| n° 22547 | Fiche technique | 20443 caractères | 20443Temps de lecture estimé : 15 mn | 28/07/24 |
| Présentation: Petites anecdotes autour du fiasco natatoire… euh non natationiste… euh… natational… euh… oh et puis merde. | ||||
Résumé: Je suis trop fière de moi. Je viens de gagner mon ticket pour les Jeux olympiques !! J’ai passé avec brio les sélections, je n’ai plus que 100 jours d’entraînements intenses pour être au sommet de mes perfs ! | ||||
Critères: piscine sport boitenuit jeu délire humour | ||||
| Auteur : Melle Mélina Envoi mini-message | ||||
| Projet de groupe : Fantasme olympique |
Je suis trop fière de moi. Je viens de gagner mon ticket pour les Jeux olympiques !! J’ai passé avec brio les sélections, je n’ai plus que cent jours d’entraînements intenses pour être au sommet de mes perfs !
Gagner ? Euh… Comment dire…
Il y a plusieurs manières de tricher, bien sûr il y a le dopage, mais c’est de plus en plus difficile de passer à travers les mailles du filet.
Il y a les méchants, ce sont les Russes, les Slovaques, les Allemands, eux, se dopent jusqu’à la moelle épinière. Et il y a les gentils, les Américains, les Australiens et nous les Français. Non, nous on se dope pas, non mais oh ! Nous, on s’arrange pour être au top de nos perfs au moment voulu. C’est scientifique, ça s’appelle le pic de forme, il existe tout plein de beaux graphiques qui expliquent comment qu’on fait. Mais c’est pas le cas des Russes. Eux non, c’est des méchants, alors, ils trichent.
On a beau faire ce qu’on peut mais notre pic de forme n’est plus suffisant face à ces bachibouzouks de tricheurs. Pour ramener des médailles, on est obligés de trouver des astuces, des espiègleries. Eh ouais.
Si on ne fait rien, on va directos au casse-pipe, j’suis pas mauvaise mais les perfs de mes concurrentes sont nettement meilleures que les miennes et le but affiché est de ramener des médailles pour la France (larme de fierté, torse bombé).
La Lettonne, Mirjavasla Spoutnik, une championne comme on n’en trouve plus. Elle ne vit que pour son sport, il n’y a que son sport et sa patrie. Pfff… Contre elle, j’ai aucune chance, j’ai jamais réussi à la battre c’te pouff !
Cependant, il n’y a pas qu’elle, je me contenterais bien de la médaille d’argent, mais devant moi, il y a Sletnava Popovitch, Tatiana Miroslave. Sans compter les deux Américaines Sandy Bob John et Kelly Puputte (je l’appelle comme ça parce que c’est une marie-couche-toi-là, je crois bien que tous les mecs de sa délégation sont passés sur son corps) et enfin les Australiennes, je ne retiens pas leurs prénoms, elles changent à chaque fois.
Les Chinoises – qui ressemblent à des Chinois sous amphétamines et anabolisants – ont été exclues de la compétition, elles ont refusé de faire pipi dans le p’tit bocal. Paf ! Bien fait pour elles… euh… bien fait pour eux… m’enfin j’sais plus !
Toutefois, il ajoute :
Parce que chez les garçons, ça n’est guère mieux, nos nageurs ne sont pas du tout au niveau des autres équipes. On va se prendre une déculottée comme jamais !
Un sportif, c’est un peu comme un agent secret. Il est au service de l’État, au service de la France (torse bombé, larme de fierté). Comme un agent de la DGSE.
Notre devoir nous impose de ramener des médailles et croyez-moi, tous les coups sont permis. Foi de sportif de haut niveau !
Nous sommes à présent la veille des premières courses et l’équipe de France paraît bien maussade. On en discute tous à l’hôtel. L’entraîneur nous explique qu’on a bien merdé avec notre pic de forme ! On n’est pas du tout dans les temps. Vous vous rappelez, je vous avais parlé des jolis graphiques. Pour atteindre le pic, il y a, juste avant, un long moment où la courbe coule dans les profondeurs abyssales de la méforme. Bien, ouais, c’est là que nous sommes.
La faute à pas de chance.
La faute surtout à nos services secrets qui ont mal retransmis les méthodes d’entraînement des Ricains, oui !
À moins que ces salopiots de bouffeurs de hamburgers aient tout simplement laissé de faux documents à notre disposition et l’agent des services spéciaux en charge de voler leur méthode n’y a vu que du feu…
On avait appelé cette mission « la mission Prométhée ».
La promesse de performance servie sur un plateau.
Ze Mole, tel était son nom de code. Cela faisait près de deux ans que ce spécialiste du renseignement approchait la sélection américaine. Pour faire son trou, il avait dû cracher sur la Marseillaise, oh Bon Dieu comme cela lui avait coûté. Il avait dû cacher les larmes qui irrémédiablement lui perlaient depuis les yeux. Toutefois, cet effort ne fut pas vain puisqu’il fut accepté dans les sphères privées et c’est lorsqu’il avoua la supériorité des États d’Amériques sur l’Europe qu’il gagna définitivement ses galons et la confiance de ses hôtes.
Il fut convié à de nombreuses réunions de travail. Bill Mc Bowl, le chef de l’équipe ricaine donnait les grandes lignes, les stratégies pour atteindre le Graal et ne se préoccupait plus de la présence de Ze Mole.
Malin, car si notre agent avait été suivi et que les Ricains venaient à lui poser la question de sa présence dans cet hôtel, il n’aurait qu’à justifier d’un rendez-vous amoureux clandestin. Malin le gonz’
En général, lorsqu’on va dans un hôtel en plein milieu de l’après-midi, ce n’est pas pour jouer au scrabble.
Sous la couette, notre agent dévoila tous les secrets qu’il avait en sa possession. Son chef sentait bien que son subordonné avait encore des choses à révéler, aussi, abandonna-t-il la chaleur de la bouche pour un autre orifice prêt à l’accueillir.
Libre de parler, Ze Mole ajouta :
Oh oui, Ze Mole touchait au but.
La mission Prométhée touchait à sa fin, notre agent voyait le bout du tunnel, il ne lui restait plus qu’à voler les documents qui nous aideraient enfin à décrocher une médaille. Il décida, de son propre chef d’emprunter les documents pour les photocopier dans la nuit du 24 décembre au soir. Alors que tout le monde fêterait l’arrivée d’un bout d’chou dans une étable quelque part en Cisjordanie, lui – pour la France ! – sacrifierait sa famille et profiterait des festivités pour s’introduire subrepticement dans les locaux de la fédération américaine de natation.
Arrivé devant le coffre, il se dit : « Eh merde, un code à quatre chiffres ! J’avais pas pensé à ça ! »
Il se souvint d’une discussion avec Bill où ce dernier lui expliquait qu’il notait tous les codes sur des bristols verts qu’il cachait dans son bureau au cas où il deviendrait Alzheimer.
Ze Mole trouva le bureau dans la pièce d’à côté et remarqua que Bill était un gros porc, des papiers de friandise partout sur le plan de travail.
Toutefois, il laissa son dégoût et se concentra sur sa mission. Il crocheta (quel artiste !) la serrure du tiroir et trouva un Cryptex.
Un peu découragé par cette mauvaise surprise, Ze Mole était prêt à rebrousser chemin lorsqu’il remarqua dans le fouillis des papiers posés sur le plan du bureau plusieurs Post-its jaunes. Se pourrait-il que Bill soit daltonien ou qu’il se soit simplement trompé de couleurs ?
L’espoir renaquit.
Sur le papier jaune était simplement noté 1-2-3-4.
L’agent secret s’empressa de le retranscrire sur le cryptex et miracle, la boîte magique s’ouvrit, laissant apparaître des bristols verts.
Il feuilleta les papiers et trouva sur l’un d’eux écrit en toutes lettres. Numéro du coffre : 1-2-3-4.
Ainsi, Ze Mole s’acquitta de sa mission et nous confia enfin les méthodes d’entraînements qui nous permettraient d’être les plus forts.
Forts de cette nouvelle méthode d’entraînement, nous avons vu nos perfs grimper pour atteindre des cimes. C’est impressionnant, j’ai gagné une micro seconde sur le deux cents mètres quatre nages et une autre sur le deux cents papillon. Nous tous avons explosé nos propres records.
Mais depuis, l’euphorie est retombée, loin d’optimiser nos performances, tous les nageurs ont vu leurs temps s’effondrer. Une micro seconde de gagnée, dix de perdues en l’espace d’un petit mois…
Les garçons se font fait massacrer, tous sont éliminés dès les premiers tours, ils se sont même fait battre par les Afghans. Un peu la honte.
Tous ? Non, car il reste un Gaulois qui résiste encore et toujours. Il s’agit de Phil Goutedo qui s’entraîne habituellement en Grande-Bretagne chez ces fumiers de Rosbeefs. Malheureusement, il y a un obstacle qui se dresse pour notre seul espoir masculin, il s’agit de l’Australien Hughes Mc Gown.
Il n’y a que huit places possibles en finale et de voir cet Australien être disqualifié ou être en dessous de tout serait une aubaine et laisserait au Français l’espoir d’une qualification.
Il est notoire que Hughes Mc Gown en pince pour notre belle Lizy Labelle. Aussi, lui a-t-on demandé de profiter des sentiments de notre adversaire pour le rendre moins performant.
Lizy sait lire entre les lignes, elle n’est pas aussi candide qu’on pourrait le supposer et il se trouve qu’elle aime bien la chose (les mecs de l’équipe le savent bien). L’idée est simple et elle a déjà fait maintes fois ses preuves : elle va l’empêcher de dormir, elle va le fatiguer au-delà du raisonnable.
L’opération Kangourou est lancée. La belle Lizy doit s’approcher de la délégation australienne, repérer sa proie et le finir dans la chambre d’Hôtel.
Nous, nous sommes au formule 1 de Garges-lès-Gonesse, on se partage une chambre à deux, c’est pas l’extase. Par contre, les Kangourous, eux, c’est l’hôtel Le royal Manceau – à deux pas du parc, et des Champs Élysées. Un vrai palace avec piscine. Excusez du peu !
La finaude Lizy Labelle se doute que personne ne peut approcher les athlètes. Aussi, va-t-elle se faire passer pour une femme de chambre. Première mission, investir les vestiaires et se vêtir de l’uniforme de femme de ménage.
Elle se fait vite démasquer par la gouvernante, Madame Groseille une sorte de mégère, austère et rigide. Toutefois, la belle ne se démonte pas et prétexte être un renfort en vue des Jeux. Madame Groseille reste un peu dubitative – elle aurait aimé être au courant de l’arrivée d’une nouvelle femme de ménage – mais accepte finalement ce coup de main opportun.
Première étape réussie. L’opération Kangourou est sur la bonne voie.
Lizy, travestie en bonne, doit maintenant récupérer le numéro de chambre du nageur australien. Il lui faut donc jeter un p’tit coup d’œil sur le registre, lequel se trouve gardé par le réceptionniste Monsieur Sere Bertrand que le personnel appelle affectueusement Ber. Cet homme a des yeux partout, il est capable de répondre à un client tandis qu’il surveille les enfants de cet autre touriste qui se cachent derrière les rideaux tout en vérifiant qu’il n’y a pas d’erreur sur la caisse.
Lorsque Ber voit cette nouvelle bonne, il en est immédiatement irrémédiablement subjugué.
La belle bonne connaît les hommes (elle en consomme, elle en consume jusqu’à l’usure, jusqu’à la fermeture) et clairement reconnaît les signes qui ne trompent pas. Un regard lui a suffi pour jauger Ber et de comprendre qu’il ne pourra rien lui refuser, elle n’aura pas besoin de lui conter fleurette, de lui chanter une chanson pour endormir la raison du réceptionniste.
En temps normal, Monsieur Sere se serait méfié de cette demande, car elle n’est pas crédible. Premièrement, Madame Groseille sait très bien quelles chambres sont attribuées à qui et puis il est complètement farfelu de s’occuper d’une chambre à l’heure demandée, à savoir en ce milieu d’après-midi. Mais l’amour rend aveugle. Et con.
Finalement, la belle et bonne bonne obtient assez facilement les renseignements et voilà notre Lizy nationale devant la porte de l’athlète Aussie.
Il ne lui reste plus qu’à l’user physiquement et nous pourrons voir notre Phil Goutedo évoluer en finale. Oh ! et puis, tant qu’elle y est, elle ne va pas rester sur une jambe, il n’y a pas que Mc Gown dans l’équipe australienne. D’ailleurs, ne dit-on pas « Quand on aime, on ne compte pas ? ».
Elle entre dans la chambre du bel éphèbe, pas un bruit, pas de trace de vie, la pièce est vide. Les nageurs doivent probablement être en réunion ou à la piscine pour couler quelques brasses. Qu’à cela ne tienne, la bonne profite de cet instant pour s’apprêter et se faire belle à en crever. Lascive, un verre de vin à la main, un petit saladier de fraises à disposition immédiate, seulement vêtue d’un ensemble de lingerie fine, elle attend sur le lit l’arrivée de sa proie.
Soudain, elle entend du bruit dans le couloir et se dit que le moment est à la porte.
Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’une escouade de policiers, armés jusqu’aux dents entre en hurlant ce que les keufs hurlent lorsqu’ils pénètrent en territoire ennemi. Elle est tôt faite prisonnière, entravée, menottes aux poignets, bâillonnée, les fraises bouffées.
Nous saurons dès le lendemain que c’est cette salope de Madame Groseille qui n’a pas gobé le p’tit mensonge de notre belle et a libéré M. Sere de l'enchantement de la bonne Lizy. Les deux responsables ont cru qu’il s’agissait d’une groupie et ont averti les forces de l’ordre, lesquelles ont mangé les fraises et bu le vin.
L’opération Kangourou est une Bérézina, nonobstant d’avoir le nageur australien en lice pour la course, l’équipe de France vient de perdre l’une de ses meilleures nageuses qui va passer le reste de la compétition sous les verrous. Nous aurons beau faire appel au ministre, faire appel au bon sens de notre police dévouée, faire appel à leur patriotisme, nous aurons beau corrompre le juge en charge de cette affaire, rien n’y fera. C’est un fiasco.
Nous n’avons plus le choix, il va falloir la jouer fairplay…
Tous nos nageurs ont été lamentablement éliminés, pas l’ombre du spectre du fantôme d’un prout de médaille en vue. Le ministre est fâché, la presse amusée.
Chez les filles, ce n’est pas le top non plus.
Et il y a moi.
J’ai réussi à me qualifier pour la finale du deux cents Papillon.
Si ça, c’est pas joli, je me qualifie pour une finale des Jeux olympiques le jour de mon anniversaire !! Les copaines et moi allons fêter ça ce soir.
Rendez-vous est pris au bar « Lèvelecoude », un bar avec gogo-danseurs, cage en suspension, musique lancinante et tout le toutim.
Les garçons, eux, ne sont pas concernés par la fête sans alcool, ils se sont fait éliminer, ils n’ont donc aucune raison de se gêner.
J’arrive au bar et j’aperçois le beau barman, tout à fait le genre de mec que j’affectionne, mais le bougre est pédé comme un phoque. Il y a de fortes chances que ce soit Phil Goutedo qui retrouve du réconfort dans les bras musculeux du beau blond. Je commande un Virgin Mojito, mais Francine, la championne de France en titre m’incite à revoir ma copie :
Bon allez, j’accepte et mon Virgin Mojito vient de se faire déflorer.
Like a Virgin, touch for the very first time !
Une fois mon mojito englouti comme l’Atlantide, Marko me dit (ou plutôt me hurle dans les oreilles pour passer au-dessus de la musique) :
Marko, lui n’a pas passé le cap des quarts de finale, la honte. Pour faire passer le goût du pain (euh non, du bain), il a besoin de noyer son chagrin. Ça rime, c’est bien.
Bon, parce que c’est lui, j’accepte. Après tout, un deuxième cocktail ne peut pas faire de mal. Et hop, un deuxième dans le gosier. Fabien, qui est vraiment mon binôme et accessoirement mon amant arrive sur ces faits :
Bon, allez un p’tit troisième. Ça ne peut pas faire de mal.
En parlant de mâle, je vais sur la piste de danse et vas-y que je me frotte, et vas-y qu’on me frotte, les mains deviennent baladeuses par endroit, ça danse, ça sue, ça chauffe comme un plat. Faut que je m’hydrate. Je n’ai pas le temps de commander un soft qu’un mec que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam me paye un verre.
Bon, je ne vais quand même pas refuser, question de politesse. Il s’appelle Eric (ce qu’j’en ai à fout’). Hips… pas mon genre… Hips… ça commence à tourner.
Et hop, une nouvelle tournée, mais maintenant, c’est la mise en bière. La bière s’invite sur les tables. Ça rafraîchit, hips.. . quand même mieux… Hips… que les cocktails et c’est moins fort… Ça tourne… Oh pourquoi Hips, la piste de danse tourne comme un carrousel… Hips. Éric me les brise… Il me colle comme d’la glue…
Voulez-vous coucher avec moi ? … Ce soir !!
Juliette est complètement d’équerre, je le sais, je le vois, quand elle est torchée, elle devient lesbienne et là, elle roule galoche sur galoche à Francine. Son mec, Marko est dégoûté.
Mais non, il pleure dans sa bière. Phil est passé derrière le comptoir et à voir le sourire du barman, je pense qu’il y a de la turlutte dans l’air. J’envoie valser Éric sur la valse à mille temps qui a mis l’temps de patienter vingt-cinq ans pour qu’on ait vingt-cinq ans…
L’opération « Avec Mister Cocktail, la fête est plus folle » est un véritable fiasco.
Nous sommes encore huit en lice pour le titre. Parmi nous, concourt la nageuse championne du monde, et la record(wo)man de l’année.
Je ne peux compter que sur moi-même et malgré un bon mental, mon corps fait des siennes.
Peut-être, n’aurais-je pas dû faire la fête hier. Toutefois, j’avais besoin de me défouler, d’aller aux oranges comme on dit.
Une bière, ça va.
Deux bières, ça va.
Trois bières, ça va encore.
Quatre bières, ça va toujours.
Cinq bières, t’inquiètes et lève le coude l’ami.
Six bières, bin, ça fait un pack.
Évidemment, j’ai vomi tout mon minuit et c’est dans les toilettes que j’ai passé la nuit.
Aujourd’hui, il n’y a personne sinon moi sur ce plot, je ne peux compter sur personne, ce n’est pas comme si j’avais une équipe avec moi, non, la natation n’est pas un sport collectif ! Personne à qui s’encorder.
L’adrénaline est aux abonnés absents, seule la nausée m’accompagne. Je suis condamnée à une prouesse sans pareille si je ne veux pas paraître trop ridicule aux yeux des millions de spectateurs.
Je représente la France, nom d’une pipe !!
Mes jambes flageolent sur ce fichu plot. Hop ! Je plonge !
Raaahhh, je viens de faire un faux départ. J’étais persuadée d’avoir entendu ce maudit sifflet. Mais non, c’est dans mes oreilles que ça siffle.
Mon entraîneur hurle comme un dératé, mais il est hors du jeu. Ce n’est pas lui qui est sur le plot. En foot, on dirait hors jeu.
Quelle pensée idiote, rien à fiche du foot ! C’est la finale du deux cents mètres papillon, qu’est-ce que j’en ai à fiche du foot ??
Hein ? J’vous l’demande !
Hein ? Quoi ? Les autres sont déjà partis… Punaise, j’ai pas entendu ce maudit sifflet ! Eh bien, ça va être coton de rattraper l’échappée.
Allez, ma fille, faut plonger là ! La France te regarde !