Retrouvailles
Cette demande de message personnel Messenger m’intrigue. Elle émane de Magali. Des Magali, j’en connais, mais le nom de famille ne me dit rien. Et puis je les ai déjà dans mes contacts. À moins que…
- — Oui, c’est moi. Je ne suis pas totalement sûr de savoir qui tu es, toi. J’ai une idée, mais je n’ose pas y penser.
- — Tu m’as connue sous le nom de Magali P. Je me suis mariée. Tu te souviens de moi ?
Magali ! Bon sang. Magali. Mon crush du collège en 4e. C’est tellement loin tout cela. Je ne l’ai jamais oubliée, mais la vie a fait que nous nous sommes perdus de vue longtemps. Il m’arrivait quand même de repasser parfois à elle et pas plus tard qu’hier parce que je me suis souvenu que c’était son anniversaire.
- — Oui, bien sûr que je me souviens de toi. C’est assez fou parce que je me suis souvenu ce matin qu’on était le 16 et que je devrais raccourcir mes délais de prise de News à des intervalles mensuels. Comment vas-tu ?
- — Mieux. J’ai été diagnostiquée d’un cancer il y a quelques mois et je suis en fin de traitement. Cette période m’a fait prendre conscience de certaines choses et j’ai voulu renouer avec mon passé.
- — Tu me vois navré d’apprendre cette nouvelle. Est-ce que les perspectives sont bonnes ?
- — Je suis contente de t’avoir trouvé ! Cela ne fait pas longtemps que je suis sur Facebook ! J’ai rattrapé un siècle de retard ! J’ai fini la radiothérapie lundi dernier. Ça va, je suis fatiguée. Côté moral, j’ai des hauts et des bas. Mais c’est plus trop vis-à-vis de la maladie, mais de ma vie en général ! Mais bon, ça va passer ! J’aimerais bien que tout ça m’aide à ne plus pleurer, mais je crois que j’ai une réserve qui pourrait lever les restrictions d’eau qui nous attendent pour cet été. Et toi comment vas-tu ?
- — Il y a souvent un moment de down post-thérapeutique. J’écoutais la semaine dernière une émission qui en parlait justement sur France-Inter. Tu es très entouré pendant le traitement par le corps médical et ta famille. Après le traitement le corps médical disparaît parce que pas de temps et d’autres patients. Et ta famille s’autorise le repos dans le soutien, alors que tu as encore plus besoin d’eux. C’est donc tout à fait normal que tu sois assaillie de questionnements et de remise en question. Et puis le cancer est une maladie mortelle. Ça bouscule plein de choses en toi au-delà du physique et du physiologique. Bref, pleure, c’est bon pour ce que tu as. Et si tu pleures trop, va voir un professionnel de la chiale. Ils peuvent être d’une grande aide. Aussi pour les moments de down, n’oublie pas le combo : potes, teuf, cinoche, théâtre, danse et expos. Ça marche toujours et dans n’importe quel ordre.
- — Moi, ça va pas mal. J’ai définitivement décidé d’être parfaitement imparfaite et de vivre ce que je veux quand je le veux avec ceux qui m’aiment et que j’aime. Donc ma vie se résume à taf, amis, fêtes, expos, spectacle, expériences et kiffes. Bref, je ne suis toujours pas sortie de ma crise d’ado et j’y suis très bien.
- — J’aimerais être comme toi ! Avoir une crise d’ado ! Je me rends compte que j’ai passé trente ans de ma vie à faire plaisir aux autres sans penser à moi (ou très peu) ! Je suis quand même très fier de ma fille qui rentre en cinquième année de médecine et de mon fils qui va faire un DCG, s’il a le bac. N’oublie pas de me raconter ce que tu fais pendant cette crise d’ado indéfinie ! cela me rappellera nos années collège et ça me donnera des idées à faire aussi !
- — J’ai toujours aimé nos échanges de collégiens ! Et ça me fait du bien ce que tu me dis aujourd’hui. Merci
- — Envoie-moi quelques photos de toi. J’aimerais, si tu le souhaites, t’en envoyer de moi.
Nous échangeâmes quelques photos de nos vies et nous commençâmes une relation épistolaire de l’ère moderne, c’est à dire sur Messenger parce qu’après quarante ans, on reste sur Messenger. Les photos m’ont renvoyé l’image de la jolie fille du collège. Châtain, environ 1,65 m, quelques rondeurs de plus qu’au moment de notre adolescence, mais quoi de plus normal. Une photo à la plage m’a particulièrement émoustillé.
- — Tu n’as pas changé malgré les années ! La barbe te va très bien.
- — Sans ces photos, y compris sans cheveux, je crois que j’aurais reconnu la meuf derrière moi en cours de maths
- — Mais dis-moi pourquoi on est jamais sorti ensemble ? Si c’est comme ça qu’on dit aujourd’hui ! Je me rappelle pas des cours de maths dont tu parles, mais je me souviens du sentiment de vouloir franchir le pas sans y arriver !
- — Ah ah, pourquoi on était des ados timides et mal dans nos peaux, je ne sais pas, mais c’est sans doute une explication du pourquoi on est jamais sorti ensemble
- — Mais oui, je me souviens du sentiment qui nous a suivi que nous n’avons pas su gérer et qui finalement fait que nous sommes liés par quelque chose qui nous appartient encore aujourd’hui.
- — C’est joli, tendre et beau
- — Tout ce que nous avons fait ne doit pas être regretté et je nous souhaite de faire du beau dans tout ce que nous ferons
- — Ça va pas être facile, mais choisissons le beau pour nous, pour ceux que l’on aime et pour les autres
Les jours suivants nous les passâmes à échanger des mots. À nous souvenir de nos échanges.
- — J’ai relu tes lettres que tu m’as envoyées entre 1991 et 1992 ! Ça m’a fait beaucoup plaisir que tu m’appelles « beauté fatale », mais putain qu’est-ce que j’étais chiante ! À changer de mecs tous les trois-quatre matins dont je ne me rappelle même pas les prénoms ! Alors que j’avais ton amour sous les yeux que je n’ai pas vu ou pas voulu voir.
- — Ah ah, oui, je me souviens de ces lettres. Elles étaient jolies. Et nous étions un peu perdus tous les deux pour des raisons différentes et tellement pas sûr de nous que nous ne pouvions pas voir grand-chose.
- — En relisant ces lettres, elles m’ont fait du mal, et du bien en même temps. J’ai ressenti les sentiments que tu avais pour moi à l’époque. De l’amour sûrement, mais aussi du mépris par rapport à ce que je faisais où te disais. Peut-être pour te provoquer ! Si tu savais tout aujourd’hui, je suis sûre que tu me dirais de tout quitter ! Je regrette (même si tu dis qu’il ne faut rien regretter) de ne pas m’être laissée aller à l’époque !
- — Alors, je vais encore te dire de ne rien regretter surtout parce que je n’ai aucune rancune de cette époque. J’en conserve même un bon souvenir d’avoir été amoureux de toi.
- — Tu sais que c’est la première fois que tu me dis que tu as été amoureux de moi à l’époque.
- — Et ça te fait quoi ?
- — Ça me fait quelque chose tout ça ! Des papillons dans le ventre ! De retomber dans le passé. Comme si c’était la première fois. De n’avoir pas fait le pas vers toi à l’époque.
- — Ce n’est pas grave, je ne suis pas sûr que j’aurai pu faire le deuxième pas à l’époque.
- — Mais si je te disais que j’ai envie que tu prennes un week-end à Paris et qu’on s’y rappelle nos souvenirs doux, tu dirais quoi ?
- — J’en dirais que je suis en train de regarder sur le site de réservation.
- — Moi je n’ai pas d’excuse à trouver, je suis assez libre et disponible, tu le sais, mais toi ? ton mari, tes enfants ?
- — J’ai le droit de prendre un week-end surprise entre filles et tu seras ma cavalière.
- — J’assumerai ce rôle avec plaisir. Tu prends un hôtel ou je t’héberge ?
- — Soyons jeunes, prête-moi ton canapé. Arrivée samedi 10 h 28 à Montparnasse, ça te va ?
- — J’y serai. Tu me reconnaîtras, je n’aurai pas de bouquet de fleurs. Et je prendrai mon canapé, ma chambre sera tienne.
- — Hâte de te voir
- — Tellement hâte
Le samedi suivant, j’étais sur le quai de la gare, un peu anxieux. Comme un adolescent en fait.
Le train entre en gare. J’attends puis elle apparaît. Elle aussi me reconnaît et je retrouve le même sourire qu’il y a trente ans.
Nous nous embrassâmes puis soudain elle me prit dans ses bras et me serra fort en disant :
- — Oh, c’est trop bon de te voir.
- — Moi aussi je suis content de te voir, je lui réponds en la serrant fort aussi.
- — Viens ! Emmène-moi chez toi pour poser mes affaires et après on va faire les fous.
Le temps d’un trajet en taxi pendant lequel nous commençâmes à nous raconter nos vies, épaule contre épaule et sa main sur la mienne, nous arrivâmes chez moi pour déposer ses affaires.
Elle prit le temps pour se rafraîchir. Elle troqua son jean qui moulait si bien ses fesses et son chemisier pour une jupe au-dessus des genoux et un juste au corps. J’eus le plaisir de remarquer que s’il y avait eu un soutien-gorge sous le chemisier, celui-ci avait disparu.
Elle passa devant moi en souriant pour déposer ses vêtements dans la chambre puis revint se planter devant les mains sur les hanches et dit :
- — Maintenant je suis toute à toi. Sors-moi de ma morne vie quelques heures et donne du rire, du vin, de la danse et des plaisirs.
- — Tu as un ordre de priorité ?
- — Le rire et le vin d’abord
Elle se pencha vers moi, prit ma main pour la poser derrière sa cuisse et dit :
- — J’aurais bien commencé par le plaisir, mais j’ai faim et je veux profiter de la ville
Je fis remonter ma main vers le haut de sa cuisse et lui dit :
- — Je vois que tu as beaucoup progressé dans l’expression de tes envies depuis le collège.
Arrivé en haut de sa cuisse, j’eus le plaisir de sentir la peau de sa fesse nue. Son body semblait bien échancré.
J’ajoutai :
- — Et puis il n’est pas exclu de pimenter le rire, le vin et la danse avec le plaisir.
- — Non, ça n’est pas exclu et je dirais même que j’ai envie de voir ce que cela fait. Allons-y ! J’ai très faim.
Elle déposa un léger baiser sur mes lèvres, puis elle prit son sac et m’attendit devant la porte.
J’avais réservé une table dans un bistrot près de Bastille et de mon appartement que je connais. Pas trop quand même, histoire de limiter le risque de croiser des amis communs avec mon amie du moment.
Nous passâmes le déjeuner à deviser sur nos vies. Elle me parla de l’échec de son mariage. D’un mari qu’elle avait choisi plus par dépit que par amour véritable. De la fierté qu’elle a de ses enfants. De ses regrets de ne pas m’avoir attrapé à l’époque. Je lui parlai de ma vie, de mes échecs amoureux, de ce que j’en avais appris. Plusieurs fois, nos pieds se sont effleurés sous la table comme une douce caresse. Le repas fut joyeux et le vin nous donna toute la vie de sa vinification naturelle.
Juste avant le dessert, elle se leva pour aller aux toilettes. Je la vis se retourner, et m’envoyer un baiser volant juste avant de descendre les escaliers menant à la cave.
J’hésitai à la rejoindre. Que signifiait ce baiser ?
Je suis finalement resté assis sur la banquette de ce bistrot avec un sourire un peu béat sur les lèvres.
Magali revint des toilettes avec son sourire si craquant.
Contrairement à précédemment, elle ne s’assit pas sur la chaise Baumann en face de moi, mais vint se placer sur la banquette à mes côtés à ma gauche.
- — Tu permets ? dit-elle. J’ai moi aussi envie de voir la salle.
- — Je t’en prie, lui répondis-je en collant ma cuisse contre la sienne.
Je sentis qu’elle aussi collait la sienne à la mienne.
Le serveur nous apporta nos desserts et les entamâmes de bon cœur. Soudain, Magali prit ma main pour la poser sur sa cuisse. À mon regard interrogateur, elle me répondit à l’oreille :
- — J’ai envie que ta main vienne explorer mes jambes. J’ai envie de ta main sur moi.
- — Ça tombe bien, j’avais très envie de savoir si tu portes un string ou rien
- — Va vérifier, s’il te plaît, mais pas trop vite. J’ai envie que tes caresses me fassent tacher cette banquette.
J’ai alors commencé à faire très légèrement courir mes doigts sur sa cuisse du genou à l’intérieur de ses jambes. Passant même d’une jambe à l’autre sous sa jupe. Évitant soigneusement d’aller trop près de son intimité.
De petits gémissements s’échappaient de la bouche de Magali qui avait fermé les yeux tout en gardant une cuillérée de son dessert suspendue.
- — Hum, tes caresses me rendent folle, dit-elle dans un gémissement. Continue ! ajouta-t-elle en plantant ses yeux dans les miens et en léchant érotiquement sa cuillère de dessert qu’elle avait fini par avaler.
Je m’exécutai donc avec douceur. Je remontai plus haut vers son intimité et elle me facilita la tâche en écartant les jambes un peu plus.
Enfin mes doigts atteignirent son pubis. Je n’y détectai aucun tissu. Magali continuait de manger son dessert en fermant les yeux et en gémissant doucement entre deux cuillérées.
Je lui dis à l’oreille :
- — Je pensais que tu avais mis un body, mais a priori, tu ne portes rien.
- — Body il y a, mais les caresses de tes pieds l’ont mis dans un état d’humidité trop important pour continuer à le laisser fermé. Je l’ai ouvert aux toilettes tout à l’heure.
Je fis plonger ma main vers son entrecuisse pour atteindre la base de ses lèvres. Mon index se plaça entre celles-ci puis je le fis remonter en appuyant afin d’ouvrir son sexe à mes caresses. Je fus grandement facilité en cela par l’humidité qui régnait aux abords de son sexe.
- — Ohhh ! fit-elle doucement. C’est bon !
J’ouvris ses lèvres tout le long de son sexe puis j’allai chercher un peu de cyprine avec deux doigts à l’intérieur afin de faciliter les caresses.
Puis je glissai mon index le long de son sexe pour découvrir le haut de son clitoris. J’entamai une exploration sur et autour de son bouton pour détecter les zones les plus réceptives.
- — Doucement., fit-elle. Mon mari ne m’a plus caressée ainsi depuis longtemps. Mais continue, c’est bon.
J’obéis donc à cette délicieuse injonction. À l’écoute de ses réactions, je compris que les zones réceptives de son plaisir se situaient à côté de son bouton. Aussi avec deux doigts de chaque côté de son bouton, j’entrepris une lente caresse de haut en bas. Cela eut pour effet de la faire se détendre dans la banquette. Heureusement son dessert était terminé. J’avais eu moins le temps pour terminer le mien. Mais qu’importe, cela aurait pour effet de ne pas faire revenir le serveur tout de suite.
Je tentais quand même quelques bouchées afin de nous donner une apparence décente au reste de la salle.
Mes doigts continuaient d’agacer son sexe et je la sentis se laisser aller au plaisir.
Au fur et à mesure des caresses, je la sentis de plus en plus fébrile et les gémissements qui s’échappaient de sa bouche étaient de moins en moins discrets. Elle alla même jusqu’à poser sa jambe sur la mienne pour mieux me laisser l’accès à son intimité.
Soudain, elle ouvrit les yeux d’un coup et dit :
- — Tu ne m’avais pas promis une chouette expo ? Viens ! on y va.
Elle déposa un baiser sur mes lèvres et dit :
- — Je ne peux pas te laisser me faire jouir dans ce restaurant, je n’arriverais pas être suffisamment discrète, mais sache que tu m’as emmenée loin et que le skaï de cette banquette est foutu.
- — J’ai senti cela. Allons payer, l’art contemporain nous attend.
Discrètement elle rattacha son body. Nous payâmes notre dû au restaurant agrémenté des tips adéquats au regard de notre comportement qui, bien évidemment, n’était pas passé inaperçu aux yeux professionnels du staff.
Quelques minutes de marche main dans la main nous permirent de nous rendre de Bastille jusqu’au centre Pompidou. Lieu classique pour une immersion en art moderne et contemporain à montrer à une provinciale, mais dont la visite me ravit tout autant malgré des dizaines de visites.