| n° 21553 | Fiche technique | 36392 caractères | 36392 6327 Temps de lecture estimé : 26 mn |
19/02/23 |
Résumé: Audrey sait ce qu’elle veut. En rentrant de leurs vacances aux Antilles, elle envisage déjà ses prochaines vacances en Asie. Julien est trop confiant, seule excuse, il est amoureux. | ||||
Critères: fh extracon vacances amour massage caresses confession nostalgie -extraconj | ||||
| Auteur : Patrick Paris Envoi mini-message | ||||
| Épisode précédent | Série : Souvenirs de vacances Chapitre 02 / 02 | FIN de la série |
Amis lecteurs, dans les commentaires reçus pour mon dernier récit « Ce que femme veut », beaucoup ont réclamé une suite dans laquelle Julien apprendrait son infortune.
Sa femme Audrey l’a trompé avec Gabriel, le copain de son amie. Comment réagirait-il ? Pardon, séparation, vengeance ?
Cette suite de l’histoire de Julien et Audrey va-t-elle correspondre à votre attente ?
Comme beaucoup d’auteurs, j’aime créer la surprise. Le plus important n’est-il pas de provoquer une émotion ?
Souvenez-vous. En rentrant des Antilles, Audrey envisage ses prochaines vacances en Asie. Julien est trop confiant, seule excuse, il est amoureux.
De retour de Guadeloupe, la vie d’Audrey et de Julien a repris son cours, métro, boulot, câlin, dodo.
À la seule différence que tous les soirs, Julien prend un plaisir nouveau à regarder Audrey se dévêtir, exposant sa chatte bien lisse, beau souvenir de leurs vacances. Et tous les dimanches matin, elle s’attarde dans la salle de bain à chasser les poils superflus.
Ça ne dura pas longtemps, son pubis reprit peu à peu sa toison brune habituelle, en attendant l’été.
Lors d’un week-end prolongé du mois de mai, alors qu’ils prenaient le petit-déjeuner sur la terrasse face à la mer du logement loué à Saint-Valery dans la baie de Somme, Audrey s’enquit de leurs prochaines vacances :
Prouvant ainsi qu’elle avait de la suite dans les idées.
Comme Audrey, Julien aime les voyages. Après avoir visité le Machu Picchu, l’an dernier, et les Grands Parcs de l’Ouest américain il y a trois ans, pourquoi pas en Asie, le choix était large.
Comme à son habitude, Julien fait confiance à Audrey. Elle semblait avoir une idée bien arrêtée. Regardant le site de Météo France, elle décréta que l’été n’était pas la période idéale, ils décidèrent de décaler leurs vacances au mois de novembre.
Mon chéri n’a pas été difficile à convaincre. Je crois qu’il a une petite préférence pour le Vietnam. On verra.
Je me souviens d’un copain de promo qui avait les yeux bridés… De quel pays était-il ? Je crois ne l’avoir jamais su. Je me souviens vaguement de lui. Avec nostalgie, je repense à ses années d’insouciance :
Jérôme tient à jour l’annuaire des anciens, il n’a aucun mal à me communiquer les coordonnées de Thuan. J’apprends qu’il est Cambodgien, et qu’il travaille actuellement à Bangkok. Je n’entends pas les questions de Julien, déjà je pianote sur mon ordinateur pour lui envoyer un message.
Dès le lendemain, la réponse de Thuan est enthousiaste, content de pouvoir nous accueillir et nous faire visiter la région. Il m’explique que sa société à Phnom Penh l’a envoyé à l’agence de Bangkok, après avoir passé deux ans en Indonésie. Étant célibataire, sans attache, cela lui permet de voyager.
Nous échangeons plusieurs messages pour organiser notre voyage. Enfin, c’est moi qui suis en contact avec lui. On en profite pour évoquer quelques souvenirs de notre vie d’étudiants, il me rappelle certaines soirées que j’aurais préféré oublier. Heureusement que Julien ne lit pas nos échanges.
Il me laisse décider. Seule demande de sa part : pouvoir se reposer au soleil, à Pattaya ou à Phuket. Le fantasme de tous les mecs… mais je serais là. La plage au soleil me convient, je pourrais ainsi retrouver mon bronzage antillais, en espérant que les plages thaïlandaises soient aussi accueillantes que celles en Guadeloupe. La veille de notre départ, mon rasoir fait des merveilles, pour le plus grand plaisir de mon chéri.
Après consultation d’Internet, du Routard et de Thuan, notre programme est arrêté. Thuan étant en déplacement à notre arrivée, nous irons directement à Phuket, et le retrouverons après à Bangkok. D’ailleurs, il se propose de nous servir de guide. Il nous a réservé une chambre dans un bel hôtel pas très loin de chez lui, moins cher que sur Booking, et a contacté une agence locale pour un circuit dans le pays. Sympa, le copain, j’ai hâte de le revoir.
Dans l’avion en direction de Bangkok, un peu anxieuse, je récapitule le contenu des valises, nos maillots, mes t-shirts, ses chemises, ses shorts… ai-je oublié quelque chose ? Je ne crois pas. Les billets, les réservations, c’est Julien qui gère, je suis tranquille, je peux compter sur lui.
Mon esprit s’envole vers nos dernières vacances. J’en ai bien profité. Quelle sensation de nager sans maillot ! Sentir l’eau glisser sur la peau nue, sentir les regards au bord de la piscine chez nos amis ou sur la plage, je n’avais jamais rien éprouvé de semblable. Toutes les femmes étaient dans la même tenue, je n’avais pas l’impression de m’exhiber. Pourtant, j’ai bien vu que Julien était irrité, j’ai fait semblant de ne pas m’en apercevoir. Pas grave, je ne faisais rien de mal, à lui de m’en parler. Il n’a jamais rien dit, certainement trop occupé à mater Myriam ou les jolies Antillaises.
Ce qui s’est passé le dernier jour, je ne veux plus y penser. Je ne voulais pas tromper Julien, mais je l’ai fait. Gabriel était un bon coup, ça, je ne peux pas le nier, mais quand j’y pense, je m’en veux, je n’aurais pas dû. D’accord, j’avais un peu abusé du punch, les danseurs m’avaient chauffée, mais tout de même, ce ne sont que des excuses. Heureusement que Julien ne le sait pas.
Ridicule, la proposition de Myriam. Elle a tellement insisté, cela semblait si normal, j’ai perdu la tête. Juste pour savoir comment baise un black, quelle bêtise ! Elle voulait surtout faire un cadeau à Gabriel.
Maintenant, il faut que j’oublie, ressasser le passé ne sert à rien. Ce qui est fait est fait, j’ai bel et bien trompé Julien. Je n’allais pas tout lui raconter… ça aurait servi à quoi ? Inutile de créer des problèmes pour rien. Et en plus, tel que je le connais, il en aurait souffert.
Avec le recul, je mesure le risque que j’ai pris, Julien pouvait monter me voir d’un instant à l’autre. Sur le coup, je n’y ai même pas pensé, trop confiante en Myriam. J’en tremble encore, s’il était arrivé au mauvais moment.
En me croyant malade, il était affolé, le pauvre. Quel amour ! C’est là que j’ai réalisé ce que j’avais fait, j’ai eu honte de la comédie que je lui jouais. Mais je devais la jouer jusqu’au bout, pour le protéger.
Julien, mon chéri, pardonne-moi ! Oh ! Il s’est endormi devant un film. J’éteins son écran, pose ma tête sur son épaule, et le rejoins dans ses rêves.
---oOo---
Enfin, Bangkok. Trois heures d’attente à l’aéroport, changement d’avion. Dans un peu plus d’une heure, nous arriverons à Phuket, dont le seul nom fait rêver, enfin, surtout Julien.
Un peu de repos après une année aussi trépidante nous fera du bien. L’hôtel est à la hauteur de nos espérances, un 5 étoiles, une grande chambre vue mer donnant sur une immense plage, belle piscine et resto gastronomique. Un petit paradis.
Le lendemain de notre arrivée, levé tardif à cause du décalage horaire. Après un copieux buffet au petit-déjeuner, je vais directement à la piscine avec les rares touristes qui ont boudé la plage. J’ai hâte d’étrenner mon nouveau bikini acheté dans une boutique à Paris. J’avais longtemps hésité, j’ai choisi le plus petit malgré le regard que m’a lancé Julien. Quel rabat-joie !
Après-midi plage, beaucoup de monde. Pour retrouver le bronzage de l’an dernier, je retire mon haut de maillot sans réfléchir. Julien me sourit. Il doit être déçu : aucune petite Thaïlandaise en vue pour lui montrer ses charmes.
Une fois étendue sur ma serviette, je remarque que peu de femmes sont seins nus, tous les regards sont braqués sur moi. Autant l’an dernier ça me plaisait, ça m’excitait, autant là je suis gênée.
Je ne veux pas être la seule à montrer mes nichons, non mais ! En allant dans l’eau, je remets négligemment mon haut, que je ne quitterais plus au grand désespoir de mes admirateurs. Le souvenir de l’an dernier chez Myriam me fait sourire, ce n’est pas ici que je pourrais bronzer mes fesses.
Nous n’allons pas passer toutes nos vacances à la plage. Un jour en fin d’après-midi, nous décidons de visiter la ville, les boutiques, les enseignes, les petits restaurants, les odeurs, enfin plonger dans l’ambiance grouillante des rues. Nos pas nous portent rapidement dans le quartier chaud de Phuket bien connu des touristes. Le paysage change : folklore classique de ce genre de lieu, des néons, des femmes toutes plus mignonnes les unes que les autres, peu vêtues. Julien ne sait plus où donner de la tête. À plusieurs reprises, je dois le tirer de sa rêverie lorsqu’il s’attarde un peu trop sur les petites Thaïes qui attendent le client à l’entrée de bars plus ou moins louches.
Une affiche l’attire, publicité pour un institut de massage, il m’interroge du regard. Je ne suis pas contre, mais pas ici, si nous ne voulons pas ramener une saloperie à Paris. Notre hôtel a un espace spa-sauna avec un salon de massage certainement plus sérieux. Rendez-vous est pris pour le lendemain.
Nous sommes accueillis par une charmante hôtesse en kimono. Large choix de prestations, nous choisissons un massage en duo pour ne pas nous quitter. Accompagné par deux jeunes femmes en robe longue moulante, fendue jusqu’à la taille, je suis un peu mal à l’aise dans cet univers feutré que je ne connais pas. Julien semble content d’être là, il sourit bêtement, je préfère ne pas savoir ce qui lui passe par la tête.
Allongés sur le ventre, l’un à côté de l’autre sur deux tables jumelles, ma masseuse glisse délicatement un petit coussin sous ma tête. Un coup d’œil à côté de moi, Julien est ravi, il me sourit tandis que sa masseuse lui fait couler de l’huile sur le dos. Je lui saisis la main et ne le quitte plus des yeux. Non pas que je sois jalouse, mais je fais attention, nuance.
Pendant une demi-heure, nous sommes malaxés, pétris, dessus, dessous. Sans être érotique, le massage est très sensuel. Groggy, les muscles douloureux, mais ça fait tellement de bien, après.
Détente après le massage, nous somnolons dans une demi-obscurité, la main dans la main. L’hôtesse revient, la séance est terminée :
Nous nous retrouvons seuls. Je suis obligée de freiner mon chéri dans son élan, sa masseuse lui a donné des idées :
Nous n’avons pas attendu la soirée. Nous nous sommes retrouvés sur notre lit en guise d’apéritif, avant de descendre dîner.
---oOo---
La semaine est vite passée.
De retour à Bangkok, Thuan nous accueille chaleureusement. Nous avons juste le temps de déposer nos valises dans l’hôtel qu’il nous a réservé, il veut nous faire connaître un restaurant renommé de la ville. Nous le suivons aveuglément, comment fait-il pour se repérer dans toutes ces rues. Joli décor, ambiance typique, devant un menu incompréhensible, Thuan nous conseille, la cuisine est raffinée, succulente. Il nous apprend que le même établissement, l’Éléphant bleu, existe à Paris, près de la Bastille. Julien promet de m’y emmener en rentrant.
Audrey n’a pas perdu son temps à Paris pour organiser notre séjour. Thuan a tout prévu, il nous a réservé un circuit avec un tour-opérateur local. Toute la soirée, il vante les sites que nous allons visiter, jusqu’à Ching Maï, une ville du nord, et retour en avion. Encore un avion local… je m’en serais bien passé.
Le lendemain matin, nous sommes prêts, un bus vient nous chercher à l’Hôtel. Thuan nous présente notre guide, une charmante jeune femme qui nous salue les mains jointes en se penchant vers nous :
Elle se présente Bào Châu, prénom assez répandu en Thaïlande. Elle a tapé dans l’œil de Julien dès la première minute. Et lui qui se met à faire le joli cœur. Ah ces hommes !
Nous faisons connaissance avec les autres membres du groupe, certains étaient hier à la piscine. Après la présentation faite autour d’un verre de bienvenue, nous passons à table, le départ est prévu en début d’après-midi.
J’aurais dû m’y attendre, Julien s’est débrouillé pour s’asseoir à côté de notre guide thaïe, ben voyons ! Ce soir, mon vieux, tu vas m’entendre.
Circuit traditionnel… rien ne manque : une balade en Calèche, un marché flottant, une école, un repas chez l’habitant, et des palais, des temples et des Bouddhas, plein de Bouddhas. On en a vite une indigestion, mais les photos seront belles.
---oOo---
Une heure de vol depuis Ching Maï. Pas le temps d’un petit somme, nous descendons sur Bangkok. Le plus long, attendre les bagages, en espérant qu’ils ne sont pas perdus… toujours le même stress.
Thuan attend notre bus devant la porte de l’hôtel. Il nous accueille à bras ouverts, enfin, surtout moi, avec deux grosses bises, et m’aide à porter ma valise.
Pas de chance, dans le hall, Julien se tord la cheville, il a du mal à se relever. Heureusement, Thuan est là, il m’aide à le soutenir pour regagner notre chambre. Si c’est une entorse, il va avoir du mal à marcher, la fin de nos vacances risque d’être gâchée. Thuan nous conseille un masseur local qui devrait pouvoir le soulager. Sans attendre, il le contacte pour nous, son français étant très approximatif. Rendez-vous est pris, demain à l’hôtel dans l’après-midi.
Thuan devait nous faire visiter la ville. La journée tombe à l’eau, Julien est bloqué, pas de visites possibles. Avec un grand sourire, il me rassure :
Je l’ai toujours dit, Julien c’est un amour. Dans la matinée, je pars donc avec Thuan, en espérant que le masseur fera des miracles et que mon chéri pourra venir avec nous demain.
Thuan connaît toute la ville, quel guide merveilleux ! Bangkok grouille de monde, au détour d’une rue, il ne manque aucune anecdote amusante ou croustillante. Nous rions aussi de bon cœur aux souvenirs des années passées à Paris. Puis, il me parle de son pays, le Cambodge, de la présence française du temps de l’Indochine, de la triste période des Khmères rouges quand ses grands-parents ont été déportés avec les millions d’habitants de Phnom Penh.
Il est touchant. Dans chaque temple, et il y en a beaucoup, il prend quelques minutes pour une prière à genoux devant une statue de Bouddha, et n’oublie jamais de laisser une offrande. Je m’éloigne un peu pour ne pas le déranger.
Incontournable moyen de transport local, le tuk tuk, Thuan décide d’en prendre un pour nous mener au Grand Palais. Peu de place, serrés l’un contre l’autre, je suis troublée par sa cuisse collée à la mienne, sans pouvoir me reculer.
Après une visite rapide du Palais et de ses jardins, balade en bateau sur le Klong, les canaux qui traversent la ville. Pour me montrer un temple au loin, Thuan se rapproche de moi et pose son bras sur mes épaules. Au début, je n’y fais pas attention, mais très vite, le même trouble s’empare de moi, ce n’est pas désagréable. Je me rapproche un peu plus de lui, sentant une douce chaleur m’envahir.
Sillonnant la ville, combien de kilomètres avons-nous parcourus ? Je commence à en avoir plein les jambes. Thuan me propose d’aller prendre un verre au Café tenu par un ami :
Sans attendre ma réponse, il me tire par la main et m’entraîne dans les petites rues. Je le suis sans poser de question.
Quand Audrey a une idée en tête, impossible de lui faire changer d’avis, alors, autant être d’accord tout de suite. Lorsqu’elle m’a proposé ce voyage en Asie, je n’ai pas discuté.
J’avais une préférence pour le Vietnam, souvenir de mon premier amour. Linh avait 16 ans, j’en avais 17, nous entrions en classe de seconde. Qu’elle était belle ! Ses yeux en amande, ses cheveux de jais, un petit bout de femme comme je les aime. Je suis tombé amoureux le premier jour où je la vis.
Ses lèvres fraîches m’apprirent comment embrasser. Je m’enivrais de son odeur, de ses petits seins que je découvrais sous son pull au cinéma, et la douceur de sa chatte, quand ma main dans sa culotte s’égarait dans sa toison que j’imaginais aussi noire que ses cheveux. J’étais surpris, elle avait le sexe lisse, sa peau élastique, et tandis que mes doigts se faufilaient entre ses lèvres intimes, je sentais sa respiration dans mon cou. Elle me serrait le bras… Heureusement qu’il y avait peu de monde aux séances de l’après-midi.
Premier flirt, nous étions jeunes, sans expérience. À l’étroit dans mon pantalon, j’espérais que sa main… Elle n’a pas osé. Malgré mon envie, je n’ai pas osé non plus le lui demander. Quelques mois plus tard, après les vacances de Noël, elle avait disparu, son père ayant été muté dans une autre ville. Je ne l’ai jamais revue. Son visage s’est effacé de ma mémoire, mais je ressens toujours la douceur de sa peau au bout des doigts.
J’ai proposé à Audrey le Vietnam du bout des lèvres, je ne pouvais pas lui avouer le pourquoi de ma préférence, à elle de choisir.
Elle aussi avait des souvenirs, un copain de promo. Rapidement, elle réussit à entrer en contact avec lui. Thuan, c’est son nom, habite Bangkok. Elle a alors décidé qu’on irait en Thaïlande. Va pour la Thaïlande, tant pis pour le Vietnam, ce sera pour une autre fois.
Audrey a tout prévu, tout organisé avec son ami, Thuan, avec qui elle a échangé de nombreux messages.
En arrivant à Bangkok, à la sortie de l’avion, une bouffée d’air chaud nous accueille, ce n’est pas le temps que nous avons laissé à Paris. Le voyage n’est pas terminé, direction Phuket… À nous les petites Thaïlandaises !
Mon amie Laetitia, grande voyageuse, m’avait prévenu avant le départ : « Attention à ne pas te faire arnaquer par un chauffeur de taxi, il va vous proposer de vous emmener dans le magasin d’un ami qui vous fera des prix, arnaque classique. »
Sur son conseil, nous avons emporté toute une batterie de crèmes antimoustiques, si nous ne voulons pas être mangés tout cru par des insectes voraces, et surtout « attention à la tourista si tu bois de l’eau, mais avec toi pas de risque ».
Elle termina en me faisant un clin d’œil complice :
Je me sentis rougir, comment avait-elle pu deviner mes pensées ?
---oOo---
Phuket, un nom qui me faisait rêver. Notre voyage commence par un repos bien gagné sur une plage paradisiaque. Dommage, les seins nus ne sont pas les bienvenus, ni à la plage ni autour de la piscine de l’hôtel. Audrey doit y renoncer… Pas question d’exhiber sa poitrine, encore moins sa foufoune ! Elle qui ne voulait pas de marques de bronzage, c’est raté !
Je me délecte tout de même à mater les petites Asiatiques en microbikini. Chinoises, Thaïes, Vietnamiennes, Coréennes ? Comment savoir, elles se ressemblent toutes. Surpris par le regard parfois agacé de ma douce et tendre, je tourne la tête comme un gamin pris en faute.
Passage obligé, l’inévitable massage thaïlandais. J’y pense depuis qu’Audrey a décidé du lieu de nos vacances. Dans le quartier chaud pour touristes, au milieu des boutiques de souvenirs et des bars un peu louches, je suis attiré par la publicité des salons de massage et par les jolies Thaïlandaises en petite tenue qui proposent leurs services.
Mais Audrey veille, elle me tire par le bras, me traitant de cochon. Ce sera à notre hôtel ou rien. Je me doutais bien qu’elle n’accepterait pas un massage érotique… dommage !
Dans l’espace bien-être de notre hôtel, nous avons choisi un massage duo, allongés l’un à côté de l’autre. La jolie Thaïlandaise qui s’occupe de moi est bien mignonne, elle me fait rêver. Mon esprit s’envole vers Linh, mon amour de jeunesse. En fermant les yeux, j’ai 17 ans, je suis amoureux, ce sont ses mains qui me massent, ses mains qui me font bander.
Une chance, Audrey ne s’en aperçoit pas, pourtant elle n’arrête pas de jeter des coups d’œil inquiets vers moi. Que pourrait-elle dire ? Je vois bien qu’elle aussi apprécie la douceur de sa masseuse, je ne la savais pas comme ça. Chacun son fantasme, je suis certain qu’elle aurait préféré qu’un beau masseur s’occupe d’elle, un beau masseur bien musclé. Elle ne l’avouera jamais.
En prenant notre douche ensemble, si Audrey ne me retenait pas, je crois que je l’aurais prise sur place… Et tant pis si nous étions surpris ! Elle est trop sage, ma chérie.
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Entre la plage, la piscine et les buffets, la semaine est passée très vite, trop vite. Nous avons repris l’avion pour Bangkok, un peu déçu de ne pas rester plus longtemps.
Les formalités à l’aéroport sont plus longues que le vol. Une heure plus tard, nous découvrons Thuan venu nous chercher. Je doute qu’Audrey l’ait reconnu s’il n’avait eu une petite pancarte. Lui fait semblant, se montrant un peu trop enthousiaste, il prend Audrey dans ses bras pour lui faire trois bises, comme de vieux amis qui se retrouvent.
Notre hôtel est magnifique. Audrey avait passé des heures sur Internet pour le choisir. En plus, il est bien situé, à deux pas de chez Thuan.
Juste une nuit, notre circuit démarre demain. Ce soir, Thuan nous fait connaître la vraie cuisine thaïe, pas celle des restaurants pour touriste, un régal.
Audrey et Thuan passent la soirée à se remémorer le nom de leurs amis communs, le nom des profs, et quelques anecdotes que je n’avais jamais entendues. Je suis d’une oreille distraite attentif à savoir si, malgré ce qu’Audrey m’a assuré, il n’y a pas eu au moins un petit flirt entre eux. Je me fais des idées.
Demain, le départ est à midi, pas besoin de se lever tôt.
À l’arrivée du bus, notre guide, une femme encore jeune nous salue et se présente, Bào Châu. J’appris par la suite que cela signifiait « Perle précieuse », ça lui va bien.
Nous allons passer dix jours avec elle, je craque déjà pour son sourire et ses yeux en amande. Pour notre premier repas, elle vient s’asseoir à côté de moi, me pose mille questions sur la France, elle veut tout savoir. Audrey me fusille du regard. À l’avenir, il faut que je sois plus discret.
Avant de partir, Bào Châu, toujours souriante, nous donne des détails sur ce que nous allons visiter ensemble. Je suis sous son charme, bercé par sa petite voix aiguë caractéristique des Asiatiques. Si je n’étais pas marié, si Audrey n’était pas là, si j’étais plus jeune… Fantasme, fantasme.
Circuit classique illuminé par le sourire de notre guide. Au retour à Bangkok, le groupe se sépare. Après échange de nos e-mails, chacun repart en se jurant de s’écrire, de s’envoyer des photos, sachant que personne ne recontactera jamais personne.
Je quitte ma guide avec un brin de tristesse, sans oser lui faire la bise devant Audrey qui me surveille du coin de l’œil.
En nous retrouvant, Thuan, lui, ose faire la bise à Audrey qui semble heureuse de le revoir. Il va nous faire visiter sa ville pendant les trois jours qui nous restent.
Manque de chance, dans le hall de l’hôtel, je me prends les pieds dans je ne sais quelle valise, patatras par terre, j’ai l’air malin. Impossible de marcher, cheville tordue. Il faut que l’on m’aide à regagner notre chambre. C’est bien ma veine, avec le programme que nous avons prévu.
Thuan, jamais à bout de ressources, me conseille de voir un de ses amis, pas un kiné diplômé, non, moitié masseur moitié rebouteux :
Je n’aime pas trop ce genre de charlatan, mais qu’est-ce que je risque ? Déjà, Thuan téléphone pour me prendre un rendez-vous.
Je suis un peu triste pour Audrey qui s’était faite une telle une joie de visiter Bangkok que je ne veux pas la priver :
Le lendemain, impossible de poser le pied par terre. Thuan vient chercher Audrey en début d’après-midi. Je regrette un peu de ne pas pouvoir aller avec eux, si j’étais moins maladroit. Audrey semble excitée de partir à la découverte des richesses de la ville avec son ami, ils pourront aussi parler tranquillement de leur vie d’étudiants à Paris.
En attendant, moi, je vais pouvoir me reposer.
Thuan me tient toujours par la main. Un peu perdu dans ces rues qui se ressemblent toutes, je ne sais pas où il m’emmène ni où se trouve notre hôtel.
En passant devant une terrasse pleine de touristes, je m’arrête :
Flegme asiatique, il doit être un peu déçu, mais ne le montre pas. En buvant un petit alcool local, Thuan me parle de sa vie à Bangkok, de sa solitude. Il a hâte de retourner chez lui, revoir ses parents.
En parlant, il pose la main sur la mienne. Surprise par ce geste familier, une petite pression me fait sentir que ce n’est pas un hasard. Je bafouille :
J’ai l’impression qu’il rougit, que c’est mignon !
Encore troublée par sa déclaration, je me lève d’un bond :
Je retrouve mon chéri allongé sur notre lit, il joue à un jeu idiot sur sa tablette en nous attendant. Sa cheville ne lui fait presque plus mal, le masseur est passé par là.
Thuan sourit à Julien :
Pour le remercier, Julien l’invite au restaurant. À cause de son pied, nous restons à l’hôtel, soirée agréable où nous refaisons le monde.
Le soir, j’ai envie de mon chéri, il faut qu’il se montre à la hauteur, sinon je vais regretter d’avoir été si sage.
Les vacances passent toujours trop vite, après une nouvelle journée de visite, il va falloir reprendre le boulot. Thuan nous accompagne à l’aéroport, c’est le moment des adieux, il me prend dans ses bras. En nous faisant la bise, nos lèvres se frôlent. Je sais à quoi il pense, son regard en dit long, je lui adresse mon plus beau sourire. Adieu, nous ne nous reverrons probablement jamais.
Thuan, je n’aurais jamais cru ça de lui, si j’avais voulu. C’était peut-être un bon coup lui aussi, j’aurais peut-être dû… Julien ne l’aurait pas su. Mais je ne veux plus le tromper, surtout qu’il souffrait de sa cheville le pauvre. Profiter d’un handicapé, ce n’est pas bien.
Enfin, il l’aurait mérité, il a fait les yeux doux à notre guide durant tout le circuit, elle était charmante, cette petite, et c’est un grand sentimental. Mais je n’avais rien à craindre, il m’aime mon chéri, comme je l’aime.
Douze heures de vol pour Paris, un vol direct, heureusement. On va être crevé demain, surtout avec le décalage horaire. Nous passerons sûrement notre journée au lit… pas que pour dormir.
Audrey et Thuan viennent de partir visiter Bangkok. Je me repose sur notre lit en attendant mon charlatan, non, il ne faut pas l’appeler comme ça, si j’en crois Thuan, il a un don. J’espère pouvoir marcher demain, pour ne pas perdre les jours de vacances qui me restent.
On frappe à la porte, c’est lui.
Surprise, mon masseur est une masseuse. Double surprise, c’est notre guide, Bào Châu, ma jolie Thaïe.
Et elle rajoute :
Je m’exécute, pas très à l’aise. Ses mains sont fraîches, fermes. Pendant qu’elle me triture le pied dans tous les sens, déclenchant une douleur de temps à autre, elle me parle d’elle, de sa vie à Bangkok. Ses mains remontent le long du mollet, de la jambe. Mais… Je bande, pourvu qu’elle ne s’en aperçoive pas.
Un peu gêné tout de même, j’enlève ma chemise :
Sur le ventre, je n’ose bouger. Ses mains sont douces, le dos, les épaules, alternant massage léger et énergique. Une douce chaleur m’envahit.
Je sursaute un peu en sentant ses mains sur mes fesses. Elle me frôle, passant d’une fesse à l’autre. Me faisant légèrement écarter les jambes, elle me caresse l’intérieur des cuisses, effleure mes couilles du bout des doigts, m’agaçant avec ses ongles. Un frisson me traverse de la tête aux pieds, la réaction est immédiate. Elle doit se rendre compte de l’effet produit :
C’est plus une constatation qu’une question. Une petite claque sur les fesses :
Réflexe bête, je pose mes mains devant moi. Surprise, sa robe est sur la chaise, elle est entièrement nue, une taille de guêpe, de charmants petits seins, un petit triangle noir orné d’une fine toison. Sur un petit nuage, je la laisse faire, elle est experte.
Rapidement, après un semblant de massage, elle se saisit de ma queue, me branle lentement et me chuchote dans le creux de l’oreille :
Bien sûr, je veux, ma tête est en ébullition. Sans réfléchir :
Elle tend sa main ouverte montrant ses cinq doigts. Je crois comprendre. Je dépose un billet de 50 dollars sur la table de nuit. Elle me sourit discrètement.
Sans attendre, elle revient à son ouvrage. Quelques coups de langue sur le gland, satisfaite du résultat, elle m’équipe d’un préservatif sorti de je ne sais où, et s’allonge sur moi. Ses seins fermes, ses cuisses, la douceur de sa toison sur mon ventre. Je la serre contre moi, prends ses seins à pleines mains, joue avec ses tétons, et l’embrasse dans le cou. Elle se laisse faire, semblant apprécier mes caresses.
Elle se positionne, quelques mouvements de reins, je la pénètre sans avoir besoin de ne rien faire. Sa respiration s’accélère, elle se colle à moi sans bouger, sa tête au creux de mon épaule. Je la retourne lentement pour me trouver au-dessus d’elle, maintenant c’est moi qui dirige, c’est moi qui lui fais l’amour. En caressant sa poitrine si menue, j’essaie de l’embrasser, elle tourne la tête, pas sur la bouche… c’est vrai, une professionnelle n’embrasse pas. Elle bloque mes hanches avec ses cuisses. Je commence alors un long va-et-vient, qui rapidement me fait remplir le préservatif.
A-t-elle joui ? Sûrement pas, pas une professionnelle. Pourtant, un petit rictus lui déforme le visage, elle semble heureuse, comme une femme comblée.
Une bise sur la joue, sa prestation est terminée. Elle se lève, direction la salle de bain :
En entendant la douche couler, j’essaie de la rejoindre, mais j’ai encore du mal à poser mon pied par terre. Déjà, elle revient, le mirage est terminé, elle a enfilé sa petite robe. J’ai l’air un peu con, nu debout devant elle :
Elle m’oblige à m’asseoir au bord du lit et s’assoit à côté de moi :
Et sans attendre ma réponse, elle se jette à mon cou et colle ses lèvres sur les miennes dans un long baiser. Ses lèvres sont fraîches, mais le bonheur n’a qu’un temps :
Je la suis sans me préoccuper de mon pied, et l’attrape par le bras pour lui rendre son baiser qu’elle n’essaie pas d’éviter. Sur le pas de la porte, elle se blottit dans mes bras. Ses yeux plongent dans les miens quelques secondes… pourquoi cette tristesse ? Après avoir posé furtivement ses lèvres sur les miennes, elle s’enfuit dans le couloir :
Je ne peux détacher mes yeux de sa gracieuse silhouette. Elle se retourne rapidement en arrivant devant les ascenseurs, un sourire, un petit signe de la main, au revoir, Bào Châu, ma belle guide, je ne t’oublierais pas.
En refermant la porte, je remarque le billet sur la table, elle n’y a pas touché. Je m’en saisis, et bondis pour la rattraper, mais déjà l’ascenseur l’emmène, je ne la reverrais jamais.
Je reste penaud, les bras ballants.
Un regard sur le réveil, il me reste une bonne heure pour tout remettre en place. J’ai même le temps d’appeler la réception pour faire changer les draps de notre lit. Service impeccable, dix minutes après, toute trace est effacée. J’ai vraiment rêvé.
Je suis sur notre lit à attendre le retour d’Audrey, en jouant à mon jeu favori sur ma tablette, quand la porte s’ouvre. Thuan accompagne toujours ma chérie :
Pour remercier Thuan de sa discrétion, je veux l’inviter au restaurant. Difficile de sortir à cause de mon pied, nous dînons donc tous les trois à l’hôtel. Audrey me raconte sa journée et me montre quelques photos, elle remercie Thuan de l’avoir accompagnée en lui faisant la bise.
Une fois couché, je sens encore une douleur à la cheville, mais cela ne m’empêche pas de répondre avec entrain aux avances d’Audrey, ce soir, elle est vraiment en forme, un vrai festival.
Le lendemain, la douleur a disparu. Nous jouons aux touristes toute la journée. Audrey semble ravie, elle boit les paroles de Thuan. Il n’oublie rien, le Bouddha d’émeraude, le Bouddha couché, et tous les temples dont je n’arrive pas à retenir le nom.
Plus qu’un jour, le départ est pour demain. Thuan a promis de nous accompagner à l’aéroport.
Après déjeuner, tranquillement allongés au bord de la piscine, nous profitons une dernière fois du soleil.
Je repense à Bào Châu, à cette dernière image quand elle a disparu dans le couloir. Qu’elle était belle, ma jolie Thaïe ! Ses mains, ses seins, son ventre, la douceur de ses lèvres. Heureusement qu’Audrey ne me regarde pas, je dois avoir un sourire béat.
Je ne regrette rien, avec une professionnelle, ce n’est pas tromper, juste la réalisation d’un fantasme. Je n’en parlerai jamais à Audrey, elle si droite, si loyale, elle ne comprendrait pas.
Je repense à Linh, mon amour de jeunesse, qu’est-elle devenue ? Elle aurait mon âge aujourd’hui. Linh Nguyen, je devrais pouvoir la retrouver sur Internet.
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En arrivant à Paris, Julien se jeta sur son ordinateur, Facebook, Copains d’avant, Trombi. Des Linh Nguyen, il y en avait à la pelle, aucune n’était la bonne.
Quand il reçut un mail qui l’a intrigué. Une photo de lui avec Bào Châu, la guide qui a soigné son pied de façon si agréable, et un petit mot :
Watdee Julien,
J’espère que tu te souviens de moi.
Petit souvenir de ta guide, ce selfie pris devant le « bouddha parlant » de Sukhothaï. J’avais promis de te l’envoyer.
Une confidence, je ne suis pas thaïlandaise, mais vietnamienne. Bào Châu est mon nom de guide pour les touristes, il fait plus couleur locale.
Mon vrai prénom est Linh…