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n° 22477Fiche technique19215 caractères19215
Temps de lecture estimé : 14 mn
16/06/24
Présentation:  Deux êtres qu’un parc sépare. L’art va les faire se rencontrer, s’aimer, se détester... Elle va grandir et lui redescendre sur terre.
Résumé:  Photographe, il pose son appareil pour dessiner le portrait de Carla. Elle pose dans une position sensuelle, le tatouage est au centre du dessin mais il veut saisir le regard de cette fille.
Critères:  fh hplusag jeunes voisins amour fsoumise
Auteur : Carla.moore et Mathou810  (A la suite du texte)      

Série : Dominique et Carla, à 4 mains

Chapitre 01 / 05
leçon de dessin

Résumé pour ceux qui ont lu « Dominique » ou « À Carla ». (Deux histoires similaires avec des points de vue différents.) Pour les autres, il est préférable que vous commenciez par lire l’une ou l’autre.



Carla jeune étudiante en première année de licence vit dans un petit appartement en compagnie de trois plantes aromatiques. Elle aime y être nue. Elle est plutôt timide et solitaire. Elle porte le tatouage représentant un papillon derrière l’épaule. Dominique, une bonne quarantaine, photographe-reporter qui se consacre à la photo animalière, est cloué par une longue convalescence. Il habite un logement de l’autre côté du parc où habite Carla. Grâce à un appareil photo au grand zoom, il découvre celle-ci dans son quotidien. S’il apprécie le corps de la jeune fille, il reste surtout admiratif du tatouage. Cela lui donne l’idée d’exposer des photographies inédites de papillons qu’il a collectées depuis une vingtaine d’années à travers le monde. À l’entrée de la galerie, il explique dans une vidéo que c’est la vue d’un tatouage qui l’a inspiré. Carla visite l’exposition, comprend que c’est d’elle qu’il s’agit et en est émue. Il la convainc de venir poser chez lui. Carla se sent attirée par cet homme et lui demande de lui faire l’amour. Il se délecte du corps de la jeunette de manière assez dominatrice et froide.


Séance de dessin


De retour chez elle, Carla est tourmentée par le plaisir qu’elle a reçu et le comportement très directif de cet homme. Entre ses mains, elle s’est sentie « objet ». Ce regard porté sur elle l’a intimidée et en même temps libérée. Elle ne saurait pas comment l’expliquer. Elle, si pudique en public, a aimé cet appareil photo qui la mitraille.


Si elle le rappelle, elle sait qu’il exigera qu’elle pose nue pour lui. Elle en a peur et en même temps elle le désire. Elle ouvre le rideau, se dévêt. Elle espère qu’il est là, à l’épier, qu’il regarde ses seins, son ventre, ses jambes, ses fesses. Elle attendra que lui la rappelle.


Les jours suivants, Dominique est en proie à un grand abattement. Il n’aime pas l’ascendant qu’a pris cette fille sur son désir. Il se rappelle Salinger dans l’attrape-cœurs qui parle de ces femmes qui vous agacent et finissent par faire un petit quelque chose qui vous rend à moitié amoureux d’elles. Comme à son habitude, lorsque quelque chose le tourmente, il sort ses crayons et se met au travail. Il a toujours aimé faire naître la vie sur le papier. Il se laisse guider par sa mémoire et essaie de retrouver la posture de Carla. Ses épaules, légèrement tombantes, ainsi que sa poitrine menue. Ses jambes qui s’étirent sur le tabouret alors qu’elle prend la pose. Il retrouve facilement la forme de son corps qu’il a exploré de ses lèvres et de ses doigts, les oreilles qui se cachent dans la chevelure blonde, le nez mutin, la moue de sa bouche qui hésite entre le sourire et l’étonnement. Le regard lui pose plus de problèmes : quand il tente de dessiner ses yeux, il plonge dans cette intensité flamboyante, pleine d’envie et de peur, qui invite et intimide à la fois. De guerre lasse, après plusieurs essais infructueux, il dessine deux points d’interrogation là où l’imagination se dérobe puis glisse son croquis dans une enveloppe qu’il porte aussitôt dans la boîte aux lettres de la jeune fille.


Clara rentre en bus. Ce soir, c’est décidé : elle le rappelle. Elle lui dira qu’elle veut faire l’amour. Elle en rougit déjà, mais elle désire ses mains, sa bouche, son sexe. Arrivée dans le hall, elle consulte la boîte aux lettres. Une enveloppe Kraft : c’est lui ! Un regard à droite, à gauche pour vérifier qu’elle est seule comme une enfant qui s’apprête à faire une bêtise. Vite, elle l’ouvre. Un dessin. C’est elle ! nue sur un tabouret. Pourquoi ces points d’interrogation remplacent-ils les yeux effacés ?


Elle se souvient de leur première fois. La chaleur envahit déjà son bas ventre. Elle prend son téléphone :



Elle ne se le fait pas répéter. Peut-être n’aura-t-elle pas besoin de lui demander de faire l’amour. Elle sonne déjà à sa porte…



Dominique entraîne immédiatement Carla sur un tabouret haut, au centre du salon. Ses gestes sont impératifs et délicats à la fois. Il a déjà installé un chevalet. Il dégage les grandes mèches qui voilent son regard et avant de se mettre au travail, il se dénude en silence sans la quitter des yeux.


Son accueil neutre et froid, sans effusion, la glace. Depuis des jours, elle imagine des retrouvailles très chaudes. Depuis des jours, elle se caresse en pensant à des baisers, des gestes tendres ou fougueux. Depuis des jours, elle attend des mots doux dont elle conçoit seulement maintenant qu’il n’en est pas capable. Son regard même n’est empreint d’aucun sentiment. Elle pense qu’il s’agit inconsciemment de pudeur ou de crainte de montrer ses émotions ; émotions qui transparaissent pourtant à travers chacune de ses photos animalières comme ce poster de tigre prêt à bondir sur sa proie (innocente du danger) qui est accroché au mur, au-dessus de lui. Sera-t-elle capable de le faire changer ? Elle s’en lance intérieurement le challenge.


Elle en est à ce point de réflexion quand elle le voit nu. Elle qui croyait être celle à qui il allait demander de se dévêtir. Elle s’y était résignée. De voyeur, il est passé exhibitionniste. Silence.


Elle ne sait pas ce qu’elle doit faire, il reprend la parole :



Il la regarde se mettre à l’aise et, une fois encore, il est submergé par un désir violent. Cette fille le comprend. Il a mis le chauffage pour être sûr qu’elle n’ait pas froid. Elle déboutonne sa chemise. Elle arrête là son déshabillage. Le tissu dégrafé s’ouvre sur un soutien-gorge blanc et sage qui souligne la jeunesse de Carla. Il tombe au niveau de la ceinture. Elle reste de dos, le buste dressé mais le visage tourné vers lui, les mains sur les cuisses. Elle regarde son dessinateur. Son indécence est sublimée par sa retenue. Il esquisse rapidement une silhouette et se concentre sur le visage. Et voici à nouveau ce regard interrogateur rempli d’une certaine sauvagerie. Comment faire briller ces yeux d’un simple coup de crayon ?



Elle ne s’ennuie pas. Au contraire. Sans qu’elle ait besoin de se toucher pour être humide, mille sensations, mille émotions la traversent : la timidité, la curiosité, la fierté, l’innocence, le désir, la retenue et surtout le plaisir de vivre, de ressentir toutes ces expériences émotionnelles. Au fur et à mesure du dessin, elle voit le sexe de Dominique se dresser lentement. C’est la première fois qu’elle assiste à ce type de dilatation. Elle ne peut empêcher un sourire. En a-t-elle seulement conscience ? Elle est la cause de ce phénomène mâle.


Bien qu’il essaye de donner le change en se concentrant sur son travail, Dominique est subjugué par la scène que lui offre Carla. Le chevalet est une barrière bien mince qu’il a envie de renverser pour se jeter sur elle. Son sexe est gonflé et il se sent bien obscène devant tant de panache. Un sourire sur les lèvres, dans les yeux de Carla, l’informe qu’elle a remarqué sa bandaison. Il réalise à quel point le moment qui lui est offert est précieux. Il serait tentant de prendre l’ascendant sur cette beauté, de s’en emparer, mais la laisser s’épanouir puis s’éloigner quand elle se sera lassée est très certainement la meilleure attitude à prendre. À lui d’être inventif pour lui donner envie d’être à lui. Il veut à tout prix éviter d’être la désillusion qui vient beaucoup trop vite, après un début prometteur. Il pense à tout cela sans quitter son regard. Enfin, il parvient à dessiner celui-ci : il est satisfait de l’éclat et la force de ces yeux. La voici capturée dans toute sa splendeur.


Retournant enfin son esquisse, il donne à voir au modèle son portrait. Il s’écarte pour observer l’échange silencieux entre ce papillon de papier et ce papillon de chair, si proche. N’y tenant plus, il s’agenouille entre ses cuisses, posant ses mains sur les siennes. Il la regarde, implorant, cherchant dans ses yeux la permission de se repaître d’elle. Elle semble amusée, aussi il entreprend de relever sa jupe et d’embrasser l’intérieur de chaque cuisse en remontant centimètre par centimètre. Il explore chaque grain de peau, tout en respirant l’odeur entêtante qui s’échappe de la culotte en coton blanc. Elle a posé ses mains sur sa tête, sans pression, juste pour le contact avec ce qui lui fait du bien. Il reste un moment immobile, puis souffle doucement sur le tissu, les lèvres à quelques millimètres. Il aime observer l’air chaud se condenser sur l’étoffe. Au bout d’un certain temps, très lentement, il dégage le sous-vêtement qu’il retire complètement. Il s’élance. Ses lèvres fondent sur ce sexe. Le long baiser qu’il échange avec la chatte trempée est un vrai élan d’amour. Sa langue lui semble trop courte tant il aimerait se joindre à elle. Impossible pour lui de relâcher l’étreinte tant qu’elle n’a pas joui dans sa bouche. Des ongles égratignent ses cheveux.


Lorsqu’il la sent se contracter, il lèche de plus belle pour accompagner son orgasme. Il se redresse alors et la soulève d’un seul coup, pour la déposer sur son sexe qu’elle absorbe en resserrant ses jambes dans son dos. Ils font l’amour debout, face à face, dans la lumière tombante de la fenêtre qui donne sur le parc.


Lorsqu’ils sont enfin repus l’un de l’autre, ils sont en nage. Dominique la dépose.


Il reprend doucement son souffle et ses esprits avant de prendre enfin la parole :



Elle remet de l’ordre dans ses vêtements, surprise par les paroles qu’elle entend. Elle aurait voulu plutôt qu’il l’embrasse, que ses gestes soient plus tendres, reconnaissants du moment qu’ils viennent de partager. Elle s’approche pour l’embrasser, mais il la repousse :



Lorsqu’elle se retrouve chez elle, elle se sent collante. Il a joui en elle sans protection et sa culotte a eu du mal à retenir le jus qui coule de son vagin. Heureusement qu’elle prend la pilule, mais il ne s’en est toujours pas soucié. Elle préfère s’imaginer qu’il est clean côté MST. Elle ne retournera pas le voir ! Leur relation est étrange ! Il la photographie ou la dessine, bref il fait des images d’elle puis il la « baise » avant de lui donner congé de manière dédaigneuse ! Pas de dialogue entre eux ! Ça lui fait froid dans le dos et l’excite en même temps ! C’est très étrange ! Non, il ne faut pas qu’elle y retourne ! Ce soir, elle ne se lave pas. Elle veut conserver en elle cette odeur et cette poisse entre les jambes en souvenir du plaisir qu’il lui a donné ! Certainement pour la dernière fois. Il l’a fait jouir comme aucun de ses petits amis auparavant. Mais elle n’aime pas son attitude autoritaire, détachée.


Quelques jours plus tard, il observe Carla ouvrir au livreur, récupérer le cadre en bois ancien, enveloppé dans du papier japonais qu’il lui a envoyé.


Elle attend d’être seule pour arracher l’emballage. Elle se doute que Dominique la regarde et elle lui envoie des sourires. Elle découvre donc le dessin, au crayon sépia, d’une jeune femme qui lui fait face. Le portrait est de 3/4 dos, le visage tourné vers le spectateur. L’épaule est dénudée et de toute évidence le papillon est le sujet principal du tableau. Carla éprouve une pointe de jalousie envers le tatouage ! Elle se tourne vers la baie vitrée et jette un regard sombre à l’attention de Dominique.


Elle n’a pas vu ce qu’un spectateur ordinaire verrait : un dessin pétri de sensualité et d’érotisme. Tout d’abord, le jeu des tissus : le fluide de la chemise, qui s’ouvre comme un rideau de théâtre sur cette scène, contraste avec la rigidité de la bretelle. Celle-ci semble maintenir et diriger le regard vers le papillon. Ensuite, ce visage, celui d’une jeune fille surprise d’être là ! Elle est à la fois proie des regards posés sur elle et prédatrice de ce qu’elle voit. Ses yeux trahissent le désir carnassier de son spectateur. Carla n’a malheureusement pas su saisir le sens de l’œuvre, elle n’a pas lu non plus le petit mot écrit au dos.


Carla chérie, nos plaisirs comme nos désirs sont complémentaires. Nous l’avons expérimenté chacun pendant la pose et j’ai essayé de le montrer dans ce dessin. Le papillon est notre trait d’union. Ton regard est le filet dans lequel tu as pris mon cœur.


Elle n’a pas su. Elle n’a pas vu. Elle n’a pas lu. Elle ne se sent qu’accessoire pour cet homme qui tire d’elle du plaisir sexuel, qui ne lui donne aucune tendresse. Oui, elle aussi a joui mais sans la tendresse dont ses sentiments ont tant besoin. Elle connaît quelqu’un qui ne fera pas semblant, avec qui elle prendra du plaisir, qui n’a jamais été équivoque et qui attend chaque jour un signe d’elle. Elle prend son téléphone et appelle Karim.


Moins de trente minutes plus tard, il est là. Elle fait sonner le téléphone de Dominique pour s’assurer qu’il sera à sa fenêtre. Elle l’embrasse à pleine bouche puis tire les rideaux.



Clara réalise alors le sens de la toile… mais elle n’ose pas renvoyer Karim. Ils font l’amour mais dans sa tête, elle est avec Dominique.


Dominique a passé quelques jours dans un état de franche satisfaction. Il est très content de son dessin et du moment fusionnel vécu avec Carla. Maintenant, il la guette alors qu’elle réceptionne son présent. Elle est très impatiente et il s’amuse à la regarder faire face à une part d’elle qu’elle n’a probablement encore jamais contemplée dans un miroir. Tiens, la voilà qui se renfrogne. Il ne s’y attendait pas du tout. Il l’avait imaginée, cherchant une place de choix dans son studio pour cet hommage à sa beauté, à leur amour… Peut-être aurait-elle repensé à eux, à leurs moments, et se serait dévoilée à sa longue-vue. À bien y repenser, c’est vrai qu’il s’est un peu empressé l’autre jour, mais il tenait quelque chose de fort et il ne voulait surtout rien perdre du moment. Pour créer, il a besoin d’être dans le présent et quand il y est, il se projette déjà ailleurs.


Ce dessin ne lui plaît donc pas ? La voilà qui prend son téléphone. Il s’attend à entendre la sonnerie du sien. Quelqu’un quelque part a dû décrocher, car il la voit minauder en jetant quelques coups d’œil par la fenêtre. Elle semble en pleine opération séduction, sûrement avec un jeune, car son assurance semble sans limite et son bavardage très efficace. Son attitude est différente que lorsqu’elle se trouve en sa présence.


Quand elle raccroche, elle semble vraiment satisfaite. Elle s’attelle à un petit ménage avant d’aller se doucher. Il attend qu’elle réapparaisse. C’est en tee-shirt long et avec une serviette sur la tête qu’elle se précipite vers la porte. Elle ouvre à ce grand brun dont il avait déjà été témoin de leur effusion. Elle accueille son visiteur par un long baiser se pendant à son cou. Le t-shirt dévoile alors le bas de ses jolies fesses pommelées. La jalousie l’empêche de goûter cette image.


Elle compose un numéro. Cette fois, c’est lui qu’elle appelle. Le temps qu’il réponde, Carla a déjà raccroché. Il retourne à sa lunette et n’a le temps que d’apercevoir le regard chargé d’une certaine colère quand elle ferme brusquement le rideau donnant sur son lit.


Il ne comprend pas la raison de ce message de rejet. Cette petite « conne » commence à l’agacer. Il s’étonne de sa soudaine véhémence. Serait-il jaloux ? Non, le jeunot ne semble pas être une menace. Ce gars doit être en train de rendre grâce à la chance qui lui sourit. Dominique ne comprend pas qu’elle ne se rend pas compte de l’intensité de leur relation. L’autre jour, quand il traçait son visage, les yeux trahissaient son plaisir, son émotion Il s’est investi complètement à tâcher de la saisir. Il l’a placée au centre de son univers ; il l’a célébrée de toute sa force. Est-elle habituée à être autant gâtée ou est-elle juste trop jeune pour apprécier la qualité de leur relation ? A-t-elle peur de leur différence d’âge ?


Le rideau fermé, elle laisse Karim prendre le dessus. S’il est ici, c’est parce qu’elle l’a appelé, parce qu’elle l’aime bien, parce qu’il sait lui donner du plaisir, parce qu’il sait s’y prendre et lui susurrer des mots doux pendant l’amour, parce qu’il sait partager de la tendresse comme ne sait pas le faire Dominique.


Karim est amoureux de cette belle blonde réservée en public mais si tendre, si agréable en privé. Aujourd’hui, il sent qu’elle n’est pas avec lui. Alors qu’il est en elle, il voit le dessin sépia. Il y surprend ce regard qu’elle ne lui a jamais lancé, qu’elle ne lui lancera jamais. Il jouit en silence. Sans elle ! Elle n’a même pas simulé. À peine leurs affaires faites, il se rhabille et s’en va. Bien entendu, il est resté poli, il ne veut pas la peiner. Tous les deux savent que c’est leur dernière fois, lui est triste, elle est indifférente ; son esprit est ailleurs, de l’autre côté du parc. Ils entendent le signal d’arrivée d’un SMS. Carla, délicate, attend d’être seule pour le lire.


À force de s’échauffer, il faut qu’il verbalise et il se fend d’un SMS qu’il tape patiemment en imaginant Carla qui soupire de plaisir en ce moment même. Elle n’a pas émis le moindre gémissement quand Karim a joui. Mais il ne le sait pas !


Chère Carla,


J’ai l’impression que tu souhaites me punir. En obturant ta fenêtre, tu me prives du beau spectacle que doit être l’emboîtement de vos jeunes corps. Comme tu ne me laisses pas te voir t’ouvrir aux assauts de ton bel amant, je t’écris pour te dire que la vie est trop courte pour la passer à se faire des reproches. Tu es visiblement fâchée et j’en suis bien désolé. Je n’ai probablement pas su te comprendre, pourtant je m’y attelle. Peut-être aurait-il été plus judicieux de te parler, mais j’ai préféré te faire ressentir. Je t’aime et j’essaie de transformer cette émotion en actes. Nous sommes chacun dans notre monde et je ne peux pas savoir ce qui t’anime, te transcende ou t’émeut. Alors je t’observe, j’étudie tes réactions, et j’essaye de voir avec tes yeux. Nous aurons sûrement de beaux moments, mais les incompréhensions aussi bien que les désaccords sont inévitables. Affrontons-les ensemble plutôt que de ressasser nos frustrations. Parlons-nous franchement. Prends ton temps, réfléchis bien à ce que tu attends de moi. J’espère que viendra le moment où tu souhaiteras m’en faire part. À l’instant où je finis ce petit mot, j’aime penser que tu es heureuse, en train de jouir. J’aime ton plaisir.


Bien à toi,


Dominique