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n° 22007Fiche technique17674 caractères17674
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Temps de lecture estimé : 12 mn
22/09/23
Résumé:  Selena, une créature mi-humaine, mi-serpent, au service du grand prêtre, veut en savoir plus sur son passé.
Critères:  fh fsoumise fantastiqu -fantastiq
Auteur : SulfurousGuy            Envoi mini-message
La robe Naga

Selena se demandait parfois si elle avait toujours éprouvé, dans sa vie, autant de conflits intérieurs avant de rencontrer le grand maître des serpents. Ce matin-là ne faisait pas exception. Irul était allongé auprès d’elle, encore endormi, alors que les premiers rayons du jour luisaient sur son crâne rasé.


Son amante aimait le cadeau qu’il lui avait fait : ce corps hybride, à moitié femme jusqu’au bassin, et se terminant par une gigantesque queue de serpent. Jusqu’au cou, elle était entièrement recouverte de fines écailles dessinant des taches brunes et grises sur sa poitrine, ses bras et ses flancs. Seul le devant de sa queue était d’une blancheur brillante.


Selena était un beau spécimen, il fallait l’avouer. Elle pouvait se mouvoir en sinuant sur le sol, soit la poitrine relevée, soit comme une prédatrice, à l’horizontale, déployant tout son long corps écailleux dans les couloirs du temple, ainsi que dans la ville haute. Elle se délectait de la facilité avec laquelle elle pouvait saisir des objets avec sa queue, grimper autour d’un bâtiment, ou se saisir d’un individu et l’étouffer. Cependant, sa plus grande qualité n’était pas le meurtre, mais le désir. C’était d’ailleurs la raison d’être de Selena. Bien que rares soient les hommes qui ne l’ont jamais regardée avec envie, elle pouvait avec aisance créer l’attirance chez d’autres mâles.


Mais cette vie éveillait chez la belle Lamia des doutes. Par exemple, elle n’arrivait pas à se souvenir de son existence avant la rencontre avec le maître, et cet écueil faisait naître chez elle l’envie d’aller voir ailleurs, d’en savoir plus sur ses origines.


Au bout de quelques minutes, le maître ouvrit les yeux, la regarda et posa sa main sur sa hanche recouverte d’écailles. Il caressa doucement son flanc aux centaines d’infimes renflements. Selena en éprouva du plaisir. Le maître était-il satisfait de son aspect ? Elle savait bien qu’elle n’était qu’un animal, mais au service de ses désirs, tout de même ! Le regard de l’homme passa sur ses cheveux détachés, ses épaules fragiles, ses flancs en pente douce, son bassin recouvert d’écailles, puis la naissance de sa queue puissante. Il souleva le drap pour terminer sa contemplation jusqu’au petit bout frétillant de bonheur. Elle aimait quand son regard caressait ses écailles. Elle ne portait jamais d’autres vêtements : ces écailles étaient son honneur, son plus bel atout dans son rôle auprès de lui. Elle frémit quand le maître la lécha soudainement. Soulagée, elle constata qu’elle était toujours à son goût.


Il se redressa au-dessus d’elle et l’enfourcha. Elle ouvrit sa fente, se tortilla sous lui pour mieux se placer et se laissa pénétrer. Un engin long comme ça, ce n’était pas naturel. Mais le maître avait de nombreux pouvoirs magiques. Quand il s’enfonça en elle avec un gémissement, elle tâcha de l’accueillir au mieux et de se détendre. Elle posa ses mains sur le bassin de l’homme et l’aida à la pénétrer. Bien que grand pour un être humain, son corps était petit et frêle par rapport à elle. Il poussa un soupir de soulagement et se lâcha en elle. Elle n’avait même pas frôlé le début du plaisir.

Aussitôt, comme s’il avait récité un sermon de manière automatique, il se retira d’elle, se redressa, se mit debout, et toujours nu, sortit de la pièce, sans un regard pour elle.


Selena resta allongée, sa queue serpentait sur le lit comme la silhouette d’un fil dénudé. Elle regardait le plafond, épuisée par cette saillie. Une idée lui traversa alors l’esprit. Les humaines ressentaient-elles cela, aussi ? Pourquoi pensait-elle à cela, d’ailleurs ? Quelque chose semblait remuer dans les tréfonds de ses souvenirs. S’était-elle toujours appelée Selena ? Elle avait des doutes à ce propos.


Elle entendait le maître bouger dans la pièce d’à côté. Elle se glissa hors du lit, et s’approcha du grand prêtre.



Afin de mériter une réponse à sa question, elle se tortilla à ses pieds et prit son sexe dans sa bouche.



Alors pendant qu’elle lui montrait son amour, il lui raconta toute l’histoire, tandis que des flashs concernant l’évènement lui revinrent en mémoire.



Avant de rencontrer le grand maître des serpents, Selena était une archéologue aventurière. Après des jours de voyage dans la jungle pour suivre des légendes anciennes, elle avait découvert l’entrée d’une grotte, légèrement en aplomb de la forêt. S’y aventurant, elle avait remarqué que les murs étaient recouverts de symboles anciens. Il devait s’agir d’un site inconnu jusqu’alors ! Il n’était marqué sur aucune carte. C’était historique !


S’enfonçant plus avant dans la grotte, et plongée dans son étude, elle ne s’était pas rendu compte de l’endroit où elle se trouvait. Elle entendit une voix derrière elle. Un homme s’adressait à elle, depuis un trône de pierre, gravé de multiples serpents, sur lequel il était assis.


Elle avait été aussitôt hypnotisée comme un serpent charmé par un instrument de musique. Elle lui avait demandé qui il était, mais il n’avait pas répondu et s’était approché d’elle, la jaugeant de haut en bas, comme un animal qu’il s’apprêtait à acquérir. La pièce maîtresse de sa collection. Dans une langue inconnue, il lui susurrait qu’il avait ouvert la frontière avec ce monde juste pour elle. Elle oublia aussitôt qui elle était et les puissants mécanismes de défense sociale qui avaient fait d’elle une grande aventurière. Une seule pensée lui traversait maintenant l’esprit : était-elle assez belle pour devenir l’élue du cœur de cet homme ? C’était un moment à la fois troublant et agréable de se sentir ainsi comprise et guidée.


Mais elle n’avait pas pu y réfléchir plus longtemps.


Il lui avait ordonné de se dévêtir, lui expliquant qu’il avait un cadeau pour elle. Honorée et ravie qu’on lui offre un présent, comme à une reine, elle s’exécuta. Elle avait retiré son pantalon, sa veste, son top, pendant qu’il continuait de l’observer sous toutes les coutures en tournant autour d’elle. Un instant surprise qu’elle doive même enlever ses sous-vêtements, elle avait cependant saisi l’élégant tissu glissant qu’il lui avait tendu. Nue, elle s’était glissée à l’intérieur. Un frisson d’exaltation lui vint quand la courbe de sa cuisse fut parfaitement épousée. Elle enfila l’autre jambe.


Le tissu à la fois léger et dense lui caressait la peau, la flattait, lui susurrait des mots doux à l’oreille. Elle se sentait aimée avant même de l’avoir totalement enfilé. La manière dont cet homme s’était placé avec cérémonie dans son dos avait eu quelque chose de solennel. Il avait amoureusement remonté la fermeture éclair. Était-il attaché à elle, bien qu’ils ne se connussent alors que depuis quelques minutes, ou bien pour ce qu’elle allait représenter ?


À cet instant précis, elle avait réalisé qu’elle ne savait rien de lui, et se demandait comment elle avait pu en toute confiance enfiler une robe, nue devant lui. Quelques instants avant qu’elle ne se transforme, sa robe lui moulait le corps comme un gant seyant. Il lui avait avoué que cela lui allait bien mieux qu’à d’autres femmes et qu’il était ravi d’avoir trouvé un aussi joli corps. Un peu surprise par cette formulation, Selena s’était contentée de se caresser les hanches doucement pour mieux sentir le tissu. C’était parfait.


La robe lui couvrait les épaules et le cou. C’était plutôt agréable d’être ainsi enveloppée. Cependant, elle se sentit un peu serrée. Elle cherchait la fermeture éclair, mais sans la trouver, ou percevoir le bord du tissu. Ce n’était plus les écailles de la robe qu’elle touchait, mais ses écailles, à elle. Ce détail la chiffonnait quelque peu, car elle ne se souvenait pas qu’elle possédait des écailles, même si une partie d’elle-même ne faisait pas trop de difficulté à trouver cela séduisant. Ses manches avaient elles aussi disparu. Quand elle effleurait ses avant-bras, elle sentait parfaitement à travers les écailles, comme si c’était son propre épiderme. Enfin, ce qu’il y avait dorénavant à la place.


Inquiète, elle s’était tournée vers son maître. Mais sa vue s’était brouillée, ses jambes avaient faibli à cet instant et le monde tournait autour d’elle quand elle chutait. Recroquevillée au sol, elle sentait que la robe gagnait du terrain sur sa peau. La frontière entre les deux s’estompait peu à peu, comme un lointain souvenir. Ses nouvelles écailles pénétraient jusque dans son intimité. Avec les maigres forces qui lui restaient, elle s’était démenée de tout côté pour retirer ce qui ne semblait plus être du tissu. Mais elle se griffait les écailles. Elle avait supplié pour qu’on lui retire cette chose qui l’enveloppait dans son cocon. Peu à peu, elle se demandait pourquoi elle voulait enlever sa propre peau. Une peau dont le contact était plutôt grisant, à vrai dire. Le grand prêtre s’était juste tenu au-dessus d’elle, admirant la transformation. Elle lui avait alors jeté un regard terrible, ne sachant si c’était un amour ou une colère furieuse.


Elle se souvenait encore de ce moment de trouble, allongée sur le sol froid de la caverne, alors que sa magnifique robe fusionnait avec sa peau et lui dévorait les jambes pour qu’elles ne fassent plus qu’un. Le tissu s’était étendu sur ses cuisses, ses mollets, ses pieds. Dans le même temps, ses jambes s’étaient étendues et assouplies, prenant la mobilité d’un long appendice articulé. Elle avait senti ses muscles s’allonger, et se fluidifier, ses os se déstructurer et se multiplier comme une immense colonne vertébrale. Le moment le plus intense fut lorsqu’elle sentit la matière de la robe couler comme un liquide dans son sexe pour le mouler, l’allonger, lui donner une forme reptilienne, comme le reste de son organisme. Ses organes s’étaient adaptés. Il lui semblait que ses doigts étaient plus fins, ses cheveux plus longs et sa silhouette plus svelte.


Son ventre recouvert d’écailles montait et descendait dans la moiteur ambiante quand le prêtre avait retiré sa robe de cérémonie. Son sexe était dressé, excité par la scène.



Cela alors sembla être, aux yeux de Selena, la chose plus naturelle au monde de le mettre dans sa bouche. Cela fut un honneur pour elle de le satisfaire.


Puis, quand elle s’était retirée en se léchant les lèvres, le prêtre l’avait emmené voir ses autres favorites, dans un immense temple, qui surplombait une ville ancienne. De splendides spécimens, très doués au lit, bien que Selena n’ait pu s’en assurer elle-même. Leur regard avait toutefois quelque chose de triste, de vide, comme l’absence d’une chose passée.


Comme toutes les autres, on avait initié la nouvelle naga au culte des serpents. Mais la fougue et la beauté de Selena avaient tout de suite plu au grand maître, qui se cherchait une épouse. Elle allait devenir l’épouse attitrée d’Irul. Ce dernier cherchait depuis des siècles à maîtriser l’énergie des serpents, la cultiver en l’intégrant dans le réceptacle qu’était la femme humaine. Sa robe était son chef-d’œuvre, qui lui permettrait d’accomplir enfin son rêve. Mais Selena éprouvait trop de puissance animale en elle pour se restreindre à un seul homme, qui plus est un simple humain. Son corps lui disait de se reproduire. La monogamie n’était pas obligatoire dans cette société, mais le grand prêtre n’autoriserait sûrement pas sa compagne, symbole de son propre pouvoir, à être partagée parmi les fidèles, même s’il s’agissait d’éminents membres ecclésiastiques. Pourtant, Selena n’aurait pas dit non à quelques hauts membres. Parmi eux se trouvaient des femmes, enfin des femelles.


Seul problème, le prêtre n’était jamais loin, et bien que Selena croisait avec plaisir le regard de ses prétendants et de ses prétendantes, elle ne pouvait passer aux actes. Le grand prêtre devrait pour cela avoir un accident, ou bien partir en voyage, très loin. Cependant, elle l’aimait, bien qu’elle le haïsse en même temps. Et cette situation s’était poursuivie jusqu’à aujourd’hui.


Quand, la bouche pleine de sperme, elle sortit de l’entretien matinal avec le grand prêtre, elle se mit à réfléchir. Une chose était sûre. Quand le grand prêtre, Irul, lui avait fait enfiler la robe qui lui avait donné sa forme actuelle, il n’avait pas manipulé sa volonté, il n’avait fait que révéler chez elle un désir caché, très profondément, qui n’attendait que d’être dévoilé. Il croyait qu’elle était sous son contrôle, mais c’était plutôt le désir qui la faisait se mouvoir et la rendait si belle et animale. Elle devait cependant le remercier de lui avoir fait vivre cette transformation. Bien qu’elle fut atrocement douloureuse et difficile, elle avait aussi été, sous certains aspects, un moment agréable.


Mais ce que lui avait raconté le maître n’était pas entièrement exact. Par exemple, elle n’avait pas autant de souvenirs concernant le bonheur qu’elle avait ressenti, par exemple. Aujourd’hui, elle le savait, son destin serait de libérer les femmes-serpent du joug de cet homme qu’elle était forcée à aimer.


Par curiosité, elle retourna dans la grotte. Elle y avait retrouvé de vieux vêtements, comme la mue de son ancienne vie. Des flashs lui en revenaient. Cette aventurière qu’elle avait été, une femme qui ose et qui explore, n’avait rien à voir avec cette créature à longue queue, cette séductrice qui aimait se couler dans les bras d’un homme et se laisser pénétrer, cette reine serpent qui enfilait sa couronne et souriait aux cérémonies et réceptions et qui le soir, suçait pendant des heures ce petit homme frêle. Elle était lasse de cette vie. Elle devait avouer que sa situation n’avait pas beaucoup changé depuis le premier jour.


Dans les moments de doute, comme aujourd’hui, elle discutait souvent avec sa robe, qui était maintenant son corps. Du moins, une partie. L’amour pour le prêtre, ça aussi, ce n’était qu’une partie d’elle-même. Sa robe lui rappelait d’aimer le grand prêtre. Au début, Selena avait pris cela pour un ordre. Puis elle lui avait demandé si la robe elle-même aimait le prêtre. Cette dernière cherchait alors à se rappeler son séjour entre les mains du maître. Elle avait aimé être touchée, assemblée, fibre après fibre, que ses mains la touche, au fur et à mesure de sa création, elle avait été dotée de tant de pouvoir ! La robe devait son existence au grand prêtre. Elle était heureuse de pouvoir le servir. Alors Selena lui demanda pourquoi elle ne devait pas son existence à la source des serpents. Et quelque part, Selena aussi avait une créance envers la robe, car elle lui permettait de prendre son essor sur son corps.



La robe se tut. Selena sentit l’emprise de l’entité se relâcher et son esprit respirer un peu plus.



Selena sentit la robe masser son corps tout entier, comme si elle était parcourue de centaines de vaguelettes. C’était très agréable. C’était comme être dans un jacuzzi et sentir les bulles caresser chaque centimètre carré de son être. Sauf que là, elle savait parfaitement où cela procurait le plus de plaisir. Selena ne put s’empêcher de pousser un cri, les yeux et la bouche grande ouverte, sous le coup d’une jouissance totale. Elle se laissa aller dans son fauteuil, la tête en arrière. Sa longue queue se prélassait doucement sur le sol. Selena ne savait pas si la robe réfléchissait ou si elle voulait juste lui faire plaisir.



Selena ne pouvait cependant s’empêcher de se rappeler comment cette robe lui avait déchiré et déformé le corps. C’était un infernal outil de torture de mâle que le prêtre avait utilisé sur elle.

Mais la robe la caressait encore et diffusait son amour dans tout le corps de la naga.



La jeune femme avait oublié que la créature habitait ses pensées.



Dans un coin de son esprit, la reine se demandait quand elle pourrait enfin porter des enfants. Et cette pensée, inédite chez elle, ne la surprit pas.


Alors le maître entra dans la pièce, et elle réalisait qu’elle avait envie des mains du grand prêtre sur elle. Quand elle le vit se baisser pour réaliser son souhait, elle faillit pleurer. Il lui massa le flanc. Puis en voyant son sexe d’une belle taille, elle avait juste envie de l’avoir dans la bouche. Peu importe si c’était le fantasme d’une créature qui avait pris le contrôle de son esprit, cet amour était bien plus beau que ses réticences.

Elle serpenta vers lui et il n’attendait que ça. Quand elle prit le bel engin entre ses lèvres, il posa sa main doucement sur ses cheveux. Elle le pompa, enfin satisfaite.



Il se lâcha complètement dans sa bouche et, avec un soupir de soulagement, elle avala goulûment, totalement obéissante, cette fois-ci, alors que tout son être reptilien frétillait de bonheur.