| n° 21905 | Fiche technique | 30364 caractères | 30364Temps de lecture estimé : 20 mn | 18/07/23 |
Résumé: Simple rappel des anecdotes et des protagonistes qui ont fait la matière des séries précédentes, illustré de quelques précisions. | ||||
Critères: fff fplusag jeunes vacances plage campagne fsoumise fdomine voir exhib noculotte odeurs fmast uro | ||||
| Auteur : Dyonisia (Rêves et autofictions… souvenirs et confidences…) Envoi mini-message | ||||
| DEBUT de la série | Série : Marie la coquine Chapitre 01 / 08 | Épisode suivant |
Il y a longtemps, très longtemps, sur des fantasmes lointains, très lointains…
Non, je ne vais pas vous infliger une mauvaise parodie d’une célèbre saga filmographique. D’ailleurs, mon histoire n’est pas si vieille, et les fantasmes ou les souvenirs, ne sont pas si éloignés. Mais cette série prend la suite – pour le plaisir, peut-être, de certaines ou certains, et le désespoir, sans doute, d’autres – de plusieurs récits parus depuis quelques années. Il m’a donc semblé utile pour le confort des nouveaux/nouvelles lecteurs/lectrices de retracer les évènements antérieurs et d’en présenter les protagonistes.
Si ce rappel vous satisfait ou vous intéresse, j’en suis heureuse. Si vous le jugez superflu, eh bien, vous pouvez en faire l’économie sans me vexer ! Je sollicite simplement votre patience indulgente : nous entrerons bientôt dans le vif du sujet.
Or donc, le conte commença par une banale anecdote. Le nettoyage méticuleux d’un meuble poussiéreux chiné dans une brocante de province révéla l’existence d’une liasse de feuillets couverts de pattes de mouche rédigées à la hâte. La curiosité de la nouvelle propriétaire lui fit lire, ou plutôt déchiffrer, ce qui donnait toutes les apparences d’un journal intime et s’avéra la confession d’une métamorphose.
La lecture titilla l’indélicate, et ce qu’elle avait appris tournicota longtemps dans sa tête. Elle avait entraperçu un monde inconnu. Oh, bien sûr, elle savait que ce genre de comportements sexuels existait. Mais c’était quelque part – non, pas « au niveau du vécu » … – dans un monde trouble qui ne l’avait jamais attirée. À vrai dire, elle ne s’en était jamais préoccupée. Tandis que là, il lui apparaissait comme une réalité qu’elle pouvait presque toucher du doigt, au moins des yeux, tant la rédactrice de ces confidences s’était livrée sans concession.
La vie de leur lectrice était heureuse, sans souci d’aucune sorte, ni conjugal, ni parental, ni matériel. Son couple perdurait dans une harmonie non démentie. Sa fille ne lui avait guère posé de problèmes et s’épanouissait maintenant dans ses études. Une récente promotion de son mari lui épargnait à présent les contraintes d’une servitude salariée. Elle employait son temps libre en occupations futiles ou sérieuses à son gré. Bref, une existence confortable, paisible, enviable, et limite ennuyeuse.
Une fissure, pourtant, grignotait à bas bruit dans son bonheur tranquille depuis la découverte de ces aveux d’une soumise qui, se reconnaissant d’abord comme une femme désorientée, avait trouvé sa voie après une métamorphose humiliante, mais libératrice. Elle relut, recopia, relia les passages sans transition, se documenta, réfléchit, fut tentée de réécrire, hésita, et finalement se lança. Ses loisirs lui permettaient de remplir des pages, sa malice l’invita à le faire comme si elle était l’héroïne de l’histoire.
Se mettre dans l’esprit d’une autre fut une intéressante expérience de dédoublement de personnalité. Imaginer les sentiments éprouvés par une tierce personne amène parfois à les éprouver soi-même, intellectuellement bien sûr, mais quelques fois physiquement. Elle se surprit à ressentir des émotions inconnues jusqu’alors, ou peut-être oubliées. Troublant, mais pas désagréable, au point de se prendre au jeu et sa plume courut bientôt toute seule. Le résultat, qu’elle garda d’abord secret, lui parut assez gratifiant.
Ses recherches sans vraie rigueur, l’avaient amenée sur un site qui offrait aux écrivains amateurs la possibilité de se frotter à l’appréciation de lecteurs anonymes. Le site de l’imaginaire, disait la page d’accueil, et pourquoi pas ? Elle avait baguenaudé un peu au hasard dans le contenu, trouvant ici des merveilles de style et de scénario, là du banal et du médiocre dans la forme ou le fond, sinon les deux, sans oublier les inévitables critiques hargneux, sabreurs de leurs confrères et consœurs dans la plus pure tradition des frères Goncourt. De quoi faire douter une conteuse en herbe. Elle surmonta ses craintes et envoya son récit. Il fut publié.
Ce ne fut pas l’accueil largement diversifié de son texte, mais sa parution qui dérouta l’auteure. Avoir étalé, par gloriole et sans vergogne, les errements d’une femme subjuguée par une personnalité dominante qui avait joué de sa faiblesse, l’avait soumise, dénudée, exhibée, humiliée en public, pour l’amener finalement à se donner corps et âme, la culpabilisa. Elle savait que certaines personnes évoquées comme les lieux cités existaient effectivement. Et si d’aventure, la principale actrice lisait la relation qui avait été faite de ce moment décisif de sa vie ? Elle ne pourrait qu’en être navrée et furieuse.
La narratrice se mit en demeure de retrouver son héroïne, afin, se promit-elle, de lui présenter ses excuses et d’encourir au besoin sa colère. Ce ne fut pas facile, il lui fallut des mois de savantes enquêtes et des miracles de persuasion. Un vrai travail de détective. Mais elle réussit enfin à « loger » sa cible peu avant que son patenté formateur de mari parte pour un long déplacement dans un quelconque pays européen. L’occasion idéale pour tenter d’entrer en contact avec celle qu’elle avait appelée « Colette », un prénom désuet choisi au hasard.
Là encore, il lui fut difficile d’obtenir de Colette, jalouse de sa discrète retraite, l’autorisation de la rencontrer. Une longue conversation téléphonique au cours de laquelle elle déploya des trésors de diplomatie lui permit d’arracher un rendez-vous de quelques heures au fin fond de la Haute Provence. Le lendemain, elle partait très tôt de sa maison sur la Côte pour un aller-retour dans la journée, impatiente et inquiète de connaître cette dame, sans doute vieille, et peut-être indigne.
La surprise fut totale. Non seulement, Colette n’était pas si âgée, ou ne le paraissait pas, mais sa prestance et sa vivacité d’esprit en imposaient à la visiteuse. Celle-ci était dans ses petits souliers et se crut à deux doigts d’être renvoyée dans ses pénates. Mais, après une inspection détaillée qui lui donna l’impression d’être mise à nu tant moralement que physiquement, son hôtesse l’invita à lui donner lecture des élucubrations qu’elle avait extrapolées du fameux journal oublié, et lui attribua par fantaisie le prénom de Chantal.
Contrairement à ses appréhensions, Colette accueillit avec intérêt le récit qui la mettait en scène. Au fil des pages, la lectrice se détendait et prenait plaisir à susciter l’attention de son auditrice qui, de son côté, se dévoilait sans complexe au point de se caresser ouvertement aux passages les plus émoustillants. À son grand désarroi, Chantal, donc, se reconnut plus troublée que choquée par cette exhibition d’une impudeur tranquille. La proposition d’une tasse de thé lui apporta un dérivatif bienvenu.
La lecture reprit après la pause dans une ambiance plus chaleureuse et plus intime. Chantal, cédant aux aimables suggestions de la maîtresse des lieux, admit le plaisir de s’offrir à ses regards en culotte. Mieux, elle accepta le cœur battant son invitation à rester quelques jours. Les scrupules d’une garde-robe insuffisante furent écartés d’un revers de main et, une fois la lecture achevée, les ultimes hésitations furent balayées par la promesse d’apprendre la suite de la vie de Colette.
Celle de Chantal bascula en même temps qu’elle consignait les souvenirs et les confidences qu’elle recueillait. Certes, le processus fut lent et jalonné d’étapes. La première advint très vite, presque comme un gage sous la forme d’un prêté pour un rendu. Puisque qu’elle l’avait décrite en détail dans une situation scabreuse de vessie soulagée au vu d’autres femmes, Colette lui réclama tout bonnement en contrepartie de s’exposer pendant sa miction. Que ce fut par culpabilité honteuse ou tentation douteuse, Chantal accepta malgré la timidité qui la bloquait.
Passé le cap de la pudibonderie, l’apprentissage devint plus facile auprès d’une maîtresse qui dispensait largement son savoir. Chantal découvrit les charmes de l’exhibition, les délices du voyeurisme, la liberté d’une vie sans culotte, le plaisir du cul nu sous la robe, les caresses d’une main féminine, comme la douceur de la peau d’une autre, l’ivresse de se donner à elle et le bonheur de la faire jouir autant que celui d’en partager l’orgasme. Elle connut aussi la subtile excitation de l’extase cachée ainsi que l’éblouissement des sens à sa délivrance.
Dans le même temps, Colette lui faisait les honneurs de sa vaste maison et de son paradis campagnard dont elle ne lui dissimulait pas plus les paysages secrets qu’elle ne l’avait fait des détails intimes de son corps. Elle la présenta en amie à ses relations de voisinage qui, en des lieux où tout se sait et se commente, considéraient avec estime, respect et discrétion une « étrangère » parfaitement assimilée. Chantal fut donc notamment mise en présence d’un donjon hérité du passé professionnel de son hôtesse, d’endroits pittoresques propres à la détente, d’un patron de resto tant serviable que volubile, et d’une accorte jeune fille du pays.
La rencontre avec celle-ci, Anaïs, fille d’un artisan dévoué, et révérant Colette, lui donna l’occasion d’expérimenter les sensations équivoques d’une humiliation impromptue. Être surprise à poil et se voir épiler la chatte sous les yeux d’une inconnue deux fois moins âgée qu’elle, lui laissa des sentiments mélangés de honte et de désir. Elle eut néanmoins, le soir même, l’agrément d’une inversion des rôles dont elle retira une sensuelle satisfaction qui, jointe à la séduisante ingénuité de la demoiselle, leva tout obstacle à se livrer devant cette dernière aux ébats les plus saphiques avec la maîtresse de maison.
Parallèlement, Chantal était passée d’une curiosité un tantinet perverse à un franc intérêt pour l’association de la peine et du plaisir. Les anecdotes que lui narrait Colette sur sa propre initiation, son éducation, ses entraînements, et ce qui s’en était suivi, réveillaient en elle la tentation de s’identifier à la conteuse. Elle s’apprivoisa peu à peu à l’idée d’éprouver pour de bon les étranges impressions que pouvait ressentir une soumise. Nul n’était plus qualifié pour les lui faire réellement connaître que celle qui, l’honorant de ses confidences, avait réussi comme Domina réputée et pratiquait encore occasionnellement. Elle s’abandonna en totale confiance à ses enseignements.
Colette la prit en mains par paliers successifs, s’assurant à chaque étape que la demande ou l’acceptation exprimée par son élève correspondait à sa volonté avérée et éclairée. De jeux d’obéissance en petits avilissements, de titillements agaçants en fessées cuisantes, alternant douceur et sévérité, elle la conduisit à l’impatience d’endurer une douleur physique. Chantal connut le plaisir de la honte, l’excitation de l’humiliation, le veule confort de la soumission, le désir de la punition, l’affolement des sens et l’orgasme dans la souffrance. Elle tâta aussi de la domination et s’effraya de la facilité d’en jouir.
Bref, Chantal en apprit plus sur elle-même en quelques jours que dans les cinq ou six lustres de sa vie d’adulte. Le lendemain de son initiation, elle s’avoua être quasiment amoureuse de Colette et désolée de devoir la quitter. La tristesse partagée de leur séparation atténuée par la promesse de se revoir, elle rentra chez elle bien décidée à suivre la maxime préférée de son hôtesse : orgasme au réveil garde le sexe en éveil. Et de fait, elle la mit en application sans attendre, au point de se faire surprendre par sa fille Manon et trois amies étudiantes de celle-ci, en pleine masturbation éhontée.
Elle aurait dû en rougir, mais ce furent les plus jeunes qui furent les plus étonnées, sinon gênées. Son assurance nouvelle dissipa le malaise. Elle assuma sa nudité comme sa branlette et personne ne s’offusqua de choses aussi naturelles. Sur sa lancée, elle ne cacha rien à son mari, distillant à bon escient la vérité par petites touches et remerciant le sort de lui avoir fait épouser un homme à l’esprit large et compréhensif. Une exception, je vous le concède.
Les jours, les semaines et deux ou trois mois s’écoulèrent ainsi, Chantal vivant le parfait amour, selon l’expression consacrée, avec son conjoint sans se priver d’agréables intermèdes à distance avec Colette ni de satisfactions solitaires. Le retour de l’été modifia le contexte.
Les vacances avaient ramené Manon à la maison. De nouvelles obligations professionnelles avaient expédié le mari au loin pour une durée conséquente. Une longue période de farniente s’ouvrait, meublée de bains de soleil, communs, et de menus plaisirs, chacune de son côté, pour la mère et la fille. Le topless leur était devenu pratique courante dans le jardin, voire la nudité complète que Chantal aurait souhaité être de règle pour faire trempette, si un reste de pudeur ne les avait l’une et l’autre retenues.
Peu après le départ de son père, Manon émit la suggestion d’inviter une de ses amies de Fac qui tenait beaucoup à faire la connaissance de cette mère si décontractée qu’elle n’avait pu qu’entrapercevoir. La brève rencontre évoquée était évidemment l’exhibition scabreuse plus ou moins volontaire à laquelle s’était livrée ladite mère… Malgré l’embarras probable que pouvait susciter ces retrouvailles, Chantal accepta de recevoir l’amie en question, répondant au doux prénom de Marie, qui se présenta le soir même.
La jeune fille semblait timide, réservée en tout cas, mais craquante bien que très, sinon trop, pudique. À la vérité, elle était à la fois profondément troublée par celle qui l’accueillait et très complexée par les défauts qu’elle se trouvait tant au sujet de sa poitrine que de son intimité. La franche bonhomie et l’affectueuse sollicitude de Chantal dissipèrent rapidement une honte inutile. En peu de jours, suite aussi à un essayage coquin entre femmes, Marie se mettait au diapason de la maisonnée et entamait une tendre romance avec Manon sous l’œil bienveillant, quoiqu’un brin envieux de leur chaperon.
Un événement impromptu suspendit hélas cette idylle naissante. Contrainte par ses talents de soliste amatrice de quitter sa chérie, Manon recommanda à sa mère de la distraire et de lui offrir tous les réconforts de l’âme et du corps. Chantal mit un tel cœur à sa mission et la passion que lui vouait Marie était telle qu’au bout de quelques heures de détente sur la plage naturiste ni les plus infimes détails de leurs anatomies, ni leurs sentiments, ni leurs orgasmes n’étaient ignorés de l’une et de l’autre. Ce qui aurait pu n’être qu’une passade libidineuse entre une jeune femme et son aînée de plus de deux décennies, se muait en doux amour.
La journée leur apporta en outre de piquantes rencontres aussi émoustillantes qu’inattendues et, pour Marie, l’étrange sensation de sa première miction exhibée devant une inconnue. Elle s’en accommoda d’ailleurs fort bien, abandonnant toute timidité dans une situation encore plus exposée. Leur retour à la maison, trop long au gré de chacune, conforta d’autant leur rapprochement que les circonstances amenèrent Chantal à confier son aventure chez Colette à son amoureuse et à lui avouer la révélation de son attirance pour certains jeux sexuels. Il en résulta une soirée et une nuit de caresses éhontées et de plaisirs sans vergogne.
Le lendemain, les deux amantes s’empressaient de répondre à l’invitation de Colette qui avait bien voulu accepter que la jeune Marie se joigne aux amies averties séjournant pour quelque temps chez elle. Leur accueil ne le céda en rien à celui de l’hôtesse dans la chaleureuse réception dénuée de pudibonderie dont elles gratifièrent les nouvelles arrivantes. Cerise sur le gâteau, Chantal retrouva la séduisante Anaïs, et Marie fut bien aise d’avoir en celle-ci une compagne de son âge. Évidemment, il leur fallut accepter, de bon gré toutefois, la règle d’une présentation poussée afin que nulle des présentes n’ignore rien des charmes et des défauts de leurs corps.
La venue d’une ancienne novice de Colette ajouta une note pétillante à une partition déjà brillante et les huit femmes purent dès lors s’adonner en toute liberté aux ébats érotiques qui les réunissaient dans une promiscuité nocturne et diurne ne laissant dans l’ombre aucune de leurs occupations sexuelles, ou simplement naturelles. Dans leurs jeux librement consentis, le sort décidait seul du rôle que chacune jouerait au cours de la partie. Sous la houlette, parfois rude, de ses formatrices expérimentes, Marie put ainsi s’essayer aux délices de la domination et à ses contraintes inhérentes. Chantal, quant à elle, après avoir constaté, « de tactu » si l’on ose dire, la réalité d’un orgasme fontaine, assuma durant vingt-quatre heures, pour ses joies et ses peines, la fonction de soubrette totalement dévouée à ses maîtresses.
C’est donc au mitan de la troisième journée de cette immersion ludique et didactique dans le monde des plaisirs réservés que la narratrice avait suspendu le récit de ses découvertes et de l’apprentissage de ses benjamines. Avant qu’elle ne reprenne la plume, il n’est peut-être pas inutile de rappeler en quelques lignes les qualités et le physique des différentes protagonistes de l’histoire.
À tout seigneur tout honneur – je ne sais pas comment le dire au féminin – Colette, sans qui rien n’aurait été : une dame mûre, pas si âgée que ne le laissait supposer la lecture du cahier oublié mais qui approche ou dépasse les soixante-dix printemps, et en paraît facilement dix de moins.
Vers ses trente-cinq ans, elle est entrée en « formation » auprès d’une Domina notoire, Notaire dans le civil, qui ne l’a pas ménagée dans son éducation. Instruite dans la douleur et la sollicitude, elle a gravi rapidement tous les échelons de Novice à Maîtresse accomplie, s’appropriant à la perfection les us de la soumission comme de la domination, et acquérant une solide culture générale qui la met à l’aise avec tous les publics.
Elle a hérité de la clientèle et de l’entregent de son initiatrice, prospérant dans une profession aussi exigeante que rentable et bénéficiant d’une réputation flatteuse dans les cercles avertis. Retirée des affaires avec un pécule plus que confortable, elle s’est établie dans un coin reculé de la Haute Provence, gagnant les sympathies locales et cultivant toujours la discipline physique comme l’activité sexuelle qui lui ont conservé une allure jeune, un corps ferme et svelte autant qu’une poitrine pleine et douce.
Colette a des yeux vifs, un regard malicieux et perçant. Son visage affable peut passer dans l’instant de la bonhomie ironique à la sévérité impérieuse. Son rire cristallin désarme et la perspicacité de son esprit fait le charme de sa conversation.
Sa biographe amateure a largement dépassé le cap de la quarantaine. Dotée d’un physique banal et d’une culture générale plus que convenable, Chantal s’est mariée tôt. Son jeune couple a terminé ses études supérieures tout en pouponnant le fruit de son amour. La bonne fortune a donné à chaque conjoint un emploi correspondant à ses aspirations, comme à chacun un esprit libre et compréhensif. La faveur supplémentaire du sort, ou la sagesse de saisir la chance qui se présente, a permis à Chantal de se mettre en disponibilité en profitant de la meilleure situation de son mari.
Elle ne se juge ni trop petite, ni trop grande. Son mètre soixante-cinq lui conviendrait, n’était sa taille peu marquée et des hanches en amphores pour cause de léger embonpoint. Pourtant, ses fesses sont pleines, ses cuisses fermes et ses mollets musclés, grâce aux plaisirs des balades plus qu’à une pratique assidue des gymnases. Une chevelure châtain mi-long et de jolis yeux, marron, hélas, lui donnent un visage encore jeune au-dessus d’une poitrine en poires qui mûrissent doucement.
Hétéro par simple tradition, ses tendances bi et sm se sont révélées sur le tard.
Anaïs, la première et la seule personne de l’entourage de son hôtesse que Chantal rencontre lors de son premier séjour, est une brunette de vingt ou vingt-cinq ans, futée et débrouillarde qui travaille avec son père artisan et révère Colette. N’ignorant rien des choses de la nature, elle affiche l’ingénuité débonnaire des filles de la campagne sans s’offusquer des scènes coquines qu’elle peut surprendre chez une cliente.
Sa silhouette déliée, aux hanches fines et aux cuisses musclées, agrémentée d’un ventre plat et de fesses en pomme, a suscité du désir chez la narratrice et sa gentillesse timide l’a touchée au point d’en garder le souvenir ému et l’espoir impatient de la revoir. Un espoir sans doute partagé par Anaïs qui « oublie » ses sous-vêtements chez Colette en partant.
La fille de Chantal, Manon, a vingt ans, comme dans la chanson. Elle est plus jeune que Anaïs et assez proche d’elle physiquement. Étudiante délurée, elle ne s’est pas choquée outre mesure de l’exhibition masturbatoire de sa mère au vu et au su de ses amies de Fac. Cette mésaventure les a plutôt rapprochées dans une relation complice qui lui a inspiré l’idée de faire inviter sa plus proche copine pour les vacances.
Cette Marie, qui rêvait de revoir la dame aperçue trop peu de temps, n’est pas très grande mais tout est joliment rond chez elle. Sous sa chevelure brune, ventre, fesses et hanches lui font un corps délicieusement pulpeux. Avec sa peau bronzée, elle est belle à croquer.
D’un naturel timide, voire complexé comme en témoignent les marques de maillot sur son bronzage et les yeux marron souvent baissés de son petit minois, elle est secrètement attirée par les femmes plus âgées. Elle n’est guère portée sur les garçons, sinon par dépit, et cache son désir de rencontrer celle qui la dominera et lui apprendra à dominer.
Pour recevoir Chantal et sa protégée, Colette a réuni un groupe d’amies assez hétérogène. L’une d’elles, Janine, a contribué à son éducation. Elle se nommait Gwladys, à l’époque, et collaborait également avec leur Maîtresse, Me. Ève L*, dans son étude. Formée par la belle Notaire, soucieuse de l’avenir de ses suivantes, elle a acquis les capacités nécessaires pour en reprendre la charge après la disparition de sa bienfaitrice.
Elle est sensiblement du même âge que Colette et conserve comme elle un corps ferme qui la rajeunit. Grande, d’un port altier, elle affiche des formes pleines sans être empâtées. Ses cheveux argentés se souviennent de leur blondeur, comme ses seins de leur arrogance et ses fesses de leur rondeur. En un mot, une femme toujours séduisante, mais alternant rigueur et indécence avec un art consommé.
Andréa en est le contraire par le physique comme la personnalité. De cinq ou six ans plus vieille que Chantal, elle fut collègue de Colette dans sa première vie. Rousse plantureuse, le visage rond et les yeux aussi verts que rieurs, elle prend la vie comme elle vient, sans complexe de ses fortes cuisses, de son imposante poitrine ou de son postérieur conséquent.
Elle a renoué avec Colette il y a quelques années après un divorce plus ou moins réussi et s’est découvert un attrait pour les jeux SM dont elle est devenue pratiquante occasionnelle quoique convaincue, avec celle qui l’a initiée, assumant d’une égale humeur les situations de soumissions ou de dominations.
Petite brune pétillante, Martine est légèrement plus âgée. Sa silhouette est tout à l’inverse de la précédente : seins menus, hanches étroites, cuisses fines et cul mignon. Son apparence frêle et soignée cache des trésors de lascivité perverse et d’ironie mordante qu’elle déploie dans ses activités de domina professionnelle exercées quelque part au nord de la France.
Ses relations avec Colette datent d’une collaboration entre consœurs. Elles se sont reconnues et appréciées. Elles entretiennent depuis lors une sincère amitié amoureuse.
La quatrième amie est plus jeune que Chantal. Bénédicte a été l’élève de Colette avant de devenir la collaboratrice de Martine, et son égale ne serait-ce que par la taille. Leur duo de Domina Sister est parfaitement rodé et joue sur le contraste de la brune mince et de la blonde rondelette.
Une blonde, châtain en fait, dont le regard bleu acier peut glacer la soumise ou le soumis. Mais qui peut aussi se faire aussi doux que la ronde poitrine et l’aimable fessier qui parent la silhouette de la benjamine de ces maîtresses femmes.
Pour les lectrices plus curieuses – et les lecteurs curieux aussi, ne soyons pas sectaires – voici certaines précisions intimes que l’on peut bien entendu ignorer sans porter atteinte à la compréhension du récit. Mais il est parfois agréable d’avoir une vue complète des personnes auxquelles on a à faire.
Les formes de la douce poitrine de Colette s’ornent de mamelons protubérants que terminent de longs tétons épais, rançon probable d’un usage trop festif de pinces à seins plombées. La teinte pâle des aréoles se fonce sur leur bout. Mais, pour Chantal, la particularité la plus étonnante de son hôtesse se situe au creux de sa fourche. Des lèvres épaissies de la vulve, s’échappent de larges nymphes dont la taille inhabituelle lui a évoqué l’image poétique des Nymphéas chers à Monet, et qui portent toujours la marque que l’initiation et la période de noviciat de la dame ont laissée à travers ses chairs les plus fragiles. Une touffe soignée, éclaircie par l’âge, décore le sexe, tandis que la raie culière imberbe dissimule sans pudeur exagérée une rosette souple et tonique.
D’un aimable 95C, les seins lourds de Chantal ne font pas sa fierté. Elle s’en console par la sensibilité de leurs bouts clairs aux tétons courts et épais, ornant de larges aréoles sur des mamelons peu prononcés. Sa toison brune, fournie et bouclée, dessine un triangle parfait depuis la radicale épilation à sec de tout poil superflu, y compris dans les plus cachés replis. Le duvet du sillon fessier reste à éliminer pour mettre en valeur un œillet bistre aussi lisse que le large périnée. De leur fine commissure au bref capuchon qu’elles enserrent, les fortes lèvres glabres révèlent une courte fente rose d’où émergent les délicats festons plus sombres de leurs sœurs intimes, et d’où pointe souvent le petit haricot d’un clitoris facilement érectile.
Les seins pointus de Anaïs, comme ceux de Manon, respirent la jeunesse. L’incarnat des framboises qui les surmontent avantagent la première. La seconde se rattrape en présentant un minuscule ticket de métro sur un pubis rasé de près au-dessus d’une faille longue aux formes discrètes. Tout au contraire, une rustique broussaille noire envahissait celui de Anaïs. Elle est maintenant mieux disciplinée, dévoilant les fuseaux bombés des lèvres et un mignon bouton saillant à la jointure des nymphes en amandes.
La poitrine de Marie lui fut source de complexe, comme son intimité jusqu’à ce qu’elle s’en ouvre à Chantal. Des globes trop pleins à son goût lui semblaient d’une mollesse coupable que ne rachetaient pas les belles fraises oblongues plantées au bout de mamelons confondus avec les aréoles. Il n’y a pourtant rien de tombant à son âge, mais plutôt des seins joliment pigeonnant à la moindre excitation. Quant à sa craquette, ainsi qu’elle nomme ingénument sa vulve sous le sombre buisson dont elle s’accommode, elle lui reprochait d’être dotée de deux fragiles appendices dont la longueur conséquente démentait l’appellation de petites lèvres.
Le tendre émerveillement de Chantal et les compliments sincères de celles à qui Marie a osé s’exhiber ont fait litière de ses craintes, dont le souvenir même s’est effacé à la découverte des nymphéas de Colette.
Les mêmes préoccupations pour des raisons différentes auraient pu tourmenter Janine, et peut-être était-ce le cas quand « Gwladys » entra en Noviciat. Mais il y a longtemps que l’altière Notaire d’aujourd’hui n’éprouve aucune honte, ni pour ses tétons qui pointent vers le bas, ni pour l’opulence de sa chatte.
Elle tire à l’inverse une provocante fierté à tenir nue sa vulve dodue aux grandes lèvres charnues, et s’enorgueillit de ses nymphes épaisses débordant de l’entaille comme de son gros clitoris qui attire le regard des voyeuses.
Andréa ne ressent pas plus de gêne à montrer l’abondance de sa poitrine dont l’ampleur a éludé la question d’un maintien honorable. Rançon de sa rousseur, son corps resplendit de toutes les nuances du rose et ses détails secrets en offrent un bel éventail. Le ton de la couleur varie suivant l’endroit, plus ou moins pâle sur les mamelons et l’anus, plus ou moins vif sur les bouts de sein ou les lèvres du sexe.
Une touffe flamboyante couvre le mont de Vénus et encadre jusqu’au périnée une longue et fine vulve. Dans cet environnement très poilu, les nymphes courtes se devinent et le capuchon du clitoris se perd dans des boucles soyeuses. Curieusement, la rosette est lisse.
Les seins menus de Martine n’ont guère eu de risque de s’avachir avec l’âge et ses tétons presque aussi bruns que ses cheveux ne ratent aucune occasion de se tendre. Le soin qu’elle apporte au vernis rouge ponceau de ses ongles, qui fait de ses orteils autant de pétales de coquelicot qu’ils évoquent dix clitoris enflammés, tend peut-être à distraire ses soumises de la vue de sa chatte.
Bien que peu marquée sous le triangle aigu de poils noirs impeccablement taillés, sa vulve étale des nymphes ocre orangée virant au marron foncé sur les bords, et érige un capuchon saillant comme un ergot de mêmes teintes. Chantal n’a pas trouvé de meilleure comparaison pour les formes et les couleurs que le manteau d’une moule.
Pour Bénédicte, ce genre de rapprochement serait hors sujet. Outre ses adorables nichons ronds dont les fines pointes sombres se posent sur des sommets aigus, son corps s’honore d’un pubis lisse et d’un sexe au dessin si discret que son étroite fente dissimule entièrement les petites lèvres. Même la capuche du clitoris ne semble qu’un bourgeon en devenir.
Non, la particularité sexuelle de la dame réside dans ses dons affirmés, reconnus et généreux de femme fontaine. Une source intarissable pour celles qui en bénéficient.
Il y aurait certes d’autres détails propres à satisfaire la curiosité légitime de qui s’intéresse aux aventures érotiques de Chantal et Marie. Une recension des odeurs corporelles des héroïnes, par exemple, ou de leurs fragrances intimes, complèterait sans doute agréablement ce rapide tableau. Mais il faut bien ménager une part de mystère et réserver à la lecture le plaisir de la découverte. D’ailleurs, il est temps de laisser la narratrice reprendre sa plume.
À suivre