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Temps de lecture estimé : 10 mn
19/06/24
Résumé:  Sur une île
Critères:  fh
Auteur : Landeline-Rose Redinger            Envoi mini-message
Frivolité d'automne suivie de L'approche

Frivolité d’automne


Ici, dans cette ville de banlieue parisienne, ce que nous appelons villa, ne sont en fait rien d’autre que des impasses. Le mercure – qui de nos jours est bien hors circuit – était tombé de dix degrés, mais un soleil bleu céruléen baignait les rues et les parcs se sont alors animés d’enfants. On se serre un peu dans les pans de son manteau, on tire une taffe qu’on envoie dans l’air. J’ai chaussé mes « new-balance 1080 rose » et je trottine, oui je trottine, car ma jambe est sertie d’une cuissière et mon muscle endolori. C’est ici et là le rythme du dimanche en banlieue. On pousse bébé, on se pâme de ses aptitudes de cycliste. Les papas font de leur mieux pour jouer le jeu dominical, et moi je passe dans une frivolité automnale. Puis c’est un parc en étage, cours de tennis sérieux, bitume pentu jusqu’au balcon accessible par une double rampe de larges marches. De là-haut, on domine la pelouse et les activités multiples. Plus lointainement le trafic routier qui borde la Seine. Nous sommes partout, traînant le pas ou s’évertuant au panache sportif. Morphologiquement inadaptés, harmonieux par nos formes, disgracieux dans nos lourdeurs, mais coureurs quand même. Échappée du grouillement des parcs, je prends les trottoirs, zigzague et sautille. Entrechats et précaution. L’automobiliste est courtois, parfois, qui me laisse la priorité du bitume. Regard souriant sur les formes de mon corps. Nous, nous voyons cela. J’ai ouvert largement mon léger coupe-vent car s’il est frisquet, l’air sec ne vient pas à bout des vapeurs de ma peau.


Maintenant me voilà dans le tourbillon désordonné du centre-ville. Je joue d’agilité pour tracer mon chemin. Derrière mes verres fumés, je sais mon acuité sans faille, radar et guide naturel, capteur sensoriel, corps doté de souplesse aux insoupçonnables capacités d’adaptation. Mais il n’est rien, ou presque, que vous ne sachiez déjà.


Je ne suis ni fervente ni pieuse, mais les lieux de culte ne me sont nullement indifférents. Voici, là, ce grand toit émergeant de terre, voici derrière cette imposante porte de bois, une foule de recueillis. Bien sérieux ce jeune prêtre qui officie. Prêcheur moderne dont la voix porte bien au-delà par les haut-parleurs. Des dizaines, oh ! Des centaines, jeunes, vieux, femmes, dames et filles. Garçons et hommes d’âge et quadras concentrés. Dieu fait son sport dominical.


Après Saint-Marc, marché Flachat, école Flachat, puis mairie de quartier, petite activité des ménagères ; en caddy les bobos, les pépés au tiercé. Après la Boite à bulles, les coiffeurs arabes toujours prêts à couper les cheveux en quatre, jour comme nuit, dimanche et fêtes. Je retrouve l’agora, le théâtre, les pigeons ; quelques couples, quelques tables de bar, la fumée des cafés, la caravane inox posée devant le parc « Road Trip American ». Je me pose sur un banc, comme des volutes de rouille, les feuilles tournoient car le vent les emporte dans un désordre ascendant. C’est peut-être ça la frivolité automnale.



L’approche


Je crois à l’harmonie. Si dissemblables que soient les choses, je crois à la conjugaison des objets, à la communion des vivants – hommes, arbres, vent, pluie, colère terrestre, déchaînement céleste.


De moi, je dirais que le libertinage, vocable galvaudé et tendance, est une définition erronée. Non, je suis une communiante à la nature et à la nature humaine unie. Taoïste, panthéiste sans nul doute, poétesse de la chair, abonnée au plaisir sous ses formes multiples. Je ne dissocie pas, je prends. Je ne puis séparer la culture dans son absolue acception, qu’il en soit de l’art pictural, de la littérature, la poésie et la sculpture, non je ne me départis pas de l’idée presque obsédante que le corps de la femme se donne à l’art, en est l’essence. Aussi je crois faire confiner le don de ma peau, mon épiderme et tout ce qui me constitue vers l’art décrié parfois, sous-terrain qu’est le sexe. Au même titre que l’universalité de l’art majeur élevé par Michel Ange, Monet, De Staël, Rodin, je porte fièrement en moi l’idée d’être à la fois l’artiste et l’œuvre.


J’étais au cœur des éléments enchevêtrés des œuvres picturales d’Annie Tremsal et, quelque part naissait conjointement au visuel que j’avais sur elles, sur ses circonférences sombres fendues d’un lumineux jet de couleurs vives, naissait l’éveil de mes sens presque indicible. Un peu comme l’éclosion d’un printemps qui tente de se frayer un passage dans les dernières escouades de l’hiver. Non que je ne fusse point irriguée aux saisons froides, mais sans doute m’étais-je un peu engourdie.


Je ne passais pas devant les œuvres, j’étais en ressenti avec chaque idée de nature colorée ou anthracite que chaque toile représentait.


Autour et hors de moi, sans ordre précis passaient les visiteurs, des voix comme lointainement audibles chuchotaient comme dans une église. Mais non, je n’ai pas le monopole du goût, de la beauté et chacun la ressentait à sa propre sensibilité. Ce qui me différenciait, mais cela n’est pas vérifiable, était sans doute l’impact de l’art sur ce que je nommerais comme les préliminaires d’une jouissance qui ne disait pas encore son nom. Revenue à la réalité, je me tamponnais le front et quittais mon manteau qui pesait, comme une peau de bête à même la peau.


Un homme large et haut semblait, comme on dit m’avoir repéré et cherché gauchement à créer le lien. Qu’il commentât à voix haute une des œuvres d’Annie n’était rien d’autre qu’une tentative sinon de séduction tout au moins d’approche. D’une façon générale, trouver le lien, la liaison, relève de la stratégie masculine ; c’est tout au moins le jeu séculaire et consenti, presque édicté, de la séduction opérée par l’homme. Mes chères amies nous sommes modernes ! Or, vous qui me connaissez, il n’est point à vous dire qu’on pourrait avancer que mon attitude de séductrice est quasiment masculine. Mais il s’avère ardu de discourir de ces sujets qui en outreront certains, qui en déposséderont d’autres et qui déclencheront à coup sûr les ligues catholiques et autre fanatisme revenu d’entre les mortes coutumes ancestrales. Bref, je n’avais pour cet homme ni connexions neuronales pas plus que les ocytocines n’œuvraient en moi du simple fait de sa présence. Mais j’avais désir de sexe pour parachever le grand plaisir que me conféraient, à la fois le temps qui m’était donné et la flânerie que j’avais initiée depuis le début de cet après-midi. Également je savais gré au hasard de m’avoir conduit dans cette galerie où mon être global communiait avec les œuvres et leur environnement.


J’étais au coude à coude avec cet homme, qui sans en faire montre laissait un discret étonnement de mon audace de ma proximité. En un mot je le frôlais.



C’est un homme qui aime séduire. Sans souci de son embonpoint, plutôt sûr du parcours de sa vie, ayant la prestance de ses certitudes.

Sur mon bras mon manteau. Jean slim foncé, haut-talons, veste cintrée bleu marine échancrée sur soutien-gorge Lou.

Mais cela n’échappe pas à cet homme qui par sa stature plonge sans feinte vers ma peau si peu que mes gestes amplifient les plis de ma veste. Nous conversons comme des gens de culture et de courtoisie.



Lorsque nous quittons la galerie, j’avise au détour de notre promenade un petit hôtel, qui sans prétention affiche un cachet suranné et joli. Je marque une petite pause, et pourquoi le cacher, je n’aime pas me languir, la vie ne frappera pas deux fois à la porte de ma jeunesse.



J’ai lu le trouble et ce fut lui dont le front perla.



C’est un petit ascenseur grillagé qui nous conduit à la chambre. Trois étages. Chambre propre, lieu cosy donnant sur la Seine.



Je suis nue et Jack caresse mes seins. Je suis nue et je prends sa main. Mon sexe s’humecte sous ses doigts. En renverse sur le lit, tandis que Jack glisse deux doigts dans ma chatte, je jouis.



Je fais tomber sa veste, sa chemise. Son torse velu est gris, et bombé son ventre. Je délasse ses souliers de cuir impeccable. Tombent son pantalon et son slip. Son sexe n’est pas proportionnel à sa stature. De taille moyenne et flasque. Dans ma paume, ses couilles. Jack n’a plus d’érection ou plus ainsi dit-il.



Et tandis que je me délecte à la fois de ses couilles soyeuses et de son gland visqueux, lui accélère le doigté de mon sexe. Il ose un index au bord de mon cul. Je le guide dedans. Nous sommes dans un souffle commun, amplifiant l’un et l’autre la cadence. Je me sens renaître d’un hiver qui me semble lointain. Pourtant il y a peu de cela, on emplissait ma bouche.



Dans la foulée, je me retourne et Jack, comme un sexe dur entre sa langue dans mon sexe. Raide comme un bâton. Je me bâillonne du drap.

Volte-face et sa langue titille mon cul, en force l’orifice comme une mèche. Jack a le souffle court du taureau. Nous nous tournons l’un et l’autre autour. Comme une chasse. Lui malaxe mes seins, pince mes tétons. Je lape ses couilles. Son gland luit d’une liqueur aigre que je lèche. Cet homme est devenu muet me dis-je. Soudain.



J’entends un petit remuement dans le cabinet de toilette. J’ai le temps pour moi. Nue à la fenêtre, je regarde les badauds, les bateaux. Je regarde Paris.



A plat dos, visage à la renverse, je caresse son gland du bout de ma langue. Jack émet à nouveau ce souffle qui va à sa stature.



Et ma bouche contient à peine son gland. Mes lèvres vont sur le cylindre de sa queue.

Il y a entre nous, en chacun de nous, une forme d’attente, attente de plus, attente de ce qui fut contenu.



Et le trou de mon cul est assailli. Deux, trois doigts. Je crie dans l’oreiller. Je presse sa bite dans ma paume. Un jus clair, limpide file de son gland.



Chez Jack, pas de sperme. Seul ce jus indéfinissable au goût aigre. A petite coulées il picote ma langue. Nous passons les jus de nos sexes de bouche en bouche. Sa bite est fixe dure. Il dit ne pas avoir trop mal. C’est supportable. Il l’enduit d’une huile pour prévenir la douleur. Mes mains glissent du gland aux couilles Jack jouit. J’ai vécu mille fois cela et pourtant une amnésie s’opère à chaque homme. Une amnésie, un renouveau.

Cuisses ouvertes sur son visage, il semble qu’un pieu pénètre mon sexe. Sa langue est à l’aune de sa bite qui fichée dans ma bouche poursuit ses petites saccades de jus. Sperme non ; huile, urine, je ne sais. Les deux oui.



Et sa queue s’enfonce dans mon cul, ses couilles clapotent contre mes fesses. Et si l’efficacité des injections, mesdames, a besoin de témoin, eh bien j’en suis. Jack me fit jouir durant quelque quarante minutes sans discontinuer passant de mon cul à mon sexe et pour son désengourdissiment musculaire, s’étendit sur le lit, sa bite fichée dans ma bouche, sa langue rappait mes lèvres vaginales. Je ne le croyais pas, car cela m’arrivait peu, mais j’inondais son visage d’un jet désordonné et abondant. Puis Jack reprit mon cul sans auparavant avoir glissé la ceinture de son pantalon sur mon ordre. Une tension supérieure ne nuit pas à l’affaire. D’abord timide, il s’enhardit et de salope, je devins chienne, putain, esclave, traînée, suceuse et catin (j’aime celui-ci). Dans ce tourbillon nous nous sommes longuement donnés. Sa bite était maintenant sensiblement détumescence et Jack jouissait dans une forme de précipitation. À califourchon sur mon corps, branlant son sexe, les yeux exorbités, Jack lâchait de grands jets sur mes seins. Chaud et abondant. Après son gland balançait sous les coups de ma langue, ses couilles étaient au même rythme.


J’ai pris son visage dans mes mains pour le conduire entre mes cuisses. Sa langue s’est insinuée à nouveau entre les lèvres de mon sexe. J’ai joui en sourdine. Ses mains malaxaient mes seins, pinçaient mes tétons, la boucle était bouclée.


Après la douche, nous avons quitté la chambre, Jack Turner a laissé un billet au réceptionniste.



Nous avons dîné sur l’Île de la Cité.