Un texte au scénario fort simple et finalement plutôt soft.
Bonne lecture : )
Visio
Depuis maintenant un mois, Diana (prononcez de préférence ce prénom à la française) dialogue en visio avec Nathan (la fin rime avec longtemps ou sultan). Petit à petit, une certaine complicité ludique s’est installée entre ces deux jeunes gens qui se sont découverts par pur hasard.
Curieusement, alors qu’ils habitent pourtant assez près l’un de l’autre, pour l’instant, ils ne se sont jamais rencontrés pour de vrai. Peut-être la peur inconsciente du réel…
Ce soir, d’humeur nettement plus coquine, assise sur son canapé, Diana est habillée d’une nuisette, ce qui ne déplaît absolument pas à Nathan, ravi de cette vision inattendue. Celui-ci est un peu surpris quand la jeune femme lui demande son avis sincère sur un sujet un tantinet délicat, quant à la réponse.
Le terrain est glissant, mais intéressant. Pour être certain, Nathan demande :
- — C’est bien ce que je crois que tu viens de me demander ?
- — Oui, c’est bien ce que je viens de te demander…
- — OK, OK… c’est pour cette raison que tu es en nuisette ?
- — Il y a de ça. Tu regrettes ?
Il se récrie aussitôt :
- — Absolument pas. Mais j’avoue que je suis surpris, très agréablement surpris…
- — Alors, ma réponse ?
Celui-ci tente d’en voir un peu plus clair, dans les deux sens du terme :
- — Pourrais-tu tourner ton ordi un peu plus sur la droite ?
- — Pourquoi ?
- — C’est par rapport à la lumière…
- — Tu vois mal, c’est ça ?
- — On ne peut rien te cacher ! Mais là, tu es un peu trop cachée dans une pénombre, ma jolie…
Amusée, Diana s’exécute :
- — Voilà, comme ça, tu vois mieux ?
Nathan se penche sur l’écran pour mieux voir :
- — Ah oui ! Nettement mieux ! Sans détour, t’es franchement canon, Diana !
- — C’est vrai ? Tu ne dis pas ça juste pour me faire plaisir ?
- — Absolument pas ! Je ne dis que la vérité vraie ! Je te signale que ce n’est pas la première fois que je te dis que tu es loin d’être moche.
Amusée de voir son correspondant la zieuter avec une admiration non feinte, Diana dit à voix basse :
- — Je sais… mais… tu n’avais pas tout vu ou presque…
- — C’est vrai que j’en avais beaucoup moins vu qu’aujourd’hui ! Oui, t’es vraiment ban… euh… bankable, très bankable ! Au fait, pourquoi tu me demandes mon avis sur ta belle plastique ainsi dévoilée ?
La jeune femme hésite un peu :
- — Ben… parce que je voulais savoir si j’étais… hmm… désirable…
- — Bien sûr que oui !!
- — Et… je te fais bander ?
Bien que surpris par le terme employé, Nathan répond tout de suite :
- — Évidemment ! Quelle question ! Tu ferais bander tout un cimetière, ma jolie !
- — Hihihi, t’es con, toi ! Mais ça fait plaisir à entendre.
- — Pourquoi tu demandes tout ça ?
- — Ben, mon copain, on ne peut pas dire que son chapiteau se lève souvent ! Barnabé dit que je ne suis pas assez motivante ! Hier encore…
Tout en louchant sur les deux seins peu dissimulés derrière le fin tissu de la nuisette, le jeune homme s’exclame spontanément :
- — Ah le con ! T’es pas assez motivante ? Il est aveugle ou quoi ?
- — En tout cas, il n’est pas aveugle quand il s’agit de coller son nez sur l’écran de son ordi pour regarder des vidéos pornos !
Nathan écarquille grand les yeux :
- — Attends, attends, tu veux dire que ton copain passe son temps à regarder des vidéos X, alors qu’il t’a sous la main ?
- — Ben… oui…
Assez éberlué, il s’exclame sans détour :
- — C’est plus être con, c’est carrément être le roi des cons !
- — Tu le penses vraiment ?
- — Si tu étais ma copine, mon nez ne serait certainement pas collé sur l’écran d’un ordi ! Ton Barnabé ne sait pas ce qui est bon !
Flattée, Diana se met à rire doucement :
- — Hihihi ! T’es un gros pervers, toi !
- — Attends : toi, t’es franchement canon, et moi, je suis un homme normalement constitué qui aime les femmes dans ton genre. Ce n’est pas de la perversité, mais de la normalité !
- — Si tu le dis…
Très émoustillé, le jeune homme tente une ouverture :
- — Si je viens te voir, tu verras tout de suite que je ne suis pas en train de te raconter des carabistouilles.
- — Ah oui ?
Avec grand plaisir, Nathan constate que Diana n’a pas dit non, qu’elle ne s’est pas récriée. Qui ne tente rien n’a rien ; il force un peu plus l’entrée :
- — Et même que je te ferais grimper aux rideaux pour te prouver à quel point tu es bandante et baisable !
- — Oooh, quel vocabulaire !
Se demandant s’il n’a pas été trop vite en besogne, Nathan se radoucit :
- — Si je t’ai choquée, excuse-moi, ma jolie…
- — T’inquiète ! Toi au moins, tu sais démontrer ton enthousiasme ! Ça me change…
- — Ah ça, pour être enthousiaste, j’ai de quoi être enthousiaste avec toi ! Surtout en nuisette !
Un court silence s’installe. Diana hésite sur la suite à donner, se demandant si elle n’a pas été trop loin. Quant à Nathan, il cherche à ne pas faire d’impairs et aussi le meilleur chemin d’arriver à ses fins. Au début, il avait été un peu chagriné de constater que Diana avait un petit ami, mais il s’était fait une raison, d’autant que le courant passait bien et passe toujours très bien. Mais ce soir, il entrevoit une bonne possibilité, mais il faut éviter d’y aller en gros sabots !
Prenant l’initiative, le jeune homme relance très vite la conversation :
- — Comme nos appartements ne sont pas loin l’un de l’autre, si tu le souhaites, je peux venir te voir, là, tout de suite… ou un autre jour… en tout bien, tout honneur…
- — Ah… et… tu viendrais faire quoi, en tout bien et tout honneur ?
- — Te démontrer toujours en tout bien et tout honneur par A plus B que ton copain est un con de ne pas te trouver motivante !
- — C’est… c’est tentant… mais ça me fait un peu peur…
- — C’est vrai qu’on ne se connaît que par visio interposée depuis un mois…
Se penchant un peu vers son écran, la jeune femme répond :
- — Je me doutais quand même un peu que ce n’était pas normal, mais parfois, on se trompe. On imagine des choses…
- — T’es canon, attirante, bandante et j’en passe ! Je peux t’assurer que je ne me trompe pas.
- — T’es devenu plus entreprenant, toi qui étais si réservé !
Fasciné par les deux seins présentés dans sa direction et qu’il a magnétiquement en ligne de mire, Nathan explique de façon fervente :
- — Mets-toi à ma place ! Tu me poses la question si tu es attirante, le tout en nuisette sexy. Excuse-moi, mais c’est un appel au crime !
- — Un appel au crime ?
- — Ben oui ! Honnêtement, je me demandais comment… aborder le sujet… Mais tu m’as devancé ! Maintenant, mon fantasme est de te prouver à quel point tu es désirable en te faisant jouir trente-six fois !
Diana rougit un peu, assez fière de son effet. Être en nuisette fait souvent son petit effet, mais auprès de Nathan, l’adjectif « gros » est plus approprié. Sans trop s’en rendre compte, elle se met à réfléchir tout haut :
- — Admettons que tu viennes et que tu me fasses jouir trente-six fois, comme tu dis… dans ce cas, je vire mon copain de chez moi, car l’appart est à moi, et toi, tu prends sa place.
À son air un peu absent, Nathan se doute bien que Diana a pensé tout haut :
- — Tu vas un peu vite en besogne, ma jolie…
- — Ah, euh… j’ai parlé trop vite…
- — J’ai cru remarquer, mais j’apprécie l’attention…
- — Quand je dis que tu prends sa place, je veux dire par là que je peux t’inviter dans mon lit, mais pas forcément dans ma vie en tant que petit ami.
Nathan résume la situation en un seul mot composé :
- — En sex-friend ?
- — Voilà, en sex-friend. Imaginons que… tu vois ce que je veux dire, je suppose que tu n’as pas prévu de faire l’incruste chez moi ?
Derrière son écran, Nathan est ravi de la direction prise par la conversation, il n’en demandait pas tant ni si vite. Il présente un argument imparable contre la crainte de Diana :
- — Je te rappelle que, moi aussi, j’ai mon appart…
Les yeux mi-clos, la jeune femme suggère :
- — Et aussi d’autres nanas qui viennent y faire un petit tour, non ?
- — Ça arrive, je le reconnais, mais la plupart du temps, ce sont mes potes qui s’invitent chez moi… c’est moins sexy !
Poitrine arrogante bien mise en avant, bras derrière la tête, Diana joue la provoc :
- — Si je suis seule dans mon appart, t’auras pas de problème pour venir me sauter quand tu voudras !
Bien que subjugué par l’agréable vision qu’il contemple toujours à l’écran, le jeune homme se met à plaisanter :
- — Et c’est toi qui me reprochais mon vocabulaire ?
- — Appelons un chat un chat…
- — Dans ce cas, ça me convient parfaitement, ma jolie ! Tu peux aussi venir chez moi sans souci.
Pointant toujours sa poitrine vers la webcam, Diana se fait moqueuse :
- — Et tomber sur tes copains ?
- — Peut-être que tu aimeras la pluralité…
- — Là, c’est toi qui vas un peu vite…
Ayant l’esprit pratique, Nathan propose :
- — Je te propose un truc : on s’indique nos dispos par SMS, tout simplement. Donc pour éviter les impairs, si j’ai envie de toi, je t’envoie un SMS pour savoir si tu es OK.
- — Ça brise un peu le charme de la spontanéité…
Les yeux rivés sur les tétons qu’il devine fort bien sous la nuisette, Nathan hoche la tête :
- — Pas faux. Sinon, tu peux aussi m’envoyer les soirs durant lesquels tu es seulette.
- — Que les soirs ?
- — Non, bien sûr, mais je travaille en semaine, il faut bien que je gagne ma vie…
- — Moi aussi… reste les week-ends…
- — Et les cinq à sept, comme on dit. Sans oublier les vacances…
Se calant au fond du canapé, ce qui offre une splendide vue générale à Nathan qui se demande alors culotte ou pas culotte, Diana continue son exploration des possibilités :
- — En espérant que nous soyons synchrones ! Car si moi, j’ai trop envie, et que toi, tu ne peux pas venir, je fais quoi ?
- — No problemo : je t’envoie un remplaçant !
À cette proposition inattendue pour ses oreilles, la jeune femme s’étonne :
- — Un remplaçant !?
- — Si tu veux, bien sûr.
- — Mais ton remplaçant, je ne le connais pas !
- — Dans ce cas, je peux venir un jour avec lui pour que tu fasses connaissance…
- — Ben voyons !
Se penchant sur l’écran de son ordinateur, Nathan expose la situation telle qu’il pense l’avoir comprise :
- — En réalité, en appelant un chat un chat, comme tu dis : tu cherches un mec pour t’envoyer en l’air, sans l’avoir dans les pattes le reste du temps, n’est-ce pas ?
- — Euh… oui… mais pas n’importe qui !
Le jeune homme acquiesce :
- — Je te comprends parfaitement. Moi aussi, je ne couche pas avec n’importe qui. Et toi, tu n’es pas n’importe qui. Si je puis me permettre cette comparaison : tu es un très beau jouet, et les garçons ne prêtent pas leur plus beau jouet à n’importe qui. Tu comprends le concept ?
- — Vu comme ça, oui.
- — Quand tu te sentiras d’attaque, je me ferai un plaisir de venir accompagné par quelqu’un en qui j’ai pleinement confiance. Et si tout se passe pour le mieux, nous aurons le plaisir de faire un joli trio.
Envahie par un léger frisson, Diana rougit :
- — Rhooo ! Un trio !
- — Une femme comme toi, il faut souvent être à deux hommes pour la contenter ! Voire trois.
- — Tu me fais une sacrée réputation ! Une réputation de pute !
- — Tout de suite les gros mots ! Y a pas de mal à se faire du bien, ma jolie. Et puis, il ne faut pas mourir idiot.
Gourmande et curieuse, la jeune femme demande :
- — T’as fait des trios ?
- — Ça m’est arrivé, mais je reconnais que ce n’est certainement pas tous les jours que j’ai ce genre de plaisir !
Taquine, Diana s’amuse :
- — Non, non : tous les deux jours !
- — Là, c’est toi qui me fais une sacrée réputation ! Je reconnais que je ne déteste pas m’envoyer en l’air le plus souvent possible, mais sans abuser. Au risque de paraître fleur bleue, je préfère faire l’amour à une seule femme que j’aime vraiment qu’à cent femmes que j’aime modérément.
La jeune femme s’esclaffe :
- — Cent femmes en même temps ? T’as la santé, Nathan !
- — Tu as très bien compris ce que je voulais dire, ma jolie !
Se rapprochant de la webcam, Diana devient plus doucereuse :
- — Donc si tu trouves la bonne, tu lui restes fidèle, c’est ça ?
- — Si je trouve la bonne, je n’ai plus besoin d’aller voir ailleurs. Logique, non ?
- — Ah oui ? Et ton… ton zizi ne te démangera pas si tu croises une nouvelle fille canon ?
- — J’ai remarqué que, quand je suis amoureux, je deviens aveugle.
Diana dodine de la tête :
- — Tous les hommes ne sont pas comme toi !
- — Je sais, mais moi, c’est moi, et les autres, ce sont les autres. Mais revenons à nos moutons, c’est-à-dire, à toi et à moi. Quand souhaites-tu que je passe ?
La jeune femme marque une pause avant de répondre :
- — Et si je te dis : là, tout de suite ?
- — Ton copain n’est pas dans les parages ?
- — Non, il ne revient que demain, vers midi. Il est parti à la pêche avec des copains.
Avec un grand sourire, Nathan plaisante gentiment :
- — Qui va à la pêche perd sa place… Ah, ça ne rime plus, dit ainsi… T’as oublié de me préciser ce détail en début de conversation…
- — Depuis un mois, tu me demandes rarement ce genre de précision. Tu te fends juste d’un « pas de souci pour toi ? » quand on aborde certains sujets.
Posant son menton sur son poing, Nathan explique :
- — Je sous-entendais le fait que ton copain ne t’espionne pas.
- — Crois-tu qu’on aurait abordé le sujet du baisage si Barnabé était dans la pièce ou dans celle d’à-côté ?
C’est logique, en effet. Le jeune homme apprécie aussi le mot assez leste utilisé, ce qui est de bon augure pour la suite des événements. La réponse qu’il formule est à moitié blasée :
- — Oh tu sais, il existe tellement de choses étranges que je ne m’étonne plus de grand-chose ! Tu ne serais pas la première fille que le petit ami pousse dans les bras d’un autre !
- — Ah bon ? T’as connu ?
- — Moi, non. Quoique… Mais mon remplaçant y a déjà eu droit.
- — Il s’appelle comment, ton remplaçant ?
- — Il s’appelle Jeff.
Diana s’étonne de la consonance de ce prénom :
- — Jeff ?
- — Il est américain par sa mère.
- — Ah OK ! Tu te fais aider par la grande Amérique ?
- — Tu ne crois pas si bien dire : Jeff n’est pas précisément petit. Et il n’est pas précisément très blanc, je préfère te prévenir tout de suite, ma jolie.
La jeune femme hésite légèrement avant de demander :
- — Il est black ?
- — À moitié, voire moins que la moitié, sa mère étant assez café-au-lait.
- — Et… euh… il en a une grosse ?
- — Ça, c’est du fantasme, ma jolie. La sienne n’est pas riquiqui, c’est vrai, mais faut rien exagérer.
Tout en posant sa poitrine en gros plan devant la caméra, Diana s’étonne :
- — Pourtant, on dit que les Blacks sont bien équipés…
- — Les Blacks, comme tu dis, c’est comme les Européens, il y en a trente-six variétés. Mets une grande Scandinave blonde aux yeux bleus à côté d’une petite Sicilienne brune aux yeux sombres, et tu auras une idée de la diversité qui existe chez nos amis d’origine africaine, ou plus précisément subsaharienne.
Reculant un peu, exposant son buste, sa tête et aussi partiellement le bas, Diana préfère en revenir au sujet d’origine :
- — Alors, tu peux venir, là, tout de suite ?
- — Et comment ! Mais pour que je vienne ventre à terre, il me faudrait ton adresse.
- — C’est bien ça qui m’embête…
- — Si t’as pas confiance, on peut se rejoindre dans un hôtel, il y en a deux dans la zone d’activité, pas loin de chez toi. Bien sûr, je paye.
Diana réfléchit, pesant le pour et le contre. De son côté, Nathan préfère ne rien dire, la laissant cogiter. Puis elle se décide :
- — Finalement, je crois que je peux te faire confiance…
- — Merci.
- — Mais si toi et moi, ça ne fonctionne pas, tu n’insistes pas, OK ?
- — Bien sûr. Je te signale que c’est à double sens.
Diana fronce des sourcils :
- — Je croyais que j’étais une femme désirable et bandante ?
- — C’est bien ce que j’ai dit. Mais les impondérables… et les lois de Murphy…
Après une brève hésitation, Diana lui communique néanmoins oralement son adresse, avec quelques précisions pour l’aider à venir. Après l’avoir soigneusement notée sur un bout de papier et compris où elle habitait, Nathan déclare :
- — Merci pour ta confiance, ma chère Diana. Je me mets tout de suite en route. Désolé pour le bouquet de fleurs, mais je ne pense pas qu’il y ait encore un fleuriste ouvert à cette heure-ci dans mon coin !
- — Hihihi ! Tu te rattraperas la prochaine fois ! Au fait, évite les roses.
- — Les marguerites, ça te convient ?
- — Là, tu perds du temps, Nathan…
- — T’as parfaitement raison ! À tout de suite, ma jolie !
Puis il coupe la communication. Restée seule face à un écran devenu vide, Diana se pose la question si elle a bien fait et surtout, est-ce que Nathan viendra réellement, car des lapins (qui oublient de venir), elle en a connu plus d’un.
Idem pour les lapins qui font trop vite l’amour.
Passage au réel
À moitié tourmentée, Diana tourne en rond, se demandant si elle n’a pas fait une connerie, une grosse connerie. Pourquoi Nathan n’est-il pas déjà là, même s’il ne s’est écoulé que cinq minutes depuis la coupure de la vision ? Et s’il vient, sera-t-il vraiment à la hauteur ? Et si c’était un proxénète et qu’elle se retrouve embarquée au lointain dans une maison close par-delà les océans ? Et si c’était un tueur en série et qu’il la découpe en mille morceaux pour cacher le tout dans les bois ? Et s’il ne venait pas seul, mais avec une bande de loubards pour abuser d’elle ?
Et si… Et si…
Et si Barnabé revenait à l’improviste ? Ça aussi, c’est une éventualité, bien que quand il part à la pêche, il revient plutôt en retard qu’en avance. Mais il suffit d’une fois…
Se mordant les lèvres, Diana se tord les mains, à la fois excitée et angoissée.
Elle sursaute quand l’interphone sonne. Elle se précipite dans le couloir. Le petit écran fixé à côté de la porte blindée lui montre un Nathan tout seul, personne autour. Appuyant sur le gros bouton qui ouvre en bas, elle soupire de soulagement :
- — Cinquième étage, sur ta droite en sortant de l’ascenseur, la porte qui a une grosse tache blanche en bas.
- — J’arrive tout de suite, ma jolie !
Depuis son arrivée dans l’appartement qu’elle occupe, Diana ne sait toujours pas ce qu’est exactement cette étrange tache blanche. En tout cas, c’est bien incrusté, ça ne veut pas partir, même avec des dissolvants ou du gratte-gratte avec beaucoup d’huile de coude. Néanmoins, c’est un bon point de repère pour les visiteurs.
Elle laisse la porte entr’ouverte afin que Nathan entre, puis elle s’installe dans le salon-salle à manger qui fait face au tout petit couloir de l’entrée. Elle entend la porte de l’ascenseur qui s’ouvre. Nathan arrive presque aussitôt chez elle :
- — Coucou, c’est moi ! T’es où ?
- — Tout droit, je suis dans le salon. Ferme la porte derrière toi, s’il te plaît…
- — Vos désirs sont des ordres, chère hôtesse !
Peu après, le jeune homme pose son pied dans la pièce. Il se fige sur place en découvrant Diana, assise en nuisette sur son canapé :
- — Waaa ! Ça, c’est de l’accueil !
- — Pourtant, j’étais habillée comme ça quand nous étions en visio.
- — C’est vrai, mais c’est nettement « plus bon meilleur » en vrai ! Ah excuse-moi, je manque à tous mes devoirs : bonsoir, chère hôtesse !
- — Bonsoir, Nathan. Mais on s’est déjà salué à la webcam.
- — Mais une fois de plus, pas pour de vrai.
Il dépose sur la table un sachet plastifié qui semble contenir des boîtes assez plates. Intriguée, Diana demande :
- — C’est quoi ?
- — Deux pizzas : une aux quatre fromages et une au chorizo.
- — T’es venu avec deux pizzas ? Pourquoi ?
- — Pour diverses raisons : faire l’amour, ça creuse. Et si on ne fait pas l’amour, on passera néanmoins un bon moment en tête-à-tête. Elles sont déjà cuites, il suffit de les réchauffer.
Diana apprécie que son visiteur ait prévu une alternative. Cependant, elle lui demande :
- — Tu ne… serais pas trop fâché si on ne faisait rien ?
- — Fâché est un grand mot. Parfois, il convient de savoir reculer un peu…
Amusée, Diana se lâche un peu :
- — Pour mieux me sauter, c’est ça ?
- — Ah ça, c’est toi qui viens de le dire ! En tout, je suis très agréablement surpris par ta tenue. J’aurais plutôt pensé que tu te serais changée…
- — Si tu insistes, je peux aller me changer et mettre à la place un gros pull informe ou un gros peignoir.
- — Non, non, tu es très bien comme ça ! Très bien !
Se penchant un peu en avant, Diana plisse les yeux :
- — Oui… j’vois ça… toi au moins, t’es content de me voir : t’as le chapiteau ! C’est pas comme mon abruti de petit ami !
- — Je suis heureux que ça te plaise… Au fait, je peux te faire la bise ?
La jeune femme se lève :
- — Bien sûr que oui, gros nigaud !
Visiblement, elle n’a pas besoin de se répéter deux fois, Nathan est sur elle en un rien de temps, la serrant prestement et fortement dans ses bras afin de lui appliquer un gros bisou sur chaque joue. Ceci fait, Diana le gronde faussement :
- — Tu fais toujours la bise aux femmes en les écrabouillant contre toi ?
- — C’est pour leur témoigner la ferveur de mon affection, ma chère.
- — Eh bé ! Faut pas demander ! Quand tu aimes vraiment une femme, tu dois la tuer en l’étouffant ! En tout cas, t’es bien dur plus bas !
- — Un autre témoignage de mon affection.
- — Je vois ça, ou plutôt, je sens ça !
- — J’ai aussi une autre façon de témoigner mon affection.
- — Ah oui ? Et comment ?
La réponse vient aussitôt sous la forme d’un long baiser langoureux. Diana apprécie beaucoup cette nouvelle marque d’affection. Quand leurs lèvres se séparent à regret, elle reprend son souffle :
- — Eh bé ! Quand tu n’écrabouilles pas les femmes, tu les asphyxies !
- — Je reconnais que je suis un peu démonstratif.
- — Un peu ? Tu as le sens de l’euphémisme, Nathan !
- — En tout cas, ça ne semble pas te déplaire. Pour ma part, je suis aux anges : j’adore sentir ta poitrine toute douce sur mon torse, ainsi que toutes tes courbes !
- — Elle aussi, tu l’écrabouilles ! Moi, je sens un peu trop ce qui est dur chez toi sur moi ! Mais tu as raison, ça ne me déplaît pas.
C’est elle qui pose ses lèvres sur celle de son visiteur. Un nouveau long et langoureux baiser les soude durant un bon bout de temps.
Puis Diana se dégage, se dirigeant ensuite vers la cuisine :
- — Je manque à tous mes devoirs d’hôtesse : que veux-tu boire ?
- — Je veux boire à ta source !
- — Hhihi ! Idiot !
Redevenant plus sérieux, le jeune homme dit :
- — Comme je veux garder mes esprits pour mieux profiter de toi, est-ce que tu as des sodas ? Genre Coca, Orangina et autres ?
- — J’ai ça dans le frigo ! Bouge pas, je reviens tout de suite !
- — Ne t’inquiète pas, il n’est nullement dans mes intentions de partir !
Nathan regarde Diana s’éloigner. Il en profite pour apprécier la belle vue de son popotin qui ondule agréablement. Le jeune homme se dit qu’il a bien fait de venir. Peu après, la jeune femme offre une autre vue agréable, celle du côté face après le côté pile. Une fois de plus, Nathan se dit qu’il a bien fait d’insister un peu.
- — Coca, ça te va ?
- — Du moment que ce ne soit pas du lite ou du zéro.
Assis chacun de leur côté, ils dégustent leur boisson. Nathan se traite d’imbécile de n’avoir pas proposé ses genoux en guise de siège. Son regard se porte sur la bibliothèque remplie de livres d’objets divers.
- — Ah, j’ai la même. Ça vient de chez IKEA !
- — Oui, elle vient de là, mais c’est mon frère qui me l’a montée, car je suis nulle dans ce domaine. En revanche, pour démonter, je suis fortiche !
Nathan tente une approche un peu risquée :
- — En parlant de monter et de démonter, tu connais ce qu’on appelle l’option IKEA entre hommes et femmes ?
- — Non, mais je sens que tu vas me l’expliquer.
- — L’option IKEA pour une femme, c’est : tu te fais monter, tu te fais démonter, le tout plusieurs fois, et à la fin, tu ne tiens plus debout !
- — Hihihi ! T’es con !
Nathan enchaîne en plus soft :
- — Au fait, tu connais ce qui mesure huit centimètres et qui fait jouir les femmes à chaque fois ?
- — Huit centimètres ? Euh… je ne sais pas…
- — Une carte bleue !
- — Pff ! Idiot ! En parlant de centimètres, il faut un minimum acceptable pour que ça fasse du bien, mais à l’inverse, trop c’est trop.
- — C’est quoi trop pour toi ?
- — Vingt centimètres, ça commence à être limite-limite !
Intrigué, Nathan demande :
- — T’as baisé avec un homme qui avait une queue de vingt centimètres ?
- — Euh non… c’était un gode…
- — Ah OK… Je comprends mieux. Je te rassure, des hommes qui dépassent les vingt centimètres, il n’y en a pas des masses !
- — Pourtant, dans les pornos, c’est pas ça qui manque…
- — Dans la vie réelle, tu crois que toutes les femmes ressemblent à des actrices pornos, et que tous les plombiers qui les visitent sont bodybuildés et montés comme des ânes ?
Songeant à ses ex, la jeune femme sourit :
- — Pas vraiment…
- — Dans les films, on embellit. Je ne serais pas étonné qu’un beau jour, ils demandent à Brad Pitt de jouer Quasimodo !
- — Il existe mieux que Brad Pitt, tu sais…
- — Ah, les goûts et les couleurs… En tout cas, je peux t’affirmer que, toi, tu es à mon goût !!
Mutine, Diana demande :
- — Ah oui ? Et comment ?
- — Démonstration, ma jolie !
Sans qu’elle eût le temps de comprendre ce qui lui arrivait, Diana se retrouve allongée sur le canapé avec un Nathan qui est déjà en train de la couvrir de baisers, tout en laissant ses mains se balader partout.
- — Oooh ! C’est du viol caractérisé ! dit-elle, amusée, à voix basse.
Mais c’est aussi la première fois qu’on lui témoigne une telle ardeur. Alors, de ce fait, elle se laisse faire, curieuse de découvrir jusqu’où Nathan a décidé de la mener…
Earth, wind and fire
Parfois un feu flamboyant ne dure pas longtemps. Mais Diana découvre que Nathan n’est pas du genre feu de paille, et qu’il fonctionne visiblement dans la durée. Bien vite, la nuisette n’est plus qu’un souvenir, et la jeune femme est à présent toute nue en train de subir les marques évidentes de l’intérêt que lui porte celui qui est sur le chemin de devenir son nouvel amant.
Elle se laisse dévorer par les lèvres ardentes du jeune homme qui explorent chaque millimètre carré de son épiderme, même aux endroits les plus incongrus. Inutile de préciser que ses seins aux tétons pointus sont ravagés par l’expression d’une passion dévorante, et qu’il en est de même aux autres endroits stratégiques, à tel point que Diana jouit plusieurs fois sous la langue avide et experte de son visiteur du soir.
Bien que se laissant adorer, la jeune femme participe à sa façon, pour la plus grande satisfaction de Nathan. Elle ne rechigne pas à laisser ses mains se balader sur le corps de son nouvel amant, puis à le branler délicatement et ensuite plus fermement.
Ayant résisté autant qu’il a pu, Nathan finit par s’abandonner à la douce caresse buccale de Diana. Ouvrant en grand les écluses, il inonde la bouche chaude et suave. Il constate avec joie que ça ne rebute pas la jeune femme qui continue sa sensuelle caresse, tout en avalant les divers flots qui surviennent.
Après diverses agaceries vient le moment de la communion complète en face à face.
Jambes largement ouvertes, Diana accepte avec joie la colonne de chair qu’elle avait auparavant entre les lèvres. Les yeux dans les yeux, les deux amants se regardent voluptueusement avant de joindre leur bouche pour de nombreux baisers voraces et épars. Le jeune homme sachant manier agréablement et fermement son épée, il ne faut pas attendre longtemps pour que la pièce résonne à nouveau de petits cris féminins.
Totalement excité par cette mélopée sensuelle et les frissons d’aise de sa compagne de jeu, dans un long râle, Nathan se lâche à nouveau, inondant à présent une autre grotte tout aussi accueillante.
Les deux amants viennent juste de vivre le premier épisode d’une série de plusieurs, Nathan se faisant un plaisir d’explorer d’autres combinaisons que le grand classique, mais efficace missionnaire qui s’achève dans la sueur et les frissonnements.
Petite pause pizza
Attablés dans la cuisine, les deux nouveaux amants dégustent les pizzas que Nathan a découpées en six parts chacune. Tandis qu’elle savoure son morceau aux quatre fromages, Diana confirme :
- — T’avais raison, Nathan, faire l’amour, ça creuse !
- — Je te l’avais dit ! T’as jamais ressenti un petit creux après une bonne baise ?
- — Ben… bonne baise, faut le dire vite !
Nathan hausse un sourcil étonné :
- — Comment ça ?
- — Panique pas, je ne parle pas de toi, mais de Barnabé et des autres bonhommes. C’était souvent « je rentre puis je sors, en m’étant soulagé au passage en mode TGV ».
- — C’est triste…
- — Je ne te le fais pas dire ! J’ai même eu droit à celui qui s’est soulagé avant d’entrer.
- — Aie !
S’emparant d’une autre part, Diana envoie un grand sourire lumineux à son invité :
- — Toi au moins, tu tiens tes promesses.
- — Et même plus !
- — Hmmm… Je demande à voir…
- — Finissons les pizzas avant ! En tout cas, toi et moi avons plein d’affinités !
- — Si tu le dis…
Nathan affiche à son tour un large sourire :
- — Je crois t’avoir prouvé que c’était le cas, non ?
- — Je ne me plains pas, le début de tes preuves est encourageant…
- — Le début ? Encourageant ? Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! Mange ta pizza au lieu de dire des bêtises grosses comme des pâtés de maisons !
Diana se met à rire, puis elle engloutit une autre part. elle demande :
- — T’es souvent libre ?
- — La plupart du temps, oui. Au fait, je t’ai déjà parlé de Vivianne, n’est-ce pas ?
- — La femme mariée qui est un peu plus âgée que toi et que tu vois une fois par mois au grand maximum ? Qu’est-ce qu’elle vient faire là-dedans ?
Prenant une nouvelle part, Nathan hoche la tête :
- — Bonne mémoire, Diana ! Tu vas vite comprendre : je la vois environ huit fois par an, à la louche, c’est pas toujours facile de dénicher un bon créneau pour elle, et à chaque fois, c’est scénarisé.
- — Tu veux dire quoi par là ?
Après une bouchée de pizza, Nathan répond :
- — Le truc qu’elle préfère le plus, c’est le patron et sa secrétaire. Ça demande un minimum de préparation. Pour ce fantasme-là, j’ai un bon ami qui me prête les clés de sa petite boîte. Cependant, depuis trois ans, nous avons exploré divers scénarios.
- — Comme quoi ?
- — Le biker et sa copine, par exemple.
- — Ah oui, c’est vrai, t’as le permis moto. Et un bon ami te prête sa moto, c’est ça ?
- — Je n’ai pas encore les moyens de m’offrir un très gros cube… De plus, mon fier destrier à deux roues est tombé en panne, il y a deux mois. Et pas une petite panne ! À tel point que je me demande si ça ne serait pas plus intelligent de changer de bécane.
Assez intéressée, Diana demande :
- — Et quoi d’autre comme scénario ?
- — On a fait dans le médical, dans les inventaires, dans les commerces, et aussi la fausse pute, avec racolage dans la rue, puis grimpette dans la chambre d’hôtel.
- — Ah oui…
- — Intéressée ?
Un peu prise au dépourvu par cette question, Diana bredouille :
- — Euh… ben… je…
- — Chaque chose en son temps, n’est-ce pas ?
- — Oui, voilà ! Donc, ta Vivianne est prioritaire, c’est ça ?
- — Elle a peu d’occasions et ça demande en plus de la préparation. Et puis, comme elle me l’a avoué une fois, ces escapades permettent la pérennité de son couple. Elle aime toujours son mari, mais il lui faut son petit grain de folie pour décompresser.
Diana devient songeuse :
- — Je vois… dommage que ce n’est pas son mari qui s’occupe de son grain de folie…
- — C’est malheureusement classique : ton partenaire de vie n’est pas forcément ton partenaire de sexe… Tu ne peux pas forcément gagner sur tous les tableaux…
Elle acquiesce en silence. Ils continuent de manger les deux pizzas, tout en se dévorant des yeux. Une grosse minute plus tard, Diana prend alors la parole :
- — Ça doit être amusant de faire ce genre de jeu de rôle…
- — Il suffit de s’entendre dès le départ sur ce qui est souhaité et ce qui est interdit.
- — Je vois…
- — Ça te tente ?
- — Hmmm… je ne serais pas contre le fait d’essayer au moins une fois…
Flegmatique, Nathan sourit :
- — D’accord, je prends note. Tu me diras quand tu souhaiteras franchir le pas et avec quelle idée en tête.
- — C’est moi qui dois fournir l’idée ?
- — C’est toi la principale concernée, non ?
N’aimant pas trop se mouiller, la jeune femme ne voyait pas les choses ainsi. Après une brève pause, Diana grimace :
- — C’est un peu gênant…
- — Tu préfères que ce soit moi qui impose le thème ?
- — Euh… on verra quand on y sera ! Maintenant, ce que je veux voir, c’est si la seconde partie est kif-kif à la première !
- — Qui te dit que ce sera la seconde ? Moi, je dirais que c’est la deuxième !
Diana fronce des sourcils :
- — Je ne comprends pas bien…
- — Quand on utiliser le terme second, ça signifie qu’après, il n’y a plus rien, c’est fini, stop. En revanche, après deuxième, il y a troisième, quatrième et j’en passe…
- — Ah OK !
Le jeune homme désigne la boîte ouverte :
- — Mais avant, permets à ton humble serviteur de finir sa part de pizza.
- — Je permets, mais dépêche-toi !
- — Hmm… déjà impatiente !
Égayée, Diana affiche un large sourire :
- — Serais-tu capable d’aller un peu plus loin que tout à l’heure ?
- — Ça veut dire quoi : plus loin ?
- — Plus loin, plus fort, plus intense…
Nathan se gratte la tête :
- — C’est que… je ne connais pas tous tes goûts en la matière, j’ai peur de me planter avec toi.
- — Je te le dirais, t’inquiète pas pour ça. Je ne t’en voudrais pas d’essayer certaines choses.
- — Tu es certaine de ce que tu avances, ma jolie ?
Consciente d’avoir donné carte blanche à son nouveau partenaire, Diana module son propos :
- — Dans les limites du raisonnable…
- — Ton raisonnable à toi n’est pas forcément mon raisonnable à moi…
- — T’inquiète pas, te dis-je !
- — Dans ce cas…
Nathan se jette sur Diana, la soulève dans ses bras, puis se dirige posément vers la chambre.
Entracte entre actes
Cette fois-ci, Diana comprend vite que Nathan est en train de passer à la vitesse supérieure. Normalement, pour ce genre de choses, les partenaires attendent souvent quelques semaines, ou quelques jours pour les plus pressés.
Mis au défi, Nathan se fait un plaisir d’appliquer sa science en la matière, tout en faisant bien attention de ne pas déraper, ce qui n’est pas toujours très évident, car dans le domaine du sexe, on est souvent très vite dépassé. Fréquemment, le verni civilisationnel est mince et il craque facilement, et l’être humain redevient ce qu’il a toujours été : un animal.
Ce n’est pas pour rien si on parle de « baiser comme des bêtes ».
Diana se laisse emporter dans un tourbillon rempli de tremblements, de cris, de sueur et de sexe. Entraînée par le flot, elle rompt un à un les divers barrages, se laissant inonder par de nouvelles sensations torrides, plongeant dans des expériences inconnues.
- — Oh putain ! C’est dingue ! J’ai jamais vécu ça ! songe-t-elle, tandis que son corps s’imbrique à celui de son amant, que les membres se nouent, que les bouches se dévorent, que les épidermes se soudent.
Les agaceries se succèdent aux positions, et les positions aux découvertes, puis les découvertes aux agaceries. Diana se sent des ailes à vouloir expérimenter bien des choses, son corps s’accordant avec celui de son amant, sans qu’aucune parole ne soit prononcée.
Une réelle et incontestable affinité.
Enfiévré, Nathan s’étonne lui aussi de cette évidence connivence qui coule de source. Il pensait bien que ç’aurait « matché » sans trop de difficulté avec Diana, mais pas à ce point. Il pense fugacement que son emploi du temps risque d’être bousculé, mais dans le bon sens.
- — Tant mieux ! pense-t-il, les mains accrochées et rivées aux hanches de Diana, lancé dans une levrette et cavalcade dantesque.
Mais Nathan ne peut plus aligner une autre pensée cohérente, car il explose dans une jouissance infernale, se vidant totalement et profondément dans les profondeurs de la jeune femme qui lui tourne le dos et qui jouit elle aussi à son tour.
Une nouvelle synchronisation réussie…
Entracte entre actes
Allongés l’un à côté de l’autre, en sueur et épuisé par l’effort, le couple se repose, côte à côte. Nathan rompt le silence :
- — Comme tu le constates, toi et moi avons plein d’affinités…
- — Je vois ça… c’est même trop beau !
Jouant avec un téton érigé, Nathan soupire :
- — Vous, les femmes, avez la fâcheuse habitude de vous compliquer la vie ! La vie est déjà suffisamment tordue et compliquée sans en rajouter une louche ! Profite de l’instant présent, sans penser au lendemain, ma petite Diana.
- — C’est vrai que, vous, les hommes, vous êtes souvent je-m’en-foutiste ! Sauf Barnabé…
- — Au fait, t’as prévu quoi à son sujet ?
Elle s’empare sans complexe du sexe de son amant qu’elle commence à branler délicatement :
- — Depuis tes démonstrations, je me suis dit que j’étais vraiment conne de m’embarrasser avec ce genre de mec ! À condition que tu ne me fasses pas faux bond !
- — Je te rassure, ce n’est pas dans mes intentions ! Je ne vais certainement pas lâcher la proie pour l’ombre !
Diana accentue la masturbation :
- — Une façon de dire que je te plais bien ?
- — Comme déjà dit, je te confirme : t’es canon, désirable, baisable, sexy et j’en passe !
- — Waow ! Tout ça à la fois ?
- — Et je sens que je vais te faire une nouvelle démonstration !
- — Voyez-vous ça !
Quelques instants plus tard, Diana a la confirmation que Nathan n’est pas du genre à se lasser vite quand il s’agit de prouver sa virilité à la femme qui est dans le même lit que lui.
Retour sur terre
Minuit largement dépassé, Diana émerge de sa béatitude. Blottie contre son amant, elle murmure d’un air ravi :
- — Eh bé ! toi, quand tu fais l’amour à une femme, tu ne fais pas semblant !
- — Je te rassure, je ne fais jamais l’amour à un homme.
Levant le nez, elle s’écarte un peu :
- — Ça te va bien de dire ce genre de connerie ! Bon, parlons peu, mais parlons bien : t’es partant pour que ce soit régulier ?
- — C’est-à-dire ?
- — Pas une fois tous les trente-six du mois comme avec ta Vivianne !
Tout en la caressant, Nathan rectifie :
- — Huit fois par an, environ…
- — Huit fois par mois, ça m’irait mieux…
- — Soit presque deux fois par semaine. Soit quasiment une fois tous les quatre jours, sauf en février.
Diana s’étire voluptueusement, faisant pointer sa poitrine :
- — Si tu le dis, monsieur le Matheux ! C’est trop pour toi ?
- — Perso, une fois par jour, ça m’irait, mais il convient de ne pas sombrer dans la routine. On va plutôt procéder de façon plus… hmm… aléatoire : on s’indique nos réelles dispos, comme on en avait parlé hier en visio.
- — Ça me convient.
Se redressant, Diana tend la main vers son nouvel amant :
- — Alors, sex-friends, toi et moi ?
Nathan serre la main offerte :
Puis il ajoute :
- — Vois-tu un inconvénient à ce que je reste ici dans ton lit, et qu’on se réveille à deux ?
- — Oh, je crois que je peux accorder ce genre de chose à un sex-friend…
- — Je sens que je vais aimer être ton sex-friend…
Puis il attire à lui la jeune femme pour l’embrasser. Celle-ci se dit qu’elle a bien fait de franchir le pas, malgré ses appréhensions.