Une histoire banale de (peut-être) fin de couple, située fin des années 90…
Bonne lecture : )
Isabelle et Laura
Seize heures dix : deux femmes ayant entre trente et quarante ans (peut-être un peu plus), une blonde et une brune, sont attablées dans un coin de la cafeteria d’un centre commercial… chacune autour d’un café et d’une viennoiserie.
Faisant la grimace, Isabelle (la blonde) assène de façon péremptoire :
- — Tu sais comment sont les hommes, Laura, ils réfléchissent plutôt avec leur bite qu’avec leur matière grise !
- — Ça ne me dit pas pourquoi Laurent t’a quittée…
- — Ces derniers temps, il râlait beaucoup qu’on ne faisait plus beaucoup l’amour. Il disait qu’il n’avait même pas cinquante ans, et que ce n’était pas encore l’âge pour lui de faire ceinture.
Remuant son café, la brune lâche :
- — C’est vrai qu’un homme qui a la quarantaine est quasiment autant actif qu’un jeune de vingt ans. Il paraît que c’est vers la soixantaine qu’ils se calment, surtout quand ils ont des soucis de prostate.
- — Oui, mais moi, ça ne me dit plus trop…
- — Ah bon ? Laurent ne te faisait plus jouir ?
Un peu gênée, Isabelle répond :
- — Euh… si, à chaque fois… mais bon, j’ai plus vingt ans, moi ! C’est derrière moi, tout ça !
- — Je te signale que c’est vers la trentaine que les femmes se réveillent vraiment, et qu’à la quarantaine, elles profitent un max. J’en sais quelque chose…
- — Eh bien, c’est pas mon cas. OK, faire l’amour est plaisant, mais pas toutes les semaines.
Sa voisine ouvre de grands yeux :
- — Pas toutes les semaines !? Houlà, je comprends mieux certaines choses !
- — Il peut faire un effort, non ? S’il m’aime vraiment, il doit être capable de mettre la pédale douce sur le sexe, non ?
- — Une solution pour couper la poire en deux : et s’il allait assouvir ses besoins ailleurs tout en restant avec toi ?
Outrée, la blonde se récrie aussitôt :
- — S’il me trompe, je le quitte sur le champ !
- — Euh… c’est ce qu’il a fait, Isa : il t’a quittée, et sans te tromper, si j’ai bien compris. Quelque part, c’est même pire…
Isabelle est interloquée :
- — Que !?
- — Ben oui, Isa ! Il ne t’a pas trompée, c’est toi-même qui l’as dit, mais vous vous êtes quand même séparés.
- — Euh… Peut-être qu’il est parti pour une autre femme…
- — C’est toi-même qui m’as dit qu’il est parti se réfugier chez un copain. S’il t’avait quittée pour une femme, il serait allé dare-dare crécher chez cette femme.
- — Et si cette femme était mariée ?
Un peu agacée, Laura coupe court :
- — De toute façon, tu sais très bien qu’il ne t’a pas quittée pour une autre. La plupart du temps, vous êtes toujours ensemble, et quand il travaille, tu sais toujours ce qu’il fait. Ce qui n’est pas toujours ton cas, il me semble…
- — Que veux-tu dire par là ?
Avec un sourire en coin, la brune insiste :
- — Il y a quelques années, souviens-toi…
- — Oh, c’était juste un petit flirt…
- — Un seul petit flirt ?
- — Euh… OK, OK, trois…
S’adossant à son siège, Laura soupire :
- — Résumons : Laurent t’a finalement quittée parce que tu ne lui donnais plus ce qu’il souhaitait de ta part. Tu n’as jamais été très câline, mais il s’en contentait, sans oublier que t’es souvent spéciale dans ton genre ! Mais maintenant qu’il n’a quasiment plus rien, il a décrété que le jeu n’en valait plus la chandelle, même si tu es une femme canon avec laquelle on adore s’afficher.
- — Une femme trophée, quoi ! C’est réducteur, Laura !
Pointant du doigt son interlocutrice, la brune sourit, puis elle enchaîne :
- — Pour en revenir au fait qu’il ne s’y retrouve plus, il est parti. C’est aussi simple que ça. Figure-toi que la plupart des hommes raisonnent ainsi : donnant-donnant.
- — Mais !? Ça fait dix ans que nous sommes ensemble, quand même !
- — Ça fait presque dix ans qu’il te demande en mariage, et qu’à chaque fois tu lui as toujours répondu non. Dix ans qu’il s’occupe de tes enfants comme si c’était les siens, bien qu’il ait déjà un fils qui s’entend d’ailleurs bien avec les tiens.
La blonde s’exclame :
- — Justement, il aurait dû rester pour les enfants !
- — Ah ! T’as de ces arguments, Isa ! Sauf que… techniquement… ce ne sont pas les siens. Toi et lui êtes des inconnus aux yeux de la Loi. Vous n’êtes même pas pacsés ! De plus, il n’a pas pu adopter tes enfants puisqu’ils ont déjà un père légal, même s’ils ne le voient pas souvent. Tu ne peux même pas réclamer une pension alimentaire, rien de rien, que dalle !
S’agitant que plus en plus, Isabelle s’exclame :
- — Mais nous sommes ensemble depuis dix ans ! Ça compte, non ?
- — Sentimentalement peut-être, mais tu n’as aucune preuve légale, ma vieille. Tu m’as toujours dit que vous faisiez deux déclarations aux Impôts, et pas une seule déclaration commune. Même l’appart, tu le loues à ton nom. Techniquement, vous êtes deux célibataires, pas un couple.
Commençant à réaliser certaines choses auxquelles elle n’avait pas songé, la blonde grimace. Passant outre, sa voisine continue :
- — Tu as été très légère sur ce coup-là, ce n’est pas la première fois que je t’en cause ! T’aurais dû accepter ses diverses demandes de mariage, tu aurais été nettement plus protégée. Ma grand-mère disait qu’on retient un homme par deux moyens : par son ventre ou par son sexe. Elle ne le disait pas ainsi, mais c’était l’idée.
- — Ben, moi et la cuisine…
À moitié amusée, la brune soupire :
- — Je sais, tu es une spécialiste des plats surgelés à réchauffer au micro-ondes ! Pour parler crûment, tu aurais dû laisser Laurent te baiser une à deux fois par semaine, surtout que tu viens de m’avouer qu’il te faisait quand même jouir. Honnêtement, je ne te comprends pas, Isa, mais je sais que quand tu t’es mis une idée dans la tête, tu ne l’as pas ailleurs. Ton échec avec le père de tes enfants ne t’a pas mis un peu de plomb dans la tête ?
Acculée, Isabelle s’énerve :
- — Laura ! J’attendais de toi du réconfort, pas des critiques !
L’intéressée riposte aussitôt :
- — C’est pour ton bien que je dis ça, crétine ! À ta place, je me rabiboche vite fait avec Laurent, même si je dois écarter les jambes une à deux fois par semaine. Je parie même que si tu lui fais une pipe à la place, c’est bon pour lui.
- — T’es vulgaire, Laura !
- — Et toi, t’es idiote, Isa !
Le silence s’installe, pesant. Tranquillement, Laura finit placidement sa viennoiserie. C’est Isabelle qui reprend la parole :
- — Donc toi, tu me conseilles de lui donner ce qu’il veut ?
- — C’est à toi de voir si tu veux que ton histoire continue avec Laurent ou pas. Moi, j’ai souvent écarté les jambes, je ne m’en cache pas, mais contrairement à toi, je ne jouissais pas à tous les coups. Pour un peu, je t’envierais presque !
Un tantinet dédaigneuse, la blonde balance :
- — Si t’en veux, je te le donne !
- — Je te rappelle que je suis mariée avec Jean-Pierre, et même s’il n’est pas une très bonne affaire au lit, il est cependant un bon mari et un bon père ! Et toi, tu parles par dépit, Isa. Soyons concrets, si tu veux bien : tu vas faire comment pour l’appart, pour ton train de vie, maintenant que tes revenus sont coupés en deux ?
- — Laurent m’aidera.
À moitié estomaquée, Laura lève les yeux au ciel :
- — Je te rappelle que c’est lui qui est parti, ce n’est pas toi qui l’as foutu dehors contre son gré. Il n’est pas dans la position du demandeur. Il ne va pas ramper à tes pieds pour te supplier de le reprendre ! Surtout avec ton caractère !
- — Et les enfants ?
- — Je te répète et re-répète qu’il n’a aucune obligation légale envers eux ni envers toi. De plus, je crois savoir que tes charmants bambins ne sont pas toujours tendres avec lui.
- — Ils sont ados… ça leur passera.
- — Dans combien de temps ?
Isabelle réfléchit puis annonce :
- — Je crois que je vais laisser un peu d’eau couler sous les ponts. Laurent reviendra, il n’est pas capable de se passer de moi.
- — Et tu crois qu’il acceptera tes conditions ? Parce que je parie ma paie du mois que c’est ça que tu as en tête.
- — C’est lui qui est parti, c’est lui qui veut et qui va revenir, donc oui, il doit accepter mes conditions !
- — Es-tu VRAIMENT certaine qu’il veuille revenir ? Réfléchis bien avant de me répondre, Isa…
La blonde marque un petit temps d’arrêt, puis elle hésite un peu :
- — Je… Je suppose que oui…
- — Comme Laurent est à présent dispo sur le marché, méfie-toi qu’on ne vienne pas te le piquer. Il a peut-être ses petites manies, mais ton homme est facile à vivre, admets-le ! Pas mal de femmes pourraient être intéressées, surtout sachant qu’il accepte les enfants des autres.
- — C’est quand même un acharné de tennis !
- — Il aurait pu être un acharné de bistro, ou de foot, envahissant ton salon avec tous ses potes lors des matches, et il y a plus de matches à la télé en une année que de nombre de fois où vous faites l’amour durant le même laps de temps !
Isa ne répond rien, sa copine de collège demande :
- — En parlant du fait qu’il accepte les enfants des autres, ce n’est pas un peu pour cette raison que tu t’es mise en couple avec lui ?
- — Euh… ça a un peu participé au choix, c’est vrai… Xavier n’avait pas du tout la fibre paternelle…
Entendant ce prénom masculin venu d’un lointain passé, la brune lève les yeux au ciel :
- — Ah oui, le fameux Xavier, j’oubliais ! C’est vrai que ce type était une tuerie, beau comme un dieu, mais il n’a jamais été bien fidèle. Ton ex-mari était un saint à côté de ce type !
- — J’aurais réussi à le convertir, moi !
- — Ah oui ? T’es même pas foutue de retenir Laurent alors qu’il est cent fois plus facile à vivre que celui que tu avais choisi au départ comme remplaçant au père de tes enfants. Arrête de rêver, ma grande !
Isabelle se met à bouder. Passant outre, Laura conclut :
- — Je te redonne mon conseil : réconcilie-toi avec Laurent. Et même si tu te sens trop vieille pour jouir, j’estime que deux pipes par semaine, ce n’est pas cher payé, comparativement au reste. Parce que tu n’auras plus les moyens de maintenir ton train de vie. Je sais, c’est bassement matérialiste, mais c’est un critère à ne pas négliger, surtout une presque quarantenaire avec deux ados pas toujours folichons.
- — Ça y est, t’as fini ?
- — Oui, ma grande, j’ai dit tout ce que j’avais à dire, mais je ne suis pas certain que ça imprime dans un coin de ton cerveau.
Puis, en soupirant, ayant fini son goûter, Laura se lève, indiquant clairement que leur rendez-vous est terminé.
Isabelle, Valériane et Gaël
Le soir même, lors du dîner à trois, Valériane, la grande fille d’Isabelle, met soudainement les pieds dans le plat :
- — Laurent est définitivement parti, c’est ça, maman ?
- — Qu’est-ce que tu racontes ? C’est juste qu’il découche à cause du boulot…
- — Ne me prends pas pour une demeurée, maman ! J’ai bien remarqué que ses affaires à lui n’étaient plus là, y compris ses trophées de tennis auxquels il tient tant !
Ayant presque fini son assiette, le garçon s’invite au bal :
- — Oui, c’est l’un de premiers trucs que j’ai remarqués. Vous avez déjà eu des disputes, Laurent et toi, mais là, ses trophées, ça doit être grave !
- — T’inquiète, Gaël, il reviendra. C’est juste une petite crise comme ça arrive dans tous les couples.
- — La dernière crise du même genre, c’était avec papa. Tu comprends que je me demande, quoi, car même si ça date, je m’en souviens très bien.
Isabelle s’énerve un peu :
- — Mangez, les enfants, au lieu de vous mêler des histoires des grands !
Aussitôt, l’adolescente se lève :
- — Ça va, j’ai compris : c’est mal barré pour qu’il revienne ! C’est vrai que je n’ai pas toujours été très gentille avec lui, mais je l’aime bien. Lui au moins, il s’est comporté comme un père, contrairement au mien !
Puis, elle part s’enfermer aussitôt dans sa chambre, en claquant le porte derrière elle. Resté avec sa mère, Gaël abonde dans le sens de sa sœur :
- — Moi aussi, je n’ai pas été très sympa avec laurent, alors que…
- — Il reviendra…
- — T’as dit la même chose pour Papa, il n’est jamais revenu… et j’ai la sinistre impression que mon papa bis va faire la même chose.
Tourmentée, Isabelle ne répond rien. Oui, c’est certain, Laurent reviendra, il ne peut pas se passer d’elle, il est impossible que cette rupture soit définitive !
Adrien
Nota : Laurent est le locuteur.
Ça fait maintenant deux semaines que je squatte chez Adrien, lequel possède une fermette au carré légèrement éloignée du centre-ville, habitation qui lui provient de sa grand-mère maintenant décédée. C’est celle-ci qui l’a réellement élevé. Devenu majeur, avec ses premières paies, Adrien a retapé une des dépendances afin d’en faire sa maison et ainsi rester proche de celle qui fut sa mère de substitution.
À la suite de deux échecs sentimentaux dans lesquels il a failli perdre sa chemise et aussi sa fermette, Adrien a décidé de rester célibataire et de bien profiter de la vie. Chose dont il ne se prive pas, ayant réaménagé le corps principal où il vivait, étant enfant.
C’est dans son ancienne maison que j’habite actuellement, ou plutôt que je dors, car en soirée, je bavarde beaucoup avec Adrien chez lui, sauf quand celui-ci taquine la gent féminine.
- — Ah, au fait, Laurent, jeudi en fin d’après-midi, j’invite deux filles pour profiter du jacuzzi qui est installé dans la petite grange.
- — Deux filles en même temps ? Quelle santé !
Adrien se met à rire de bon cœur :
- — Hahaha ! Pas cette fois-ci, parce qu’il y en a une pour toi et une pour moi !
- — Une pour moi ? Comment ça ?
- — Je connais tes goûts en matière de fille, et celle que je te destine te plaira à cent pour cent.
- — Fille ou femme ?
Adrien pose sa main sur mon épaule :
- — Je sais que tu ne les apprécies pas trop jeunes. Cinq ans de moins, ça te convient ?
- — Ça peut le faire… mais je ne sais pas si j’ai la tête à ça…
- — Tu penses à ton Isabelle, c’est ça ?
- — Oui. Honnêtement, je me demande quoi faire…
La main toujours sur mon épaule, Adrien relate une conversation récente :
- — Comme tu m’as raconté l’autre fois, quand t’as débarqué chez moi, t’en étais arrivé à l’extrême limite. Elle et toi, vous cohabitiez, la routine s’était installée, le feu sacré était devenu une simple bougie.
- — C’est vrai… mais… comment dire… est-ce une rupture définitive ou une simple crise passagère ?
Presque paternaliste, Adrien tapote sur mon épaule :
- — Je te comprends, je suis déjà passé par deux fois par là.
- — Oui, mais toi, tu étais tombée sur des sacrées profiteuses ! Isa n’est pas comme ça. Bon OK, elle est intimement persuadée de détenir la vérité vraie, mais elle ne profite pas.
- — Elle a aussi des idées bizarres…
- — Pas faux… Au début, c’était mignon, mais au fil du temps, c’est devenu agaçant.
Adrien retire sa main :
- — Bon, toujours est-il que je te propose de passer un bon moment avec deux charmantes dames. Ça te changera les idées, et ça ne t’engage à rien. Tu aviseras ensuite.
- — S’il se passe quelque chose, c’est comme s’il y avait tromperie.
Mon ami aurait dû être avocat, presque il objecte très logiquement :
- — Il ne peut pas y avoir tromperie, puisque vous êtes séparés, et qu’en prime, vous n’avez aucun lien légal entre vous, pas même un papier. Quand tu as mis les pieds ici, tu étais bien décidé à tourner la page, il me semble.
- — C’est vrai, mais maintenant, je suis moins affirmatif.
- — En plus, ton Isabelle n’a toujours pas daigné te contacter.
Ce n’est pas faux, Isa n’a pas cherché à renouer un quelconque lien. Je soupire :
- — Oh, telle que je la connais, elle ne s’abaissera pas à faire le premier pas, même si elle en a envie, sauf si elle ne peut pas faire autrement. Ce n’est pas dans ses habitudes. Néanmoins, elle ne s’oppose pas que ce que je vois ses enfants…
- — Et tu te fais du mouron pour une femme si têtue ?
- — Je croyais que c’était la bonne, que je vieillirai avec elle.
Adrien s’éloigne un peu, se dirigeant vers le bar :
- — On croit tous ça, mon vieux, et puis un beau jour, la réalité nous rattrape. En parlant de ça, jeudi, c’est après-demain. Alors, évite de faire une partie de tennis si tu envisages une partie de pénis !
- — Elle est usée jusqu’au bout de la corde, celle-là !
- — Je sais, je sais… Mais peut-être que vendredi matin, tu te réveilleras avec des idées nettement plus claires…
- — Ou nettement plus embrouillées !
Il pose deux verres sur le petit comptoir en bois vernis. Puis il me montre la bouteille qu’il vient de sortir de son casier :
- — En attendant, tu n’as rien contre un petit remontant ?
- — Voire deux !
Même si je suis séparé de leur mère, Valériane et Gaël me téléphonent de temps en temps. Ils sont même venus dormir ici le week-end dernier, et je sens que ça ne s’arrêtera pas là. Plus direct que sa sœur, Gaël m’a carrément confié :
- — C’est quand même beaucoup plus calme chez toi que chez maman !
Je suis obligé de reconnaître qu’il n’a pas tort…
Carla et Éliane
Nota : Laurent est toujours le locuteur.
Il y a environ deux ans, Adrien a installé un jacuzzi six places dans la petite grange qu’il avait restaurée peu avant. Ce qui lui permet de bénéficier de cette mini-piscine durant les quatre saisons, aidé parfois par des radiateurs radians. Aujourd’hui, ceux-ci ne seront pas nécessaires, puisqu’il fait beau ces derniers temps.
Quand les deux invitées sont arrivées, j’ai tout de suite deviné laquelle était planifiée pour moi, même si j’avais déjà vu l’autre femme. Je dois reconnaître qu’Adrien connaît mes goûts en la matière. Éliane a une certaine ressemblance avec Isabelle, mais autrement, ce qui n’est pas un mal.
Mais le récent célibataire que je suis attend d’écouter le ramage, même si le plumage me convient déjà parfaitement.
Là aussi, je ne suis pas déçu. Éliane est une femme comme je suis loin de les détester. Elle sort elle aussi de plusieurs années en couple, et elle ne compte pas replonger tout de suite, préférant goûter au mieux à sa liberté retrouvée. Elle aussi a eu sa période de doute, concernant son ex : revenir vers lui ou lui tourner le dos. À prime vue, c’est visiblement la seconde solution qui a prévalu, et ce, depuis plusieurs mois.
Je discute agréablement avec elle :
- — Donc, ça va faire maintenant neuf mois que vous êtes libre comme l’air ?
- — Oui, neuf mois, une nouvelle vie, comme le temps de gestation d’un bébé ! Mais si j’ai bien compris, vous, c’est très récent.
- — Un peu plus de deux semaines…
- — Ah oui, c’est très récent, et je parie que vous en êtes à la phase du doute.
Je pourrais mentir, mais je préfère dire la vérité, c’est plus simple ainsi, la probabilité de se trahir devient nulle en pareil cas :
- — Hmm… pas faux… Disons que, vu l’état de mon ex-couple, je pense que c’est définitif, mais je ne peux pas m’empêcher de douter de temps en temps, de penser qu’avec un peu de bonne volonté de la part des deux parties, ça pourrait peut-être refonctionner comme avant…
- — Au moins, vous êtes honnête avec vous-même.
- — J’essaye… Se mentir à soi-même n’est pas le meilleur service à se rendre…
- — J’aime bien votre façon de voir…
De son côté, j’apprécie la façon qu’elle a de me regarder. Visiblement, ma voisine s’intéresse à ma personne. C’est une bonne surprise. Je commence à songer à me laisser tenter si jamais une opportunité se présente.
De son côté, Adrien lutine sans complexe avec Carla. Ce n’est pas la première fois que ça arrive, puisque ça va faire maintenant six mois (ou plus) que mon ami se focalise sur cette rousse incendiaire. Je ne peux lui donner tort, à sa place, je ferai sans doute la même chose.
Soudain, Adrien lance à la cantonade :
- — Et si on allait faire un petit tour dans le jacuzzi ? La température doit être OK.
Quelques minutes plus tard, vêtu de maillots de bain, tout ce petit monde se retrouve dans l’eau chaude. Une minute après, Adrien programme une séance de bulles et de remous, je reconnais que ça détend, même si je ne sais pas trop sur quel pied danser. Juste à côté de la commande du jacuzzi, mon ami a posé une grosse boîte de préservatif, le message est assez clair, je crois.
Du moins, pour lui et Carla…
Dans son bikini rose pâle qui donne l’impression qu’elle est presque nue, Carla se colle impudiquement contre son voisin qui se fait un plaisir de la peloter et de la couvrir de petits bisous. Je me sens presque de trop, mais la présence à mes côtés d’Éliane atténue cette mini-gêne, d’autant que les remous font agréablement danser ses seins dans son bikini.
Il est ainsi des spectacles dont on ne se lasse pas. Face à moi, Carla et Adrien forment un autre type de spectacle, totalement indifférents au fait qu’ils ne soient pas seuls dans le jacuzzi. Je jette un furtif coup d’œil vers ma voisine, elle ne semble pas gênée ni offusquée.
Éliane a sûrement surpris mon regard vers elle, puisqu’elle me confie :
- — Nous sommes majeurs et vaccinés, il me semble…
- — Oui, depuis un bon paquet d’années…
Glissant impudiquement sa main entre mes cuisses, elle murmure :
- — En parlant de paquet… et si nous nous intéressions au vôtre ?
- — Vous êtes directe…
- — Je n’aime pas perdre de temps.
- — Dans ce cas…
À mon tour, je glisse ma main entre ses cuisses, bien décidé à dénicher où se cache une certaine protubérance fort sensible. Pourquoi refuser un petit plaisir quand tout le monde est consentant ? Je constate que mon scrupule d’infidélité, raillé par mon ami, s’est évaporé. Quelques instants plus tard, nous nous masturbons réciproquement, tout en nous dévorant les lèvres.
Ça faisait un certain temps que ça ne m’était pas arrivé, et c’est rudement bon !
Puis je décide de passer à la vitesse supérieure en ôtant le maillot de ma nouvelle partenaire. J’en profite ensuite pour déguster sa poitrine, chose qu’Éliane semble apprécier de ma part. Derrière moi, l’autre couple est déjà en train de faire l’amour à grands coups de cris étranglés.
- — Ah oui ! Ooh oui, vas-y ! Oooh ouiii ! Encore !
Peu après, m’étant protégé, Éliane et moi suivons le même chemin. C’est ainsi que j’ai le plaisir de lui faire plusieurs fois l’amour dans diverses postures et positions, sans quitter le jacuzzi.
Tandis que nous sommes face à face, Éliane assise sur moi, ses seins plaqués sur mon torse mouillé, ma verge encapuchonnée rivée en dans ses profondeurs intimes, sa bouche près de la mienne, mon amante murmure :
- — Je constate que tu avais une grosse envie, Laurent…
- — J’ai toujours envie, Éliane. C’est toi qui me donnes cette envie !
- — Hmm… dans ce cas, continue comme ça…
Elle n’a pas eu besoin de me le redire deux fois…
Isabelle et Valériane
Isabelle et sa grande fille Valériane reviennent d’un rendez-vous neutre avec Laurent, une première approche pour voir si une éventuelle réconciliation était envisageable. Celui-ci a duré environ un gros quart d’heure. Puis chaque partie est repartie dans son coin. Valériane reste silencieuse durant le trajet de retour.
Arrivée chez elle, Isabelle ne cache pas sa satisfaction :
- — Et voilà une bonne chose de faite !
- — Je me demande franchement pourquoi tu m’as emmenée avec toi…
- — T’es concernée, non ?
Rangeant son manteau, Valériane grimace :
- — C’était un truc à régler entre vous deux… Tu ne crois pas ?
- — C’était pour mieux lui faire comprendre que je n’étais pas la seule impliquée dans son départ.
- — C’était peut-être aussi une façon de ne pas aborder réellement le problème et de tout lui mettre sur le dos.
- — Bien sûr que c’est lui qui doit avoir tout sur le dos !
Entendant cela, l’adolescente met sa tête dans ses mains :
- — Maman !!!
- — Eh quoi, Valériane ?
- — T’as tout foiré !!
Interloquée, sa mère rétorque :
- — Comment ça, j’ai tout foiré ? Laurent a bien dit qu’il y réfléchirait, non ?
- — Pff, t’as pas compris qu’il a dit ça de façon diplomatique, afin qu’il puisse partir sans qu’il y ait du dégât ?
- — Attends, attends : qu’est-ce qu’il te faut de plus ? Je lui pardonne, on efface l’ardoise et c’est reparti.
Relevant la tête, Valériane soupire :
- — Ce que tu viens de dire est la preuve que tu es totalement à côté de la plaque, maman. Il est parti parce que la vie entre vous deux n’était plus possible. Il n’a rien à se faire pardonner, c’est plutôt toi avec ta manie de vouloir tout régenter et tes folies passagères !
- — Mes folies passagères ? Comment ça, mes folies passagères ?
L’aînée s’agite un peu plus :
- — Environ tous les mois, tu nous inventes un truc chelou ! Comme devoir manger du brocoli à tous les repas, y compris au p’tit déj, ou de faire du stepping, même avant d’aller dormir.
- — Mais c’est pour notre bien à tous !
- — Écoute, ’man, je ne suis plus une petite fille depuis un certain temps, mais j’ai vite deviné pourquoi Laurent est parti, je veux dire : la goutte d’eau.
- — Ah oui ? Et pourquoi, je te prie ?
L’adolescente s’en sort par un euphémisme :
- — Le sport en chambre !
- — Le… le…
Sans se démonter, Valériane se lance dans une explication circonstanciée :
- — Le sport en chambre. Il n’y a pas si longtemps de ça, c’était souvent le boxon dans votre chambre ! Depuis un certain temps, une flopée de mois, c’est le calme plat. Et ça coïncide avec une de tes nouvelles découvertes fumeuses sur l’épanouissement des femmes sans la tyrannie des hommes. Je te cite texto.
- — Tu ne vas pas me reprocher d’être féministe !
L’adolescente riposte :
- — Pas du tout, je le suis moi-même, mais il y a féministe et féministe. Certains mecs sont des abrutis finis, c’est vrai, mais il ne faut pas mettre tous les hommes dans le même sac.
- — Je n’ai jamais considéré Laurent comme un abruti fini !
- — Mais ça ne t’empêche pas de le priver de quelque chose à laquelle il tient beaucoup et à laquelle tu semblais beaucoup tenir aussi avant. Pas besoin de te faire un dessin, je suppose !
Isabelle semble découvrir la métamorphose de sa fillette en presque femme. Celle-ci continue :
- — Je ne suis pas une experte en couple, mais je sais au moins que ça doit fonctionner dans les deux sens. Je reconnais que, moi aussi, je n’ai pas facilité la vie à Laurent. Il a dû faire la balance entre avantages et inconvénients, et du coup, il est parti.
- — La balance ?
- — Mais tu te rends compte, maman, qu’il n’est même pas parti pour une autre femme, mais à cause de nous ? C’est pire !
Assez surprise, Isa balbutie :
- — Tu… tu veux rire ?
- — Non, je ne rigole pas, j’ai même envie de pleurer ! Mais tu es incapable de voir que tu as la manie de tout régenter de A à Z. Même ma façon de m’habiller ! Je ne demande pas grand-chose, mais tu n’es même pas capable d’accepter que je sorte en jeans !
- — Mais c’est trop moulant !
- — Toutes les filles de mon âge s’habillent en jeans, c’est la mode cette année. Un jeans, c’est quand même pas une jupe au ras de la moule ! Merde quoi !
- — Valériane !!
Le silence s’installe. L’adolescente reprend :
- — Je ne pense pas que Laurent reviendra. J’espère me tromper, mais vu la façon dont s’est déroulé le rendez-vous, j’ai des doutes.
- — Il n’a pas protesté, il me semble, il était d’accord !
- — Il t’a simplement écoutée, maman. Et ce n’est pas parce que quelqu’un t’écoute qu’il dit « oui, amen » à ce que tu dis. Et puis, depuis le temps, tu sais comment Laurent se comporte, non ?
- — Mais, s’il a quelque chose à me dire, qu’il me le dise.
Valériane s’énerve un peu plus :
- — Mais il te l’a dit ! Mais tu ne l’as pas écouté ! T’es resté branché sur TA vision des choses.
- — Et il m’a dit quoi ?
- — C’est bien la preuve que tu ne l’as pas écouté. Il a évoqué le fait de se revoir de temps à autre.
- — Euh… c’est vrai, mais c’est plus simple qu’il revienne comme avant, non ?
- — Pour que ça redevienne exactement comme avant ? Non, t’as décidé ton truc, alors que je trouve que c’était raisonnable de sa part d’y aller petit à petit, et peut-être reprendre la vie à commun. Mais non, t’as fermé la porte à cette possibilité.
Un peu secouée, Isabelle argumente :
- — Mais, Valériane, un couple, ça vit ensemble !
- — Vous n’êtes plus un couple, maman ! Vous êtes séparés ! Vous êtes en crise ! Redescends sur terre, s’il te plaît. Laurent est parti parce qu’il pensait qu’il n’y avait plus rien que des habitudes entre vous, entre nous. Laurent est un passionné, faut voir avec le tennis ! Il lui faut quelqu’un avec qui il échange des balles, ce qui était le cas au début, entre vous deux. Et puis, tu lui as refilé une raquette trouée !
- — Moi ? J’ai fait ça ?
L’adolescente s’apprête à se lever :
- — Oui, tu as fait ça, mais tu ne t’en rends même pas compte. Et si t’es pas foutue de t’en rendre compte, alors Laurent n’est pas près de revenir.
- — Je suis une adulte, moi, je sais mieux que toi !
Puis l’air las, Valériane se lève :
- — Je crois que ça sert à rien qu’on continue… Et je persiste à croire que t’as tout foiré, alors qu’il y avait quand même une bonne lueur d’espoir. J’ai bien vu comment il te regardait au début du rendez-vous…
- — Au début ?
- — Oui, au début… mais il te regardait autrement à la fin. Et pas dans le bon sens !
En soupirant, Valériane part s’enfermer dans sa chambre, laissant derrière elle sa mère assez incrédule et perplexe.
Alex
Nota : Laurent est à nouveau le locuteur.
Dire que mon rendez-vous avec Isa fut un désastre serait mentir. Néanmoins, il m’a confirmé dans l’idée que je n’avais pas fait une énorme bêtise en partant. J’ai eu confirmation qu’Isa n’a pas changé et qu’elle ne changera pas de sitôt.
À moins qu’elle veuille à tout prix se donner le bon rôle…
Pour imposer ses vues, comme toujours…
Finalement, il est nettement préférable que je continue ma relation avec Éliane, même si mon amante préfère conserver sa liberté, et qu’elle exclut une quelconque vie à deux, même pour quelques jours, sauf éventuellement pour des vacances.
En parlant de vacances, mon fils est actuellement chez moi (ou plutôt chez Adrien). Il est assez désolé que la situation, d’autant qu’il s’entend bien avec les enfants d’Isabelle. En effet, il n’y a jamais eu de souci entre les trois jeunes, Alex jouant très bien son rôle de grand frère envers Gaël, et celui de jumeau avec Valériane, puisqu’ils sont nés presque en même temps.
Alors que nous sommes dans la cuisine, mon fils lâche :
- — C’est con ce qui arrive… je verrais moins Valé et Gaël…
- — Un peu moins, c’est vrai, mais je pense qu’il y a toujours moyen de s’arranger. Ils sont déjà venus dormir ici.
- — Oui, je sais, mais c’est pas très synchrone avec mon emploi du temps. Au fait, ta rupture avec Isabelle, c’est momentané ou définitif ?
- — Honnêtement mon grand, je n’en sais strictement rien. Je suis moi-même dans le brouillard.
Accoudé à la table, Alex fait la moue :
- — J’espère que tu y verras plus clair dans peu de temps, qu’on sache sur quel pied danser. Je suis moins concerné par ce qui t’arrive maintenant, mais je me rappelle encore ce qui est arrivé quand maman et toi avez rompu.
- — Pourtant, tu n’étais pas vieux, tu étais au CP, il me semble.
- — Je sais, mais ça marque, figure-toi. Mais une fois recasés chacun dans votre coin, tout s’est apaisé, quasiment du jour au lendemain.
Puis Alex change complètement de sujet, ce qui m’arrange. Je me suis demandé s’il n’allait pas vouloir en savoir plus sur cette histoire de recasement. J’avoue que, sa mère et moi, c’est une erreur de jeunesse, en ce sens que, si nous nous aimions, nous n’étions pas vraiment compatibles dans la vie de tous les jours. Elle était plutôt une (très bonne) maîtresse qu’une épouse…
Soudain, Alex regarde sa montre :
- — Déjà ? Bon, faut que j’aille en ville. Je t’en avais parlé en arrivant…
- — Tu veux que je te dépose ?
- — Oui, ça m’arrangerait, merci ! Parce que les bus par ici, c’est un toutes les heures. Si tu peux, dépose-moi à la porte de Paris, ça m’ira très bien.
Amusé, je lui fais remarquer :
- — Vu que tu t’es coiffé et habillé avec soin, je suppose qu’il y a une fille là-dessous. Toujours la même ou une nouvelle ?
- — Ça va faire plus de deux mois qu’on sort ensemble, presque trois… Je sais, je ne t’en ai pas parlé, parce qu’avec Line, c’est un peu… euh… spécial…
- — C’est-à-dire ?
- — C’est une copine que je la connais depuis un bon bout de temps, et jamais je n’aurais pensé sortir un jour avec elle. Je ne comprends toujours pas pourquoi ça m’est tombé dessus d’un seul coup. Line est différente de toutes les autres filles. Elle est… enfin… euh…
J’abrège à ma façon :
- — Tu t’es réveillé un beau matin en te disant que c’était évident que ce soit elle, c’est ça ?
- — Voilà, exactement ! Si, moi, j’ai été surpris, elle aussi, elle l’a été quand je lui ai fait ma déclaration ! Elle n’en revenait pas ! Sur le coup, elle a cru que je déconnais, et là, je ne sais pas ce qui m’a pris, je l’ai embrassée, et pas qu’un peu !
Une sacrée façon de se jeter à l’eau ! Je le gronde faussement :
- — C’est pas bien, mon garçon, de forcer la main à une fille !
- — Je sais ! Une fois le baiser fini, je me suis senti comme le dernier des imbéciles, je n’en menais pas large, mais je refusais de la lâcher. J’aurais dû, mais je n’y arrivais pas. Je ne voulais pas la lâcher, je voulais la garder à moi…
- — Je comprends… Et alors ?
Son visage affiche à la fois une expression incrédule, mais ravie :
- — Eh ben… c’est elle qui m’a embrassé !!
- — Tout est bien qui finit bien.
- — Tu peux le dire ! Quand on a discuté sérieusement, elle et moi, on s’est rendu compte que… que ça faisait un bout de temps qu’on était amoureux l’un de l’autre sans le savoir. C’est dingue, ça, quand même !
- — Et c’est seulement maintenant que tu m’en parles, au bout de deux bons mois ?
Tout en me répondant, Alex regarde ailleurs :
- — On a décidé de ne rien dire à nos parents, histoire de voir si… si on ne faisait pas fausse route, elle et moi, parce que tout ça, c’est tellement… bizarre… Mais maintenant, on est sûr de nous. À ce propos, il faudra que je te la présente…
- — Que tu me la présentes ? On dirait que c’est sérieux entre vous deux.
Mon fils me regarde à nouveau :
- — Oui, c’est sérieux… même si on n’a que deux mois au compteur, en réalité, ça se compte déjà en années.
- — Eh bien, je vais te conduire en ville pour que tu puisses rencontrer ta dulcinée. Au fait, ta mère est au courant ?
- — Non, pas encore. Rappelle-toi, Line et moi, on a décidé d’attendre un peu. Tu es le premier à savoir.
- — Merci de ta confiance, Alex.
Je suis content pour lui. Il est un peu jeune pour que sa Line soit sa future compagne, mais je connais des personnes qui étaient plus jeunes que lui quand ils ont rencontré leur conjoint(e).
Laura
Nota : Laurent continue d’être le locuteur.
À ma grande surprise, Laura vient carrément sonner à ma porte. Elle a eu de la chance que je sois là, Adrien est parti passer la nuit chez sa dulcinée et je viens juste de rentrer du club de tennis. Intrigué, je la laisse rentrer. Quelques instants plus tard, nous commençons à discuter autour de deux verres posés sur la table basse. Ma visiteuse rentre rapidement dans le vif du sujet :
- — Je suis au courant pour votre dernier rendez-vous, à Isa et toi.
- — C’est Isa qui t’en a parlé, je suppose ?
- — Un peu, mais c’est surtout sa fille qui m’a bien expliqué comment ça s’est réellement passé. Pour elle, sa mère s’est royalement plantée.
- — Valériane est plus perspicace que sa mère.
Tandis que je bois une gorgée, Laura se penche vers moi :
- — Donc, tu confirmes son diagnostic ?
- — Oui.
- — Ah ! Laisse-moi deviner : comme toujours, Isa n’en a fait qu’à sa tête, sans trop te demander ton avis, c’est bien ça ?
- — Exactement. Magnanime, elle me pardonne, elle efface l’ardoise, et on reprend les choses où elles en étaient avant.
Laura rougit un peu en demandant :
- — Et… et pour les relations intimes… il se passe quoi ?
- — Bonne question, Laura ! Le sujet n’a pas été abordé. La présence de Valériane y fut peut-être pour quelque chose…
- — Ah ! Donc ce rendez-vous n’a servi à rien !
- — Pas tout à fait… Il m’a parfaitement démontré que rien n’avait changé et que, sans doute, rien ne changerait, et que je n’avais pas beaucoup d’illusions à me faire.
- — Ah merde !
Cette exclamation fut spontanée et vigoureuse. Je regarde fixement ma visiteuse imprévue :
- — Laura, je peux te demander pourquoi tu es venue ? Jouer les entremetteuses ?
- — Isa est ma grande copine depuis le collège. Je n’ai pas envie qu’elle soit malheureuse, d’autant que votre couple fonctionnait comme sur des roulettes.
- — Je mettais quand même beaucoup d’eau dans mon vin. Mais quand j’en suis arrivé à ne boire que de l’eau, j’ai compris que c’était fini.
- — Ah c’est con ! Vous faisiez un si beau couple ! J’aurais aimé que le mien soit pareil au vôtre. Du moins, celui de vos débuts…
Je me souviens de quelques anecdotes au sujet du couple formé par Laura et Jean-Pierre. Je ne peux pas dire que son mari soit un très joyeux drive. Bien des experts-comptables très austères sont plus fun que lui. Mais il est solide, on peut compter sur lui.
- — C’est vrai que ton couple est… comment dire… assez conventionnel.
- — Je sais que je peux compter sur Jean-Pierre, mais il manque de… euh… peps…
- — Au moins, il est fiable.
- — C’est vrai, c’est un bon mari, c’est un bon père, rien à redire, mais il est si prévisible, routinier, et parfois, ça vire à l’ennui.
Bien que je sois mal placé pour jouer les conseillers conjugaux, je propose :
- — À toi de le secouer, de le bousculer un peu…
- — Je n’ai pas attendu après toi, figure-toi. Mais il reste impassible à chaque fois, c’est décourageant.
- — Tu veux que je lui en touche un mot ?
Elle me regarde avec des grands yeux étonnés :
- — Euh… c’est pas pour ça que je suis venue !
- — Mais je suppose que tu ne serais pas contre, Laura…
- — Euh… pourquoi pas…
Si je peux être utile à quelque chose, autant ne pas se priver :
- — Si ça peut sauver ton couple, ça vaut le coup, tu ne crois pas ?
- — Euh… si… Tu sais, mon couple est nettement moins en danger que le tien.
- — Pour l’instant, Laura, pour l’instant. Mais les petits ruisseaux font les grandes rivières. J’en sais quelque chose.
Nous discutons de diverses autres choses. Curieuse, Laura essaye de savoir si j’ai réussi à me dénicher une autre compagne. Je reste vague en répondant que c’est un peu tôt, et qu’il faut laisser du temps au temps.
Avant de s’en aller, Laura me dit :
- — Elle n’est pas trop mal, cette petite maison.
- — C’est l’ancienne maison d’Adrien, celui qui m’héberge. Lui, il crèche dans la ferme qui est juste derrière.
- — Une ferme au carré, si j’ai bien compris la chose en arrivant ?
- — C’est ça : une ferme au carré avec une petite cour pavée.
Elle me fait la bise. Nous nous séparons. C’est en la voyant s’éloigner que me vient l’étrange idée que j’ai peut-être manqué l’occasion de la retenir et de la séduire !
Valériane
Nota : Laurent est toujours et encore le locuteur.
Deux jours après la visite de Laura, je me retrouve nez à nez avec Valériane qui vient de sonner chez moi. Je la fais entrer :
- — Que me vaut le plaisir de ta visite impromptue, Valériane ?
- — Devine !
- — Ta mère et moi, je suppose.
- — Oui, Laurent. Ma mère est persuadée que tu vas revenir en te pliant à ses… euh… souhaits. Mais moi, j’ai la sinistre impression que tu ne reviendras pas.
Je constate que l’inquiétude se lit sur son visage. Je réponds de façon très pragmatique :
- — Pour être franc, je n’ai pas d’idée arrêtée sur le sujet. Tu veux boire quelque chose ?
- — T’as du coca ?
- — J’ai ça, en version originale, je sais que tu détestes la version lite.
- — Oui, pas lite, pas zéro, s’il te plaît, j’aime pas ça !
- — Je sais, je sais.
Nous nous installons dans le salon. Je prends la parole :
- — Il faudra que je revoie ta mère, mais en tête-à-tête, car nous n’avons pas pu discuter sérieusement la dernière fois.
- — Je m’en doute ! Franchement, j’ai pas bien compris pourquoi elle a insisté pour que je vienne… ou plutôt, j’ai peur de comprendre…
Me souvenant de diverses choses, je soupire :
- — Ta mère ne raisonne pas toujours de façon très logique. Elle raisonne avec sa logique à elle à laquelle on ne comprend pas toujours grand-chose.
- — Oui, c’est pas faux…
Elle vide la moitié de son verre. Puis tenant son verre à deux mains, elle se lance :
- — Il se passera quoi, si vous ne recollez pas les morceaux ?
- — Précise ta pensée, Valériane…
- — Ben… Gaël et moi, on devient quoi par rapport à toi ?
- — Vous n’avez pas à subir des problèmes entre adultes. Même si nous ne sommes pas du même sang, tu es néanmoins ma fille, Valériane. Tu seras toujours la bienvenue ici, ainsi que ton frère.
Elle me regarde avec des yeux humides :
- — Merci, Laurent…
- — Ma porte t’est ouverte, idem pour ton frère, mais téléphone avant pour vérifier si je suis là. Tu as eu beaucoup de chance que je sois là.
- — C’est vrai que je suis venue ici sur un coup de tête…
J’explique ce que je pense être la suite des événements concernant mon ex-couple :
- — Écoute, je vais essayer de revoir ta mère en tête-à-tête. Je reconnais que le premier rendez-vous ne m’a pas beaucoup incité à remettre le couvert. J’ai aussi des doutes sur le fait que ta mère change un minimum, mais qui ne risque rien n’a rien.
- — Je préférerais qu’elle change au moins un peu… elle a souvent de ces idées !
- — C’est l’une des raisons pour laquelle je suis tombé amoureux d’Isa. Mais les idées saugrenues ont empiré avec les années.
Ma quasi-fille me balance une petite volée de bois vert :
- — Quelque part, c’est ta faute, Laurent ! T’as été trop cool avec ma mère, t’aurais dû la recadrer bien avant !
- — Ben voyons, jeune fille ! On dirait que tu ne connais pas ta mère !
- — Oh si ! Je peux même te dire que, parfois, elle est chiante, vraiment chiante : quand elle a quelque chose dans le crâne, elle ne l’a pas ailleurs. Mais t’aurais quand même dû la recadrer un peu plus souvent.
Je lui fais remarquer :
- — Dans ce cas, notre séparation aurait été actée depuis quelques années…
- — C’est reculer pour mieux sauter.
- — Et c’est toi qui me dis ça ?
Impitoyable, elle continue :
- — Je ne sais pas pourquoi, mais je parie que ça n’aurait pas déplu à maman que tu mettes parfois le holà.
- — J’ai plusieurs fois fait ce genre de chose, je te signale.
- — Il faut croire que tu n’as pas réussi à trouver la bonne façon de le faire.
- — Eh bé ! Quelque chose me dit que ton futur mari va bien rigoler avec toi !
Valériane reste impassible :
- — Je dis les choses telles que je les pense, Laurent. Mais je ne cherche pas à imposer mes vues, je sais très bien que je peux me tromper.
- — C’est tout à ton honneur de le savoir.
Une certaine ombre passe sur son visage :
- — Euh… Laurent… ça ne remet pas en cause le fait que… qu’on puisse toujours se voir par la suite, même si…
- — Mais non, n’aie pas d’inquiétude à ce sujet.
- — Merci, Laurent. Mais pense à ce que je viens de te dire, si tu désires te remettre en couple avec maman. Parce que, moi, j’aimerais bien qu’on reforme une famille à quatre, et parfois à cinq avec Alex.
- — C’est vrai que vous, les enfants, vous vous entendez bien, tous les trois.
Puis la conversation devient beaucoup plus calme. Valériane sait ce qu’elle veut et elle sait le dire, parfois trop abruptement, ce n’est pas d’aujourd’hui. Mais c’est vrai que, contrairement à sa mère, elle accepte d’écouter les autres avis, et parfois, elle en tient compte, surtout quand il s’agit de tennis, car elle et moi jouons parfois dans le même club.
Jean-Pierre
Nota : Laurent reste le locuteur.
Comme je l’avais promis à Laura quand elle est venue chez moi, je suis en train de discuter avec Jean-Pierre, son mari. Alors que nous venons de terminer une partie de tennis et que nous nous reposons, celui-ci m’assène directement sans fard :
- — Honnêtement, je pensais que tu serais parti plus tôt.
- — À ce point ?
- — Isa est une femme très bien, très belle, mais à petites doses. Du moins, c’est mon avis. Laura est nettement plus reposante.
- — Justement, c’est cet aspect des choses qui m’amène.
- — Je ne comprends pas…
Je lui explique alors que sa femme m’a plus ou moins demandé de discuter avec lui pour qu’il devienne un peu plus empressé. Il tombe des nues :
- — Mais pourquoi Laura ne m’en a pas parlé avant ?
- — Elle doit estimer que c’est une conversation entre hommes.
- — Tu parles !
Je me lance dans une explication pseudo-psychologique :
- — J’ai cru comprendre que Laura n’est pas très à l’aise dès qu’on parle de choses assez olé-olé. Elle me semble franchement être dans le schéma : l’homme propose, la femme dispose.
- — Je croyais que ça se discutait en couple, ces choses-là ?
- — Ça dépend des femmes. Peux-tu comparer Isa à Laura ? Non, elles sont très différentes. J’insiste sur un point qui me semble essentiel : ta femme était venue pour y voir plus clair dans mon couple. C’est par inadvertance que j’ai su des choses sur le tien, et que j’ai réussi à la faire parler.
Rictus aux lèvres, Jean-Pierre fronce des sourcils :
- — T’as bien de la chance !
- — Ne t’énerve pas ! Elle n’y est pour rien.
- — Elle et moi, nous sommes un couple, non ? Elle aurait pu m’en parler avant de le crier sur tous les toits !
- — T’es excessif, Jean-Pierre ! C’est peut-être ça qu’elle redoutait : que tu penses que tu fasses mal la part des choses. Je te rassure, Laura m’a affirmé que tu étais un bon mari et un bon père.
Il se radoucit un peu :
- — C’est déjà ça de pris. En revanche, je suis plan-plan, c’est ça ? Elle souhaite que je sois un Indiana Jones des villes avec son fouet, c’est ça ?
- — Ne vire pas dans les extrêmes, Jean-Pierre. Laura t’aime, elle souhaite que tu sois un peu plus démonstratif, c’est tout. Ton mariage n’est nullement en péril.
Assez rassuré, Jean-Pierre semble réfléchir à ce que je viens de dire. Puis, calmement, il demande :
- — Puisque tu es là, Laurent, tu me conseilles de faire quoi ?
Je ne m’attendais pas à cette demande de sa part. Je ne suis pas expert en la matière, je creuse un peu ma cervelle avant de répondre :
- — C’est quand la dernière fois que vous êtes allés au restau ?
- — Le week-end dernier.
- — Je veux dire : Laura et toi, sans les enfants.
- — Ah oui… Là, ça date…
- — Et le théâtre, le ciné et j’en passe ?
- — Je vois ce que tu veux dire… Bon, demain soir, j’invite ma femme au restau, je caserai mes enfants pour la nuit chez ma mère.
À moitié amusé, je m’exclame :
- — T’es rapide à la détente, toi ! Ne verse pas dans l’excès inverse, s’il te plaît !
- — C’est vrai que, dans le temps… on se faisait des petits restaus à deux, avec un second dessert très torride… Mais ça date un peu… un peu beaucoup…
- — Ce n’est pas parce que tu as deux fois vingt ans que tu ne dois plus de comporter de façon fougueuse…
Peu après, nous nous sommes séparés. Le surlendemain, je reçois deux coups de fil, un de Laura et un de Jean-Pierre. À prime vue, d’après ce que j’ai pu entendre, cette sortie à deux s’est très bien passée. Tant mieux pour eux deux.
Laura : je ne sais ce que tu lui as raconté, mais Jean-Pierre a été plus que largement à la hauteur ! J’ai passé une très bonne soirée. Je ne te dis que ça ! Merci encore !
Jean-Pierre : t’avais raison sur « ton homme qui propose et ta femme qui dispose ». Je crois que j’ai pigé le truc. J’ai franchement eu l’impression de diviser mon âge en deux ! Et puis quelque part, ça m’arrange de me comporter parfois de la sorte.
Si un jour, je suis au chômage, je me recycle comme conseiller conjugal !
Éliane
Nota : Laurent is still the speaker.
Pour moi aussi, tout se passe bien avec Éliane. C’est la quatrième fois que j’ai le plaisir de l’accueillir chez moi, et elle ne se déplace pas pour rien, car j’adore lui démontrer que je raffole de sa petite personne.
Ma visiteuse ne s’embarrasse pas de circonvolutions : aujourd’hui, à peine arrivée, elle ôte tous ses vêtements, ne conservant que sur elle un peu de lingerie dont elle connaît parfaitement l’effet sur la libido masculine et donc la mienne.
Je contemple à présent une belle femme nue, si on excepte des bas, un porte-jarretelles et des talons aiguilles. J’avoue que ce sensuel spectacle met en fête ce qu’il y a sous ma ceinture, dans mon pantalon, ce qui n’échappe pas à Éliane :
- — Déjà en forme ?
- — Tu es trop bandante ! Tu n’as jamais provoqué d’arrêt cardiaque à quelqu’un ?
Elle se met à rire :
- — Ah non, pas encore ! Quoique…
- — Raconte !
S’approchant de moi en une démarche chaloupée qui fait osciller sensuellement ses seins, elle explique :
- — C’était avec un gugusse qui s’est trouvé mal, ayant réalisé que je n’allais pas me contenter que de deux fois… il a eu un mal de chien pour recharger ses batteries, et il a péniblement réussi son triplet, mais complètement vidé, comme s’il avait dû courir le marathon.
- — Laisse-moi deviner : il avait prétendu être très endurant ?
- — Tu as tout compris.
Elle se presse contre moi, mes mains se posent sur ses lombes. Elle continue :
- — Mais toi, tu ne lui ressembles pas.
- — J’en suis fort aise !
- — Pour être franche, tu n’es pas le plus endurant, mais tu sais être varié.
Je suis un peu déçu par cette confidence. Pour compenser, mes mains saisissent les fesses rondouillettes qui sont à sa portée :
- — Je ne suis pas le plus endurant ?
- — Eh non ! Faut dire que le bonhomme était carrément une bête de sexe, avec sans problème un taux de réussite à deux chiffres.
- — Et pas à trois chiffres ?
Se frottant contre moi, elle fait la moue :
- — Idiot ! Même une nympho ne résisterait pas !
- — Il paraît que certaines actrices X ont dépassé la centaine, aidées par beaucoup de participants.
- — Pff, je n’aime pas le travail en usine ! Je préfère le travail bien fait, artisanalement !
- — Dans ce cas, laisse-moi être ton artisan…
Ce que je commence à prouver aussitôt pour sa plus grande joie. Elle aime les démonstrations assez vigoureuses, ce qui m’arrange puisque j’ai un peu de retard à rattraper !
Malheureusement, le jacuzzi n’est pas disponible aujourd’hui. Adrien a dû le vider hier pour le nettoyer. Il faut bien avouer que beaucoup de cochonneries ont été faites dedans, et que l’eau commençait à prendre un aspect douteux…
Si le jacuzzi est un bon endroit pour batifoler, la chambre à coucher aussi.
Éliane est peu complexée : quand elle désire, elle prend. Elle n’hésite pas non plus à demander, bien que, souvent, je la devine avant qu’elle ouvre la bouche. Bouche dont elle sait fort bien se servir sur mes lèvres, sur ma peau, sur ma verge…
- — Hmmm… oui… comme ça… très bien…
Tandis qu’elle caresse mes cheveux, je suis entre ses cuisses, en train de lécher copieusement sa fente dégoulinante. C’est le cas de le dire, car sa cyprine est abondante, mais pas au point d’être fontaine. J’adore la faire jouir de la sorte, largement récompensé par ses cris et ses saveurs.
- — Ah ! Aah ! Oooh… OUIIII !
Je ne le dirai jamais assez : c’est beau, une femme qui jouit et qui s’abandonne…
Pour changer un peu, je suis allongé sur le dos, avec Éliane qui me chevauche de face, ce qui me permet d’avoir ses seins en mains, ce dont je ne me prive pas, malaxant ses masses molles et tièdes. Enfiévrée, elle tourbillonne autour de ma verge bien ancrée en elle, lancée dans une cavalcade effrénée. Tandis que je masse avec convoitise sa poitrine, je m’inquiète un tantinet pour mon cinquième membre, me demandant si toute cette folie ne va pas le déraciner !
Peu après, nous jouissons ensemble, totalement synchrones, chose qui ne m’arrivait pas souvent avec Isa, puisque je m’arrangeais à la faire décoller avant moi, pour que je puisse profiter de son corps alangui par le plaisir pour venir à mon tour.
Deux femmes qui se ressemblent, mais avec quelques différences ci et là…
Line
Nota : le locuteur, Laurent est <(-_-)>
Mon fils vient de téléphoner pour savoir si j’étais disponible, là dans la demi-heure qui suit. J’ai répondu que oui, il pouvait venir. Un peu plus tard, quand j’ouvre la porte, je découvre qu’Alex est venu avec Valériane. Après les salutations et avoir fermé la porte, m’adressant à mon grand garçon, je m’étonne à moitié :
- — Tu t’inquiétais de ne plus voir Valériane, je constate avec plaisir que ce n’est pas le cas.
- — Quand Isa et toi vous êtes séparés, je reconnais que j’ai eu un peu peur, mais finalement…
Quand il m’a téléphoné, je pensais qu’Alex allait me présenter sa fameuse Line. Ce sera pour une prochaine fois. Je me demande pourquoi Valériane est venue avec lui. Je suppose que c’est relatif à la rupture avec sa mère. Ça va faire maintenant presque deux mois que je suis parti.
C’est alors que je remarque un détail assez troublant : Alex et Valériane se tiennent par la main. Ils le faisaient souvent quand ils étaient plus jeunes, mais ça m’étonne de la part de deux ados.
Assez fébrile, mon fils ouvre la bouche :
- — Papa, je te présente Line.
- — Pardon ? Line !?
Un peu penaud, Alex explique :
- — Euh oui… Valériane, Valérian, Laureline, Line… La BD…
- — Je connais la BD, je possède plusieurs albums que tu as lus maintes fois. Donc, ta fameuse Line, c’est Valériane ?
- — Oui… c’est elle…
Si j’avais une chaise ou un fauteuil derrière moi, je me laisserais choir dedans :
- — Eh bé ! Pour une surprise ! Isabelle est au courant ?
- — Euh non… pas encore… À ce propos, si tu as une idée pour faire les présentations…
- — Vous réalisez que vous êtes des demi-frères et sœurs ?
- — Nous sommes plutôt beau-frère et belle-sœur, papa. Nous ne sommes pas du même sang.
- — Oui, c’est vrai…
Je m’adresse à Valériane qui est restée muette durant cet échange :
- — Donc, tu es tombée amoureuse de mon fils, et à prime vue, ça ne date pas d’hier.
- — Oui, Alex et moi, on s’est rendu compte que c’était plus ancien qu’on ne le croyait. Ça a été souterrain, en quelque sorte…
- — OK, donc pour vous deux, c’est le cas de la belle amitié qui évolue en quelque chose de plus intime.
- — Euh… ça doit être ça…
Ne trouvant rien d’autre à ajouter, ma belle-fille se tait. Mon fils reprend la parole :
- — Hem… euh… concernant Isabelle, si ça ne te dérange pas, on préfère que ce soit toi qui annonces notre relation à Line et moi.
- — Aurais-tu peur de ta belle-mère ?
- — Disons que je me méfie. De plus, si tu pouvais attendre une semaine, ça nous arrangerait.
Je ne comprends pas bien cette histoire de délai d’une semaine, mais je suppose qu’il y a une raison valable. C’est alors que je réalise que nous sommes en période de vacances scolaires. Je me tourne vers Valériane :
- — C’est aussi ce que tu veux ?
- — Oui. Nous en avons discuté à deux avant de venir.
Je soupire bruyamment et comiquement :
- — Donc, si j’ai bien compris, le sale boulot, c’est pour bibi !
Spontanément, les deux adolescents se mettent à rire.
Isabelle
Nota : Laurent est le locuteur.
Une grosse semaine plus tard, Isabelle et moi sommes assis chacun dans un fauteuil, en face à face. Ayant réussi à mettre en place un autre rendez-vous, c’est chez moi que nous sommes en train de discuter l’un et l’autre de diverses choses. Mon ex vient de subir un arrêt sur image quand je lui ai expliqué que nos enfants sortaient ensemble depuis trois mois (à la louche).
- — Tu… tu… tu rigoles ou quoi ?
- — J’ai une tête à faire ce genre de plaisanterie ?
- — Non, c’est pas ton genre… Ils sortent vraiment ensemble !?
- — Oui, et en plus, ça semble être assez sérieux.
D’un geste brusque, elle saisit le verre qui est sur la table basse, et le vide d’un trait. Quand elle le repose, elle me dit :
- — Pourtant, ils sont quasiment frère et sœur !
- — Je sais, tu ne m’apprends rien. D’après eux, ils étaient amoureux l’un de l’autre sans le savoir, et ceci, depuis un bon bout de temps. Ils se sont réveillés, il y a environ trois mois, bientôt quatre, si j’ai bien compris.
N’en revenant toujours pas, Isabelle s’exclame :
- — Ils auraient mieux fait de rester endormis !!
- — Panique pas, Isa. C’est peut-être une simple amourette d’ado dont on ne parlera plus dans quelques semaines.
- — Et si c’est vraiment très sérieux ?
- — Au moins, ils se connaissent déjà bien, ils n’auront pas de déconvenue en se découvrant l’un l’autre.
- — Ah ça, pour se connaître, ils se connaissent !
Soudain, Isa se fige, puis elle me regarde d’un air inquiet :
- — Tu crois que… qu’ils ont… euh… franchi le pas ?
- — Je ne pense pas. Peut-être l’ont-ils déjà franchi avec d’autres… Je te rappelle qu’à leur âge, nous avions déjà consommé chacun de notre côté…
Assise au bord de son fauteuil, Isabelle s’agite :
- — C’était une autre époque ! Quand j’étais ado, être une fille vierge, c’était la honte ! Maintenant, avec toutes les saloperies qui traînent dans l’air…
- — À notre époque, il y avait déjà plein de saloperies dans l’air. On était simplement moins au courant.
Partant visiblement en croisade, mon ex s’emballe :
- — Avec ce machin-là, cet Internet, cette sorte de Quid électronique, ils savent tout ! Dans peu de temps, tu vas voir qu’il n’y aura plus de livre, plus de bibliothèque, plus d’école !
- — T’exagères, Isa ! On a dit la même chose quand les cassettes vidéo se sont pointées au début des années soixante-dix.
- — Oui, sans doute, mais je te signale qu’un tiers des cassettes sont des machins pornos !
- — Va dans une librairie, côté presse, tu constateras qu’il existe plein de revues olé-olé. Mais bon, revenons à nos moutons, c’est-à-dire toi et moi.
- — Oui, tu as raison, Laurent…
C’est rare qu’Isa me donne raison. Je pose une à une mes cartes sur la table :
- — Je vais être franc, Isa : tu me manques, mais contrairement à ce que tu penses, je sais vivre sans toi. Et je dois reconnaître que ma nouvelle vie est beaucoup plus reposante et calme.
- — Tu es en train de me dire que je suis impossible à vivre, c’est ça ?
- — Impossible, c’est exagéré, mais avoue que tu n’es pas toujours facile à vivre, avec ta manie de considérer que tu as toujours raison, et que tu es la seule à avoir forcément raison. Pose-toi la question pourquoi Valériane et Gaël sont venus dormir plusieurs fois ici.
Je sens qu’elle a envie de répondre quelque chose d’incisif, mais qu’elle se retient. Décidé à vider mon sac, sans trop abuser, je continue :
- — Tu t’emballes assez facilement. Exemple ultra récent qui date d’à peine une minute : Internet.
- — Mais c’est quand même les bases de notre civilisation qui sont menacées !!
- — Une fois de plus, tu exagères. C’est juste un nouvel outil, avec du bon et du mauvais. À nous de veiller au grain.
- — Tu as toujours été « je-m’en-foutiste »…
- — C’est du pragmatisme et de la mesure, Isa. Rappelle-toi ce récent fait divers local, un mois avant que je parte : si on t’avait écoutée, on aurait tout de suite lynché le type. Encore heureux qu’on n’ait pas appliqué ta justice, car il était innocent.
Isabelle grimace :
- — On en est bien certain ?
- — Tu ne sais même pas admettre quand tu te trompes. Oui, ce type est innocent, il avait un alibi, et le vrai coupable a avoué. Mener des tas de combats est méritoire, Isa, et je t’en félicite, mais tu manques trop souvent de recul. J’adorais cette partie de toi quand nous nous sommes connus, ton petit grain de folie, tes croisades, mais au fur et à mesure des années, le petit grain est devenu caillou puis rocher. Et malgré le fait que j’éprouve toujours des sentiments pour toi, je préfère jeter l’éponge.
Isabelle me regarde fixement :
- — Tu éprouves toujours des sentiments pour moi ?
- — C’est ce que j’ai dit, mais j’ai la nette impression que ce n’est pas réciproque.
Les yeux écarquillés, elle s’exclame aussitôt :
- — Mais si !!
- — Alors, pourquoi refuses-tu mes câlins, mes propositions de sortie et tout le reste ?
- — Nous n’en sommes plus au début de notre relation, Laurent !
- — Donc pour toi, au bout d’un certain temps, ça devrait se tasser ? Je ne suis pas d’accord, Isa, pas du tout. Si c’est pour ronronner au coin du feu, comme si nous étions des vieilles connaissances, alors je préfère couper court, pour conserver le meilleur.
Ma blonde interlocutrice s’insurge :
- — Y pas que le sexe dans la vie !
- — Je te l’accorde, mais je ne te parlais pas que de sexe, mais de câlins, de démonstration de tendresse. Un couple, ça se vit cinquante-cinquante, main dans la main, en regardant dans la même direction choisie à deux. Maintenant, toi, tu veux quoi ?
- — Je veux que tu reviennes, je veux que cette rupture soit derrière nous.
- — Pourquoi veux-tu que je revienne ?
Elle répond aussitôt avec conviction :
- — Ben, parce que tu es mon homme à moi ! T’es mon mari, en quelque sorte, même si on n’est pas marié.
- — Ce n’est pas faute de te l’avoir demandé.
- — Je sais…
Puis elle se tait, le regard un peu absent. Je sens qu’elle veut dire quelque chose, mais qu’elle n’y arrive pas, et comme je ne suis pas dans sa tête, j’ignore complètement de quoi elle veut me parler. Avec fébrilité, elle tourne la tête à gauche, puis à droite. Soudain, elle se fige :
Isa pointe du doigt un peignoir blanc et une grande serviette, tous les deux posés sur le dossier d’une chaise. Je réponds :
- — C’est pour le jacuzzi. J’ai prévu d’y faire un petit tour ensuite.
- — T’as un jacuzzi, ici ?
- — Pas moi, mais Adrien. Il est dans la petite grange, juste à côté. Je suis étonné que les enfants ne t’en aient pas parlé.
- — Ah bon ?
Soudain, une idée étrange germe en moi :
- — Si tu veux, Isa, on peut continuer cette discussion dans le jacuzzi, la température doit être OK.
Isabelle est un peu surprise par ma proposition improvisée. Je vois bien qu’elle est quand même tentée, mais elle objecte :
- — Mais je n’ai pas pris de maillot de bain avec moi !
- — Ne me fais pas rire, Isa ! Je t’ai vue des milliers de fois toute nue !
- — Des milliers de fois ? T’exagères !
- — Compte le nombre de jours dans une année, multiplie ça par dix ans, sans oublier le matin et le soir et toutes les fois où nous étions dans la salle de bain, plus toutes les fois où nous avons fait l’amour. Tu constateras que ça fait plusieurs milliers de fois.
Elle ne répond rien, elle cogite, elle tergiverse, puis elle lance :
- — T’as un peignoir pour moi ?
- — Tu n’en as pas besoin, tu es très sexy toute nue !
Spontanément, elle se met à rire :
- — Tu n’es qu’un gros profiteur, Lolo !
Je suis un peu étonné, ça faisait un certain temps qu’elle ne m’avait plus appelé ainsi. Je me pose quelques questions : est-ce volontaire, un oubli, un lapsus, un acte manqué ? Je préfère répondre de façon neutre :
- — Bon, bouge pas, Isa, je vais te chercher un peignoir, je sais qu’il y en a un autre dans la salle de bain.
- — Tu crois que je vais me sauver quand tu auras le dos tourné ?
- — Ça va faire au moins dix ans que je te fréquente, que je vis avec toi, mais je ne te connais toujours pas, Isa.
Sa réponse est philosophique :
- — On ne se connaît pas soi-même, tu sais…
Quelques instants plus tard, je reviens avec un autre peignoir. Alors que je lui tourne le dos à moitié, je vois bien qu’elle hume le vêtement comme pour tenter d’y détecter l’odeur d’une autre femme, mais c’est peine perdue. Il y a deux jours, j’ai en effet batifolé avec Éliane, et j’ai mis du sperme partout, y compris sur ce peignoir qu’elle portait alors. Une fois le calme revenu, j’ai fait une battée pour enlever toutes les traces. Et les odeurs…
- — Tu viens ?
- — Oui, Monsieur !
En passant par la porte de derrière, nous nous dirigeons vers la petite grange. Avec surprise, Isabelle découvre le jacuzzi :
- — Ah oui ! C’est pas le petit modèle !
- — Six personnes et pas mal de gadgets.
- — Il ne sait pas quoi faire de son pognon, ton copain ?
- — Il m’a expliqué qu’il n’a pas payé le plein tarif : c’est un exemplaire d’expo et de démo.
J’enlève la couverture flottante que je pose soigneusement sur son support. Je regarde l’affichage digital : c’est la bonne température. Il faut dire que j’ai mis en route le chauffage un peu avant midi, mais comme il fait bon, le thermomètre n’avait pas beaucoup chuté.
Puis, j’ôte mes chaussures et mes chaussettes pour marcher pieds nus sur le tapis en simili gazon qui entoure partiellement le bassin. Puis j’ôte le reste que je dépose sur une chaise de jardin. Nu, je me tourne vers Isa :
Puis je m’installe dans le jacuzzi. Assis, je ne peux m’empêcher de pousser un soupir d’aise : ça fait vraiment du bien de baigner dans une eau chaude juste à point !
Ôtant à son tour ses vêtements, Isabelle m’offre un petit striptease. Elle est bien consciente que je la regarde, mais elle m’ignore. Mais je trouve qu’elle s’attarde un peu trop, comme si elle se donnait en spectacle. Puis elle enjambe le rebord, pour venir s’installer en face de moi. Assise à son tour, elle soupire d’aise, elle aussi :
- — Ah oui ! Ça fait du bien !
- — Ça détend pas mal, après une journée de boulot…
- — Je te crois sur parole. Au fait, y a pas de risque que ton copain nous surprenne ?
- — Pas de risque, il est en mini-vacances avec sa copine. Ils rentrent après-demain.
- — Ah OK…
J’ai quelques soucis de concentration, car les seins d’Isa flottent à moitié et sont très appétissants. J’avoue sans problème que je ne me suis pas mis en ménage avec elle, il y a dix ans, uniquement pour le plaisir de sa conversation. D’ailleurs, vu son petit sourire, Isa s’est rendu compte de l’attrait qu’elle exerce sur moi.
Lançant carrément son pied entre mes jambes pour venir toucher ma verge bien en forme, elle dit en gloussant :
Mon fils m’a avoué avoir sauté sur Valériane/Line sans avoir compris ce qui lui arrivait. Tel fils, tel père : je me rue sur mon ex-compagne pour l’embrasser, pressant impudiquement ma verge contre son ventre.
Elle ne me repousse pas, loin de là. Notre baiser dure longtemps. Puis quand nos lèvres se séparent, elle prend la parole :
- — Je constate avec plaisir que tu tiens toujours à moi.
- — Je n’ai jamais dit le contraire, Isa. Je te désire toujours, mais ces derniers temps, j’ai du mal à cohabiter avec toi.
- — Je suis si… infernale que ça ?
- — Disons que tu n’es pas toujours facile à vivre…
Puis je l’embrasse à nouveau. La chair est décidément faible… trop faible…
Oui, Isa m’attire toujours, mais je ne compte pas revivre à plein temps avec elle, j’ai des doutes. Peut-être, cohabiterais-je certains week-ends, ou irais-je en vacances avec elle ? Cyniquement, tant que je peux bénéficier du meilleur avec Éliane et Isa, je ne vais pas me (re)caser tout de suite. Peut-être que je le ferais avec une troisième femme, qui peut prédire l’avenir ? J’avais honnêtement envisagé de vieillir avec Isabelle, mais actuellement, je remets en question cette assertion, même si je suis en train de l’embrasser et de la peloter avec voracité et fièvre passionnées, cette femme m’a toujours fait de l’effet.
Même si tout va très bien avec Éliane, je sais qu’elle passera tôt ou tard à autre chose, elle m’a prévenu. Sauf si j’arrive à la convaincre du contraire. Pour l’instant, je laisse les choses suivre leur cours, sans faire de plan sur la comète.
C’est alors que je songe à Laura. Pourquoi diable je pense à elle, là, maintenant ? Sans doute le démon de midi, comme on dit, et un besoin de changement, car il faut reconnaître qu’Isa et Éliane se ressemblent quand même pas mal ! Ce qui n’est pas le cas de la brune Laura.
En attendant, c’est d’Isabelle dont je m’occupe avec ferveur, et avec qui j’ai envie de faire l’amour. Elle aussi semble partante. Ce ne sera pas une réconciliation sur l’oreiller, mais dans le jacuzzi, ce qui est moins banal.
- — J’ai trop envie de toi, ma chérie !
- — Fallait pas partir, mon Lolo !
- — Mauvaise réponse : on ne faisait presque plus l’amour, rappelle-toi.
Mais ça ne me refroidit pas : m’asseyant à ma place, je l’attire à moi, l’obligeant à me chevaucher. Elle est maintenant complètement assise sur moi, ou plutôt empalée sur moi, je me suis arrangé pour que ma lance entre totalement dans son intimité, ce qui s’est déroulé avec une facilité déconcertante malgré le contexte aquatique. Oui, j’adore être en elle !
Tout en écrasant sa poitrine aux tétons pointus contre la mienne, l’eau décuplant les sensations, je la serre fermement contre moi :
- — Isa chérie, je te préviens tout de suite : je ne suis pas du genre à me contenter d’une seule fois !
- — Ça me convient très bien, mon Lolo ! Moi aussi, je suis un peu en manque !
La suite me démontre que le manque était en effet énorme de part et d’autre…