| n° 21886 | Fiche technique | 20196 caractères | 20196 3386 Temps de lecture estimé : 14 mn |
06/07/23 |
| Présentation: Un conte pour (grands) enfants | ||||
Résumé: Il était une fois une histoire de Royaume, de Princes et de Princesses. | ||||
Critères: fh jeunes conte -contes | ||||
| Auteur : ChrisM Envoi mini-message | ||||
Il était une fois, au cœur de la vieille Europe, un grand et puissant Royaume. La richesse architecturale des villes témoignait d’une opulence ancienne, le rayonnement artistique et culturel attirait les artistes du monde entier, la pureté des lacs, la profondeur des forêts, la beauté des montagnes faisaient le bonheur des voyageurs. Depuis le château de Köningshof, dont la silhouette majestueuse dominait la Capitale, le Roi et la Reine régnaient, entourés de l’affection de leurs nombreux sujets.
Bon, c’était peut-être vrai au XVIIIe siècle, ça l’est moins aujourd’hui, on va rectifier deux ou trois choses.
Le Royaume a bien fondu en raison des guerres perdues, de l’indépendance de certaines provinces. S’il n’est plus dans les premières puissances européennes, il a cependant de beaux restes.
La Reine Kathrin est la descendante en ligne directe du fondateur de la dynastie. Celui-ci avait marqué l’histoire en raison de son autoritarisme, de sa brutalité, de son pouvoir sans partage. Tout ça, c’est terminé. À présent, la Reine règne, mais c’est le Premier ministre qui gouverne le pays. Lui, il a été élu pour faire le sale boulot. Dans ce royaume, impossible de trouver un sujet qui ne fasse pas polémique, alors trouver un compromis nécessite de grandes qualités d’équilibriste. Tout ça pour se virer au bout de quelques mois, voire quelques années pour les plus adroits. La Reine reçoit le Premier ministre une fois par mois, elle en a vu passer près d’une quinzaine depuis son couronnement. Il l’informe de l’état du pays, toujours désastreux, mais en voie de redressement grâce à l’action énergique de son gouvernement. La Reine se contente d’opiner, elle n’a pas le droit d’exprimer un avis. Heureusement, car elle n’a pas vraiment d’avis. Ce qui lui permet de jouir d’une grande popularité, car chacun sait qu’elle n’est responsable de rien.
Quant au Prince Henri, ce n’est pas un vrai Roi, il n’est que le Prince Consort, l’époux de la Reine. Autant dire qu’il doit encore plus la fermer.
J’oubliais de préciser que le Prince Henri est le deuxième époux de la Reine. Elle s’était d’abord unie avec le Prince Frederick, un lointain cousin de la branche des Habsbourg, la retransmission des noces avait été la meilleure audience à la télévision cette année-là. Le mariage n’avait duré que cinq ans, le temps pour le couple de faire une fille, la Princesse Margarete, puis un garçon, le Prince Karl. Mais le Prince Frederick s’était trompé d’époque, il avait cru pouvoir exprimer une critique concernant la protection des batraciens lors de la période des amours… la Reine avait dû s’en séparer. Un mal pour un bien, le feuilleton du divorce avait remis à flot la presse nationale.
On lui avait trouvé un successeur, le Prince Henri, également cousin éloigné de la Reine. Bien né, il était en quatrième position dans l’ordre de succession sur le trône de France, mais la probabilité qu’il devienne un jour Roi de France était jugée suffisamment faible pour qu’on ne craigne pas de le voir abandonner la Reine pour rentrer dans son pays. Tout le monde s’accorde à dire que le Prince Henri remplit parfaitement sa mission : très grand, large d’épaules, le smoking lui va à ravir, il porte également très bien l’uniforme et la panoplie de médailles qui va avec, il possède un vaste répertoire d’anecdotes qu’il peut distiller à ses invités en quatre langues. Surtout, pendant les cérémonies, Henri sait rester à sa place, trois pas derrière la Reine.
Sauf en privé. Car, et c’est ce qui avait attiré la Reine, c’est un baiseur de première. Toujours prêt, a-t-il coutume de dire, comme les scouts. Chaque soir, avant de s’endormir, il fait oublier à la Reine les petits tracas de la journée, chaque matin, il la réveille en lui donnant l’énergie d’affronter une nouvelle journée d’inaugurations et de discours. Depuis douze ans, il n’a pas manqué un seul coucher, depuis douze ans, il n’a pas manqué un seul réveil. Et ils ont eu ensemble deux enfants, l’avenir de la dynastie est assuré.
La chambre est encore plongée dans une semi-obscurité, les valets ne sont pas encore entrés ouvrir les grands rideaux, ils savent qu’il faut attendre que le silence retombe avant que la Reine ne les sonne. Ils s’amusent souvent à bizuter les nouveaux officiers de sécurité qui, entendant des cris, des hurlements, sont convaincus qu’on égorge la Reine. Les valets, hilares, doivent les retenir de pénétrer dans la chambre, arme au poing.
La Reine est à genoux, la tête dans l’oreiller, la croupe est offerte aux coups de boutoir du Prince.
La Reine avait raison, le Prince n’était pas la veille dans sa forme habituelle, il était sorti, troublé de sa rencontre, quelques heures plus tôt, avec Dame Claude. On dit d’elle que c’est la plus grande maquerelle du pays, c’est probablement exagéré même si son réseau d’escorts est, de loin, le plus prestigieux. Uniquement des femmes de bonne éducation, parfaitement formées à satisfaire les besoins et les fantasmes des clients les plus exigeants. Dame Claude ne pratique plus, mais elle fait des exceptions, en particulier avec le Prince. Régulièrement, elle lui fait l’état de la science du plaisir, lui montre les dernières positions à la mode, présente les nouveautés en matière de jouets sexuels ou de pilules miracles. Mais surtout, elle est l’arbitre ultime et, à ce titre, impitoyable. Elle juge votre savoir-faire, ne laisse passer aucune faiblesse ou baisse de rythme, détecte immédiatement les redites, les approximations. Même si ce n’est qu’officieux, c’est elle qui attribue le titre de meilleur baiseur du Royaume.
Année après année, le Prince lui posait la question :
Et, depuis huit ans, Dame Claude répondait :
Aussi, hier, après une prestation qu’il jugeait de première force, elle lui avait d’ailleurs fait moult compliments sur sa technique, son endurance et sa capacité à renouveler les efforts, il attendait une nouvelle confirmation de son talent.
Le Prince Henri avait ruminé toute la nuit. Être supplanté par ce gamin, de même pas dix-huit ans !
Il savait bien que le Prince accumulait les conquêtes. Cela lui était d’autant plus facile que nombre de femmes se pressaient à sa porte, ou plutôt dans son lit, pour l’accrocher à leur tableau de chasse. Sa mère laissait faire, les seules consignes qu’elle lui avait données étaient de ne pas tomber amoureux, par crainte d’une mésalliance, et d’éviter de faire des bâtards, cela coûtait trop cher au Royaume.
Henri ne pouvait pas éliminer directement son concurrent, nous n’étions plus au temps de la Renaissance quand un Seigneur pouvait faire trucider qui il voulait, même ses propres enfants.
Dans la nuit, une idée avait mûri. S’il pouvait éloigner Karl du Royaume, on parlerait moins des performances du Prince. Ensuite, s’il ne pouvait bénéficier de l’atout de son titre, il lui serait plus difficile de trouver autant de femmes disposées à faire son éducation. Enfin, on pouvait espérer que, loin des regards de sa mère, il se laisserait aller, fréquenterait des femmes de mauvaise vie et contracterait une maladie honteuse, voire même handicapante. Restait à convaincre son épouse.
La Reine repose sur le lit, la rougeur de la croupe témoigne de l’intensité de l’engagement.
Ainsi fut fait, le Prince Karl s’installa à Paris. Lors des échanges téléphoniques avec sa mère, il semblait ravi de sa nouvelle vie. L’ambassade française du Royaume surveillait discrètement les agissements du Prince, confirmant une bonne intégration. Pour en avoir le cœur net, Henri envoya un policier mener une enquête détaillée. Deux semaines plus tard, il se faisait présenter son rapport.
Sans même afficher son titre de Prince, Karl n’avait pas eu de problèmes pour se reconstituer un harem. Il était vraiment très fort, à son retour, le titre ne pourrait pas lui échapper. Henri ne voyait pas comment l’éviter, il devait s’en remettre à la Providence, qui était sensible à la détresse du Prince Henri. Le Prince Karl avait acheté une puissante moto et il aimait rouler vite. Sur le périphérique parisien, une voiture déboîta, l’accrocha, ce fut la chute. Transféré immédiatement à l’hôpital, le diagnostic vital était engagé. Malgré le casque, Karl avait reçu un tel choc sur la tête qu’il était plongé dans un coma profond.
Toutes affaires cessantes, la Reine et le Prince volèrent à Paris. Après quelques jours, la situation médicale de Karl était stabilisée, on ne craignait plus pour sa vie, mais on ne pouvait plus qu’attendre la sortie du coma. La Reine décida de le rapatrier au Royaume, une chambre médicalisée fut aménagée dans le Palais. Malgré les soins prodigués, les jours passaient, puis les semaines, puis les mois, l’état du Prince n’évoluait pas.
Toute la famille se relayait dans la chambre, monologuait avec le Prince, lui restait inerte sur son lit. Il n’avait gardé aucune trace visible de son accident, son visage était détendu, presque souriant, on aurait simplement dit qu’il dormait. Mais rien ni personne n’avait pu le tirer de ce profond sommeil.
La Princesse Alix, fille cadette du roi d’Angleterre, venait de rejoindre la suite de la Reine Kathrin. Les échanges entre familles régnantes étaient fréquents et constituaient un élément clé de l’apprentissage des jeunes Altesses. À dix-sept ans, c’était une belle jeune fille rousse, d’un teint très pâle, des yeux d’un vert émeraude, sa robe longue laissait entrevoir des formes en devenir. Naturellement, on l’avait conduite auprès du Prince. Elle avait eu un choc, « Mon Dieu qu’il est beau », pensa-t-elle. Elle ne passa plus un jour sans aller le voir jusqu’au jour où elle ne put résister.
Elle se pencha sur lui, ses lèvres effleurèrent les siennes, il se réveilla.
Ce fut le coup de foudre, ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants.
Ça, c’est pour la légende, mais cela ne s’est pas tout à fait passé comme ça.
La Princesse Alix avait pris l’habitude de venir dans la chambre du Prince, elle lui racontait sa journée, ce qui était rapide, car son service était assez monotone. Ensuite, elle prenait un livre dans la bibliothèque du Prince et le lisait à haute voix. Lui ne bougeait pas, semblant indifférent à sa lecture. À la fin du chapitre, elle refermait le livre et quittait la chambre. En dépit de l’inutilité de sa présence, le lendemain, elle revenait.
Un jour, ayant achevé la lecture d’un livre, Alix repéra dans la bibliothèque un ouvrage un peu écorné. Elle pensa que le Prince devait particulièrement l’apprécier, il s’agissait d’une traduction de « Paul et Virginie ». Elle ne connaissait pas, une recherche sur Internet la rendit étonnée de l’intérêt du Prince pour un ouvrage aussi ancien, aussi désuet.
Au fur et à mesure de la lecture, elle découvrit le livre. L’histoire était moins fleur bleue qu’elle ne l’imaginait, le vocabulaire semblait plutôt moderne pour l’époque. Au détour d’un chapitre, elle s’entendit lire :
Alix comprit que ce livre était une version très particulière du roman d’origine et n’aurait jamais dû tomber sous les yeux d’une jeune fille innocente. Ce n’était pas un souci, car Alix avait perdu son innocence depuis longtemps. Elle continua sa lecture :
Depuis qu’elle était arrivée dans ce Royaume, n’ayant pas encore rencontré l’âme sœur (nous devrions plutôt parler d’un garçon bien membré), Alix devait se contenter des plaisirs solitaires, bien insuffisants pour calmer le feu bouillonnant de sa jeunesse. Aussi, elle sentait son ventre se serrer, ses seins se durcir.
La Princesse s’arrêta de lire, regarda le Prince et surprise…
Le drap avait bougé, était-ce une illusion ? Pourtant le Prince gisait immobile, telle une statue. Alix sauta quelques pages et reprit sa lecture, les événements s’accéléraient.
Il n’y avait plus de doute, à l’emplacement du ventre du Prince, le drap se soulevait. Alix le dégagea, découvrit avec délectation un sexe qui se déployait et le prit en main. Elle en avait déjà expérimenté quelques-uns, mais celui-ci lui fit grande impression et elle essaya, sans y parvenir, d’en imaginer la taille une fois bandée. Le Prince ne réagissait toujours pas, avait-il une érection réflexe ? se demanda Alix.
Le sexe s’avéra difficile à branler, la peau du gland résistait, le résultat de longs mois d’abstinence forcée. Alix se pencha et, d’un coup, goba le mandrin. À petits coups de langue distillés sous la peau, elle parvint à décalotter le gland. À présent, elle pouvait donner toute la mesure de son talent et, en peu de temps, elle sentit avec plaisir sa bouche se remplir.
Son ventre appelait à l’aide. C’était un péché d’avoir à sa disposition un sexe aussi imposant, aussi raide et de ne pas en profiter. Alix ne se retint plus, déposa sa culotte, grimpa sur le lit et enjamba le Prince. L’introduction ne fut pas aisée, la taille de l’engin, le manque de collaboration du Prince ne rendaient pas la chose facile. Mais une fois bien en place, elle prit conscience de sa chance : la queue dilatait complètement son vagin, elle en ressentait pleinement chaque avancée, son clitoris vibrait au frottement de leurs sexes. Et surtout, elle apprécia grandement que son partenaire ne lui imposât pas son rythme.
Elle prit son temps pour se procurer un premier orgasme. Comme un surfeur qui cherche à rester au sommet de la vague, elle accélérait son mouvement quand son excitation faiblissait, ralentissait quand elle se sentait partir. Elle ne se souvenait pas d’être restée aussi longtemps au bord de la jouissance. Quand enfin, elle se donna le coup de grâce, ce fut un déferlement inouï, un tsunami, un jaillissement d’écume, tout son corps frissonnait.
Le Prince ne bougeait pas, ne réagissait toujours pas. Son sexe restant rigide, continuant même à enfler, la Princesse ne put résister à l’envie d’une nouvelle cavalcade. À peine l’eût-elle reprise qu’elle sentit la queue vibrer, se gonfler et lui envoyer une énorme giclée de sperme. Surprise, elle regarda le Prince, il était toujours inconscient, les yeux fermés. Ne sachant pas ce qu’il pouvait ressentir, elle ne voulut pas le priver de son éjaculation et reprit sa chevauchée. Quelle joie, quand, assise sur lui, arrivait une nouvelle vague de foutre, quel plaisir, quand elle se soulevait, de sentir le sexe parcourir la totalité de son vagin, stimulant chaque terminaison nerveuse. Et cela durait, durait, le Prince se vidait en elle. Elle ne put résister plus longtemps, l’orgasme la fît perdre connaissance et elle s’effondra sur le torse du Prince. Quand elle rouvrit les yeux, le Prince la regardait, le sourire aux lèvres, il était sorti du coma.
La Princesse et le Prince se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d’amants.