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n° 21790Fiche technique32921 caractères32921
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Temps de lecture estimé : 24 mn
20/05/23
Résumé:  Au hasard d’une vie, une rencontre... somme toute banale. Mais l’existence n’est-elle pas seulement une suite d’événements mineurs mis bout à bout ?
Critères:  fh médical caresses pénétratio nostalgie -rencontre
Auteur : Jane Does      Envoi mini-message
Un jour ou l'autre...

J’écoute à la radio la dédicace :



Maman au coin de la cheminée sur le canapé tricote, alors que les flammes grignotent doucettement la bûche que je viens de poser sur le lit de braises rougeoyant. J’ai les yeux tournés vers elle. Elle se tasse sur son fauteuil et une sorte d’éclat de verre coule lentement du coin de ses yeux d’un bleu surprenant. Mue par un drôle de réflexe, je m’agenouille près de Marine. Et ma main vient frôler le parchemin d’une joue que le temps rend de plus en plus fin. Distillée par le poste radio, presque en sourdine, la chanson qui accompagne les mots.


La voix d’un autre nommé Michel, celui qui interprète « Je vais t’aimer ». Et dans les yeux de ma vieille maman, c’est comme si une flamme dansait.



Elle se mure de nouveau dans son tricot. Elle n’est plus avec moi. La musique continue sur « Radio-Gué-Mozo » et un à un les titres défilent, demandés pour des tas d’occasions différentes. Moi… je n’ai personne à qui dédier une chanson, personne non plus à qui songer. Pourquoi ? Suis-je plus laide qu’une autre ? Plus idiote au point de ne garder aucun homme dans ma vie ? Je n’en sais rien. Mais le froid qui m’envahit là, c’est celui d’un hiver qui peu à peu me tombe sur les épaules. Le cafard est là, rampant, hideux avec tous ces tentacules qui m’enserrent le corps et le cœur.


Je ne me sens pas le courage de rentrer chez moi, de toute façon, rien ne m’y attend. Et ici, même si elle est dans ses songes, ses rêves anciens, maman est toujours là.



Je vais pour lui dire ce que je lui ai si souvent répété. Impossible pour moi de lui donner des petits. C’est sûrement pour ça aussi que les hommes de ma vie n’ont fait que la traverser. Et il est trop tard. Elle est perdue dans son monde, je ne vais pas lui rabâcher ce qu’elle va oublier dans dix minutes.



Pas sûre qu’elle ait entendu mes paroles. Ses doigts noueux et fins font cliqueter les aiguilles. Elle sourit, à personne ? Aux anges ? À papa, qui sait ? Puis elle revient sur le sujet comme si une idée venait de lui traverser l’esprit.



Il n’y a plus de doute, elle est dans un univers où je n’ai plus guère de place. Mais je ne peux pas la laisser dans un monde où elle vit dans son passé. Papa… il est mort depuis cinq ans et elle imagine qu’il va revenir tout à l’heure. Voilà qui me pèse encore plus sur le cœur. Je m’éclipse dans la cuisine, pour préparer la pâte. C’est vrai qu’un petit plaisir ne va pas nous tuer. Mais j’ai une boule au ventre. Peut-être que je dois m’inquiéter pour maman ! Un petit coup de fil à notre médecin de famille, pour me rassurer. Après tout, ça ne coûte rien et si ça peut libérer mon esprit… pourquoi pas !




— oOo —





Je raccroche, un peu soulagée. Mais mieux vaut tout de même avoir un avis médical avant de quitter le nid. Et je replonge mes pattes dans la farine. Les œufs, le sel, du lait, un peu de sucre vanillé et ma mixture file tout droit au frais pour laisser mon pâton reposer. Je vais retrouver maman. Elle ne tricote plus, endormie sur son siège. Elle est bien. D’une main armée d’un tisonnier, je gribouille dans le feu, replace sur le lit de braises une bûche toute neuve. Je tire un plaid sur les genoux de ma mère et me voici à mon tour revenue dans mes souvenirs.


Le silence de la maison m’enveloppe d’une angoisse persistante. La respiration pourtant régulière de la vieille dame qui dort au coin de son feu, elle aussi me donne mille doutes. Rien n’est anormal cependant, mais allez savoir comment ça se fait que je n’arrive pas à me sentir à l’aise dans cette solitude à deux. Alors le bruit inaccoutumé d’un moteur qui m’alerte sur l’arrivée d’un véhicule dans la cour me fait presque bondir de mon fauteuil. Je repose mon livre fermé, page marquée et je vais m’enquérir de qui m’arrive.


Le type n’est ni vieux ni jeune. Entre deux âges, comme je le suis. Il a les cheveux bruns, coupés courts et c’est à la serviette qu’il cramponne d’une main que je devine qu’il s’agit du toubib que m’envoie le père Marceau. Oui ! Ce gars est vraisemblablement proche de mon nombre d’années au compteur. Il se déplace pourtant très souplement et je n’attends pas qu’il réveille maman. Je lui ouvre la porte alors que son doigt n’a pas encore esquissé le geste de sonner.



Une fois dans la cuisine, je lui expose mon souci et il écoute attentivement. Je lui raconte par le menu cette histoire de : « Henri va bientôt rentrer. Le pauvre, travailler dehors par un temps aussi froid. », alors que papa est décédé depuis cinq ans. Il n’a pas l’air plus soucieux que cela. Puis nous allons donc voir la patiente qui dort toujours. Il s’assoit devant la cheminée, se frotte les mains pour sans doute se les réchauffer un peu. Enfin, il se tourne vers moi et me dévisage.



Alors je m’approche du fauteuil où elle dort. Je lui pose la main sur l’avant-bras, très délicatement.



Elle rechausse ses lunettes qui gisent sur son panier de laine. Et elle fronce bien entendu les sourcils.



Elle lui sourit et lui tend son bras. Je remonte sa manche pour que le toubib fasse son job et elle me regarde, et pose à nouveau ses yeux sur le gaillard qui est là. Elle soupire d’une manière assez nette et semble d’un coup être de retour…



Elle a une sorte de sourire et le type me regarde comme une bête curieuse. Mais elle ne s’avoue pas encore vaincue, cette maman qui finalement joue les entremetteuses.



Nous voici proprement congédiés. Et apparemment, ce n’est pas pour déplaire à ce gars qui me suit vers les fourneaux.





— oOo —




Le beurre dans la poêle parfume l’air ambiant. Le bonhomme est assis et suit chacun de mes gestes pour faire une à une ces fines dentelles de pâte. Dans une assiette sur le coin du feu, elles restent au chaud et la pile prend quelques centimètres de hauteur. Lui sirote son verre à petites gorgées, silencieux, seulement captivé par la manière dont je fais sauter les crêpes. Ce qui quelque part a le don de me déstabiliser. Alors sans trop réfléchir, et puisqu’il est, après tout l’invité de maman, plus que le mien, j’ose.



Et le type se lève. Je constate qu’il est plus grand que moi d’une bonne tête et il a l’air d’un coq qui vient de trouver un couteau avec la queue de la casserole dans la main. Je souris et il s’en aperçoit. Loin de s’en offusquer, il y va de sa risette.



Et évidemment, puisque j’ai repris le manche pour lui faire voir, lui me prend la main pour suivre le mouvement. Résultat notre jolie crêpe fait un tour en l’air et termine sa course à demi sur le rebord de la poêle, ce qui nous faire rire de plus belle. Drôle cette patte sur la mienne qui me ramène à une époque plus ancienne. Celle d’un rare moment de bonheur avec Michel. Depuis mon ex-mari, je n’ai plus vraiment retrouvé quelqu’un à aimer. De longues années de solitude à ressasser toujours ce bonheur perdu.


Et là, ce que j’ai mis des jours des nuits à oublier durant des années, ce type en deux secondes m’y ramène avec sa gaucherie sans appel. Il m’appelle par mon prénom et pourtant, moi, je ne sais rien de lui, sinon qu’il est médecin. Je fronce le sourcil et tente de me souvenir de son petit nom. Il me semble que Pierre Marceau me l’a dit, mais je ne l’ai pas vraiment retenu. Pendant que je fouille dans ma mémoire, je termine notre dîner. Trois assiettes sur la toile cirée, un pot de miel, un de confiture de brimbelles, du sucre en poudre et il est temps d’inviter la maîtresse des lieux à venir se mettre les pieds sous la table.



Il a l’air joyeux, heureux. Très bizarrement je n’ai plus envie de le voir partir. Nous n’avons guère échangé que quelques mots, mais ce mec a quelque chose de rassurant, d’apaisant. Une extension de son métier, peut-être ? Quatre pas, la porte de communication entre salon et cuisine et je réveille maman.



Elle s’appuie sur mon bras et nous voici toutes deux dans la cuisine. Là ses quinquets se posent sur le toubib qui est assis. Elle marque donc un temps d’arrêt, semblant un peu perplexe. Se souvient-elle que c’est elle qui a un peu forcé la main du docteur ? Pas sûr ! Et ses paroles en sont vite une preuve évidente.



Ses regards vont de lui à moi, un peu perdue, déboussolée. Attitude ambiguë qui me met mal à l’aise vis-à-vis de notre visiteur. Elle n’arrive plus à synchroniser ses pensées ? Et sa voix fluette qui comme un pavé dans la mare vient éclater dans une question presque brutale.



Cette fois, c’est moi qui suis éberluée par ce manque de tact involontaire vraisemblablement. Mais voici que son invité surpris répond nonchalamment à cette demande abrupte et avec un certain humour même.



Là, je suis scotchée par sa réplique. Ce Julian veut dire quoi au juste ? Visiblement ses mots me sont plus destinés qu’à maman, qui elle ne s’occupe déjà plus que de la crêpe que je viens de lui servir dans son assiette. Elle la badigeonne d’une couche conséquente de confiture violette. Elle se désintéresse totalement de nous deux. Je coupe court à mes réflexions saugrenues.



Je hausse les épaules et la mimique du toubib n’est pas faite pour me rassurer. Il mange face à moi et ses yeux se portent sur maman, comme s’il doutait de son diagnostic initial. Mais il se tait et je me sens un peu gênée aux entournures de dîner en tête à tête avec cet homme partiellement inconnu, avec en plus ma mère qui fait la chandelle. Un trio très étrange qui mastique un repas de mardi gras, bien loin de tout. Le gars a un solide appétit et il apprécie les myrtilles en confiture. Trois crêpes plus tard, Marine exprime le besoin d’aller se coucher. Je m’excuse auprès de notre convive et la guide vers sa chambre.


À mon retour, ce Julian est toujours attablé, m’attendant sans impatience. Il attend que je sois assise face à lui pour me parler gentiment.



Il se tait. Mais lui il semble être seul aussi. Alors, il devrait comprendre mon point de vue. Et puis qu’est-ce qui peut bien pousser un type pas trop mal gaulé à venir s’enterrer vivant dans un bled comme celui où nous vivons ? Je m’aperçois à contrecoup que je me suis livrée, que j’ai livré quelques-uns de mes secrets les plus tabous, mais que lui, de son côté, n’a pas daigné s’épancher, ne serait-ce que juste un peu. Nous ne sommes plus à égalité là ! Et pourquoi ne poserais-je pas moi aussi des questions qui me montent au cerveau ?



Il mentionne ce fait comme si… oui ? C’est bien à moi que s’adresse cette phrase ? Une façon très subtile de me draguer, de me montrer son intérêt pour ma petite personne ? Mince alors ! Je ne sais pas quoi en penser. Est-ce qu’en moi, il reste encore une chance qu’un type me fasse la cour ? Je n’en sais plus rien. Il faut dire aussi que depuis longtemps, ceux avec qui je passe une soirée, une nuit sont plus empressés à regagner leurs pénates qu’à me demander en mariage. Mais je reconnais aussi que je n’ai jamais cherché franchement à les retenir. Alors ? Pourquoi cet inconnu, ce type qui déboule dans ma vie devrait-il être différent des autres ?


Il me regarde avec des mirettes brillantes, pour un peu je les jugerais fiévreuses. Nous sommes toujours face à face avec la table comme frontière. Je ne sais pas quoi répondre à sa réplique. Il garde la bouche entrouverte, comme s’il cherchait un peu d’air. Je tends la main pour attraper son assiette, surtout pour retrouver une contenance que je n’ai plus du tout. Lui interprète mon geste d’une autre manière et ses doigts se referment sur mon poignet. Je deviens statue de sel, immobile avec des milliers de picotements qui déferlent partout dans ce corps qui me paraît d’un coup si vulnérable.



Il bafouille et moi qui ne réagis pas seulement à cet incroyable arrêt de ma paluche. Mes quinquets se noient littéralement dans deux flaques d’une couleur indéfinissable. Je tremble comme une feuille. Me voilà renvoyée au rang de midinette ou de collégienne au jour de son premier rencart. Mais devant moi, c’est un homme, vrai, fort qui se contente de lisser le dos de cette main qu’il cramponne. Bon sang ! C’est un effet à peine descriptible qui me fait chavirer. Il se redresse à demi, pour avancer son buste par-dessus le bois verni.


Je n’oppose aucune résistance lorsqu’il m’attire lentement le visage vers le sien. Comme s’il était naturel qu’après avoir goûté à ma cuisine, il ait envie de déguster la pâtissière. Zut ! Je sais, je sens bien que ses lèvres s’approchent dangereusement de ma bouche. Mais pourquoi est-ce qu’au tréfonds de mon être, je souhaite cette venue ? C’est insensé ! Et le reste de mes pensées se meurt dans un vrai baiser que nous échangeons, là, par-dessus les reliefs d’un repas plutôt frugal. Sa bouche ! Elle sent le miel, la brimbelle, avec un petit côté sucré salé qui me chavire tout entier. Je suis incapable de refuser l’embrassade qu’il m’offre.


Pire ! Elle est comme un déclic en moi. Tout mon corps réagit à cette pelle sauvage. Je la savoure, la retiens, pour qu’elle n’en finisse pas ou plus d’ensoleiller cette fin de soirée si bizarre. Je suis pantelante alors que la bouche se désolidarise de mes lippes. Déçue de ce départ trop rapide. Finalement presque contente qu’elle revienne pour une seconde chance et une nouvelle brassée de saveurs si diverses. Mes bras encerclent le cou de Julian, lui interdisant tout départ précipité cette fois et c’est le manque d’air dans nos poumons qui nous oblige à nous séparer. Les assiettes sur la table, je veux les récupérer pour desservir.


C’est sans compter sur la maîtrise de cet homme qui fait les pas qui nous séparent. Et je suis bien incapable de savoir, de comprendre comment il me serre dans ses bras. J’y suis bien, je m’y blottis avec une espèce de chaleur qui m’envahit. Et ses grandes mains fines qui me retiennent contre sa poitrine, ça me fiche un vrai coup de sang. Mon Dieu… il y a si longtemps que personne ne s’est avisé de m’embrasser ou de me cajoler de la sorte. Je suis en transes sans trop de réactions. C’est sur ma chevelure brune que les pattes sont serrées maintenant, dans le but avoué de me prendre encore et encore les lèvres.


D’un baiser à l’autre, la fièvre monte partout en moi. Je suis sur le point de succomber aux charmes sensuels de ce médecin dont je ne sais que ce qu’il a bien voulu me dire. Mes seins sont écrasés sur sa poitrine et je sens déjà gonfler d’aise les tétons qui se gorgent de sève suite à ces effleurements prolongés. Il ne tente pas de me tripoter, se contente de me garder la bouche contre la sienne. J’adore cette langue qui virevolte dans mon palais, qui échange mille sensations avec celle plus docile que je lui prête. Et il me fait frémir pour de bon. Contre mon ventre, se frottant au tissu de ma robe, celui de son pantalon devient électrique.


Comme pour la poitrine chez moi, il y a quelque chose chez lui, située sous le niveau de sa ceinture qui grossit et appuie sur mon entrejambe. Je réalise qu’il bande forcément et ça me secoue jusqu’à l’âme. Comment pouvons-nous nous rouler des pelles ? Il y a moins de trois heures, nous ne connaissions pas seulement l’existence de l’autre ! J’en deviens folle. De plus, une main mâle glisse de mon cou à mes reins, lentement entraînant dans son sillage, un émoi phénoménal. Une chair de poule généralisée qui ne peut pas passer inaperçue. Je me love plus encore contre ce torse qui me protège ! Oui ? Mais de quoi ? Parce que de toute évidence, le danger, lui, provient essentiellement de ce même corps qui me colle.


Je sens l’ourlet de ma robe qui se soulève et je sais… sans rien faire pour l’arrêter que Julian veut me caresser intimement. Déjà ses doigts manœuvrent rapidement pour atteindre ma culotte, pour glisser sa main à plat entre la peau de mes fesses et ce chiffon prévu pour cacher ce qu’il convoite. Il ne cesse de m’embrasser, me gardant de la sorte dans une dépendance quasi totale. Je m’imagine déjà perdue, et jamais défaite n’est plus attendue. La main est désormais sur mon derrière, faisant lentement glisser ce qui le couvre. Mon Dieu… comment est-ce possible ce genre de truc ? Je n’essaie pas de le faire cesser une activité que mon corps réclame.


Ça y est… les visiteurs sont parvenus à libérer l’endroit et la patte revient sur le devant d’une scène dénudée. Les doigts jouent quelques secondes avec mes poils pubiens, s’évertuant à les écarter de leur chemin. C’est pour mieux venir longer cette fente qui je l’avoue mouille déraisonnablement depuis quelques minutes. Et mon ventre se creuse sous la venue d’un des membres du club des cinq. Majeur ou index, combien je m’en fiche en cet instant, du nom de celui qui se fraye un passage dans le marécage que mon ventre produit sous ses caresses. Le voyage n’est pas entièrement silencieux. Le bruit généré par ces phalanges qui me fouillent est incongru, trop réel pour être honnête. Et je dois être rouge de honte.


Mais c’est si bon la honte, surtout celle-là. La louche de Julian quitte brutalement mon entrejambe et il s’empresse de m’embrasser avec une fougue impétueuse. Lorsque nos bouches retrouvent une autonomie partielle, la sienne s’approche de mon oreille. Un murmure, un souffle pour quelques paroles qui se veulent questionnement.



Cette fois, il recule de deux ou trois pas et repousse la vaisselle toujours sur la table. Quand il revient me prendre dans ses bras, c’est pour mieux me soulever du sol, sans effort apparent. Il me repose délicatement sur la toile cirée et il m’écarte les deux jambes d’autorité, fort du consentement donné. Ses mains à l’intérieur le long de mes cuisses remontent vers la niche humide. Je me colle le visage contre lui, l’encourageant tacitement à aller de l’avant. Je ne veux plus ni voir ni entendre. Et pourtant, le grincement étrange de la fermeture de sa braguette résonne dans ma tête. Je sais ce qu’il fait, ce qu’il va me faire et je l’accepte totalement.




— oOo —




Les mouvements de son bassin me transportent dans une myriade d’étoiles, dans un univers de couleurs, celles qui définissent l’arc-en-ciel. Je glousse sans plus savoir où j’habite pour de bon. Et je me retrouve allongée de tout mon long sur la table, talons rejetés sur les épaules de cet amant charmant qui me laboure la chatte. Son visage rejoint le mien et nous scellons ce pacte charnel par un baiser qui me chavire tout autant que le reste. Il me fait jouir, avec un appétit grandissant. Julian est solide, mais la nature reprend ses droits. C’est avec un « han » de bûcheron qu’il éjecte sa queue de mon ventre.


Sa semence chaude jaillit sur mon bidou, engluant le buisson, se répandant jusqu’à mon ombilic découvert. Je suis là, sans plus faire un mouvement, tous mes muscles travaillent encore bien des secondes après que sa queue s’est vidée sur moi. Petit à petit mon corps s’apaise enfin. Mon Dieu ! Quel pied et je crains désormais son regard. Comment cet homme va-t-il me juger maintenant ? Il doit sûrement penser que je suis une fieffée salope pour m’être laissée ainsi baiser dès la première rencontre. Pourtant ses mains me caressent toujours le visage, avec une espèce de bienveillance que je juge merveilleuse.



Je lui souris. Risette convenue, pour lui dire que c’est d’accord et il ne s’y trompe pas, qui m’embrasse de nouveau et passe ses pattes dans ce foutre qui sèche sur ma bedaine. Il enduit l’ensemble de ce bas-ventre de sa mixture blanchâtre en riant. Comment ne pas apprécier un tel instant de magie ? Alors, oui… c’est moi qui reprends le flambeau dans ma menotte. Mou et flasque, encore bien humide de sa prestation, il va et vient entre mes doigts serrés. Puis il regagne une consistance suffisante pour qu’un baiser d’un autre style vienne lui enrouler ma langue sur sa tête rose.


Alors, oui, nous refaisons tous les deux les gestes si particuliers que tous les amoureux du monde partagent. Je ne sais pas si j’aimerai un jour cet homme. Mais je crois pouvoir dire que j’adore faire l’amour avec lui. Et n’est-ce pas là un bon début, pour une histoire à construire ? Demain sera un autre jour, apprécions donc le temps qui coule, qui nous file entre les doigts, fuyant comme un savon, chaud comme ce que je tiens encore pour un moment. Il soupire et me laisse faire, sans rechigner. L’avenir nous dira si… les premiers émois portent leurs fruits… et pour l’heure, ceux que je cueille-là ont un goût de « reviens-y » !


Oui… demain sera un vrai renouveau, qui sait !