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n° 22061Fiche technique32250 caractères32250
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Temps de lecture estimé : 23 mn
19/10/23
Résumé:  Comment j’ai rencontré la mère de mes trois filles.
Critères:  fh hplusag -rencontre
Auteur : Arpenteur      Envoi mini-message
Le traquenard

Josette est la fille des patrons du bistrot d’à côté. Un beau morceau, un gros morceau ! À dix-neuf ans, elle exhibe fièrement ses cent dix kilos avec son cul énorme ; ses hanches aussi sont XXL, de quoi faire frétiller les habitués du troquet. Les plus osés se sont sans doute risqués à lui mettre une main aux fesses, mais ils se sont pris des baffes. Pourtant, elle est plutôt avenante, la grosse Jo. Avenante ne veut pas dire facile, mais cela n’empêche pas les vieilles poivrasses de lui mater le troufignon. Les plaisanteries grivoises fusent, suivies de quelques allusions salaces savamment dosées à l’encontre de cette étudiante un peu brute de fonderie. Elle prend finalement tout ça avec philosophie et n’est d’ailleurs jamais la dernière à sortir de sa besace des histoires pas vraiment drôles, mais toujours assez grasses.


Depuis quelque temps déjà, au sortir du boulot, je passe plusieurs heures dans ce café sordide. Il faut dire que rien ne va plus avec ma concubine. Nous ne faisons plus l’amour depuis des mois et cette conne a fini par se prendre un amant. Le quidam en question est un de ses lointains cousins, beaucoup plus marrant que moi, paraît-il. Je le trouve précieux et vaguement efféminé. Elle se plaît pourtant à dire qu’il baise bien mieux que moi. Tant mieux pour elle, après tout, puisqu’elle me fiche la paix. Si nous n’avions pas ce crédit sur le dos, je l’aurais larguée depuis belle lurette. C’est pourtant une très belle femme, avec des mensurations parfaites et une intelligence au-dessus de la moyenne. Tout ça ne l’empêche pas d’être, dans la vie courante, une vraie conasse !


Je bois pour oublier que je suis maintenant seul, désespérément seul, sans ami, comme un con, nos rares connaissances communes, elle les a emmenées avec elle. Mais, de toute façon, je n’avais plus envie d’elle, le désir s’est depuis longtemps évanoui, et ses projets ne sont plus les miens !


Mes fantasmes s’orientent ces temps-ci vers la grosse Jo. Un peu normal, c’est la seule femme dans mon entourage, je bosse dans un milieu exclusivement masculin.

Dix-huit heures quinze, c’est l’heure où elle revient en général de son école. Elle étudie dans un lycée technique agricole, dans une filière horticulture, et elle travaille chez Truffaut en alternance, si j’ai bien tout compris. Son arrivée est toujours pour moi un vrai délice, un grand plaisir des yeux et je maudis les jours où elle nous fait faux bond. Elle n’est pas spécialement belle, mais moi, je la trouve très bandante. Cela fait maintenant des semaines que je flashe sur cette grassouillette et je ne me lasse jamais de la regarder. Plusieurs fois, déjà, j’ai essayé de l’aborder, pour l’instant sans succès, elle esquive comme une anguille. Bien évidemment, elle a remarqué mon manège, car mon attitude ne laisse aucun doute sur mes envies vis-à-vis d’elle. Peut-être me trouve-t-elle trop âgé, j’ai l’âge de son père, avec en plus quelques cheveux poivre et sel, je fais plutôt vieux chnoque. Pourtant, je suis encore très jeune dans ma tête.


Aujourd’hui, cependant, en prenant ma commande, ce qu’elle fait de temps en temps, elle me gratifie de son plus joli sourire avec son gros visage poupin :



Je n’aurais jamais osé lui suggérer.



Elle n’a pas froid aux yeux.



Et la voici qui rit de bon cœur en essuyant la table, avant de s’en retourner prestement vers le comptoir. J’ai l’impression qu’elle remue son gros fessier tout spécialement pour moi. Un peu plus tard, elle revient avec mon verre de bière à la main, mais, alors que j’essaie à nouveau de lier conversation, elle se remet à glousser bêtement, sans vraiment de considération pour mes propos.

Trois pressions plus loin, désespéré par son attitude trop peu engageante, je décide de lui demander l’addition, mais là, surprise ! Sous la note, je trouve un petit papier avec un numéro de portable inscrit au stylo-bille. Je regarde vers le comptoir, mais elle n’est déjà plus là. Le serveur me dit qu’elle est partie faire ses devoirs, il est déjà dix-neuf heures, ils vont bientôt fermer.


Dépité, mais plein d’espoir, je regagne ma voiture et compose tout de suite le numéro. Mais je tombe sur un répondeur… Un message anonyme me dit : « Vous êtes bien sur le répondeur du 06.xx.xx.xx.xx… ». Je n’aurai même pas le plaisir d’entendre sa voix.


Allo, Josette, Josette ? Si tu savais comme tu m’excites et comme j’ai envie de toi… Rappelle-moi dès que tu peux, que nous puissions discuter ensemble…




Une demi-heure plus tard, je suis tout seul chez moi, ma compagne découche pour la troisième fois de la semaine, encore avec son bellâtre, le cousin pédé.

Mon portable se met à vibrer, je décroche. Une voix inconnue me parle et me demande de but en blanc :



  • — C’est vous, le vieux satyre ?


J’entends glousser derrière cette voix.



  • — Mais qui êtes-vous ?
  • — Une jeunette en manque de sexe.
  • — Josette est là ?
  • — Qu’est-ce qu’elle vous a fait la Jo ? Elle vous excite ? Vous aimez son gros cul ?


Devant mon embarras, ma correspondante éclate de rire au bout du fil. Au moins deux, sans doute trois nanas qui rient de concert. Je crois reconnaître Josette parmi elles.



  • — Passez-moi Josette, s’il vous plaît !
  • — Pas question, Monsieur le Cochon. Pour avoir Josette, il faudra d’abord me passer dessus, répond encore l’effrontée, avec Jo, on partage tous nos mecs. J’espère que vous en avez une grosse au moins ! Josette aime les grosses queues bien juteuses, n’est-ce pas ma Jo ?


J’entends un « oui » dans le lointain, suivi d’un « tu crois qu’il pourra nous satisfaire toutes les trois ? ». Mon interlocutrice reprend :



  • — Tu rêves, ma vieille, c’est comme tous les mecs, ça tire son coup vite fait et après ce n’est plus bon à rien, faudra qu’on se le joue à la courte paille.


Et les autres d’éclater de rire de plus belle. Elles se paient ma bobine, ces sorcières, si je m’attendais à ça !



  • — À moins que le vieux ne se surpasse pour ton gros derrière, ma belle !


Elles se foutent carrément de ma gueule ces trois pouffiasses. Je ne reconnais plus Josette, je l’aurais crue plus réservée, plus respectueuse, je suis assez déçu.



  • — Alors, Monsieur le Vicieux, ça vous dit de venir rejoindre trois belles petites salopes ? Vous voulez notre adresse ?


À vrai dire, la perspective de les voir me faire tourner en bourrique ne m’enchante guère.



  • — 5 rue des Amandiers, ajoute-t-elle sans attendre ma réponse.


Et elle raccroche. J’essaie de rappeler de suite, mais tombe à nouveau sur le répondeur.

J’y vais ? J’y vais pas ? J’avoue que je me tâte. Après tout, qu’est-ce que je risque ? Rue des Amandiers, je regarde sur internet, c’est à l’autre bout de la ville, pas du tout dans le même coin que le troquet. Et si, à la place de ces petites vicieuses, je tombais sur un gros costaud avec une queue énorme et qu’il me défonce le cul ! Après tout, advienne que pourra. Je prends ma voiture et, parvenu à destination, je fais trois fois le tour du pâté de maisons, sans pour autant me décider.

J’ai repéré la villa, presque tous les luminaires sont éteints, seul un rai de lumière filtre par le salon ; manifestement, pas une âme qui vive à l’intérieur. Si cela se trouve, elles se sont bien fichues de moi. Prenant mon courage à deux mains, je sonne une fois, deux fois, trois fois, personne ne répond, je m’apprête à rebrousser chemin quand j’entends piaffer derrière mon dos :



Je me retourne, deux filles se trouvent derrière la porte entrouverte. Josette et, tout près d’elle, la tenant par les épaules, un grand échalas dégingandé. C’est elle qui m’a parlé au téléphone, je reconnais immédiatement sa voix :



Jo glousse bêtement, je ne suis qu’à moitié rassuré.

Lyne, c’est le prénom de mon interlocutrice, me dévisage de la tête au pied. Elle avoisine le mètre quatre-vingt, a le visage boutonneux, grêlé d’acné, mais, mis à part cela, elle est plutôt belle fille. Josette semble, quant à elle, beaucoup plus timide qu’elle ne l’était tout à l’heure dans son café, presque sous le joug de sa copine. Les deux femmes m’entraînent vers une chambre, de l’autre côté de la villa, où nous attend une troisième gonzesse. Celle-ci est déjà à moitié à poil, la poitrine bien débraillée. Mon premier ressenti, c’est qu’elle a tout du petit boudin, elle est moche de la tête aux pieds. À moitié dénudée, sa minuscule poitrine a l’air complètement ridicule en regard de son bassin plutôt large ; une fille en forme de poire. Qui plus est, elle semble particulièrement mal à l’aise et empruntée.



Tout ceci me semble bien abrupt ! Un plan à la con qui me met en difficulté. Comment des jeunes filles normales peuvent-elles imaginer ce genre de chose, personne n’aurait fait ça il y a vingt ans.

Ladite Sandra regarde ses pieds, perdue dans des pensées lointaines. Elle a l’air plutôt fébrile et à moitié bourrée.

Comme si elle comprenait le fond de ma pensée, Lyne enchaîne :



Malgré la lumière tamisée, je sens la jeune femme rougir de la tête aux pieds. Elle lève les yeux vers moi, un regard implorant comme si elle me suppliait de lui prouver qu’elle est sexy et attirante. À moins que ce soit un appel au secours et qu’elle se soumette à ce jeu à cause de ses copines, pour ne pas paraître trop cruche. Quand on est en bande, nos décisions sont rarement tout à fait les nôtres.


Les deux autres s’affalent lourdement sur la banquette et s’allument négligemment un joint.

Lyne m’exhorte à y aller franco, tandis que Sandra retire docilement sa jupe pour achever son déshabillage. Elle ne porte pas de culotte, elle est donc désormais complètement nue et totalement offerte, les cuisses déjà écartées, attendant passivement que je prenne les choses en main. Personnellement, j’aurais sûrement besoin d’un peu plus de préliminaires.

Faisant mine d’embrasser la jeune femme dans le cou, je lui glisse doucement à l’oreille : « Tu es sûre que tu en as vraiment envie ? », mais je chuchote à peine pour que les autres ne puissent entendre. Quand je la regarde l’instant d’après, ses yeux semblent m’implorer, et je comprends son désarroi, nous sommes, elle et moi, sur la même longueur d’onde, victimes d’un beau traquenard. Si elle est là, c’est uniquement pour faire plaisir à ses « amies », pour être dans le coup, pour faire partie de la bande ! C’est évident, elle n’a pas spécialement envie de se faire baiser, en tout cas pas là, pas par moi, ni devant ces deux vipères. Alors, pourquoi accepter cette mascarade et se prêter à ce jeu grotesque ?


Comment faire ? Par chance, je ne bande pas, le contexte m’ôte tous mes moyens, les deux folles s’en aperçoivent et ricanent derrière mon dos.



Et la grosse, sans pitié, d’éclater de rire. Je la maudis, cette salope, moi qui la pensais discrète, gentille et sensible, qui voulais même en faire mon quatre-heures…



La fille dénudée s’exécute docilement, elle prend ma queue en main, essaie de me branler un peu. Mais ma nouille, en berne, reste imperturbable entre ses doigts graciles.



Sandra engloutit passivement mon sexe, sans aucune sensualité et avec maladresse. Elle suçote plus qu’elle ne suce. Je suis gêné pour elle. Je lui pose une main sur la tête, certainement pas pour la forcer à quoi que ce soit, mais au contraire pour lui caresser doucement la joue, pour essayer de la rassurer, lui faire comprendre que je vais trouver une solution à notre problème commun.


Je me dégage lentement de sa bouche et je me retourne vers les deux furies.



Ainsi, elles sont au courant, j’ai dû en parler aux habitués du café un jour où j’avais trop bu et Josette est allée baver, je la maudis aussi pour ça.

Je me rhabille en vitesse et pars sans demander mon reste, après cette piètre performance. Juste nos regards qui se croisent une dernière fois avec Sandra, petit clignement d’œil en guise d’accord tacite. Suivi d’un « Casse-toi, pauvre mec ! » hargneux, lancé par la mégère, qui me poursuit jusqu’à la porte d’entrée. Lyne a vraiment une voix qui porte.




Les jours suivants, je m’abstiens de retourner au bistrot, mais les habitudes reprenant le dessus, et le besoin d’alcool se faisant à nouveau sentir au sortir du boulot, mes amis les poivrasses finissent par revoir ma bobine. J’évite toutefois tout contact avec la Jo. Je ne lui adresse plus du tout la parole et elle, de son côté, fait tout pour m’éviter. C’est mieux ainsi, nous nous ignorons royalement !

Chez moi, la situation est loin de s’améliorer. Ma compagne, disons plutôt mon ex-compagne, parle de plus en plus d’aller vivre ailleurs. Elle s’en fiche complètement si j’ai du mal, à moi seul, à payer les traites de l’appartement. On le revendra, ce foutu appart, sa décision est déjà prise. Peu à peu, je la vois embarquer toutes ses affaires. Après tout, bon vent, bon débarras, quand les sentiments ne sont plus là, pourquoi s’acharner ?




Un mois, deux mois passent, un soir, je décide d’aller à la fête foraine qui s’est ouverte près de chez moi, histoire de me changer les idées. Je me balade dans son enceinte comme une âme en peine, je n’ai guère le cœur à m’amuser. En plus, il y a surtout des jeunes, les gens comme moi sont généralement en couple et bien au chaud dans leurs foyers, à conter fleurette à une jolie donzelle.

Au détour d’une allée, une jeune femme m’interpelle, je lève la tête vers elle, elle me dit vaguement quelque chose, mais je ne la reconnais pas vraiment, elle est accompagnée de deux adolescents boutonneux.



Putain, oui, c’est bien elle, habillée comme ça, c’est une autre femme. Il faut dire que je l’ai connue essentiellement à poil et que ce jour-là, elle était passablement murgée, peut-être même droguée.



Les quidams en question me font un bref signe de tête, histoire de, mais n’en ont apparemment rien à foutre, pressés qu’on en finisse.



Elle tend au plus grand une petite sacoche qui s’avère contenir les cordons de la bourse.



Ensuite, elle se tourne vers moi. Elle n’est guère plus belle que la première fois, le visage toujours aussi ingrat, mais cette fois-ci, elle est souriante et ça change tout ! Je la trouve, sinon jolie, du moins séduisante et même plutôt craquante.



Nous nous installons sur une souche près d’un arbre, à l’écart de la foule, nos deux canettes à la main.



Si elle savait… Je broie du noir à longueur de soirée, enfermé dans ma solitude.



Face à cette dernière remarque, j’ai du mal à ne pas m’étrangler. C’est une proposition ? Que veut-elle ? Elle me drague ? Oui, c’est évident, elle me drague.



Elle se relève avec légèreté, toute guillerette. Je lui ai à peine donné mon numéro que je reçois déjà un message :


On pourrait essayer d’approfondir notre relation, je ne serais pas contre, bien au contraire !


Ça veut tout dire ! Je me relève à mon tour, éberlué, mais elle est déjà loin et se fond dans la foule avec un large sourire. J’en reste sur le cul, j’ai du mal à le croire.




Il me faut toujours un peu de temps pour me décider. Un homme normal renverrait un texto immédiatement, profitant que la belle a l’air d’être dans de fort bonnes dispositions, mais moi, pas du tout, je ne suis pas un homme normal. Les heures s’égrènent, longues et incertaines, avant que je ne daigne renvoyer un message. Suis-je en train de réfléchir ou est-ce une stratégie : rien de tout ça, je suis comme hébété. Trop de questions que je pourrais me poser et que je ne me pose même pas.

Ce n’est qu’à la fin, quand je sens que je vais peut-être passer à côté de quelque chose et qu’il est même sans doute déjà trop tard, que je consens finalement à prendre mon smartphone. Mais pour répondre quoi ? « Excuse-moi, Sandra, j’ai été très occupé par ailleurs et… », et passer pour un goujat… Mieux vaut éviter de dire n’importe quoi !



  • — Bonjour Sandra, comment vas-tu ?
  • — Ah, tiens, un revenant, me répond-elle pratiquement du tac au tac, en maniant astucieusement l’ironie. Je pensais que tu m’avais déjà oubliée, ou plutôt que je t’étais totalement indifférente. J’étais même sur le point d’effacer ton numéro.
  • — Oui, tu as raison, je suis un peu long à la détente.
  • — Un peu long à la détente, monsieur a de l’humour. Trente-six heures, beau palmarès, tu pourrais presque t’inscrire à un championnat.
  • — Euh…
  • — Allez, cool, j’arrête de te vanner. Si tu me disais plutôt ce que tu avais dans la tête.
  • — Dans la tête ?
  • — Oui, de suffisamment perturbant pour fuir une fille qui manifestement te court après.
  • — Je suis beaucoup plus vieux que toi.
  • — Ah, c’est ça ? Tu crois que je t’aurais donné mon 06 si ça posait problème ? Tu crois que je file mon 06 à tous les hommes que je rencontre ? Mais peut-être est-ce à toi que cela pose problème ?
  • — Oh, non, pas du tout.
  • — Au fait, quel âge me donnes-tu ?
  • — Ben, je suppose que tu dois avoir dix-neuf ans comme Jo.
  • — Perdu, tu as tout faux, j’en ai déjà vingt-quatre et bientôt vingt-cinq, mais c’est sympa, c’est flatteur pour moi, ça veut dire que je fais nettement plus jeune… J’ai travaillé pendant cinq ans dans la restauration, ma formation initiale, mais le métier ne me convenait pas du tout, je suis en cours de reconversion.
  • — En tout cas, je suis de toute façon nettement plus vieux que toi.
  • — Quinze ans de différence, j’ai calculé, il n’y a pas mort d’homme ! Tu pourrais difficilement être mon père, ou alors tu m’aurais eue très jeune. Moi, de mon côté, je pourrais aussi me dire que tu es un très bel homme avec une belle prestance, certes un peu négligé ces derniers temps, mais une femme ordinaire, comme moi, ne tient pas la route face à certaines beautés, c’est évident. Et pourtant je tente quand même ma chance…
  • — Ne raconte donc pas de bêtises, tu es une femme séduisante !
  • — Séduisante, ça veut tout dire… Alors on se voit quand ?
  • — Je ne sais pas, tu es libre le week-end prochain ?
  • — Ah, effectivement, je t’intéresse vraiment très peu, on a déjà perdu trente-six heures, je ne vais pas attendre trois jours de plus, tu ne crois pas que tu exagères ? Ce soir, dix-neuf heures trente, je t’attends devant la pizzeria, celle qui est Rue Marceau. Et, ne t’inquiète pas, je paierai ma part, si c’est ça qui te chagrine.


Putain, pour qui me prend-elle ? Pour un radin ? Tout ceci est bien trop précipité pour moi et ça me fout la trouille, mais elle ne me laisse pas le choix. Je ne peux pas lui faire deux fois de suite faux bond. Comme je tarde un peu trop à répondre, la voici qui me relance :



  • — Alors c’est « oui », c’est « non », c’est « merde », c’est difficile à draguer un homme de nos jours.
  • — Bien sûr que c’est « oui ».
  • — Ouf, quel soulagement, j’ai cru que j’étais vraiment trop moche ! Tu sais, je ne vais pas te manger, je préfère nettement la pizza. Et il n’y a pas d’enjeu, je veux juste te voir, toi. Nul ne nous oblige à terminer la soirée dans un lit.


Au moins, c’est clair, elle n’a pas froid aux yeux, mais reste très arrangeante.




Le soir venu, je me pointe à l’heure dite au lieu de rendez-vous avec une petite appréhension. Et si elles m’attendaient toutes les trois, avec Lyne et Josette. Mais non, elle est bien toute seule, elle fait le pied de grue dans une petite robe toute simple, peut-être une légère pointe de maquillage au niveau des yeux, mais pas trop, juste un soupçon, toujours égale à elle-même. Nous échangeons une bise très chaste et je lui tends un bouquet de fleurs acheté spécialement pour l’occasion.



Avant de rentrer dans le restaurant, je l’attrape par le cou et l’attire vers moi pour lui donner un vrai baiser :



La soirée est très agréable, très décontractée aussi. Sandra n’est pas une femme difficile, elle préfère les plaisirs simples, les promenades en forêt, les couchers de soleil en bord de mer, les balades à vélo, et même se baigner toute nue dans le torrent lorsqu’il fait chaud l’été, elle l’a déjà fait deux fois avec une de ses cousines.



Elle éclate de rire, avant d’ajouter avec malice :



Ensuite, elle me prend la main pour sortir. Nous nous embrassons à nouveau tendrement au sortir du restaurant, une fois, deux fois, trois fois, des baisers qui n’en finissent plus.



Je dois avoir l’air passablement stressé. Je ne trouve plus les clefs de ma voiture. Ah si, elles sont dans ma poche. C’est la première fois que je vais ramener une femme chez moi, depuis le départ de Miriam bien sûr.

Sur le chemin, elle ajoute :






Quand on arrive à la maison, j’essaie de tergiverser pour gagner un peu de temps. Veut-elle boire quelque chose ? On pourrait mettre un peu de musique. A-t-elle envie de quelque chose à grignoter ? Ah, oui, les toilettes sont au bout du couloir. Et, si elle veut une serviette, elle se sert dans le placard de la salle de bain…



Elle, elle en meurt carrément d’envie, c’est évident. Elle pose son verre, elle est chaude comme les braises, nous nous embrassons à nouveau tendrement. Quelques caresses plus tard :



La soirée se déroule lentement, lascivement et de façon très sensuelle. Aucun d’entre nous n’a envie que ça aille trop vite. Contrairement à la première fois, je bande comme un sagouin et peux difficilement cacher mon envie d’elle.

Nous nous retrouvons finalement complètement nus à nous embrasser un peu partout. Lorsqu’elle me prend enfin en bouche, ce n’est plus du tout la même femme que la première fois, elle est beaucoup plus experte, beaucoup plus sûre d’elle aussi. Il faut dire qu’auparavant je l’ai bien léchée et qu’elle a beaucoup joui.


C’est naturellement que nous nous emboîtons l’un dans l’autre, elle est tellement humide. C’est elle qui me chevauche et qui imprime son rythme à nos ébats. Elle est douce et lascive et fait en sorte que la jouissance n’arrive pas trop vite. Mais je suis tellement excité que l’explosion est inévitable. Je me répands en elle en hurlant mon plaisir. Quelques mouvements de hanches plus loin, la voici qui me suit, je sens son corps s’arc-bouter, un feulement bestial exprime son orgasme. Elle reste ainsi quelques secondes avant de s’affaler lourdement contre moi.



Je l’enlace de mes bras et la serre très fort contre moi.





ÉPILOGUE


Quinze mois plus tard, Sandra a accouché d’une petite fille, notre petite merveille. Et, deux ans après, deux petites chipies sont venues rejoindre la famille.

Aujourd’hui, nous habitons tous les cinq à la campagne, nous avons racheté un terrain et monté une serre, et vivons grâce à la vente de nos arbustes.