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n° 22339Fiche technique9366 caractères9366
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Temps de lecture estimé : 7 mn
22/03/24
Résumé:  Jeu de séduction et joutes verbales
Critères:  telnet amour cérébral nonéro exercice humour
Auteur : Pitziputz      Envoi mini-message
Chacun fait ce qui lui plaît

Cinq heures du mat, Jane a des frissons. Elle baisse la clim, enfile un long caleçon.

Seule sur son lit dans des draps bleus froissés, c’est l’insomnie, sommeil cassé.

Elle fait la crêpe et se prend la tête et…

Stop ! Ce n’est pas l’heure de se lever : elle doit se relaxer.

Elle ramasse sa tablette tombée à ses pieds, se cale dans ses oreillers et clique sur l’onglet.

« Vous avez un nouveau message de Lepsicopère ». Quel pseudo sévère. Pas de photo. Elle l’imagine comme un grand coléoptère et lit le « Psycho-père »; c’est un peu inquiétant mais aussi intrigant.



Elle attend. Quelle réponse peut-elle espérer à ces petites heures de la journée. Sa patience est pourtant vite récompensée. Trois petits points ondulent en pleine activité. Un matinal, c’est sans doute un signal.



Elle tue instantanément cet embryon de déception.


Sept heures du soir, elle a un frisson. Elle se sert un verre et monte le son.

Seule sur son sofa aux coussins bleus fanés, elle se déhanche, faut pas qu’elle flanche.

« Tinggg » fait sa tablette quand elle lui livre un message, ses lèvres s’entrouvrent et illuminent son visage.

Merde, c’est Henri23, le gars qui aime aller au cinéma.



Ah, le con ! Faudra qu’elle trouve une façon de lui dire non.



Elle regarde le plafond et prend une grande inspiration.

Jane allait répliquer, vrai de vrai c’est promis, elle a du cœur au fond cette souris quand un point vert s’est allumé sous le nom Lepsicopère.

Deux minutes, est-ce assez pour ne pas paraître comme une affamée ?



C’est un prénom barbant, Gaëtan, ce doit être du fait de la mère, pas de lepsicopère.



Minuit, elle éteint son ordi.

Elle se traîne au lit.

Clac, fait le verre en tombant sur le lino, le dernier ginto était vraiment celui de trop. Elle s’affaire et se désespère… elle va avoir du mal à se défaire de ce psycho-père.

Dans ses draps toujours bleus et pas encore froissés, elle pirouette et perd la tête. Elle prend une dernière fois sa tablette. Pas de message, tout est éteint.


Elle écrit : « Bonne nuit ».


Le matin, rien !

Elle fulmine : « Il me prend pour qui cette vermine ? Il m’a posé un lapin, comme à une vulgaire catin. C’est fini, ces conneries, je me désinscris ».

Mais elle est en retard et doit partir en fanfare. Elle lira plus tard les conditions générales, sur ces sites c’est toujours très spécial.


Cinq heures de l’aprèm, Jane n’a plus de frissons. Elle est crevée et sans illusions.

Seule sur son lit qu’elle n’a pas refait, elle hésite encore.



Cinq heures du mat, deux semaines plus tard. Jane bavarde avec Gérard, un insomniaque notoire.

Tinggg fait sa tablette en lui livrant un texto, c’est Lepsicopère qui revient. Le salaud !



Elle temporise, c’est pathétique.



Comment lire le message de Psico incognito ?

Oh et puis après tout…



C’est laconique.



Il s’excuse, c’est un début. L’explication a intérêt à être en béton.



Jane se précipite. Quatre photos prises à la va-vite, sans fard et sans pudeur, l’homme dans toute sa laideur.



Pour qui la prend-il, une frivole imbécile ? L’esprit est si séduisant mais pour le lit, pas si évident. Elle comprend cependant qu’il a montré le pire, délibérément.


Une heure du mat, Jane a des frissons. Elle pose sa tasse sur la table du salon.

Seule dans ses draps bleus bien frais, elle plonge rêveuse dans les bras de Morphée.



Lepsicopère est bien un psycho-père.



Ils se sont quittés sur un « bonne nuit ». Il avait ajouté un « je te rejoindrais bien », elle avait répondu par un emoji.


Deux heures plus tard elle a des frissons, elle s’agite de fatigue et de frustration.

Seule dans ses draps bleus froissés, elle glisse enfin dans un sommeil agité.

Elle entend des pas, rêve qu’il est là.

Jane se concentre pour ne pas se réveiller. Ce rêve, elle ne veut pas le quitter. Elle veut le déguster jusqu’à la dernière goutte, jusqu’à la dernière bouchée.

Sans bouger, elle sent des doigts furtivement remonter le long de sa colonne, délicatement. Elle frissonne.

Comment sait-il si bien ce qui lui plaît ? Normal, elle rêve et tout est permis. Elle cherche ses lèvres et le touche lui aussi. Elle le caresse tout doucement, tout en finesse. Les grands garçons aiment infiniment la tendresse.

Son corps puissant l’enveloppe et la développe. Il la pilote.

Sa langue dans son intimité, tout près du cœur de sa féminité.

Il la titille dans ce petit coin, sur ce petit point.

Du bout de sa langue, ferme, il accélère, s’arrête, reprend, décélère… Quel enfer !

Il effleure ses seins de sa main et il l’apprivoise jusqu’au sommet de l’extase.

Elle ne veut plus dormir, elle ne veut plus rêver. Elle aussi veut l’accueillir et le câliner. Elle le veut dans ses bras, elle le veut dans ses yeux. Elle le veut !

Et puis, elle le veut au fond là-bas, tout en bas.

Jane, passionnée, s’abandonne à cette volupté.



Elle le regarde et le trouve plus beau que sur ses photos.