Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 22464Fiche technique11976 caractères11976
1953
Temps de lecture estimé : 8 mn
10/06/24
Résumé:  Un amour interdit resurgit, ravivant passion et culpabilité.
Critères:  fh
Auteur : L'artiste  (L’artiste)      Envoi mini-message
Agate est repartie

La matinée prend fin. La classe que j’encadrais pour une randonnée se retire sous l’œil vigilant de l’institutrice, qui les compte. Enfin, un moment de répit ! J’aime mon métier, mais être responsable d’une vingtaine de jeunes aventuriers est épuisant. Alors que les cris des enfants s’éloignent, le calme revient peu à peu et je regagne mon chalet, un modeste abri en bois perdu en pleine forêt. Je ferme la porte derrière moi, m’assois et expire profondément… C’est l’heure du casse-croûte !


Une voix résonne alors :



Mon cœur rate un battement. Cette voix… Ce n’est pas possible. Je dois rêver. Un mélange de frustration et de curiosité m’envahit. Je réponds sans bouger de mon siège, le ton plus sec que je ne l’aurais voulu.



Elle… Elle est là, tel un ange. Agate, mon âme sœur ! Le passé resurgit douloureusement. Nous avons été amants durant de longues années, liés par un attachement profond, convaincus que nos êtres étaient indissociables depuis la naissance de l’univers. Elle était mariée, moi aussi, et presque vingt ans nous séparaient… Par sagesse, ou peut-être par lâcheté, j’avais choisi ma famille. Et maintenant la revoilà, souriante, radieuse, ravivant des émotions que je croyais enfouies.



Les mots me manquent. Que dire… ? Je l’aide à retirer son manteau. Dieu, qu’elle est belle ! Alors qu’elle s’installe à mon bureau, une simple table de camping à la peinture écaillée, je lui propose un café. Elle croise les jambes, me laissant furtivement admirer le brillant du nylon qui les recouvre, et une chaleur intense irradie ma poitrine.


Je l’interroge, m’intéresse à elle, à son boulot, à son quotidien. Elle me parle du lien qu’elle a malgré tout gardé avec moi en lisant de temps à autre une nouvelle de ma plume sur Rvbb.



Cette confidence n’est pas pour m’apaiser. L’histoire que j’avais écrite soulignait fortement un désir bien enfoui en moi en raison de sa nature particulière que je n’étais pas prêt à assumer.


Après un silence, elle reprend :



À cet instant, une foule de sentiments contradictoires se bouscule. Elle… habituellement très réservée, comment peut-elle exprimer un souhait si direct et audacieux ? Cela me déstabilise profondément.


Je me souviens clairement du stress éprouvé quelques années auparavant en lui révélant ce simple fantasme. Cette confidence m’avait beaucoup coûté… Aimer les pieds peut paraître bizarre, et généralement ils ne m’attirent pas, mais les siens, fins et délicats, me fascinent. Leur cambrure, leur douceur, tout en eux provoque en moi une extrême excitation et une envie irrépressible de les caresser et de les embrasser. Sa réaction avait été apaisante : elle s’était contentée de sourire, de me dire que ce n’était pas une surprise et que cette idée lui plaisait. Cette acceptation avait renforcé notre lien, mais jamais je n’aurais imaginé qu’elle pourrait un jour formuler une telle demande de façon si impromptue. Du coup, un doute m’envahit… Serait-ce une plaisanterie ? Ça ne peut pas être sérieux.


Impatiente, elle insiste.



Mon esprit lutte, mais mon corps cède. Je me laisse tomber à genoux, mes yeux capturent les siens, et un sourire triomphant éclaire son visage en constatant que je me décide enfin. Elle est radieuse, rayonnante. Mes mains arpentent ses cuisses, puis descendent peu à peu le long de ses mollets pour atteindre ses chevilles. Avec tendresse, je saisis ses pieds et les libère délicatement de leurs ballerines avant d’y déposer un baiser.


Le contact de sa peau à travers le nylon me galvanise, et une vague de passion brute parcourt mon corps. Je sens la présence d’Agate, intense et brûlante, peser sur moi alors que je m’approche pour embrasser ses orteils, un à un. J’inspire profondément leur parfum, le mélange de cuir et de sueur qui en émane m’enivre.



Cet ordre finit de me désinhiber, déclenchant en moi un sentiment de dévotion irrépressible, et j’obéis sans la moindre hésitation. Comment pourrait-il en être autrement ? Je suis en transe, en adoration devant ses si mignons petons que je lèche, mordille, suce et dévore avec un enthousiasme débordant. Ses orteils ondulent divinement dans ma bouche et jouent avec ma langue, mes mains remontent le long de ses jambes et chacun de ses frissons me confirme que je suis sur la bonne voie.



Cette question me prend au dépourvu, me pousse dans mes retranchements, m’incite à me livrer sans pudeur, à lui céder mon âme.



Captant mon hésitation, elle sourit.



Puis elle retire lentement ses bas. Ses jambes, nues et parfaites, m’hypnotisent. Elle se lève légèrement et soulève sa jupe pour dévoiler une culotte en dentelle fine qu’elle étire sur le côté afin de libérer son sexe, imberbe, magnifique, et déjà suintant d’impatience.



Une lueur scintille dans ses yeux aussi verts que le jade. Je m’approche et dépose un doux baiser à l’endroit indiqué. Elle pousse un discret gémissement, mon appétit monte en flèche. Je la déguste, ses mains dans mes cheveux me guident, et son humidité s’accentue.



Mes lèvres et ma langue explorent de plus belle. J’aime sa saveur et m’en imprègne, chaque soupir qu’elle émet m’encourage. Son corps se tend, ses cuisses commencent à se mouvoir contre mon visage, cherchent plus de contact, plus de friction, puis elle se cambre soudainement et semble trembler de tout son être, sa respiration haletante et saccadée. J’interromps mon ouvrage pour l’admirer. L’observant, je suis fasciné par sa fragilité actuelle qui contraste avec la présence qu’elle a exercée jusqu’alors.


Je prends le temps de la contempler, chaque courbe est magnifiquement sculptée, et mes pensées dérivent vers notre passé, vers notre première rencontre. Elle avait dix-huit ans, j’en avais trente-six. J’étais moniteur auto-école, et elle, une élève parmi d’autres. Dès la première leçon, j’étais sous le charme. Son charisme, son rire, ses valeurs, tout chez elle m’ensorcelait et j’avais ressenti une attraction inédite. Bien que je sois resté très correct et professionnel, l’amour fou que j’éprouvais déjà pour cette jeune femme était incommensurable et me chamboulait profondément, comme si c’était une évidence.


Après qu’elle ait obtenu son permis, nous avons gardé contact, échangeant des nouvelles éparses par SMS pendant bien cinq ans. Elle s’était mariée, je l’étais aussi, et ces messages me torturaient. La chérir en silence était un supplice, j’ai fini par lui dire qu’il était préférable de ne plus nous parler. Elle m’en a demandé la raison, et je lui ai révélé ma flamme, cette passion inconditionnelle que j’éprouvais. À ma grande surprise, elle m’a confié ressentir exactement le même sentiment, et au lieu d’interrompre nos échanges, cela nous a encore rapprochés.


Un sourire satisfait se dessine sur son visage. Elle ouvre lentement les yeux et plonge son regard dans le mien.



Je m’exécute rapidement et, nu devant elle, je me sens vulnérable. Elle scrute mon corps, se mordille d’envie la lèvre inférieure, et me pousse sur le canapé pour m’explorer de baisers. Ses mains expertes m’enflamment, chaque contact brûle ma peau. Elle atteint mon érection, dure et palpitante. Avec une lueur d’amusement, elle s’en empare, la cajole et l’embrasse passionnément avant de s’interrompre et de se redresser.


Elle se dénude alors à son tour complètement, laissant tomber ses vêtements au sol. L’image de cette femme, sublime, me fascine, me transporte. Brûlante de désir, elle se place à califourchon sur moi en saisissant mon sexe d’une main ferme pour le guider vers le sien. Son intimité chaude et humide m’électrise.


La pénétration est torride, chaque mouvement amplifie notre connexion et nous nous unissons avec passion. Je me blottis, ma tête entre ses seins, inspirant son parfum, tandis que mes mains agrippent fermement ses fesses, les caressent et les pressent avec ardeur.


Agate mène la danse, ses hanches ondulent de manière rythmée et sensuelle, augmentant l’intensité de nos ébats. Soudain, ses gestes se font plus rapides, plus désordonnés. Je sens son corps se tendre à nouveau, ses muscles se contractent autour de moi. Dans un profond soupir de soulagement, elle jouit en plantant ses ongles dans ma peau, laissant des traces brûlantes sur mes épaules, comme pour marquer ce moment de façon plus durable.


La voir ainsi me submerge de bonheur. Je la serre contre moi, sa respiration s’apaise peu à peu.



Toute inhibition désormais envolée, totalement impudique et ne la quittant pas des yeux, je me masturbe alors frénétiquement devant elle qui n’en perd pas une miette.



J’accélère le rythme et suis sur le point de jouir. Elle le sent, sa main remplace la mienne, et dans un ultime mouvement, me fait exploser d’extase. Ma respiration se coupe, et tout mon corps se tétanise alors qu’une vague d’intense plaisir me consume.


Agate profite du spectacle, un sourire radieux illumine son visage. Ses ongles ripent tendrement sur ma peau, puis jouent avec ma semence étalée sur mon ventre alors que je reprends peu à peu mes esprits. Elle amène malicieusement un doigt à sa bouche et le suce pour me goûter, son regard me transperce, puis elle récupère à nouveau quelques gouttes de ma propre essence et glisse cette fois ses phalanges entre mes lèvres. Enfin, elle se penche sur moi et m’embrasse avec fougue avant de se redresser et se rhabiller avec une élégance naturelle qui me laisse coi.



Mon cœur se serre à l’idée de la voir partir, mais elle a raison : nous serons toujours complices de l’ombre. Elle franchit le seuil et disparaît, son parfum flotte encore dans l’air et me rappelle chaque seconde passée à ses côtés.


La panique m’envahit soudain, un frisson me parcourt alors que je réalise l’extrême danger dans lequel je me suis imprudemment plongé. Mes pensées se bousculent, cherchent désespérément un moyen de masquer les traces de notre rencontre. Je m’habille à la hâte, mes doigts tremblent sur les boutons de ma chemise. L’idée que n’importe qui aurait pu entrer à tout moment et découvrir notre liaison interdite m’oppresse et me glace le sang. La peur de voir notre secret dévoilé, de détruire les vies de ceux qui nous entourent me terrorise. D’un geste précipité, je boucle ma ceinture et tente de retrouver mon calme, de dissimuler mon trouble, mais le souvenir brûlant de cette rencontre persiste. Un mélange de désir et de culpabilité m’envahit, mon cœur bat toujours aussi fort. Je m’interroge sur cette idylle tumultueuse : d’un côté la passion qui nous unit, de l’autre, les complications et les risques énormes que cette liaison implique.


Le silence de la forêt s’impose à nouveau, me ramenant à la réalité. Agate est repartie. Une certitude s’installe pourtant : cet amour est ancré profondément en moi. La vie nous pousse à nous éloigner, mais l’espoir de futurs rendez-vous plane, suspendu à chaque nouvelle que j’écrirai et pour lesquelles je choisirai encore mes mots avec soin.