| n° 22440 | Fiche technique | 34888 caractères | 34888 6156 Temps de lecture estimé : 25 mn |
01/06/24 |
| Présentation: Une histoire de « taille » moyenne, juste pour la détente… | ||||
Résumé: J’ai déjà entendu des trucs à côté de la plaque, mais ce que vient de me balancer cet inconnu à fine moustache dans un blouson en cuir trop grand pour lui vient de décrocher le pompon ! | ||||
Critères: humour | ||||
| Auteur : Patrik Envoi mini-message | ||||
Une histoire de « taille » moyenne, juste pour la détente…
Bonne lecture : )
J’ai déjà entendu des trucs à côté de la plaque, mais ce que vient de me balancer cet inconnu à fine moustache dans un blouson en cuir trop grand pour lui vient de décrocher le pompon !
Il faut dire que, étant donné mon physique, je passe plutôt pour un gros nounours inoffensif. C’est sans doute pour cela que ce crétin (un freluquet aussi épais qu’un balai rachitique) m’a agressé gratuitement dans les allées de ce supermarché. Mais il a oublié que les nounours sont des plantigrades, et que les plantigrades sont au sommet de la chaîne des prédateurs. Même les loups évitent de se frotter à eux.
Profitant du fait que mon agresseur semble dépassé par ma réaction à la fois froide, mais brutale, je continue sur ma lancée en sortant mon smartphone :
J’affiche une première photo que je lui mets sous le nez :
J’affiche une autre photo :
Après avoir fait voir quelques photos, je range mon smartphone, tout en le toisant de haut :
Avec un large sourire carnassier, je me penche sur lui :
Indifférent aux gens qui s’attroupent autour de nous, je tourne ma tête vers sa compagne qui ne sait plus où se mettre. Je la scrute de haut en bas, puis de bas en haut, avant de lâcher :
Je pose ma large main sur son épaule, je constate qu’il n’est pas très épais, ce gugusse à l’allure de fouine, sa grosse veste en cuir, c’est juste de la décoration. À son regard inquiet, je comprends qu’il n’avait pas tout à fait réalisé mon gabarit quand il m’a attaqué verbalement tout à l’heure. Tel un prof expliquant un concept un zest difficile à un élève un peu simplet, j’annonce :
Je prends un ton encore plus doctoral :
Affichant un sourire carnassier à rendre jalouse une hyène rieuse, je tapote son épaule qui s’affaisse de quelques centimètres :
Sa compagne et lui ouvrent de grands yeux ; il articule faiblement :
Puis je plante les deux jeunots sur place, car j’ai des courses à terminer.
Béatrice, ma chère femme adorée, a beaucoup rigolé quand je lui ai narré la petite mésaventure qui m’est tombée dessus au supermarché. Essayant le coin de ses yeux, elle s’exclame :
Elle me gronde gentiment :
Amusé par cette possibilité, rigolard, je réponds :
Je ne croyais pas si bien dire…
Quelques jours plus tard, ma chérie me confie :
C’est curieux, en effet. Je demande :
Houlà, ça me dit quelque chose ! De ce fait, je demande confirmation :
Pas de doute ! Je m’exclame :
Ouvrant de grands yeux, Béatrice s’exclame :
Je fronce des sourcils :
Quoique… si… En effet, la dernière photo montrait ma trop belle femme en mini-bikini sur la plage, et le tissu était assez ténu. Mais comme je n’ai pas envie de me faire enguirlander, je vais oublier de préciser ce détail à ma douce moitié.
Bref, me voilà avec un satané voyeur sur les bras. Il va donc falloir que je m’en occupe illico, d’autant que c’est un peu de ma faute. Je demande à ma tendre chérie :
Vaguement inquiète à la suite de mes propos, elle tapote mon bras :
À ces mots, mon épouse sourit :
Après ce propos momentanément définitif, je fais craquer toutes les phalanges de mes doigts. Bon, maintenant, il faut que je mette rapidement la main sur ce satané gugus, sans toutefois trop l’abîmer, dixit ma chère moitié.
Ce qu’il y a de bien avec les gloglos et les neuneus, c’est la régularité chronométrique qu’ils ont dans la connerie. Le lendemain, à la même heure, devinez sur qui je mets la main tandis qu’il rôdait à nouveau dans les environs ? Ma petite fouine moustachue au blouson bien trop grand !
Arrivant dans mon dos, ma douce moitié intervient pour limiter la casse :
Une petite voix étranglée se fait entendre :
Ma femme intervient à nouveau :
J’ouvre la main, la fouine se retrouve illico les fesses sur le sol. Le type se racle plusieurs fois la gorge, ma femme me gronde silencieusement du regard. On dit souvent que la connerie n’a pas de limite. Un dénommé Albert, amateur de relativité, a dit quelque chose sur l’infini de l’univers et la connerie humaine. Eh bien, j’en ai la démonstration quand le petit machin se redresse et s’adresse à ma tendre épouse :
Ma douce femme affiche un sourire carnassier :
Le petit coq se gargarise :
Croisant les bras, ce qui met un peu trop en valeur sa poitrine, Béatrice se tourne vers moi :
Pas faux. Mais je ne pensais pas que ça déboucherait sur ce genre de situation à la con, digne des mauvais romans de gare. Mais j’étais encore loin du compte, car le petit machin à fine moustache propose d’un air très naturel :
Fronçant des sourcils, je devance ma femme :
C’est Béatrice qui répond, moqueuse :
Le moustachu insiste, la voix plus caressante :
Passant outre le ton résolument moqueur de ma femme, il s’enhardit :
Dépité, il secoue la tête :
À moitié excédé et à moitié amusé, j’interviens :
Souriante, Béatrice me tapote l’épaule :
J’aime qu’on soit fier de moi, surtout quand ça vient de ma femme. Celle-ci enchaîne sereinement :
C’est alors que le petit machin intervient :
Un grand sourire narquois se dessine sur mes lèvres quand je me tourne à nouveau vers ma femme un peu surprise de la réaction spontanée du petit coq :
Ma femme affiche un sourire crispé. Se tournant vers moi, le moustachu demande ingénument :
Tel un ancien instituteur, je lève l’index :
À notre grand étonnement (Béa et moi), il sort un petit carnet et note quelque chose dessus. Il explique ensuite :
Je ricane :
Ah, ma fouine à moustache n’est pas trop inculte. J’enchaîne :
Je lève fugacement les yeux au ciel, puis bonne âme, j’explique :
Il fouille dans sa poche :
Puis cet inconscient se tourne vers ma femme :
Logique implacable. Ma femme s’amuse :
Béatrice réfléchit quelques instants, puis elle lâche à mon grand étonnement :
C’est ainsi que s’est clôturée la première rencontre entre cet olibrius et ma chère épouse.
Dans la vie, il y a des moments où on se demande si on n’est pas en train de rêver, ce qui est actuellement le cas. En effet, je suis en train de prendre l’apéritif avec le fouinard et sa Maeva de meuf, le tout en compagnie de ma femme. D’ailleurs, c’est une idée à elle.
Peu après les événements relatés, il y a quelques lignes plus haut, assez intriguée par le personnage, Béatrice s’est carrément dit : organisons une sorte de dîner de cons, avec Kevin (oui, il s’appelle Kevin, étonnant, n’est-ce pas ?).
Pour celles et ceux qui l’ignorent, un Kelvin est une unité de température qui démarre à environ -273 degrés Celsius, le froid absolu, on ne peut pas plus glacial. Notre Kevin (sans le L) doit en être à un ou deux degrés Kelvin sur l’échelle de la Culture, soyons charitables. Mais son blablatage lui permet de remplir les innombrables trous, avec une absence de logique mais avec une assurance qui frise le génie. C’est ainsi que nous avons appris que c’est Jeanne d’Arc qui fit sacrer Napoléon, l’empereur à la barbe fleurie, créateur de l’ENA.
Je regrette de ne pas avoir enregistré tout ça, je me serais reconverti avec succès dans le stand-up !
Oui, le Kevin débite prodigieusement des flots d’âneries sans s’en rendre compte. Sa compagne est béate devant tant de connaissances (foireuses) qui arrachent un éternel sourire d’indulgence à ma femme qui rigole intérieurement. Il faut l’entendre pour le croire, d’autant que le fluet essaye carrément de séduire ma moitié, sous l’œil bovin de sa compagne qui, visiblement, ne voit rien de ce qui se passe sous son nez.
Ou bien, elle s’en fout carrément…
Néanmoins, la donzelle jette parfois un regard concupiscent dans ma direction. Je fais nettement plus viril, plus costaud que son homme, je sens sans doute le sable chaud. De plus, avec une seule de mes chemises, on pourrait habiller trois ou quatre Kevin.
Utilisant sa bouche pour autre chose que de la laisser simplement ouverte, la jeune bombasse (faut voir comment elle s’est habillée pour venir chez nous) essaye de nouer connaissance :
J’explique que c’est une montagne africaine dont le sommet est couvert de neige, et qu’au pied de cette montagne, c’est la savane avec les girafes, les lions, les gazelles et tout le tralala.
Je lève fugacement les yeux au ciel. Maeva est parfaitement assortie à Kevin. Je crois même qu’en restant sérieux, on peut lui faire gober n’importe quoi. D’ailleurs, elle a carrément une bouche à pipes (je sais, la transition est foireuse), avec ses lèvres pulpeuses que je soupçonne de ne pas être d’origine.
Néanmoins, je vais rester scientifique et ne pas lui expliquer que le petit Jésus a disposé des congélateurs au sommet de chaque montagne un peu haute :
Du coin de l’œil, je vois que ma femme réprime difficilement une grosse envie de rire. Durant ce temps, Kevin continue à blablater avec elle, sans faire attention à sa propre compagne. Je me gratte la tête, puis je me lance dans une explication simpliste liée à la densité de l’air. Yeux grands ouverts, Maeva me regarde, bouche bée. Je suis en train de passer à ses yeux pour un futur prix Nobel de physique.
Quelques minutes plus tard, ma femme étant passée dans la cuisine, je la rejoins aussitôt :
Je soupire :
Je me plaque contre elle, l’embrassant dans le cou, faisant courir mes mains partout sur son corps que je connais si bien. Quelques instants plus tard, Béatrice se dégage de mon étreinte :
Elle me taquine :
Je m’agace un peu :
Elle s’échappe définitivement de mes bras en riant :
Quittant la cuisine, elle rejoint nos invités, me laissant derrière, assez perplexe.
Durant un temps qui m’a paru interminablement long, Kevin étale sa crasse inculture comme de la confiture. Et encore, la confiture, c’est largement au-dessus de sa condition ! Je pencherai plutôt pour de l’huile de vidange. De son côté, Béatrice s’amuse beaucoup. Quant à Maeva, je vois bien qu’elle continue à souvent loucher de mon côté. C’est vrai que je présente mieux que son crétin de petit ami, mais même contre dix Maeva, je n’échangerai certainement pas ma Béatrice à moi !
Entretemps, ma « culturitude » a fait un énorme bond en avant : j’ai appris beaucoup de choses grâce à Kevin. Que la Chine est parsemée de pyramides et de momies, que le Yéti se balade toujours au Groenland, que Louis XIV a vécu au XIVe siècle, tout comme son fils Louis XV l’a fait au XVe, selon la logique imparable : un roi = un siècle. Quelle longévité !
Il y en a d’autres du même acabit, mais à la longue, ça devient ennuyeux et agaçant !
De plus, ce petit con de Kevin s’arroge la permission de draguer ouvertement ma femme sous mon nez, en lui proposant des perles de lune venues de pays où il ne pleut pas (pourtant, il a déjà tenté le coup, il a quand même fait l’effort de modifier au moins un substantif).
Ce sombre crétin est franchement en train de m’échauffer le sang. Puisqu’il me marche sur les pieds, je décide donc de lui rendre la monnaie de sa pièce, mais à ma façon, un peu plus tard. Je reste impassible, savourant déjà d’avance ma revanche.
Ma douce moitié se doute de quelque chose, vu comment elle me regarde. Puis l’apéritif prend enfin fin ! Il était temps !
Aujourd’hui, à nouveau, Kevin et Maeva reviennent pour l’apéritif sur la terrasse, mais ils ne seront pas les seuls invités, car mon cher ami Alexandre est de la partie.
Alexandre est doublement impressionné : par la jactance de Kevin et aussi par le physique de Maeva qui le reluque assez ostensiblement, ayant compris qu’elle aurait plus de répondant avec le nouveau venu. Il faut dire que mon copain est joyeusement musculaté (comme on dit), mais qu’il peut parfois faire peur à la gent féminine.
Mais ça ne semble pas être le cas de la jeune bimbo habillée très sexy, qui le dévore des yeux.
En plus d’être impressionné, Alexandre est impressionnant, une véritable armoire à glace, le genre de bonhomme qu’on n’aimerait pas du tout rencontrer tard le soir dans un quartier mal famé, et dont on espérerait courir nettement plus vite que lui. Pourtant, c’est un gros gentil nounours (tout comme moi ; je pourrais dire que c’est presque mon jumeau), mais il faut savoir le connaître.
Vous ne serez pas étonné(s) de savoir qu’il officie en tant qu’agent de sécurité pour le gratin du show-biz et de la politique. Ce métier ayant des hauts et des bas d’activité, Alexandre possède pas mal de temps libre. Hélas pour lui, sa dernière compagne a mis les voiles, préférant suivre un jeune loup qui débute dans le cinéma. Je ne suis pas certain qu’elle ait fait le bon choix…
Alors que nous sommes isolés dans la cuisine, Alexandre me confie :
C’est quelque chose que j’ai remarqué tout de suite. On dirait qu’elle est attirée par les hommes plutôt carrés et virils, alors qu’elle traîne avec un freluquet qui a réussi à l’embobiner avec un flot de paroles. Une lueur s’allume dans l’œil de mon ami :
Alexandre rigole fugacement, puis il devient songeur :
Il me regarde d’un air étrange :
Je chantonne :
Ell’ n’avait pas de tête, ell’ n’avait pas
L’esprit beaucoup plus grand qu’un dé à coudre
Mais pour l’amour on ne demande pas
Aux filles d’avoir inventé la poudre…
Posant sa large main sur mon épaule, Alexandre se met à rire :
J’affiche un large sourire :
Nous retournons sur la terrasse. Cette fois-ci, à sa façon, Alexandre fait nettement comprendre à Maeva qu’elle lui plaît. Bien qu’un peu surprise au départ, celle-ci réagit plutôt bien. Alors que Kevin débite toujours ses âneries, ces deux-là sont en train de flirter gentiment.
Soudain, désignant le plat de charcuterie, mon ami me dit :
Puis il se tourne vers sa nouvelle conquête :
Maeva ouvre de grands yeux, elle hésite un peu, puis elle se lève, s’adressant à Alexandre :
Je les vois disparaître tous les deux dans la cuisine. Kevin ne semble avoir rien remarqué. En revanche, ma femme me consulte du regard. Je réponds par un haussement amusé de sourcils, mais j’avoue que j’aimerais bien être une petite souris pour aller fureter dans la pièce d’à côté.
Kevin cause toujours et encore, il est intarissable. L’absence de Maeva et d’Alexandre continue, bien plus longue que prévu.
Notre fouine à moustache s’embarque à présent dans le milieu médical. Je constate que ses connaissances ne dépassent le jeu, dont je ne me rappelle plus le nom, dans lequel il faut retirer ou placer des organes sans faire biper le machin. Docteur Bobo, un truc comme ça.
Nos deux absents sont vraiment très absents, cette découpe de saucisson dure incontestablement, et je ne crois pas que Maeva soit en train de soigner Alexandre. Ou bien… il s’agit d’un autre type de soins… J’irais bien jeter un coup d’œil, mais je crains d’interrompre quelque chose. Mon petit doigt me dit qu’Alexandre est en train de mettre les bouchées doubles ou triples.
Quelques minutes plus tard, Maeva et Alexandre reviennent parmi nous. Je constate tout de suite que la jeune femme est un peu décoiffée et rosissant. Quant à mon ami, il est visiblement très content. La façon dont ils se regardent laisse supposer qu’ils n’ont pas fait que de parler de la pluie et du beau temps.
Un peu plus tard, les voilà qui s’absentent à nouveau. Je vois qu’Alexandre met carrément une petite tapette sur les fesses de sa « devantrice ». Ma femme me regarde en souriant. Durant ce temps, Kevin ne se doute de rien, trop occupé à ses diverses parlottes dont j’ai royalement perdu le fil. Pour info, il est passé du domaine médical à celui de la chanson anglo-saxonne dont il massacre allégrement les titres avec un accent que je n’arrive pas à identifier.
C’est quand même étrange ! J’ai connu ce type parce qu’il s’était montré fort jaloux que je puisse reluquer sa compagne, alors que je ne l’avais même pas remarquée. Et là, on dirait qu’il a totalement oublié l’existence de sa Maeva. Je savais que le charme de ma femme était puissant, mais pas à ce point !
Pour en revenir à ceux qui sont à nouveau dans la cuisine, j’aimerais bien être une petite souris, je l’ai déjà dit.
Une fois que plus, ils s’attardent énormément, longuement, interminablement. J’essaye de tendre l’oreille. Il me semble bien entendre des choses, mais très indistinctes, confuses. Et comme Kevin blablate à fond, c’est peine perdue pour que j’arrive à me focaliser sur la source du bruit. Mon petit doigt me dit qu’il va se passer aujourd’hui quelque chose dont on reparlera souvent par la suite.
Alors je laisse passer le temps, subissant le flot de paroles du crétin qui cause, qui cause…
Encore heureux qu’il débite dix conneries par phrase, ça maintient mon éveil, et je dois en louper quelques-unes, je suppose. Ma femme est nettement plus patiente que moi, mais je vois bien qu’elle rigole intérieurement (je la connais bien), tout en affichant un calme olympien en surface, voire un semblant d’intérêt.
Soudain, nos absents reviennent, et là, Kevin reste bouché bée, muet, un exploit !
En effet, Meava et Alexandre sont revenus, totalement collés l’un contre l’autre, enlacés, imbriqués, se faisant sans complexe des mamours et des bisous au vu et au su de tout le monde, c’est-à-dire nous trois et surtout Kevin qui semble transformé en statue de sel.
Alexandre prend la parole :
Toujours engluée contre son nouveau soupirant, Maeva glousse, ses grands yeux amourachés, brillant de mille étoiles scintillantes. Son nouveau compagnon lui demande :
Eh bé, c’est rapide ! Je pensais bien qu’il y avait une probabilité pour que ces deux-là matchent, comme on dit dans les milieux autorisés, mais pas à ce point. Tant mieux pour eux, et tant pis pour le dragueur de ma femme !
Avec un large sourire complice, Alexandre nous lance :
Kevin ne dit rien, c’est bien la première fois que j’ai droit à un silence si long de sa part. Mais c’est de courte durée, car il prend à nouveau l’usage de la parole, me demandant en catimini :
Je vois bien qu’il hésite sur le comportement à adopter. J’enfonce le clou :
Kevin reste prostré sur sa chaise, vide, absent, tel une marionnette sans fil, ou une peluche sans bourre. J’aurais presque pitié de lui, mais je n’aime pas qu’on fasse les yeux doux à ma femme sous mon nez et qu’on me pompe l’air.
Tandis qu’Alexandre s’éloigne amoureusement en compagnie de Maeva, ma chère épouse se tourne vers moi, et murmure :
Ma chère moitié se moque gentiment de moi :
Béatrice jette un furtif coup d’œil vers Kevin qui semble totalement anéanti :
Ma femme se met à pouffer :
Je n’avais pas trop envisagé cette possibilité. Me rassurant moi-même, je lâche :
C’est effectivement ce qui s’est ensuite passé. Je n’ai plus jamais revu l’ombre de ce Kevin, à moins que ma femme me cache des choses, mais je n’y crois pas.
Pour info, je suis devenu le parrain du premier né du couple Maeva-Alexandre. Je n’ai pas pu refuser. Béatrice était écroulée de rire ! Je me console en me disant que, maintenant qu’il est né, le bébé est plutôt mignon.