| n° 21563 | Fiche technique | 29963 caractères | 29963 4962 Temps de lecture estimé : 20 mn |
25/02/23 |
Résumé: Depuis combien de jours, de mois, d’années les coche-t-il sur un calendrier ? Il ne le sait plus lui-même. | ||||
Critères: fh frousses fépilée amour entreseins fellation 69 fsodo -couple | ||||
| Auteur : Enzoric Envoi mini-message | ||||
| Collection : Alcools |
Encore un jour, encore une croix. Depuis combien de jours, de mois ou d’années les coche-t-il sur un calendrier ? Il ne le sait plus lui-même. Même si l’on dit qu’en vieillissant les jours sont plus courts, c’est une connerie ! Un jour, ce sera toujours 24 heures, et pour lui, les heures semblent à rallonges. Pire, elles se répètent avec une monotonie presque rassurante. Voilà pourquoi, insidieusement, barrer les jours sur un calendrier est devenu une habitude.
À chaque jour sa croix, donc, et à chaque croix un espoir qui se rapproche. L’espoir d’un jour différent.
En vérité, des croix il en fait deux. La première, la plus utilisée, est celle des jours ordinairement calmes, et l’autre, quoique très semblable, est celle des soirées miraculeusement jouissives. Ce matin, il coche la date de la veille puis compte les cases cochées sur le calendrier avant d’aller préparer le café. Dix-neuf… enfin ! se dit-il à lui-même. Retrouvant sourire et appétit, il met de l’eau dans la cafetière.
Comme depuis longtemps, il petit-déjeunera seul en lisant le journal de la veille. Comme depuis toujours, il trempera trois tranches du pain de la veille, généreusement tartinées de beurre, dans un bol de café très corsé et trop chaud. Comme depuis peu, il maintiendra son érection de quelques caresses sans ne jamais aller jusqu’à la jouissance. Son épouse le retrouvera dans la même position, bol vide et main simplement posée sur son sexe.
Il la regardera manger quatre biscottes légèrement beurrées sous une énorme couche de confiture. Entre chaque bouchée, elle lui sourira… sourire qu’il lui rendra tout en continuant à lentement se masturber.
En manque, il l’a été un peu, puis beaucoup, puis trop. Alors il a bu un peu, puis beaucoup, puis trop… beaucoup trop ! C’était comme un palliatif, lui permettant d’oublier ses envies. Ensuite, c’est devenu un besoin, un mal pour un bien, un bien pour un mal. Lui qui n’était accro qu’au sexe est devenu junkie à l’alcool : drogue légale en soi, ni pire ni meilleure qu’une autre.
Téter un goulot plutôt qu’un sexe est donc devenu un rituel, un rituel comme un autre, parce que les hommes, quels qu’ils soient, ont une addiction viscérale pour quelque chose, parce que rien ne peut remplacer une dépendance sinon une autre dépendance, même si une nouvelle n’en oublie pas une autre. Il aurait pu aller voir ailleurs, aller décharger ce trop-plein de testostérone avec une autre, mais non, l’amour était et est toujours plus fort que toutes drogues. Même s’il boit, beaucoup, trop, énormément trop.
Ce matin encore, il jouira en se branlant comme depuis longtemps, beaucoup trop longtemps à son goût, mais plus vraiment seul… Son épouse le verra, et ça, c’est déjà énorme.
Putain de maladies !
ooOoo
Albert n’a jamais été un homme à femmes. Ordinaire, un peu timide, il est le copain sympa que quiconque rêve d’avoir. Marie n’est pas une femme sur qui on se retourne. Pas vilaine, mais banale, elle ne se met pas en valeur. Elle est une de ces femmes lambda que l’on croise ou côtoie sans arrière-pensée… bref, une bonne copine, elle aussi. Le hasard fait-il bien les choses qu’ils se sont rencontrés chez des amis en commun. Une crémaillère, et voilà qu’ils se parlaient et riaient sans retenue. Le lendemain, Marie appelait sa copine, et Albert son pote. Un second dîner chez leurs amis les unissait. Moins de deux mois plus tard, ils emménageaient dans un appartement portant leurs deux noms sur le même bail. Six mois encore, et ils se mariaient.
C’était la belle époque, ils n’avaient pas la trentaine et l’avenir leur tendait les bras, des bras libres et très câlins… espiègles, même ! Ils ne vivaient que l’un pour l’autre, qu’à travers l’autre. Hormis pour aller travailler, ils étaient inséparables et gare aux connaissances qui invitaient l’un et pas l’autre. C’était couru d’avance : « Euh… désolé, mais j’peux pas, mais partie remise » écourtait toutes discussions inutiles.
Putain de maladies !
Vingt ans de bonheur et de sexe, vingt folles années à vivre une passion commune : le plaisir. Pour elle, c’était le sien, pour lui, c’était de lui en donner. Chemins et finalités différentes, mais qui au bout du compte faisaient deux heureux.
Elle adorait le regarder prendre une autre, lui la voir prise par un autre, alors ils sont allés en club, un peu, beaucoup, puis trop. Chacun était repu, mais comme pour tout, les habitudes devinrent monotones. Parce que les rencontres aléatoires qui les avaient comblés les ennuyaient à présent, lassés, ils sont passés à autre chose.
Un couple un peu différent, qui ne cherchait pas une relation éphémère a fait irruption. Longtemps, ils se sont invités chez les uns ou les autres. Souvent, ils se sont partagés, même si rien n’était jamais prémédité, prévu ou programmé, mais jamais l’un sans l’autre. Sans se concerter, sans même ne jamais en parler entre eux, tout était dit : en couple sinon rien, et jamais personne n’a dérogé à cette règle. C’était comme un pacte, un contrat signé de tous. Femmes entre elles, femmes échangées, ou simplement entre légitimes, ils faisaient l’amour, car ils ne baisaient pas comme des affamés, non, ils faisaient l’amour, sans hâte ni urgence. Parfois, ils ne faisaient que dîner, parler et rire. C’était le bon temps.
Putain de maladies !
Aujourd’hui, ils sont quinquas. Fini la ménagère de moins de cinquante ans ! Elle a les rides dues à son âge, qu’elle déteste et que lui trouve adorables, et lui le ventre qui a poussé et qu’elle trouve réconfortant. Elle a de la cellulite et des cheveux grisonnants qu’elle camoufle en se faisant une couleur chaque mois, alors que lui arbore fièrement la blancheur de ses cheveux et qu’il continue à se raser quotidiennement… Rien à voir avec la couleur, c’est simplement que tous deux détestent les poils, ni plus, ni moins. Depuis toujours, elle se fait épiler et lui se tond les poils du corps, car ils aiment la douceur d’une peau, tout simplement. Lécher un sexe, un corps lisse a toujours été un plaisir partagé, et même si aujourd’hui Albert ferait sans, ils continuent tous deux à s’arracher, raser ou tondre leurs pilosités.
Putain de maladies !
C’est arrivé comme un cheveu sur la soupe, pas sans prévenir, sans signe avant-coureur, et pourtant ! La cinquantaine, c’est pas si vieux que ça, si ? De régulièrement, c’est devenu moins fréquent, puis d’épisodique c’est devenu exceptionnel, et d’exceptionnel impensable… Pas du jour au lendemain, mais sans qu’ils n’y prêtent réellement garde, surtout.
Les mots tendres, les petits gestes étaient toujours là, mais sans plus. Ils s’envoyaient toujours des SMS, prévenaient toujours l’autre d’avoir un peu de retard, mais sans plus. Ils se retrouvaient le soir après le travail, se racontaient leurs journées, avaient toujours des projets, mais pas plus. Ils dormaient toujours dans le même lit, se souhaitaient bonne nuit, mais guère plus. Bref, ils étaient toujours heureux de rentrer et de retrouver l’autre, et c’était bon, rassurant, mais…
Puis, un soir, Albert s’est réveillé. Il a pété une durite, mis les pieds dans le plat.
Ils ont discuté puis se sont endormis, convaincus qu’ils s’aimaient comme au premier jour.
Putain de maladies !
ooOoo
Ils en auront vu, des médecins, de toutes spécialités et toutes catégories confondues, des reconnus et même des dits de profession parallèles : des pas remboursés. Ils en auront suivi des traitements, des thérapies, de tous genres et de tous poils, mais rien, point mort. Alors ils ont pris le taureau par les cornes et mis cartes sur table, sans cachotteries ni tabous, puis ils se sont laissé le temps d’ingurgiter, de digérer, et surtout de réfléchir à leur avenir avant de trouver un accord, un accord clair net et précis, un accord élaboré à deux, accepté des deux, convaincus que c’était le bon, l’unique.
Putain de maladies !
Monsieur ne la harcèlerait plus et Madame ne se forcerait plus : un lancer de dés déciderait de la date, de la prochaine date. Chacun en lancerait deux, chacun participant pour moitié et à parts égales, ni plus, ni moins.
Au départ, ce n’était qu’un jeu, qu’un moyen de sortir de cette impasse. Lui qui n’en avait jamais assez, et elle qui lui reprochait d’en attendre et d’en vouloir toujours trop, ils confieraient au hasard la date de leur prochain coït, ni plus, ni moins. Il a vite regretté de devoir lancer deux dés plutôt qu’un, alors il a plaidé sa cause.
C’en était trop pour lui, alors ils ont changé les règles. Quatre dés seraient toujours lancés, mais cinq doigts seraient jouissifs entre deux dates.
C’était il y a plus de trois ans, et depuis, jamais il n’a joui en solitaire, que ce soit le matin avant d’aller travailler, le midi en visio, ou le soir. Confortablement couchée, elle a admiré la main de son mari astiquer un sexe qu’elle avait si fermement branlé, sucé et accueilli durant plus de deux décennies afin de soulager un besoin, du moins pour lui encore, qu’elle ressentait désormais comme une contrainte.
Putain de maladies !
Ils avaient trouvé un équilibre, leur équilibre. Lui prenait son plaisir, certes égoïstement durant plusieurs jours, parfois plusieurs semaines selon le lancer des dés, et elle aimait le regarder sans plus se sentir coupable. Parfois, quelques picotements, quelques nœuds au ventre, quelques légères humidités renaissaient, mais sans plus. Sans autre envie ou besoin de participer, d’aller plus loin que de voir sans toucher, qu’apprécier sans recevoir, elle n’était que spectatrice, certes, mais restait le centre d’intérêt, et elle se sentait fière d’être désirée. Pour autant, elle n’en attendait et n’en désirait pas plus. Que son mari lui prouve son envie, son besoin suffisait à la combler. Il lui témoignait que c’était pour elle, et pour elle seule qu’il se paluchait souvent jusqu’à trois fois par jour, et cela seul la comblait tout autant qu’avant. Sinon plus !
Putain de maladies !
ooOoo
Lorsque le lancer des dés décidait que la prochaine date serait en semaine, Albert posait un jour de congé afin de se préparer dignement. Marie étant au travail, afin de ne pas déroger à la règle, il l’appelait sans cesse en visio. Elle n’était pas présente physiquement, mais elle le voyait malgré tout… Enfin, du moins l’apercevait-elle en regardant l’écran de son smartphone de temps à autre, car Albert était inépuisable. Ce jour de repos à la maison, il le passait la main sur son sexe, n’ayant qu’une idée en tête : lui montrer tout son amour.
Ces jours-là, Marie était très inquiète. Moins de voir son mari se masturber continuellement que de s’imaginer le sexe de son homme coulisser en elle durant ce qu’elle ressentait être des heures, elle retardait toujours au maximum son retour au foyer. Même si elle savait qu’il serait doux et attentionné, qu’il ne lui sauterait pas dessus sitôt la porte franchie, elle redoutait l’heure. En effet, en contrepartie des jours sans la moindre attention sexuelle envers son épouse, Albert avait réussi à lui soutirer une soirée et une nuit complète. Tel était l’accord, en l’acceptant, elle était loin d’imaginer que son mari serait si… trop en manque, si… trop toujours fou amoureux.
Putain de maladies !
Le premier soir fut terrible. Pas violent ou crève la faim, mais interminable. Pourtant elle l’avait vu jouir quatre fois avant son retour au foyer, mais c’était sans compter l’incomparable capacité de son époux à jouir et rebander après une très courte période réfractaire. Elle le connaissait depuis toujours « chaud lapin », mais elle était loin de s’imaginer une telle capacité, à un âge si avancé, surtout !
Infatigable ! Albert était un Dieu de l’amour, et pas égoïste pour un sou. Tant s’en faut ! S’il pouvait bander sur commande, bander presque en continu, il n’oubliait cependant jamais de contenter sa partenaire. Si plus jeune elle appréciait ses capacités, avec le temps, ce qui l’avait tant contentée était devenu un inconvénient. Mais elle avait accepté le pacte et elle n’était pas femme à renier sa parole, aussi se pliait-elle à toutes les envies de son mari ces soirs-là.
Putain de maladies !
Qu’il la dévore n’était pas nouveau, il avait toujours été très friand des longs cunnilingus. Faire jouir sa femme de sa langue et de ses doigts avait toujours été son préliminaire préféré, aussi ne fût-elle pas étonnée qu’il la lèche longuement, en vain, certes, avant qu’il ne se place en soixante-neuf.
Sucer son mari n’avait jamais été une contrainte. Des années durant, elle avait adoré cette position : elle dessous, lui dessus, elle plutôt passive, lui actif… Très actif, même. Sans jamais dépasser les bornes, il avait toujours su lui prendre profondément la bouche sans douleur. Même si parfois elle était en apnée durant quelques secondes, jamais elle ne l’avait repoussé. Au contraire, sentir son nez buter contre le corps de son mari la comblait d’une sorte de supériorité. Lui gober la queue était comme la faire sienne. D’ailleurs, Albert n’était pas en reste. Dire qu’il la croquait était loin de la vérité. Il l’aspirait tant qu’elle se sentait tout entière hors d’elle, en lui. C’était fort, animal, presque bestial. Tous deux engloutissaient l’autre pour ne former plus qu’un. Tous deux dévoraient l’autre pour le posséder entier. Ils s’offraient, s’abandonnaient, se conjuguaient sans limites. Tout était permissible, rien n’était interdit.
Putain de maladies !
Rien d’étonnant, donc, qu’il attende et reproduise à la lettre les mêmes gestes avec celle qu’il aimait toujours comme au premier jour. D’abord, se manger le sexe jusqu’à boire leurs jouissances, puis se partager d’un long baiser ce que chacun avait reçu comme preuves de leurs plaisirs. Ensuite, et seulement après de tendres et partagées caresses venaient les longues et répétées pénétrations. Ainsi s’aimaient-ils, mais ça, c’était avant.
Putain de maladies !
ooOoo
Aujourd’hui, c’est le grand jour, donc. Le jour décidé par deux lancers de deux dés, et le hasard faisant bien les choses, Albert n’a pas eu besoin de poser le moindre jour de congé. Pour autant, il ne dérogera pas à la règle : il se branlera toute la journée. La seule différence étant que Marie ne le verra pas par écrans interposés, mais en réel. Ainsi en a-t-il décidé, et ainsi l’a-t-elle compris après qu’il lui ait donné ses doigts à lécher, bite contre joue. Elle sait qu’il n’en fera pas plus avant la fin du dîner, tout comme lui sait qu’elle ne serait pas dans la capacité d’en subir plus. Alors elle est rassurée.
Sa seconde éjaculation, elle y assiste et la ressent de près : Albert jouit sans qu’ils ne se quittent des yeux. Tous deux rayonnent de bonheur, de plaisirs partagés, physiques pour lui, et profondément ressentis pour elle.
Pour la troisième, c’est la queue entre ses seins qu’elle la voit jaillir, cette bite qu’elle a tant et tant admirée, cajolée et aimée sentir en elle. Le premier jet lui macule le menton, les suivants le cou. Avant même qu’Albert recueille de ses doigts ce qu’il vient d’éjaculer, Marie ouvre déjà la bouche. Elle sait qu’il va lui donner ses doigts à lécher, et lui sait qu’elle n’en attend pas moins, car, bizarrement, elle aime encore avaler le plaisir qu’il s’est donné, qu’ils ont partagé. Un dernier baiser, et Albert descend préparer le déjeuner.
Après avoir mangé en silence, face à face sans réellement se regarder, or, sans s’ignorer, Albert se fait un café pendant que Marie s’octroie une sieste. Même si elle sait qu’elle ouvrira les yeux sur son mari la regardant, elle ne dérogera pas à la règle : le week-end, c’est sieste. Plus crapuleuse, certes, mais sieste malgré tout. Alors elle s’endort sans crainte.
Putain de maladies !
Comme elle s’y attendait, Albert se branle à côté d’elle. Comme elle s’en doutait, il lui offre sa jouissance en guise de partage, plus personnelle qu’auparavant, mais il n’est pas égoïste, Albert. Après avoir copieusement arrosé l’unique sexe qui lui fait toujours envie, elle sait qu’il remettra ça. Main sur sa queue, il se branlera comme s’il n’avait pas joui depuis des jours, car il est ainsi, Albert… Jamais rassasié de celle qu’il aime.
Putain de maladies !
Ensuite, Marie sait qu’elle aura une petite heure de repos : Albert fera sa sieste, mais elle ne sait que trop que, sitôt réveillé, il la rejoindra et lui montrera tout le désir et l’envie qu’elle déclenche toujours en lui. Elle sera simplement devant la télévision, à faire la vaisselle ou encore occupée à repasser, qu’il se placera contre elle et se branlera, sans chercher à plus, certes, mais contre elle, car il est ainsi, Albert, toujours proche de celle qu’il aime.
Après avoir éjaculé sur la jupe de son épouse, voire dans ou sur son string, ils boiront l’apéritif… Moment qu’elle fera durer, espérant que l’alcool apaisera un tant soit peu l’ardeur de son mari, espérant en vain que de ce trop-plein il s’endorme, mais non, car il est ainsi, Albert, et pas même l’ivresse ne lui fera oublier que ce soir c’est le grand soir. Le soir trop lointain et si attendu. Pire, ce sera même le contraire qui sera au rendez-vous.
Plus que l’enivrer, Marie décuplera sans le vouloir l’envie et le besoin qu’il a de retrouver son épouse, car boire un coup l’excite, Albert.
Puis ils dîneront presque normalement, si ce n’est qu’il aura encore craché sa jouissance en mangeant. À la fin du repas, il se tirera deux cafés que Marie accompagnera généreusement de quatre poires. Debout devant elle, sans la défier, il en avalera une autre cul sec.
Il la resservira, se resservira. Elle fumera, puis ils monteront se doucher. Marie saura pertinemment qu’après il sera l’heure, l’heure tant redoutée pour elle et tant attendue pour lui. Alors, plus que d’envie, elle boira deux whiskys pour se donner du courage. Elle qui ne boit quasiment jamais, elle sera plus que gaie.
Les dés étant jetés, et après s’être avalé un dernier whisky qui l’a fera tousser, elle montera. Devant la porte de leur chambre, elle se déshabillera. Elle jettera un dernier regard sur sa jupe gisant au sol, et elle entrera.
Albert, confortablement installé au centre du lit, la dévorera des yeux.
Elle titubera, mais elle réussira malgré tout à se déhancher jusqu’à leur lit.
Sitôt sera-t-elle couchée, il la chevauchera. Marie saura pertinemment à quoi s’attendre, aussi aura-t-elle déjà la bouche grande ouverte. Elle sait qu’il sera doux, qu’il lui laissera le temps de retrouver les gestes, les coups de langue qu’elle aimait donner, avant. Tout comme elle sait qu’Albert n’a rien oublié de ce qu’elle aimait, avant.
Putain de maladies !
Elle le boira à presque s’en étouffer. Nez au creux des fesses de son mari, gland au fond de sa gorge, elle avalera sa jouissance sans réelle contrainte et avec plaisir. Pourtant, Albert se déchaînera. Dire qu’il la dévora est loin de la vérité tant il y mettra la même ardeur que depuis toujours. Espérant le rassasier, elle continuera à pomper cette queue qui lui donnera quelques haut-le-cœur, mais ce sera peine perdue, car la suite arrivera, vaille que vaille, coûte que coûte, une douleur pour elle, un plaisir pour lui.
Tout comme elle sait qu’elle se retrouvera en levrette. Non que la pose lui déplaise… Elle avait adoré s’offrir ainsi à l’homme de sa vie. Sentir les mains de son mari sur ses hanches, l’agripper avec force or sans violence avait toujours été un abandon qui l’avait comblée, mais ça, c’était avant.
Putain de maladies !
Ensuite viendra la missionnaire, pose qu’elle adorait tout autant que la levrette. D’abord, parce qu’elle sentait à chaque butée le pubis de son mari lui écraser le clito. À chaque profonde pénétration, c’était comme un électrochoc : cela se répandait dans tout son corps. Elle s’offrait au plaisir autant qu’elle en procurait, et c’était énorme, avant.
Aussi parce qu’elle adorait admirer les bras de son Albert, pas plus musclés que ceux d’un autre, cette position lui dévoilait malgré tout des biceps présents et biens dessinés. Elle ne se lassait pas de les contempler se contracter, et d’en apprécier la puissance de ses doigts.
Enfin, et surtout, elle adorait, et adore toujours, d’ailleurs, bien que différemment aujourd’hui, voir, sentir et entendre le plaisir ressenti. Chaque gémissement, chaque grimace, chaque goutte de sueur lui était comme une récompense, une offrande. Ils ne faisaient pas que l’amour, ce n’était pas que deux sexes qui se donnaient du plaisir, mais deux êtres entiers qui communiaient… communiquaient, presque.
Putain de maladies !
Après de bien trop longs aller-retour pour elle et de délicieux coups de bites pour lui, elle sait qu’elle se retrouvera les jambes sur les épaules d’Albert. Moment qu’elle avait jadis apprécié à la profondeur de cette pose, tout autant que de sentir les couilles de son mari venir s’écraser contre ses fesses. Tendrement, tandis qu’il sera au plus profond d’elle, elle sait qu’il lui aspirera tantôt les seins, tantôt la langue d’un profond baiser. Sentir son souffle chaud et haletant sur elle a toujours été une preuve de leur amour, du plaisir qu’ils offraient et prenaient. Mais ça, c’était avant.
Putain de maladies !
Enfin, après avoir été si puissamment possédée, si incroyablement repliée sur elle-même sans pour autant ressentir la moindre douleur, elle sait que son Albert passera à l’ultime étape, étape qu’elle a elle-même provoquée dès leur première nuit. Non qu’il avait laissé sous-entendre qu’il en avait envie, mais elle l’aimait déjà tant qu’elle voulait s’offrir entière à lui.
Elle n’était plus vierge, pour autant, avant Albert, aucun de ses trois prédécesseurs n’avaient su déclencher une telle envie chez Marie.
Cette première fut à la hauteur de cette découverte, même si Marie ne ressentit pas un plaisir aussi puissant que lorsqu’il coulissait dans son sexe. Pour elle, le réel plaisir fut plus psychique que physique. Certes, elle apprécia cette sodomie sans inquiétude ou douleur, mais ce qui l’emporta dans un orgasme sans commune mesure de tous les précédents fut de le provoquer elle-même en se branlant pendant qu’Albert, presque hésitant, allait et venait lentement.
Évidemment, s’offrir ainsi corps et âme n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd, sans devenir indispensable, Albert ne se privait plus de la pénétrer ainsi depuis, afin qu’elle sente – comme avoué – tout l’amour qu’il lui voue de partout. Albert ne manquait donc jamais la moindre occasion de finir ce festival par une bonne et profonde sodomie. La seule différence étant que maintenant Marie ne jouissait plus en se branlant. Elle ne jouissait plus du tout.
Putain de maladies !
Ensuite viendra l’heure de la seconde douche. Chacun savonnerait l’autre, chacun rincerait l’autre. C’était devenu un acte banal, presque un remerciement. Mais plus maintenant. Du moins pour Marie qui sait que ce rituel sera le point de départ du second round. Car il est ainsi Albert, insatiable de la femme qu’il aime.
Putain de maladies !
Pour le connaître que trop, Marie sait que son mari profitera encore d’elle. D’abord lorsqu’elle se séchera les cheveux. Plaqué contre elle, il lui agacera les seins. Parce qu’il est comme ça Albert. Parce que quand il aime, il va jusqu’au bout des choses.
Qu’elle a aimé, pourtant, sentir ses mains lui effleurer, plus que lui agacer, ses deux pointes jadis très gourmandes et friandes d’attention, afin de les rendre réceptives, très réceptives, même, mais plus maintenant.
Putain de maladies !
Elle ne sait que trop qu’il va en vouloir encore, encore plus, car il est comme ça, Albert, sans fin. Elle aura beau abréger ce séchage, être hirsute qu’il la trouvera belle, presque encore plus désirable avec les cheveux en bataille. Elle aura beau se délecter d’une envie sucrée qu’Albert assouvira, d’une envie plus primaire, plus primordiale. Il lui dévorera le sexe. Un sexe froid, sec et fermé à toutes attentions, mais un sexe qu’il a toujours tant et tant choyé qu’il ne peut toujours pas s’en abstraire tant il en est addict. Bien plus qu’un alcool fort que Marie tentera en vain de lui faire boire.
Putain de maladies !
Ce verre, ce sera elle qui la boira. Elle qui s’en resservira un autre, puis un autre. Ce sera elle qui s’enivrera le corps, non de la chaleur qu’elle ressentait jadis lorsque son mari s’abreuvait aux creux de ses lèvres, mais du feu qui lui brûlera les papilles, puis le gosier jusqu’à lui tourner la tête. À mesure qu’elle se saoulera, à mesure qu’il la sucera, elle fera son possible pour ne pas pleurer, pour ne pas abréger d’un stop cette soif.
Ce sera les yeux brillants qu’elle lui dira « viens », et qu’ils monteront. Elle le devancera, sachant que son mari appréciera de se régaler du cul qu’elle dandinera devant lui, sachant qu’elle ne fera qu’attiser le moment tant redouté, mais elle est ainsi, Marie, trop aimante et aimée pour ne pas s’offrir à celui qui la comble d’un amour sans faille ; quitte à souffrir le martyre.
Putain de maladies !
Pompette, plutôt que de se coucher, elle se laissera tomber sur le lit. Les yeux fermés, la tête qui tourne, elle attendra. Elle attendra qu’Albert se repaisse de la contempler, parce qu’il est comme ça, Albert, jamais repu. Même après tant d’années, même si elle n’a plus la même jeunesse de corps que lors de leur rencontre, elle sait qu’il va la détailler comme au premier jour, comme au premier soir, parce qu’ils sont comme ça, Marie et Albert, sans cachotterie, sans besoin de masquer leurs rides ou leurs ventres arrondis avec le temps. Parce qu’ils s’aiment toujours, peut-être même plus qu’au premier jour. Parce qu’ils apprécient ce qu’ils sont devenus, avec le temps, ensemble.
Putain de maladies !
Excité comme jamais, ou plutôt comme toujours, Albert la couvrira de baisers. Pas un centimètre carré du corps de son épouse ne sera épargné. Elle le sait, et elle lui facilitera la tâche en prenant les poses.
D’abord, lui tendre son pied, qu’il bisoutera, qu’il léchera même entre chaque orteil avant de laisser traîner sa langue jusqu’en haut de sa cuisse. Évidemment, le gauche sera aussi cajolé et humide avant qu’il ne s’attaque aux deux monts qu’il a tant et tant gravis.
Albert a toujours été un grand adorateur des fortes poitrines, et qu’importe si aujourd’hui le bonnet E de son épouse n’a plus le même maintien qu’auparavant. Albert s’en repaîtra jusqu’à la satiété. Non pour lui, mais pour elle qui ne pourra plus supporter le moindre attouchement. Pourtant, tous deux savent combien ils appréciaient les longs agacements, léchages et autres aspirations ou pincements en guise de préliminaires, ces deux seins jadis fort sensibles et demandeurs.
Putain de maladies !
Pour autant, Albert n’ira pas jusqu’à l’indigestion. Il sait aujourd’hui qu’il ne doit plus, qu’il ne peut plus s’en délecter à outrance. Tout comme Marie, même si elle regrette de ne plus ressentir le plaisir qui l’emportait de cette faim de téter, de grignoter, et de pétrir ces deux sommets.
Putain de maladies !
C’est pourquoi, lasse de tant d’attentions, excédée de ne rien, ne plus rien ressentir, elle lui dira :
Albert saura alors que c’est la fin. Il saura qu’il a trop fait durer, alors il ira chercher les dés, et chacun en jettera deux. Si une espérera sortir deux « six », l’autre rêvera de quatre « un ». Deux utopies diamétralement opposées, or si complices, malgré tout.
Putain de maladies !
Puis la vie reprendra son cours. Marie regardera son mari se masturber, et Alfred alignera des croix, parce qu’à chaque jour sa croix, et que chaque croix est un espoir qui se raproche, se dira-t-il en lisant le journal de la veille tout en trempant le pain de la veille dans un café très corsé et beaucoup trop chaud. Et, comme depuis longtemps, il maintiendra son érection de quelques caresses jusqu’à ce que Marie le rejoigne. Elle trempera ses biscottes, et à la dernière bouchée elle lui prouvera tout l’amour qu’elle lui porte d’un simple « c’est bon ». Connaissant la prochaine date, Albert répondra « oui, très », avant de jouir.
Putain de maladies !
P.-S. :