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Temps de lecture estimé : 19 mn
04/07/24
Résumé:  La vie s’écoule...
Critères:  grp
Auteur : Landeline-Rose Redinger            Envoi mini-message
C'est une belle journée

Le principe de multiplicité dont je prône depuis beau temps les vertus, m’a quelque peu échappé. Je ne me sens pas en accord avec mes propres inclinaisons. Aussi y remédier ne saurait tarder. Multiple et fugace, voilà ce qui me va. Dans ce que j’intitulais mes instantanés, je relatais ses imprévus, cocasses, enivrant, parfois décevant. Il faut aussi intégrer cette idée qu’une sortie peut ne pas trouver l’écho escompté. Ma facilité n’est pas celle des autres, mon aisance n’est pas dans le champ des possibles pour d’autres.


Parfois pour ma satisfaction et mon confort moral, j’aime que mon escapade demeure vaine et plate. Et si la multiplication des petits hasards sensuels faisait le grand tout de nos frissons intimes ? Quand le sexe se fait sur un simple clic, on peut penser, sans pour cela être un passéiste, sans hostilité pour les formes modernes de la rencontre, on peut penser qu’une manière d’échange presque indicible, souterraine est aussi une composante de certaines vies.


Aussi étrange que cela puisse paraitre les lieux dédiés au sexe sont parfois source de lassitude. Pour ma part, peu friande des clubs échangistes, je leur préfère les sexshops sordides vieillots. J’aime me savoir militante d’un monde qui peu à peu disparait sous la vague accessible de la pornographie domestique et virtuelle.


Bien sûr, l’on y rencontrera quelques jeunes hommes, mais si peu au final. Entendons-nous bien, je ne parle pas ici des supermarchés du sexe où le chic veut que l’on s’y rende en couple comme on fait ses emplettes au magasin de proximité. Non, mon action militante va vers ces échoppes aux néons rouges, frémissants sous un voltage approximatif. On y entre en voleur de temps tout comme si, suivi par un agent de la CIA, on cherchait à disparaitre.


Certains diffusent encore en cabine de vieux nanars allemands désopilant et réjouissant. J’y entre et en ressors comme d’une exposition dont les tableaux m’indiffèrent ou pas. Ici on peut frôler un sexe en cuir, là une série de menottes policières. Pas de blister, la main touche. Voilà je suis passée. Bien sûr on a effleuré mes fesses, braqué ses yeux sur mes seins dans l’étroitesse des rayonnages, ce fut là le folklore.


Mais toutefois ne négligeons pas le commerce de proximité car à quelques pas de ma ruelle Santos, j’y ai trouvé une petite perle de sensualité.


Qu’il manquât à mon plat du jour, quelque condiment, que la menthe fraiche de mes mojitos ne le soit plus, fraiche, et me voilà presto à la porte de la supérette. L’œil affuté du patron de l’établissement aiguillonne parfois mon désir. J’y entre et me voilà dans l’intemporalité. Le cheveu plaqué et rare, la blouse grise, des Clark informes aux pieds, le petit homme n’a rien du bellâtre What Else dont il vend le café. Mais tout dans son œil respire cet irréfrénable besoin de séduire ses clientes, toutes ses clientes. Pareils à de grands rétroviseurs circulaires, les miroirs plastifiés et bombés de son échoppe, le font apparaitre à chaque rangée, tout comme si cet homme avait à lui seul un pouvoir de multiplicité.


Ainsi une échancrure baillant sous le poids d’un sein ne lui échappe pas. Se plaisant à bouleverser l’ordre de ses rayons, notre petit monsieur s’évertue avec talent à disposer à ras de terre les produits féminins. Ce qui, convenons-en, va à l’encontre des méthodes élaborées par nos chefs de rayons les plus perspicaces sur le genre humain. Peu dupe de son petit jeu, accroupie dans ma jupe courte, je laisse à notre petit homme le doux loisir de parier pour lui seul de la couleur de ma petite culotte.


Pour tout dire, je soupçonne même que, son rideau abaissé peu après mon départ l’est en somme pour des raisons masturbatoires. Avouons-le accroupie à quelques cinquante centimètres de lui, qui redonnait de l’ordre là où il n’en manquait pas, j’avais bien entendu dégrafé ma chemise de quelques boutonnières et mes tétons dressés n’avaient surement pas échappé à son œil oblique. Qu’il sortît sur le champ le bâton qui lui servait de bite en renflant le vieux lin de son pantalon et prestement je le prenais en bouche. Mais il n’en fit rien et je ressortais fière de ne pas avoir dérogé au code de la fugacité sensuelle. Lui pourpre et pris d’une sudation soudaine et moi rose et légèrement humide, nous marquions un silence que la caisse enregistreuse antique couvrait aisément. Oh ! J’avais oublié la menthe fraiche. Bon demain est un autre jour.


Dans un bar, un homme taciturne me donne un poème.





L’allusion coquine est le sport préféré de mon boulanger de quartier. Mais pour le coup cet homme lourdaud de par son physique et pas moins par son esprit, cet homme donc ne manque pas de discernement, plus justement de stratégie. Que je fusse là dans la file des clients et notre homme laisse la tâche à madame la Boulangère ou au petit personnel – comme dit madame la Boulangère. En outre que par hasard ou par une dynamique tout matinale, je sois seule et voilà le mitron sur le pied de guerre. Ce qui donne à quelque tournure près ceci :



Je promène mon regard sur l’étale de pâtisserie laissant entre nous un temps d’indécision.



Bon, cet homme-là doit consigner dans un petit carnet la liste non-exhaustive de ses sublimes allusions pâtissières.









Le désir est partout, partout. Et pourtant la dualité puritanisme-désir, l’éducation religieuse ou l’atavisme tenace qui nous tient, cela n’a de cesse de nous rappeler à nos pensées impures. La maman n’est pas la putain. Du plaisir à la damnation, il n’y a qu’un pas.


J’avais saisi un jour printanier où le vent doux balayait les rues jusque dans la soirée. Semblablement les femmes pour ce jour doux s’étaient quelque peu dévoilées, allégées. Les épidermes attrapaient le regard des hommes, quelque tissu plus volatile découvrait les jambes, assises on pouvait remonter jusqu’aux cuisses.

Je n’allais pas par pudibonderie esquiver le soleil et c’est ainsi que je sortis de chez moi, jupe courte, jambes halées d’une crème auto-bronzante, petit blouson de daim sur un simple soutien-gorge.


Nous sommes souvent sujettes aux regards des hommes, à quelques commentaires marmonnés, aussi et bien malheureusement pour mes congénères, aux mains baladeuses et autres pince-fesses –vocable vieillot – dont la renaissance trouve sa place dans la montée en flèche du puritanisme nouveau. Bref, jusque-là rien de ces petits lâcher-prises des mâles sur mon chemin ne m’était arrivé. À l’approche de ces deux-là, quelques trente mètres dirons-nous, je me sentais déjà accompagnée du faisceau de leur yeux qui comme la diode rouge d’un tireur d’élite, parcouraient mon corps des jambes à la poitrine. Leur complicité prenait une forme de synchronisation dans le mouvement de leur visage.



Et je fis un petit retour vers mes deux admirateurs.



Désolant non, vous ne croyez pas ?



***



Elle est entrée comme quelqu’un qui cherche à dire, mais ne dit pas. Sous mon grand tee-shirt, j’ai fait glisser mon ample shorty et dans la foulée, remonté un slip grenat La Perla. Quand j’ai retiré mon tee-shirt Emma a semblé fixer mes seins, plus particulièrement mes tétons.



Oups, j’enfile des boots à talons carrés et presque plats.



Emma referme la porte sur elle et s’en va.


***



Devant, ce n’était pas un goulot d’étranglement, non, au pas saccadé du marcheur nous avancions peu et très lentement, pour nous retrouver en surplace quelques minutes encore.

Mises bout à bout, les voitures cumulaient environ un bon trente minutes, un peu plus sans doute.


L’avenue était non pas un enchevêtrement anarchique de véhicules, mais une centaine de mètres de ruban fait de klaxons et de phares blancs, jaunes, bleus. On avait parlé sur Autoroute Info de manifestants cyclistes par milliers. Une fourmilière spontanée. À moins d’un meurtre de masse, nulle autre solution que de s’inscrire dans le rythme de cet escargot géant et motorisé. Pour incongru que cela soit, jouxtant ma petite voiture, un vététiste harnaché de son blouson fluorescent, de son casque surmonté par une diode clignotante et de brassards faiblement lumineux.


Je maudis le fonctionnaire zélé, père du décret interdisant les vitres surteintées. Être libre dans son habitacle n’est plus possible. Chacun, chacune était afféré à sa petite impatience, qui sur son avertisseur sonore, qui matraquant son volant à plates mains, moi je me fis le pari de divertir mon compagnon cycliste. Qu’il pût s’échapper de ce cloaque de tôles ne faisait aucun doute. Et en somme ce qui retenait notre homme-deux-roues, ce qui l’empêchait de zigzaguer, n’était autre que mes jambes nues qu’il matait dans le fin interstice de ma vitre côté passager. Cette petite subtilité ne lui échappait pas et que j’y réponde me lançait déjà quelques nuances de plaisir.


Quand après un à-coup nous conduisant quelques mètres plus loin, il se repositionna à mon côté, j’ouvris ma jupe de quelques boutons, découvrant le haut de mes cuisses qui commençaient à perler autant que mon front. Un saut de puce plus loin, ma main libre lissait la peau de mes cuisses et je déglutissais les prémices d’un désir qui me traversait, aidée en cela par les vibrations du moteur. Un petit tremblement mécanique ne nuisait pas à l’affaire.


Avant même qu’il ne fut à nouveau près de moi, j’avais un tantinet abaissé la vitre et laissais à loisir le champ libre à l’observation. Le dernier bouton ôté de ma jupe laissait mes jambes entièrement nues et l’étoffe de ma petite culotte chaude et humide. Mon ami n’en perdait pas une miette et la petite diode de son casque créait entre nous une intimité de confort.

Cette fois craignant de l’avoir perdu, une petite panique stoppa net ma main qui comme un petit animal fouinait dans mon sexe. Mais mon compagnon fut bientôt de retour, et j’eus le sentiment certain que mon souffle couvrait le bruit des milliers de véhicules énervés.


Rien n’annonçait la fin de ce blocage routier et cela fit redoubler mon plaisir et le désir de servir à mon ami-deux-roues, un moment mémorable. Lorsqu’il me rejoignit à nouveau, j’avais ouvert mon chemisier et mes seins, passés sous l’élastique de mon soutien-gorge se dressaient fermes, presque douloureux sous la tension. Je profitais de ce petit surplace pour les caresser tandis que le tissu du siège s’imbibait des effluves de mon sexe. Il y eut à nouveau ce petit doute, cette crainte qu’après une avancée de plusieurs mètres, je ne fus plus que seule dans mon plaisir ; mais c’était sans compter sur la fidélité de mon urbain compagnon. Sa présence me fit comme une décharge électrique et arc-boutée sur mes talons-aiguilles- bien qu’ils fussent déjà interdits à la conduite-je masturbais mon sexe sans discontinuer. Un écart s’était creusé avec le véhicule précédent et l’on ne manqua pas de me le faire savoir. Dix mètres plus loin et cette idée ne me quittait plus, je fis tomber le manteau qui me couvrait, le chemisier. Mon soutien-gorge roulé sous mes seins et ma petite culotte seuls m’habillaient. Le sel de mon sexe humectait mes doigts qui picotaient ma bouche.


Une seule idée perdurait : être entièrement nue devant cet homme inconnu et muet.

Bien inversement à mes habitudes, je ne l’engageais pas à glisser sa main et toucher mon corps. La chose n’était techniquement pas aisée. Ni même, moi qui en suis friande, qu’il me bordât d’une ribambelle de mots orduriers. Non, qu’il me vît me suffisait. Je profitais d’un conséquent déplacement, qui sans doute annonçait l’épilogue de ce bouchon routier pour faire valser soutien-gorge et petite culotte. Lorsqu’il me rejoint, je suis entièrement nue, mes seins sont pour ses yeux, mes cuisses écartées sur mes doigts frénétiques qui travaillent mon sexe. Je jouis intensément en sourdine, ma poitrine monte et descend au rythme de mes caresses. Puis soudainement le vide se fait devant moi. La file des voitures peine mais s’étiole, on me klaxonne avec rage je descends ma vitre et tends ma culotte à mon ami-deux-roues. La petite diode qui clignote sur son casque fait lisiblement apparaitre le sigle Go-Pro. Double plaisir pour mon ami ce soir.


***



Je me gare devant le restaurant où Tom doit m’attendre. Nue sous mon manteau, frissonnant encore, je ne sens rien de la fraicheur de cette soirée d’avril. Tom est parti ou jamais venu.



Je n’ai pas eu peur, simplement j’ai sursauté et ma tête a heurté le rétroviseur intérieur.



Emma a tournoyé un peu devant moi comme un gosse qui cherche à avouer ses fautes.



***



Neuf cent mètres de bitume. Une pluie fine incessante.

Le premier :



Le deuxième :



Le troisième, c’est sûr, je le tue.



Mon petit amusement faisait grand bruit sur la toile. Les révoltés du vélo faisaient figure de petits chahuteurs de cour d’école.

Censurée, floutée ou en boucle sur les sites pornographiques, ma petite exhibition routière faisait le buzz. Enfin bref, l’information est bien plus vile que la réalité. N’y avait-il rien d’autre pour la distraction, pour la culture de nos masses qu’une petite prestation sexy filmée par une Go-Pro, le monde est désolant.


Deux filles s’étaient faites pincer nues dans leur voiture. Les villes sont connectées à vos faits et gestes, mes petites. Je n’irais pas jusqu’à dire que vous aviez oublié vos cerveaux dans la boite à gants, mais voyons.

Lasse de ces turbulences médiatiques et soporifiques, je me suis plongée dans un replay de Métropolis. J’avais quelques retards sur la culture européenne. Quelques ilots étaient encore en vie.



Trouver dans la sordide exigüité le climax du plaisir, voilà peut-être l’immensité de la vie. Ce n’est ni en chercheuse ni en flâneuse que j’y étais entrée. Disons que je passais. C’est un confessionnal presque ; à la fois invisible et criant. Confidentiel serait juste, oui vraiment. À main gauche d’une rue passagère, une impasse. Et pour l’œil curieux, hasardeux ou chanceux, un rayon lumineux où seules trois des quatre lettres scintillent encore. H-LE. Le O s’endort quand tombe la nuit. Porte rouge qu’il faut oser pousser. Une chaise haute, un comptoir à rabat, un petit homme bombé au sourire figé. Il y a ici le côtoiement d’un désir mortifère et celui de l’éblouissement étrange. Un rideau lourd vermillon. Derrière donc le confessionnal ; trois parois rouge-boucherie, une patère, un coussin rouge, une faible lumière noire. Je suis venue jusqu’ici. J’ai ouvert la porte rouge, souri à l’homme figé. Tiré le rideau rouge-boucherie.



Je n’ai fait que marquer un silence interrogatif. Etonnée, je suis sortie.

Bien sûr trois tubes de Passiflore n’ont pas suffi à faire venir le sommeil. Trois Lexomil n’auraient pas fait le travail non plus.

A demain, dix-huit heures. Voilà ce qui comme un gyrophare tournoyait devant mes yeux grands ouverts sur la nuit noire.


Je croyais ne pas m’être endormie, mais l’homme dont la bouche murmurait à mon oreille, rouge comme son confessionnal était celui de mon rêve. Joufflu et cireux.

Si comme par un réflexe irréfrénable, j’avais glissé dans mon sac Balenciaga, mes Pigalle rouge et ma robe latex du même rouge, traversée d’une fermeture à glissière, pour autant une forme de frayeur me revenait par courtes vagues de mon rêve.

J’avais à faire et la journée me conduirait là où précisément je devais me rendre. Tout cela bien sûr était compter sans la puissance du désir.


Il était proche de dix-huit heures lorsque dans un empressement désordonné, je garai ma Mini-Cooper dans un parking-sous terrain du boulevard Denain dans le dixième.

Avec le tremblement d’un fuyard, j’enfilai ma robe à même la peau et traversai le parking au claquement sec de mes haut-talons sur le bitume. Robe et escarpins, voilà ce qui m’habillait. Mains libres et pour tout dire mes bras et mes épaules nus frissonnaient sous la petite fraicheur de cette journée couverte. Quelques ruelles et quelques klaxons plus loin je filais dans l’impasse. Les cloches de l’église du quartier saluaient mon exactitude.



Et son sourire demeurait tout comme si cet homme n’avait pas bougé depuis la veille.

Je me glissais dans l’habitacle exigu, rabattant sur moi le tissu lourd du rideau. De fait la configuration du lieu dictait l’ergonomie. Je fus donc à genoux sur le coussin moelleux de velours rouge.


Trois parois, un trou par paroi. Circonférence réduite, sombre. Le O de Hole, le O de l’enseigne n’était autre que le trou du mystère. Voilà ce que j’ai pensé et ce fut-là ma seule pensée. Au soulèvement de ma poitrine mon sexe battait comme un cœur. Ma respiration prenait le rythme.

Il y avait ici comme une suspension du temps et sans temporalité, sans espace le corps se vit de l’intérieur.


Sans que rien ne se passe, je partais en jouissance. Mes doigts voulaient mon sexe, mais mes mains demeuraient immobiles. D’abord ce fut la peau de mon épaule que le bout d’un sexe encore flexible effleura et puis paroi de droite celui-là pointait courbe un gland costaud et déjà visqueux. C’eut été presque possible de les faire se toucher. Mes mains les astiquaient avec le rythme lent des prémices de la folie. Lorsqu’en face un membre long et tout à fait sans vigueur se colla à la paroi, je glissai fougueusement ma fermeture et quittai ma robe. Mes paumes enfermaient les deux bites parallèles pour les frotter sur le bout de mes seins. Puis je lâchais celle de droite pour égayer de ma langue celle de gauche, comme un petit serpent. Curieusement j’entendais peu la respiration des hommes invisibles, cachés.


Mes mains qui pistonnaient les queues laissaient dans le petit habitacle comme une régulière mélopée de succion. Dans ma bouche, la chair molle de ce sexe me rendait à une jouissance intense et étouffée. Puis œuvrant de gauche à droite tour à tour, je léchais les couilles, suçais les glands. N’y tenant plus, j’avais tenté de coller mes fesses devant un trou, qu’on y enfilât une queue m’aurait rendu au bonheur absolu, mais l’inconfort du lieu ne rendit pas la chose possible.


De gauche de droite et en face, je laissais chaque bite juter sur mes seins, saisissant çà et là un gland odorant, huileux, un filet de sperme sur ma langue. Au final, je n’avais que mes doigts pour jouir. J’écartais mes cuisses et mes doigts pénétraient mon sexe et le trou de mon cul, agités comme un courant électrique. A droite on lâcha un jet crémeux que je tartinais sur mes seins, à gauche ma langue agita le gland, mes lèvres le recouvrirent, ma bouche régurgita un jus abondant et indéfinissable. Devant je me saisis de la bite molle pour l’agiter sur mes joues, un jet dru de sperme brouillait mon visage, picotait mes yeux.



Puis les trous furent vides et sombres à nouveau. A genoux et courbée je reprenais mon souffle, essuyant d’un revers de main les scories liquides sur mon visage. Je crois que le bonheur me frôlait. J’en étais là de ma récupération quand le rideau s’ouvrit. Un regard derrière me fit apparaitre le petit bonze au sourire effrayant. Râblé et chauve, les yeux hors du visage, vêtu seulement d’un tee-shirt douteux, il tenait son sexe dans sa main, et d’un geste puissant me fit plier le corps.



Mes deux mains écartaient mes fesses quand sa bite se cala dans le trou de mon cul. Ses couilles comme des petites oranges claquaient contre mes fesses à la cadence des ruades de sa queue dans mon corps. Je pleurais de plaisir dans le coussin de velours. Le petit bonze fourra longuement mon cul alternant douceur et brutalité, mes fesses brulaient sous les gifles de ses mains rêches, puis le dos de sa main les caressaient. La petite putain n’en demandait pas plus. Pourtant par les trois trous des sexes envoyaient leur jus sur mon corps tout comme si une armée défilait derrière les parois tour à tour. Le petit râblé quitta mon cul, se branla frénétiquement d’une main claquant mes fesses de l’autre. Quelques secondes à peine d’un lourd silence, et sa queue regagna mon cul l’inondant de son foutre qui coulait au long de mes cuisses.


J’eus quelque peine à me remettre debout. Le tissu de ma robe faisait adhérence aux jus qui huilaient mon corps.

Le sperme filait comme une patte de mouche sur mes jambes. Dans la rue, je frissonnais du plaisir qui me tenait encore.

C’est une impasse à peine visible, le plus petit gloryhole de Paris. Je vous le recommande.


***


Sonneries. Tom. Une soirée avec moi. Cela sent déjà le dernier verre avant de se quitter.



Hors les lieux dédiés à la rencontre, clubs, discothèques, et autres endroits régis par un code ou un dress-code, hors ceux-ci on trouve en tête de liste les bars, les grands cafés.

Si une définition sociale de bon comportement y est implicite, rien en somme ne guide notre tenue, nos relations entre homme et femme ; encore une fois, bien sûr dans le cadre accepté par la loi et l’éducation en société. Outrepasser les codes est par là même s’exposer au gendarme, à la sécurité, au juge.


Donc le bar. Le grand café. J’affectionne tout particulièrement le grand café. On sait que le stress, l’ambition et la velléité d’ascension sociale et professionnelle façonnent l’égo et la certitude de nos cadres. La grande arche de la Défense en est une fourmilière. Je ne voulais pas donner à ce choix de lieu et de gent, un tour par trop affiché du désir de séduction. Aussi je revins sur l’idée première qui me tarabustait et changeais ma mini-jupe et mes bottines à talons pour une tenue sportive qui soulignait néanmoins ma féminité. Ainsi j’ai fait mon footing au milieu des algues et des coraux, sur les allées aménagées de la grande Arche.


Pour tout vous dire, je n’avais pas laissé passer deux jours sur ma petite aventure au gloryhole, et ma robe rouge jetée au panier laissait encore à voir les traces séchées du passage des hommes ou plus justement de leurs sexes.


Tout comme si cette multiplicité en appelait une autre, je m’étais rendue là où le taux de testostérone est, dit-on le plus élevé de Paris. Sciemment, je repérais une table libre proche de celle de trois Hugo Boss. Si je ne pouvais pas jouer du croisement de mes jambes, je savais en outre l’efficacité du soutien-gorge spéciale joggeuse, et le fier maintien des seins qu’il façonnait. Les trois Hugo Boss avaient d’une façon tout animale flairé la proie et je le dis à dessein, car je ne trahissais alors rien d’autre que cette négligence surjouée à en être une. Mains en fourche dans les cheveux, regard feint. Autrement formulé et plus crument, je m’emportais alors dans une visualisation fantasmée où les trois Hugo Boss laissaient tour à tour glisser leur sexe entre mes lèvres. Oups ! Landie, calme-toi, s’il te plait Landie.


La paille aux lèvres, outre dans l’enfance, est ici et à l’âge que j’ai, un élément déclencheur d’images mentales qui fait obliquer le regard des trois mâles Hugo Boss. Mais pour la joggeuse, l’irrigation progressive de la gorge par une eau pétillante, par le biais de ce petit tube de plastique, cela garantit un apaisement bien mérité. Au fait de leur futile (à mes yeux) conversation professionnelle, le plus subtilement attentionné des trois, sort innocemment le petit bristol de sa carte professionnelle qu’il déposera sur ma table presque discrètement en partant. Enfin presque discrètement.



Le trio s’éloigne. Elle fait deux pas vers moi et dans une superbe moue chargée de haine.



Puis s’en va agonir son Hugo Boss de poche.



Lorsque je prends place dans les gradins, Tom m’ayant soudainement aperçue se love plus aisément sur la glace. Il vole presque souple et beau. En chaque homme subsiste un adolescent qui ne se trouve pas. Après, l’équipe de hockey fait de son mieux pour m’être agréable et Tom exulte de fierté. En quittant les gradins, je regarde la petite carte de visite filer entre les lames de bois et voleter comme une feuille d’automne quelques mètres plus bas. Je souris.

Je suis seule chez moi, c’est une belle journée je vais me coucher, une si belle journée souveraine.