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n° 21597Fiche technique42598 caractères42598
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Temps de lecture estimé : 29 mn
09/03/23
Résumé:  Toujours vérifier à qui l’on a affaire.
Critères:  fh inconnu uniforme nympho coiffure travail fdomine jalousie contrainte noculotte fellation cunnilingu 69 préservati pénétratio fdanus hdanus attache délire humour policier -humour -policier
Auteur : Radagast      Envoi mini-message
Le Salon Coralie

Benoît Gradubout se prélassait à la terrasse de la brasserie de la Grand-Place. Un Pouilly fumé et une palette à la diable lui tenaient compagnie.

Il s’était d’abord octroyé un kir à la châtaigne comme apéritif, tout en grignotant des olives et des fruits secs en feignant de s’intéresser à un journal sportif. Qu’en avait-il à branler des dernières élucubrations de footeux débiles, mais friqués ? À la rigueur il pouvait s’arrêter sur des photos de joueuses de tennis ou de beach-volley, mais juste pour s’informer, comme tout mâle normalement constitué.


En réalité, ce qui l’intéressait ainsi attablé, c’est la vue parfaite qu’il avait sur les commerces situés de l’autre côté de l’esplanade : la bijouterie/horlogerie des Platanes, l’épicerie fine au Bec Fin, le salon de beauté Chez Coralie.

Car Benoît Gradubout n’était pas un citoyen ordinaire. Il se considérait comme un expert en cambriolage, en casse de haute volée. Il travaillait toujours en solitaire, pas le genre à entrer comme un bourrin dans une banque ou une bijouterie, arme à la main en gueulant comme un teubé tout le monde à terre, au risque de tirer sur une mère de famille enceinte, ou pire, que lui-même se prenne un pruneau.

Non, Benoît travaillait en artiste, le Da Vinci du casse, le Géricault du fric-frac ! ça ne l’avait pourtant pas empêché de se faire gauler plusieurs fois.

Seul souci pour le coup qu’il envisageait, la présence du commissariat et de sa volaille dans la rue voisine.


D’aucuns pourraient l’imaginer visiter nuitamment la bijouterie. Il y avait songé un temps, malheureusement les propriétaires venaient d’en rénover entièrement le système de sécurité. Du matos haut de gamme, trop compliqué pour lui. De plus, le butin ne serait pas facile à refourguer.

Il lui fallait trouver une proie plus facile, moins protégée et il venait de la trouver.

Le salon Coralie était une enseigne réputée dans les environs, proposant des soins de qualité. À sa grande surprise, il apprit que même des hommes le fréquentaient. Qu’une femme veuille se faire dépoiler les gambettes ou rafraîchir le tapis persan, pourquoi pas. Une chatte bien toilettée ne lui déplaisait pas, bien au contraire.

Mais l’idée qu’un mec se fasse épiler la tige et les noix de cajou le faisait frémir et lui racornissait le bigorneau.


Benoît préparait toujours ses coups avec précision et précaution. Il se présenta un jour dans le salon, sous le prétexte fallacieux d’offrir un cadeau à son épouse. On lui remit une plaquette contenant tous les tarifs de chaque torture effectuée en ces lieux. Mais aussi un plan des locaux, il n’en demandait pas tant.

Il apprit ainsi que se faire transformer le Mont de Vénus en Mont Chauve coûtait aussi cher qu’un repas à l’Agastache1. Et que l’épilation du troufignon d’un mec coûtait plus cher que celui d’une meuf. Peut-être existait-il un tarif en fonction du nombre ou de l’épaisseur des poils. Il frissonna une énième fois à l’idée de se faire épiler le cirque de Navacelles à la cire.

En termes techniques, cet endroit se nommait le SIF. Il imaginait ainsi le SIF de Monsieur Propre aussi lisse que son crâne, évocation qui mettait en joie notre malandrin.


Finaud, le monte-en-l’air repéra les habitudes des employées. Le midi, elles prenaient leur repas à la brasserie. Il fit en sorte de s’asseoir à une table proche de la leur et de laisser traîner ses grandes oreilles. Ces pipelettes jacassaient entre elles de leurs mecs, de leurs mioches, des vacances, bref de tout, mais aussi des clientes et du boulot.

Il sut ainsi que madame Moustiers, la femme du commissaire, avait un grain de beauté mal placé, que monsieur Durand, adepte de la petite reine, se faisait épiler intégralement les mollets avant chaque compétition cycliste, et qu’il en profitait pour se faire rafraîchir Popol.

Il apprit surtout que le système de sécurité ne cassait pas trois pattes à un canard. Que pouvait-on voler dans un salon de beauté, si ce n’est des crèmes épilatoires ou du vernis à ongles !


Les ragots lui apprirent que certains clients payaient en liquide, afin de ne pas laisser de traces en cartes bancaires ou en chèques. Qu’un mari ou une épouse curieux se pose des questions sur telle ou telle dépense pouvait tourner au drame.

Mais, renseignement suprême, les employées se gaussaient des amours de leur patronne, une sculpturale brune aux seins orgueilleux et aux fesses rebondies.

La dénommée Coralie Devin, officiellement célibataire, entretenait une relation adultérine et remuante avec maître Gilbert Calais, sémillant quinquagénaire et avocat de son état. Relation que ladite Coralie espérait secrète, mais que la totalité du personnel connaissait.


Or, la belle Coralie devait gérer en cet instant deux sources de stress. La première, très agréable, étant que son avocat l’emmenait à Venise durant tout le week-end de l’Ascension, du mercredi au dimanche soir. Elle espérait secrètement que ce cher Gilbert allait lui annoncer deux nouvelles ébouriffantes. Tout d’abord, qu’il allait quitter son épouse pour ensuite lui offrir une jolie bague accompagnée de la déclaration d’amour qui va avec.

La seconde source de stress provenait de la banque. Et ce stress lui flanquait des aigreurs d’estomac. Le huit mai tombait le vendredi, juste après le jeudi de l’Ascension, et dans un souci de bonnes relations direction/salariés, la banque offrait à ses employés deux jours de congé exceptionnels. Le mardi et le mercredi. La banque allait fermer durant plus d’une semaine et la Coralie allait devoir se démerder avec des espèces sonnantes et trébuchantes, des biftons à foison. Pas question non plus de déposer son argent dans un stupide distributeur, elle ne faisait guère confiance en la technologie.




‡‡‡‡




Coralie logeait dans un appartement situé au-dessus du salon, elle n’avait qu’à monter une dizaine de marches pour rejoindre son chez elle. Une cuisine séparée de la salle de séjour par un bar. Un coin salon complétait la pièce à vivre. En plus d’une salle d’eau/toilettes, le logement comprenait trois chambres. L’immeuble entier lui appartenait, héritage d’une adorable grand-mère. Un apport personnel et un petit emprunt lui permirent de tout remettre à neuf.

La plus grande, la mieux exposée des chambres, donnait sur la Grand-Place, ses terrasses de cafés et ses platanes. Elle réservait ce nid d’amour à ses ébats avec son avocat chéri, dans un grand lit king size recouvert de draps de satin. Ouais, ça glisse, mais c’est tellement plus glamour !

Une seconde chambre, plus petite, lui tenait lieu de bureau. Ordinateur, imprimante, et surtout un coffre-fort de près d’un mètre de haut, deux cents kilos, serrure à digicode. Le code se composant des initiales de l’amant et les mensurations de la belle, soit CG956094.

La troisième chambre servait de salle de sport personnalisée. Comme Coralie ne trouvait pas le temps de se rendre dans une salle spécialisée, elle s’en était installée une perso. Haltères, tapis de course, ballon-Pilate et autres engins ésotériques. Cette dernière servait aussi de chambre d’amis, un lit d’appoint lui permettait de recevoir à l’improviste.


Pour l’instant, la belle Coralie se démenait dans son appartement, uniquement vêtue d’une sage et large petite culotte blanche.

Sa magnifique poitrine remuait à peine alors qu’elle jetait dans un sac poubelle les possessions de Gilbert Calais, alias GC, autrement dit Gros Connard.

Ce cher Gilbert laissait en permanence chez Coralie ses affaires de toilette, quelques vêtements, ses céréales préférées pour le petit déjeuner, ainsi que son lait de soja. Un second chez lui, en quelque sorte. La belle esthéticienne passait ses nerfs sur les possessions du traître.

Tout partait à la poubelle, accompagné de grands Enculé… Boursouflé de l’ego… Petite bite… Flash McQueen… et d’autres encore plus imagées, cloporte… verrue en décomposition… anus de poulpe… bubon… avocaillon de mes deux.

Elle versait des larmes de chagrin, mais surtout de rage, comment s’était-elle laissée berner pendant tout ce temps par ce beau parleur.


Ses cris de rage redoublèrent lorsque ses yeux se posèrent sur la valise qu’elle venait à peine de terminer. Adieu nuisettes arachnéennes, adieu strings polissons et robes de soirée aux décolletés profonds.

Les beaux yeux noisette lumineux, souvent doux et rieurs lançaient maintenant des éclairs, toute leur clarté disparue ; en cet instant, Coralie semblait pouvoir générer des ouragans. Gare à celui qui se mettrait en travers de son chemin.

Son amant venait de lui planter une lame dans le cœur. Un poignard en forme de texto :


Je ne peux pas me libérer, je ne peux aller à Venise avec toi, désolé

.


Il allait passer le week-end à Ouarzazate avec sa pouf, ce pleutre ! Se faire jeter par texto, la honte. Le vil malfaisant.

Dire qu’elle s’était confectionné un petit vanity case rempli de préservatifs et de boîtes de Viagra !

Elle passa quelques minutes dans sa salle de sport. Soulever de la fonte lui calmait les nerfs. Elle prit ensuite une douche et se mit au lit en compagnie de Donald, son canard fétiche. Un orgasme de pacotille plus tard, elle s’endormit d’un sommeil agité, roulée en boule, le corps baigné dans un rayon de lune.




‡‡‡‡




Benoît attendait patiemment, planqué dans l’ombre d’un réverbère. Il mettait en pratique le vieil adage que lui rabâchait son mentor Patrick le Parigot : Là où il y a de la lumière, il y a forcément de l’ombre !

De son emplacement, il avait une vue parfaite sur l’immeuble de la Coralie. Il l’avait vue s’activer en ombre chinoise, certainement en train de faire ses valises. Une patrouille de keufs l’obligea à se planquer quelque temps et à perdre de vue son objectif. Lorsqu’il reprit sa planque, tout était éteint chez sa future victime. Il en conclut qu’elle voyageait vers Venise. Prudent, il attendit encore trois quarts d’heure avant de passer à l’action. Un repérage lui apprit que la porte située à l’arrière du salon n’était pas reliée au système de sécurité. Pourtant dotée d’une belle serrure, elle ne devrait cependant pas lui poser de problème particulier.

Il entra sans faire de bruit, mais sans précaution particulière, la propriétaire se faisait reluire chez les Doges.




‡‡‡‡




Coralie n’avait jamais eu le sommeil lourd. Cette nuit ne dérogeait pas à la règle. Pis, elle se réveillait régulièrement pour boxer son oreiller ou se retourner en mode poulet à la rôtisserie, ou faisait des rêves récurrents où elle trempait la tête de son avocat dans les canaux de la Sérénissime.

Un bruit de flacons qui s’entrechoquaient la sortit de ses rêves de vengeance. Les yeux grands ouverts, elle attendit sans respirer, l’oreille aux aguets, se demandant si elle avait rêvé. Puis de nouveau le même tintement accompagné d’un grincement de fauteuil. Quelqu’un rôdait dans son salon.

Sous l’obscure clarté tombant des étoiles (et de l’éclairage communal), elle se leva sans bruit et attendit dans un recoin.


Benoît ne trouva rien d’intéressant au rez-de-chaussée, surtout pas le flouze espéré, aussi se dirigea-t-il vers l’étage. Il grimpa l’escalier sans faire de bruit, mais sans précautions particulières.

La porte de l’appartement n’était pas fermée, il mit cet oubli sur la frénésie du départ et l’anticipation du ramonage de conduit. Les femmes perdent facilement leurs moyens lorsqu’elles ont la chatte qui délire.

Il s’avança de quelques pas dans un couloir sombre en se guidant d’une main sur le mur, il ne tenait pas à se casser la gueule, il faisait noir comme dans le trou du cul d’un taureau par une nuit sans lune.

Il venait de trouver une porte quand un grand bruit retentit derrière lui. La porte d’entrée venait de se refermer.

Un gros CHKLONK suivit du petit Click d’un interrupteur.


Il sursauta et se retourna, ébloui. À quelques mètres, une femme se tenait bien droite, les mains posées sur les hanches. Elle le fixait d’un air revêche. Il la reconnut de suite, Coralie, la patronne du salon de beauté, bien qu’il ne l’ait jamais vue dans cette tenue, ou plutôt cette absence de tenue. Le mont de Vénus recouvert d’une toison sombre délicatement taillée en forme de cœur, du plus bel effet, et deux seins qui le mettaient en joue, agressifs.



Il se dirigea vers elle, déterminé, le regard torve et les poings serrés. Il n’aimait pas frapper une femme, mais il n’aimait pas qu’elles se foutent de sa gueule.

Arrivé près d’elle, il tendit les bras, prêt à l’empoigner, et ne comprit guère ce qu’il se passa ensuite. Elle lui aplatit le visage contre le mur, puis le retourna tête en bas, le secoua comme une carpette poussiéreuse. Pour finir, elle le plaqua au sol, lui posa un genou dans les reins, lui retourna le bras en arrière jusqu’à toucher l’omoplate.



Elle le traîna jusqu’à sa mini salle de sport, le tenant par le bras et un pied, il gueulait comme un goret.



Elle raffermit sa prise au bras et il couina de plus belle. Il fut saucissonné avec des cordes à sauter, une balle de musculation dans la bouche le fit taire.



Dans quoi me suis-je embarqué, se disait Benoît.




‡‡‡‡




Toujours nue comme un ver (un très joli ver), Coralie tournait en rond comme une lionne (une très jolie lionne) se demandant ce qu’elle allait faire de ce type.



Elle récupéra son portable et fit le « 17 ».



  • — Vous êtes en relation avec le « 17 », Police secours, votre numéro de téléphone est identifié, votre communication sera enregistrée, tout abus sera sanctionné. Tagada tsoin Tsoin… Vous êtes en relation avec le « 17 », Police secours, votre numéro de téléphone est identifié, votre communication sera enregistrée, tout abus sera sanctionné. Tagada tsoin Tsoin… Vous êtes en relation…




  • — Vous êtes en relation…



Elle regardait son prisonnier, dubitative.



Elle discutait seule, faisant les questions et les réponses. Lui se demandait ce que cette folle allait encore trouver comme dinguerie.

Coralie se figea soudain. Elle le fixait de ses grands yeux noisette hallucinés. Un sourire de requin psychopathe naquit et s’épanouit sur ses lèvres. Benoît ne savait pas s’il existait des requins psychopathes, si oui ils devaient ressembler à cette foldingue.



Elle le balança comme un paquet de linge sale sur le grand lit de sa chambre.



Benoît vit sa dernière heure arrivée, il se trouvait aux mains d’une Hannibal Lecter femelle.

Elle dénoua les liens qui retenaient ses jambes, il tenta bien de gesticuler des gambettes, en vain, elle possédait une poigne de fer. Pire, elle en profita pour lui ôter pantalon et slip et lui attacha les chevilles aux montants du lit.

Le haut subit le même traitement, avec la même efficacité. En moins de deux minutes, Benoît se retrouva attaché sur le plumard, bras et jambes écartés, allongé nu, tel Saint-André sur sa croix.

Quelques mois plus tôt, la belle s’était vu offrir un très bel ensemble de menottes doublées de fourrure rose bonbon du plus bel effet à l’occasion de son anniversaire, cadeau de l’avocat de son cœur. Coralie remplaça les cordes inesthétiques par ces quatre bracelets d’acier sertis de velours.

Elle l’observait comme un maquignon évaluait un bestiau. Elle lui retira le bâillon, libérant un flot de récriminations, de plaintes et de cris outrés.



Elle commença à lui tripoter les cuisses maigrichonnes et le bigorneau racorni.



Pas con le bougre, se dit Benoît, Faut se la farcir la foldingo.





‡‡‡‡




À l’aide de caresses, de pratiques buccales et de baisers sur la tête du nœud, elle tenta de faire se dresser le cobra de housse de couette, en vain. Le reptile se planquait dans les broussailles. Elle tenta même une pratique appréciée de ce couillon de Gilbert : l’index fureteur dans l’aven Armand, sans résultats encourageants.

En désespoir de cause, elle posa son terrier rose sur le visage de son cambrioleur, se frottant la chatte sur les lèvres, le nez et le menton.



Le monte-en-l’air commençait à avoir le visage oint d’huiles plus ou moins saintes, le porte-monnaie de Coralie béait de plus en plus et il avait du mal à trouver de l’air, les narines encombrées par tous les replis et les fluides onctueux. Il respirait comme les nageurs de crawl qui sortent une fois sur deux la tête hors de l’eau.

Coralie poussa un grand soupir de bien-être, des frissons de plaisir lui parcouraient la peau. Elle s’intéressa à son vis-à-vis. Malgré le traitement que la belle venait de lui octroyer, il n’arborait qu’une demi-molle tristounette.



Elle revint vers le lit et son occupant avec une boîte de Viagra !



Il ferma la bouche, serra les dents en grognant comme un sanglier souffrant d’hémorroïdes. Las, la belle pinça le nez du pauvre Benoît, l’empêchant de respirer. Il tint une dizaine de secondes avant d’ouvrir la bouche en grand. Elle en profita pour y glisser un petit comprimé bleu.



Elle lui tint la mâchoire fermée quelques minutes, le temps qu’il avale bien le tout.





‡‡‡‡




Une heure et deux orgasmes plus tard, Coralie s’intéressa de nouveau au gourdin de son invité.



Certes, ce n’était pas le mandrin du siècle, mais il y avait de quoi s’amuser, surtout qu’il présentait maintenant une belle vigueur. Coralie emballa l’objet de sa convoitise dans un joli préservatif rose fluo. Elle aimait les couleurs flashies.

Elle posa son saladier sur l’asperge de carnaval et l’engouffra d’un coup d’un seul, lui tirant un râle de plaisir et ce commentaire : Raaah, c’est quand même mieux qu’un canard vibrant.



De penser à son avocat marron lui redonna un regain d’énergie et elle remua de plus belle sur le dard tendu à l’insu de son plein gré. Ses mains vinrent se poser sur les seins, se malaxer les tétons tandis qu’elle poussait de petits cris d’extase pour se terminer en apothéose, effondrée sur Benoît.


Elle alla se refaire une beauté et rafraîchir le minou. Elle revint avec une canette de boisson énergisante bien fraîche et quelques rondelles de saucisson.



Benoît aurait bien refusé, mais il crevait de soif. Pendant qu’elle faisait sa toilette, il avait bien tenté de se débarrasser de ses liens, en vain, c’était du costaud. Elle s’intéressa de nouveau au sucre d’orge de son « otage ».

Elle le débarrassa du premier préservatif et le remplaça par un vert, tout aussi fluo.



Tout en le chevauchant, elle fit la conversation :



Coralie savourait l’instant et songeait à son ex-amant coincé avec sa pouf à Ouarzazate, la dodue madame Calais devait prendre du rond avec son baveux.

Telle une cavalière émérite, Coralie menait son petit trot sur le ventre d’un Benoît qui se demandait ce qu’il était venu faire dans cette galère.

Au bout de trois heures, après quatre préservatifs et un demi-saucisson plus un demi-litre d’eau, la Flambante Chandelle donna des signes de fatigue.



Sous les yeux horrifiés de Benoît, elle alla récupérer d’autres petites pilules magiques.



Bis répétita aurait pu se dire Benoît s’il avait connu Horace, il se retrouva de nouveau les narines pincées et essayant de ne plus respirer, chose difficile à réaliser.

Le ligoté résista le plus longtemps possible, c’est-à-dire à peine trente secondes, puis il ouvrit la bouche en grand, Coralie en profita pour glisser deux autres tablettes de potion miraculeuse et attendit qu’il ait bien tout avalé.





‡‡‡‡




Lorsqu’elle revint une demi-heure plus tard, Benoît hissait haut les couleurs pour le plus grand plaisir de l’esthéticienne. Elle lui enfila un condom cette fois bleu nuit avec de petites étoiles dorées, du plus bel effet. Elle changea aussi de position, présentant ses fesses au regard du menotté, dans la position dite de la Cow Girl reine du rodéo inversé. Les mains sur les mollets maigrichons de son cobaye, elle s’installa sur la courgette du brigand.

Elle entama cette nouvelle session d’un petit trot guilleret qui se transforma en farouche galop.

Le temps de reprendre son souffle, d’avaler une gorgée de Raide Bulle et d’en faire avaler une à son vibro à pattes qu’elle redémarrait une autre cavalcade.



Benoît se disait aussi que l’œil de bronze ne cessait de l’observer avec concupiscence. Un autre préservatif, zébré de noir et d’or, fut installé sur le mât.



Aussitôt dit, aussitôt fait, son zgeg disparu dans d’obscures contrées, où apparemment un avocat y a ses entrées. Un voleur et un avocat, ce n’est plus un cul, mais un palais de justice !

Coralie absorba l’engin sans trop de difficulté, se défonça l’oignon en se mignonnant le bourgeon, pour de nouveau repartir deux fois de suite dans les étoiles.

Toute réjouie, elle décida de passer à autre chose. Les genoux placés de chaque côté de son visage, Benoît vit descendre vers lui une huître de Bouzigues luisante et bien charnue. Au moins une n°1, se dit-il.

Tout en le bâillonnant de sa chatte, elle emboucha le flûtiau et entama une turlute de compétition.



Il opina du chef, se disant que s’il y mettait de la bonne volonté, elle le laisserait partir. Il avait foi en l’espèce humaine.

Las, après plus d’une heure de bons moments pour elle, le Bâton de Guignol donna de nouveau des signes de fatigue.



Il venait de comprendre que la folle allait de nouveau le doper.



Même en y mettant de la mauvaise volonté, il fut contraint d’avaler sa médication. Puis elle le détacha et l’emmena au petit coin.



Elle retira la clef, au cas où il s’enfermerait dans les cagoinces et le laissa se débrouiller seul. Elle en profita pour s’allonger sur un tapis de relaxation.




‡‡‡‡




Sans être maigrichon, Benoît ne possédait pas une carrure d’athlète, aussi tout en changeant le poisson d’eau, il détaillait la petite pièce. À part la porte, le cabinet de toilette ne possédait pas d’issue… sauf le petit vasistas qui donnait sur le toit. Pourrait-il s’y faufiler ?

Qui ne tente rien n’a rien, se dit-il en se secouant la manette à Moïse. Il ouvrit le fenestron, et pour camoufler le bruit tira la chasse.

La tête et les épaules passèrent sans trop de problèmes, il rentra le ventre, mais eut un souci de taille au niveau du bassin. Les pilules de Coralie faisaient de nouveau pleinement effet, et il se retrouvait avec une Bitte d’amarrage au niveau du bas-ventre, bitte qui l’empêchait de sortir.

Au bout d’un quart d’heure de contorsions, la fenêtre accoucha d’un gros bébé. Il approcha du rebord du toit, descendit par une gouttière. Il lui fallait trouver de l’aide, une protection, aussi faisant fi de sa nudité, il se dirigea vers le seul endroit sûr : le commissariat de police.

Quelques petites vieilles qui allaient chercher leur pain ou faire leur marché poussèrent bien quelques cris d’orfraie accompagnés d’un signe de croix, mais il n’en tint point compte.




‡‡




Coralie s’était assoupie quelques minutes selon elle, mais quand elle se rendit compte que le blaireau pissait depuis trois quarts d’heure, elle eut un mauvais pressentiment.

L’immonde individu s’était fait la malle par le fenestron des toilettes. Elle entendit alors frapper à la porte de son appartement.




‡‡




Le gardien de la paix stagiaire2 Emma Privas faisait le planton à la porte du commissariat. L’âge avait des avantages, mais le grade des inconvénients. Quand on a vingt ans et que l’on commence le boulot, on fait ce que dit le patron.

Jolie blonde aux yeux bleus d’un mètre soixante-quinze, sa silhouette n’était pas mise en valeur par l’uniforme ni par le gilet pare-balle réglementaire qui lui aplatissait les nichons.

Elle rêvassait à son prochain week-end de repos qu’elle allait passer à la plage, dans son bikini tout neuf, quand son attention fut attirée par un remue-ménage à l’angle du bâtiment. Quelques vieilles bigotes qui allaient à la messe rouspétaient, tandis qu’un étrange individu s’approchait d’elle en courant.



Jusque-là, rien de bien particulier, à part que le type était à poil et se trimballait une verge monumentale en érection, qui s’agitait en tous sens tel le goupillon du curé après l’eucharistie.

Elle s’apprêtait à l’interpeller, mais n’eut pas le temps de faire les sommations d’usage, car il se précipita sur elle, l’agrippa par le gilet et lui débita d’une voix étranglée :



Le commissaire lui-même vint aux nouvelles et mit fin à l’altercation par un retentissant Que signifie !



On lui trouva une couverture de survie, dorée d’un côté et argentée de l’autre, qui ne fermait pas totalement, car de temps à autre le flageolet passait le nez à la fenêtre. Puis il déclina, contraint et forcé, son identité.

Une simple demande de renseignement au fichier central leur permit de vérifier le pedigree du nudiste. Il possédait un casier long comme le bras, surtout des vols avec effraction.

Enfin, il expliqua la raison de son comportement. Explications confuses et pas très claires, selon lesquelles il aurait été pris en otage par une esthéticienne cinglée et obsédée sexuelle.

Selon Emma et sa collègue Armelle Lemoi, le seul salon d’esthétique dans le coin était Le Salon Coralie. Un établissement haut de gamme, très chic.



C’est ainsi que trois Duster se garèrent devant le salon Coralie, et qu’en sortirent, outre le commissaire Alex Janvier, les Gardiennes de la paix Emma Privas et Armelle Lemoi, mais aussi le brigadier Maurice Poilala et le Lieutenant Habib Happeloulah.

La petite troupe, commissaire en tête, frappa à la porte de l’appartement de Mademoiselle Coralie Devin.




‡‡‡‡





Aussitôt, une très belle jeune femme impudiquement revêtue d’un déshabillé arachnéen, ébouriffée et affolée (ébouffolée ?) leur ouvrit la porte.



Coralie prit une grande respiration qui gonfla sa poitrine et entama son récit. Le lieutenant Habib Happeloulah se concentrait en admirant une cuisse nue qui émergeait de la lingerie très fine.



Sur ces entrefaites, le brigadier Maurice Poilala revint de l’arrière-boutique.



Aussitôt, cinq paires d’yeux accusateurs se posèrent sur Gradubout qui n’en menait pas large.



Dans la chambre, ils trouvèrent le lit défait et surtout les menottes rose Tagada.



Chacun opina du chef, sérieux comme des papes, mais l’œil pétillant de malice.



À l’évocation d’une autre confrontation avec la foldingue, Gradubout eut des palpitations.



Tous regardèrent le braquemart du truand qui pointait fièrement hors de la couverture. Benoît tenta bien encore de se défendre, mais entre une superbe jeune femme qui gémissait contre l’épaule du commissaire et un malfrat de seconde zone à poil et en érection, le choix était vite fait. Ils songèrent aussi aux différents endroits où le dard aurait pu se loger.

Ils enregistrèrent aussi que le maître du barreau était parfois mou de la teub.

Sur ordre de leur supérieur, les deux policières ramassèrent les plaquettes de médicament vides et les déposèrent dans des pochettes réservées aux indices. Elles trouvèrent aussi nombre de préservatifs usagés, de différentes couleurs, même un tricolore, qu’elles rangèrent précieusement aussi avec les pièces à conviction.



Benoît remua et ronchonna :



Les deux policières terminaient de ramasser les indices, Armelle interpella sa collègue :



Elles réfléchirent quelques secondes, puis :





‡‡‡‡




Une fois Coralie correctement habillée, toute la troupe s’installa dans les véhicules de police, direction le commissariat, avec un Benoît toujours à poil et en érection, qui se demandait comment ça allait se terminer.

Il réservait un chien de sa chienne à cette tarée. Il allait demander à l’avocat Gilbert Calais de le défendre. Lui aussi devait avoir quelques comptes à régler avec elle.




‡‡‡‡




Confusion au palais

Reportage de notre spécialiste judiciaire Renaud Scinque.

La salle d’audience du tribunal était bondée. Nombre de curieux étaient venus, attirés par de possibles révélations égrillardes.

En effet, une affaire opposant la séduisante et charismatique Coralie Devin, patronne du salon de beauté éponyme, à Benoît Gradubout, malfrat poissard de son état.

Les faits se déroulèrent lors du pont de l’Ascension et du 8 mai réunis, dans les appartements de Mademoiselle Devin. Là, deux versions s’opposent. Coralie Devin a été agressée par le sieur Gradubout, qui se serait livré sur elle à des actes que la décence m’interdit de citer – pour plus de détails, cliquez sur le lien ci-joint.

Benoît Gradubout raconte, lui, que la douce Coralie l’aurait pris en otage. En tout état de cause, il se trouvait bien au domicile de la plaignante, où il n’avait rien à faire.

Mademoiselle Devin, partie civile, était représentée par Maître Bernadette Haleur, alors que l’accusé était défendu par un ténor du barreau, Maître Gilbert Calais.

Maître Haleur, petite blonde d’une trentaine d’années, fusillait de ses yeux bleu glacier son vis-à-vis, le sémillant quinquagénaire Gilbert Calais, cheveux poivre et sel, lunettes posées sur le nez, et, semble-t-il, adepte des salles de fitness.

Après les présentations d’usage, les débats entrèrent dans le vif du sujet. Pour une raison inconnue, la tension était palpable entre l’avocat de la défense et la plaignante.

Maître Calais mettait en avant la fragilité de son client, un mètre soixante-neuf et à peine soixante-dix kilos, face aux seize médailles acquises en lutte gréco-romaine par la dénommée Coralie. Argument réfuté avec force par son avocat, maître Haleur.


  • — Ma cliente a été surprise en plein sommeil, nue, désorientée, surprise par ce personnage rompu à toutes les bassesses en matière de combat de rue.

La présidente de la cour mit fin à l’esclandre en élevant la voix.


  • — Calmez-vous, s’il vous plaît, recentrons les débats… Mademoiselle Devin, comment êtes-vous entrée en possession de ces étranges menottes ?
  • — C’est lui qui me les a offertes, répondit Coralie Devin en désignant la partie adverse d’un coup de menton.
  • — Vous sous-entendez que monsieur Gradubout vous a offert ces choses ?
  • — Non, pas lui, l’autre bouffon à côté.

Le magistrat resta coi quelques instants, bouche ouverte.

L’avocat, lui, tentait de se faire tout petit.


  • — Vous voulez dire que Maître Calais vous a offert ces choses ?
  • — Effectivement.
  • — Là n’est pas la question, tenta d’objecter le bavard.
  • — Si, c’est la question ! hurla une femme dans le public.

Une accorte blonde d’une quarantaine d’années, vêtue d’un pantalon moulant et d’un haut en soie naturelle, se leva en gesticulant et s’avança d’un pas décidé vers le centre du prétoire. Un huissier tenta bien de s’interposer, elle l’envoya négligemment sur le dos d’un coup de nibards, qu’elle avait fort imposants.


  • — Mimine, que fais-tu là, gémit l’avocat, qui se faisait de plus en plus petit.
  • — Tu m’avais promis que c’en était terminé de ces histoires de menottes à la con, de poules que tu entretiens de-ci de-là en faisant le petit coq, alors je te le dis, j’en ai plein le derche et tu te casses. Je demande le divorce, il n’y a plus de Mimine.
  • — Je t’en empêcherai…

Elle s’approcha de son avocat de mari qui n’en menait pas large.


  • — Et comment vas-tu m’en empêcher, « Glandu », rugit-elle en le chopant par sa robe et en le secouant.
  • — Madame, un peu de tenue, s’exclamait la présidente, ou je fais évacuer la salle.

La malheureuse n’était pas au bout de ses peines. Alors que les forces de l’ordre, représentées par le seul brigadier Poilala se levaient, d’autres voix se firent entendre.


Il m’a fait le même coup, il m’a offert les mêmes menottes avec de belles paroles gronda en se levant la première assesseur qui se rua dans la rixe.

Enfoiré, hurla la greffière, une jeune femme timide d’une trentaine d’années, blonde, vêtue d’un tailleur strict, toute timidité oubliée, elle n’eut aucune hésitation avant de se jeter dans la mêlée.


  • — Maud, Véronique, que faites-vous, se lamenta la présidente.

La scène qui se déroulait tenait plus d’une bagarre de saloon ou du village d’Astérix un jour de marché aux poissons que d’une cour d’assises. Madame Calais tenait une poignée de cheveux de son mari d’une main ferme et lui flanquait des baffes de l’autre. Un vicieux balayage des jambes flanqua le Don Juan des prétoires sur le dos.

Maud Seltir, l’assesseur, tirait sur la robe de l’avocat dans le but de la lui déchirer, et elle ne faisait pas dans la dentelle, des morceaux de tissu jonchaient déjà le sol.

Véronique Aubier, la greffière mordait la main du pauvre brigadier Poilala qui gueulait comme un âne, tout en flanquant des coups de pied dans le postérieur de son ex-amant.

Coralie s’apprêtait à entrer dans la bagarre, lorsque son avocate lui posa la main sur le bras et lui murmura : ne vous en mêlez pas, laissez-les se débrouiller.


  • — Mesdames, un peu de tenue, je vais faire évacuer la salle, glapissait la présidente, totalement dépassée par les évènements.

L’huissier qui avait reçu un coup de nichons tenta une nouvelle fois de s’interposer, mal lui en prit, maître Calais lui envoya par inadvertance un coup de pied dans les valseuses.

Il fallut l’intervention d’une dizaine de gendarmes pour maîtriser tout ce beau monde. C’est alors que Maître Haleur se leva, fit un grand effet de manche et déclara d’une voix forte :


  • — Madame la présidente, cet homme nous a toutes faites cocues !

Lorsque le calme fut revenu, on s’aperçut un peu tard que Benoît Gradubout en avait profité pour se faire la malle.

Reportage signé de notre consultant judiciaire Renaud Sinque.



Quelques mois plus tard, toute la ville pouvait lire sur le site internet du journal ces différentes nouvelles.


Selon des sources bien informées, Benoît Gradubout se serait réfugié dans un monastère des Météors, où il mènerait une vie d’ascète faite de prières et de repentances.

Maître Calais perdit toute crédibilité et se réfugia dans l’alcool, sa femme l’ayant totalement dépouillé et ridiculisé lors de leur divorce.

Quant à la belle Coralie, son salon gagna en popularité, et elle put enfin s’offrir un voyage romantique à Venise, en compagnie de la séduisante Emma Privas.




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1. Agastache : Célèbre restaurant Lyonnais.

2. Gardien de la paix stagiaire ou Gpxs en langage administratif.


L’auteur tient à remercier Monsieur Corneille pour son aimable participation, ainsi que messieurs Joël et Ethan Cohen.