| n° 22191 | Fiche technique | 2817 caractères | 2817Temps de lecture estimé : 2 mn | 21/12/23 |
Résumé: Un petit chapelet d’Haikus sur le thème du vent d’hiver | ||||
Critères: -poésie | ||||
| Auteur : Laetitia Envoi mini-message | ||||
| Projet de groupe : Le calendrier de l'Avent |
Petit chapelet d’Haikus:
Premiers frimas de l’hiver,
Mon nez à la fenêtre,
Je regarde le monde.
L’hiver vole aux arbres
Leurs ultimes feuilles multicolores
Et les donne aux vents.
Le Vent d’hiver
Relève les jupes des filles
Et dévoile le haut des jambes.
Une mésange dans la bise
Perchée sur le vieux saule
Me raconte des balivernes.
Vent d’hiver, mais vent coquin.
Une porte grince et son regard glisse
Sur la dentelle de mes dessous.
Le soir venu, alors que les flocons tombent du ciel et s’empilent sur les tuiles, la fantaisie de l’hiver ouvre tant de perspectives sous l’édredon. Froid dehors, chaud dedans :
La froideur de sa peau,
Son désir court sur mon corps,
La nuit voluptueuse nous enlace.
Le froid et la chair de poule
Pourtant et au fond de moi
Je me consume.
Vive le vent d’hiver, qui rafraîchit tant que nous cherchons les frissons sous l’édredon. Les bouches se cherchent…
Dernières soies ôtées,
Comme les arbres sous l’effet du vent coquin,
Nos corps sont effeuillés.
Le vent d’hiver, toujours lui. Et les papillons s’affolent dans mon ventre :
Voluptés des corps serrés,
Au fond du lit la pudeur
S’envole au vent.
Corps à corps, à jamais
Ses lèvres me trouvent, nos corps fondent,
La passion brûle, immortelle.
Mains habiles, bouches entrouvertes,
Souffle court, je lui laisse les clés
De mon plaisir, offerte.
Quittons ce lit, mon nez au carreau
Buée sur la fenêtre, paysage de neige,
Lui dans mon dos humant mes cheveux.
Souffle rauque, la vitre couine
Alors que du bout du doigt
J’écris son nom et le mien.
Dehors le vent d’hiver
Vibre comme la harpe
Dont l’écho avive ma passion.
Les nuits d’amour sont des univers fantasmagoriques et fantasmatiques :
Corps à corps à jamais
Délicieux tempo, refrain passionné,
Chaude mélopée, je suis Immortelle.
Le goût de son souffle,
Le goût de sa sueur,
Le goût du péché.
Un cri dans la nuit
Illustre les mots d’amour,
Jouir est amour.
Envies inavouables,
Plaisirs interdits, pratiques refoulées,
Animale, je cède.
Presque innocemment,
Crier mon envie, désir absolu,
Fais ce que tu veux.
Contre mon dos,
Il frotte ses lèvres.
Dehors le silence des flocons.
Toujours le vent d’hiver,
Sifflant un air entêtant
Aux notes indécentes.
Après le séisme,
J’ajoute « Je t’aime » pour la magie de l’instant,
Comme je lancerais un sortilège.
L’orgasme est une petite mort, paraît-il. Ce soir, je suis morte trois fois. Mais je pardonne à mon assassin. Il n’est de plaisir que l’instant. Ce moment fragile où les yeux dans les yeux, le monde bascule. J’abandonne la conscience, je rêve…
Les nuits d’hiver ont la réputation d’être longues. Mais avec notre amoureux, l’aurore est trop vite là. Lorsque nous avons vu l’être aimé comme dans un rêve, nous lever le matin paraît si triste :
Aube froide, voix du petit matin,
Son visage, son parfum,
À un demi-oreiller de moi.
Caresses de l’aurore,
Ses mains sur ma nuque dorée,
Réminiscence de la nuit.