| n° 22253 | Fiche technique | 33033 caractères | 33033 5559 Temps de lecture estimé : 23 mn |
27/01/24 |
Résumé: La suite des aventures de la magicienne Armide et de l’âme de l’auteur de ses aventures, sauvée des griffes de la Mort et entraîné malgré lui dans l’univers imaginaire qu’il avait créé. | ||||
Critères: #merveilleux #sorcellerie ff frousses 69 | ||||
| Auteur : Slaanesh Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Rouge Chapitre 03 / 04 | Fin provisoire |
Résumé des épisodes précédents :
Un auteur, une rencontre, une mutinerie de personnages refusant la fin de leurs aventures.
Notes de l’auteur :
Rouge… une histoire qui m’en aura fait voir de toutes les couleurs, et c’est peu dire ! Et voilà le troisième chapitre d’une histoire abracadabrante qui se voulait un one-shot, un simple petit texte sans prétention avec du mystère, une rencontre, un instant suspendu d’éternité entre deux êtres… avec un brin de romance et de provocation, mais très soft. Et puis… le kidnapping, la séquestration d’un auteur par ses propres personnages, une certaine magicienne habillée de rouge en tête.
Une mutinerie fantasmagorique pour continuer l’aventure ; le refus catégorique de mes personnages que cela s’arrête là où je l’avais décidé (pour ceux qui se demande de quoi je parle, voir le deuxième chapitre de Rouge, les autres savent.).
Vous l’aurez donc deviné pour ceux qui connaissent l’histoire, Armide a remis ça… bien entendu ! Bon, je ne vais pas vous spoiler et je vais vous laisser découvrir la suite de l’aventure…mais soyez prévenus pauvres fous et folles, il se peut que vous n’en reveniez pas indemnes, car ma truculente et fantastique magicienne n’a pas seulement exigé une suite, en m’obligeant à utiliser mon talent pour continuer ses aventures… non, elle a carrément réécrit l’histoire à sa guise, en ne me laissant d’autre choix que celui d’assister à ses frasques (et accessoirement d’y participer… d’une certaine manière…).
Mais, trêves de disgressions, je vous laisse seuls.es juges des lignes qui suivent. ( PS : Si quelqu’un pouvait au passage venir me délivrer des griffes de cette fichue magicienne… je suis enfermé au deuxième étage d’un immeuble au numéro soixante-neuf de la rue… hhhhoooooo Armide !!! Déjà de retour ? Si j’ai avancé dans l’écriture du dernier chapitre ? Heuu vi vi vi… tu as ? D’autres idées à y intégrer ? Bin vi tu sais que je ne peux rien te refuser… Si ? Je me sens en forme ? Sexuellement parlant ? Ha, tu sais que je bande dès que je te vois… là, tout de suite maintenant ? A poil ? bon bin ok… (PLEASE HELP ME … MAYDAY, MAYDAY, MAYDAY, elle m’épuise, m’essore, me vide littéralement de ma sève…)
…La blessure est mortelle ! Elle le sait tout autant que moi. Les larmes de colère et de désespoir coulent librement, en flots continus, sur mes joues couvertes de la poussière du combat. Elles y forment des trainées humides, laissant la peau couleur bronze visible et luisante, sous la fine couche de saleté plus claire.
Ses yeux noisette pailletés d’or m’observent intensément… son regard profond, teinté de douleur et de tendresse, malgré ce funeste instant, me transperce. Pas seulement cette enveloppe charnelle d’emprunt, revêtue dans la plus totale confusion et le chaos le plus indescriptible. Elle ne fixe pas que ce corps musculeux de mercenaire, de chef de bande impitoyable qu’ont tenté d’assassiner certains de ses lieutenants les plus proches. Non, ses yeux magnifiques et envoûtants sont braqués sur moi, MOI, l’âme en peine, errante, fatiguée de la vie et de la souffrance, coincée dans ce corps qui n’est pas le sien et à laquelle elle a su redonner goût à la vie et à Elle.
Et voilà qu’ELLE m’est arrachée, à nouveau… Elle m’est encore une fois enlevée par la faute d’un autre, par la lâcheté crasse d’hommes incapables d’ignorer leurs plus bas instincts. Je hurle ma colère et ma frustration aux cieux impassibles, qui se moquent bien de l’intensité de ma douleur et de mon ire.
Pas encore… pas ici… pas dans ce monde où j’avais une nouvelle chance d’être heureux… Pas Elle, pas Armide !!!
Mes yeux, embués de larmes, ne quittent pas les siens, tandis que je sens la vie la quitter petit à petit.
Elle pose une main encore chaude de la magie déchainée, il y a quelques instants à peine contre nos adversaires, et rouge de son sang à elle ; sur ma joue crasseuse et humide, des larmes que je n’essaie même pas de retenir. Ses fines lèvres, qui pâlissent à mesure que la vie la quitte, s’entrouvrent légèrement pour laisser s’échapper un mince filet de voix teinté de douleur et de tendresse.
Sa voix est si faible, sa respiration si laborieuse… les mots, les mots ne sont qu’un souffle ténu, fragile, qui s’échappe péniblement de ses lèvres. Un filet de sang s’écoule à la commissure de celles-ci.
Ses yeux se ferment et la panique me submerge que tout soit finit, qu’elle ne soit plus, alors que j’ai tant besoin d’elle. Je ne pourrais vivre à nouveau sans sa présence, que ce soit dans ce monde imaginaire et pourtant ô combien bien réel, ou dans celui d’où je viens. Je sens encore malgré tout, un infime souffle de vie s’échapper de ses lèvres. Son pouls est faible, très faible ; trop faible. Mais le désespoir qui m’envahit et menace de me submerger me donne paradoxalement la force de ne pas rester tétanisé.
Je la prends dans mes bras, des bras puissants et musclés, bronzés par le soleil implacable de ce monde et la chaleur de moult pays traversés. Des bras très différents de ceux de mon premier corps. Des bras et des mains habitués à donner la mort, à manier l’épée et la hache, à affronter les ennemis désignés par celui qui les emploie et les paie grassement le prix du sang et de la mort. Des mains de mercenaires, impitoyables, puissantes et tâchées du sang d’innombrables victimes. Des mains qui ont semé carnage et destruction ; qui ont donné la mort à des elfes, à des gobelins, à des hommes-lézards et même à un dragon. Je le sais car j’ai accès aux sombres et sanglants souvenirs de celui dont j’habite le corps désormais. Et pourtant, le sang qui les recouvre en cet instant, celui de ma magicienne, ne coule pas à causes de ces mains. Et c’est bien la première fois si j’en crois ces souvenirs.
Le sang d’Armide continue de couler, malgré la compresse de fortune que j’ai appliquée sur la blessure, pour endiguer l’hémorragie. Il imbibe la tunique azur et sinople d’une tache écarlate écœurante, qui s’agrandit peu à peu… trop vite à mon goût, bien trop vite.
Je me dirige vers le nord, comme elle me l’a indiqué avant de sombrer dans les ténèbres de l’inconscience. J’ai l’esprit vide, le cœur vide, l’âme vide. Malgré toutes les choses incroyables et fabuleuses que j’ai vu dans ce monde, pourtant né de mon imagination ; malgré les prodiges que j’ai pu y observer, l’existence de créatures merveilleuses, la magie, les sorcières, les trolls, les châteaux volants, les géants des glaces… Je sais que la mort reste la mort, quelle que soit la strate du Multivers où l’on se trouve. Et Armide a perdu trop de sang pour qu’il en soit autrement, comme Tamara, lors de l’accident de voiture.
C’est étrange que ce soit en cet instant, alors que tout s’écroule à nouveau autour de moi, alors que je perds à nouveau l’amour de ma vie lors d’un acte de violence et de mort brutale ; alors que je sens que je ne suis qu’à deux doigts de sombrer définitivement dans la folie la plus abjecte ; c’est à cet instant que j’arrive à prononcer Son prénom, et à le faire sans m’écrouler de douleur et terrassé de chagrin.
Tamara, ô ma Tamara, si tu savais à quel point ma vie est devenue vide sans toi et comme tu me manque. M’en veux-tu ô mon amour perdu, de ne pas avoir été capable de prononcer ton prénom pendant si longtemps ? Pardonne-moi je t’en supplie, la douleur était trop grande. Qu’aurais-tu pensé de toute cette aventure, si je l’avais écrite ? Comment aurais-tu pris le fait que je sois littéralement kidnappé par ce personnage imaginaire que j’avais créé à partir de toi, et dont tu aimais me voir écrire et inventer les aventures débridées ? Comment aurais-tu réagi au fait qu’elle m’emmène dans ce monde qui ne devrait pas être, et qui pourtant existe tout autant que le nôtre, et qui est peut-être même plus réel encore ? Aurais-tu été jalouse d’Armide, de la passion et de la tendresse dont elle m’a submergé, de la façon perverse et lubrique avec laquelle elle m’a fait remonter de l’abîme de la souffrance et de l’autodestruction ? Ou bien vous seriez-vous entendues comme larrons en foire, pour me faire tourner la tête, et m’utiliser comme votre jouet à toute deux, m’épuisant et me vidant de ma sève, sauvages et indomptables jumelles improbables et terriblement lubriques ? Je vous ai souvent imaginé toutes deux, perverses et joueuses, coquines et gourmandes, avec ou sans moi, et autant te dire que mon cerveau est entré en ébullition plus souvent qu’à son tour dans ces moments-là. Armide… est-ce que tu m’entends ma douce Armide ? M’en voudras-tu de m’adresser à Tamara en ce terrible instant ? Tu en aurais le droit, tu sais, ô mon écarlate magicienne. Pourtant, je réalise que quand je lui parle, c’est aussi à toi que je m’adresse, que quand je pense à toi, c’est aussi à elle que je pense. Ne m’en veuillez pas mes amours, ô lumières de ma vie. Je vous ai tant aimé, vous aime et vous aimerais toutes deux, pour toujours et à jamais…
Je marche, tel un automate boiteux, à cause de la lame de l’un des compagnons d’armes de mon improbable hôte, dont le kopesh a profondément mordu la chair de mon mollet ; je boite donc, cette merveilleuse femme dans mes bras, avec la vie qui la quitte, inexorablement.
Je me dirige vers le lac dont elle a parlé. Je le vois, en contrebas de la petite colline où je me trouve à cet instant. À l’horizon, le soleil de ce monde magique disparaît lentement derrière de lointaines montagnes aux cimes cachées par de sombres nuages d’orage. Je me remets en route, après une courte pause, les muscles puissants et habitués à l’effort de mon corps d’emprunt me propulsent rapidement, malgré ma jambe blessée. Alors que je me dirige vers ce lac aux eaux prétendument magiques, je ne peux m’empêcher de repenser à tout ce qu’Armide et moi avons vécu, depuis qu’elle m’a arraché aux mains avides et glacées de la mort, pour me convaincre que la vie valait la peine d’être vécue, quels que soient les chagrins, quelles que soient les épreuves.
Je nous revois, dans la taverne où toute cette aventure complètement folle a débuté…
Un éclat de lumière… une sensation de froid intense… un claquement sonore aussi puissant que le tonnerre. Puis nous voici entouré d’une foule cosmopolite d’hommes, de femmes, de demi-elfes, de nains et de plusieurs autres races de créatures présentent dans les histoires que j’ai créées autour du personnage d’Armide. Ces odeurs de nourriture, de fumée, de bière éventée et de corps mal lavés, cette ambiance bruyante mêlant rires gras, discussions animées, chuchotements suspects, échanges des derniers potins et négociations houleuses, ces murs de pierres au charme rustique, ces poutres de bois quelque peu vermoulues… pas de doute, nous sommes dans une taverne. Et à la vue de l’énorme tête de minotaure trônant bien en évidence sur la cheminée au centre de la pièce, je sais déjà laquelle. Le Dernier Repos de la Bête… celle où j’ai fait débuter les aventures d’Armide. Un vrai bouge, un repaire de malfrats et de rustres. Un rassemblement de ruffians sans foi ni loi, de commerçants peu scrupuleux, de prostituées plus ou moins de première fraîcheur, de coupe-jarrets qui vendraient leur mère pour un bol de gruau, et d’aventuriers à l’espérance de vie plutôt courte dans cette région inhospitalière. Étonnamment, nul ne s’alarme de l’arrivée inopinée d’une magicienne sexy en diable et à peine vêtue au milieu de ce cloaque social, stéréotype décadent et affligeant de la fantasy moderne dans ce qu’elle à de plus classique et de plus monolithique.
++ C’est normal mon auteur adoré, que nul ne s’en soucie, c’est la magie de t’avoir près de moi. Tu es notre créateur après tout, donc, ta simple présence me permet de me promener partout où je veux, sans que cela ne dénature l’histoire originelle. Et tant que tu seras avec moi, rien de ce que je ferais n’aura d’effet sur le court normal de ton récit. Pourtant, je vais pouvoir changer une ou deux petites choses à ma guise, et je ne compte pas m’en priver ! ++…
++ Qu’entends-tu par-là Armide ? ++
++Regarde vers le comptoir mon scalde évanescent. Tu reconnais la jolie rousse avec le plateau de chopines bien pleines, qui zigzague entre les tables, tout en esquivant adroitement toutes ces vilaines mains baladeuses ? ++
Mon regard spirite se tourne dans la direction que m’indique ma sensuelle geôlière.
++ Oui, c’est la serveuse qui au début de l’histoire t’accueille dans la taverne où tu dois rencontrer tes futurs compagnons de quête et avec qui…++
Je comprends soudain où Armide veut en venir et ce qu’elle a en tête ! Et pas qu’en tête d’ailleurs. Cette jeune et ravissante serveuse aux cheveux de feu et au regard émeraude, je l’ai créée, comme tous les autres personnages des aventures de ma magicienne fabuleuse, mais je l’ai fait pour frustrer mon personnage principal, c’est-à-dire la magicienne qui vient de capturer mon âme pour l’enfermer dans une fiole magique. La frustrer dès le début de ses aventures.
Solstice… c’est le nom de la troublante serveuse.
Je l’ai choisi car je voulais que l’un de mes personnages secondaires naisse un jour de solstice tout simplement. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la plantureuse serveuse est tout à fait au goût d’Armide, je l’ai voulu ainsi, je suis l’auteur de ses aventures je vous rappelle. L’inverse, que la magicienne toute de rouge vêtue soit au goût de la jolie Solstice est tout aussi vrai. Et c’est ainsi que débuta un jeu du chat et de la souris, un jeu de séduction fait de clins d’œil explicites, de regards sensuels, de sourires aguicheurs, de frôlements délicats et discrets, lorsque Solstice passait près de la table où Armide attendait, en sirotant très lentement la chope d’hydromel qu’elle avait commandée.
Un jeu où la tension et le désir que ces deux jeunes femmes savaient ressentir l’une pour l’autre, ne faisaient que s’accentuer, pour devenir d’une intensité presque intolérable pour les deux coquines. Mais lorsque j’écrivais cette scène, je savais d’ores et déjà qu’il ne se passerait rien entre Armide et Solstice. Dans mon récit, une rixe éclate entre deux poivrots, les compagnons de voyages d’Armide arrivent à ce moment-là et la scène se termine sur une bagarre générale et le départ précipité de la petite bande, avant l’arrivée de la milice, pour mettre tout ce joli monde au cachot.
Il semble, à cet instant précis, qu’Armide ait décidé de rattraper le temps perdu et de terminer le jeu du chat et de la souris commencé avec la ravissante rouquine.
++ Tu y es parfaitement mon auteur empressé ! Je vais la baiser cette coquine, la trousser et la déguster comme une succulente friandise, la faire couiner de ravissement et de plaisir… et pas plus tard que maintenant, directement sur le comptoir ! ++
++ La trousser ? Je ne suis pas sûr que tu saches vrai…++
Mais Armide ne m’écoute plus.
J’ai clairement ressenti comme un claquement psychique. Elle m’a littéralement fermé les portes de son esprit au nez, n’accordant aucune importance à ce que je pourrais dire. Elle a aussitôt commencé à s’avancer vers la mignonne rouquine qui lui enflamme l’âme depuis le début de ses aventures, et qu’elle brûlait de revoir. Celle-ci se tient devant le comptoir, à recharger son lourd plateau de bois épais et solide, tâché en de nombreux endroits de vieilles éclaboussures de bière ou d’hydromel, qui se sont depuis longtemps imprégnées dans les veines et les fibres polies couleur caramel.
Solstice se retourne précisément au moment où Armide arrive derrière elle, juste à un pas, à un petit pas des courbes voluptueuses que la vicieuse magicienne rêve ardemment de prendre à pleines mains, de malaxer, d’embrasser et d’embraser.
Armide attaque aussitôt, sans laisser à la jeune serveuse le temps de réagir ou de se poser de question. Elle lui soulève délicatement le menton, incitant la plantureuse rouquine à la regarder dans les yeux.
La question est posée doucement, sensuellement, sur un ton qui laisse toutefois entendre qu’Armide connait très bien la réponse. Le sourire en coin de la serveuse confirme sans aucun doute possible, qu’elle se souvient très bien de la belle magicienne qui avait fui la bagarre générale avant l’arrivée du Guet.
Elle lui répond en se mordant légèrement la lèvre inférieure, et son regard émeraude se perd un instant dans le décolleté vertigineux d’Armide, avant de revenir se perdre dans les yeux étincelants de malice de la magicienne court-vêtue.
Effendi… un mot que j’avais beaucoup aimé lorsqu’Elle… me l’avait suggéré. Je cherchais un terme pour désigner une certaine caste de personnage pour mon univers, comme un titre honorifique, une marque de respect utilisée par le peuple pour désigner, les sages, les savants ou les personnages importants, sans que cela ne soit un titre de noblesse ou quelque chose du genre. Alors, Elle… m’avait soufflé ce mot, Effendi, un mot turc, un dérivé du grec authentès, si mes souvenirs sont exacts. Elle m’avait expliqué que cela signifiait seigneur, ou maître. Mais pas dans le sens de soumission ou de relation hiérarchique stricte. Effendi servait plutôt à désigner les gens de loi, les gens de lettres et les savants dans la civilisation ottomane. Un titre synonyme d’honneur et de dignité, attribué aux personnes importantes de l’empire. Les muftis et les émirs pouvaient aussi le porter. Il se place à la suite du nom ou de la profession de la personne, homme ou femme d’ailleurs, honoré.e de ce titre.
Armide ne perd pas de temps en palabre, ses lèvres s’emparent de celles de Solstice en un baiser passionné, que la ravissante serveuse s’empresse de rendre à l’autoritaire magicienne. Personne dans la salle ne réagit à la chute bruyante du plateau de chopes d’étain des mains de Solstice, mains qui visiblement ont bien mieux à faire… comme par exemple, parcourir et explorer les hanches et les courbes d’Armide !
++Je te l’avais dit, ô scalde têtu et entêté. Avec ton esprit dans cette petite fiole gravée de symboles arcaniques, je maîtrise les évènements de ton récit et peut en changer certains aspects sans trop en bouleverser la trame narrative. Il y a néanmoins une chose importante qu’il faudra changer, mais nous en reparlerons plus tard. Pour le moment, la partie de baise qui s’annonce avec cette petite salope ne va en rien bouleverser l’histoire que tu as écrite. Je ne fais que rattraper un peu de temps perdu…++
Tandis qu’Armide me rouvre les portes de son esprit pour m’expliquer cela, elle continue d’embrasser avec fougue la jolie rousse et à même commencer à descendre le haut de la tunique de la gourgandine serveuse, pour en faire jaillir un sein au téton fièrement dressé. Elle abandonne aussitôt les lèvres brûlantes de désir de sa proie pour s’emparer du mamelon fugitif, le caresser du bout de la langue, et y déposer un filet de salive avant de le mordiller légèrement.
Cette caresse sauvage arrache un gémissement de plaisir torturé à Solstice, qui rejette la tête en arrière et bombe sa jolie poitrine pour mieux l’offrir aux assauts buccaux d’Armide ; sans plus se soucier d’où elle se trouve. Le deuxième sein ne tarde pas à s’échapper lui aussi de sa fine prison de tissus, pour subir le même traitement que son jumeau.
Solstice a maintenant les deux mains collées au comptoir pour mieux se tenir et pouvoir se cambrer plus facilement, incitant implicitement Armide à continuer de lui lécher et de lui dévorer les seins ; tandis que les mains agiles de la magicienne les malaxent, les caressent ou les pincent. Les gémissements et les plaintes de la rousse résonnent désormais sans pudeur dans l’auberge. Auberge dont les clients et le tavernier continuent de vivre leur vie, sans se soucier de ce qu’il se passe au niveau du comptoir. Comme si cette scène de débauche et de perversité entre deux magnifiques créatures lubriques ne se passaient pas sous leurs yeux. Comme un décalage dans la trame de la réalité les empêchant de voir ce qu’il se passe à quelques pas d’eux.
L’une des mains d’Armide abandonne momentanément ses perverses occupations, pour venir du bout de l’ongle tapoter à plusieurs reprises sur la fiole magique où je suis enfermé, passant d’un glyphe à une autre, en une sorte de ballet étrange, comme pour écrire dans l’éther une imprécation magique. Lorsque le dernier coup résonne sur le verre épais et opaque, la fiole tremble légèrement et une aura violette est clairement visible autour de ma fine geôle. Puis aussitôt, la main d’Armide remonte le long des cuisses de sa belle délurée, pour s’emparer du doux fruit tant convoité qui s’y cache.
En même temps que Solstice pousse un soupir de plaisir sous cette nouvelle attaque de ses charmes, j’éprouve moi aussi comme une intense sensation d’extase et de lubricité. Je sens les lèvres et la langue d’Armide déguster et lécher les tétons de Solstice, comme si c’était les miens. Je sens les doigts d’Armide écarter les lèvres humides de mon sexe et s’y frayer un chemin sous les cris de plaisir de la serveuse qui sont aussi les miens par résonance psychique ; et commencer un lent, mais profond va-et-vient. Je sens le corps de Solstice se tendre sous les caresses et assauts d’Armide ; elle tremble de plaisir et roule des hanches, pour s’accorder au rythme diaboliquement délicieux imposé par les doigts de la magicienne perverse qui la pénètrent… qui nous pénètrent…et nous baisent, lentement, délicieusement.
++ Armide, petite salope ! Tu te rends compte de ce que tu fais… hhhuuummmmmmm… han putain, Armide, quel pied… ++
++ Bien entendu, ô mon scalde déboussolé ! Je t’ai lié à l’esprit de cette petite dévergondée pour que tu puisses, malgré l’absence de ton corps, ressentir tout le plaisir que tu nous a refusé lors de l’écriture de cette scène ; et que tu comprennes à quel point cela nous a toutes deux frustrées ! Car oui, tu vas non seulement ressentir le plaisir que je vais donner à cette jolie rousse et la jouissance ineffable qu’elle va en retirer ; mais aussi le plaisir qu’elle va me donner. Tu comprendras qu’il est dangereux pour un auteur de frustrer à ce point ses personnages, surtout quand l’une d’elle est une magicienne très puissante capable de faire traverser à l’esprit de l’auteur la barrière entre les mondes… hihihihi. N’ai crainte ô mon poète énervé, nous allons toustes y prendre beaucoup de plaisir et personne n’en sera frustré. Et certainement pas toi.++
En même temps qu’Armide me fait la leçon, tout en me faisant malgré tout certains reproches quant à l’écriture première de cette scène, elle allonge la jolie rousse sur le comptoir et, une fois les jupons bien écartés pour dévoiler l’objet de sa quête, elle ouvre doucement les cuisses de sa proie pour se jeter comme une affamée sur le fruit défendu, encore caché l’instant d’avant par plusieurs épaisseurs de tissus. La sensation est au-delà de ce que nous les hommes, pourrions imaginer.
Se faire bouffer la chatte n’a absolument rien à voir avec un taillage de pipe, même prodigué par la meilleure des suceuses. C’est sans commune mesure ; et j’imagine que le fait que ce délicieux cunnilingus soit prodigué par une autre femme, experte dans ce domaine comme je l’avais imaginé lors de ses aventures ; ajoute encore au plaisir et aux merveilleuses sensations que procurent cette langue agile et cette bouche vorace. Rapidement l’orage approche, et c’est une jouissance incroyable qui nous prend, Solstice et moi, au moment où, atteignant le pic du plaisir, Armide en profite pour glisser un doigt dans le fondement de la serveuse offerte à ses caresses ; déclenchant un véritable tsunami de cyprine dans la bouche de la magicienne, ravie de son coup.
Je… pardon, nous, Solstice et moi, sommes allongés là sur le comptoir, haletants et ivres de plaisir, les cuisses écartées et trempées aussi bien de la liqueur intime de la serveuse aux formes appétissantes, que de la salive d’Armide. Quelques marques indiquent les endroits où cette délurée de magicienne s’est amusée à mordre légèrement dans les chairs tendres et opulentes, le temps de nous frustrer un peu ; avant de nouveau nous dévorer la figue, et de nous claper fri-fri avec gourmandise et un savoir-faire consommé.
Mais si je croyais qu’Armide en resterait là, c’était très mal connaître ma magicienne… un comble pour l’auteur ayant créé son personnage, vous admettrez !
Voici ma sulfureuse débauchée en rouge qui monte sur le comptoir pour venir dévorer les lèvres de Solstice, nous embrassant dans un torride et fougueux baiser. C’est qu’elle nous laisse à peine le temps de reprendre notre souffle la coquine.
++ Tu pensais vraiment que je me contenterais de ce petit amuse-bouche, ô mon essoufflé auteur ? Que nenni hihihi, ce n’était que le début…++
À ce moment, Armide, avec une agilité née de nombreuses occasions à le pratiquer, opère un mouvement de retournement pour offrir à la vue de Solstice, et à la mienne par la même occasion, son entrejambe à nu sous sa robe rouge échancrée. Le liquide qui coule le long de ses jolies jambes bronzées et musclées prouve sans l’ombre d’un doute, de l’état d’excitation dans lequel se trouve ma magicienne délurée.
++ Aller, à votre tour de me déguster et de me faire jouir. HHHUUUUMMMM oui comme ça ! Tu ressens les coups de langue que cette salope donne avec gourmandise sur mon petit bouton ? Tu sens comme elle le suçote et l’aspire tantôt frénétiquement, tantôt en douceur ? Ô OOOOUUUIIII, la garce… elle n’a pas hésité une seconde une fois à califourchon au-dessus de sa tête, elle a immédiatement plongé entre mes cuisses et est venue butiner ma petite fleur toute dégoulinante de désir pour elle. Tu sens sur ses papilles frémissantes de plaisir le goût de ma liqueur, que tu lui avais si égoïstement refusé ? Tu ressens comme elle s’en régale et s’en repait sans retenue…. HHHHHUUUMMMMMM ooooouuuuiiii putain, elle l’enfonce loin sa langue !!! Et même mon petit trou l’intéresse cette garce ! HHHHHAAAAANNNNN… Dis-moi, ô mon auteur prisonnier de mes caprices, n’était-ce pas criminel de l’en priver ? Comme de me priver de son goût à elle ? Hihihi… hhhuuuummmmmm, encore…++
Je ne peux rien répondre, mon esprit lié à celui de Solstice, est submergé de plaisir et envahi de visions perverses d’autres délicieux jeux saphiques. Ma raison est anesthésiée de concupiscence et de félicité. Visiblement, ce ne sont pas les premières galipettes entre femmes de la ravissante rousse ! Je me noie dans les vagues de plaisirs et d’extases qui déferlent, puissantes et inéluctables. Le corps de Solstice… le mien donc aussi en l’occurrence de part la magie d’Armide… tremble de partout, sous les caresses expertes de la redoutable amante en rouge qui nous domine, la tête enfouie entre nos cuisses, la bouche collée aux lèvres sensibles et au petit bourgeon tendre au sommet de la fleur intime qu’elle déguste et dévore, lui donnant de grands coups de langue, avant de l’aspirer entre ses lèvres et arracher des cris de volupté et de jouissance à ses proies. Ses doigts ne sont pas en reste. Ils pétrissent, caressent, pincent, chatouillent, explorent et s’insinuent partout ; sur et dans toutes les zones sensibles et les endroits qu’Armide choisit de délicieusement torturer.
C’est un enchaînement d’orgasmes comme seules les femmes les connaissent et peuvent s’en procurer entre elles.
Voilà bien une chose que je verrai désormais d’un autre œil.
Repues de jouissance, exténuées au-delà du possible, les deux gourgandines finissent par redescendre du comptoir où elles se sont adonnées sans retenues aux joies de l’amour entre femmes, laborieusement, et tremblantes de tous leurs membres ; mais s’embrassant encore à bouche que veux-tu, partageant dans de tendres mais fougueux baisers, le goût de leurs intimités mêlées et mélangées. Elles se lèchent mutuellement les doigts couverts de leurs sécrétions et ayant visité leurs orifices avant de nouveau partager leurs goûts emmêlés en un torride baiser.
À peine ai-je le temps de reprendre un peu mes esprits, que je me sens comme aspiré dans un tourbillon. Me voilà de nouveau dans ma fiole magique, la geôle qu’Armide a conçu pour mon esprit au moment où je rendais l’âme, il y a encore… encore… j’ignore depuis combien de temps. Est-ce des heures ? Déjà des jours ? Aucune idée.
++ Alors, ô mon auteur grincheux, tu as aimé ? Bien sûr que tu as aimé, hihihi. Je t’aurais bien proposé de continuer avec nous, car oui, je n’en ai pas fini avec cette chienne et je compte bien la faire encore jouir jusqu’à plus soif… mais je ne te pense pas prêt pour ce qui va suivre, hihihi…++
De la position où se trouve la fiole magique où se trouve enfermé mon esprit, je comprends les allusions d’Armide, en regardant vers la salle de l’auberge. Le silence s’y est fait là où juste avant, le brouhaha des conversations et des rires gras des clients avait couvert en partie les cris de jouissance des deux coquines. Clients totalement inconscients de ce qu’il se passait sous leurs yeux, grâce à la magie d’Armide, et au fait qu’elle détient l’esprit de l’auteur de cette histoire.
Mais désormais, tous et toutes ont les yeux rivés sur les deux jeunes femmes échevelées, à moitié nues, couvertes des sécrétions intimes de l’une et de l’autre. Les yeux de ses hommes, de ces hommes et de ces femmes, de ces nains, demi-elfes, demi-orcs et autres créatures fantastiques ; brûlent de concupiscence et de luxure à la vue de ces deux femelles magnifiques et encore essoufflées de leurs ébats.
Les mâles ont presque tous leur membre à la main, s’astiquant sans vergogne, impatient de fourrer les deux belles.
Les quelques femmes, humaines ou autres, présentes, ont-elles, déjà commencer à se déshabiller, se caressant les seins ou avec la main sous leurs jupons. Un infime relent du lien éphémère que j’ai partagé avec Solstice me fait ressentir son impatience d’être baisée par tous ces membres virils et de goûter aux liqueurs intimes des autres femmes présentes.
++ Mais quelle salope… je ne l’avais pas imaginé aussi dévergondée lorsque j’ai créé son personnage pourtant.++
++ Et oui… mais je la préfère comme ça cette petite gourgandine. Hhhuuummm, j’ai encore la saveur de sa chatte et de son petit trou sur la langue ! J’ai hâte d’y regoûter une fois qu’elle se sera faite fourrée par quelques-unes de ces belles bites hihihi. Et moi aussi, tu t’en doutes bien, je vais m’en prendre certaines ! ++
++Armide… tu ne vas pas…++
++ Ne pas quoi ? Transformer cet endroit en un lupanar sublime, en un lieu de perdition et de débauche extraordinaire ? Oh que si mon auteur coquin ! Je vais même, après cette nuit, le transformer en maison close de grande qualité, et Solstice en sera la gérante héhéhé. Je t’ai dit que j’avais l’intention de changer deux ou trois choses, et être propriétaire d’un endroit de débauche et de luxure assumées, tel que promet de devenir celui-ci, n’est pas pour me déplaire. Aller, maintenant je te conseille de faire un petit somme, ce qui se prépare va être terriblement vicieux et lubrique, même pour toi, hihihi. ++
++Armide, attend, il faut que…++
Mais de quelques petits gestes et coups d’ongles sur la fiole, Armide lance un rapide sort de sommeil ; et voici mon esprit propulsé dans un monde de songes où des scènes de débauches incroyables voient se mêler les gens de mon ancienne vie et les personnages de mes histoires, dans des orgies scabreuses et des scènes de stupre que je n’aurais jamais imaginé avant, même dans mes délires les plus vicieux !
La dernière chose que je perçois, avant de sombrer dans cet état onirique scabreux, ce sont Solstice et Armide, entourées de toutes parts par les clients et clientes de l’auberge. Les mains des deux jeunes femmes s’affairent déjà à masturber les bites humaines, elfes ou naines tendues vers elles ; la rousse et la brune roulent des pelles d’anthologie à d’autres femelles qui leur tripotent les seins ou leur titillent l’anus du bout de doigts inquisiteurs et impatients ; elles s’offrent sans vergogne aux bouches, mains, ou autres appendices s’emparant de quelque part de leurs anatomies.
Leurs tétons sont léchés, mordillés, sucés.
Leurs petits abricots sont rudoyés par les doigts qui s'y glissent avant de se faufiler par deux ou trois dans leurs grottes intimes déjà malmenées lors de leurs ébats précédents. Les souffles sont courts, les respirations saccadées ; les gémissements de plaisir et grognements de satisfaction de plus en plus forts et de plus en plus rauques. C’est une orgie inimaginable qui s’apprête à arriver, une débauche de sexe et de pratiques plus ou moins avouables qui se préparent sous mes yeux spirites.
Puis les ténèbres s’emparent de moi et je ne peux qu’imaginer la suite de cette orgie dantesque et débridée qu’a préparée ma troublante et débauchée magicienne en rouge.