| n° 21816 | Fiche technique | 16057 caractères | 16057Temps de lecture estimé : 11 mn | 03/06/23 |
Résumé: Mes nouvelles aventures... | ||||
Critères: grp inconnu parking voir exhib fellation pénétratio fdanus fsodo uro -occasion | ||||
| Auteur : Landeline-Rose Redinger Envoi mini-message | ||||
| DEBUT de la série | Série : Truckers Chapitre 01 / 10 | Épisode suivant |
Aujourd’hui, je traîne, je lambine. Dans mon large jogging et mon sweat informe, je reste là à ne rien faire. Plateau-déjeuner dans le patio. Café, musique dans les oreilles. Un peu d’ennui, mais juste la dose nécessaire. Plutôt de la langueur. Mais en fait quelque chose m’éveille. Je repense soudainement, et pourquoi, à mon journal fugace.
Marc-An de retour d’un voyage professionnel me l’avait posé sur le bureau, sans d’abord que j’y prête attention. C’était un Lucrin en cuir naturel. Sa couleur rappelait celle de ma peau. Il y avait là quelque chose de cocasse. Il l’avait accompagné d’un stylo à plume Caran d’Ache tout aussi ostentatoire et dans les mêmes tons. C’était drôle et à la fois cela posait question. Marc-An savait-il alors, que je consignais toutes mes aventures dans des cahiers d’écolier que je laissais chez moi, et vous le savez, Marc-An n’a jamais passé plus de quelques minutes rue Santos-Dumont.
À la Villa Marine, sur la côte bretonne, j’ai retrouvé le carnet tel que Marc-An me l’avait offert, car je ne voulais aucunement abandonner mes cahiers à spirales.
Le carnet était vierge, et comme si quelque chose m’appelait, me titillait, j’avais envie de le noircir. Et c’est ainsi que je me mis ardemment à la tâche, convoquant les souvenirs. Bien malgré moi, je ne pouvais pas faire l’aller-retour à Paris pour y retrouver mes cahiers et, le besoin d’écrire était supérieur. Pour quelques jours seule ici, je lambinais, je flemmardais.
Munie d’un bon vieux et fidèle stylo pointe Bic, je posais en vrac toutes les idées qui pouvaient accrocher mon esprit. Pour tout dire, de farniente, je passais à un travail acharné qui occupait une bonne partie de mes journées, et se prolongeait parfois tardivement dans la nuit.
J’avais posé un titre qui me ramenait quelques mois en arrière et allait, comme un engrenage, libérer les histoires un peu folles que j’avais vécues deux années durant.
Je décidai de titrer ma première nouvelle : Qui se souvient de Max Meynier ?
La Délicatesse, roman de David Foenkinos n’eut pas été un titre, vous en conviendrez plus tard, très approprié.
Je suis une aventurière, vous le savez – mais pour le coup, je n’étais pas allée au gré des désirs, je n’avais pas diversifié mes choix. J’avais, en quelque sorte, choisi une thématique.
Les règles du jeu que j’instaurais, partaient d’abord d’un postulat, énonçaient une contrainte et imposaient une géographie prédéfinie.
Le postulat : Assouvir mon fantasme du routier – gros camion, grosse cylindrée.
La contrainte : Que Marc-Antoine en fut l’aveugle spectateur.
La géographie : Stations et aires d’autoroutes.
Sur des carnets Canson – car j’avais noirci les pages du Lucrin –, durant de longues semaines, j’ai poursuivi mon travail de mémoire. J’ai aimé le faire comme j’ai aimé le vivre.
Landeline RR
J’ai eu semblablement à vous le fantasme insidieux du viol, et Dieu sait si le crime de viol doit se payer cher. Pour ma part que l’on m’ait forcée n’a pas permis que j’y pose le vocable de viol puisque tacitement, certains hommes ne s’y trompent pas, j’étais dans un absolu consentement.
J’ai toujours été contrainte par ces ennuyeux et répétitifs dîners avec Mamy et ses amies et vous savez que j’ai su compenser.
Suivant les items de ma thématique de l’année, je décidais donc de retrouver Marc-An, Mamy et ses amies en soirée. Mamy avait eu l’idée saugrenue – elle le regretterait bien vite d’ailleurs – de faire une infidélité au traditionnel restaurant du 2e arrondissement et conséquemment, j’étais privée de mon escapade du mercredi au petit cinéma pornographique rue de la Ville neuve.
Je ne pouvais alors concevoir que ma journée soit réduite à la mortitude de ce repas.
Lorsque j’arrivai, Marc-An m’enlaça, j’eus intérieurement un petit soubresaut de recul. Les élans de sentimentalité m’irritent parfois.
Mais j’aimais à loisir forcer le trait et cultiver les antagonismes. Chevelure stricte maintenue par une barrette, jupe prude – et à ce sujet, je me devrais de vous rendre compte de la classification de Lily-Rose – chemisier col Claudine, ballerines plates du même bleu, le petit sac Chanel pour parfaire la photo. Mais avant ce dîner, j’avais déjà beaucoup vécu…
Il était 12 heures 30 passées, lorsque sans idée, sans réel projet, sans plan établi – mais la vie est parfois un architecte bienfaisant – il était 12 heures 30 donc, quand je m’attablai à la cafétéria de cette vaste station d’autoroute. Je posai mon plateau, ayant au préalable scruté l’horizon, un petit coup de pouce du destin pouvait parfois aider aux petits plaisirs de la vie.
Le temps était maussade, la pluie tombait par intermittence, mais en cascade et la chaleur quasiment tropicale emplissait l’espace d’une difficile moiteur. Ce petit détour météorologique n’est pas simplement là pour le détail, pour le décor.
Donc je posai mon plateau, me glissai sur la banquette, repris les pans de mon trench-coat-saharienne, mais déjà un des bonshommes de la grande tablée d’en face, bourrait d’un petit coup de coude, son voisin.
Visible à peine une nanoseconde, ma jupe courte – classification salope selon la hiérarchie de Lily-Rose – remonte d’un cran.
Huit. Ils étaient huit munis de cotte vert bouteille et jaune vif, au sigle du service de transport pour lequel ils roulent. Par discrétion et dans un souci de préserver les protagonistes, je ne citerais pas la maison – maison à dessein, car l’entreprise est strictement familiale – que par le plus grand des hasards, je connais. Le stationnement rectiligne et militaire des camions dans l’entreprise, est bien le reflet exact de l’uniforme des huit routiers bruyants et rigolards.
Chaque année, je me rends dans la patrie natale du grand philosophe Gaston Bachelard pour des colloques et séminaires, sur le grand penseur et donc, invariablement, je me pose quelques minutes devant la linéarité des bahuts alignés dans la cour de l’entreprise.
Participant à la grande tablée, les deux lascars posent intensément leur regard quelque part sous ma table. Mais tout à fait aguerrie à taquiner le désir, j’ai verrouillé le panorama.
La petite bande va bon train et tous azimuts et pour le coup nous sommes à quelques années-lumière de l’esprit bachelardien.
Un silence se fait. On peut d’ailleurs remarquer le très court instant de silence qui invariablement se produit au sein d’un groupe animé, et pour qui étudierait la sociométrie, il y aurait peut-être matière à énoncer une théorie – bref un silence se fit et fusa alors la grande question :
Mais qui se souvient de Max Meynier ?
Alors qui donc se souvenait, au sein de cette disparate assemblée, qui donc se souvenait de Max Meynier ?
Eh bien moi, ce jour-là, je découvris Max Meynier et sa biographie Wikipédia me donna un peu plus de matière.
Pour le coup les philosophes meuneries ne convoquèrent que leurs propres souvenirs, hormis quelques jeunots qui s’étaient retranchés sous les oreillettes de leur Smartphone.
Tout en s’animant, les deux lascars se poussaient du coude posant leurs regards salaces au fond de mes yeux. Je chaussai mes lunettes noires, ce qui entre nous soit dit, est une bonne manière de renvoyer le regard qui vous transperce. Je crus deviner, aux rapprochements contigus de leurs deux visages, quelques insanités et dans les esquisses de sourires lubriques de leurs yeux, je ne m’y trompais pas.
On le sait, pour les travailleurs de la route, le temps est compté. Quand on leur servit le café, je me fis apporter le mien et je m’en fus à ma voiture, quand ils s’en furent à leurs camions.
Huit chauffeurs, huit camions. Une chenille vert et jaune. Je démarrai devant eux et durant les quelques kilomètres qui suivirent, le camion de tête n’eut de cesse de distiller des appels de phares, que je scrutais dans mon rétroviseur intérieur.
Était-ce l’effet de réfraction lumineuse des phares dans ma pupille, je ne saurais dire pourquoi, mais aux flashes répétitifs se conjuguaient les battements amplifiés de mon cœur.
Comme distincts des injonctions de mon cerveau, mon index se fit l’écho des appels de phares et enfonça au même rythme la commande des warnings.
Le premier item de ma thématique Routière, en était à son développement. Introduction-développement-transition et avec un brin de licence tendancieuse, je dirais qu’en la matière, l’introduction est plutôt le final de ma thématique.
Quelques kilomètres encore et en alternance aux flashes de ses phares, le routier clignotait avec régularité, vers la droite.
La signalétique indiquait une aire de repos à deux kilomètres. Mon cœur battait de cent coups, lorsque je m’engageai sur la bretelle desservant l’autoroute. La pluie battait son plein, l’aire était déserte. Nous n’étions pas en période vacancière.
Les huit camions firent un cercle fermé autour de ma petite voiture. L’aire de repos ne me promettait pas que du repos.
La pluie comme dans les films noirs, la pluie avait redoublé et la chaleur semblait lui emboîter le pas – ou n’était-ce peut-être que celle exponentielle de mon corps. De concert les huit routiers quittaient leur cabine, affichant pour la plupart un sourire et un pas de vainqueur. Et pourquoi, moi qui n’avais jamais redouté la multitude, bien au contraire, dans un geste rapide, je verrouillai mes portières. Cette petite décision n’avait eu qu’un effet plus accru chez les hommes. Penchés vers moi les huit mâles m’exhortaient à ouvrir en promettant déjà toute gentillesse, toute bonne chose à venir. La buée me les faisait apparaître comme des formes entrevues comme des spectres. J’entendais la horde tenter de parlementer, puis on devenait plus ferme et puis de toute façon tu vas y passer salope ! Je sentis le balancement de la voiture et bientôt les costauds allaient la peler comme un fruit trop mûr. La tôle allait partir en lambeaux.
De la paume de ma main, je fis un passage sur la vitre et, remontant ma jupe, glissai un doigt vers mon sexe.
Comme un seul homme, les huit routiers sortirent leur bite et chacun semblait seul dans sa folie. Chacun appelait ma chair, ma peau.
Je dégrafai mon chemisier, collant mes seins contre la vitre au rythme des cris injurieux de salope, putain, suçeuse de bites, allumeuse, à ce rythme-là je suçais mes tétons, ma langue les faisait durcir.
Je quittai ma jupe, présentant le string dont mon doigt écartait le filin pour s’enfoncer profondément.
De ma main libre, j’actionnais la commande d’ouverture des vitres avant et passai mon cul dans l’entrebâillement.
Et tandis qu’on enfonçait le trou de mon cul, la portière côté volant s’ouvrit et une bite entra directement dans ma bouche. Elle força ma gorge puis gicla une purée épaisse. J’en réclamai une autre.
Derrière on lapait mon cul, on branlait ma chatte, puis on se bousculait pour fourrer sa queue. C’était en quelque sorte une farandole qui tournoyait autour de ma voiture. Qui m’avait enculée venait bourrer ma bouche et ainsi de suite. Je vous passerai pour cette fois, les t’aime ça salope et autre bouffe-moi les couilles, vous savez ça je présume, semblablement à moi. Cette littérature vous place aux antipodes de celle de Bachelard. Mais il y a un temps pour tout, n’est-ce pas ?
Je trouvais dommageable qu’on ne me fasse pas bénéficier de la pluie, aussi, je tendis mes bras vers un costaud qui me décolla comme une plume et d’homme en homme, plantée sur leur bite, je fus portée. Mangeant leurs bouches, salivant leurs langues tandis que leurs queues s’actionnaient dans mon vagin, que la pluie ferme et drue rendait à l’état de patinoire.
Parfois une bite quittait mon trou, et cela amplifiait mon plaisir. Chaque homme n’était plus que loque. Certains étaient nus, d’autres dont les salopettes tombaient sur les hanches arboraient des corps ventrus, poilus et odorants. Leurs bites indifférenciées l’une de l’autre avait en mélange, le goût salé de la pluie, âpre du sperme et poisseux de la tiédeur environnante.
Allongés sur le bitume, certains tendaient leurs membres et je m’y empalais alors que l’on glissait sous mes genoux quelques tee-shirts mouillés. Les queues se succédaient dans ma bouche, on s’organisait pour doubler la mise, deux glands déformaient mes joues.
Je fis volte-face en suppliant :
J’étais dans un indescriptible empressement, je suçais vite et sans répit, mes mains branlaient follement. Mon visage était mobile comme automatique, à coups de langue féroces, je léchais des couilles.
Et vous le savez, j’ai une grande prédilection pour la sodomie (et vous ?), j’implorais qu’on se finisse dans mon cul. Je sentais les jus régurgiter et couler au long de mes cuisses. Si l’extase ne m’avait pas tenue dans ses tenailles, j’aurais léché le bitume pour ne rien perdre des gouttes des spermes qui le maculaient.
Les rois de la route défonçaient mes trous en ahanant, certains se branlaient sur mes seins, d’autres déjà devenaient spectateurs. La fin, c’est la fin, mais les hommes n’ont pas tout donné, me dis-je, je suçai chaque bite, réclamant le trou de leur cul, huit trous, je crachai et léchai alors que mes doigts écartaient les lèvres de mon sexe. On le forçait, on y entrait. Anus, vagin, indissociable alternance.
Il me semblait être au-delà des plaisirs que jusqu’alors j’avais connus.
Puis les hommes ralentirent la cadence, branlant leur sexe qui fléchissait. Je me ruais sur chaque bite, branlais, suçais les queues molles. Un de la bande se retourna à quelques pas pissant sèchement sur le bitume. J’avais, je le confesse, encore en mémoire la nuit dans le hangar de Tonton Henry. Ce fut, ce soir-là, la première fois que je jouissais de la chaleur de l’urine.
Je criais en me branlant :
Je m’allongeai sur le bitume et l’homme urina sur mes seins. D’abord les autres restèrent interdits, on entendait des alors celle-là c’est une sacrée salope… d’autres, une chienne tu veux dire.
Et huit jets cinglèrent mon corps, mon visage. J’ouvrais la bouche pour me gargariser de la pisse aigre et chaude.
Après, certains retrouvèrent une érection et une éjaculation sèche et de courte durée, juste le temps de m’enculer une dernière fois.
Si quelques lascars, épaules basses et silencieux regagnaient leur cabine, d’autres furent courtois et prévenants. Je m’installai au volant de ma Mini-Cooper. Le cercle des camions se brisa, je me retrouvai seule sur le parking. Après que mon cœur eut recouvré le rythme régulier, je passai mon chemisier col Claudine, tirai mes cheveux dans une barrette, changeai mes escarpins pour des Repetto. Lunettes monture-professeur-de-lettres. Les huit routiers ne m’auraient pas reconnue.
Je roulai à allure raisonnable, jusqu’à la prochaine sortie et traversai Paris jusqu’à la demeure de Mamy. Ce fut rare, mais j’étais heureuse d’être là. Il me semblait sentir venir à moi les émanations des sexes d’hommes. L’odeur des sexes d’homme est un bienfait persistant.
Je sentais la contracture de mon périnée sur les boules de Geisha. Je m’étais souvent astreinte à une séance de réparation après l’amour.
Mamy était guillerette, Marc-Antoine comme sa maman, les amies semblablement. N’était-ce pas une surdose de testostérone qui me rendait la vie si jolie.
Lorsque nous reprîmes la route, la radio annonçait une grève des routiers pour le lendemain.
Et Marc sourit en posant sa main sur mon genou.
Et nous partîmes en chœur dans un fou-rire qui nous tenait encore en arrivant à la maison.