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Temps de lecture estimé : 18 mn
19/06/23
Résumé:  Avec tous ses atermoiements et sa honte d’accepter d’autres doigts que les siens sur son sexe, Charlotte avait distrait son excitation et son bourgeon…
Critères:  fff fagée jeunes fépilée piscine sauna humilié(e) voir exhib massage caresses intermast uro
Auteur : Dyonisia  (Rêves et autofictions… souvenirs et confidences…)      Envoi mini-message

Série : Charlotte au Hammam

Chapitre 03 / 03
Soins, confidences et espoirs

Résumé des épisodes précédents :

Deux mères et leurs filles décident une visite au hammam voisin. Elles en découvrent les charmes et les contraintes, affrontent bravement bain et étuve, s’abandonnent aux plaisirs du massage, et endurent ceux de l’épilation intégrale.





— Soins, confidences et espoirs –


Note de l’auteur :


Cette mini-série, tirée du journal – non intime – d’une protagoniste de la collection Marraines et Filleules, relate des évènements antérieurs au Joyeux anniversaire qui l’a inauguré. Dans les épisodes précédents, deux mères et leurs filles ont décidé une visite au hammam voisin. Elles ont découvert les charmes et les contraintes du lieu et affronté bravement toilette, bain et étuve, comme elles se sont abandonnées aux plaisirs du massage et ont enduré ceux de l’épilation intégrale.

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(Journal de Chantal sur le Forum des Marraines – suite)


Avec tous ses atermoiements et sa honte d’accepter d’autres doigts que les siens sur son sexe, Charlotte avait distrait son excitation et son bourgeon avait perdu de sa superbe. Le capuchon restait opulent et d’autant mieux mis en valeur que plus aucune bouclette ne le voisinait, mais le gland, peureusement rétracté sous son abri, n’en dépassait plus qu’à moitié. Une moitié qui, tout de même, était assez conséquente pour apparaître sous la forme d’un rond champignon sans rapport avec la pointe d’un bouton. La solution inévitable pour le soigner dans son intégralité semblait troubler la débutante, ou lui poser un problème déontologique qu’elle n’aurait peut-être pas eu à l’égard d’une patiente habituelle. N’écoutant encore que mon bon cœur, je me suis dévouée une nouvelle fois.


Ah, les yeux de Charlotte quand je l’ai avertie de mon geste ! Un petit hochement disant oui de la tête, et vite se cachant à nouveau la figure des mains. Mais pour moi, quel plaisir de remettre si tôt les miennes sur sa chatte, et d’offrir mon nectar au vol de papillons tournoyant dans mon ventre…


Son pubis nu était dur sous mes paumes. Malgré sa volonté de se laisser soigner, elle se contractait, repoussant le désir dont frémissaient ses lèvres. J’ai profité de cette lutte vaine pour aider la capuche à découvrir l’organe dans toute sa longueur. Il m’a fallu tout de même forcer des index et des pouces pour repousser la peau et livrer la muqueuse à celle qui devait apaiser son prurit. Pour mieux y parvenir, j’avais dû prendre appui sur les bords de la vulve, dont les nymphes gorgées palpitaient sous mes doigts. La longue fente rose a cédé sous l’effort et ouvert son corail, visqueux et parfumé, débordant de son jus comme une grosse moule (une moulasse ainsi qu’aurait dit une amie). Le soupir de Charlotte disait son désarroi. Celui de la novice trahissait son émoi, bien qu’elle s’attaquât bravement à l’ouvrage.


Pour lui faciliter la tâche et mieux la seconder, j’exhibais à l’excès une belle amanite sur laquelle passait et repassait son majeur délicat enduit de crème grasse. Charlotte gémissait de ces aller-retour. Sa tête sous ses mains dodelinait sans trêve. Des paroles indistinctes lui échappaient parfois. J’ai cru entendre des « non, oh non, mon Dieu », mais qui se turent quand ce fut sur la base et le tour de la petite hampe que les doigts appliqués déposèrent l’onguent, en massant longuement pour qu’il pénètre bien. J’ai senti son bassin se soulever soudain, dans un réflexe brusque commandé par l’orgasme. Puis d’autres ont suivi, des secousses brutales accompagnées de cris brefs, étouffés ou perçants, et de giclées opales expulsées par à-coups, jusqu’enfin se tarisse l’intense jouissance qui la tétanisait.


Des visages curieux s’étaient tournés vers nous. En premier, nos voisines, et parmi celles-ci, nos filles et leurs matrones auraient pu s’offusquer d’un tel laisser aller. Il n’en a rien été : Agnès comme Sandra ont simplement souri et se sont embrassées, leurs épileuses ont jeté sur Charlotte et sur elles un coup d’œil amusé avant de retourner chacune au travail délicat de rendre lisse un cul qui ne l’exigeait pas – mais les jeunes patientes en étaient si contentes ! – Pour le public restant, employées et clientes n’avaient fait qu’échanger des regards entendus. L’infirmière novice et moi étions les seules tourmentées : elle était partagée entre fierté des effets de ses soins et troublée de montrer l’émoi de ses tétins ; je savais ma mounine couler et je me retenais de boire celle que j’avais sous mon nez.


Charlotte, elle, pleurait. Sans longs sanglots mouillés ni longs reniflements, des larmes minuscules glissaient sur les joues toujours couvertes de ses mains. Je les ai doucement écartées et lui ai murmuré des mots affectueux, l’assurant que personne n’avait été choquée, qu’il n’y avait eu pour toutes, que chose naturelle, qu’il avait mieux valu libérer ses tensions, qu’un orgasme ici serait vite oublié, qu’aucune de ces femmes ne lui en parlerait, et que j’étais touchée du gage d’amitié qu’elle m’avait donné. Elle s’est calmée peu à peu et ses pleurs ont cessé. Elle a même osé un timide sourire où se formait un merci sur ses lèvres. Je les ai embrassées, oh, d’un chaste baiser qui effleura sa bouche, mais qu’elle m’a rendu aussi légèrement, et son sourire ensuite est devenu plus franc.


Mais elle avait encore une étape à franchir. L’opulente matrone, qui présidait à notre séance, s’était bien aperçu des liens plus que de copinage qui unissaient nos filles. Elle avait renvoyé ses collègues auprès d’autres clientes, laissant Sandra et Agnès se passer elles-mêmes l’huile adoucissante. Une opportunité, que les gamines déjà émoustillées n’avaient pas manqué de saisir, d’un massage réciproque et plaisant. Les voir se tripoter sans pudeur sidérait ma Charlotte, pas tout à fait revenue de son septième ciel agité. De confuses pensées devaient se bousculer en elle, de l’évidence à l’attrait de la scène comme la tentation sourde qui en résultait et la crainte mêlée d’envie d’y succomber.


Trop de sentiments contradictoires la remuaient pour qu’elle réalise que ses jambes venaient d’être relevées et repliées d’autorité pour une nouvelle inspection de son cul. Ses yeux s’agrandirent et son visage s’empourpra derechef à la sollicitation de se tenir les genoux de ses propres mains. Elle hésitait et obéit pourtant, subjuguée par la paisible assurance de notre matrone qu’elle laissa lui ouvrir les fesses sans protester. Tremblante et paupières closes, elle accepta encore cet examen de ses détails intimes aussi bien que la recommandation d’un rasage, plus approprié que l’épilation à la cire au vu de ceux-ci. Peut-être, les quelques remarques que je lui avais confiées sur les sensations d’un sillon parfaitement lisse l’avaient-elles incitée à ne pas refuser malgré ses réticences pudiques.


À nouveau, je l’ai avertie que j’allais devoir prêter la main, les mains, à l’opération, mais cette fois, quoique à voix basse, elle a formulé clairement son accord et sa préférence que les doigts qui voisinent son sexe et sa raie soient les miens. De fait, j’étais vraiment très proche d’elle. Couchée sur ses cuisses renversées, mon sein pressant sa hanche et ma tête juste au-dessus de sa vulve, j’écartais largement les versants charnus de la vallée où trônait son anus boursouflé d’autant plus apparent. J’avais dans les narines tous ses parfums secrets, et elle le savait, tout comme elle s’émouvait que je les respire à en juger par la brillance et les fragrances renforcées de ses lèvres au fil des minutes.


Son émotion d’ailleurs s’accrut, non tant de sentir son fondement tapissé de mousse et délicatement parcouru par un rasoir – à usage unique – mais surtout de se voir surprise et observée dans sa pose scabreuse par Agnès et Sandra qui, leur traitement terminé, s’étaient plantées sans vergogne à côté de nous, le pubis et le minou luisants d’huile à hauteur de ses yeux. Charlotte aurait-elle espéré s’en défendre que ses beaux globes gonflés et ses longs tétons dressés trahissaient indubitablement l’état de ses sens, ce qui ne perturbait en rien les gestes rapides et précis de l’opératrice procédant avec le calme de celle qui en avait vu bien d’autres.


Une affaire rondement menée donc, conclue par le doux passage d’un fin essuie-main sur les parties rendues parfaitement glabres, jusqu’à la prochaine visite. C’est du moins ce que fit remarquer avec un clin d’œil notre expérimentée praticienne, en avançant que des relations aussi amicales entre ses clientes, l’autorisaient peut-être à suggérer un moyen d’abréger une séance qui avait largement dépassé la durée normale. Bref, il s’agissait ni plus ni moins qu’elle fasse sur moi le dernier massage à l’huile – de fait, un mélange visqueux à base d’huile d’olive – pendant que j’en ferais de même pour Charlotte. Un échange de bons procédés, en somme. Il eut été mal venu de notre part de crier au scandale.


Eh bien, oui, mes chéries, je me suis fait masser, ou pour le dire cru, masturber, par une grosse brune joviale, et sans doute in petto goguenarde ! Et sans doute aussi, y a-t-il eu nombre de sourires amusés et discrets dans la piscine et ailleurs à voir la composition que la maligne rouée coquine nous avait fait adopter. Imaginez, dans l’ordre : la belle grosse matrone, debout au pied de la table de soins, enduisant de son huile ma moule et mon cul, moi à genoux, fesses offertes, recouvrant de la sorte entrecuisses et sillon de Charlotte, elle, cuisses écartées et les reins au bord de la tête de la table, confiant à Sandra et Agnès le soutien de son dos par les aisselles.


Une main aux doigts potelés et souples passait de mon ventre à ma raie et revenait sous ma fourche en suivant précisément les monts et les vaux qu’elle trouvait sur son chemin pour étaler et faire pénétrer l’onguent. Mes paumes enduisaient soigneusement le pubis et le bord des lèvres de Charlotte, mes doigts se perdant profondément à chaque va-et-vient entre ses fesses tandis que ma fente s’emplissait d’autant de mouille que celle entrouverte sous mes yeux et mon nez. Je n’en avais aucune honte et je crois que Charlotte non plus. Nos corps étaient alanguis et nos esprits embrumés par l’ambiance sensuelle qui nous baignait depuis des heures. J’aurais voulu que ce massage érotique ne finisse jamais, sinon sur un orgasme éblouissant. Hélas, il s’arrêta avant la délivrance ! Le seul petit plaisir subsidiaire fut un essuyage subtil et précis, sans changer de position ni de rôle, des débordements… de l’huile, ainsi que nous en avons menti.


Voilà, c’était fini. La lassitude nous a envahies d’un coup, la nostalgie aussi. Reprendre le cours normal de nos vies paraissait détestable et quitter ce havre de délices semblait être une punition. La matrone aux formes plantureuses qui nous avait accueillies et qui était restée presque tout le temps à nos côtés, telle une marraine discrète et attentive au confort de ses protégées, avait deviné ce sentiment de frustration. Elle devint soudain volubile, s’inquiétant de savoir si le séjour avait répondu à nos attentes, espérant nous avoir suffisamment assistées, souhaitant que ses collègues et elle-même nous aient assez satisfaites, exprimant en leur nom et au sien leur plaisir de nous avoir reçues et formant le vœu d’avoir l’honneur de nous revoir très vite. Ouf !


Elle nous a dit chaleureusement à bientôt en ouvrant la tenture du vestiaire sur le dernier conseil d’éviter le port de sous-vêtements jusqu’au lendemain, et un peu plus tard si possible. Nous l’avons remerciée pour toutes ses attentions, bien sûr, et assurée que nous garderions le meilleur souvenir de cette première visite.


Nous étions seules, en arrivant. Nous nous étions mises nues entre nous. Le vestiaire était plein à présent, et fort animé. Celles qui se déshabillaient croisaient celles qui se préparaient pour partir. Les nouvelles venues les questionnaient sur les potins du jour, leur demandant par exemple si telle ou telle des masseuses était là et marquant leur intérêt ou leur déception selon la réponse. Beaucoup étaient vêtues modestement, les plus jeunes avec quelque recherche, plusieurs portaient un foulard, les plus âgées surtout. Elles me rappelaient mes grands-mères qui ne seraient jamais sorties sans mettre leur fichu. « Une dame comme il faut ne se promène pas dans la rue en cheveux », disaient t’elles !


La foule nous a absorbées comme n’importe lesquelles des habituées, sans réserve ni affectation. Les unes nous souhaitant une bonne soirée, les autres nous saluant d’un petit sourire aimable et continuant tranquillement leur effeuillage. Toutes étaient aussi lisses que nous l’étions devenues. Être rasée ou épilée est peut-être signe d’intégration et de reconnaissance ! Malgré tout, des regards directs ou dérobés évaluaient nos corps, jugeant discrètement nos formes, celles de Charlotte et des filles plus que les miennes, sans doute plus banales pour celles qui les découvraient. Un peu vexant, quand même !


Pour me consoler de ce désintérêt, et me donner une contenance, je regardais avec plus d’attention qu’à l’arrivée les dispositions de ce vaste vestiaire féminin. Un simple banc de bois au centre, tout du long, assez large pour s’asseoir dos à dos, une surface carrelée bordée des échelles à chaussures devant la porte d’accès depuis le hall d’entrée, des nattes au sol partout ailleurs, des casiers ouverts sur les murs pour les vêtements. Un bout d’ardoise magique fixé sur chaque case pour noter le prénom de la propriétaire. Rien de plus ni de fermeture, ici la confiance règne. Et sur l’un des côtés, une alcôve dotée de réceptacles en faïence que j’avais pris à première vue pour des bacs de douche.


À la vérité, il s’agissait de commodités pour évacuer un petit besoin impromptu. Deux de ces récipients étaient occupés par des trentenaires ou quarantenaires qui poursuivaient tout bonnement leur conversation avec leurs copines du vestiaire en vidant leur vessie. – Il va de soi que l’on comprenait que ces lieux ne servaient qu’à ce seul usage, mais leur présence m’a rappelé, ma Christine chérie, la description que tu nous avais faite du Gymnasium de ton amie Annette –. Ce n’est pas la vue des jets qui jaillissaient dru des entailles roses entre les lèvres sombres qui m’a posé problème. C’est que l’image et le son ont réveillé la mienne, de vessie. Je n’aurais pas dû boire autant de thé.


Cette facilité disponible était après tout bien pratique. Il restait un bac libre, je m’y suis installée sous les yeux ahuris de Charlotte. Je n’allais pas jouer la pudibonderie et faire au public l’affront de lui montrer le cul. Je me suis accroupie de face sans façons comme mes compagnes qui terminaient leur pipi et qui ont bien reçu ma familiarité. Elles m’ont désigné de la main une éponge destinée à l’hygiène qui suivrait la miction, mais n’en ont pas usé, allant se toiletter. Apparemment, je n’étais pas la seule à avoir abusé du thé diurétique. Aussitôt que possible, Sandra m’a imitée et, ses tourments ayant mêmes effets, Agnès l’a rejointe en soupirant de soulagement. Trois mounines pâles, et nouvelles, évacuant leur trop plein auraient pu exciter l’intérêt. Eh bien, non.


La procédure doit faire partie des us et coutumes de la maison. Nulle des présentes ne s’est particulièrement inquiétée de ma prestation ou de celle des filles, pourtant à deux sur le même bac. Par contre, plusieurs figures vaguement étonnées se sont tournées vers Charlotte dont l’attitude ambiguë pouvait indiquer qu’elle ne ressentait pas ce banal besoin naturel, ou qu’elle se retenait par blocage psychologique. Sa fille, tout en rendant à Sandra son éponge, lui avait pourtant suggéré que le retour risquait d’être trop long. Je lui ai glissé dans l’oreille que, quoiqu’il lui en coûtât, il serait certainement incorrect de ne pas se plier aux usages du lieu. Au point où elle en était de ses exhibitions, d’ailleurs…


Elle n’avait probablement jamais pissé devant quelqu’un d’autre, ou trop petite fille alors pour s’en souvenir, et là, ce n’était pas une amie qui se retournerait par discrétion, mais une quinzaine d’inconnues qui ne détourneraient pas les yeux pour si peu. Je reconnais qu’elle a dû se faire violence pour se décider. Elle s’est donc exécutée au prix d’un gros effort, en faisant son possible pour en exposer le moins. Mais un pipi cuisses serrées n’est pas exactement pertinent. Un nouveau passage par la case nettoyage lui aurait été nécessaire si une obligeante vieille dame ridée, aux seins plats et lèvres pendantes, qui s’apprêtait à prendre sa suite ne lui avait tendu une éponge neuve. Ma pauvre Charlotte a été obligée de s’essuyer plus les jambes que la foune, et là, oui, elle avait de quoi être confuse en suscitant de petits rires étouffés.


J’étais bien, à poil. Les filles ne s’en plaignaient pas. Charlotte, après la honte de s’être pissé dessus par sa faute, avait fini par apprivoiser sa nudité. Elle avait pris langue – au sens figuré du terme – avec une grande femme mince très typée qui travaillait dans le même domaine qu’elle, et, emportée par leur discussion, ne prenait même plus garde quand leurs pointes de seins, aussi tendues de part et d’autre, se frottaient pour cause de mouvements inattendus. Sandra et Agnès avaient retrouvé une ancienne camarade de collège. Passée la surprise gênée, elles s’entendaient très bien et se racontaient leurs vies. J’avais engagé la conversation avec deux jeunes filles un peu plus curieuses que les autres et je répondais à leurs questions en massant distraitement mon pubis bizarrement lisse. J’ai soudain vu une lueur malicieuse dans leurs yeux et me suis aperçu que j’avais les doigts sur mes lèvres. J’ai porté la main à ma bouche dans un geste d’excuse qui les a fait éclater de rire. J’ai ri moi aussi en haussant les épaules et nous avons simplement échangé encore quelques phrases.


Le vestiaire se vidait cependant, les unes allant profiter du hammam, les autres rentrant chez elles. Il nous fallait redevenir décentes et l’on a des gestes tellement répétés pour s’habiller que l’on n’y pense plus. Comme enfiler sa culotte, par exemple, ce qui nous a brusquement rappelé le dernier conseil de notre guide. La sensation du nylon n’était plus du tout agréable mais très irritante et peu supportable. Les slips ont trouvé une meilleure place dans les sacs. J’avais mis l’obligation de se présenter à l’établissement en robe ou en jupe sur le compte d’une convenance culturelle surannée. C’était une précaution judicieuse : des jeans ou n’importe quels pantalons portés sans culotte auraient été une vraie torture !


Les filles ont saisi l’occasion pour faire aussi une croix sur leur soutien-gorge. J’ai préféré ne pas m’en passer, question d’esthétique. Charlotte n’a pas ce souci, mais le garder lui donnait l’illusion de rester correcte. Comme si l’on pourrait remarquer, une fois vêtues, que dessous nous étions fesses nues, dans la voiture, ou lors de nos emplettes chez le traiteur chinois. Dommage qu’il n’y ait pas eu de traiteur oriental sur le chemin, d’ailleurs : nous serions restées dans l’ambiance des Milles et une nuits ! Hélas, juste un chinois, ou vietnamien, mais j’ai pris des beignets de crevettes… Au cas où notre escapade ait révélé à mon invitée une passion pour le goût du sucré salé aux arômes marins.


La soirée a été gaie et chaleureuse. Nous avions peu échangé dans la voiture, chacune perdue dans ses pensées. Mais à la maison, les souvenirs du jour étaient assimilés et les langues se sont déliées. D’abord nous n’avons eu de plus pressé que de nous alléger des quelques dizaines de grammes de tissus qui nous pesaient. Trop frileuses après la chaude ambiance du hammam pour rester nues, cependant – et peut-être un peu trop précipité pour Charlotte – j’ai exploré mes armoires pour nous vêtir à minima. Deux peignoirs d’été ont fait le bonheur des filles, deux légers tees longs ont fait le nôtre. Un peu juste pour l’une, à vrai dire, vu la différence de taille, mais elle s’en est contentée.


Nous avons beaucoup parlé toutes les quatre, pendant et après le repas, Agnès et Sandra enlacées sur le canapé, les peignoirs entrouverts par inadvertance, et papotant sans gêne avec leurs mères respectives, alanguies dans des fauteuils trop profonds pour des tee-shirts trop courts. L’épilation intégrale a été un sujet de conversation très poussé. À cause des sensations éprouvées, bien sûr, tant du fait de l’acte que des positions que nous avions dû prendre. Nous nous sommes franchement avouées les émotions sexuelles que nous avions ressenties. Elles avaient été de toute façon trop visibles par chacune pour avoir le front de les nier.


Charlotte s’inquiétait de ce que pourrait dire son mari de la disparition inopinée de sa touffe. Je l’ai assurée qu’il en serait sans doute ravi. Mais elle est restée partagée. Elle trouvait cela mignon sur moi et sur les filles, et agréable sur elle, sauf qu’elle croyait que sa vulve en ressortait trop. Nous avons été trois à tenter de la convaincre du contraire, à force de comparaisons visuelles, voire tactiles. Ça a fini en rires et frissons, pas plus. Oui mes chéries, quoique les mains me démangeassent d’appuyer mes caresses, je me suis bien tenue ! Je n’allais pas lui sauter dessus le soir, après ce qu’elle avait dû s’imposer l’après-midi.


Enfin, bien tenue… Disons que j’ai retenu mes gestes, pas mes paroles. Nous avons inévitablement évoqué la question de l’homosexualité après tant de confidences sur nos ressentis intimes. J’ai été assez claire sur mes goûts en la matière, je crois. J’ai profité des caresses, très relativement chastes sur les seins et les cuisses, entre Agnès et Sandra pour expliquer à Charlotte combien une femme sait mieux que quiconque donner du plaisir à une autre. Elle le concevait, malgré son éducation et la culpabilité d’une tentation saphique par rapport à son couple. En tout cas, ce qu’elle avait ressenti au hammam était trop prégnant pour l’oublier. Elle n’a pas fait la moindre objection quand Agnès a voulu rester dormir avec Sandra, même si les deux coquines sont parties se coucher la main dans la main en « oubliant » leurs peignoirs sur le canapé et en nous offrant leurs jolies fesses à détailler.


Nous avons pris leur place – tiède – sur le canapé pour continuer à parler tranquillement entre nous. La largeur est comptée, les filles y avaient été serrées, nous y étions blotties. Nos genoux se touchaient, nos cuisses encore plus. Nos mains se retrouvaient sur nos cuisses par moments, certes à la lisière des tees et non dessous, mais sans que l’une ou l’autre les retirât comme si ça brûlait. Si les doigts ne s’aventuraient pas plus loin, des constats élogieux sur la douceur de la peau qu’ils caressaient s’échangeaient volontiers. Des conditions idéales, en somme, pour s’avouer plus avant les émois que nos charmes nous avaient mutuellement suscités, en toute amitié et sans jamais penser à mal, bien entendu !


Charlotte dirige une petite agence immobilière, je ne crois pas vous l’avoir dit. J’avais donc émis un jour le souhait qu’elle puisse me donner un avis sur un bien hérité de ma pauvre mère. Je ne voulais pas avoir l’air d’insister en le lui rappelant, mais c’est elle qui l’a fait, comme pour changer d’une conversation devenue trop intime. Il s’agit d’un petit appartement dans M* dont le locataire est parti et que j’aimerais vendre. Nous avons convenu de trouver une journée pour en faire la visite en prenant le temps d’une estimation fiable, quitte à n’en revenir que le lendemain. M* est loin de chez nous, mais l’appartement est encore équipé sommairement et les abonnements courent toujours. Même s’il n’y a guère plus de mobilier qu’un lit, nous pourrions y passer la nuit. Nous serions seules toutes les deux…. Je pense que la retransmission du prochain match d’importance sera mise à profit pour concrétiser le projet.


Voilà, voilà, mes chéries : elle est tout à fait au courant de mes orientations saphiques sans que celles-ci la gênent, ni qu’elle s’horrifie de coucher à côté de moi. Vous voyez, notre relation progresse, déjà nous sommes enfin passées au « tu » ! Il y avait eu des errements de ce genre, au hammam, forcément, mais l’officialisation du tutoiement s’est finalement imposée ce soir, puisque nos corps n’ont plus de secret l’un pour l’autre. Que ce soit de vue ou d’odeur, à part le goût de chacune et la mélodie d’une jouissance sans contrainte, nous nous connaissons parfaitement.


Et nous sommes si décontractées ensemble que j’ai failli la ramener chez elle en tee. L’heure avançait. Heureusement, la chaîne télé de prédilection de son mari a la bonne idée de faire suivre les matches de leur analyse, mais il ne fallait pas abuser. Dans la hâte, nous nous sommes précipitées vers ma voiture avant de nous apercevoir que nous n’étions pas rhabillées. Fou rire, évidemment. Et puis, avons-nous constaté, autant nous dire au revoir avant de partir, je n’aurais qu’à la déposer en vitesse. Ce ne fut qu’une simple embrassade, bises sur les joues mais étroitement enlacées, en nous remerciant réciproquement de cette folle journée. Nous sommes restées quelques secondes dans cette chaste étreinte que la finesse des tissus rendait aussi chaude que si nous eussions été nues. S’étreindre consciemment presque peau contre peau, pubis tout en douceur, c’était déjà nouveau pour Charlotte !


Mes pensées, mes chéries, se projettent à présent vers les promesses de notre prochaine escapade. Deux jours, seule avec elle et la nuit en surplus, n’est-ce pas suffisant pour tout imaginer ? Je n’ai que le désir de libérer en elle la nature profonde qu’elle s’est découverte et dont elle s’effraie. Je ne veux surtout pas détruire son ménage en la convertissant au culte de Sapho, mais l’aider à trouver son chemin du bonheur en acceptant la voie que lui montrent ses sens. La bisexualité lui servirait de guide…


Déjà, la gêne des dessous maculés a disparu entre nous comme en témoigne sa culotte laissée rejoindre la lessive que j’avais lancée avant de la raccompagner. Je la lui rendrai propre et sèche quand nous préparerons le voyage à M*. Si mes espoirs se concrétisent, je serais heureuse de vous la présenter et de lui faire connaître mes amantes adorées. Tiens, pourquoi pas à mon prochain anniversaire ?


Je vous embrasse à la croisée de vos cuisses, mes amours, et j’attends vos remarques sur mon béguin naissant.


Fin