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Temps de lecture estimé : 10 mn
04/03/23
Présentation:  Depuis un certain temps, mon visage de Madone et mon corps de déesse se sont mis à changer.
Résumé:  Hiver comme été, en combinaison, en maillot ou nue quand c’est possible, il arrive souvent que je gagne une grève ou une autre, pour nager seule un petit moment. De petites escapades nautiques le long des côtes finistériennes.
Critères:  f hplusag hagé fépilée plage cérébral voir exhib ffontaine nopéné -exhib
Auteur : Juliette G      Envoi mini-message
Le vieil homme et la mer

Un jour de besoin



Chloé est repartie la semaine dernière et si nos séparations sont fréquentes, elles sont bien plus courtes depuis que ma chérie vit à Londres. Le plus souvent, nous nous retrouvons deux fois par mois. Mais pour un temps, je resterai seule pour trois longues semaines. Ce mois d’avril s’annonce très bretonnant et donc plutôt pourri pour d’autres que moi, et puis mon envie d’eau salée est trop ancrée pour que j’y renonce.


Hiver comme été, en combinaison, en maillot ou nue quand c’est possible, il arrive souvent que je gagne une grève ou une autre, pour nager seule un petit moment. De petites escapades nautiques le long des côtes finistériennes. C’est toujours un véritable plaisir, et parfois, il s’agit pratiquement d’un besoin. Je suis dans l’un de ces jours-là, un jour de besoin, à l’abri des oyats et, allongée sur la dune, ça le fait très bien. Je n’ai pas froid. L’air un peu frais m’a vite séché le corps et je suis restée nue à prendre l’air. Qu’est-ce que je disais déjà ? Ah oui ! Un jour de besoin… Même si j’ai toujours été foncièrement convaincue d’être l’une des femelles les plus belles de notre petite planète, comme la seule femme au monde qui ne vieillira jamais, je dois aujourd’hui me mettre dans la peau du commun des mortels. Pourquoi pas la commune des mortelles ? Machisme grammatical. Donc, j’ai décidé, en plein accord avec moi-même, de me remuer le popotin ! Du coup, je vais y aller franco avec les jours de besoin…




Les outrages du temps



Depuis un certain temps, mon visage de Madone et mon corps de déesse se sont mis à changer. D’abord, mes superbes yeux bleus de mer se sont ligués contre moi, m’enquiquinant en boucle pour que je leur achète des lunettes. Alors que j’y vois parfaitement ! Mais bon… J’avoue que ces emmerdeuses de mirettes passant leur temps à se plisser pour me rendre la vie impossible m’ont finalement convaincue de céder à leur demande. Les bouderies de mes regards, d’ordinaire charmeurs et facétieux, provoquent aujourd’hui de fines rides disgracieuses aux coins de mes yeux. Mes magnifiques prunelles, ravies de leurs montures hors de prix, m’ont promis que ces vilaines marques disparaîtraient très bientôt. Ma poitrine digne de Vénus est restée sculpturale, quoiqu’un peu moins ferme qu’à mes vingt printemps. Mon ventre, lui, s’est mis à jouer les insoumis depuis quelque temps. Je me suis aperçue que quelques plis de chair apparaissent quand j’opte pour la position assise. Non, mais quoi ? J’ai l’impression d’observer de paresseux rouleaux d’eau de mer venir mourir sur une grève. Encore que s’ils se contentaient de mourir, mais non, ils s’incrustent. Cette peste de Chloé et ses saloperies de sandwichs ! Enfin, ce sont mes fesses de marbre qui se sont révoltées. Oh, pas grand-chose, vraiment, pourtant, je les sens démotivées de temps à autre, mollassonnes dans mes démarches. Mon cul reste extraordinairement beau, bien sûr, mais autant rester attentive à sa nonchalance quant à rester ferme et tonique…




Le vieil homme




Le type est resté debout et immobile un moment, puis, comme se décidant soudainement, a repris son chemin. Un parcours le menant directement à moi.



J’ai gardé les solaires adaptées à ma vue pour ne pas abîmer plus encore mes fichues mirettes bleues. C’est un vieux. Ouais, bon, je sais que les bonnes âmes ne parleraient pas ainsi de nos anciens, mais je suis de mauvais poil, et moi, je ne vieillirai jamais. Je dirais qu’il tape dans les soixante-dix printemps. Une masse de cheveux blancs décoiffée et hirsute, des yeux très clairs et des traits étrangement jeunes. Le teint très mat, type vieux loup de mer. Le vieux beau quoi. Le beau vieux. Il porte un polo gris à manche courte et un short de mer noir. Pieds nus dans le sable.



Ben merci mon vieux. Ça, c’est fait ! Et du coup, je fais quoi moi ? Je mouille comme une salope pour prouver à mon nouvel admirateur que son compliment m’enchante ?



Il s’est assis à deux pas. Il sourit en me regardant. Il ne regarde pas mon corps non, c’est moi qu’il regarde.





Un beau parleur



Et là, mon vieillard ne répond pas. Ce n’est pas qu’il s’est vexé ou qu’il m’ignore. Il m’a subitement oubliée. Il s’est lancé dans un autre discours. Il parle et ne cesse plus de parler. Je me dis que j’aurai mieux fait de fermer mon clapet, mais c’est trop tard…



La vache ! Gwenaël sait raconter. J’ai eu droit à sa vie débitée en diagonale et très écourtée, mais joliment narrée. Officier de marine de guerre, puis officier de marine de commerce. Aujourd’hui vivant en permanence sur un voilier de treize mètres. Sa vie d’homme à femmes. Marié très tôt et veuf très vite. Puis sa rencontre avec Gudrun, une magnifique Norvégienne libertine aujourd’hui disparue. Aujourd’hui, sa vie est oisive, mais pas ennuyeuse du tout. Son goût pour les belles choses. Pour les femmes. Ses petits travers de voyeur délicat. Savais-je qu’il était relativement facile de satisfaire ses envies de voyeurisme quand on savait s’y prendre correctement ? Se présenter, être honnête, et demander le simple droit de regarder la beauté à portée de son regard. Il arrivait plus souvent qu’on le pensait, que des dames se laissaient convaincre. Gwenaël n’avait plus que cela. Le plaisir des yeux. Les spécialistes avaient été du même avis. Trop de tabagisme, trop d’abus, et puis le choc psychologique de la perte de la chère Gudrun. Et l’âge, bien évidemment.



Penses-tu ? Et le pire, c’est que c’est vrai ! D’abord, parce que ce vieil homme est du genre remarquable. Gentil, poli, charmant et plein d’humour. Ensuite, parce qu’il sait raconter une histoire. Enfin, parce qu’il n’a pas cessé de me regarder en parlant. Si je n’étais pas déjà nue, ces regards me ficheraient à poil. Et puis, il est loin d’être idiot le vieillard. Il a vite compris que sa vie libertine ne m’avait pas laissée indifférente. Pourquoi l’aurait-il remarqué ? Me direz-vous avec l’air innocent que je vois déjà poindre ? Eh bien, tout simplement parce que je suis humide, un peu plus qu’humide, même et que donc, ce bon Gwenaël est fin observateur.





Libertinage



Une forêt bien connue des voyeurs aux environs de Paris. Gwenaël et Gudrun en voiture. Le couple et les admirateurs de la belle Norvégienne. Gudrun s’exhibait. Elle acceptait des mains sur son corps, partout sauf sur ses seins et son intimité. Et savez-vous, Juliette, que ces gens, ces voyeurs, sont scrupuleusement respectueux ? C’est étrange, non ? Jamais personne n’a enfreint ces règles. Lui, Gwenaël, ne faisait que regarder sa chère Gudrun, et la Norvégienne jouissait et jouissait encore sous les délicieuses caresses sur ses épaules, ses bras, ses cuisses…


Et moi, je jouis aussi… D’un coup ! Attentive et comme hypnotisée par la voix grave, je n’ai rien vu venir. L’orgasme n’est pas monté en douceur. C’est un couperet qui m’est tombé dessus, me décapitant de la réalité pour m’emporter dans la jouissance. Des images de la brune de Norvège à l’esprit. Mon sandwich entamé en main, jambes légèrement ouvertes durant l’histoire, afin d’offrir au conteur de quoi se motiver pour sa narration. Je me laissais vivre. Mon pubis lisse et ma fente trempée pouvaient très certainement inspirer le vieux marin. Et là… L’orgasme taquin me referme les cuisses, comme des volets sous un coup de vent.



La jouissance s’éternise et me tord le corps dans une position certainement ridicule. À demi allongée, en appui sur mon coude enfoncé dans le sable, j’aspire des goulées d’air comme la nageuse, essoufflée par l’effort, que j’étais il y a peu.





Touchez-moi !



La tempête est passée, mais je suis dans l’œil du cyclone. Je le sais. Je n’ose pas regarder mon vieillard si délicatement vicieux. Oh, je le ferai très vite, mais là, si je croise son regard, je me prends un autre ticket pour la grande roue.



Mais ose, putain ! Ose ! Ose donc, vieux marin !



Et le voici à faire de la rime, en plus ! C’est sûr, s’il continue à me parler ainsi, je vais jouir avant de bouger. La vague monte sans que je ne puisse la combattre.



Maudits « mots dits ». Saleté d’imagination galopante. Il me faut lutter contre la jouissance si proche de m’emporter, pour obéir à mon si plaisant voyeur. Je m’écarte lentement alors que tout mon corps a des envies de recroquevillement.



Une terrible bataille se livre alors, déclenchée par mon regard sur cet homme. Il me sourit avant de plonger ses yeux entre mes cuisses ruisselantes et ouvertes. Une escarmouche violente opposant mon orgasme qui n’en finit pas, à un autre qui cherche sa place.



Oh oui, ça me sied… Oh que ça me sied… Qu’il m’appelle comme il le souhaite ! Dans cet état, tout me sied à ravir.



Oh merde… J’étouffe et lutte, mais ça va venir. Je n’arrive même plus à parler. Touche-moi, putain ! Touche-moi, Gwenaël !



Les yeux clairs me fixent, alors que mon ventre se contracte. Ça vient ! Oh merde… Les sourcils blancs se haussent. Une lueur de gaieté passe dans le regard gris. J’ai mal au bide. Presque mal… Ça vient ! Une soudaine poussée de jeunesse fait sourire le vieil homme.



Je gicle en une salve diffuse qui éclabousse le sable et les pieds nus de ce terrible vieillard. Homme capable de me faire gicler en quelques mots choisis, et homme sachant parfaitement qu’il me tient en son pouvoir. C’est un jour de grande marée bretonnante.



Gwenaël avait bien compris. Mais il avait pigé trop tard. À mon grand dam…




Tais-toi, vieux marin !



Ma libération m’a fait m’écarteler avant que je ne m’effondre sur le drap de bain noir. Mes seins bandent à me faire hurler, et une image de mon exhibition actuelle vient bousculer toute autre pensée. Et puis… J’ai brusquement une autre image à l’esprit. Le vieil homme et la mer. Gwenaël aurait pu faire la couverture du chef-d’œuvre. Il est penché vers moi et sa main calleuse a pris mon pied. Le vieux loup de mer me touche enfin.



Je ne peux pas répondre. Si j’ouvre la bouche. Je jouis !



Oh putain, non… Tais-toi, vieillard ! Tais-toi ! Tais-toi s’il te plaît, Gwenaël…



Tais-toi, vieux marin… Oh putain… Je vais jouir, en le regardant me regarder. Voyeuse et exhibée. Un joli paradoxe érotique.



Mon pied maintenu au ciel, je me sens totalement offerte. Une nouvelle fois, mes tripes me brûlent. Ma grotte ouverte et trempée n’a plus aucun secret à livrer. Tout comme celle de Lascaux, elle a été amplement explorée. Et là… Maintenant… Alors qu’il tient ma cheville entre ses doigts, et qu’il braque son regard gris sur moi… Sur mon petit orifice qu’il s’est offert lui-même… Je craque. Je capitule. Je rends grâce et les armes.



Je jouis en bordées longues et diffuses. Je ne suis plus que marée. Je prends mon pied en morse. Jet diffusé court. Giclée dure et longue… SOS de sirène en perdition. Je mouille en lançant des fusées de détresse. Pour prévenir que j’ai perdu pied. Pour que l’on vienne me soustraire à cette attente si longue, et si proche pourtant de me porter vers l’extase. Allo Papa Tango Charlie… Je n’ai pas même un triangle de poils pour me repérer dans cette perdition. Pas de bermuda… Je jouis en aspergeant le drap de bain. J’éclabousse le sable. Je suis une Attila, fléau des autres. Où cette furie jouit, l’herbe ne repoussera plus après ses ondées sauvages! Et là, sur une dune déserte, je crée des roses de sable, en Bédouine sauvage.



Je balbutie. Je dis des mots sans suite. Je feule. Je gémis et lâche un cri rauque. C’est à mon tour de m’exprimer pleinement…




C’est curieux…




Une demi-douzaine de bêtes de sexe bodybuildées et dotées de queues surdimensionnées m’auraient certainement fait jouir, mais aucun de ces hardeurs n’aurait pu me mettre dans un tel état. Aucune rivalité n’est même possible entre ces monstres du porno et ce vieil homme, incapable de produire la moindre érection. Mon vieux marin ridiculiserait ces machines à baiser en me faisant me pâmer sans même avoir besoin de me toucher.


C’est tout de même curieux…


C’est curieux chez les marins, ce besoin de faire des phrases…