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Temps de lecture estimé : 31 mn
20/05/23
Présentation:  Une vie simple et tranquille en une époque reculée. Ces temps farouches étaient-ils vraiment comme décris très longtemps par certains spécialistes ? Des théories récentes tendent à prouver que cette vie ancestrale n’était pas si différente de la nôtre.
Résumé:  Tara et Glynis découvrent l’amour dans une vie solitaire et acceptent leurs sentiments naissants sans se poser de questions. Un chasseur en quête d’aventures traverse une contrée inconnue. Une quête audacieuse qui pourrait s’avérer dangereuse.
Critères:  #aventure #lesbienne ff frousses couple forêt amour fsoumise fdomine cérébral voir exhib caresses cunnilingu nopéné jeu fouetfesse init
Auteur : EdenPlaisirs      Envoi mini-message

Série : Aux âges farouches

Chapitre 03 / 05
Un ours sous l'orage

Résumé des épisodes précédents :

Tara et Glynis découvrent l’amour dans une vie solitaire et acceptent leurs sentiments naissants sans se poser de questions. Un chasseur en quête d’aventures traverse une contrée inconnue. Une quête audacieuse qui pourrait s’avérer dangereuse.





À la recherche du peuple des cascades



Les Zallas n’étaient pas particulièrement accueillants et l’explorateur n’avait pas vraiment apprécié la compagnie de ce peuple. Leurs histoires les montraient comme plutôt belliqueux et conquérants, ce qui déplaisait à Thorn. Après être resté un peu moins d’une saison avec ces gens aux tempéraments trop sectaires et trop égoïstes à son goût, il avait préféré reprendre sa route. Les Zallas lui avaient parlé du clan Tallak, leurs ennemis de toujours, et ils lui avaient conseillé de se méfier d’eux. Thorn s’était contenté de les remercier de leur accueil et de ce conseil, puis il avait quitté le clan des grottes. Un endroit truffé de cavernes qui avaient été sacrées pour d’autres. Les Zallas avaient volé son habitat à un autre peuple.


Les Tallak étaient des gens devenus méfiants et il fallut un long moment pour que Thorn puisse créer quelques liens solides avec certains d’entre eux. Comme d’habitude, la couleur de sa chevelure étonnait tout le monde et attirait l’attention des femmes. Certaines, plus intéressées que d’autres, se montraient plus curieuses. Anou, une petite femme brune et mince, aux yeux de biche, s’était montrée plus avenante que ses consœurs sans vraiment se livrer. Il était clair que Thorn lui plaisait, mais qu’elle préférait attendre de mieux le connaître.


Après une saison passée auprès de ce peuple, la plupart des Tallak finissaient par apprécier l’explorateur. Anou s’était donc décidée à faire les premiers pas et elle avait eu une manière bien à elle de procéder. Après un repas en commun dédié aux esprits des grottes sacrées qu’ils avaient perdues, la belle cueilleuse avait éloigné Thorn des autres convives. Une fois seuls, les avances de la femme avaient été étonnantes. Elle avait embrassé l’explorateur avec passion, s’était agenouillée devant l’homme et avant que son compagnon ne puisse réagir, elle avait libéré son sexe de ses braies de peau.



Anou avait pris le membre de l’explorateur dans sa main et était restée un temps à le regarder se durcir.



Le grand chasseur n’avait pas compris un traître mot des propos d’Anou, mais n’avait pas protesté sur cette étrange façon de faire connaissance. Plus tard, comprenant bien mieux, qu’il ne le parlait, le dialecte du peuple qui l’accueillait, Thorn demanda à Anou ce qu’elle avait dit cette fameuse nuit où elle l’avait pris dans sa bouche.


L’explorateur vivait depuis quatre saisons parmi ceux qui s’étaient montrés finalement chaleureux et sympathiques. Anou était une compagne très agréable et se montrait très amoureuse presque toutes les nuits. Un soir de veillée, Thorn apprenait que de l’autre côté des montagnes, vivait un autre peuple. Des clans nombreux et puissants, des gens auxquels les Zallas eux-mêmes n’osaient pas s’en prendre. Certains voyageurs Tallak s’étaient rendus plusieurs fois chez leurs voisins. S’ils étaient forts et très nombreux, les Ouroukos n’étaient pas de tempérament agressif. L’un de leurs clans s’était installé le long d’une grande rivière qui longeait une immense falaise garnie de nombreuses cascades et ces Ouroukos s’étaient donné le nom de « Clan des cascades ». C’est en apprenant cette nouvelle que l’explorateur s’était de nouveau senti curieux de découvertes. Sa manie de bougeotte le reprenait.



La petite femme brune laissa aller son soupir en sachant qu’elle perdrait cette bataille.



Ce jour-là, Thorn le sombre, surnom né de son enfance de gamin solitaire, décida deux choses. Cette visite aux cascades serait sa dernière aventure en solitaire. Il irait voir ces fameux Ouroukos et s’en retournerait après quelque temps auprès d’Anou. Ensuite, il se montrerait digne de son nouveau devoir de père.




Un si joli petit cul



Tara avait vu l’aube naissante, mais ne s’était pas levée. Glynis dormait toujours, certainement fatiguée des émotions puissantes qu’elle avait éprouvées dans la nuit. La grande Ouroukos se sentait trop bien contre sa compagne pour se décider à quitter leur couche. Le bras de la jolie soigneuse pesait sur sa poitrine et ce simple contact suffisait à exciter ses sens. Pourtant, malgré ce désir naissant, elle aussi se sentait un peu lasse. La guérisseuse l’avait épuisée par ses caresses incessantes. Si elle n’avait aucune expérience en amour, sa compagne s’était montrée extrêmement gourmande de plaisir. La chasseresse l’avait cru un moment égoïste et avait vite compris qu’elle s’était trompée. Glynis s’était comportée en véritable assoiffée d’amour, et son manque de connaissances avait été compensé par son envie de satisfaire sa partenaire. Sans le savoir, la belle Tallak avait été une maîtresse parfaite.


Encore une fois, la belle Ouroukos s’étonna du naturel de sa compagne.



La jolie Tallak était de tempérament calme et restait toujours proche d’une certaine timidité. Elle ne jurait jamais en évoquant les esprits et paraissait toujours peser ces mots avant de parler. Glynis était ainsi dans la vie courante et la chasseresse trouvait étonnant le comportement de sa chérie en amour. Elle-même n’osait pas être aussi directe dans ses propos. La veille, la soigneuse s’était plusieurs fois exprimée, dans chercher à cacher ses émotions. D’abord, elle avait retransmis tout ce que sa maîtresse lui avait fait avec des mots très réalistes. Ensuite, elle avait avoué être amoureuse de Tara. Enfin, elle décrivait le corps de la chasseresse en paroles aussi sincères que troublantes. Et là, ce matin, la soigneuse paraissait encore plus délurée. La guérisseuse avait commenté presque tous les actes de sa compagne. Les baisers de la chasseresse, ses caresses sur ses petits seins, les mouvements de ses doigts dans son sexe mouillé par le désir. Glynis ne se contentait pas seulement de décrire ce qu’elle subissait. Elle livrait ses impressions et émotions en mots crus avec un naturel aussi déstabilisant pour l’Ouroukos, qu’elle le trouvait excitant. Quelques instants auparavant, Tara s’était employée à téter l’une des petites poires fermes tout en pinçant l’autre téton rose tandis que sa main libre avait bousculé le clitoris durci de sa maîtresse. Quand la soigneuse avait joui en feulant, elle l’avait dit et répété tout le temps que l’orgasme la bousculait. Tara s’en était affolée d’excitation intense.



La chasseresse rougit d’un coup et sentit ses joues prendre feu. C’était donc ça ! La nuit précédente, juste avant de hurler alors que sa chérie suçait goulûment son clitoris exacerbé, il lui avait semblé que son anus était soudain forcé avec plus de vigueur.



Les deux femmes avaient dormi nues et étaient allongées côte à côte. La grande Ouroukos bougea lentement la main qu’elle gardait posée sur la cuisse mince et musclée de sa maîtresse.



La chasseresse laissa ses doigts se mouiller de la liqueur chaude épandue par l’intimité ruisselante puis les descendit doucement vers ce qu’ils convoitaient. Elle retint un sourire quand la jambe de la soigneuse s’écarta plus largement et continua sa lente progression vers son but. Enfin, elle sentit le petit orifice sous son majeur tandis que Glynis soupirait impatiemment. L’anus de la belle Tallak paraissait brûlant et Tara le sentit palpiter sous son effleurement.



Une petite coulée de mouille s’échappa de la vulve de sa compagne comme pour prouver que la rousse n’en pouvait plus et que son fruit était mûr à point. La guerrière enfonça doucement la première phalange de son doigt dans l’étroit orifice tout en portant son regard sur le visage de son amoureuse.



Glynis observait la chasseresse et ses petites exclamations comme son regard ne montrèrent qu’une certaine surprise. Puis l’index de Tara s’introduit dans la fente trempée tandis que son majeur s’engouffrait totalement dans l’étroit orifice qu’il avait investi.



Tara pinçait avec une certaine fermeté les petites pointes dures des seins qu’elle avait réunis d’une même main alors que ses autres doigts visitaient les deux grottes qu’ils avaient découvertes.





Halte en forêt



La jeune perdrix était rôtie à point et l’explorateur l’avait dévorée entièrement avec un appétit féroce.


Les premières lueurs d’un soleil encore froid faisaient danser des lambeaux de brumes sous le couvert des frondaisons. La forêt dense jusque-là s’était éclaircie et bientôt elle s’ouvrirait sur une plaine ou une vallée. Thorn ne s’était pas trompé et savait maintenant qu’il pourrait reprendre son voyage avec plus de facilités.


Sa marche à travers les montagnes et la traversée de la forêt l’avaient un peu fatigué. D’après ce qu’il avait appris des Tallak, il ne devrait plus être très loin de son but. Quelques jours de marche tout au plus le séparaient de sa quête de découverte.


La grande rivière bordée de l’immense falaise creusée de cascades devait couler à l’ouest des montagnes.




Des ablutions, une punition et des plantes



Tout comme la nuit précédente, Glynis avait délaissé sa chérie après un orgasme aussi long que puissant. La soigneuse avait quitté la couche en souriant puis s’était presque précipitée au-dehors de la grotte en disant qu’elle allait se laver. Une nouvelle fois, Tara n’en revenait pas d’une telle désinvolture. Elle restait horriblement frustrée du départ précipité de sa compagne. La chasseresse baissa son regard sombre sur son intimité ouverte et trempée.



Un peu plus tard, la voix de Glynis venue du dehors sortait la chasseresse de ses pensées et elle se décidait à aller la rejoindre. Elle espérait que cette fois encore, sa compagne changerait d’attitude et ne se montrerait pas égoïste.


Glynis, le corps dégouttant d’eau glacée, avait accueilli son amante en se collant à elle aussitôt qu’elle l’approchait. Sa petite main était descendue sur les superbes fesses de la guerrière et très vite, une douce caresse avait exploré le sillon profond qui les séparait. D’abord, des doigts avaient pénétré le fruit juteux à souhait de Tara, l’abandonnant avant qu’elle ne puisse s’en plaindre. Puis la guerrière gémit doucement tandis que sa chérie prenait ce qu’elle cherchait réellement. Les deux femmes, debout et entièrement nues, étaient presque soudées l’une à l’autre et si la chasseresse resta comme figée, la soigneuse, elle, s’activa soudain d’une bien étrange façon. C’est à ce moment que la belle Tara perdit totalement pied.



La première gifle sur sa fesse gauche fit tressaillir la grande Ouroukos. Elle n’eut pas le temps de réagir que la douce voix de Glynis la prenait au dépourvu.



Puis, les petites claques sèches assénées sur son derrière ne cessèrent plus et la grande brune gémit doucement sous chaque claque sur sa peau nue.

Les doigts de la jolie guérisseuse allaient et venaient entre ses fesses qui s’étaient échauffées et la chasseresse Ouroukos se cambra sous une autre gifle.



Debout au pied de la petite cataracte, la chasseresse avait perdu toute contenance. Cette fois encore, sa compagne si timide et si douce se comportait avec elle d’une manière impensable.



La main libre de la guérisseuse claqua encore une fesse musclée et la guerrière lâcha une petite plainte.



Glynis s’était appliquée à lécher un fruit trempé de jus tout en explorant d'un doigt une étroite caverne devenue plus accueillante. La chasseresse avait gémi un petit moment, avant de laisser filer un cri sourd.




La vallée



Il était dans la vallée.


Thorn transpirait abondamment sous ses peaux. Le soleil devenu plus ardent baignait l’immense prairie de ses doux rayons et l’explorateur avait chaud. Il avait adopté un pas rapide sans trop savoir pourquoi. Rien ne le pressait et il n’était pas inquiet. Les Tallak avaient été très explicites sur les coutumes du peuple des cascades et l’explorateur savait que s’il les rencontrait, leurs chasseurs ne se montreraient pas agressifs. Les grands prédateurs tels que les pumas et les cougars étaient derrière lui. Il avait su éviter ces fauves même si les montagnes et la forêt avaient été leurs territoires. Ces félins chassaient à l’aube ou au crépuscule et les lynx, eux, préféraient généralement la nuit. Dans la vallée, il ne restait que les loups, et les ours qui venaient de quitter leurs hibernations. Thorn n’avait pas peur des loups et il était rare de tomber sur un ours sans l’avoir aperçu avant. Ces animaux étaient sûrs de leurs forces, n’avaient pas de prédateurs et s’ils restaient prudents, ils ne se cachaient pas.



C’était le milieu de la journée et une source ou une petite rivière serait un très bon endroit pour passer la nuit prochaine. Thorn s’arrêta et se débarrassa du grand sac qu’il portait sur son dos. Puis, il laissa tomber ses deux longues sagaies dans l’herbe haute avant de déposer son arc et son carquois sur le sol. Un peu à l’ouest, il discernait des bosquets de ce qui lui semblait être un bois de saules. Il était connu que ces arbres préféraient les zones humides.


Une fois là-bas, il avait des chances de trouver une source ou peut-être un cours d’eau.




La corvée



Glynis ne cessait pas de parler en triant les petites gerbes de plantes séchées. C’était la corvée qu’elle avait décidé d’accomplir pour le reste de la journée. Elle devait faire l’inventaire de ses réserves avant la saison chaude qui arrivait à grands pas et avait demandé son aide à Tara. Garder trop de plantes ou de racines séchées n’était pas nécessaire alors qu’elle allait en cueillir des fraîches.



La question de Tara fit se lever le regard vert et la chasseresse vit sa compagne rougir d’un coup. Elle avait tout de suite compris de quoi elle voulait parler.



Les joues écarlates, la soigneuse toisait sa compagne d’un air de défi. C’était comme si sa timidité naturelle combattait ses audaces précédentes.



L’espace d’un instant, la rousse resta à observer la brune puis elle eut une curieuse petite grimace.



La guérisseuse fixa un moment sa compagne et sembla rougir encore plus.



La chasseresse hocha lentement la tête comme si elle ne comprenait pas vraiment la question.



Glynis laissa filer un soupir et resta jouer avec un petit sac de peau contenant des graines, comme si elle pensait à autre chose. Puis elle fixa sa compagne avec un air devenu revêche.



Le ton de la guérisseuse était devenu tendu et après un instant de silence Tara lâcha un petit rire.



La chasseresse ravala son sourire comme subitement gênée et ses yeux noirs parurent se voiler.



La guérisseuse n’avait pas souri et paraissait toujours un peu nerveuse.



Le léger soupir de la guerrière traduisit une certaine impuissance à répondre. C’était comme si elle ne comprenait pas ce qui c’était réellement passé.



La question de la soigneuse fit sourire la chasseresse.



Glynis semblait s’être calmée aussi vite qu’elle s’était emportée.



Si elle souriait à nouveau, la soigneuse paraissait sérieuse dans ses promesses.



Tara se borna à un petit hochement de tête qui pouvait signifier trop de choses pour être une véritable réponse.



La jolie rousse esquissa un autre sourire plus timide.



La guerrière laissa passer un petit sourire et baissa les yeux sur les plantes qui jonchaient la roche dure.



Les yeux sombres de la guerrière Ouroukos quittèrent le beau visage doux sans plus attendre une réponse. Sa compagne était aussi adorable que parfois étrange. Tara était réellement troublée. Elle ne l’avait pas avoué et ne le ferait peut-être pas avant longtemps, mais être fessée par Glynis l’avait beaucoup excitée. Elle attrapa les petites gerbes d’herbes sèches qu’elle savait être des plantes médicinales et les déposa devant elle. Un coup d’œil vers sa chérie lui apprit que la guérisseuse triait une brassée de roseaux.



Le bruit sec des tiges de roseaux claquant sur la roche fit tressaillir la guerrière Ouroukos.



La petite main de la soigneuse repoussa la brassée de roseaux vers sa voisine.



La grande brune se borna à affronter le regard doux qui contrastait avec les propos tenus par la jolie rousse.


Tara, restée sans oser répondre, observait la gerbe de plantes. Elle se savait rouge et avait le visage en feu. Elle n’y comprenait rien. Glynis était vraiment étonnante et ses idées étaient des plus étranges. Mais le fait était là, savoir qu’elle allait être une nouvelle fois fessée par sa compagne la troublait beaucoup. Si les tiges de roseaux lui paraissaient un peu inquiétantes, elle les accepterait et le savait. Depuis leur rencontre, elle était la meneuse et c’était elle qui décidait de tout ou presque. Maintenant qu’elles étaient en couple, rien n’avait changé sauf dans ces amours qui débutaient. C’était un fait, elle se comportait différemment dans cet amour naissant et découvrait qu’elle aimait que Glynis décide de tout. Cette toute dernière et surprenante manière d’agir de la part de sa compagne l’avait toutefois surprise comme terriblement gênée. La guerrière n’avait jamais entendu parler de ce genre de comportement. Les mains de sa chérie qui claquaient sur son postérieur l’excitaient pourtant aussitôt, et très vite, sentir ses fesses se chauffer sous les tapes sèches de sa compagne lui avait plu. Tara avait donc gardé sa honte pour elle et s’était laissé faire. Elle ne le regrettait pas malgré la gêne qu’elle éprouvait. Glynis, elle, semblait trouver leurs petits jeux naturels.





L’orage



L’explorateur n’avait rien vu venir. Occupé à sa marche et plongé dans ses réflexions, il fut surpris par une averse soudaine. Une pluie froide et épaisse qui lui était tombée dessus alors qu’il approchait de la partie boisée vers laquelle il se dirigeait. Thorn aimait la pluie, mais celle-ci n’avait pas choisi le bon moment pour arroser la vallée. Le chasseur devait vite trouver un endroit où s’abriter. Si une saison plus clémente s’annonçait, elle ne s’était pas encore installée et le crépuscule tomberait vite. Sans compter que le ciel s’était obscurci d’un coup.


Un vieil adage de son peuple disait que les pluies et certaines manifestations de la nature étaient des messages venus de l’au-delà. Des signes délivrés par l’autre vie. Les esprits étaient tristes et il pleuvait. Ils étaient en colère et les sols tremblaient. Aujourd’hui, les esprits de l’au-delà ne semblaient pas pressés de faire cesser leurs pleurs. La grande majorité des gens du peuple Mowak étaient très superstitieux et Thorn s’était rangé du côté de ceux qui ne croyaient pas aux signes du monde des esprits. Cela avait été l’une des causes de son départ pour une autre vie.


L’averse subite s’était rapidement muée en un orage violent. Quelques éclairs avaient zébré un ciel assombri et presque noir par endroits. Un peu comme si les artistes de son clan d’origine s’étaient amusés à peindre les nuages de teintes sombres. Le tonnerre roulait sourdement et là encore, on aurait pu penser que des musiciens d’un clan Mowak faisaient résonner leurs instruments de peaux. Amusé par ces idées, le chasseur s’était décidé à courir vers un bouquet de saules proches qui semblait cacher une ravine. Parmi ces roches, il y aurait peut-être un abri possible où il pourrait attendre une accalmie.


Après avoir escaladé quelques gros rochers, le chasseur découvrait le cours d’eau en contrebas. Un torrent filait vers l’est. Le fracas de la pluie sur les feuillages des saules couvrait les bruits d’eau du courant rapide qui coulait plus bas. Sa découverte fit sourire l’explorateur et il chercha des yeux un chemin pour descendre rejoindre le torrent. De l’autre côté, il discernait d’autres amas rocailleux et il trouverait certainement quelques failles entre des rocs pour s’abriter du déluge.



Le chasseur avait suivi le torrent sans trouver de passage facile. L’orage obscurcissait les alentours et la pluie devenue un rideau épais lui brouillait la vue. Il lui avait fallu un long moment pour explorer les lieux. La petite falaise ne donnait pas d’accès à la rive sans qu’il soit obligé de prendre quelques risques dans sa descente. Malgré l’orage, Thorn avait compris que le crépuscule était proche s’il n’était pas déjà en place. Il devait se hâter ou sa situation deviendrait vite un problème.


Thorn n’avait plus vraiment le choix. La ravine était moins haute et sa pente moins escarpée. Il devait rejoindre la rive ici. Le chasseur se débarrassa de son sac et le laissa choir sur la roche avant de déposer ses armes au sol pour ne garder que la plus légère de ses sagaies à la main.




Préparatifs de pêche



La corvée du classement des plantes terminée, les deux femmes s’étaient occupées à préparer leur soirée.


Comme d’ordinaire, la grande Ouroukos avait faim et la douce Tallak s’apprêtait à satisfaire sa compagne. La chasseresse adorait la viande rôtie, mais la soigneuse s’évertuait à changer leur façon de se nourrir en variant leur repas. Une peau de sanglier devenue un cuir épais était suspendue à des piquets de bois disposés autour du feu et reliés à leurs extrémités hautes. La belle rousse s’en servait comme d’une sorte de grand récipient. Des morceaux de chevreuil, des légumes sauvages, quelques tomates et des herbes aromatiques baignaient dans un peu d’eau. Glynis avait imaginé cette méthode pour chauffer de l’eau ou cuire des aliments. Cette espèce d’outre rudimentaire était légèrement tendue au-dessus des braises, et la soigneuse ajouterait des pierres tirées du feu dans son ragoût pour accélérer sa cuisson. Cette petite invention convenait parfaitement à des besoins de cuisine.


Tara s’était débarrassée de ses braies déchirées par les griffes du lynx et par la lame de silex de sa compagne qui l’a soignait ensuite. Les Ouroukos chassaient vêtus de tuniques et de braies de peaux en toutes saisons. La chasseresse avait vite compris les raisons de ce choix même en périodes très chaudes. Il valait mieux transpirer et crever de chaud que d’être dévorée par les mouches et les moustiques. De plus, les braies protégeaient le bas du corps. Sans cette protection, on risquait fort d’avoir les jambes piquées par les orties, ou déchirées par les ronces. Certaines fougères comme des hautes herbes étaient coupantes comme de fines lamelles de silex. Au village et quand elle ne chassait pas, la jeune femme portait des tuniques de peaux par temps froids et d’autres, faites de cuir léger, qui laissaient ses bras et ses jambes prendre l’air.


S’il faisait toujours un peu frais, les beaux jours approchaient et la guerrière s’était décidée à changer de tenue pour aborder la nouvelle saison. Le froid et les neiges étaient derrière elle. Tara lissa la douce peau de daim sur son ventre plat et ses cuisses musclées. Elle avait l’impression d’être plus libre et comme soulagée d’un poids. Ses peaux portées pour la chasse ne pesaient pas lourd, mais elle se sentait un peu engoncée dans ses mouvements. Là, bras et jambes nus, elle avait l’impression de mieux respirer.


Le lendemain, les deux femmes se lèveraient aux aurores pour une grande partie de pêche. Tara adorait pêcher et Glynis y prenait plaisir depuis que la chasseresse lui avait appris à attraper les truites à la main. Le torrent, large de quatre à cinq pas sous la cascade, devenait beaucoup plus puissant ensuite et son courant donnait des eaux tumultueuses et poissonneuses. Le seul souci serait d’éviter les endroits de pêche des ours. Certains devaient être réveillés et affamés. Une fois les plantigrades loin d’elles, les deux femmes poseraient les nasses et le filet à saumon dont Tara vérifiait l’état avec la plus grande attention. Ce n’était pas encore la pleine saison pour les saumons, mais il y en avait toujours des plus pressés que d’autres et elles pourraient peut-être en attraper un ou deux. De toute façon, les truites leur suffiraient pour changer un peu leurs menus.



Glynis avait parlé de l’entrée de la grotte et Tara faillit sursauter en entendant sa voix juste derrière son dos.



Un violent coup de tonnerre fit tressaillir Glynis et Tara leva les yeux vers le ciel. Les premières gouttes de pluie lui mouillèrent aussitôt le visage et la jeune femme eut une moue dépitée.



Il était difficile de savoir si la guérisseuse était déçue ou plutôt contente de son petit constat.





L’ours



La plupart des ours étaient sortis de leur état léthargique. S’ils n’hibernaient pas comme certaines autres espèces, ils restaient sans presque sortir de leurs refuges. Les saisons chaudes arrivaient à grands pas et leur instinct profond les obligeait à sortir pour reprendre le cours de leur existence. Ils auraient peu de temps pour retrouver leurs forces et leurs puissances de grands prédateurs. Cette nouvelle vie dépendait de leurs capacités à vite trouver de quoi se nourrir en abondance et peut-être rencontrer des partenaires pour satisfaire un autre instinct primaire. Les ours étaient des animaux solitaires, mais la nature les forçait à satisfaire aux besoins de la procréation. Pour les mâles, c’était très simple et il leur suffisait de rencontrer l’âme sœur, qu’ils abandonneraient aussitôt l’acte accompli. Les femelles, elles, verraient leurs existences se compliquer très vite.


Le vieux mâle était fatigué et éprouvait une colère sourde. L’orage brutal l’avait tiré d’une torpeur gluante et l’avait poussé à quitter son abri de pierre. Le plantigrade avait faim et soif, mais il n’avait plus cette volonté puissante qui l’avait toujours soutenu lorsqu’il sortait de sa longue torpeur. Certainement incapable de comprendre que son âge avancé devenait un obstacle pour sa survie, le fauve sentait néanmoins que quelque chose n’allait pas. Si sa vue n’avait jamais été exceptionnelle, il n’y voyait plus très bien et ses autres sens s’étaient eux aussi atrophiés.


L’ours éprouvait le besoin d’étancher sa soif avant toute autre chose et il se dirigeait lentement vers le torrent qui courait sur son territoire. Après quoi il chercherait de quoi apaiser la faim qui le tenaillait. Il avait perdu près de la moitié de son poids. Sa mémoire elle aussi déclinait et les souvenirs primitifs de l’animal étaient plus confus. Des images de racines et d’arbres à glands de l’autre côté du cours d’eau venaient de l’éveiller à ses futures occupations. S’il n’était plus aussi vaillant, ses instincts n’étaient pas morts et la faim était un puissant moteur pour la survie.




La petite voleuse



Le couple avait allumé des torches enduites de graisse pour éclairer l’intérieur de leur refuge devenu trop sombre pour qu’elles puissent travailler. L’orage s’était intensifié et une pluie lourde aspergeait les roches et la terre avec un bruit sourd.


La chasseresse Ouroukos, debout, regardait vers la sortie de la petite grotte.



Plusieurs fois, pendant leur travail de raccommodage, la soigneuse avait soupiré d’agacement. Sa compagne, se servant d’un petit pic de bois, piochait des morceaux de chevreuil dans le ragoût qui cuisait toujours.



La Tallak poussa un autre soupir en observant Tara restée debout, le regard toujours figé sur l’entrée de la caverne.



La chasseresse avait souri en reportant son attention sur l’amie devenue son amante. Glynis laissa passer un temps de silence et sourit à son tour.



La soigneuse fit une petite grimace comique et ses yeux verts parurent briller sous les lueurs dispensées par les torches et le feu.



La grande Ouroukos s’était figée en sentant une brusque chaleur lui prendre le ventre. Une onde douce et chaude qui s’enflamma et monta vers sa gorge. Une excitation soudaine fit frémir la voleuse.



Les réactions de l’accusée n’avaient pas échappé à la jolie rousse et elle observa sa chérie en cachant son amusement. Ce petit jeu lui plaisait beaucoup et semblait plonger sa compagne dans un drôle d’état.



Tara était restée silencieuse et la soigneuse lui avait reposé sa question. Les joues en feu, la chasseresse avait fini par répondre qu’elle méritait d’être punie. Glynis avait alors eu un sourire désarmant, comme pour signifier qu’elle était désolée d’en arriver là et avait confirmé d’une voix douce, qu’effectivement, elle était obligée de punir une faute aussi grave. Puis elle avait désigné un endroit éloigné du feu et avait exigé que Tara le rejoigne.


La Tallak avait jeté une grande peau de cerf sur le sol et l’avait étalée sur la roche grisâtre en quelques gestes rapides. Cela fait, elle se redressait et jetait un coup d’œil sur sa voleuse.



La tunique de la chasseresse était constituée d’une seule pièce. La peau de daim couvrait la poitrine, laissant les bras nus et tombant aux genoux. Tara avait désiré être à l’aise dans ses mouvements et avait ajouté deux larges bandes de peau aux épaules pour retenir le vêtement au-dessus de ses seins. La tunique était percée de petits trous sur tout le côté gauche et une longue lanière de cuir permettait de l’ouvrir ou de la fermer sur le corps. Tara, toujours debout, avait les doigts sur la lanière et s’apprêtait à quitter son seul vêtement quand la voix douce de Glynis arrêta son geste.



Tara avait obéi à tout ce qu’avait exigé sa compagne sans rechigner, poussée par une excitation devenue plus intense et elle s’était installée sur la peau de cerf dans la position demandée par Glynis. À quatre pattes, les bras sur la peau et le visage posé sur ses mains, elle était restée ainsi un long moment sans oser prononcer un mot. Elle avait presque sursauté quand sa chérie avait relevé sa tunique sur son corps. Puis, il ne se passa plus rien et un certain malaise l’avait fait rougir. Elle savait que Glynis regardait ses fesses dénudées et sa position la mettait soudainement mal à l’aise. Elle se sentait subitement ridicule de rester ainsi exposée au regard inquisiteur de son amante.



La voix douce bien connue était un peu voilée. La guerrière avait été très émue en découvrant pour la première fois de l’excitation dans la voix de son amie.



Les paroles de la rousse rassurèrent un peu la grande brune qui se redressa néanmoins pour se tenir en appui sur ses mains restées au sol.



La chasseresse tressaillit quand la main de sa compagne effleura sa fesse nue en une longue caresse.



Une note d’inquiétude alourdissait le ton de la guerrière et la guérisseuse resta un instant sans répondre. Tara paraissait presque effrayée et c’était une nouveauté pour Glynis. Elle ne voulait pas que sa maîtresse éprouve ce genre de sentiment.





Les roseaux



Tara, assise sur sa peau de cerf, cessa sa bouderie et se décida à sourire en repoussant sa compagne qui riait encore à gorge déployée.



La brusque inquiétude de la guerrière au sujet des roseaux l’avait fait se retourner vers sa compagne et elle s’était aussitôt rendu compte que quelque chose n’allait pas. D’abord, Glynis avait souri, puis elle s’était mise à rire avant de sombrer dans un véritable fou rare. Tara, dépassée par le comportement de sa maîtresse n’avait tout d’abord pas compris et l’attitude de sa voisine l’agaça.



Un coup d’œil circulaire sur le sol fit rougir la chasseresse. La gerbe de roseaux brillait par son absence.


La brune asséna une tape sèche sur l’épaule chaude de la rousse et cette dernière un peu calmée de son hilarité poussa une petite plainte comique.



Glynis étouffa un autre rire et approcha son charmant visage de celui de la chasseresse.



La belle Tallak mordit doucement la lèvre inférieure de sa maîtresse.



Tara soupira après le long baiser échangé et se lova au corps chaud allongé contre le sien.



Glynis prit la longue main de la chasseresse et la porta à son ventre, la laissant posée sur son buisson de poils roux.



Les lèvres de l’Ouroukos gobèrent un petit téton dur et ses dents le pincèrent avec délicatesse.





Bonne nuit



Tara sentait le poids de sa compagne et se dégagea doucement du corps nu et doux qui pesait sur elle. Le souffle calme de Glynis semblait accompagner le fracas de la pluie qui s’abattait en saccades devenues plus violentes. Si cet orage perdurait, elles devraient abandonner leur idée de pêche.


Son amante s’était assoupie presque aussitôt son désir assouvi, mais l’Ouroukos savait qu’elle ne dormirait pas. Elle éprouvait une étrange sensation depuis qu’elle s’était couchée. Une sorte d’angoisse inexplicable qui la troublait un peu et l’agaçait encore plus.


C’était comme si le lendemain à venir était un mauvais jour qui s’annonçait.




Les erreurs d’un chasseur



Le crépuscule et le ciel noirci par l’orage n’étaient pas des obstacles pour l’animal en marche. C’était son odorat qui avait alerté le fauve. Une odeur particulière qu’il avait déjà sentie l’avait conduit un peu au nord de l’endroit qu’il avait choisi d’explorer. Des effluves que le fauve connaissait et dont il se méfia aussitôt. Confusément l’ours éprouva une impression de danger.


Le fauve cessa sa progression et resta immobile. Il avait découvert la présence de l’intrus qui empiétait impunément sur son territoire.


La mauvaise humeur latente de l’ours s’était muée en colère. Les yeux fixés sur la silhouette immobile à quelques foulées de lui, il continuait sa marche vers le torrent. Des lambeaux d’images lui traversèrent l’esprit et il accéléra son allure. Des pensées confuses lui emplissaient la tête. Des créatures semblables à celles-ci qui le traquaient. Une longue tige de bois qui se plantait dans sa chair. Pour la première fois de sa vie, la peur l’avait poussé à reculer, mais ses agresseurs l’avaient encore blessé de leurs bâtons. La bête se souvenait d’une terrible douleur et d’une terreur inconnue qui lui faisait tourner les talons. Son instinct lui disait qu’il devait fuir alors qu’il ne l’avait jamais fait. Une soudaine panique incontrôlable faisait bondir le plantigrade sur une roche glissante et une fuite éperdue l’éloignait des hurlements derrière lui.


Littéralement fou de rage, l’ours n’avait plus qu’une idée à l’esprit. Tuer !


Thorn distingua le grondement sourd couvert par le tumulte de l’orage et se retourna vivement pour regarder derrière lui. Il avait déjà reconnu ce rugissement rauque et savait qu’un ours fonçait sur lui. Ce fut sa première erreur et il n’eut pas le temps de la regretter. La gigantesque patte du plantigrade s’abattit et l’explorateur crut que son épaule gauche se fracassait. L’autre erreur du chasseur fut de tenter d’éviter l’attaque qui suivit en se précipitant sur sa droite. Après son seul pas en avant, l’énorme mâchoire du monstre mordait aussitôt son épaule qu’il croyait déjà en miettes. Incapable de bouger et abruti par une onde de douleur fulgurante, Thorn s’étonna de songer qu’il allait enfin savoir si le monde des esprits était réel ou s’il s’agissait d’une simple superstition. Puis une autre pensée lui fit pousser un faible cri et lever sa sagaie.



Sa tentative aurait été sans effets et Thorn le savait. Il n’eut même pas le temps de frapper. Un rugissement de rage pure couvrit les frasques de l’orage et une patte titanesque bousculait le chasseur avec une force terrible. L’attaque d’une puissance phénoménale culbuta le malheureux chasseur de la roche et l’envoya bouler dans le vide.


Alors qu’il dévalait la pente en culbutes désordonnées et douloureuses, Thorn, affolé par d’atroces vagues de douleurs qui le torturaient, songea que sauter dans le vide aurait été sa seule chance. Sauter dans cette ravine l’aurait peut-être blessé, mais ne l’aurait certainement pas tué. Un simple saut avant que le fauve ne l’attaque lui aurait sauvé la vie. Il songea également qu’il était étrange de penser et à ce genre de chose alors qu’on allait mourir.


À chaque nouvelle roulade sur les roches dures, Thorn avait l’impression que son corps se disloquait. Il roulait encore dans le ravin quand sa tête heurta une pierre avec force. Le chasseur poussa une plainte rauque et entendit un rugissement de rage couvert par le grondement sourd du tonnerre.


Thorn fut brusquement saisi par un froid glacial et tout devint soudain noir autour de lui. C’était comme si la nuit était tombée d’un coup.