| n° 21571 | Fiche technique | 9779 caractères | 9779 1618 Temps de lecture estimé : 7 mn |
28/02/23 |
Résumé: Chaque année, les amoureux fêtent la Saint-Valentin sans en connaître l’origine ; elle vous est dévoilée ici. | ||||
Critères: #drame #historique #occasion fh religion handicap fellation nopéné | ||||
| Auteur : Lioubov | ||||
Rome, le 15 février 265
L’enfant plonge sa main dans une urne, en retire un pugillar qu’il tend au prêtre, puis fait de même avec une autre urne. Le luperque lit à haute voix ce qui est inscrit sur les tablettes enduites de cire :
Les deux jeunes gens – un garçon et une fille – viennent s’incliner devant le prêtre puis, se prenant par la main, vont rejoindre la longue file de couples nouvellement formés qui n’attendent qu’une chose : pouvoir copuler afin de rendre hommage à Faunus, le fils de Saturne, dieu de la fécondité. Comme chaque année, les Lupercales – ces fêtes païennes destinées à libérer les puissances vitales de la nature – donnent lieu à trois jours de débauches les plus effrénées.
Les couples ayant été formés, les luperques presque dénudés font le tour du mont Palatin où se pressent de nombreuses femmes en liesse qui cherchent à se faire flageller par les prêtres avec les lanières de la peau du bouc qui a été sacrifié, ce rite étant supposé leur apporter fertilité et leur éviter les douleurs de l’enfantement.
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Rome, année 268 (trois ans plus tard)
Sur le forum, les accents guerriers des buccins, des cornuas et des tubas annoncent l’arrivée d’un personnage éminent. En effet, derrière les musiciens, les vingt-quatre licteurs qui portent sur l’épaule gauche le faisceau de verges entourant une hache indiquent que c’est l’empereur lui-même qui a pris place dans la litière à porteurs qui fend la foule en direction de la Curie.
Derrière les rideaux qui le masquent au regard de la plèbe, le magistrat suprême observe la jeune esclave nubienne qui lui rend un hommage buccal. Ses lèvres charnues glissent le long de la verge impériale. Bientôt, grâce à l’habileté des caresses prodiguées par la bouche lippue, l’homme déverse à grands jets sa semence que la Nubienne nubile avale avec délectation. L’homme pompé n’est pas Pompée, mais Marcus Aurelius Claudius (surnommé « Gothicus » depuis sa toute récente victoire sur les Alamans qui menaient des incursions près du lac de Garde).
Les porteurs s’arrêtent et posent la litière sur le sol ; Claude II le Gothique s’en extrait avec grâce et, entouré des licteurs, franchit les quelques pas qui le séparent de l’entrée de la Curie où il pénètre. À son arrivée dans l’immense salle, les sénateurs se lèvent en signe de respect.
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Rome, début de l’année 273
C’est à l’occasion des Lupercales que Sabinus, un séduisant légionnaire, avait fait la connaissance de la belle Serapia ; entre eux, cela avait été un véritable coup de foudre, si bien que les deux jeunes gens ne pouvaient pas se passer l’un de l’autre. Très vite, ils ont désiré se marier, ce qui était encore interdit depuis le décret pris par Claude II le Gothique. En effet, à la mort de ce dernier en 270, Aurélien – le nouvel empereur – ne l’avait pas abrogé. Il leur fallait donc trouver quelqu’un pour les unir en secret par les liens du mariage.
Or, Serapia s’était convertie à cette nouvelle religion qui commençait à se répandre : le christianisme. De ce fait, elle connaissait un jeune prêtre, Valentinus, qui bravait les ordres de l’empereur en bénissant les unions. L’affaire est rondement menée ; quelques jours plus tard, dans des catacombes faiblement éclairées par quelques lucernaires disposés de part en part, le prêtre prononce les paroles sacramentelles :
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Dans le palais impérial du mont Palatin, Lucius Domitius Aurelianus écume de rage en ressassant des pensées de ressentiment : « Comment ce moins-que-rien ose-t-il me défier, moi, le maître du monde ? »
Peu de temps après, un homme âgé est introduit ; il tend le bras à l’horizontale pour saluer le souverain.
Le préfet s’incline et se retire.
Ensuite, tout va très vite : dès le lendemain, une cohorte arrête Valentinus et l’enferme au Tullianum – la prison creusée au pied du Capitole – dans l’attente de sa comparution devant le tribunal d’exception. Deux jours plus tard, le préfet de la Ville lui demande de renier sa foi ; bien entendu, le jeune prêtre refuse. Virius Ortifus prononce la sentence demandée par l’empereur : la mort ! Dans l’attente de son exécution fixée quelques jours plus tard, il est ramené au Tullianum, dans une cellule obscure où c’est Julia, la fille du geôlier, qui lui apporte ses repas. Surpris, le jeune homme lui demande :
Rapidement, les deux jeunes gens entretiennent des relations amicales, et Valentinus lui explique comment les voyants perçoivent leur environnement. Cependant, en digne prédécesseur de nombreux ecclésiastiques qui lui succéderont, il n’a jamais respecté son vœu de chasteté, avide qu’il est des plaisirs de la chair. Il entrevoit la possibilité de profiter de la naïveté de l’adolescente.
Valentinus se redresse et, relevant sa tunique, il en fait jaillir un sexe long et mince doté d’un gros gland joufflu qu’il dégage en tirant sur son prépuce, puis il place une main sur la nuque de l’adolescente et attire sa tête contre la verge qui tressaute déjà.
Les lèvres de la jeune fille enserrent la base du gland qui enfle encore plus ; ses joues se creusent tandis qu’elle aspire le gros champignon violacé qui laisse déjà sourdre un filet gluant… Valentinus se crispe, essayant de retarder au maximum son éjaculation pourtant imminente, de manière à savourer le plus longtemps possible ce plaisir divin ; bientôt, ne pouvant plus résister, il se laisse aller à grands flots dans cette bouche qui tète et tète encore tout en déglutissant les jets saccadés que la vigoureuse verge déverse.
Ceci fait, Julia salue le condamné et se retire ; la lourde porte de bois se referme avec un bruit sinistre. Quelques secondes plus tard, le prisonnier entend une exclamation :
Effet placebo ? Peut-être ; mais qui sait ?
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Rome, le 14 février 273
Valentinus, enchaîné, est conduit sur la via Flaminia au milieu d’une affluence dense qui s’est rassemblée pour assister au supplice de « celui qui fait des miracles ». Tout le long du parcours, des licteurs le flagellent avec des verges. Succombant sous les coups, il tombe bientôt à genoux. Un centurion s’approche, dégaine son glaive. La lame de bronze resplendit sous les rayons du soleil lorsqu’il l’élève au-dessus de la nuque du condamné.
La dernière vision qu’emporte Valentinus, c’est Julia, en larmes, au premier rang de la foule, se tordant les mains de désespoir.
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Deux siècles après son martyre, le pape Gélase 1er canonise le « patron des amoureux » en 498 ; et c’est en sa mémoire que chaque année, le 14 février, les jeunes filles offrent ce jour-là à leur bien-aimé une fellation exceptionnelle censée les guérir de tous leurs maux.