| n° 22105 | Fiche technique | 14774 caractères | 14774 2613 Temps de lecture estimé : 11 mn |
10/11/23 |
Résumé: Comment j’en suis arrivé là... Comment j’ai cédé à mes pulsions et comment je me suis livré à cette parfaite inconnue… | ||||
Critères: fh hsoumis fdomine humilié(e) cérébral odeurs uro sm donjon yeuxbandés init -dominatio | ||||
| Auteur : slowmoninja Envoi mini-message | ||||
Comment en suis-je arrivé là ? Je me pose cette question en boucle depuis que j’ai franchi cette porte il y a près de trois heures. Enfin, trois heures… je n’en sais plus rien. Dix minutes, une journée ? J’ai perdu la notion du temps. Je me sens con, les genoux douloureux, dans le noir, un bandeau sur les yeux… j’ai la sensation d’attendre depuis une éternité. Attendre quelque chose qui ne viendra probablement pas et redouter le moment où cela arrivera. Enfin, où cela arrivera… où ELLE arrivera. Si elle arrive. D’ailleurs, j’en viens à douter de son existence réelle. Je tourne en boucle, j’ai refait vingt, cent fois l’histoire, le scénario de cette rencontre, de cette excitation qui monte malgré tout. Fébrilité, impatience, envie de me jeter à ses pieds, de dire oui à tout.
D’abord, ce post Reddit, la découverte de cette communauté, plutôt. Découvrir que je ne suis pas seul et que finalement c’est assez courant. Et puis ce post qui décrit avec tellement de précision ce que j’entrevois depuis toujours dans ces rêves qui reviennent inlassablement. Avec tellement de précision que cela vire à l’obsession. Incapable de me concentrer, ces images qui reviennent encore et encore.
C’est là que j’ai craqué, j’ai franchi le pas. J’ai laissé un message à l’autrice. Là aussi, ce message je l’ai relu et réécrit cent fois avant de l’envoyer. J’ai repris le vocabulaire et les tournures de phrases que l’on trouve sur le web, un peu gauchement.
Chère Maîtresse,
Votre texte m’a littéralement rendu fou. Je me suis rêvé à la place de votre esclave. Je revois les scènes que vous décrivez depuis plusieurs jours maintenant. Je les rejoue en boucle dans ma tête. Je suis à vos pieds. Je suis à vous. Je suis à votre merci. À votre service. Je ne refuserai rien de ce que vous me demanderez. Et si je refuse, ce ne sera que parce que j’aurai besoin que vous me l’imposiez.
Merci pour vos récits, j’en attends d’autres avec impatience.
« J’en attends d’autres avec impatience », aïe, l’erreur ! Visiblement, on ne donne pas d’ordre, pas d’injonction à une Maîtresse, on ne formule pas d’attente envers une Maîtresse. Pas à celle-ci en tout cas.
Cela dit, c’est peut-être pour cela qu’elle m’a répondu. Elle a senti un terrain favorable. Elle a engagé la conversation sans y faire référence. Elle m’a envoyé cette fameuse carte qui circule sur les réseaux. Celle avec les différentes pratiques que l’on peut imaginer. Les terrains d’exploration possibles, les limites à franchir, les limites à tangenter, celles à interroger et celles infranchissables. Nous en avons discuté longuement sans tabou, avec complicité. Avec beaucoup de douceur aussi, et de façon très personnelle, très crue parfois. Un message en appelant un autre, une conversation par message privé, de celles dont la notification vous donne des papillons dans le ventre et un sentiment de culpabilité en même temps. Le besoin de s’isoler pour répondre, de peser les mots et en même temps le besoin, la possibilité de se livrer, d’être soi. Enfin « d’être soi », de laisser parler cet autre soi que l’on a tous quelque part dans nos petites personnes. Celui que l’on refoule en permanence, que l’on cache. Le soi qui laisse parler ses pulsions, ses fantasmes. Et au détour de la conversation, ce rappel « on ne donne pas d’ordre à une maîtresse », et cette proposition :
Tu veux d’autres textes ? Très bien, te voilà condamné à les écrire avec moi. Rendez-vous jeudi, 23 h
Et une adresse. L’adresse d’un club parisien.
Je te recontacterai pour te donner les instructions. Sois présent.
Et depuis, plus de contact. Mon excitation au comble. L’impression que les journées sont interminables, impossibilité de me concentrer. Je regarde ma montre toutes les dix minutes. L’impression que les collègues me regardent étrangement. La moindre notification devient une urgence et une déception, pas de message. Pas de message de sa part, pas d’instruction. J’en viens à douter de la réalité de cette proposition, de cette conversation. Pourtant, les messages sont toujours là ; elle existe vraiment, elle continue à publier quelques messages sur d’autres sujets. Je m’interdis de la recontacter. Je ne veux pas la brusquer. Au fond de moi, je sais que je veux continuer à y croire et que je ne veux pas lui montrer que je doute. Alors je deviens fou. Je tourne en rond. Je prétexte n’importe quoi et me barre du boulot en plein après-midi. J’arrive chez moi. J’ai besoin d’évacuer cette pression, cette excitation. Je rebranche mon ordinateur et me rends sur le premier site de cul que je trouve. Je me caresse, je me branle, je repense à nos échanges. Je recherche son post initial et relis son texte. Je tiens mon sexe à pleine main, l’excitation qui monte encore d’un niveau, je suis à ses pieds, elle est devant moi, debout, sa main s’avance vers ma tête. Je sens l’odeur enivrante de son sexe. Mon téléphone vibre. Je suis tiré de mes pensées. C’est elle. Son message est laconique.
Petit malin, si tu penses que tu peux faire ce que tu veux d’ici notre rencontre, c’est que tu ne me mérites pas. Si d’aventure tu étais tenté de passer ton excitation en déversant ton foutre ailleurs que dans ma main, sache que notre rendez-vous sera reporté d’une semaine.
Alors j’ai remballé ma frustration et j’ai tenu bon toute la semaine. J’ai enchaîné footings et séances de piscine pour canaliser cette énergie en attendant le jour fatidique. L’esprit tournant en boucle ; toujours. Avec en prime cette petite question sur le timing de son dernier message. Omniscience, mouchard ? Ou alors elle m’a juste trop bien cerné et elle connaît l’effet que cette première rencontre doit avoir sur moi.
Enfin, mercredi soir, j’ai reçu ce SMS, ses instructions :
Jeudi soir, tu arriveras à 23 h au club. Tu te présenteras à la jeune femme à l’accueil et tu lui diras que tu viens voir Julia. Elle t’accompagnera jusqu’à un salon privé au sous-sol et elle verrouillera la porte derrière toi. Une fois seul, dirige-toi sur ta droite, tu trouveras un vestiaire. Déshabille-toi et prends une douche bien chaude, je veux que tu sois propre et détendu. Prends ton temps. Une fois que tu te seras séché, vas au centre de la pièce. Tu trouveras au sol un morceau de tissu noir. Agenouille-toi et bande-toi les yeux avec. Je veux que tu sois plongé dans le noir intégral. Attention, si tu triches ou essaies même de tricher, tout s’arrête.
Tu m’attendras dans cette position. Nu.
P.-S. Tu as le droit de garder la serviette que tu as utilisée pour te sécher et de la mettre sous tes genoux. Cela sera peut-être un peu moins inconfortable.
P.-P.-S. Ne t’inquiète pas, ce club a pignon sur rue, il ne pourra rien t’arriver. Je connais tes limites.
Voilà pourquoi j’attends maintenant, depuis un temps qui me semble interminable, à genoux sur une serviette éponge dans le sous-sol d’un club « pour adulte » de la région parisienne. Malgré l’ambiance feutrée et cossue de la pièce, le velours rouge des tentures que j’ai découvert en entrant et malgré le chauffage qui tourne à fond, je commence à frissonner, j’ai les genoux douloureux et je me demande si cela aura une fin. Je m’interroge aussi sur ce qui m’attend. J’ai envie de me remettre debout, de me rhabiller et de partir en courant.
J’en suis rendu là de mes réflexions quand j’entends le bruit d’une porte que l’on ouvre. Instinctivement, je ressens sa présence. D’un coup, mes doutes s’envolent. Elle est là. C’est bien elle. Mon excitation remonte d’un coup. Je me redresse. Je hume l’air pour sentir sa présence. Tous mes sens sont en ébullition. Je perçois le bruit de chacun de ses pas quand elle entre, sa délicatesse quand elle referme la porte derrière elle et tire le verrou pour ne pas être dérangée. Le bruit du tissu léger qui la couvre. Et son parfum, mélange de senteurs florales légèrement iodé. Je suis fou ; j’ai envie de me ruer sur elle, de me jeter à ses pieds.
Au moment précis où je vais prononcer un mot, je l’entends porter un doigt à ses lèvres, souffler délicatement dessus pour me signifier que je ne dois rien dire. Je suis aveugle, à genoux, je dois aussi rester muet. La tension monte encore d’un cran de mon côté, je suis à fleur de peau. Je suis à sa merci. Elle doit être à un mètre de moi maintenant. Je sens sa présence. Elle me domine de toute sa hauteur. Je suis à ses pieds, ma tête à hauteur de son sexe. La scène est tellement irréelle que mon cerveau ne sait plus où il est. Il déconnecte et c’est l’instinct animal qui prend le dessus. Mon sexe s’est dressé d’un coup, prêt à exploser. Elle ne m’a même pas encore effleuré. C’est plus intense encore que tout ce que je n’ai jamais imaginé.
Je sens une main qui se pose sur l’arrière de ma tête et me déséquilibre vers l’avant. Mon visage est plaqué sur son entrejambe. Ses cuisses sont nues. Je perçois un morceau de tissu de ce qui doit être sa culotte. Mes lèvres vont pour embrasser cette membrane de tissu qui nous sépare. Je ressens la douceur du satin, imprégné de l’odeur de son sexe. Elle me repousse. Je veux y retourner.
La voix est douce et ferme à la fois.
La main m’attire à nouveau vers ce corps et plaque mon visage sur son sexe. J’ai le nez enfoui dans sa petite culotte. Son odeur est enivrante. Je veux m’y perdre. Mes lèvres vont à la rencontre de ce morceau de tissu et à nouveau elle me rejette.
Elle me plaque à nouveau sur son entrejambe et me demande si j’aime cette odeur.
La question n’appelle pas de réponse. Non. J’ai les narines noyées dans les plis de ce bout de tissu, soie, coton, je n’en sais rien, mais c’est le plus doux du monde. Son odeur est sublime, il vient s’incruster dans ma tête. J’ai toujours aimé l’odeur d’un sexe féminin. Non pas l’odeur de savon d’un sexe qui sort de la douche ni celle d’un sexe négligé. Je parle de l’odeur naturelle du sexe d’une femme à la fin d’une journée. Cette odeur délicate et pénétrante en même temps. Celle-là, je pourrais littéralement la boire. M’y baigner. Je suis aux anges. Je flotte dans un univers parallèle.
Elle me rejette à nouveau.
De son pied, elle me repousse en arrière.
Son pied vient caresser délicatement mon entrejambe.
Elle avance vers moi et vient plaquer à nouveau ma tête entre ses cuisses. J’ai le nez dans son sexe à nouveau. Ma bouche plaquée sur sa culotte. Je suis en apnée. Je ressens la chaleur de son sexe. Je sens son excitation aussi. Son sexe est chaud et humide au travers du tissu. Elle relâche la pression un instant, je respire son sexe à pleines narines. Elle m’ordonne de ne pas bouger. Je reste là, pris dans ce moment en suspens, perdu dans ses effluves.
D’un coup, je perçois un léger sifflement. Celui d’un liquide qui bouillonne et coule sous pression et une douce chaleur vient imprégner mon visage. Le bruit enfle et s’arrête aussitôt. Quelques gouttes coulent le long de mon cou, roulent sur mon torse. Elle se saisit de ma tête et l’attire vers elle.
J’ouvre grand ma bouche, ma langue s’avance fébrilement à la rencontre de son sexe humide, je recueille une première goutte. Un goût salé et amer à la fois me pénètre et tapisse mes papilles. Le tissu humide et chaud se plaque contre mon visage. Je le suce, je l’aspire. Mon cerveau en ébullition n’arrive pas à admettre que je lape l’urine d’une inconnue et pourtant je le sais et j’en suis fou d’excitation. Je plaque ma tête plus fort encore sur son sexe. J’en peux plus, j’en veux encore, je veux qu’elle se lâche, je veux la boire, je veux qu’elle m’utilise, qu’elle se soulage en moi, sur moi, pour son plaisir… pour le mien.
Elle me repousse plus fortement cette fois. Surpris, sans repère, je bascule au sol et m’étale sur le dos.
Elle ne perd pas de temps et je sens un corps m’enjamber. Elle vient s’asseoir délicatement sur moi. Mes bras sont bloqués le long de mon corps. Je sens une main remonter mon entrejambe. J’ai toujours son parfum dans ma bouche. Mon sexe est plus dur que jamais. Le premier contact avec sa main m’électrise. Je vais exploser. Au moment où elle prend mon sexe à pleine main et le serre de ses doigts. Je sens ma prostate se contracter, et j’explose déjà dans de longues saccades. À l’instant où mon foutre se déverse, mon corps pris dans un orgasme dantesque, j’entends son rire cristallin et malicieux dans lequel je perçois une pointe de fierté.
Elle se lève déjà. Je sens qu’elle tourne sur elle-même avant de se pencher sur moi. Je sens ses lèvres douces se poser sur mon front. Elle me murmure à l’oreille :
Elle effleure mes lèvres du bout de ses doigts et y dépose une goutte de ce qui doit être mon sperme. Je n’existe plus. Je suis sur un nuage. Je ne comprends pas encore ce que je viens de vivre. J’entends à peine le bruit de la porte que l’on ouvre et qui se referme. Je suis dans une sorte de tétanie euphorique.
J’ai dû m’endormir immédiatement après ça.
Je me réveille, étendu à même le sol. Pas un bruit. J’enlève le bandeau qui couvre mes yeux. Encore sonné, j’ai du mal à réaliser ce que je viens de vivre. J’ai les jambes en coton. Je sens le foutre qui a séché sur mon ventre et j'ai un goût âpre en bouche qui me confirme que je n’ai rien rêvé. Je file prendre une douche et me rhabille en deux minutes. Je remonte et passe devant la jeune fille au comptoir. Nos regards se croisent. Elle tourne la tête et me tend une enveloppe accompagnée d’un sourire timide et malicieux. J’ai l’impression d’être encore nu face à elle.
Je marmonne un « merci » inaudible en prenant l’enveloppe. Je la glisse dans ma poche et pousse la porte. Je me retrouve en pleine rue. Malgré l’heure tardive, il y a encore de l’animation et j’ai l’impression que tout le monde me dévisage. Je rentre dans la première station de métro et atterris chez moi je ne sais comment. J’ai toujours la main sur l’enveloppe. Je m’autorise enfin à l’ouvrir.
Merci pour cette première expérience.
Rendez-vous jeudi, 23 h
L’attente va être longue…