| n° 22432 | Fiche technique | 53376 caractères | 53376 8478 Temps de lecture estimé : 34 mn |
22/05/24 |
Résumé: Une version revisitée d’un classique de la littérature maintes fois adapté au cinéma. | ||||
Critères: #humour #policier #fantastique fh jardin | ||||
| Auteur : Jimmychou Envoi mini-message | ||||
| Projet de groupe : Sept auteurs pour le septième art. |
L’ambiance du Festival a changé, rien n’est plus comme avant. Finies les starlettes du siècle dernier qui se faisaient photographier en bikini sur la plage du Carlton ou du Martinez et qui laissaient malencontreusement échapper un morceau de leur maillot de bain en baissant les yeux. Certaines arrivaient même à rougir, la grande classe.
La soirée est réservée à un habitué du Festival, Mister Chou. Le réalisateur revient tous les ans en espérant voir un jour sur une plage… Ah, la nostalgie.
Jimmy est bien présent, en haut des marches, souriant à son public venu l’acclamer, présentant son meilleur profil aux photographes.
Un peu cabotins, les agents de la sécurité sont obligés de lui signifier qu’il doit maintenant céder la place aux cinéastes de la nouvelle génération. Sacré Mister Chou !
De notre envoyé spécial Patrick Paris en direct de Cannes pour BaiseFM TV
Avec :
Jimmychou – Docteur Jimmy Chew
Laetitia – Surintendante Lestrade
Melle Mélina – Alice Anciews
Charlie67 – Margaret Chew
Patrik – Commander Chandler
Briard – Inspecteur Harry Sondick
Patrick Paris – Home Secretary
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Dimanche 14 octobre 11:30 am. Londres. Albany Street.
James Pussy-Sucker venait de quitter Regent’s Park. Le trader avait profité du soleil automnal pour flâner une petite heure dans les allées du grand jardin royal avant de rejoindre le domicile d’Alice, sa petite amie.
La délicieuse femme blonde avait en effet invité James à partager un brunch dominical dans son coquet duplex. Après avoir refermé la porte d’accès à l’immeuble dont il possédait un double de clef, le boyfriend d’Alice avait machinalement emprunté l’escalier qui menait à l’avant-dernier étage du bâtiment. James fut sujet à une violente poussée d’adrénaline lorsqu’il découvrit la porte à peine entrouverte du loft dont la serrure avait manifestement été forcée.
D’un pas hésitant, le cadre de La City franchit le seuil de l’appartement. Il ne remarqua rien d’inhabituel dans les pièces qu’il traversa avant d’atteindre la chambre de la propriétaire. Mais il ne put retenir un cri d’horreur devant le spectacle qui se présenta à lui lorsqu’il poussa la dernière porte. Pendant quelques secondes, l’homme resta tétanisé, les yeux rivés sur le cadavre dénudé et affreusement mutilé qui gisait au milieu du grand lit de la chambre. Puis, incapable de supporter dignement cette scène atroce, il répandit le contenu de son english breakfast sur le parquet ciré de la pièce.
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Dimanche 14 octobre. 3:00 pm. Londres, quartier général de Scotland Yard. Bureau du Commander Chandler.
Le Commander Philip Chandler avait sa tête des mauvais jours. S’il y avait bien une chose qu’il détestait plus que tout, c’était de devoir quitter sa résidence douillette de Chelsea après le copieux déjeuner dominical pour rejoindre précipitamment son bureau sans âme de Westminster.
L’information n’avait pas encore atterri dans les boîtes mail des rédactions, mais nul doute qu’elle allait faire les gros titres des journaux télévisés du soir.
Le Butineur de Camden, ainsi que les journaux à scandales britanniques l’avaient baptisé, avait vraisemblablement violé et assassiné une troisième femme au cours de la nuit précédente.
Contrairement aux deux premières victimes du tueur, Alice Anciews, issue de la meilleure bourgeoisie du nord-ouest de l’Angleterre, n’était pas une pauvre immigrée clandestine débarquée d’Europe de l’Est pour proposer ses charmes aux touristes et aux travailleurs londoniens.
Les parents d’Alice étaient de purs sujets britanniques dont les ancêtres, installés à Manchester, avaient fait fortune à l’époque glorieuse de la révolution industrielle. Son père dirigeait une entreprise prospère tandis que sa mère se contentait de gérer son riche patrimoine qu’elle avait à peine entamé pour financer le loft londonien de sa fille.
Néanmoins, malgré son pedigree flatteur, Alice était loin d’être une oie blanche. Outre la liaison qu’elle entretenait depuis plusieurs mois avec James, cette magnifique blonde était aussi la maîtresse officieuse d’un des Lords les plus respectés du royaume. Bien sûr, la relation entre Alice et son noble amant était un secret qui n’avait pas vocation à sortir du cadre feutré de l’aristocratie britannique et de la haute bourgeoisie londonienne.
Mais, les hauts responsables de Scotland Yard, voulant se prémunir contre tout impair fâcheux, avaient néanmoins pris la précaution d’alerter le Commander sur le profil de la dernière victime en date du tueur sanguinaire.
Gladys se contenta de hausser les épaules, prenant garde à conserver en toute situation le flegme emblématique des sujets de sa Majesté.
La Surintendante resta impassible face aux supputations hasardeuses et sans doute exagérément alarmistes du Commander.
La brillante Gladys Lestrade étira lentement ses membres délicats avant de faire son rapport au dignitaire de Scotland Yard.
Gladys n’avait évidemment pu distinguer ce que les caméras de surveillance avaient été incapables d’enregistrer, à savoir l’ombre imperceptible d’une inquiétante créature fondue dans la nuit brumeuse de la capitale anglaise.
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Mercredi 17 octobre. Londres. Quartier général de Scotland Yard.
Les collaborateurs de Gladys Lestrade étaient réunis dans leur grand bureau faisant le point sur l’avancée de l’affaire qui inquiétait de plus en plus tous ceux qui résidaient et travaillaient dans le district de Camden. Les multiples traces d’ADN relevées sur les cadavres des victimes du Butineur de Camden n’avaient permis aucune avancée significative. Le profil génétique du tueur n’était pas enregistré dans les bases de données des services de police consultés pour l’occasion. En outre, hormis celles des trois femmes et celles des proches de Miss Anciews, aucune empreinte digitale exploitable retrouvée sur les lieux des crimes n’avait conduit à l’identification d’un quelconque individu susceptible d’être à l’origine des agressions mortelles.
Enfin, les caméras de vidéosurveillance n’avaient pas permis de fournir le moindre indice sur l’assassin, ni même de donner quelques informations qui auraient pu en apprendre un peu plus sur les circonstances antérieures aux meurtres.
La police avait néanmoins pu déterminer, grâce aux griffures trouvées sur le mur de l’immeuble, que, pour perpétrer son premier forfait, le Butineur s’était introduit dans le studio situé au premier étage en passant par la fenêtre donnant sur cour. L’occupante des lieux avait en effet l’habitude de l’entrouvrir à la fin de son « service ». Mais aucun occupant de la copropriété n’avait perçu le moindre signe laissant supposer une présence inhabituelle dans la cour à l’heure estimée du crime.
Pour le second meurtre commis dans un petit deux-pièces donnant sur rue, aucune trace d’effraction n’avait été relevée sur la porte d’entrée. La police avait donc effectué un criblage ciblé des relations de la victime sans pouvoir trouver de suspect crédible.
D’autre part, la consultation des échanges téléphoniques effectués avec les portables « professionnels » des deux prostituées dans les jours qui avaient précédé leur fin atroce n’avait pas permis d’identifier de suspect sérieux. Le seul numéro ayant échangé avec ceux des deux victimes appartenait à un agent commercial de Liverpool qui se déplaçait régulièrement à Londres pour ses affaires. L’homme avait évidemment été invité à se rendre au commissariat de son comté de résidence pour être interrogé. Comme il avait pu fournir des alibis imparables pour les deux meurtres, Scotland Yard s’était logiquement désintéressé de son cas.
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Lundi premier octobre. Quartier de Westminster. Cabinet du docteur Chew.
Un petit quart d’heure s’était écoulé depuis qu’Alice Anciews avait franchi la porte massive du luxueux immeuble qui abritait le cabinet du docteur Jimmy Chew, l’un des dermatologues les plus réputés d’Angleterre. La belle jeune femme blonde venait d’être accueillie et saluée chaleureusement par le médecin. Un homme plutôt discret à première vue, mais néanmoins très attaché à sa réputation de dandy. Chew tenait en effet plus que tout à présenter à ses visiteurs une image irréprochable comme le prouvait sa coupe de cheveux impeccable, son costume sur mesure confectionné par un des tailleurs attitrés de la maison Windsor et bien sûr sa paire de mocassins Lobb parfaitement cirés.
Dans un sourire immaculé, le dermatologue dévoila à sa charmante visiteuse sa dentition entretenue par le meilleur dentiste de Westminster.
Chew attendit que la jeune femme blonde s’installe puis il l’imita en se lovant dans son profond fauteuil recouvert de cuir de buffle.
Flatté par la déférence de la séduisante jeune femme, Chew se détendit.
La jeune femme hésita quelques secondes avant de s’exprimer.
La dernière phrase de la jolie blonde fit sourciller le docteur Chew.
Quelques minutes plus tard, Miss Anciews était étendue en tenue d’Eve sur la serviette moelleuse qui protégeait son corps aux formes si troublantes du skaï de la table médicale.
Le docteur Chew promenait ses doigts fins et manucurés sur la peau délicate de la superbe blonde.
Chew prit un ton exagérément sérieux.
Lorsque l’index de Jimmy se perdit dans la fente intime de la belle intrigante, celle-ci lâcha un petit cri.
Il n’en fallut pas plus pour que Chew enfonce deux doigts supplémentaires dans l’intimité de la maîtresse du Lord.
Surprise, mais néanmoins ravie par cette investigation assez peu conventionnelle de la part d’un dermatologue, la femme avait relevé sa croupe pour faciliter l’inspection de Jimmy qui pouvait juger, au clapotis provenant de la chatte trempée, de l’effet produit par son examen.
Les gémissements d’Alice se faisaient de plus en plus lascifs et son envie de queue de plus en plus prégnante.
Devant l’air interdit du médecin, Alice ne put s’empêcher de manifester son impatience :
Le toubib finit par céder aux injonctions de sa chaude patiente. C’est le caleçon aux chevilles qu’il grimpa sur les marches permettant d’accéder à la table d’auscultation.
Les yeux injectés de désir, Alice prit quelques secondes pour examiner le mâle qui allait la saillir.
Elle étouffa alors un hoquet avant de partir dans un énorme éclat de rire.
La remarque fort peu diplomate de sa visiteuse fit aussitôt débander Jimmy qui s’empressa de se rhabiller avant de reprendre une posture professionnelle.
Alice reprit sa position initiale en essayant de maîtriser sa crise de rire puis, lorsqu’elle eut retrouvé son sérieux, elle s’adressa au praticien.
Chew fut pris d’une légère quinte de toux avant de répondre.
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Samedi 13 octobre. 7:30 pm. Londres. Baker Street. Domicile du couple Chew.
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Samedi 13 octobre 12:00 pm. Londres. Baker Street. Sous-sol du domicile du docteur Chew.
Les douze coups de minuit venaient de résonner à Westminster Abbey. Les rongeurs de laboratoire s’agitaient en tous sens, en proie à un stress surnaturel. À quelques mètres de leurs cages, le docteur Chew s’apprêtait à recouvrir l’intégralité de son corps nu de l’onguent nauséabond qu’il avait longuement et patiemment élaboré depuis qu’il avait rejoint son laboratoire enfoui au sous-sol de sa maison de Baker Street.
La douleur qu’éprouva le médecin en enduisant sa peau de la pommade dermatologique devint tellement insupportable qu’il s’évanouit avant même d’avoir recouvert toute la surface de son corps. Une petite zone située au niveau de son talon droit resta exposée à l’air ambiant.
Lorsque Mister Chew entrouvrit les yeux, plus d’une heure s’était écoulée depuis sa perte de conscience. Une migraine terrible lui vrillait le cerveau et malgré l’obscurité qui baignait la cave lugubre, il discernait parfaitement la transformation qui avait affecté son physique. Son système pileux était désormais aussi dru que la chevelure hirsute qui lui couvrait la tête. Un ignoble rictus barra le visage de l’homme lorsqu’il saisit à pleines mains le pieu turgescent plus long et épais que son avant-bras qui rebondissait contre son sternum. Une fois de plus, la mixture qu’il avait mis plusieurs années à mettre au point avait métamorphosé le fluet docteur Jimmy en un Yeti priapique et musculeux. Cette salope d’Alice Anciews allait bientôt regretter de s’être moquée de sa virilité tout comme l’avaient fait avant elle les deux pitoyables prostituées d’Europe de l’Est qu’il avait occises uniquement en les forçant avec son membre aussi dur et abrasif qu’une foreuse mécanique.
Pendant quelques minutes, Chew repensa aux circonstances qui avaient fait naître ce désir de vengeance que ses métamorphoses éphémères lui avaient donné la force et la rage de satisfaire.
La première prostituée qu’il avait trucidée avec un plaisir quasi sexuel avait cru judicieux, lors de leur première rencontre, de l’interrompre en pleine chevauchée alors que, perdu dans l’intimité bien trop large de sa partenaire, il s’évertuait à jouir sans succès.
La seconde avait eu l’outrecuidance de lâcher un petit rire en découvrant ses attributs lorsqu’il s’était dévêtu dans la piaule minable où elle effectuait son désolant commerce. Elle avait néanmoins laissé Chew introduire son organe ridicule dans son vagin cachant mal son exaspération après quelques dizaines minutes de coups de reins incapables de déclencher l’éjaculation de son client.
Mais quelques semaines après avoir loué leurs corps tentateurs au dermatologue, l’envie de rire des deux escortes leur était définitivement passée.
Toutes deux affairées à redonner un semblant de fraîcheur à leur principal outil de travail visité par le dernier micheton qui avait joui entre leurs cuisses, elles n’avaient même pas eu le loisir d’entrevoir la créature maléfique qui s’était introduite dans leur chambre.
Incapables d’émettre le moindre son, elles avaient subi, totalement paralysées, la colère du monstre hideux et velu dont le membre démesuré avait littéralement détruit leurs organes reproducteurs jusqu’à ce qu’il se répande en elle et mette fin à son ignoble agression en leur brisant le cou.
L’être démoniaque avait ensuite longuement dégusté leurs tétons puis leur clitoris sanguinolent qu’il avait fini par sectionner d’un coup d’incisive, avant de disparaître profitant de la quasi-invisibilité procurée par sa crème extraordinaire pour regagner son laboratoire en mâchouillant nonchalamment les appendices de chair arrachés à sa victime de la nuit.
Le souvenir de ces moments d’intense jouissance qui s’étaient soldés par l’élimination de deux putains indignes avait procuré à Mister Chew un sentiment de puissance inaltérable. Ivre de revanche, il avait longuement soupesé les pamplemousses, intégralement recouverts de poils durs et épais, qui ornaient désormais son entrejambe, imaginant avec délectation la dose de semence acide qui allait jaillir lorsqu’il forcerait la salope prétentieuse qui avait moqué sa virilité. N’y tenant plus, le monstre branla longuement, avec une rage animale, le pieu gigantesque et destructeur qui avait poussé entre ses cuisses. Le cri guttural qui sortit de sa bouche déformée lors de l’éjaculation libératrice fit détaler les rats des égouts au-delà des limites du quartier.
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Dimanche 14 octobre. 10:00 am. Londres. Baker Street.
Le docteur Chew avait profité du repos dominical pour dormir jusqu’à neuf heures. Il est vrai que sa nuit de sommeil avait été très courte. Il avait en effet rejoint son laboratoire à cinq heures du matin, alors que les effets de sa crème virilisante s’étaient fortement amenuisés. C’est le visage dépité et empli de désolation qu’il avait constaté une nouvelle fois, en refermant la porte de son antre derrière lui, que son pénis avait repris sa taille habituelle. Chew avait en outre pu vérifier en se masturbant peu après qu’en érection comme au repos, aucun effet permanent n’affectait le volume de ses attributs. Contrairement à son système pileux qui s’avérait un peu plus fourni après chacune de ses séances de crémage.
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Dimanche 14 octobre. 07:00 pm. Londres. Morgue de Saint Pancras.
La Surintendante Gladys Lestrade venait de rejoindre son ami John Marple, le légiste de service ce dimanche à la morgue centrale de Scotland Yard.
Marple connaissait Lestrade depuis plusieurs années et il appréciait la franchise et la décontraction de la femme qui tranchaient singulièrement avec celles de ses collègues masculins.
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jeudi 18 octobre. 09:00 am. Londres. Quartier général de Scotland Yard.
Faute d’éléments nouveaux, Lestrade avait demandé à une partie de son équipe de se focaliser sur les enregistrements produits dans les semaines précédant les meurtres par les caméras de vidéosurveillance situées aux alentours des appartements des deux premières victimes. Elle espérait que les images enregistrées pendant ces périodes allaient leur permettre d’identifier un individu unique présent à proximité des immeubles où les filles de l’est se livraient à la prostitution.
Car même si elle ne trouvait pas de cause satisfaisante au troisième crime, Gladys restait persuadée que le meurtrier était un ancien client des deux premières victimes qu’il avait décidé d’éliminer pour une raison que l’enquête allait peut-être déterminer un jour.
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Jeudi 18 octobre. 10:30 am. Londres. Quartier général de Scotland Yard.
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Vendredi 19 octobre. 08:30 am. Londres. Head quarters du Home office.
Le Butineur de Camden : Humain ou Alien ?
Le titre qui barrait la Une du Sun ne se perdait pas en conjectures inutiles. Le contenu de l’article imprimé dans le cadre situé sous le libellé racoleur avait été rédigé sans précaution superflue ou hypothèse contradictoire à partir des résultats d’analyses transmises à la rédaction du journal par Tinycock, le biologiste de l’institut royal. Comme tant d’autres, ce fonctionnaire sous-payé n’avait pu résister à l’attrait des livres sterling que le tabloïd savait distribuer sans parcimonie lorsque l’information obtenue en retour promettait de juteuses recettes.
Lawrence Rottenoyster s’approcha du ministre mais celui-ci le retint d’un geste de la main. L’eau de toilette du chef de cabinet l’indisposait. Le Home Secretary avait pourtant essayé à maintes reprises de faire passer le message à son conseiller mais celui-ci persistait à s’asperger de ce parfum nauséabond. Rottenoyster resta donc à distance respectable pour tenter d’expliquer à son ministre, totalement imperméable aux concepts scientifiques élémentaires, les raisons qui avaient amené les supputations hasardeuses du journaliste à figurer en première page du Sun.
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Vendredi 19 octobre. 02:00 pm. Londres. Quartier général de Scotland Yard.
Gladys Lestrade était sur le point de piquer du nez lorsque les coups discrets frappés à la porte de son bureau la firent sursauter. Un bref coup d’œil à l’horloge située sur le mur opposé lui indiqua qu’elle n’avait pas dormi depuis qu’elle s’était levée la veille peu après sept heures du matin.
Elle avait utilisé pratiquement tout ce temps à visionner jusqu’à l’écœurement les enregistrements des caméras de surveillance situées à proximité des lieux des trois meurtres horribles perpétrés par le Butineur de Camden.
Et ses yeux de lapin héroïnomane démontraient les méfaits de la consommation excessive d’écrans sur la physiologie humaine.
La policière invita l’inspecteur Sondick à entrer dans son repaire.
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Vendredi 19 octobre. 4:30 pm. Quartier général de Scotland Yard. Bureau de la Surintendante Lestrade.
Hilda Cuppertino, née à Buenos Aires le quatre avril 1989, installée à Londres clandestinement depuis plusieurs années, exerçait l’activité d’escorte à proximité de Camden town.
La prostituée argentine ne semblait pas ravie de se trouver au QG de Scotland Yard à cette heure, mais elle avait été rassurée lorsqu’elle avait compris que le but des policiers qui l’avaient conduite dans les lieux n’était lié ni à son activité d’escorte ni à son statut d’immigrée clandestine.
La Sud-américaine se plongea dans ses souvenirs :
Vendredi 19 octobre. 9:30 PM. Bureau de la Surintendante Lestrade. Quartier général de Scotland Yard
Le cœur de Gladys s’emballa d’un coup.
Les images de L’homme vêtu d’un jean et d’un sweat shirt laissaient peu de place au doute. Celui qui apparaissait sur la vidéo produite dans la rue perpendiculaire à celle où résidait la première victime était vraisemblablement le même que celui qu’on voyait sortir de l’immeuble où exerçait la seconde prostituée. Il ne portait pas les mêmes vêtements mais son allure générale et ses discrètes baskets noires confortaient l’impression qu’il s’agissait d’une seule et même personne. Malheureusement, si les informations fournies par Hilda avaient permis d’orienter les recherches de l’inspecteur, l’identification du suspect n’allait pas être aisée, car il apparaissait systématiquement coiffé d’une casquette dotée d’une large visière empêchant de voir les contours de son visage protégé derrière un masque chirurgical.
En visionnant les images fournies par les caméras du district, les policiers avaient pu retracer son parcours jusqu’au nord-est de Regent’s Park avant de perdre sa trace.
Forte de ces éléments, Gladys émit l’hypothèse qu’après ses visites aux prostituées, l’homme s’était empressé de regagner le parc royal en y entrant à proximité de East Gate. Une fois à l’abri dans le grand jardin dépourvu de caméras, il avait eu tout loisir de se débarrasser de sa casquette et de son masque avant de ressortir par un des nombreux accès situés dans un secteur plus ou moins éloigné de son point d’entrée.
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Dimanche 21 octobre. 4:30 pm. Londres. Baker Street
Le docteur Chew se sentait fébrile. Il venait pourtant de terminer sa tasse de thé tout en dégustant un des délicieux brownies préparés par Margaret sans que celle-ci ait pu remarquer jusqu’alors le moindre signe de préoccupation chez son conjoint.
Mais Jimmy avait pourtant une bonne raison de se montrer nerveux.
Pour la première fois, depuis qu’il avait commencé à expérimenter ses préparations, il ne parvenait pas à se souvenir de son emploi du temps lors des quelques heures passées dans la nuit londonienne après qu’il eut quitté son laboratoire la veille peu avant minuit, ce dont il n’était même pas certain.
Avait-il simplement erré tel un monstre hideux et invisible dans les rues désertes et brumeuses de la ville. Ou bien avait-il agressé une nouvelle victime dont le seul tort avait été de croiser sa route ?
Ces quelques heures étaient un véritable trou noir, que le dermatologue ne parvenait pas à évacuer de son esprit torturé.
Jimmy se mit à transpirer abondamment et la stupeur soudaine apparue sur le visage de son épouse le conforta dans son impression qu’une transformation incontrôlable était en train de modifier son aspect physique.
En proie à une terrible panique, il se leva d’un bond et se rua au sous-sol pour se réfugier dans son laboratoire où il fut accueilli par les plaintes macabres des cobayes terrorisés.
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Mercredi 24 octobre. 6:30 pm. Londres. Sud de Regent’s Park.
Comme il avait pris l’habitude de le faire tous les soirs depuis le début de la semaine, Harry Sondick s’était rendu à cinq heures trente dans un pub situé à proximité d’une des entrées sud du parc royal. Lorsque le constable Watson en charge des écoutes téléphoniques l’avait appelé pour lui apprendre que l’abonnement prépayé du Butineur avait borné dans le grand jardin, il avait immédiatement quitté l’ambiance bruyante et animée du débit de boissons pour se précipiter vers l’accès à Regent’s Park le plus proche.
Son portable connecté à ses écouteurs Bluetooth, Harry pouvait ainsi communiquer avec Watson qui le guidait vers sa cible en suivant simultanément sur l’écran de son bureau les points qui matérialisaient la position de son téléphone et celle de l’individu le plus recherché du royaume.
La nuit tombante n’aidait pas vraiment Sondick mais l’inspecteur finit néanmoins par repérer un type vêtu d’une casquette, le bas du visage couvert d’un masque chirurgical.
Même s’il était relativement grand, Harry constata que l’homme n’avait rien d’un athlète. Le policier supposa donc qu’il prendrait peu de risques à tenter de l’interpeller avant l’arrivée des bobbies dépêchés par le commissariat du quartier.
L’individu masqué se raidit d’un coup, avant de répondre d’une voix crispée à l’apostrophe de Sondick.
Harry s’approcha lentement du suspect. D’un geste calculé, il sortit sa carte de police de sa poche.
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Mercredi 24 octobre. 7:45 PM. Quartier général de Scotland Yard. Salle d’interrogatoire.
Sous les yeux de l’inspecteur Sondick adossé au mur de la pièce austère et blafarde, la Surintendante Gladys Lestrade se trouvait assise en face au docteur Jimmy Chew, l’un des dermatologues les plus réputés de tout le Royaume-Uni.
Le médecin recroquevillé sur la chaise inconfortable semblait plutôt mal à l’aise malgré la présence à ses côtés de Peter Edalji, un des avocats vedettes du barreau londonien.
Avant que Lestrade pose une nouvelle question, Sondick fut appelé à l’extérieur. De retour quelques instants plus tard, il alla chuchoter à l’oreille de la surintendante, pour lui transmettre les informations qu’il venait d’obtenir.
Gladys remercia Harry d’un geste avant de s’adresser de nouveau au suspect.
L’avocat qui était resté silencieux depuis le début de l’interrogatoire prit la parole et demanda à s’entretenir en privé avec le dermatologue.
Les policiers quittèrent la salle peu après laissant Chew en tête à tête avec son défenseur.
Un horrible rictus venait de déformer le visage de Chew et un sentiment de terreur indescriptible s’empara de maître Edjali lorsqu’il constata avec effarement le changement physique qui était en train de s’opérer chez son client.
Ses muscles prirent soudainement du volume tout comme sa carrure qui transforma le frêle médecin en un horrible colosse dont les luxueux vêtements ajustés furent littéralement réduits en lambeaux sous la pression exercée. À la manière d’un porc-épic, la peau de Chew se couvrait de poils épais aussi dangereux que des aiguilles tandis qu’un cep monstrueux orné de deux noix de coco obscènes émergeait peu à peu au niveau de son entrejambe.
Un hurlement dément secoua la pièce forçant les policiers à revenir en trombe dans les lieux. Mais il était déjà trop tard pour l’avocat. Sa tête reposait comiquement sur son épaule droite à peine maintenue par la peau du cou, ses vertèbres cervicales ayant été brisées par la folie dévastatrice du Butineur.
D’un mouvement plein de colère, le Butineur arracha la robe de Gladys lui lacérant le torse de ses poils acérés.
La policière crut sa dernière heure arrivée, se résignant à devenir la dernière victime en date du tueur, qui pendant près de deux mois, s’était joué des limiers et des experts scientifiques de Scotland Yard.
Mais c’était compter sans Sondick qui avait profité du désordre provoqué par la mutation surnaturelle du docteur Chew pour sortir le sabre Tantô qui ne le quittait jamais. D’un geste précis, l’inspecteur sectionna à la base le sexe monstrueux et menaçant du Butineur.
Un flot de sang noir jaillit par saccades aspergeant copieusement la Surintendante Gladys Lestrade qui poussa un cri d’effroi lorsque le monstre chancelant la fixa du regard. D’un geste inhumain, Celui-ci projeta Sondick contre le mur. Puis il se rua les bras levés vers la policière, déterminé à mettre un terme définitif à sa carrière.
Prise au piège dans la salle d’interrogatoire, Gladys fit de son mieux pour échapper à la créature toujours vivace malgré la plaie affreuse qui la vidait de son sang. La policière pressentait que les mains ignobles du tueur n’allaient pas tarder à enserrer sa gorge pour l’écraser comme une crêpe. Dans un ultime défi, elle se retourna pour faire face à son agresseur. Au moment exact où Sondick rassembla l’énergie qui lui restait pour empoigner son mini-sabre japonais et décapiter le monstre dans un mouvement parfaitement ajusté.
Enfin mis hors d’état de nuire, le Butineur de Camden tituba quelques secondes avant de s’écrouler pour l’éternité.