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n° 22478Fiche technique12710 caractères12710
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Temps de lecture estimé : 9 mn
16/06/24
Résumé:  Un homme découvre le sexe à cinquante ans.
Critères:  fh
Auteur : Lily1707
Butterfly

Ce soir, Paul est assis dans son Rocking-chair, près du feu. Les flammes lui chauffent le côté gauche du visage. Sur le guéridon, à côté de lui, deux glaçons fondent lentement dans un verre de whisky. Paul, le regard dans le vide, se laisse aller aux balancements réguliers de la chaise. Il pense à sa vie. Dans deux jours, il aura cinquante ans. Un demi-siècle. Déjà. Paul pense à cette vie qui fût toujours ordonnée, toujours bien rangée. Cette vie, toujours dirigée par : chaque chose à sa place et chaque place à sa chose.



Pas de place pour l’imprévu. Et pas de place pour une femme non plus. Alors, comme pour oublier cette pensée amère, Paul avale d’un trait son verre d’alcool et s’en ressert un, aussi vite. Mais il sait au fond de lui que c’est faux. De l’amour pour une femme il en a eu. Pour une femme oui, une seule ; sa mère ! Cette femme, qui a été le seul amour de sa vie, qui, petit, a été son fantasme, qui a été son exemple de féminité. Cette femme qui lui a tout donné. Alors pourquoi chercher autre chose ailleurs ? Parce qu’aujourd’hui, elle n’est plus là… Tout ça, c’est fini, terminé, elle n’est plus là pour s’occuper de lui… Et sans même laisser le temps aux glaçons de finir de fondre, Paul s’enfile un second verre cul sec. C’est alors qu’un étrange sentiment l’envahit. Un sentiment de honte. De la honte mélangée à de la joie. La joie de ne plus avoir ce poids sur lui. Puis, un sentiment de liberté. La liberté de penser à lui. Et voilà que Paul s’exalte de cette pensée. Oui ! La liberté de goûter aux plaisirs de la vie ! Au plaisir des femmes. Au plaisir du sexe. Alors, un peu ivre mais bien décidé, Paul se lève de son fauteuil et se fait la promesse que dès demain il va prendre sa vie en main.


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Une semaine s’est écoulée. Une semaine pendant laquelle Paul a réfléchi à comment vivre sa nouvelle vie. Il aimerait tellement inviter Irène à dîner. Irène est tout ce qu’il aime. Mais il est trop timide. Il a beau la croiser tous les jours à l’accueil de l’agence, Paul est persuadé qu’elle ne le voit pas. On ne remarque pas les hommes comme lui…


Quelques jours plus tard, sans le vouloir, Paul tombe sur une affiche, sur le comptoir de la pharmacie. La pharmacienne qui le surprend en train de la lire, lui vante les louanges de cet homme, psychothérapeute et formateur sur la communication non violente. Paul finit donc par s’inscrire à cette conférence sur « C’est quoi le bonheur pour vous ? » en se disant qu’il faut bien commencer par quelque chose.


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Ça y est, nous y sommes ! se dit Paul, le ventre noué de stress. Il éteint le moteur de sa voiture et regarde sa montre. Il est en avance, la conférence ne commence que dans trente minutes. Alors pour l’aider à se détendre un peu, il recule légèrement son siège et s’y installe confortablement. Il ouvre la boîte à gants et en sort un CD de Jazz. Il l’insère dans le lecteur et monte le son. Dès les premières notes, son corps se remplit de frissons et tout en pianotant sur le volant, Paul part dans ses pensées, dans ses rêves, en pensant à demain.


Alors que Paul est ailleurs, avec cette vie future qui l’attend, un toc sur la fenêtre conducteur le fait sursauter. Il regarde à sa gauche et aperçoit une ombre. Paul éteint la musique et ouvre légèrement sa vitre de voiture.



Surpris par cette séduisante voix, Paul bégaie un :



Il regarde la silhouette s’éloigner et lorsque celle-ci arrive sous le lampadaire d’en face, Paul ne reste pas insensible à ce qu’il voit.


Tout le monde commence à arriver. Paul sort de sa voiture et se dirige vers la porte d’entrée. Une fois à l’intérieur, la salle se remplit très vite et toute cette foule le déstabilise. Paul hésite à faire demi-tour. Il scrute autour de lui pour trouver rapidement une place assise à l’écart de tout ce monde. Il se dirige vers le haut de l’amphithéâtre et s’installe au dernier rang, là où il peut observer mais où personne ne peut le voir. Une fois assis, il se sent déjà mieux. Il peut enfin respirer.



Paul relève la tête pour regarder son interlocuteur.

C’est elle. La fille à la cigarette. Gêné, il baisse alors les yeux, ayant juste le temps d’être surpris par son teint porcelaine.



Paul est troublé. Il retire rapidement sa veste du siège voisin.



Alice retire son long manteau qui semble trop lourd pour elle et s’assied. Paul l’observe du coin de l’œil. Elle doit avoir la quarantaine. Peut-être un peu moins. Elle porte une robe rouge vif à pois noirs et ses petits pieds fins sont habillés d’escarpins noirs. Alice se tient droite sur sa chaise, jambes croisées. Paul admire ses jambes élancées recouvertes d’un voile couleur chair. Il remonte délicatement son regard. Il aperçoit alors une arabesque d’encre noire sur sa cuisse, qu’il suit du regard jusqu’à la voir disparaître sous le morceau de tissu. Sa robe légèrement moulante laisse apparaître un petit ventre rond et Paul n’en reste pas moins indifférent. Une poitrine très généreuse est compressée par le tissu rouge et Paul se surprend à penser qu’il aimerait bien la libérer et jouer avec. Malgré la position inconfortable qu’il inflige à ses yeux pour ne pas se faire remarquer, Paul n’arrive pas à voir son visage. Il parvient juste à deviner ses cheveux bouclés relevés qui semblent tenus par un bandeau. Alice ressemble à une pin-up des années cinquante, se dit-il. Soudain, la lumière s’assombrit, et Paul, comme un petit garçon qui aurait fait une bêtise, se redresse sur sa chaise et regarde droit devant lui. Alice esquisse un sourire. Le brouhaha laisse peu à peu place au silence.


Paul regarde sa montre. La conférence a commencé il y a maintenant trente minutes et il peine à se concentrer. L’odeur de son parfum à chaque fois qu’Alice bouge sur sa chaise le rend fou. C’est un doux mélange fruité et acidulé, comme une odeur d’agrumes. Paul n’avait jamais senti une odeur aussi envoûtante avant. Il aimerait aller la sentir de plus près. Il aimerait s’agenouiller près d’elle et s’enivrer de cet arôme, dans ses cheveux, dans son cou, dans son décolleté.


Paul a besoin de prendre l’air, de se rafraîchir.


Et comme s’il avait entendu sa requête, l’intervenant propose de faire une pause et invite la salle à aller se désaltérer. Paul se lève de sa chaise et, sans regarder à côté de lui, s’éclipse aux toilettes. Une fois seul, il se rafraîchit avec de l’eau froide qu’il s’envoie sur le visage. Après avoir repris ses esprits, il retourne s’asseoir à sa place. Alice n’est plus là. Son manteau non plus. Tant mieux, se dit Paul, peut-être ne va-t-elle pas revenir et je vais pouvoir enfin suivre cette conférence. Mais son espoir est de courte durée lorsque Paul entend des bruits de talons venir de plus en plus près de lui. Il relève les yeux. Alice est là. Elle s’approche de lui, un peu trop à son goût. Tellement près que Paul essaie de reculer dans le fond de sa chaise.



Alice se rapproche un peu plus et leurs joues se frôlent. Paul peut sentir l’odeur de son parfum et celle de sa peau et ce mélange en est encore plus exaltant.



Alice retourne s’asseoir, et Paul, lui, reste immobile, l’esprit confus. Il comprend juste que son cœur vient de s’accélérer en quelques secondes. C’est quoi un papillon ? C’est quoi ce boîtier ? Paul l’examine. Il y a un bouton avec plusieurs vitesses. Une télécommande ? Pour quoi faire ? Il appuie alors sur le bouton marche et un léger bruit sourd se fait entendre sur sa droite. Il regarde Alice qui lui sourit en pinçant sa lèvre inférieure avec ses dents et comprend que ce son vient de son entrejambe. Paul prend alors conscience qu’il a, pour les quelques minutes à venir, l’entier contrôle sur sa voisine et, à cette pensée, il ne peut réfréner un début d’érection. Les invités ont tous repris leur place, la lumière se tamise et la conférence reprend son cours. Paul sait très bien à ce moment-là, qu’il va encore moins suivre la séance. Nerveux, mais excité, il appuie sur le bouton et enclenche la première vitesse. Alice desserre alors soudainement ses jambes et écarte légèrement les cuisses. Elle laisse échapper un petit cri aigu. Son regard se tourne vers Paul qui l’observe et ses yeux, son regard en demandent encore. Paul la désire. Paul veut donner du plaisir à cette magnifique femme, à cette magnifique inconnue, prête à se donner rien qu’à lui. Il passe à la vitesse supérieure. Il entend alors la respiration d’Alice s’accélérer et son érection se fait de plus en plus dure au point de lui faire mal, trop serrée dans son jean. Paul augmente encore le rythme et Alice s’agite et se cambre sous l’accélération des vibrations. Paul se lève de sa chaise et se rapproche discrètement de sa soumise. Il est maintenant à quelques centimètres de ce corps qui s’agite de plaisir et ne peut se retenir de tirer sur le nœud qui maintient le haut de la robe d’Alice. Alors comme une libération, ses deux énormes seins sortent d’un coup et Alice se retrouve à moitié nue dans une salle remplie de monde. L’idée que l’on puisse les surprendre, les excite alors autant l’un que l’autre. Paul ne peut s’empêcher de caresser ces seins qui n’attendaient que ça et il effleure du bout des doigts les deux tétons tendus de désir. Alice pose sa main tremblante sur le sexe de Paul et commence à le caresser à travers son pantalon. Paul tente alors de contrôler sa respiration qui devient haletante. Mais ce n’est pas ce qu’il veut. Et même s’il en a mal de la désirer autant et de se retenir, le plaisir est uniquement pour elle ce soir. Il amplifie de plus belle les vibrations et Alice retire sa main instinctivement pour prendre son sein gauche et le mordre. Paul, conscient de son pouvoir, joue avec la télécommande comme un enfant avec un joystick. Il ne la ménage pas. Les gémissements d’Alice sont de moins en moins espacés et alors qu’il sent qu’elle est sur le point de jouir, Paul stoppe net les vibrations du papillon. Alice lui lance un regard de supplice.



Mais Alice n’en peut plus, elle est au bord de l’orgasme. Elle prend la main de Paul et la glisse sous sa jupe. Paul gêné, a un moment d’hésitation, mais l’excitation est plus forte et il remonte délicatement sa main, le long de ses bas jusqu’à son sexe. Là, il découvre un morceau de plastique qui recouvre son clitoris. Il descend ses doigts de quelques centimètres et en enclenchant le sex-toy, il insère deux doigts dans le vagin trempé de désir. Alice se cambre et s’abandonne au plaisir. Paul la sent vaciller. Il l’encercle de ses bras et la retient contre son épaule, telle une poupée de chiffon.


Quelques secondes suffisent à Alice pour reprendre ses esprits. Elle se rhabille, se tourne vers Paul et lui dépose un baiser sur la joue. Paul rougit. Il se sent bien. Mais ce sentiment est de courte durée car sans un mot, Alice prend son manteau et s’échappe dans l’obscurité. Paul, déboussolé, se lève et la suit comme un petit chien. Il arrive dans le Hall, mais il n’y a personne. Il regarde de gauche à droite et aperçoit Alice dehors. Il pousse la porte principale et s’arrête, surpris par ce qu’il voit.


Un homme est adossé à une voiture et Alice se dirige vers lui. Il est grand, mince, élégant, vêtu de noir. Le genre d’homme que les femmes remarquent. Il tient une cigarette dans une main et fait signe à Alice de l’autre, tout en lui criant, Diane, ma chérie…


Paul est abasourdi par cette scène et il regarde, impuissant, Alice, ou plutôt Diane, courir vers cet homme et l’embrasser à pleine bouche.


Un bruit de foule le sort de ce film. La conférence est terminée. Les gens sortent et se mettent à bousculer Paul qui reste inerte et silencieux, le regard sur cette inconnue qui disparaît lentement au loin. Il suit alors le mouvement et rejoint lui aussi sa voiture. Assis au volant, il prend quelques instants de réflexion. Ce soir, Paul est heureux. Heureux d’avoir vécu ce moment magique. Heureux de savoir maintenant ce qu’il veut. Heureux d’avoir le courage dès demain d’inviter Irène à déjeuner. Et pour garder cette délicieuse expérience avec cette inconnue en un souvenir unique, Paul, le sourire aux lèvres, se fait la promesse que c’est la première et dernière fois qu’il assiste à une conférence.