| n° 21697 | Fiche technique | 28269 caractères | 28269 4851 Temps de lecture estimé : 20 mn |
15/04/23 |
Résumé: Mon passage dans l’amour, dans ce que je pensais être l’amour. | ||||
Critères: #confession #adultère #occasion fh fhh couple fsoumise hdomine humilié(e) jalousie contrainte dispute fetiche entreseins facial fellation pénétratio fsodo coprolalie uro gifle fouetfesse | ||||
| Auteur : Landeline-Rose Redinger Envoi mini-message | ||||
| Collection : Les déambulations de Landeline. Numéro 04 |
Résumé des épisodes précédents :
Je poursuis ma flânerie coquine, et en faire le récit est le petit plaisir qui poursuit son œuvre !
Voilà pourquoi.
J’ai cru que j’étais amoureuse, mais je jouais un jeu. Convaincue que cela était moi, que cela était ma vraie nature, j’ai eu tort, la raison n’est pas là où je l’avais cru. La raison est dans le déraisonnement. Le déraisonnement de mon corps. Je suis faite pour me livrer, me donner, me soumettre, faite pour construire un monde qui rend les hommes meilleurs. Voilà ce que j’ai dit.
Après, longtemps après, mon amie Christelle qui avait vu les balbutiements de notre histoire s’étonnait que, devenue écrivain à succès, pas une ligne ne fût parue sur cette histoire. Je tirais sur ma paille en prenant l’air qui chauffait la terrasse où je me trouvais à minuit avec elle. Je n’étais pas tenue, semblablement à elle, à lâcher mes petits secrets. D’ailleurs, et très curieusement, Christelle était une amie, et si j’aimais lui livrer mes écrits, en revanche, je ne me sentais jamais la force de lui en parler de vive voix.
Elle-même aimait qu’on lui laissât sa vie, ses secrets la rendaient forte, ou simplement s’évertuait-elle à chercher en elle une force dans le silence. Quand avec elle, j’aimais la simplicité de mon habillement, à l’inverse Christelle affichait quelque chose de la recherche sensuelle, laissant là un bouton de son chemisier oublié, une robe dont un pan voletait avec une feinte innocence. Paris était son secret, le chemin sensuel d’une autre vie. J’aimais que nos conversations portent sur l’art, la littérature, aussi qu’elle ne fut pas universitaire, mais que son parcours fut celui d’une recherche de vie plus que d’un savoir académique. Elle avait connu un monde que maintenant je recherchais. Par mes romans, elle découvrait un monde qu’elle voulait éprouver, par le corps ou par l’esprit. Qu’elle lise mes livres était pour moi le moyen certain de ne pas me perdre, de me savoir justement guidée par mon corps. Qu’elle en fut le fanal, le phare lumineux sans pour autant s’éteindre à mon approche ! Notre amitié était diffuse et réservée. J’aimais qu’elle me fût secrète, comme un bibelot que l’on aime cacher et redécouvrir parfois. J’aimais qu’Albane n’ait pas connaissance de son existence, que mon éditeur ait ce doute d’un personnage fictif. Christelle en somme était peut-être une pure créature de mon imagination. Un personnage romanesque. Quand elle quittait Paris, j’aimais que rien de son passage ne reste, que nul ne sache ce qu’il en fut de nous, qu’elle fut amie amante ou invention littéraire n’était pas à savoir.
Donc, je tirais sur ma paille en prenant l’air qui chauffait la terrasse où je me trouvais à minuit avec elle et lui souriais des yeux. Je ne voulais rien lui dire, mais par sa délicatesse et sa finesse d’esprit elle saisissait cela.
Très vite, Sylvain s’était épris de moi, et si comme bon nombre d’amoureux il m’avait intégré dans son monde, je dois avouer m’être laissé porter. Délicieusement porter. Ses rêves étaient les miens, mes choix étaient les siens.
Je remontais sur l’étroite route en lacet récemment bitumée et je me sentais de ce paysage de montagne. Je me sentais de ces arbres séculaires, de cette odeur d’humus, je redécouvrais des racines un terreau que j’imaginais être celui du berceau de ma famille. Il n’en était rien, mais j’aimais qu’il en fût ainsi. Je marquais un temps d’arrêt, stoppant le 4X4 à mi-pente pour observer Sylvain derrière la baie vitrée, penché sur sa table d’architecte. Une cigarette fumait, une bière à moitié vide, et lui, l’homme dont j’étais amoureuse, affairé et enfin heureux. Je ne savais pas alors que j’allais laminer sa vie. Je ne suis pourtant pas plus mauvaise ni meilleure qu’une autre, mais nos vies sont nos vies.
Lorsque j’ouvrais la porte, je sentais déjà cette fulgurance qui nous poussait l’un vers l’autre. Alors nous faisions l’amour partout où le désir nous capturait. Devant la baie vitrée, mes seins aplatis contre le plan de travail, je sentais les va-et-vient de son sexe en moi, ses caresses et sa tendresse après. Je n’avais pas fait l’amour depuis si longtemps. Il me semblait parfois n’avoir jamais fait l’amour. Tant de fois prise, tant de fois par tant de corps et jamais fait l’amour. Devais-je pour autant livrer mon âme à une nostalgie que je n’avais pas connue ? C’était une autre vie, j’étais une autre femme. Et pour Sylvain, j’étais née ce soir-là où je marchais dans Paris avec mes amis, avec Christelle que je rencontrais pour la première fois, avec Paris qui nous portait dans ses rues, dans ses lumières nocturnes, avec les bars ouverts avec nos ravitaillements de soupe chaude, des centaines de marcheurs. Quand Paris s’embrasait, nous marchions encore contre la peur, contre les fanatiques, contre l’obscurantisme.
Tout simplement, après mon séjour de repos, après quelques nouvelles péripéties, tout simplement presque de manière automatique, je me vis valise à la main, composter mon billet et filer droit par le TGV, puis par le car, jusqu’au village où Sylvain vivait depuis que son épouse et sa fille étaient décédées. Il me vit poussivement gravir la petite route en lacet depuis la baie vitrée et courut jusqu’à moi comme dans un film de Claude Sautet.
« Mon amour », voilà ce qu’il m’avait dit en me serrant dans ses bras immenses. Je n’avais vu cet homme qu’une soirée, et j’étais déjà son amour. J’étais troublée. Diffusément troublée.
Peu à peu, ma place auprès de lui prenait des allures de folie. Son travail en pâtissait, car nous ne pouvions nous croiser sans que nos corps s’affolent. Fut-il concentré sur sa table d’architecte que je me lovais sur ses plans pour qu’il m’enlace ! Son corps me manquait autant que le mien l’affolait. Nous ne parlions pas, nous faisions l’amour. J’étais amoureuse.
Sylvain voulait m’associer à tout ce qu’il avait entrepris et c’est ainsi que je devins agent du Bureau Des Bois. Par boutade et comme un pied de nez à son meilleur ami, Sylvain avait donné à son agence le sobriquet dont l’affublait son pote : Sylvain Des Bois. Parfois au village on m’appelait madame Des Bois. C’était drôle.
Je vendais les projets de Sylvain ou j’initiais les premières démarches des clients. Je traversais la contrée en 4X4, et quand la compétence me manquait, j’appelais mon amour à la rescousse. Nos retrouvailles étaient toujours fulgurantes.
Pour notre repos, et par accord tacite, nous ne parlions pas du drame de Sylvain, et pour ma part, je lui servais ce qu’il voulait bien entendre. Je le faisais sans mal, parlant de Marc qui m’avait quitté pour Marie-Anne-Alix, et de ma suite dépressive dans cette clinique parisienne. Sylvain fronçait les sourcils pour ma grande peine, mais à la fois, disait-il, ma douleur avait fait son bonheur. Et comme pour tirer un trait sur le passé, nous faisions l’amour jusqu’à l’épuisement de nos corps, et vous connaissez la ténacité d’un bûcheron. Au petit matin, nous refaisions l’amour et je filais honorer le carnet des rendez-vous. La petite agence Des Bois comportait une secrétaire et deux architectes plus Sylvain qui, lui, préférait de loin vivre en ermite dans son chalet. Les affaires marchaient bien, la clientèle résidentielle redonnait du nerf à l’économie locale.
J’ai descendu la vallée dans son 4X4 et je ne pensais pas alors que je n’étais pas de cette vie-là, que je n’étais pas de cette vallée, que j’étais une femme qui en fuyait une autre. Je me fuyais, mais au fond, mon passé me rattrapait. Je ne le voyais pas à mes trousses, mais il se rapprochait de moi, il revenait à moi. Et quand il fut là, j’en fus ravie.
J’ai salué Chloé, la jeune secrétaire, les archis m’ont fait un petit signe de la main et je suis repartie à l’assaut des montagnes. Plusieurs chantiers étaient en place, et pour certains il ne suffisait que d’ajustements planifiés par Sylvain. Pour d’autres, je procédais aux visites des clients potentiels. Le projet le plus imposant, et le plus cher, bien sûr, avait nécessité plusieurs allers-retours du futur acquéreur, qui, pour son seul plaisir et celui de ses amis, voulait se poser de temps à autre dans la contrée. Sylvain l’avait rencontré, et pour la finalisation, rien de tel qu’une jolie fille, me disait-il. Je ne suis pas un faire-valoir, avais-je dit à Sylvain un peu courroucée, et puis quelque chose était venu me taquiner, comme une inamissible idée qui n’a de cesse de vous aiguillonner.
Je ne me sentais pas légitime. C’était un sentiment, ou plus justement, une sensation que j’essayais d’éloigner de moi, mais comme une vague en reflux, elle revenait me tarauder. Que ce fût Sylvain qui affectueusement me donnait du bébé ou que l’on m’accueillît par un respectueux « Madame Des Bois », autant de sonorités qui m’éloignaient de moi ! Parfois, je regardais lointainement cette fille que j’avais connue, cette fougueuse Parisienne que, comme un voile brumeux, je m’évertuais à chasser sans vraiment y mettre une grande vigueur.
Puis revenait une autre forme de sérénité et je reprenais le cours de ma nouvelle vie.
La première rencontre fut le point de bascule et de non-retour. Ils étaient arrivés dans un 4X4 qui rendait le mien presque à l’état de simple Twingo. Tout chez ce type était parade, lourdeur et grossièreté. Son ami était à l’inverse plus discret, aussi grand et mince que l’autre était râblé et disgracieux. Son costume était mal taillé, ses chaussures éculées, son regard de noceur le rendait désagréable. Il arpentait le chemin avec le pas d’un conquérant. Il me serra la main comme on marque sa propriété. Je lui fis un sourire commercial et les devançais dans la énième visite du propriétaire. Tout lui convenait ou plutôt rien d’autre ne l’intéressait que la possession. Il se planta devant la baie immense qui dominait la chaîne des montagnes.
Après la petite gêne occasionnée pour son ami, il reprit sa visite sans broncher, mais, parfois, je sentais son regard lourd posé sur moi et le sourire de guerrier qui allait avec. Je pensais que ce porc cherchait sous ma chemise épaisse la forme de mon corps, et en lieu et place de mes godillots, d’autres talons plus fins. Ce type-là dégoulinait du stupre.
Il m’avait fallu plusieurs mois pour vivre dans la peau d’une amoureuse et je n’étais pas décidée à changer de peau.
Le râblé tournait de pièce en pièce pour mieux tourner autour de moi. La bête approchait la proie. La chasse à l’approche était amorcée, mais la biche allait s’enfuir.
Je fis mon travail de professionnelle et, au final, les deux lascars repartirent comme ils étaient venus.
Suivi du grand mince, il avait dévalé les escaliers sans même me saluer.
J’avais fait glisser la grande vitre et :
Le grand avait ouvert la portière en riant.
J’avais suivi le 4X4 dans la vallée, je l’avais suivie des yeux puis repris le chemin du chalet.
Ce soir-là, je fis l’amour à Sylvain plus qu’il ne pouvait me donner.
Quand je l’avais quitté, je m’étais surprise à accélérer le pas, à sauter dans le premier taxi. Sans même penser à elle comme quelqu’un dont on peine à se séparer, je l’avais purement et simplement rangée du côté des souvenirs sur lesquels on reviendrait plus tard.
J’étais entrée chez moi et, sur un carnet que j’utilisais parfois pour noter mes idées ou la liste de mes courses, j’avais posé mon histoire avec Sylvain d’un trait, car en somme, elle fut courte et d’un trait. Un trait de crayon qu’on efface d’une simple traînée de gomme. En m’endormant, je me suis dit que non, mon amie Christelle ne saurait rien jamais rien de ma liaison avec Sylvain, mais aussi bien je pouvais changer d’avis.
J’avais depuis quelque temps comme une vague qui revenait me taquiner, comme une électrode qui m’envoyait un pic sans pour autant que je le ressente. C’était une indéfinissable impression, qu’au fond de moi, je refoulais.
Mes journées défilaient dans une rigueur toute professionnelle, même si depuis mon arrivée ici je pensais bien que ma présence au sein de l’agence n’avait rien d’indispensable, mais Sylvain en retirait un grand bonheur. Que je fusse partie intégrante de sa vie sentimentale et professionnelle lui procurait un équilibre qu’il avait attendu de longue date. Semblablement aux Parisiennes, je pouvais parler de job plus que d’emploi. J’avais, par respect pour les travailleurs, toujours tenus pour des imbéciles, ceux qui mettaient le vocable anglais et réducteur en lieu et place de travail, tâche, labeur. Pour un peu, on m’aurait taxée de Cégétiste dans le cercle des amis de Marc. Mais de Marc, l’existence même me semblait une fiction, un passé que je n’avais pas vécu. Bref, je n’avais pas le sentiment de faire partie des masses laborieuses. Et pour tout dire, je ne m’en plaignais pas. Il y avait seulement et lointainement cette bise qui revenait vers moi, quelque chose qui me susurrait dans le vent que la vie était ailleurs. Mais rien n’était formulé, rien n’était entendu ni dit.
En soirée, Sylvain me laissa un message pour « te préparer mentalement, le petit râblé revient », fit-il en riant. « Mais cette fois, je ne t’infligerais pas cette corvée, bébé ».
J’abordais les premiers lacets qui menaient au chalet de Sylvain. La pluie battait la carrosserie comme une poignée de gravillons. Les essuie-glaces peinaient à suivre la cadence. Je passai un appel à Sylvain pour qu’il ne s’inquiète pas de mon retard.
Garée sur le bas-côté de la route, j’attendis l’accalmie. Je me détendis contre l’appui-tête, laissant un petit somme venir à moi. Il faisait chaud dans l’habitacle, la buée envahissait l’espace. Machinalement, je fis glisser la fermeture de mon pantalon et glissai un doigt dans mon sexe. Je me fis jouir, jouir très vite. Mes cuisses s’humidifièrent, le cuir du siège colla mes fesses, bientôt je me retrouvai nue, hurlant mon désir et crachant les insanités du petit râblé. Oui, j’étais une chienne, oui, l’odeur de ma chatte attirait les loups. Ma jouissance alla au rythme de mes mains. J’enduisis mes seins de l’exsudation de mon sexe, la chaleur de ma peau conjuguée à celle qui régnait dans la voiture portait l’ensemble au degré d’un sauna. Longtemps, je laissai sonner mon portable, Sylvain pouvait bien attendre. J’entendis le petit porc, je le sentis derrière moi, je chassai ses petites mains boudinées de mes seins pour les entrer dans mon cul, puis je hurlai sous la paume abrupte de ses mains qui siffla sur mon cul. Comme une pluie de grêles, j’accueillis les coups et mon corps tomba à la renverse, j’étais folle de désir.
Lorsque j’entrai au chalet, Sylvain me couvrit d’une serviette.
Volontairement et pour cacher les coulures de mon sexe, car je n’avais pu cesser de me masturber jusqu’au dernier virage avant d’arriver, volontairement je m’étais tenue sous la pluie. J’aurais bien une histoire pour ça.
Sous la douche, mon corps fut encore secoué de soubresauts et je me caressai longuement en bâillonnant ma bouche d’une serviette éponge. Quelque chose venait de me rappeler à la vie. Celle qui me collait au corps. Celle qui, durant ces longs mois, m’avait cherchée comme un détective, comme un animal doué de flair. La vie m’avait cherchée et elle m’avait trouvée.
Le lendemain, Sylvain me choya comme son bébé, car un petit mal de gorge pointait le bout de son nez. Il avait rappelé Roberto – le petit râblé – pour confirmer l’heure du rendez-vous. Rendez-vous qu’il honorerait, disait-il, pensait-il.
Le jour venu, j’étais à pied d’œuvre. Je jouai le jeu du sacrifice et Sylvain perdit à ce jeu. Sylvain me perdit ce jour-là.
J’ai attrapé ma parka et Sylvain m’avait passé une grosse écharpe en me tirant vers lui pour me happer la bouche.
Je sautai dans le 4X4.
Mes mains tremblaient sur le volant. J’étais comme parcourue d’un frisson qui ne me lâchait plus. Je me hâtais tout comme s’il était de toute urgence que je sois là-bas.
Peu de temps après, je garais la voiture en contrebas du balcon de façon un peu désordonné, mais tout en moi était désordonné. Je montai en hâte à l’étage, posai mon grand sac dans la salle de bain luxueuse. Tout ici était vaste et luxueux. J’avais encore une heure devant moi.
Puisque tout chez lui sentait la vulgarité, je n’eus pas le mauvais goût d’ajouter de la vulgarité à la sienne. Aussi, sur une robe classique à la lisière du genou, j’avais passé un manteau de même facture rasant le genou. Pour les souliers, les Pigalle noirs de Louboutin ne feraient pas plus d’accroches qu’une paire de Monoprix, mais tout de même je les chaussais avec le plaisir retrouvé des jours de grandes rencontres. Faire honneur à un porc était le don supérieur. Le règne absolu, la puissance ultime. Je laissais aller mes cheveux dans un désordre calculé. Blush et rouge à lèvres, ongles peints, j’allais achever les chevaux.
Curieusement, lorsque je fus comme je m’étais pensé, plus rien de mon corps ne frémissait. Les petits aiguillons qui avaient piqueté ma peau, disparus. J’avais réintégré mon corps comme celui du bouddhiste revenu d’un voyage astral. Je me sentais « moi », « moi » dans celui de la Majestueuse Salope. Même les effluves de mon corps avaient cessé le flux. J’étais posée, calme et empreinte de sérénité. J’avais mis mon portable en silencieux, et devant la baie vitrée, je regardais au loin le 4X4 du petit porc et son ami le grand mince, qui montait jusqu’à moi. Même les battements de mon cœur rythmaient le temps avec régularité et quiétude.
Lorsqu’ils entrèrent, le petit gros eut un hoquet et rougit un peu tandis que son ami eut subitement le front humide. On me donna du « Madame des Bois », quelque chose entre la déférence, l’envie et la peur.
Assise sur un grand canapé d’angle devant une table basse, je fis parapher les documents par Roberto. Je ne lui proposai pas une nouvelle visite, il aurait bien l’heur de parcourir chaque pièce après. Sa main tremblait un peu. Le grand mince ne parlait pas. Je sentis que mon talent opérait. Quand les premiers documents furent signés, je donnai quelques explications pour le prochain rendez-vous en l’Étude de Maître Burdeau et le silence se fit.
Le malaise était à son comble du côté masculin. J’avais deux statues devant moi. Je laissai tomber mon manteau, remontai ma jupe.
J’entendis le froissement d’un tissu qui tombait et Roberto entra sa queue dans mon cul.
En appui sur le dossier du canapé, j’appelai le grand mince qui se dégrafa et fourra dans ma bouche un sexe long et fin au gland pointu.
À chaque coup de bite qu’il envoyait dans mon cul, Roberto semblait accompagner son mouvement de petites giclées de sperme. Son ventre heurtait mes fesses. Je jouis pareillement à ce que j’avais connu dans l’habitacle de ma voiture sous la pluie. Je laissai les deux hommes mener la danse et Roberto, égal à lui-même, me sortit la panoplie complète, mais efficace, du vocabulaire ordurier.
Puis Juan prit de l’assurance… empoignant mes cheveux, il accéléra le tempo de sa queue dans ma bouche.
Puis Juan tendit son engin devant moi, engorgeant son gland jusqu’au fond de ma gorge.
Une pluie de claques sèches s’abattit sur mon cul. Ce mal-là revenait de si loin, il me revenait comme un ennemi qu’on chérit.
Je voulus sucer Roberto. Sa queue était trapue, courte, au gland robuste. Ses couilles rondes et en paquet entrèrent aisément dans ma bouche. Mes lèvres recouvrirent entièrement son sexe, et Roberto m’inonda d’un jus presque chaud que j’avalai comme un lait bénéfique. Je n’avais pas souvenir qu’un homme puisse gicler si régulièrement et si longtemps.
Juan qui n’avait encore pas pénétré mon sexe passa son gland luisant sur mes seins. Je le malaxai comme une pâte à modeler. Juan était fou et plus rien dans notre trio ne contrôlait personne. Juan me retira violemment de Roberto et m’envoya une gifle monumentale qui me fit tressaillir. Je me relevai, le goût de fer d’un filet de sang qui filait au bord de ma lèvre se mélangea au jus du sexe de Juan que j’avais repris dans ma bouche. Cette brûlure-là était un délicieux supplice. Je passai ma langue sur le bord sanguinolent de mes lèvres et crachai sur le gland de Juan. Son jus gicla sur mon visage, dans mes yeux, je le fis glisser sur ma langue comme un sirupeux laitage. Puis je me dirigeai vers la baie vitrée, laissant ouvertes largement mes cuisses. Tour à tour, les deux hommes sucèrent mon sexe et mon cul. Je me cambrai et chacun, dans un rythme rapide, m’encula, l’un laissant la place à l’autre et inversement.
Je tendis mon cul réclamant qu’on prît une ceinture pour me battre. Juan et Roberto me cinglaient avec un déchaînement tel que je ne sentais plus rien des coups qui s’abattaient sur mon cul. Je tombai à genoux, les larmes inondèrent mon visage. Je réclamai leurs queues, leurs queues entre mes seins. Juan jouait un merveilleux jeu de piston, Roberto manquait un peu de longueur. Je m’allongeai sur la dalle froide et tandis que Juan fouaillait mon cul et ma chatte, Roberto chevauchait mon visage en laissant sa queue dans ma bouche.
Mon corps malmené retrouvait les aléas et les chemins tortueux qu’il avait jadis connus. Ils étaient faits pour la brisure, ces trous étaient des meurtrières. Je m’épanouissais dans le chaos.
Toujours en petits jets spasmodiques, Roberto imbibait ma bouche. Son jus était épais, pâteux, presque, je le déglutissais comme une difficile mayonnaise. Le recrachant de temps à autre pour m’en enduire les seins. On entendait ce bruit si particulier des mains qui branlaient, des queues qui fourraient, des râles unis des hommes quand mes cris variaient de tempo selon qu’on m’enculait avec vigueur qu’on me fourrait avec colère ou dans un creux de vague plus harmonieux.
Je pleurais, je suppliais, encore, encore…
Juan avait rejoint ma bouche claquant durement son sexe contre mes lèvres. Il la forçait de ses couilles flasques et longues.
En cohorte folle, notre machine multiple semblait avancer dans la pièce. Juan n’en finissait plus de beugler en lâchant dans ma bouche, un jus que je recrachais violemment tandis que je branlais sa queue. La pisse de Roberto faisait comme une huile bouillante quand elle touchait la peau de mes fesses à vif. Les hommes conjuguaient leurs cris de bêtes à mes insultes. Je les traitais de tous les noms : salauds, gros porcs dégueulasses. Mes mots faisaient monter en eux à la fois une rage et la fin des forces de leur corps. Après le sperme dont il avait éclaboussé mon visage, Juan se joint à Roberto. En jets secs et bruyants, les deux hommes me pissaient dessus. Ma bouche se rinçait de leur urine, je m’en lavais le corps. Ce jus chaud et presque acide me laissait la torture sublime, celle qu’on espérait plus.
Une dernière fois, Roberto perfora mon cul de sa courte bite, mais cette jouissance-là fut de courte durée. Les hommes se posèrent devant moi et dans la position d’un animal, je léchais leurs couilles jusqu’au gland, je fouillais leur cul de ma langue, tour à tour en jappant comme une chienne. J’étais une chienne.
Lorsqu’ils eurent quitté le chalet, je me levai avec difficulté, sans prendre la peine de reprendre mes vêtements dans la salle de bain. Je me hissai dans ma voiture, mes talons aiguilles ne facilitaient pas la conduite, je les quittai. J’étais nue sous mon manteau. Je remontai à petite vitesse au chalet.
J’avais la démarche mal assurée d’une pute au petit matin. Cela me ramena, non sans délice, à ma sortie de boîte lorsque j’y avais exécuté mon marathon du sexe.
Je passai dans la pièce, mais d’abord Sylvain ne me vit pas. Je laissai glisser mon manteau juste à l’entrée de la salle de bain et j’entrai sous le jet rude de la douche qui exacerba mes douleurs. Pour tout dire, j’aimais ce mal comme un habit dont je m’étais déjà drapé et qui revenait se poser sur ma peau.
Sylvain s’affola, derrière la porte transparente de la cabine de douche. Il devinait mon corps, entendait ma douleur et déjà échafaudait un plan rude et direct pour broyer les salauds qui m’avaient fait ça. Je ne dis rien, et j’aurais tant voulu que Sylvain fasse de même. J’aurais aimé recouvrir mon corps de lait, masser ma peau avec la douceur d’une main chaleureuse. Au lieu de ça, harcelée par les questions en désordre de Sylvain, je sentis une forme de colère monter en moi.
Lorsque mon corps fut enfin sec, ma peau sembla recouvrer sa douceur, le soyeux de son grain. Déjà, les rougeurs s’estompaient, mais les ceintures de cuir avaient laissé des striures de sang qui picotaient, mais plus que des brûlures, je me réchauffais du bonheur du souvenir.
Voilà ce que j’ai dit.
Après, dans le calme mortel du chalet, juste après que Sylvain eut retourné son plan de travail dans une rage folle et rapide, après, je suis sortie, mon blouson Us-Army sur le dos, jeans et Converses aux pieds. J’étais venue ici presque sans rien, je voulais en repartir pareillement.
J’avais fait quelques pas sur le chemin vers le 4X4 quand Sylvain m’attrapa par la manche et m’envoya une gifle qui rouvrit la plaie de ma lèvre. Je demeurais debout face à lui, et lui semblablement. Statiques.