu, je voulais simplement dire que déménager, c’est une façon de changer ses habitudes, et quitte à le faire…

Eloïse : Oui, enfin, je ne sais pas trop où nous irions…

Nelly : Bon, et avec Juliette, ça se passe bien ?

Eloïse : Oui, super ! (Elle hésite.) On est vraiment amoureuses.


(Yannick soupire en levant les sourcils.)


Eloïse (l’ayant remarqué) : Quoi ?

Yannick : Rien, rien. C’est bien…


(Juliette revient ; Yannick la scrute encore de la tête aux pieds.)


Alizée : Eh mais t’arrêtes !


(Juliette se rassoit.)


Yannick : Franchement, quel gâchis !


(Toutes le regardent, stupéfiées.)


Yannick (à Eloïse) : Non, mais toi aussi, c’est pareil… C’est vraiment décevant pour la gent masculine, quand même…

Alizée (estomaquée) : Eh mais tu vas quand même pas me dire que tu fantasmes sur ta sœur !

Yannick : Mais non pas du tout, je fantasme pas sur ma sœur, mais reconnais qu’elle est magnifique. Et Juliette, regarde, c’est une bombe. Et donc, c’est du gâchis.

Juliette (à Eloïse) : J’ai dû louper quelque chose, non ?

Eloïse (soupirant) : J’sais pas, mais j’ai l’impression d’être à table avec Siriac…

Yannick (à Alizée) : Mais toi aussi, ma puce, t’es magnifique !


(Il se penche vers elle et l’embrasse.)


Juliette : Oui, c’est vrai, c’est tout à fait Siriac…

Yannick (à Alizée) : Et toi, au moins, tu ne trahis pas la gent masculine…

Eloïse : Eh, mais stop !


(Alizée, gênée, regarde tour à tour Eloïse et Juliette.)


Juliette (lui dardant un regard embrasé) : Ça, ça peut peut-être s’arranger…


(Alizée rougit de nouveau et baisse les yeux.)


Eloïse (à Juliette) : Eh mais tu vas pas t’y remettre, toi !


(Elle lui pince les côtes ; Juliette sursaute en riant. La serveuse revient avec un plateau chargé de consommations.)


Eloïse : Tiens, ben voilà, on va vous servir à boire, ça va vous calmer un peu.

Nelly (reculant sa chaise) : Bon, moi aussi, je vais aller me laver les mains.


(Elle se lève et s’éloigne ; la serveuse dépose une carafe d’eau et des verres d’apéritifs sur la table.)


Eloïse (cynique) : Ça va, là ? Personne se lève pour aller se laver les mains en même temps que ma mère ?


(Juliette sourit, puis provoque un instant Eloïse du regard, et se cambre de nouveau exagérément en couvant des yeux la serveuse.)


Juliette (à la serveuse, suave) : Est-ce que je peux vous aider d’une façon ou d’une autre ?


(Yannick et Alizée, ahuris, observent Juliette ; la serveuse ne peut se retenir de plonger un regard inquisiteur vers le décolleté de Juliette. Eloïse semble prendre sur elle.)


La serveuse (gênée) : Euh, non, je vous remercie, pas pour le moment.


(Juliette continue de la provoquer des yeux. Arborant peu à peu un sourire carnassier, Eloïse emplit un verre d’eau et le verse immédiatement sur la tête de sa compagne.)


Juliette (hurlant et se reculant vivement) : Aaaah ! Putain ! Mais arrête, c’est gelé !


(Comme Juliette se recule, l’eau du verre finit par ruisseler sur son chemisier, qui, mouillé, colle à sa peau et à son soutien-gorge, et dévoile franchement ses courbes généreuses. Alizée est confondue et observe Juliette avec un mélange de compassion et de « c’est bien fait pour toi… ». Yannick est également ébahi, mais observe scrupuleusement le chemisier mouillé. La serveuse, amusée, tend une serviette en papier à Juliette.)


Juliette (s’en saisissant) : Merci.


(Elle s’éponge le front et les cheveux en fixant Eloïse d’un air démoniaque. Les tables alentour sont silencieuses et de nombreux clients observent Juliette à la dérobée.)


Eloïse (sardonique) : Moi aussi je t’aime…


(Elle s’approche de Juliette et lui tenant la tête, l’embrasse à pleine bouche sous les yeux embarrassés de la serveuse et d’Alizée.)


Eloïse (reprenant sa place initiale) : Je ne t’avais pas déjà dit que j’étais jalouse ?

Juliette (à la serveuse) : Je peux vous reprendre une serviette s’il vous plaît ?

La serveuse (lui en tendant une) : Tenez.

Juliette : Merci.


(La serveuse s’éloigne ; Juliette continue de s’éponger le visage, puis écarte le tissu de son chemisier et glisse la serviette en papier sur sa poitrine pour essuyer l’eau qui a coulé le long de ses seins. Yannick et plusieurs clients la dévorent des yeux.)


Alizée (agitant une main de haut en bas devant le visage de Yannick) : Eh oh ! Tout va bien ?

Yannick (penaud) : Euh… désolé…

Eloïse (à Alizée, soulevant la carafe d’eau et désignant sa poitrine) : Tu en veux un peu ?

Alizée (souriant et tendant son verre) : Non, ça va aller, mais verse quand même, au cas où… je pourrais en avoir besoin pour mon voisin…


(Eloïse regarde gaiement Yannick qui bougonne. Juliette froisse la serviette avec laquelle elle a fini de s’éponger.)


Juliette (à Eloïse, belliqueuse) : Franchement, j’hallucine ! Ça te dérange pas qu’on fasse des trucs salaces toute la nuit avec un couple, et là tu me chies une pendule parce que j’allume gentiment la serveuse…


(Yannick et Alizée sont médusés et regardent fixement Juliette. Un silence religieux s’est fait à toutes les tables voisines. Eloïse soupire.)


Eloïse (froidement) : Quand on a baisé avec ce couple, il me semble qu’on était toutes les deux d’accord, non ?


(Juliette soupire.)


Eloïse (à Yannick et Alizée) : Je suis désolée que vous ayez à entendre ça…

Yannick (mi-embarrassé mi-attisé) : Non, non, c’est plutôt… euh… instructif…


(Un silence.)


Yannick (à Alizée) : Tu vois, ma puce ? c’est ce que je te disais, tout le monde le fait…


(Juliette et Eloïse sourient. Alizée lui jette un regard consterné. Un silence. Nelly revient, contourne la table et se rassoit.)


Nelly (s’apercevant de l’état de Juliette) : Eh bien ? Que t’est-il arrivé ?

Juliette (carnassière) : Rien du tout, une petite discussion avec Eloïse… Nous verrons comment régler ça prochainement…






Acte II, scène 4

Samedi 21, 17 h 20

L’appartement de Juliette et Eloïse

(Eloïse)



(Eloïse va et vient dans la pièce, rassemblant quelques affaires.)



Eloïse (fort) : Bon, je passe aux toilettes et j’y vais.

La voix de Juliette (d’une pièce voisine) : Okay.


(Eloïse sort vers les toilettes. Juliette entre à pas de loups et s’avance jusqu’aux affaires d’Eloïse. Elle extirpe un téléphone d’une poche et tapote plusieurs fois l’écran, puis sort un autre téléphone de sa propre poche et compose quelques touches. Elle replace ensuite le premier téléphone, puis s’éloigne furtivement et ressort par la même porte. On entend couler une chasse d’eau ; Eloïse entre.)


Eloïse (fort) : Je file.


(Juliette entre.)


Juliette : À tout à l’heure ! Ne coupe pas trop, je t’aime bien avec les cheveux longs.


(Elle s’avance vers Eloïse ; elles s’embrassent.)


Eloïse : Je passerai faire quelques courses après, je prendrai de quoi manger pour ce soir et pour demain.

Juliette : Okay, super. Je te sms si je pense à des trucs.

Eloïse : Ça marche. À tout ’ !


(Elle sort. Juliette attend quelques secondes, puis prend son téléphone, appuie quelques touches, le porte à son oreille et se laisse tomber dans le canapé.)


Juliette (au téléphone) : Bonsoir Nelly, c’est Juliette. … Oui, la Juliette d’Eloïse. … Non, non, tout va bien ; je voulais juste savoir si vous auriez le numéro de téléphone d’Alizée, par hasard ? … Eh bien je crois qu’en sortant du restaurant, je suis partie avec son foulard. … Non, Eloïse ne l’a pas non plus. … Oui, super, merci. … Bonne fin de journée, à bientôt !


(Elle raccroche, pose son téléphone sur le canapé, puis se lève et va jusqu’à une chaise sur laquelle est posé un manteau ; elle fouille dans le vêtement et, avec un sourire, en extrait un foulard roulé en boule. On entend une notification de téléphone. Juliette retourne vers le canapé et consulte son téléphone.)


Juliette : Impec ! Merci Nelly !


(Elle tapote de nouveau plusieurs fois l’écran, puis porte encore le téléphone à son oreille.)


Juliette (au téléphone) : Alizée ? … Salut, c’est Juliette. … C’est la mère d’Eloïse qui m’a donné ton numéro. … Dis, je crois que je suis partie avec ton foulard quand nous sommes sortis du restaurant tout à l’heure. … Non, je ne m’en suis pas rendu compte, je ne sais pas. J’ai dû le prendre par mégarde. (Elle sourit.) … J’imagine que ce n’est pas très urgent, mais si tu veux, tu peux passer le récupérer tout de suite… … Super, je t’attends ! … Oui, je t’envoie l’adresse. … À tout’ !


(Elle raccroche et repose le téléphone, l’air satisfait. Elle sort ensuite vers la cuisine et revient un instant après avec une bouteille d’eau à la main, puis va fouiller dans un sac à mains accroché à une chaise en bandoulière, en sort une plaquette de comprimés, en détache un, le place dans sa bouche et porte la bouteille à ses lèvres.)






Acte II, scène 5

Samedi 21, 18 h 35

Une salle de sport

(Milia, Timothée, des clients)



(Plusieurs appareils de musculation sont alignés au second plan de la scène derrière quelques tapis de courses. Plus loin, vers le fond, on devine les allées et venues de plusieurs personnes en tenue de sport qui traversent cette partie de la salle. Timothée est allongé sur un appareil et enchaîne divers mouvements qui semblent difficiles ; Milia, portant des écouteurs, court en haletant sur l’un des tapis de course, à droite de la scène.)


La voix de Siriac : Tiens, on n’est pas allé voir de ce côté-là de la salle !


(Siriac entre, suivi de Cassandra puis de Roméo qui examinent tour à tour avec minutie divers appareils. Milia les observe distraitement, mais contemple Roméo avec insistance.)


Cassandra : Et celui-là, il sert à quoi ?


(Un silence.)


Roméo (étudiant l’appareil avec perplexité) : Oui, c’est assez mystérieux…

Siriac : Ben… j’sais pas, moi… Y en a pas des comme ça, dans votre salle ?

Cassandra : J’sais pas trop… je fais surtout du tapis. Mais je croyais que vous faisiez plutôt de la muscu, vous, non ?

Siriac : Euh… oui… mais c’est pas les mêmes, là où on va… hein, Roméo ?


(Roméo le regarde avec un mélange d’agacement et de découragement.)


Cassandra : Bon, ben on va l’essayer…


(Elle écarte des bras mobiles et envisage de s’installer sur l’appareil.)


Timothée (descendant de son appareil) : Attendez, je vais vous montrer.


(Il s’approche de Cassandra et la guide par le bras.)


Siriac : Bas les pattes !

Timothée : Mais, je…


(Daphné entre, vêtue d’une tenue de sport moulante. Timothée abandonne visiblement toute velléité d’assistance à Cassandra et observe avec intérêt la nouvelle venue. Milia ralentit son rythme et retire ses écouteurs.)


Daphné : Roméo, à mon avis, si tu veux pas te retrouver avec un troupeau de mecs chez vous ce soir, tu devrais aller surveiller Flora…

Roméo : Oh putain, merde !


(Il sort en hâte sous les ricanements de Cassandra et Siriac. Milia a une moue étonnée. Daphné observe un instant les différents agrès.)


Cassandra (à Siriac, murmurant) : C’était obligé, qu’elles viennent avec nous ?


(Daphné passe devant Cassandra et Timothée, qui la regardent l’un ardemment et l’autre avec une hostilité glaciale ; puis elle roule des hanches devant Siriac en tournant vers lui des yeux enflammés.)


Cassandra : Eh ! oh ! Tu veux que je t’aide ?

Daphné (détachée) : Non, c’est gentil, ça va aller.


(Elle monte sur un tapis de course, puis appuie différents boutons.)


Daphné : Oh j’y comprends rien !


(Elle soupire.)


Daphné (aguicheuse) : Siriac, tu veux bien venir me montrer comment on l’allume ?

Siriac : Euh…

Cassandra (à Daphné) : Crève !

Siriac : Mais enfin, ma puce…

Cassandra (à Timothée) : Tiens, toi, tu veux pas aller l’aider ?


(Timothée paraît d’abord ennuyé qu’on s’adresse à lui ainsi, mais il semble finalement ravi à l’idée d’aborder Daphné.)


Timothée : Si, si, bien sûr.


(Il s’approche de la jeune femme et se positionne juste à côté d’elle.)


Timothée (à Daphné) : Alors, vous voyez, là, ça c’est pour lancer le tapis. Attention, ça va démarrer doucement.


(Daphné marche à mesure que le tapis roule.)


Timothée : Et là, avec ça, vous réglez la vitesse. Un peu plus vite…


(Il appuie. Daphné marche de plus en plus vite.)


Timothée : …ou un peu moins vite.


(Il appuie une autre touche ; le tapis ralentit.)


Daphné (adressant un beau sourire à Timothée) : Super, j’ai tout compris. Merci !

Timothée : Je vous en prie. Si je peux vous aider d’une façon ou d’une autre, n’hésitez pas…

Siriac : Pfff !


(Milia sourit et Cassandra soupire à son tour en retournant tenter de s’installer sur le premier appareil. Siriac hésite un instant puis se positionne sur un rameur à côté d’elle. Timothée observe plus ou moins discrètement Daphné dont la poitrine se balance à chaque pas de course. Il finit par monter sur le tapis voisin de celui de la jeune femme.)


La voix de Flora : Oh, mais tu exagères toujours ! Ces garçons ne voulaient que discuter…


(Roméo entre, tirant Flora derrière lui. Tous deux portent un short et un tee-shirt de sport. En apercevant la jeune femme, Timothée et Milia écarquillent longuement les yeux.)


Roméo : Mais oui, c’est certain… Mais nous sommes ici pour faire du sport, tu te rappelles ?

Flora (badine) : Je suis sûre que ça les amuserait, de faire du sport avec nous…

Roméo : C’est mort ! Tiens, allez, va faire du rameur, ça va te calmer !


(Il l’entraîne vers les agrès où s’agitent Cassandra et Siriac.)


Siriac (ricanant) : J’ai peur qu’il en faille un peu plus pour la calmer…


(Roméo et Cassandra lui lancent un regard mauvais. Flora examine un appareil un instant.)


Flora : Bon, je vais essayer celui-ci.


(Elle s’y installe. L’un après l’autre, en prenant grand soin d’adopter un air innocent et d’observer gentiment les appareils de musculation, Kevin, Tom, Arthur et Bruce entrent et se rapprochent peu à peu de Flora, qui se cambre et écarte exagérément les cuisses au fur et à mesure.)


Roméo : Pfff ! Revoilà les parasites ! Je ne sais pas ce qui m’a pris de t’amener ici…

Flora : Mais si, j’aime beaucoup cet endroit. Ça sent la testostérone…


(Milia sourit. Flora fait quelques mouvements sur son appareil de musculation. Roméo l’observe d’un regard incertain. Pendant ce temps, Cassandra, Siriac, Daphné et Timothée courent ou font leurs exercices, et les nouveaux venus s’installent sur d’autres agrès tout autour de Flora.)


Flora : Eh ben, ça donne vite chaud…


(Elle s’arrête, se redresse et se prépare à ôter son tee-shirt.)


Roméo : Eh mais ça va pas ! Qu’est-ce tu fous ?

Flora : Ben j’ai chaud !

Roméo : Oui d’accord mais bon, on n’est pas tout seuls, là…

Flora (faussement candide) : Bah, tous ces gens ont déjà vu une fille faire du sport…


(Elle retire son tee-shirt, dévoilant une brassière de course qui comprime sa lourde poitrine.)


Flora : Et puis, bon, j’ai payé assez cher ce soutif…

Daphné (courant toujours) : C’est cher, ça ?

Flora : Les petites brassières, pas trop, mais si tu veux un peu de confort quand t’as de gros seins, faut mettre le prix.


(Elle réajuste sa poitrine avant de reprendre sa position. Kévin toussote ; Tom tire sur son pantalon ; Arthur déglutit pesamment ; Bruce fait mine de regarder son téléphone qu’il tourne vers Flora en s’efforçant d’être discret. Milia abandonne son agrès et s’éloigne vers la sortie en contemplant Roméo d’un air compatissant.)


Roméo (la regardant sortir) : Désolé… (Il soupire.) Finalement, on aurait peut-être dû privatiser la salle…


(Il vient se placer à côté de Flora et lui caresse doucement le visage.)


Roméo : Ma puce, tu ne veux pas remettre ton tee-shirt ?

Flora (lui lançant un regard enflammé) : Je ne t’excite pas, comme ça ?


(Il l’observe un instant se déhancher et se cambrer encore pour se caler dans le siège de son agrès. À son tour, Roméo tire discrètement sur son short.)


Roméo : Euh… je… bon, viens, on va aller voir un peu plus loin le reste de la salle…


(Il lui prend la main et l’incite à se relever ; elle descend de son appareil, se saisit de son tee-shirt et suit Roméo vers le fond de la salle en roulant ostensiblement des fesses sous les yeux liquéfiés de tous les garçons.)


Cassandra (à Siriac, entre deux halètements) : Eh, tu veux que je t’aide ?

Siriac (reprenant ses mouvements) : Hein ? Mais comment ça ? de quoi tu parles ?

Cassandra : Quand je pense que tu passes régulièrement des soirées chez eux, ça m’inquiète…

Siriac : Meuuuh nooon ! qu’est-ce que tu vas t’imaginer…


(Flora et Roméo sortent. Peu à peu, les autres jeunes hommes quittent leur agrès et sortent.)






Acte II, scène 6

Samedi 21, 18 h 50

L’appartement de Juliette et Eloïse

(Alizée)



(La jeune femme est debout derrière le canapé, les mains posées sur le dossier ; on ne voit que son buste ; elle a la tête penchée en arrière, les yeux mi-clos et la bouche ouverte.)



Alizée : Hmmmm ! … Aaaaah !


(Juliette apparaît derrière elle, se redressant ; elle s’essuie la bouche d’un revers de la main et se relève. Se serrant contre le dos d’Alizée, elle l’embrasse dans le cou et passe ses mains sous son chemisier.)





Acte II, scène 7

Samedi 21, 20 h 15

Une pizzeria

(Roméo, Flora, Daphné, Timothée, des clients, des serveurs)



(Les quatre jeunes gens sont attablés pour dîner. Autour d’eux, des serveurs vont et viennent. Une serveuse achève de prendre leurs commandes avant de s’éloigner.)



Daphné (charmeuse, à Timothée) : Merci de nous offrir l’apéro !


(Roméo soupire, puis se sert un grand verre d’eau.)


Roméo : Mouais… Tchin’ !


(Il boit.)


Timothée : Bah c’est la moindre des choses ! Avec les économies que vous allez me faire réaliser…

Flora (innocente) : Je ne suis toujours pas sûre d’avoir bien compris…

Timothée (ravi) : Eh bien le gérant t’offre ton abonnement et celui de Roméo si tu acceptes de venir trois fois par semaine à la salle…

Roméo : T’en fais pas, elle a parfaitement compris…

Timothée : Il dit que ça va faire de la pub à sa salle de sport.

Roméo : Je ne sais pas si tu étais obligée d’accepter…

Flora : Mais Roméo, tu te rends compte des économies que j’ai obtenues ?

Roméo : Mais ça fera zéro économie ! On n’y allait pas, à la salle de sport…

Timothée : En tout cas, t’as bien fait de négocier ces deux autres abonnements gratuits, merci !

Roméo : Elle ne peut pas s’en empêcher…

Daphné : Oui, et puis…


(Flora observe Timothée avec provocation en réajustant sa poitrine.)


Flora : Et puis j’ai des arguments de poids…


(Daphné sourit ; Timothée déglutit avec difficulté ; Roméo soupire.)


Roméo : Mais tu vas te calmer ?


(Flora embrasse Roméo.)


Roméo : On aurait pu offrir un abonnement gratuit à Siriac.

Daphné : C’est pas faute d’avoir essayé.

Flora : C’est Bobonne qui voulait pas…

Timothée : C’est vrai qu’elle avait pas l’air contente… Pourquoi elle faisait la gueule comme ça ?

Roméo : Boh, c’est compliqué.


(Flora sourit en regardant Roméo, puis Timothée.)


Flora : C’est pas compliqué du tout : Siriac vient régulièrement baiser avec nous, et comme il dit, Bobonne commence à se douter de quelque chose…


(Timothée est visiblement estomaqué, mais se force à ricaner pour donner le change. Roméo soupire de nouveau. Daphné regarde autour d’eux avec inquiétude. Une serveuse s’approche avec un plateau chargé de quatre coupes de vin pétillant.)


Daphné : Chhhut, moins fort…

Roméo (emporté) : Ouais enfin si j’ai bien compris, elle devrait pas la ramener : Siriac a l’air de dire qu’elle passe de plus en plus de temps avec les deux autres salopes, là ! (Il fait un grand geste, que la serveuse évite dans un surprenant réflexe.)

Flora (amusée) : Du calme, mon amour…

Roméo (à la serveuse, gêné) : Oh, excusez-moi, je suis désolé…

La serveuse (pas très amusée) : Ça va, pas de problème, rien de renversé.


(Elle dépose l’une après l’autre les coupes sur la table. En voulant l’aider, Roméo manque de renverser celle de Daphné, que la serveuse rattrape de justesse.)


La serveuse (de moins en moins contente) : Je vais m’en occuper, monsieur…


(Elle achève de servir des amuse-gueules et des cacahuètes sous les yeux dépités de Roméo et ceux égayés de Flora, Daphné et Timothée, puis s’éloigne.)


Flora : Tu vois, ça ne te réussit pas, de t’agacer…

Roméo : Mouais… Enfin, tout ça pour dire qu’à mon avis, quand elle va là-bas, c’est pas pour jouer au Scrabble…

Flora (saisissant son verre) : Bon, on ne va pas passer la soirée à parler de ces pétasses. Réfléchissons plutôt à notre programme d’entraînement de ces prochains jours…


(Daphné et Timothée rigolent ; tous les quatre lèvent leur verre.)


Daphné : D’après ce que le gérant a dit, tu t’engages à aller faire du sport trois fois par semaine…

Flora : Oui, enfin, je m’engage à aller à la salle trois fois par semaine. Je suis même pas obligée de faire du sport, si j’ai bien compris…

Daphné (amusée) : Oui, je crois qu’il a bien aimé ta brassière…


(Roméo hausse les sourcils en soupirant de nouveau.)


Flora (enjôleuse) : Roméo, tu n’es pas fier de moi ?


(Il sourit malgré lui.)


Roméo : Bon, remarque, ça nous fera pas de mal de faire un peu de sport…

Flora : Bah pourtant on en fait régulièrement…

Daphné (souriant) : Même parfois du sport collectif…

Flora (à Timothée) : Tu veux venir t’entraîner avec nous, ce soir ?

Roméo : Eh, tu pourrais me demander mon avis, au moins !


(Un silence. Des clients installés à une table voisine paraissent tenter plus ou moins discrètement de suivre la discussion.)


Timothée (hésitant) : Euh… on parle bien de… euh… de ce que je crois comprendre ?


(Daphné sourit.)


Flora (à Roméo) : Mon amour, ce matin, j’ai pas l’impression que tu m’as demandé mon avis pour te taper ma sœur avec ton copain…


(Timothée est ébahi. Daphné cesse tout soudain de sourire ; ennuyée, elle regarde de nouveau autour d’elle avec inquiétude. Les clients de la table voisine l’observent curieusement.)


Daphné (gênée) : Euh, parlons plutôt de la salle de sport, vous voulez bien ?


(Flora et Roméo sourient.)


Daphné (à Flora) : Tu irais quand, alors ?

Flora : J’sais pas… Trois fois par semaine, il a dit, c’est ça ?

Daphné : Ça pourrait être lundi soir, mercredi soir, vendredi soir, par exemple ?

Flora : Ah non, le vendredi, on le garde pour de vraies soirées !

Roméo (amusé) : Pour faire du vrai sport, tu veux dire ?

Flora (souriant) : Du sport collectif, disons, par exemple…

Roméo : Bah, en tout cas, on va pas y aller le samedi soir non plus…

Flora (surprise) : On ?

Roméo : Ben parce que tu crois vraiment que je vais te laisser aller toute seule dans cet endroit ?

Flora : Hmmm… je pense que je m’en sortirais très bien…

Roméo : Oui, j’imagine…

Flora (provocante) : À mon avis, ça va mieux marcher pour le gérant si j’y vais juste avec Daphné…

Roméo : Oui, oui, ben tant pis pour lui, son plan à la con va tomber à l’eau et basta ! Franchement, c’est tout pourri son truc ! On dirait une idée de Siriac… Croire qu’il va rameuter des clients en exhibant des meufs bien gaulées à moitié à poil…

Flora (câline) : Oh, mon amour ! J’adore quand tu es jaloux comme ça…


(Roméo soupire en détournant les yeux.)


Flora : Ça m’excite, même ! Si je m’écoutais…


(Elle glisse une main sur l’entrejambe de Roméo.)


Daphné (l’apercevant) : Eh, non ! stop ! Vous vous êtes déjà fait blacklister de trois restaus en ville, ça va aller…


(Flora sourit et remonte sa main sur la table.)


Roméo (susurrant) : On verra ça tout à l’heure, on va te faire ta fête…

Flora (minaudant) : Hmmm, j’ai hâte…


(Timothée écarquille de nouveau les yeux.)


Timothée : Eh ben… Mais… ça veut dire quoi, blacklister ?

Daphné (amusée) : Ils sont « persona non grata ».

Flora : Bah, c’est pas les restaus qui manquent…

Timothée : Vous êtes partis sans payer ?

Roméo : Oh non, c’est même tout le contraire ; à la pizz derrière la gare, on avait laissé un maxi pourboire, mais visiblement, ça n’a pas suffi…

Daphné : Ben en même temps, baiser carrément sur la table, ça se discute…

Flora : Bah, franchement, y avait quasiment personne…

Roméo : Oui, et puis la serveuse avait tiré des paravents…

Flora : Et puis surtout, on venait de se retrouver…


(Un silence.)


Flora (songeuse) : Hmmm, c’est vrai que c’était royal, ce coup-là !

Daphné (à Timothée) : Tu vois, ils ne comprennent même pas où est le problème…


(Timothée est toujours consterné. Les clients de la table voisine sont très attentifs.)


Roméo : Mais pourquoi trois ? C’était où les deux autres ?

Daphné : La crêperie près du canal…


(Roméo la regarde sans comprendre.)


Daphné : Un espèce de gang bang dans les chiottes pendant une soirée du personnel, ça te rappelle rien ?


(Flora sourit, toujours rêveuse. Timothée est hagard.)


Roméo (réalisant) : Ah non mais moi j’y étais pour rien, là !

Daphné : T’étais pas là ?

Roméo : Si, si, j’étais à la soirée, mais j’étais pas dans… euh… j’étais pas dans le lot…

Daphné : Ah bon ? Tiens… Ben je croyais, pourtant… (À Flora) : Tu m’avais pas dit ça ?

Flora (amusée) : Ben si… tiens… moi aussi, je croyais…


(Les clients de la table voisine pouffent.)


Roméo : Voilà voilà…

Timothée (intéressé) : Et le troisième ?

Daphné : Bah, là c’est pas pareil, c’est qu’elle en est venue aux mains avec…


(Elle regarde alternativement Roméo puis Flora.)


Daphné (reprenant) : Elle en est venue aux mains avec une nana…

Flora (menaçante) : Cette salope tournait autour de Roméo !

Daphné (amusée) : Elle lui tournait pas autour, Flora, ils étaient ensemble…

Flora : Oui ben c’est pareil !

Timothée : Et vous vous êtes tapé dessus ?

Roméo : Ben on les a retenues, mais le ton est monté et ça a bien failli, oui…

Flora (sentencieuse) : C’est une époque de la vie de Roméo que je préfère oublier…


(Daphné pouffe.)


Roméo : Ma puce, je te rappelle que ça fait moins de deux mois qu’on est ensemble…

Timothée (surpris) : Ah bon ? C’est tout ? Pourtant on dirait que vous vous connaissez depuis très longtemps…

Daphné : C’est le cas. Elle est amoureuse de lui depuis des lustres…

Flora : N’importe quoi ! Ce qu’il y a, c’est que Roméo vivait dans une espèce de ménagerie à trois avec deux pétapoufs qui l’étouffaient, donc j’étais bien obligée de lui fournir un peu d’air de temps en temps…


(Daphné ricane. Timothée et les clients voisins s’écarquillent encore démesurément.)


Roméo (soupirant) : Bon, en effet, parlons d’autre chose. Alors, cette salle de sport, ce serait quand ?

Flora : Mardi soir, jeudi soir, et dimanche matin ?


(Tous les deux s’observent un instant en silence.)


Roméo : Ok, pourquoi pas.

Flora : Daphné, ça pourrait t’aller ?

Daphné : Ok. Et on commence demain ?

Flora : Si tu veux.

Roméo : Ah ouais, carrément ?

Daphné : Bah si on ne prend pas l’habitude, on va jamais s’y mettre…

Timothée : Je peux venir avec vous ?

Daphné (minaudant) : Oui, avec plaisir.

Flora : Moi j’attends la fin de soirée avant de me prononcer…


(Timothée la regarde sans comprendre.)


Flora (provocante) : Je jugerai lorsque Roméo et toi m’aurez fait ma fête…


(Timothée, crispé, déglutit, puis toussote, avant de finir sa coupe d’un trait. Il hèle ensuite la serveuse en levant sa coupe.)


Flora : D’un autre côté, Daphné, le gérant préférerait peut-être que t’y ailles à un autre moment, qu’on occupe davantage le terrain…

Roméo : Ouais ben on l’emmerde ! Franchement, s’il croit que deux nanas qui font du sport vont radiner qui que ce soit dans sa boîte…






Acte II, scène 8

Dimanche 22, 10 h 50

Une salle de sport

(Flora, Roméo, Daphné, Timothée, Milia, Lesly, Kevin, Arthur, Christian, des dizaines de jeunes hommes)



(Vers le centre de la scène, on devine Flora et Daphné, en brassières et shorts moulants, chacune sur un tapis de course ; tous les appareils autour d’elle sont occupés par des jeunes hommes partiellement consacrés à faire du sport, mais surtout à contempler avec plus ou moins de discrétion les deux jeunes femmes dont les lourdes poitrines se balancent à chaque pas de course. Sur deux rameurs, un peu en arrière, Kevin et Arthur soufflent en discutant à voix basse et en dévorant du regard les jeunes femmes. Sur l’avant de la scène, d’un côté, Milia et Lesly pédalent sur des vélos elliptiques ; de l’autre côté, Timothée soulève des poids sur un autre appareil, tandis que Roméo, à côté de lui, s’agite sur une poulie de traction en surveillant d’un air farouche tout le troupeau de jeunes hommes. Campé près de l’entrée de la salle, Christian surveille toute la pièce avec satisfaction.)



Kevin (à Arthur) : Oui, je suis sûr, c’est la meuf d’hier !

Arthur : Les deux meufs d’hier…

Kevin : Ouais enfin, surtout celle de gauche, j’en reviens pas comment elle est trop bonne !

Arthur : Oui mais t’as vu, on est pas tout seuls sur le coup…

Kevin : C’est clair ! J’ai jamais vu autant de monde ici.

Arthur (se retournant) : D’ailleurs, t’as vu, même le patron est là…

Kevin : Ben tu m’étonnes, lui non plus il a jamais vu autant de monde ici…




À suivre…