| n° 21882 | Fiche technique | 25632 caractères | 25632 4409 Temps de lecture estimé : 18 mn |
05/07/23 |
Résumé: Quand une envie devient une obsession. | ||||
Critères: f fh voiture confession -extraconj | ||||
| Auteur : Lilou83var Envoi mini-message | ||||
Les sensations et les émotions sont des sources inépuisables, elles n’ont pas de prix, mais sont inestimables. Les ressentir, peu importe lesquelles, transcende l’âme de celui qui les vit et rend le quotidien plus merveilleux. Une seule vie s’offre à nous, la mienne sera intense, je n’aurai aucun regret.
Cela faisait plusieurs mois que je pensais à lui, des nuits à me torturer par le désir qu’il avait fait naître en moi. Quand je me retrouvais seule dans mon lit le soir et que la maison était silencieuse, je laissais mon imagination s’évader dans ses bras. Je ne voyais pas de lieu, pas de jour, pas de détail précis pour étayer ce moment d’évasion, juste lui et moi dans un duo fiévreux qui enflammait mes sens. Je fermais alors les yeux pour savourer cet instant, une de mes mains se faufilait entre mes cuisses, là où il avait fait naître mon désir, la deuxième caressait mes seins, les pétrissant sans douceur afin de ressentir sa main à lui à la place de la mienne. Mon corps ondulait au rythme des va-et-vient de mes mains, je me mordais les lèvres pour ne pas gémir de peur d’être entendue, plus le plaisir montait, plus j’accélérais le mouvement espérant ainsi trouver un peu de répit tant mon désir de lui était grand. Malheureusement, rien n’y faisait, jouir en pensant à lui ne me permettait pas d’apaiser mon corps. C’était devenu quotidien depuis qu’il était rentré dans ma vie, mais je n’étais pas satisfaite, j’avais indéniablement envie de plus, je le voulais lui, je voulais pouvoir le toucher, je voulais lui appartenir. Pourtant je savais que c’était impossible, que jamais rien de ce dont je rêvais avec lui ne se réaliserait. Cela faisait un an que j’étais de nouveau en couple, un couple libre oui, mais en couple, et quand je suis avec quelqu’un je n’ai pas pour habitude d’avoir des aventures extra-conjugales, j’ai énormément de principes et déteste faire souffrir, mais je suis surtout amoureuse. Mon compagnon est un homme qui représente tout ce que je cherche en tant que femme, il me chavire l’âme et je le connais très bien, j’ai été mariée avec lui pendant presque dix ans, mais son caractère insupportable m’avait fait renoncer il y a quelques années. Aujourd’hui, j’avais eu une seconde chance, je ne voulais donc pas la gâcher stupidement avec une aventure. J’avais donc décidé de tout faire pour annihiler ce que je ressentais, je tentais de refouler toutes les émotions qui m’envahissaient quand je pensais à lui.
Vient ensuite la réflexion, le questionnement, j’ai essayé de comprendre pourquoi lui, pourquoi maintenant alors que j’avais trouvé enfin un équilibre dans ma vie ? Rien n’est rationnel à ce qu’il fait naître en moi, je ne veux rien, encore moins au travail. Je n’ai trouvé aucune raison véritable, il me fait de l’effet comme peu d’hommes m’en ont déjà fait, c’est tout. Mais Dieu que l’intensité est violente et incontrôlable. J’ai beau refouler mes émotions, me dire que c’est un homme sans intérêt, qu’il n’a rien à m’apporter, je n’arrive pas à le faire sortir de ma tête. Je crois que c’est la profondeur de son regard qui m’a troublé, j’en suis restée sous le choc, impossible de décrire tout ce que j’y ai lu, mais c’est à ce moment-là que j’avais été perdue et j’ai su alors que j’aurai énormément de difficulté à m’en défaire.
Un soir du mois de décembre, comme je le faisais chaque semaine, j’étais avec mon amie Christiane, on buvait toutes les deux un verre en ville, elle me racontait alors ses dernières aventures sexuelles. Elle ne trouvait aucun plan cul sérieux, souvent des fantasmeurs, toujours des menteurs. Cela me faisait énormément sourire, car elle était extrêmement difficile, trop exigeante même, d’une sélection implacable. J’avoue que quand j’étais célibataire et que j’avais envie de baiser je ne cherchais pas des jours. En général dans l’heure mon plan était fixé et deux après je rentrais chez moi, repus de sexe, mais toujours insatisfaite. Seulement Christiane avait eu affaire à plusieurs types, des manipulateurs, des beaux parleurs qui se jouaient d’elle. Elle ne cherchait pas des aventures d’un soir comme moi, mais un « sex Friend » comme elle me le disait. J’étais tellement peinée pour elle que j’ai eu l’idée de faire une pierre deux coups, la faire baiser avec lui pour qu’ainsi elle soit enfin satisfaite sexuellement et que moi je sois débarrassée de mes tourments. J’étais aussitôt surexcitée par mon idée ingénieuse et j’envoyais un message à mon tourmenteur, sans me poser plus de questions. Sauf que rien ne s’est passé comme je l’avais prévu, non seulement mon idée n’avait jamais abouti, mais j’étais de plus en plus obsédée par lui, la nuit quand je me réveillais c’était lui qui était là, le matin au réveil également. Moi qui me targue d’être une dure à cuire à force de coup dur de la vie, je n’arrivais pas ici à passer à autre chose. Je luttais pour ne plus recevoir ces décharges, toute cette énergie qui me poussait vers lui, je tentais de la faire disparaître.
Je me suis donc donnée encore plus dans ma relation amoureuse, je voulais absolument contrôler ces émotions, car il était hors de question que je les laisse me submerger. Mon quotidien fut rythmé ainsi pendant des semaines, je faisais en sorte d’être une compagne idéale, une employée exemplaire, une mère à l’écoute et je refoulais le désir qu’Emmanuel avait fait naître en moi. Je reprenais le contrôle, je suis forte, rien ne peut m’atteindre. Regarde la vie, elle est tellement belle.
Emmanuel, rien qu’à dire à haute voix son prénom, je suis électrisée, j’ai envie de toi. Emmanuel, baise-moi. Emmanuel, prends-moi. Emmanuel, je veux être à toi. Toutes ces choses je parvenais à les occulter la journée, le soir aussi, mais quand j’avais le malheur de l’apercevoir, mes résolutions volaient en éclat, cela en était fini, je perdais pied. S’il s’était présenté devant moi et qu’il m’avait contraint à lui céder, je crois bien que rien n’aurait pu m’empêcher de lui obéir et cela aurait été avec délectation que j’aurais répondu à ses avances. Mon imagination divaguait de plus en plus, je le voulais dans toutes les positions, je le voyais dans chaque situation qui rythmait mes journées. Je devenais maladroite et fébrile quand je le voyais, je me consumais quand il m’embrassait pour me dire bonjour, je tentais de l’éviter au maximum. C’était ma seule issue, ne plus le voir. Je t’en prie plus de CDD, pars loin d’ici, tu verras là-bas tout sera mieux. Ma planche de salut.
Pourtant, un soir j’ai craqué, je n’en pouvais plus, mon corps était tendu, je n’arrivais plus à rien, alors je lui ai écrit. Je souris quand j’y pense, car lorsque j’ai appuyé sur envoyer, j’ai appuyé aussitôt sur annuler, mais impossible de revenir en arrière, satanée technologie ! J’étais à la limite de défaillir… Qu’est-ce que j’avais fait ? Je peinais à déglutir, je me sentais au plus mal, Marc était à côté de moi. Chuuut, mais tu es folle, ma pauvre fille ! J’ai éteint mon portable comme pour oublier. Si j’avais une réponse (pourvu que j’en aie une), je la verrais après mon réveil demain matin, je ne voulais plus penser à ce pavé dans la mare. J’ai eu ce soir-là beaucoup de mal à m’endormir, Marc me serrait contre lui et m’embrassait, moi je voulais un autre, j’étais littéralement torturée. Quand il m’a fait l’amour, je fermais les yeux sous ses coups de reins, je gémissais de plaisir, mais c’est Emmanuel que je voyais.
Je réfléchissais encore à ce que j’avais fait au réveil, la nuit avait été très difficile, je crois que j’avais craqué parce que je l’avais vu pendant plusieurs jours, il était là devant moi, sous mes yeux toute la journée sans que je ne puisse m’en détourner. Cruelle épreuve de résistance que de le voir pendant des heures. Je ne comprenais pas comment une tenue de travail pouvait me sembler aussi excitante, je regardais son cul, l’imaginant sous le pantalon trop peu serré à mon goût, je regardais ses mains qui maniaient avec agilité les outils… qu’elles seraient douces sur mes seins ! Sa queue, je la devinais sous son pantalon, je la voulais dans ma bouche pour en apprécier la saveur, dans ma chatte pour en connaître la vigueur. J’étais aussi brûlante qu’un volcan, je ne contrôlais plus rien, je le voulais de plus en plus, j’étais malade de désir. Me concentrer sur mon travail devenait très difficile, je ne pouvais détacher mon regard, plus je le regardais, plus mes reins étaient douloureux, je voulais qu’il me baise sans ménagement, là, de suite sur le bureau. J’oubliais totalement où j’étais et surtout que je n’étais pas seule, moi si sérieuse et professionnelle, je me laissais emporter par la vague de désir que cet homme me faisait ressentir.
Jamais je n’avais eu autant de difficulté à gérer des émotions, jamais je n’avais été terrassée par un désir aussi primaire. C’était pour cette raison que j’avais fini par craquer, le désir obsessionnel que je ressentais pour un homme que je ne connaissais pas, fébrile jusqu’à dans mes ébats avec mon propre compagnon avec qui je baisais avec hargne, j’en demandais encore et encore pour ne plus être torturée. Je ne faisais plus l’amour, j’étais à la recherche de la jouissance, de l’apaisement, vicieuse jusqu’au bout des ongles, mon corps ondulait sous les caresses. J’en veux encore, je me sens tellement vivante.
Ce message je l’avais pourtant envoyé, un quart de seconde de lâcher-prise et j’en avais oublié toutes mes résolutions, je ne réfléchissais pas davantage à ce qu’il pourrait se passer. J’étais à la merci de mes pulsions, je le voulais tellement fort que plus rien d’autre n’avait eu de l’importance à ce moment-là. Je ne saurais pourtant dire avec exactitude ce que j’avais ressenti comme je ne recevais aucune réponse. Colère, peur, soulagement, déception… Emmanuel ne m’avait même pas fait l’aumône d’un refus, ce qui j’avoue m’aurait permis d’avancer sans difficulté. J’étais je crois soulagée, ainsi je continuais ma routine de vie entre mes enfants et mon compagnon, mettant de côté toutes ces suppositions. Mais à y réfléchir vraiment, ce qui me dérangeait le plus ce n’était pas qu’il ne m’avait pas répondu, non, je pensais surtout maintenant qu’à aucun moment je ne lui avais demandé s’il était disponible, s’il avait quelqu’un dans sa vie, si j’avais un écho à mes envies. J’avais agi sans réfléchir, sur le coup des émotions, et je m’en voulais maintenant. Pire que ça, j’ai dû lui causer des problèmes en ayant agi comme une gamine capricieuse, j’avais envoyé le message le soir vers 22 heures… mon Dieu, sa femme l’a vu. Je me sentais de plus en plus mal, je suis trop bête, il a des problèmes à cause de moi.
J’essayais toujours d’être juste, de ne pas blesser qui que ce soit, d’être à l’écoute et attentive aux autres. Bien souvent déçue, jamais comprise, je m’évertuais à être toujours irréprochable envers mes congénères. Je suis une solitaire, depuis toujours j’avais préféré l’enfermement plutôt que la souffrance et la déception, car c’était plus facile pour moi, seule, personne ne pouvait me blesser ni avoir de l’emprise sur moi. Pourtant, ma gentillesse n’avait aucune limite et je me faisais souvent berner. Combien de fois j’avais pleuré, car trahie ? Trop sensible et vulnérable, je me réfugiais dans ma solitude, dans mes livres, dans toutes les activités solitaires. Quel plaisir je prenais à partir marcher seule en forêt ! juste le bruit du silence qui m’entoure et moi. Je n’en avais pas souffert, j’avais développé ainsi une capacité d’observation assez poussée, je pouvais désormais regarder et me faire des idées bien précises de mes semblables dès le premier regard.
Faite ainsi de culpabilité, de désir refoulé et de volonté à passer à autre chose, je lui écrivais encore. Les mots me permettant d’être un exutoire à toutes mes émotions, j’écrivais à cœur ouvert, sans zone d’ombre, mise à nue. Je n’attendais plus de réponse, je voulais seulement m’excuser, j’avais agi sans réfléchir et je devais lui dire que j’étais sincèrement désolée. Quelle ne fut pas ma surprise quand je reçus en retour une réponse de sa part !
Avec le recul, je souris largement, il est laconique dans chaque message, rien n’est dévoilé ou presque, il est tellement loin de moi. C’est mieux ainsi, sa situation amoureuse est compliquée et moi je ne veux pas être un boulet en plus et surtout je suis déjà en couple. Je ne souffre pas de cette situation, j’ai la chance d’être imperméable à beaucoup de choses, le mieux est d’oublier tout ça, de toute façon je n’ai rien à offrir, lui ne veut rien. Je pourrais seulement une nuit de sexe, deux peut-être s’il en vaut la peine, ça s’arrêterait là. Notre relation professionnelle serait certainement impactée par cette aventure, cela ne sert à rien d’espérer. Mais s’il partait bientôt, tu crois que cela serait mieux ?
Puis, contre toute attente, quand je suis enfin résolue à ne plus me laisser faire, que je décide d’être forte et de combattre avec rage ce désir qui ne m’apporterait rien, c’est à ce moment-là qu’il répond favorablement à mes avances avec confirmation à l’appui de sa queue en photo. Putain, je recevais littéralement un coup de fouet, j’avais super chaud, mon cœur menaçait de donner ses derniers battements. Pourquoi, alors que je prenais des nouvelles résolutions ? Pourquoi, quand je suis enfin sur un nouveau chemin, le sort me donne-t-il accès à ce dont je désirais depuis le début ? Je crois qu’il n’y a pas de coïncidence dans tout ça, le rencontrer était prévu, restait à savoir désormais comme j’allais me faire manger…
Le sexe, un moteur dans mon existence, une clé de la réussite du couple, impossible pour moi de m’en passer. Je l’aime sous toutes ses formes : rapide, court, long, mouillé, dur, fougueux, douloureux, avide de sensations… le plaisir qu’il me procure n’a pas de pareil. Je ne ressens aucune honte, aucune gêne, il est pour moi naturel, besoin pourtant secondaire, je ne peux m’en passer, j’en ai autant besoin que de manger. Je suis insatiable, il me faut baiser tous les jours, de préférence l’homme que j’aime. Je n’ai jamais autant été épanouie sexuellement que lorsque je baisais avec celui que j’aimais et qui partageait les mêmes appétences que moi. Deux complices dans la perversion, dans l’accomplissement de tout ce qui peut sembler dégradant aux âmes bien pensantes et qui sont sous le joug d’une éducation judéo-chrétienne. J’aime le sexe, son odeur, sa saveur, sa vision brute et vulgaire, je n’ai aucun tabou, aucune barrière infranchissable, rien ne me dérange. J’étais satisfaite sexuellement, je n’étais en manque de rien, obsédée, j’avais trouvé mon double.
Il y a des années de cela, alors dans ma première relation amoureuse et sexuelle, j’étais très malheureuse, je tentais de trouver des solutions pour sauver mon couple et en même temps de satisfaire mes appétits grandissants. J’étais face à un mur, le père de mes enfants ne pouvait souffrir de voir sa femme faire l’amour avec d’autres. Qui parle d’amour ? Pas moi. Je respectais pourtant son choix et je cédais alors au mien. Au début, assez scrupuleusement, puis bientôt sans aucun remords. Plutôt que d’être malheureuse j’avais choisi l’adultère, et afin d’éviter de tomber amoureuse, j’avais jusqu’à quatre aventures en même temps. Je baisais dans les hôtels, les garçonnières, à même le sol au travail, sur la table de la cuisine, le sexe prenait alors pour moi une place définitivement primordiale. Je voulais goûter à tout, j’étais curieuse et avide de sensation, c’est à ce moment-là que j’ai rencontré Marc, qui deviendrait celui dont je ne pourrai plus me passer. Pourtant je l’avais quitté il y a quatre ans. Les raisons sont multiples, les incompréhensions mutuelles, il devait y avoir une fin à ce moment-là. C’est le sexe qui nous avait de nouveau rapprochés, notre entente sur ce domaine-là était indéniable, avides tous les deux de sensations fortes, nous nous retrouvions en cachette pour baiser ; nous étions tous les deux engagés ailleurs. Aujourd’hui, nous sommes de nouveau dans une relation amoureuse, une semaine sur deux, je suis avec lui, l’autre avec mes fils. Cela me convenait, j’avais mon indépendance, elle m’avait coûté cher, mais je l’appréciais aujourd’hui à sa juste valeur. J’étais aussi échaudée par le passé, je ne voulais plus le revivre alors le couple par alternance était la solution, chacun chez soi. Je me sentais bien, légère et épanouie, dans ma nouvelle vie, rien ne pourrait ternir cette image.
Mais alors, pourquoi ? Quand j’ai enfin trouvé mon équilibre, pourquoi je ressens cette attraction, cette force qui me pousse indéniablement vers lui, j’ai beau lutté de toutes mes forces, rien ne se fait comme je voudrais. Pourquoi maintenant ? Pourquoi lui ? Aucune réponse. Pourquoi ?!
Lui, il n’a jamais profité de la situation, il ne veut rien, en fait, depuis le début c’est moi qui le veux, c’est moi qui le désire. Je n’avais jamais écrit ainsi à un homme que je ne connaissais pas, jamais je n’avais avoué ouvertement mes émotions sans être certaine de ce que ressentait la personne en face. Je ne me mets jamais en danger, je suis réfléchie, raisonnable, et surtout j’ai une peur bleue de perdre le contrôle. Je décide de ma vie, j’agis en fonction d’un modèle bien réfléchi qui ne m’apportera aucune surprise. En fait, je suis tellement sensible que tout contrôler est la seule façon qui me permet d’éviter les coups. Mais chut, je suis forte.
Avec lui tout était différent, je n’étais plus réfléchie et posée, ma passion l’emportait sur ma raison, mon désir régnait et prenait le contrôle. Pourtant je n’avais pas peur, et puis de toute façon je n’avais rien à perdre, le seul fait de lui écrire était autant plus salvateur que de me masturber en pensant à lui. Les mots me venaient avec facilité, comme s’ils sortaient de ma bouche parce que j’étais trop pleine d’eux.
Quand le premier rendez-vous avait été fixé, je n’étais pourtant pas fière du tout, je me sentais mal et j’avais peur. Qu’est-ce que j’avais fait ? Pourquoi en étais-je arrivée là ? Le vouloir ? Bien sûr que je le voulais ! Le doute m’envahissait.
Destin facétieux, pourquoi juste ce jour-là mes collègues de travail discutent-ils de sexe et d’aventures au sein de l’entreprise ? Est-ce un avertissement pour moi ? Dois-je me méfier de ceux qui parlent trop ? Je me sens de plus en plus mal, il faut que je lui dise, il doit m’assurer que lui n’est pas comme ça, qu’il ne se vantera pas d’avoir pu me baiser. Je lui écrivais donc dans ce sens, il me rassurait, j’avais confiance en lui, étrange, je ne le connais pas.
Je passais le reste de l’après-midi dans un autre corps, je n’étais pas là, j’étais une autre dans un endroit isolé. Pourtant il était bien là quand je sortais… Là, dehors, à m’attendre pour me baiser comme je le voulais depuis le début. Je marchais lentement vers lui, je me sentais défaillir, j’avais le cœur qui s’emballait, il était bien là, putain, il allait me baiser enfin, c’était un rêve ? Non, je montais dans son fourgon, je prenais place à côté de lui, nous discutons, je ne vois que lui, Dieu qu’il me plaît, qu’il est beau ! baise-t-il bien ? Stop, calme-toi, tout va bien se passer, respire, il ne va pas te faire de mal, il va juste faire ce que tu attends depuis des mois. Oh, Emmanuel, sais-tu à quel point je te veux ? Il parle, je l’écoute avide, j’adore sa voix, je pourrais l’écouter des heures, je crois, je suis indéniablement sous le charme. Il n’est pas juste beau, il est doué de conversation, il sait réfléchir, il me semble pourtant si mystérieux, voire sur la retenue. Pourtant à chaque seconde qui passe, il m’attire de plus en plus, Dieu fait figer cet instant, je me sens tellement bien. Je le dévore du regard, Emmanuel, tu ne sais pas à quel point je veux que tu me baises, tu ne sais pas à quel point j’ai mal entre mes cuisses. Aucun mot ne pourrait être assez fort pour décrire ce que je ressens à ce moment-là. J’ai envie de te toucher, tu me laisses faire ? Je n’ose pas, je serre mes mains pour les obliger à m’obéir. Vite, vite, que tout s’arrête, oh non, que tout continue. Je ne sais plus rien ni si ce que je dis a un sens, ce n’est pas grave, j’y penserai plus tard.
Nous arrivons, j’ai trop envie de toi, tant pis pour le lieu, tant pis pour les conditions, je brûle de tout, de ton corps, de ta queue, de tes mains, je veux si fort que tu me prennes. Vas-y, saute-moi dessus maintenant ! Prends-moi… Je me tais.
Mmmmh, j’aime l’avoir en bouche, jouer de ma langue tout autour, elle est dure comme je les aime, douce et chaude. Je ne contrôle plus rien, je suis en mode automatique, le désir guide chacun de mes gestes. Tes mains sur mes seins. Je ne me contrôle plus, je laisse mon désir prendre le dessus. Putain, vas-y, baise-moi ! Ça y est, tu viens en moi, Dieu que c’est bon, vas-y, encore plus fort, ne t’arrête pas. Je te veux bestial, brutal, fougueux et impétueux. Ne t’arrête pas, continue, je t’en supplie, libère-moi, je demande grâce, dis-moi que tout va s’arrêter après. Tes gémissements me galvanisent, ils m’excitent encore plus. Emmanuel, dis-moi que tu aimes ça, moi j’adore. Non, ne t’arrête pas.
Une position inconfortable pour toi, aucun problème, on change et je te chevauche, je m’empale sur ta queue, je te sens si bien au chaud, j’ai envie de jouir, je me sens chienne, c’est l’explosion. Exaltation des émotions, des sensations, des odeurs, je ne sais plus où je suis, tu coules entre mes cuisses. Tout redevient calme, seule l’odeur du sexe rappelle ce qu’il s’est passé.
Emmanuel, j’ai aimé chaque seconde, je ne regrette rien, je te veux encore. On vient de finir, est-ce normal ? Je me sens bien, loin d’être pourtant apaisée malgré notre partie de baise, je suis légère. C’est l’heure de rentrer, il me semble.
Je ne sais pas comment je dois faire, comment je dois me comporter, être naturelle, faire comme si de rien n’était. Ne pas être demandeuse, désireuse encore, bordel si je le suis ! Non, contrôle-toi, concentre-toi sur tout le reste, oublie ce qu’il s’est passé. Je suis forte, je sais faire. Je range donc le tout dans une boîte et je continue mon chemin. Tu te leurres ma grande, il te fait trop d’effet pour que tu changes aussi facilement de cap. Serais-je enfin honnête avec moi ? Oui, je l’avoue, il me plaît inconditionnellement. Tu sais aussi qu’il te baisera encore parce que c’est ce que tu veux ? Oui, je le veux, il a un pouvoir incommensurable sur ma volonté. L’évanescence que tu espérais au début n’est qu’un lointain souvenir non ? Stoooop ! Je ne veux plus me poser de question, je ne veux plus y penser, plus pour le moment.
Emmanuel, tu m’écris le premier, penses-tu que tu ne me chavires pas assez comme ça ? Moi, te zapper, te snober ? Mais tu es fou ! Comment pourrais-je le faire ? Si tu savais… Impossible, crois-moi, même si je le voulais et pourtant je le veux. Je ne suis pas froide ni dénuée d’émotions, j’essaie juste de me contrôler. Tu ne comprends pas que je te veux ? Tu ne le ressens pas ? Je suis sûre que les autres le ressentent. Regarde-moi, esclave de mes propres sens, soumise à ta volonté si tu le voulais. Chaque fois que je te vois, c’est comme si tu étais de nouveau en moi, mon corps te réclame, douloureusement chaque jour. Je suis en manque de toi, une fois ne suffit pas. C’est chaque jour que je veux, moi, trop avide pour être rassasiée, je me caresse inlassablement en pensant à toi. N’aie pas peur, je suis quand même lucide, je sais très bien tout ce qu’on doit faire, tout ce qu’on a dit, ma parole, la tienne, c’est convenu.
Une deuxième fois ? Mais oui, bien évidemment, comment devrais-je te le dire ? JE TE VEUX ! Encore, encore et encore. Tu comprends, j’ai envie que tu me prennes sauvagement, que tu me claques les fesses, que tu me tires les cheveux pour t’enfoncer encore plus. Je veux que tu m’embrasses encore, que ta bouche avale mes seins, que ta langue joue avec mon clitoris, que tes doigts s’enfoncent dans ma chatte. Je veux, je veux, je veux. Je ne peux t’avouer tout ce que je veux, je te ferai fuir certainement, c’est presque déjà le cas.
Je veux que tu sois mon amant, je n’en ai jamais eu, je veux que ça soit toi. Qu’en penses-tu ? Une place différente, tu n’es pas un plan cul. Mon amant, le mot est chargé de sensualité, de mystère et d’intensité, il est fait pour toi.
J’aime toujours autant ton camion, même si un lit serait plus appréciable, mais tant pis. Tu sais, je ne suis pas difficile, tant que je peux me donner à toi, peu m’importe l’endroit. Viens en moi… Maintenant, ta queue, ta langue, tout. J’aime ton odeur, j’aime ta saveur, je ferme les yeux, je savoure l’instant. La passion m’emporte, fais de moi ce que tu veux, retourne-moi. Aïe, là ça fait mal, non, continue ! Je ne suis toujours pas rassasiée, c’est pourtant déjà fini, je te sens encore couler entre mes cuisses, c’est moite, ça pègue, ça sent le sexe, j’aime cette odeur, je suis ivre. Ton regard, presque fuyant, lointain, tu es insaisissable, mais je me sens bien avec toi. Ramène-moi, je suis attendue…
Je t’ai moi aussi attendu ce vendredi soir, tu n’es jamais venu. Je ne sais pas si je suis déçue ou tout simplement résignée, je sais pourtant à quoi m’attendre, je suis malgré tout une éternelle optimiste. Mon expérience me permet d’éviter les coups, je sais que tu ne viendras plus. Tant pis. De toute façon on ne s’écrit quasiment jamais, et moi j’ai appris à encaisser sans broncher. Je finirai donc la soirée avec pour compagnie un verre de vin rouge, la musique et mes mains caressantes. Mes pensées ? Vers toi, forcément.
Je pourrais écrire encore, je pourrais rajouter bien des adjectifs, bien des situations, des désirs inavouables que je voudrais avec toi.
Emmanuel, Emmanuel, Emmanuel…