| n° 22250 | Fiche technique | 15234 caractères | 15234 2605 Temps de lecture estimé : 11 mn |
26/01/24 |
Résumé: Souvenirs d’une première fois, ma première fois dans le milieu du libertinage | ||||
Critères: fhh fplusag jeunes candaul handicap complexe sauna init | ||||
| Auteur : John Langlais Envoi mini-message | ||||
11 novembre 2021.
Une année qui s’était écoulée rapidement. Comme beaucoup d’autres. Alors coincé en Angleterre en télétravail, je réalisais que cela faisait déjà 10 ans. Dix ans depuis ce week-end fatidique, à la fois si près et si loin, gravé dans ma mémoire.
Pour me mettre à nu ici, en novembre 2011, j’avais eu vingt-quatre ans, en train de passer, difficilement, du domaine des études à celui de la vie. Si j’avais été un élève studieux et appliqué, il n’en était rien en ce qui concerne la sexualité. Ado, j’étais un peu maladroit et un peu gauche et j’avais du mal à m’identifier avec les filles de mon âge. Je préférais parler avec des femmes plus âgées. Elles qui me faisaient le plus fantasmer et qui me procuraient mes plus grands coups de cœur. J’adorais mater les formes des profs femmes quand j’étais au lycée, surtout celles qui étaient pulpeuses, des seins comme des melons qui pendaient bien quand elles se penchaient en avant, des fessiers importants quand elles tournaient le dos afin d’écrire sur le tableau.
Entre mes émois érotiques et mes études, il y a peut-être un lien commun. Je me rappelle quand, ado, j’étais en vacances avec ma famille pour une semaine d’été, avec le temps chaud, du soleil, à Wimereux dans le Pas-de-Calais (ne riez pas – il faisait très beau cette-semaine-ci…). J’étais effaré du rapport à la nudité des français et des françaises, plus libérée qu’en Angleterre, tandis que moi, anglais refoulé et complexé, je n’avais même pas osé ôter mon T-shirt, il y avait bien des femmes, de tout âge, qui bronzaient seins nus, évidemment bien à l’aise avec leurs corps, à l’inverse de moi, qui me trouvais comme maigre et moche. Vingt ans plus tard, le souvenir me fait toujours honte !
Au lycée, ma prof de français était une française, dont je suis tombé fou amoureux. Ce n’était pas réciproque, évidemment, mais pour tenter de l’impressionner, j’avais travaillé encore plus dur, m’embarquant sur un chemin qui mena à une licence et un master en civilisation française.
Il m'a fallu attendre l’âge de vingt-deux ans avant de connaître une histoire avec Caroline, une anglaise de vingt-cinq ans mon aînée. C’était aussi une relation où j’avais confondu le sexe et l’amour… Le résultat, sans surprise, était une grande déception amoureuse pour moi, bien que je garde toujours un bon souvenir de nos jours et nuits ensemble, nos heures volées, la complicité de l’infidélité. Bien que je me souvienne toujours de la douleur de la rupture, du désarroi émotionnel.
Love hurts…
Un an plus tard, j’avais découvert les joies des récits érotiques en tant que lecteur, et de ce truc qui s’appelle le libertinage. Cela m’avait fasciné, et j’avoue que je l’avais trouvé beaucoup plus stimulant, plus… intéressant, je suppose, que les magazines pornos ou les films X que j’avais lus et vus jusqu’ici.
Me trouvant mal à l’aise dans mon pays natal, je retournais en France en 2011. Ne sachant pas trop quoi faire, j’avais obtenu un poste pendant une année en tant qu’assistant d’anglais dans un lycée en région parisienne. En même temps, je faisais des recherches pour tenter de continuer mes études plus tard.
Ce fut pour cette raison ci que j’avais été en vacances - seul- pendant le week-end prolongé de l’Armistice J’étais à Limoges, le soleil au rendez-vous, un temps bien clément pour la période de l’année (sauf une brume épaisse la première nuit). Et j’avais découvert, grâce à quelques recherches sur Google, qu’il y avait un club libertin près du centre-ville. Les mêmes recherches avaient révélé qu’il ne se situait pas très loin de mon hôtel. Donc, par curiosité, par frustration, par envie, et un grand mélange de toutes les trois émotions précédentes, plus un désir de ne pas mourir trop idiot, j’avais décidé d’y aller.
En appuyant sur la sonnette, j’eus la boule à l’estomac, toujours en m’interrogeant si je ne faisais pas une grande erreur. La dame à l’accueil me fournit une serviette avant de m’expliquer les grands principes du règlement du club (« Tout est permis, tout le monde est libre, mais rien n’est obligatoire, et ‘non’, ça veut dire ‘non’ »).
Je me déshabillai dans les vestiaires. Malgré le peu d’ambiance au bar et aux alentours de la piste de danse, je me sentis bien à l’aise avant longtemps. Surtout dans le jacuzzi et le sauna, où il semblait tout à fait très naturel, libérateur, de pouvoir se baigner nu, se mettre nu. Je regardai là-bas une femme mature en train de sucer très longuement son jeune amant, qui possédait un membre bien impressionnant, sous l’œil attentif de son mari. Par la suite, ce dernier m’expliqua autour d’un whisky-coca au bar qu’il aimait bien voir sa femme avec un autre. Le couple, sans doute intrigué par ma nationalité, après m’avoir raconté leurs visites à Glastonbury dans leur jeunesse, m’avaient expliqué que le lendemain soir, le même club allait fêter ses « 20 ans », et avaient proposé que je revienne.
Ainsi, j’étais retourné au club le lendemain soir. Il y avait beaucoup plus du monde présent, un public plus diversifié, des jeunes, des moins jeunes, des couples gays, des gens seuls, des couples hétéros. Environ une heure plus tard, je croisai le couple à nouveau, en compagnie de deux amis, dont le mari boitait. Ils se nommaient François et Sylvie. François, cinquante ans, homme grand, cheveux longs, une vraie allure d’artiste. Sylvie, femme rangée d’apparence, quatre ans sa cadette, un joli petit corps, cheveux marron, yeux bleus.
Après avoir discuté au bar, on s’installa tous les trois dans le hammam, où il y avait moins de gens présents. Sylvie décroisa ses jambes, me montrant une chatte lisse. Le silence régna quelques instants, tandis que je me figeai un instant. Sans vouloir faire de jeu des mots, je me sentis comme si j’étais en terre vierge. Lentement, je me mis à caresser sa jambe, avant de caresser l’intérieur de sa cuisse. Elle ouvrit nos serviettes, et prit ma bite dans sa main gauche. Je commençai à bander. La boule ressentie à l’estomac la veille revint, désormais me coupant la parole et le souffle. Mes genoux affaiblis, les jambes en apesanteur, il me fallut un certain effort pour me lever quand François nous proposa de monter tous les trois à l’étage vers l’un des coins câlins.
S’il est vrai qu’on peut dire que François était – comme on dit de nos jours – « une personne à mobilité réduite », il était aussi participant. Il s’allongea tandis que Sylvie et moi étions plus actifs. On commença par poser nos serviettes sur les banquettes, nous mettant tous les trois nus, Sylvie s’entreprenant de me sucer.
C’est toujours bien de sentir ce frisson, la bouche féminine sur le membre, les tous petits bruits de succion quand la tête monte et descend sur la hampe. C’est très tentant lors de ces situations de devenir passif, de céder à la paresse, tentation à laquelle il faut résister… Donc, je demandai à Sylvie de s’allonger, le temps que je mette une capote sur ma bite. J’avais été si nerveux que j’avais dû demander à Sylvie pour m’aider à la sortir de son emballage !
Je me rappelle de ces instants, à la fois longs et courts, pour trouver le bon chemin, avant de passer doucement dans la chatte. Je posai des petits baisers sur sa poitrine menue, puis commençai à faire des va-et-vient, la regardant droit dans les yeux. Je lui demandai de poser ses talons sur mes fesses pour que ses jambes encerclassent ma taille et mes hanches. J’avais le sentiment que le garçon maladroit que j’avais été, commençait à se dissiper aux cours des ébats.
Sylvie me demanda de m’allonger, afin qu’elle puisse s’empaler sur ma bite pour me chevaucher. C’est là que je découvris que c’était la position que j’aime davantage, parce que cela me permet de mieux regarder ma partie préférée du corps d’une femme pendant les ébats sexuels : son visage.
Le visage de la femme, c’est comme une toile du peintre où le tableau se dessine et prend vie. Toutes les émotions, les sentiments, les éléments du caractère, se projettent à travers le visage quand elle prend son pied et s’épanouit. Si un homme veut savoir s’il baise avec une femme chaude, il va l’apprendre dans ses yeux. Quand on voit dedans la libertine, les yeux qui pétillent dans un regard brasier, l’état de l’épanouissement d’une épouse, je m’envole dans une sorte de « jouissance cérébrale ».
Ici, le sentiment fut accentué par le fait que les murs de la cabine étaient entourés par des miroirs. Je comprenais comment quelqu’un pouvait devenir narcissique…
Je me rappelle toujours du regard de Sylvie, qui connaissait bien son plaisir, ses halètements et ses gémissements, qui trahissaient son plaisir, m’exhortant à faire mieux, m’appelant à être plus direct, à saisir ses hanches pour qu’elle s’empale plus sur mon membre, avant que je ne la bascule, pour la prendre en missionnaire une deuxième fois, mais cette fois, plus sauvagement, glissant des mots et des phrases tel que « Oh putain ! » ou « T’es une salope », alternant mes va-et-vient. Ce qui me surprit – car c’est rare que j’utilise des mots comme ça dans ma vie quotidienne. Mais je me perds un petit peu dans mon trip.
Il y a un moment vers la fin que je me rappelle très bien : François, allongé sur le dos, avec Sylvie empalée sur sa bite en position de la balançoire tandis qu’elle me prodigua une merveilleuse fellation, et moi debout sur la banquette, un pied sur chaque côté des jambes de François… C’était comme si une certaine complicité passait entre nous trois en ce moment-là.
J’avais toujours eu la peur de jouir trop vite, surtout lorsque j’étais plus jeune, et je pense que c’est pourquoi aujourd’hui, j’ai le problème inverse. Je suis capable de bander longtemps, mais il me faut longtemps avant de pouvoir jouir. Parfois, de plus en plus souvent malheureusement, je n’arrive pas à jouir dans l’instant, mais qu’en remémorant les actes et les accouplements plus tard. C’est chiant d’avoir un corps qui n’est pas à la même hauteur que l’esprit.
Je regardai ma montre, et vis que nous avions été ensemble dans l’alcôve, la porte fermée, pendant une heure et demie ! Il faisait chaud dans la cabine dans les deux sens du terme, je transpirais de partout, et encore je n’avais pas joui. C’est Sylvie qui jouit la première, suivie par François. Je fus obligé de me finir en manuel devant eux après m’être retiré d’elle, tout en présentant mes excuses… Et je ressentis que l’Anglais gauche et maladroit ne s’était pas totalement effacé, hélas.
Peut-être je ressens davantage comme spectateur que comme participant.
Après, on prit une bonne douche à trois en se savonnant, mutuellement, longuement. Je découvris que savonner une femme dans la douche après une partie de baise, c’est l’un des meilleurs hommages qu’on puisse lui rendre. Comme une sorte de after-care. La sensation des mains sous les eaux, adoucies par le gel savon, les lumières tamisées, est une source de sensibilité et de frissons ineffables.
Ensuite, nous retournâmes au bar, retrouvant le couple de la veille, la dame toujours en compagnie d’un jeune homme d’environ vingt-cinq ans, qui était très beau, très confiant de sa personne, ayant le bagout qui est parfois absent chez quelques « jeunes coqs ». On dansa un peu sur la piste aux choix musicaux du DJ qui officiait cette nuit-ci. On but plusieurs verres ensemble – François et Sylvie consommant des Desperados, d’autres le Champagne. Nous parlâmes de tout et de rien, du sexe bien sûr, mais aussi de la culture, de l’Angleterre, de l’art, de la France, des voyages, des musiques, du rugby. Un moment convivial.
Enfin, François et Sylvie décidèrent de rentrer chez eux. À ce moment-là, j’avais appris que l’un des lieux les plus fascinants dans un club libertin, c’est le vestiaire. Comment un couple ordinaire devient un couple libertin, et comment, en se rhabillant en fin de soirée, ils redeviennent un couple banal et ordinaire. Habillés ainsi, je n’aurais jamais pensé qu’ils soient libertins. Et j’appris, plus que jamais, qu’on peut être ordinaire et sexy mais qu’on peut être sexy parce qu’on est ordinaire. Une sorte d’érotisme de la banalité.
Avec François, on se serra la main. Avec Sylvie, nous partageâmes un long baiser, avec des bouts des langues enlacées, sous le regard complaisant et ravi de François. En voyant le visage de François, et son petit clin d’œil vers moi, je compris en quelque sorte le plaisir du candaulisme…
Je retournai dans le jacuzzi, seul, pour un moment de détente, me calmant après avoir flotté si longtemps sur un nuage d’extase. En rentrant aux vestiaires après, je retrouvai l’autre couple et leur jeune amant se rhabillant tous les trois, le couple donnant des indications de route à l’amant, avant de quitter le club, sans doute pour continuer la soirée chez eux. Et je pris congé moi-même pas longtemps après, car j’avais besoin du sommeil dans ma chambre d’hôtel avant le train du retour le lendemain.
Voilà donc ma première fois dans un club libertin. Tel un déclic pour diverses raisons, je compris qu’il n’y a rien du forcément pervers dans le libertinage. Et je dois vous avouer que le salaire mensuel d’un assistant d’anglais ne permettait pas d’explorer pleinement la vie nocturne parisienne, donc, il fallait attendre un peu pour approfondir mes connaissances du milieu libertin français.
À la fin de cette année scolaire-là, je rentrai en Angleterre, sachant que je n’étais pas vraiment doué pour être prof. Mais je continuais de revenir en France, et petit à petit, je devins plus à l’aise avec moi-même, plus partant et plus ouvert pour avoir des nouvelles expériences. Pour être franc, je ne suis pas un Apollon, mais j’avais trouvé que le libertinage m’avait apporté des rencontres très riches, autant sur le plan humain que sur le plan sexuel. Bien que je sois anglais, je choisis d’écrire en français, car c’est en France ou en Europe que je vis la plupart de mes expériences libertines. Une partie du jardin secret, la partie cachée de mon « double-je ».
Dix ans, c’est à la fois si loin et si proche. Beaucoup de choses ont changés. Et ce club-là, le club de ma première fois, n’est plus. Fermeture, puis liquidation judiciaire, plusieurs mois avant l’arrivée de la pandémie qui remit tout à zéro, ou presque. Le club n’existe plus. Sauf comme un souvenir, comme la maison dont Françoise Hardy avait chanté avec tant de mélancolie. À la fin, tout devient souvenir. Pour la petite histoire, je n’ai jamais revu ni François ni Sylvie. Donc, une nuit, une aventure, qui devint souvenir.
Mais certains aspects ne changent point. Je garde toujours une préférence pour les femmes matures, car je les trouve plus resplendissantes.
Pour moi, le libertinage et la sexualité tout court, c’est surtout l’épanouissement de l’expérience humaine où on goûte les plaisirs de la vie. Je ne souhaite donner aucune leçon de morale, je tiens tout simplement à m’expliquer et me faire comprendre davantage. Les femmes matures me plaisent, me font envie, m’envoient dans un état d’esprit épanoui et épicurien, m’effleurent le corps et l’âme, me fascinent. Au fond du moi, il y a toujours un Anglais gauche et maladroit, âgé de vingt-quatre ans qui est subjugué par les femmes dans la force de l’âge, et il y restera, bien ancré, toujours là.
Donc, je suis libertin, et je fais l’éloge des femmes matures. Et alors ?