| n° 22393 | Fiche technique | 16253 caractères | 16253 2780 Temps de lecture estimé : 12 mn |
24/04/24 |
Résumé: Un photographe animalier surprend par hasard l’intimité d’une jeune fille habitant dans une maison en face de la sienne. Le tatouage en forme de papillon qu’elle porte sur l’épaule devient une obsession. | ||||
Critères: fh hplusag amour fsoumise hdomine voir photofilm préservati -voyeur | ||||
| Auteur : mathou810 Envoi mini-message | ||||
Ce récit est la version masculine de « Dominique », de Carla.moore, publié avec son aimable accord.
Il y a des femmes dont le souvenir persiste profondément, et ce, de façon très charnelle. Carla est l’une d’entre elles, probablement à cause de sa pudeur, mais surtout de sa très grande liberté.
Je suis photographe animalier depuis vingt-cinq ans déjà. J’ai parcouru la terre entière à la recherche d’espèces uniques, mais j’ai surtout passé énormément de temps dans la forêt voisine. J’habite dans une grande ville, le long d’un grand parc central vallonné. Suite à une infection attrapée en Amazonie, j’ai une série d’examens réguliers à passer qui me cloue dans mon appartement. Celui-ci est situé au cinquième et me permet d’avoir une vue imprenable sur les bouleaux et les chênes qui encerclent un étang où passent de nombreux oiseaux : poules d’eau, canards, et parfois même un héron. J’habite seul et j’ai installé une longue-vue pour naviguer de branche en branche à la recherche de cette vie foisonnante qui accompagne la fin de l’été. Mon appareil est toujours à mes côtés, prêt à saisir, la moindre curiosité.
J’aime suivre le cycle des saisons qui modifie à la fois les lumières et les mœurs. En ce mois de septembre, alors que les feuilles rougeoient et que les animaux se préparent à l’hiver, je guette parfois les humains qui déambulent dans la rue ou qui s’installent à la fenêtre. Ce soir, il y a justement cette jeune fille qui arrose ses plantes. Elle habite au quatrième et se sent assez à l’abri pour se mettre à l’aise. Elle a un studio d’étudiante, caractéristique, avec un canapé-lit, une petite table et une kitchenette, et surtout cette vue à l’exact opposé de la mienne. Elle ne porte qu’un tee-shirt, et ses jambes fines et nues, alors qu’elle se tend sur la pointe des pieds pour arroser une fougère posée en hauteur, sont un plaisir simple que vient sublimer le couchant. Je l’observe alors qu’elle déambule. Elle a l’air joyeuse. Probablement découvre-t-elle pour la première fois les joies de vivre en autonomie et en toute liberté ? Elle met un peu de musique, et la voilà qui danse en chantonnant. Je sors mon appareil et prends quelques clichés. Mon téléobjectif permet de regarder le détail de ses genoux qui balancent sur un rythme entraînant. Je ne peux pas entendre, mais c’est certainement une musique qui prend au ventre, car son bassin ondule délicieusement. J’ai bien de la chance, et le vague sentiment de culpabilité qui tente de faire son chemin jusqu’à ma conscience est balayé par ce moment de pure fraîcheur.
Au bout d’un moment, elle retire son tee-shirt pour se diriger tranquillement vers la douche. La pointe de ses seins fermes, fièrement dressés, laisse bientôt place à de jolies fesses que souligne une culotte de coton noir. Je remarque soudain un papillon tatoué qui se détache sur son épaule droite, balayée par sa fine chevelure blonde. J’ai juste le temps d’appuyer sur le déclencheur et le voilà qui a disparu. Intrigué par ma capture, je m’installe devant mon écran à haute résolution pour tâcher d’en savoir plus. Le tatouage est de très bonne facture, extrêmement réaliste. Je me précipite sur un de mes nombreux livres d’entomologie pour en retrouver l’espèce. Je finis par reconnaître un Charaxes jasius, que l’on appelle plus communément Nymphale de l’arbousier, ou encore Pacha à deux queues. Voilà donc que ma jeune inconnue aspire probablement à prendre son envol et s’émerveiller des nouveautés qu’offre le monde. Ce tatouage, cette danse, et la douce chaleur qui s’installe alors que vient la nuit m’ont mis en appétit. Je dîne en repensant à ma propre jeunesse. Je sors boire un verre, mais quand je rentre, le lépidoptère virevolte toujours dans un coin de ma tête, y compris quand je me déshabille et m’installe sur mon lit où je me caresse avant de m’endormir.
Pendant quelques jours, je guette ma nouvelle voisine qui rentre souvent aux mêmes heures, et je découvre sa routine. En zoomant sur son courrier, j’apprends qu’elle s’appelle Carla. Elle aime se balader nue. Elle a une collection de conserves qu’elle mange souvent debout, agrémentant parfois ce repas délicat, d’une tomate ou d’une salade, mais aussi parfois de pâtes. Elle aime rêvasser à la fenêtre et c’est un vrai plaisir que de l’observer. Aujourd’hui, elle cuisine pour de vrai. Elle reçoit sûrement du monde. Voilà que le trouble-fête se présente une demi-heure plus tard. Ils s’embrassent copieusement avant de manger en discutant. Ils se touchent sans arrêt et je me surprends à ressentir une légère pointe de jalousie. Il s’installe sur le canapé et elle vient le rejoindre après avoir entrebâillé les volets. Je ne vois qu’une petite partie de la scène, mais je devine qu’elle le déshabille et qu’ils vont faire l’amour. Curieusement, ce moment d’intimité ne me procure aucun plaisir et j’ai soudain honte de mon intrusion dans leur vie privée. Je me sens pathétique d’être là à les regarder alors que je devrais plutôt être en train de lui faire la cour… Ma honte m’entraîne à boire et mon ivresse m’inspire un mot d’excuse que j’adresse à Carla, en lui demandant la permission de continuer à l’observer. Je signe avec mon prénom et mon numéro de téléphone. C’est absolument absurde, mais ça me défoule. Sur un coup de tête, je glisse le mot dans une enveloppe que je poste dans la foulée afin d’être sûr de ne pas pouvoir faire marche arrière une fois que j’aurai retrouvé la raison. Le lendemain, je me réveille en effet avec ce sentiment de fierté embarrassée qui accompagne la certitude d’avoir fait une énorme bêtise. Le pire c’est que je ne peux pas m’empêcher de m’imaginer que mon petit mot va peut-être l’émoustiller.
Le lendemain soir, je guette son arrivée et j’aperçois l’enveloppe qu’elle pose sur la table. Je la vois se raidir en la lisant et mes illusions s’évanouissent lorsqu’elle se dirige vers la fenêtre pour scruter le parc. Elle a l’air furieuse et je me cache avant de me rappeler qu’elle ne pourrait jamais me voir à cette distance, à contre-jour. Elle ferme la fenêtre et je me mets à rougir de ma stupidité. Non, mais qu’est-ce que j’espérais ? Qu’elle me fasse un strip-tease ? J’ai préféré sortir pour me changer les idées, mais je n’en mène pas large. Les jours suivants, les volets restent fermés ou mi-clos et j’ai vraiment l’impression d’avoir gâché quelque chose. Pour en finir avec cet épisode fâcheux, et aussi pour tenter de réparer un peu les dégâts, j’envoie un deuxième mot, m’excusant platement, promettant de ne plus l’observer. Puis je pars pour quelques semaines en reportage dans le sud, où je ne peux m’empêcher de photographier des papillons. Alors que je me plonge dans le travail, j’ai la surprise d’avoir le coup de téléphone d’un numéro inconnu :
Bonjour, c’est Carla…
On échange très brièvement et c’est une vraie décharge de soulagement. On ne s’est pas dit grand-chose, mais j’ai enfin le sentiment qu’elle a compris ma démarche. Je travaille furieusement pendant quelques jours afin de capturer les moments de liberté que m’offrent ces fleurs qui bougent, comme le chante si bien Anne Sylvestre. Je me suis encore excusé par SMS, tout en lui jurant ne pas avoir photographié son papillon, aussi, je dois me résoudre à effacer toute trace de mon péché originel. Lorsque je rentre, j’ai tout ce qu’il me faut pour une petite expo, et je contacte une de mes amies galeristes qui organise un événement pour marquer le début de l’automne. Étrangement, Carla a connaissance de l’exposition et m’appelle pour confirmer que j’en suis bien l’auteur. Je suis bien satisfait de la savoir à son tour observatrice de mon univers, puis je n’y pense plus jusqu’à ce qu’elle m’appelle une troisième fois :
Allo, c’est Carla ! Je voudrais vous laisser photographier mon tatouage.
J’ai l’impression de l’entendre rougir, tant son souffle est court. Mon ego connaît parfois de grands abattements, mais il a cette faculté de se regonfler à bloc à la moindre perche tendue. Et ceci n’est pas une perche, mais une échelle à corde qu’on jetterait à un naufragé. Je m’empresse de la gravir, en endossant mon costume fait de détachement et d’amusement distrait alors que je lui propose de photographier son trésor pendant que nous parlons au téléphone. Je marche sur des œufs, car je tiens surtout à conserver sa confiance. Je l’emmène le plus doucement possible à se dévoiler sans avoir à s’exposer. Évidemment, le résultat est décevant et j’ai beau triturer les quelques photos que j’ai gardées, je ne parviens pas à retrouver la grâce et la spontanéité de mon premier cliché. Je lui propose un rendez-vous professionnel, car j’ai maintenant la certitude que la seule façon d’avoir une bonne photo est de nous mettre en présence l’un de l’autre. Il faut que sa pudeur s’expose à mon regard direct, pour que ce papillon lui brûle la peau et se déploie au mieux.
Lorsqu’elle sonne chez moi, car bien sûr elle a accepté ma proposition, tout est prêt pour une séance. Mon appareil en bandoulière, je l’invite à pénétrer mon territoire.
Je ne fais que très peu de photos d’humains, aussi, je me concentre sur son papillon. Je ne peux m’empêcher de noter qu’elle s’est habillée pour me séduire. Elle semble tout de même très intimidée et je vois moins la femme, ivre de liberté qui danse dans son salon, qu’une jeune fille qui peine à contenir l’émoi qui la submerge. Très concentré, je m’approche et tente de la préparer au mieux à l’abandon. Je la veux aux aguets : à mi-chemin entre la confiance et l’envie soudaine de s’enfuir en courant. Je la mets à l’aise, tout en faisant monter une certaine tension.
La voilà qui devient farouche, saisissant pleinement la signification de chaque geste. On sent le conflit entre la crainte de s’offrir au regard d’un inconnu, et le plaisir d’oser répondre à son défi. Je peux voir la chair de poule gagner son épaule. J’imagine ses seins pointer alors que résonne le bruit du déclencheur, dans un silence de plomb. Nous nous sommes immobilisés tous les deux pour laisser le papillon exprimer toute sa splendeur. Et le voici qui semble soudain s’animer sur l’épaule de Carla qui ne respire presque plus. Je dégage une mèche de cheveux et les couleurs de son tatouage prennent vie.
« Clic »
Voilà que je la mitraille sous plusieurs angles, mais je sais déjà que ce clic-là va donner la photo que je vais vouloir conserver. Nous regardons les clichés et le métier me rattrape alors qu’elle est ailleurs. Lorsque je la regarde qui me fait face alors qu’elle ne s’est toujours pas rhabillée, j’ai l’impression de voir la braise qui couve dans son ventre et je la désire subitement, très violemment.
On ne peut jamais vraiment savoir ce que pense quelqu’un, pourtant, à cet instant, nous sommes deux livres ouverts et il est évident que nous finirons par nous faire l’amour. Mais pas aujourd’hui, il ne faut surtout pas gâcher ce moment parfait.
Je la raccompagne un peu brutalement jusqu’à la porte, mais devant sa déception, je l’invite à me rappeler le jour où elle souhaite que je lui fasse l’amour. Et ce n’est pas peu fier que je la vois rosir, le regard brûlant, avant qu’elle ne me tourne un peu trop vivement le dos. Je m’attends à ce qu’elle me rappelle, mais quelques jours passent sans aucun message. L’inquiétude me gagne. J’ai promis de ne plus la contacter, aussi je sors tous les soirs pour ne pas y penser, et le samedi suivant, une semaine tout juste après notre séance, voilà que mon téléphone sonne. C’est Carla qui m’annonce qu’elle est prête. Je sens dans sa voix une détermination et une envie qui me font comprendre qu’elle a mûrement réfléchi avant de prendre sa décision. Je décide néanmoins de la pousser dans ses derniers retranchements, en lui demandant un abandon absolu, lui laissant juste l’opportunité de tout arrêter quand elle le souhaite. Je désire avoir le contrôle sur notre rencontre et je tiens à sa parfaite soumission. Elle a probablement vacillé, mais il ne lui a fallu qu’une demi-heure pour rejoindre mon appartement. Elle franchit la porte sans hésitation, le regard brillant, mais qui soutient le mien. Elle accepte mes lèvres qui vont à sa rencontre.
Je lui fais enregistrer son consentement, puis je la regarde. Elle n’a pas peur. Elle est immobile. Si ses joues sont en feu, et son regard humide, son corps rayonne de calme et d’apaisement. Je la déshabille du regard et m’approche. Je souhaite m’imprégner de cette fougue, ce désir latent que je perçois sur ses lèvres gorgées de sang. Sa poitrine semble en érection. Je ressens une réelle gratitude pour la sincérité de son abandon. Alors j’approche mon index, que je glisse sur ses lèvres sèches. Puis je l’enfourne et me retrouve au contact de sa langue chaude et accueillante. J’effectue de longs va-et-vient dans sa bouche pour l’habituer à mon intrusion. Mon geste est délibérément très sexuel et elle se laisse envahir sans broncher. Je m’approche encore et viens respirer l’odeur de son visage. Est-ce que le désir a une odeur ? Son corps émane fortement, comme si elle me permettait de découvrir le secret le plus intime de sa féminité. On ne peut pas mentir sur son odeur, on peut seulement l’atténuer. Je suis assailli de messages olfactifs encourageants, et je viens respirer son cou. Je repousse une mèche derrière son oreille pour capturer un peu plus encore son parfum. Je la saisis par le menton et l’embrasse langoureusement avant de l’emmener jusqu’à ma chambre où elle me suit docilement. Assis sur le rebord du lit, je la fais venir à moi en l’installant debout, entre mes cuisses. Je l’aide à dégrafer sa jupe qui tombe à ses pieds. J’ai enfin accès à l’odeur de son sexe que je viens humer à travers sa culotte. Elle sent fort et je viens lécher le tissu qui me sépare de ses lèvres, et mélanger ma salive à ses sécrétions. La voilà trempée. Je la regarde, et elle comprend que je veux qu’elle retire cette dernière barrière. Voilà que ses doigts étirent l’étoffe qui glisse le long de ses jambes jusqu’à rejoindre sa jupe. C’est elle le papillon, c’est pourtant moi qui butine. Je plonge ma langue dans sa chatte avec la ferveur d’un affamé. Je la suce avec beaucoup d’amour, en lui effleurant les fesses. Son souffle se fait un peu plus court. Je glisse un doigt, puis deux, crochetant le long de son clitoris pour le masser de l’intérieur. Je la branle comme je l’ai fait avec sa bouche et m’active jusqu’à ce que je la sente jouir silencieusement. Elle s’effondre sur le lit en se retenant à mon épaule. Je finis de la déshabiller et la voici nue, les seins gonflés, ce qui ravive mon désir de la prendre. Je me déshabille alors qu’elle récupère, et lui présente mon sexe et un préservatif. Elle retient celui-ci du bout des lèvres pendant que je m’enfonce dans sa bouche et qu’il se déroule sur moi. Je la retourne sur le ventre, et viens me positionner contre elle. Je glisse son sexe dans le sien, tout en plaquant mon ventre sur son dos. Mes mains appuyant sur son corps, je la possède, en me cambrant. De temps à autre, je viens mordiller sa nuque et embrasser ce papillon qui a tout déclenché. Nous sommes en phase et je jouis en même temps qu’elle, le nez plongé dans ses cheveux blonds.
Post-coïtum, animal triste, dit-on. Et c’est exactement ce que je ressens. Je suis sorti de cet état de transe magnifique et j’ai simplement honte de regarder cette jeune femme, qui s’étire devant moi. Je suis redevenu ce quarantenaire célibataire, collectionneur de moments, où l’animal reprend le dessus sur la nature humaine.
Elle enfile ses vêtements rapidement alors que je retourne en moi-même. Elle quitte la pièce, puis l’appartement en quelques instants.
Un claquement de porte, et déjà elle me manque.
Déjà, j’attends son prochain appel.